PORT-AU-PRINCE.— À la suite du massacre survenu dans la nuit de jeudi 11 septembre à Labauderie, commune de Cabaret, la Coalition des Organisations pour le Respect du Bicolore (CORB) a dénoncé ce vendredi «l’incompétence et l’inaction» du Directeur Général de la Police Nationale d’Haïti (PNH), André Jonas Vladimir Paraison. La coalition appelle à sa révocation immédiate, estimant que sa gestion, dite, calamiteuse, a contribué à l’aggravation du climat d’insécurité dans le pays.
Selon les premiers bilans rapportés localement, plus de quarante personnes, dont un nourrisson, ont été abattues lors de cette attaque d’une violence extrême attribuée au groupe armé Viv Ansanm. Les assaillants, lourdement armés, ont ouvert le feu sur la population, semant le deuil et la panique, paralysant la zone.
Dans sa déclaration, la CORB accuse M. Paraison de n’avoir mené aucune opération sérieuse et durable pour contenir la violence des gangs depuis son arrivée à la tête de l’institution. L’organisation affirme, en outre, que le chef de la PNH «agit comme un simple exécutant sous l’influence de l’ancien Directeur Général Mario Andrésol», au lieu d’assumer pleinement ses responsabilités.
La coalition attire également l’attention sur la situation précaire des unités spécialisées, notamment l’UDMO et le CIMO, déployées dans la commune de l’Arcahaie, qui, selon elle, n’auraient pas perçu leurs salaires depuis plusieurs mois, fragilisant ainsi leurs capacités opérationnelles.
Face à ce qu’elle qualifie d’échec manifeste et persistant, la CORB formule trois principales demandes:
- La révocation immédiate de M. Paraison de la direction générale de la PNH ;
- La nomination rapide par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et le gouvernement d’un dirigeant compétent, indépendant et engagé contre l’insécurité ;
- Le dépôt d’une plainte formelle, au niveau national et international, contre M. Paraison pour responsabilité directe dans l’aggravation de la crise sécuritaire et non-assistance à une population en danger.
La coalition annonce avoir déjà entamé des consultations avec des organisations de défense des droits humains et des avocats afin de formaliser ces plaintes. Elle appelle enfin la communauté internationale à agir en urgence pour stopper l’hécatombe et éviter que Haïti continue de sombrer dans le chaos sous l’œil passif d’un Directeur Général, manifestement, dépassé.
Le massacre de Labauderie s’ajoute à une série d’attaques meurtrières perpétrées par les gangs armés qui sévissent dans le pays, confirmant la gravité d’une crise sécuritaire sans précédent.
Jean Mapou


