Par Oscar Jean-Etienne
Intervenant au siège des Nations unies à New York dans le cadre du Forum 2026 du Conseil économique et social des Nations unies, la ministre de la Planification et de la Coopération externe, Sandra Paulemon, a livré une intervention structurée autour d’un constat clair : pour des pays comme Haïti, le financement du développement ne peut plus être abordé de manière standardisée.
Prenant la parole au nom du gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé, elle a rappelé l’ampleur des vulnérabilités auxquelles le pays est confronté, évoquant notamment une insécurité alimentaire touchant plusieurs millions de personnes. Sans dramatisation excessive, elle a insisté sur la portée concrète de ces données, qui traduisent des réalités sociales persistantes et profondes.
Dans ce contexte, la ministre a défendu une approche du financement du développement conçue comme un outil de stabilisation autant que de transformation. Elle a souligné que l’efficacité des engagements internationaux dépend désormais de leur capacité à s’adapter aux situations de fragilité extrême, où les marges de manœuvre nationales restent limitées.
Alignée sur les positions de la CARICOM et du Groupe des 77, Sandra Paulemon a également évoqué la nécessité d’une évolution de la gouvernance économique mondiale. Sans rompre avec le ton institutionnel, elle a relevé un déséquilibre persistant : les pays les plus exposés aux chocs demeurent souvent en retrait dans les processus décisionnels qui les concernent directement.
L’intervention s’est conclue sur une ligne constante : Haïti ne sollicite pas un traitement d’exception, mais plaide pour une coopération plus cohérente, capable de soutenir durablement les efforts de reconstruction et de résilience. Un message mesuré, qui s’inscrit dans une volonté de repositionner le débat sur le financement du développement à partir des réalités concrètes des États fragiles.


