Port-au-Prince, le 12 avril 2026.
Chère Ariana,
C’est depuis Petion ville à Port-au-Prince, une ville où le bruit des moteurs a trop souvent remplacé le chant des oiseaux, que je t’écris cette lettre. Je m’appelle Jackson AMILCAR, je ne suis ni un officiel ni un dignitaire, je suis la voix de cette poussière qui te regarde, de ces cœurs crevés par l’inquiétude mais gonflés d’un orgueil indicible.
Il y a douze millions de nous, Ariana, ici sur cette terre de Dessalines qui tremble et qui saigne. Douze millions d’âmes éreintées par les barricades de la division, douze millions de poitrines qui ont appris à respirer la peur comme on respire l’air. Et pourtant, au milieu de cette nuit qui n’en finit pas, tu as allumé un phare. De l’autre côté de l’océan, sur cette scène de Lomé au Togo où le continent africain tout entier avait les yeux rivés, tu as porté notre bicolore avec une dignité que nous avions presque oubliée.
Je t’écris avec les larmes aux yeux, Ariana. Larmes de joie parce que tu nous as prouvé que l’excellence habite encore dans le sang haïtien. Larmes de tristesse parce que cette joie, nous ne pouvons même pas la célébrer ensemble, libres, dans les rues de nos propres villes. Les routes de la République sont des frontières intérieures. Le Sud est loin du Nord, l’Ouest est prisonnier de ses propres artères coupées. Toi qui as su captiver un continent par ton talent et ton charisme, sache qu’ici, marcher d’une commune à l’autre est devenu une épreuve plus redoutable que tous les défis qu’on ait pu te lancer.
Et c’est pour cela que je te tends la plume aujourd’hui. Tu es jeune, tu vas grandir encore, et nous voulons que tu grandisses dans une Haïti qui te ressemble : digne, fière et prospère. Mais pour cela, il faut que la course s’arrête sur les champs de bataille et reprenne sur les chantiers de l’avenir.
Toi, notre chère Ariana, et tous ces jeunes de la diaspora qui osent, tu es la preuve vivante que lorsque les Haïtiens s’unissent autour d’un même objectif, nous sommes invincibles. Tu as pris la 8e édition du *House of Challenge* avec le plus grand sérieux. Tu as compté chaque vote, soigné chaque apparition, discipliné chaque pensée pour l’honneur du drapeau. Eh bien, aujourd’hui, je lance cet appel solennel à la conscience de chaque Haïtien, ici et ailleurs : Prenons la responsabilité dans la cité de Dessalines avec ce même élan, cette même ferveur, cette même unité !
Nous exigeons, au nom de cette fierté nationale que tu incarnes, *la réouverture des routes de la République* . Il est temps que les barricades de la haine tombent comme sont tombées les barrières que l’on dressait devant toi. Il est temps que le Nord puisse tendre la main au Sud, que les paysans puissent apporter leurs vivres, que les enfants puissent aller à l’école sans craindre la mitraille. Si douze millions de bras se lèvent non pas pour frapper, mais pour reconstruire un seul pont, alors nous aurons sauvé la nation.
Cette lettre est historique, Ariana, car elle part de la poussière pour aller jusqu’aux étoiles où tu te tiens. Garde-la. Grandis avec elle. Et dis-toi que chaque fois que tu portes la voix d’Haïti sur une scène internationale, c’est tout un peuple qui se remet en marche derrière toi.
Nous t’aimons. Nous sommes fiers de toi. Et nous te promettons, au nom de Dessalines, de nous battre avec la même discipline que toi pour que la prochaine fois que tu reviendras, tu puisses parcourir toute la terre de ton pays.
Que le Dieu de nos ancêtres bénisse ta voix et qu’Il réveille la conscience de la Nation Haïtienne.
Avec l’affection et le cri d’espoir de tout un peuple,
Ayibobo Chère compatriote Ariana !
*Jackson AMILCAR*
*Citoyen de Port-Salut*
*République d’Haïti*

