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Drame à la Citadelle Laferrière : Le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé aura t-il le courage politique ?

Par Oscar Jean-Etienne

La Primature a réagi à la tragédie survenue à la Citadelle en annonçant trois jours de deuil national ainsi qu’un appui financier pour accompagner les funérailles des victimes. Une décision qui, en apparence, traduit la solidarité de l’État face à l’émotion collective. Mais au-delà des gestes symboliques, une question fondamentale persiste : y aura-t-il des sanctions contre les responsables ?

Car en Haïti, ce scénario est tristement familier.

À chaque drame, la réponse institutionnelle suit un schéma quasi immuable. D’abord, l’émotion et les déclarations officielles. Ensuite, des promesses d’enquête. Enfin, le silence. Les responsabilités se diluent, les rapports ne sont pas publiés ou restent sans suite, et aucune décision forte n’est prise pour sanctionner les manquements.

Ce déficit de reddition de comptes est au cœur du problème.
L’absence de sanctions crée un environnement où la négligence n’a pas de coût. Les autorités administratives, les responsables locaux ou les institutions concernées ne sont ni inquiétées, ni révoquées, ni tenues de répondre de leurs actes ou de leur inaction. Résultat : les mêmes erreurs se répètent, les mêmes failles persistent, et les mêmes tragédies finissent par se reproduire. Ce cycle est d’autant plus dangereux qu’il empêche toute culture de prévention.

Dans un système fonctionnel, chaque drame devrait être suivi d’une évaluation rigoureuse, de mesures correctives et de sanctions exemplaires. C’est ainsi que les institutions apprennent, s’améliorent et protègent mieux les citoyens. En Haïti, au contraire, l’impunité institutionnelle alimente une forme de banalisation du risque. On réagit après coup, mais on n’anticipe jamais.

La question posée aujourd’hui au Premier ministre est donc cruciale : aura-t-il le courage politique de rompre avec cette tradition ?

Sanctionner ne signifie pas seulement punir. Cela signifie envoyer un signal clair que la vie des citoyens compte, que les responsabilités existent et que l’État assume ses obligations. Révoquer des responsables en cas de faute grave, exiger des comptes, publier les conclusions des enquêtes : autant d’actes qui pourraient marquer un tournant.

Sans cela, les trois jours de deuil risquent de n’être qu’un rituel de plus dans une longue série de tragédies sans lendemain.
Et le pays continuera de tourner en rond, prisonnier d’un système où l’émotion remplace l’action, et où l’impunité prépare déjà la prochaine catastrophe.

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