Par Jean Wesley Pierre
Le Chef du gouvernement haïtien, Alix Didier Fils-Aimé, a rencontré ce lundi 20 mars 2026 les responsables du Fonds Monétaire International (FMI) pour faire le point sur le programme économique en cours et les défis sécuritaires qui entravent la stabilisation du pays. Une rencontre qui intervient alors qu’Haïti tente de conjuguer rigueur budgétaire et reconstruction de l’autorité de l’État.
Accompagné d’une délégation, le Premier ministre a exposé les priorités de son gouvernement : rétablir la sécurité sur l’ensemble du territoire, particulièrement dans les zones contrôlées par les groupes armés, et créer les conditions d’élections crédibles d’ici fin 2026. « La sécurité n’est pas une fin en soi, c’est le préalable à tout développement durable », a-t-il martelé.
De son côté, le FMI a salué les progrès accomplis dans la gestion des finances publiques. Malgré un environnement international dégradé, Haïti maintient des réserves jugées « satisfaisantes », une performance que l’institution de Bretton Woods a tenu à souligner.
Les discussions ont également porté sur la création d’emplois, en particulier pour les jeunes, ainsi que sur la poursuite des réformes fiscales. Parmi les chantiers prioritaires évoqués : la mobilisation des recettes intérieures et le renforcement des contrôles aux frontières, deux leviers jugés essentiels pour assainir les finances de l’État.
Autre volet clé des échanges : la consolidation de l’État de droit. Le gouvernement haïtien a réaffirmé son engagement à renforcer le système judiciaire et à lutter contre l’impunité, deux conditions posées par les partenaires internationaux pour restaurer la confiance des investisseurs et de la population.
Le FMI a réitéré son engagement à accompagner Haïti, à travers une assistance technique et un appui ciblé aux priorités nationales. Sans annoncer de nouveaux décaissements immédiats, l’institution a laissé entendre qu’elle restait mobilisée aux côtés des autorités haïtiennes dans cette période délicate.
Reste à savoir si les bonnes intentions affichées à Washington pourront se traduire sur le terrain, alors que l’insécurité chronique et la fragilité politique continuent d’étouffer l’économie haïtienne


