Depuis sa création en avril 2024, le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), censé conduire Haïti vers la stabilité et des élections démocratiques, enchaîne les échecs. Trois coordonnateurs – Edgard Leblanc Fils, Leslie Voltaire et Fritz Jean – se sont succédé, chacun laissant derrière lui un bilan lourd et peu convaincant.
Une rotation sans vision
Sous Edgard Leblanc Fils, l’insécurité a explosé. Les gangs ont étendu leur contrôle sur la capitale, tandis que l’État peinait à répondre. Avec Leslie Voltaire, le CPT a sombré dans la controverse : limogeage précipité du Premier ministre Garry Conille, changement devgouvernement, divisions internes accrues.
Fritz Alphonse Jean, dernier en date, tente de relancer le dialogue, mais les tensions et soupçons de corruption continuent d’affaiblir le Conseil.
Des scandales qui éclaboussent
Des accusations de détournement de fonds, de contrats opaques et de favoritisme visent plusieurs membres du CPT. L’image de cette instance de transition, déjà fragile, en ressort profondément ternie. La confiance du peuple, elle, s’érode chaque jour davantage.
Un agenda flou, une transition incertaine
L’enchaînement de décisions opaques, le manque de résultats tangibles et l’absence de communication publique nourrissent les soupçons : le CPT sert-il vraiment l’intérêt national, ou agit-il pour ses propres intérêts ?
À quelques mois de l’échéance prévue pour organiser des élections (février 2026), les objectifs de départ paraissent hors de portée.
Le Conseil Présidentiel de Transition avait une chance unique : incarner un moment de rupture, tracer une voie nouvelle, redonner espoir à un pays meurtri. Il n’a, pour l’instant, été que la pâle répétition d’un théâtre politique bien connu en Haïti. Trois coordonnateurs, trois échecs, un peuple abandonné.
Si le CPT veut encore sauver quelque chose de sa mission, il lui faudra d’urgence changer de méthode, de posture et d’ambition. La transparence, la reddition de comptes, la volonté réelle d’organiser des élections crédibles et de rétablir la sécurité ne sont pas des options : elles sont la condition minimale pour éviter que cette transition ne soit qu’un autre épisode raté d’une longue série de dérives institutionnelles.
La Rédaction


