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Haïti mérite mieux qu’une transition qui n’en finit pas: des analyses tranchantes de l’ex Président Privert

PORT-AU-PRINCE.— Tous les anciens hauts fonctionnaires publics ne se taisent pas en ce temps de crise multidimensionnelle du pays. C’est le cas de Jocelerme Privert avec plus de quarante ans de carrière derrière lui. Il rencontre des jeunes, des étudiants, des diplomates, des politiques, des dirigeants d’organisations sociales, etc… Parfois il est sollicité pour des séances de formation dans des universités sur la fiscalité, sur les collectivités territoriales ( de ses domaines de prédilection), l’administration publique, entre autres. Bref le Nippois est très actif.

Consternation sur la situation du pays

Émettant ses opinions lors d’une interview exclusive accordée à HLIVE TV, l’ancien sénateur a exprimé son émoi face aux souffrances du peuple haïtien. Malgré tout, l’ancien président de la République demeure très optimiste quant à l’avenir d’Haiti.
Il se dit prêt à assumer toute responsabilité pouvant contribuer à aider son pays. «Je me suis un serviteur public qui a été appelé à plusieurs niveaux de responsabilité politique», a souligné Privert.

«Je vis toujours en Haïti, car j’avais laissé la présidence le 7 février 2016 avec le sentiment d’avoir fait ce qui était en mon pouvoir et qui m’a été permis par la loi», a renchéri l’ancien sénateur.

Relations avec le pouvoir actuel

Concernant la gestion de l’administration du CPT, Jocelerme Privert reste très prudent, mais pense que le pouvoir en place n’est pas assez dynamique face aux défis de l’heure. «Personne n’a espéré voir Haïti dans une transition qui n’en finit pas», a-t-il dit, invitant les dirigeants à faire preuve d’intelligence politique.

Regard sur la constitution

Concernant le changement de la constitution, Jocelerme Privert croit que le CPT est mal placé pour une telle entreprise. «Ils n’ont pas la légitimité nécessaire pour changer la constitution», a-t-il lâché reconnaissant qu’il y a quand même lieu d’apporter quelques mises à jour au texte de 1987. « Sortir de la constitution c’est ouvrir la voie à l’anarchie et au chaos », tranche l’ancien haut cadre de l’Etat qui gravit tous échelons l’administration publique.

Nonobstant, la nouvelle constitution ne résout en rien la problématique de l’harmonisation des durées de mandat des élus, le problème de l’exclusion de la diaspora ou les atteintes à l’intégrité nationale, a fait savoir l’ancien sénateur, qui a toutefois reconnu que le problème de la langue est un faux débat.

Depuis un certain temps, Jocelerme Privert s’est montré fortement intéressé par la situation du pays. Ayant lui-même confronté à deux grands défis lors de son mandat de transition, la réalisation des élections générales sans le soutien de l’international et les conséquences du cyclone Matthew, Privert est toujours en première ligne pour apporter des conseils ou prendre position publique aux côtés de la population haïtienne.

Jean Mapou

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