Des organisations sociopolitiques, dont le Mouvement Point Final, Nou Pap Konplis, Veye Yo et Konbit Ayisyen pou Lakwa, ont déposé le 12 mai une plainte formelle auprès du Parquet de Port-au-Prince contre les membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Les motifs de la plainte : actes graves de corruption, d’impunité, ainsi qu’une collusion manifeste avec des gangs armés.
Ces organisations accusent le Conseil d’avoir tourné le dos aux droits fondamentaux des citoyens haïtiens, en commettant des crimes de haute trahison et en faisant preuve de non-assistance à personnes en danger, en référence au laxisme du pouvoir en place face à l’escalade de violence qui sévit dans le pays.
La démarche des plaignants repose sur un constat de ce qu’ils qualifient d’effondrement moral et institutionnel » de la transition en cours, fustigeant l’inaction du CPT face à la montée en puissance de la coalition terroriste Viv Ansanm, dans plusieurs régions du pays, notamment dans la capitale.
Ils accusent également le Conseil de soupçons de financement occulte et d’interventions politiques visant à préserver des intérêts particuliers. « Le CPT fait preuve d’une passivité délibérée face aux violences perpétrées par les groupes armés, abandonnant la population à son sort. »
Les signataires de la plainte exigent l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire et la mise en accusation des membres concernés du CPT. Cependant, jusqu’à présent, le parquet n’a pas réagi, et aucune déclaration officielle n’a été faite par le pouvoir.
Cette plainte, qui intervient dans un climat de tension, souffre d’une crise de crédibilité sans précédent. Les prochaines étapes des procédures judiciaires et la capacité du CPT à répondre à ces accusations détermineront l’avenir politique de ces neuf personnalités.
Jean Mapou


