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Venezuela : limogeage du général Javier Marcano Tábata après la capture de Nicolás Maduro

Par Jean Wesley Pierre

Caracas, 10 janvier 2026 — Le général Javier Marcano Tábata, commandant de la garde d’honneur présidentielle vénézuélienne et chef du contre-espionnage militaire, a été démis de ses fonctions quelques jours après l’opération militaire américaine ayant conduit à l’enlèvement du président Nicolás Maduro à Caracas et à son transfert vers New York, où il doit être jugé pour des accusations de narco-terrorisme.

La décision de remplacer le général Marcano Tábata a été prise par la présidente intérimaire Delcy Rodríguez, récemment investie par l’Assemblée nationale. Ancienne vice-présidente de Nicolás Maduro, Delcy Rodríguez est considérée comme l’une de ses plus proches collaboratrices.

Une agression américaine aux lourdes pertes humaines

Selon les autorités vénézuéliennes, au moins 100 morts dont 23 militaires nationaux, cinq généraux, ont été tués lors des frappes américaines. Cuba, allié historique de Caracas, a de son côté annoncé la mort de 32 de ses ressortissants, dont plusieurs seraient intégrés à la garde d’honneur présidentielle chargée de la protection du chef de l’État.

Des dizaines de membres de cette unité d’élite figureraient parmi les victimes de l’opération, même si le gouvernement vénézuélien n’a pas encore publié de bilan détaillé.

Un échec sécuritaire majeur

Pour de nombreux analystes vénézuéliens, le limogeage de Javier Marcano Tábata serait directement lié à l’incapacité de la garde présidentielle à empêcher la capture de Nicolás Maduro. Des partisans du pouvoir ont publiquement exprimé leur sentiment d’« humiliation » face à la facilité avec laquelle les forces américaines ont neutralisé les systèmes de défense et maîtrisé la protection rapprochée du président, ensuite présenté menotté devant les caméras.

Des accusations de trahison relayées sur les réseaux sociaux

Parallèlement à l’annonce officielle de son éviction, des messages largement relayés sur les réseaux sociaux évoquent une possible trahison du général Marcano Tábata. Selon ces sources non confirmées, il aurait collaboré avec les services de renseignement américains, transmis des informations stratégiques sensibles et facilité la neutralisation de la défense aérienne vénézuélienne au moment critique de l’opération.

À ce stade, aucune autorité vénézuélienne n’a officiellement confirmé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour trahison ni validé ces accusations.

Un successeur au passé controversé

Le général Gustavo González López a été nommé pour succéder à Marcano Tábata. Ancien chef du Service bolivarien de renseignement national (SEBIN), il a dirigé pendant plusieurs années une institution régulièrement accusée de violations graves des droits humains. Les Nations unies ont notamment documenté des actes de torture, de violences sexuelles et de détentions arbitraires dans la prison du Helicoide et dans plusieurs centres clandestins.

Le remplacement de Marcano Tábata ne semble donc pas marquer une rupture avec les pratiques répressives passées, selon plusieurs observateurs internationaux.

Pressions américaines et incertitudes politiques

Depuis l’arrestation de Nicolás Maduro, le président américain Donald Trump a multiplié les déclarations offensives, affirmant que les États-Unis allaient « diriger » le Venezuela et menaçant Delcy Rodríguez de représailles sévères en cas de non-coopération, notamment sur les questions pétrolières. Washington affirme que Caracas s’apprêterait à livrer jusqu’à 50 millions de barils de pétrole, une information qui n’a pas été confirmée par le gouvernement intérimaire.

Alors que Donald Trump évoque la possibilité d’une seconde vague de frappes, la présidente intérimaire tente d’équilibrer un discours dénonçant un « enlèvement illégal » de Maduro et des appels à une coopération avec Washington.

Dans ce climat de fortes tensions, le limogeage du général Marcano Tábata apparaît comme l’un des premiers actes majeurs de réorganisation du pouvoir, révélateur des fractures internes et de la fragilité du nouvel équilibre politique au Venezuela.

Jean Wesley Pierre/ Le Relief

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