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Quand le président Jovenel Moïse parlait de “moun li yo”

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Ce jeudi 4 décembre 2025, entre trois et quatre heures de l’après-midi, j’écoutais une émission d’expression publique ou de libre tribune, sur ma station de radio préférée, animée par l’un des journalistes les plus crédibles et honnêtes de la presse haïtienne, Marvel Dandin . Au détour d’un appel, un auditeur, téméraire jusqu’à l’aveuglement, affirma sans sourciller que lorsque le président Jovenel Moïse parlait de “moun li yo”, il désignait ses propres hommes armés, ceux qui imposent aujourd’hui leur loi sur des pans entiers de l’Artibonite, du Centre et de l’Ouest. Une déclaration à l’emporte-pièce, symptomatique d’un mal profond : la falsification volontaire de la parole d’un chef d’État, même lorsqu’il parlait dans la langue la plus claire, la langue commune du peuple haitien.

Il faut rappeler à cet auditeur, et à tous ceux qui répètent la même ineptie, que le président s’était exprimé en créole, sans détour ni ambiguïté. Il parlait de la classe la plus nombreuse et la plus nécessiteuse. Ceux qui prétendent aujourd’hui réécrire ses mots n’ont pas écouté ou n’ont pas compris son discours : ils l’ont déformé pour qu’il corresponde à leurs obsessions politiques. Les faits sont pourtant têtus : “moun li yo” n’était ni un clin d’œil à des malfaiteurs, ni une allusion codée. C’était la manière, simple et directe, d’un président d’identifier une population que les réactionnaires taxent de « gros souliers » qu’il considérait comme la sienne, parce qu’il en était issu.

Ironie tragique : ce ne sont pas les adversaires du président qui ont inventé l’expression qui les obsède aujourd’hui. Ce sont les gangs eux-mêmes qui, depuis aprèsle crapuleux assassinat du president Moïse, nomment leurs alliés, leurs parrains, leurs anciens protecteurs. Le vocabulaire du banditisme a envahi le débat public, au point que certains commentateurs mélangent désormais les codes criminels et le langage politique, incapables de distinguer la rumeur fabriquée de la réalité documentée.

Et que dire de ces “analphabètes sonores” d’une certaine opposition ( pour reprendre une expression qui les résume parfaitement) qui, du matin au soir, déclamaient que le mandat du président Moïse expirait le 7 février 2021, alors que tout élève de niveau fondamental sait qu’un mandat présidentiel de cinq ans débutant le 7 février 2017 se termine inévitablement en 2022 ?
Ces marchands de confusion, qui transformaient l’arithmétique constitutionnelle en outil de propagande, ont préparé le terrain au chaos institutionnel que nous avons connu. Ils ont semé le doute, attisé la discorde, et fourni à leurs alliés de l’ombre une justification politique pour franchir l’irréparable.

Ceux qui se proclamaient “sauveurs”, ceux qui juraient détenir toutes les solutions une fois le président Jovenel n’est plus , sont les mêmes qui ont plongé la nation dans le gouffre.Les complices silencieux ou bruyants de l’assassinat de Jovenel Moïse portent une responsabilité historique : celle d’avoir plongé le pays dans le tumulte qu’ils prétendaient combattre.

Pierre Josué Agénor Cadet

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