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Quand le football contribue à pacifier un pays en guerre

Par Josué Sénat

Entre 2002 et 2007, la Côte d’Ivoire est déchirée par une guerre civile opposant le Sud, contrôlé par le gouvernement, au Nord, tenu par les forces rebelles. Le pays est alors fracturé, rongé par les tensions ethniques et politiques.

Le 8 octobre 2005, la Côte d’Ivoire se qualifie pour la première fois de son histoire à la Coupe du monde de 2006. Cette victoire survient dans un contexte de tension extrême. Juste après la qualification, Didier Drogba et ses coéquipiers improvisent un message diffusé sur la télévision nationale. Dans une chambre d’hôtel au Soudan, ils se mettent à genoux et disent :

« Hommes et femmes de Côte d’Ivoire… arrêtez de tirer vos armes ! Déposez les armes ! Nous voulons fêter la qualification tous ensemble ! »

Les joueurs demandent ensuite que le prochain match de la sélection se joue à Bouaké, la capitale symbolique de la rébellion. En 2007, ce match historique s’y déroule : rebelles et militaires côte à côte dans les tribunes. Quelques mois plus tard, un accord politique est signé à Ouagadougou entre Laurent Gbagbo et Guillaume Soro.

Aujourd’hui, Haïti affronte à son tour l’une des périodes les plus sombres de son histoire contemporaine. Les gangs armés contrôlent des quartiers entiers, des familles sont déracinées, des communautés vivent sous la terreur et la nation peine à respirer.
Et pourtant, au cœur de cette nuit, une lumière s’allume.

Les Grenadiers viennent d’accomplir un exploit : qualifier Haïti pour sa deuxième Coupe du monde, sans avoir joué un seul match à domicile. Le Stade Sylvio Cator est sous contrôle des groupes armés, obligeant la sélection à recevoir ses matchs à Curaçao.

À l’issue de cette qualification historique, le deuxième capitaine, Ricardo Adé, adresse un message vibrant aux hommes armés :
ouvrir le pays (ouvri peyi a) pour permettre aux Grenadiers de célébrer avec la population à Port-au-Prince.
Comme Drogba en 2005, il appelle à un moment de trêve.

L’équipe nationale n’a pas foulé la pelouse du stade Sylvio Cator depuis des années, mais elle n’a jamais cessé d’être portée par le peuple haïtien. Et lorsque la situation le permettra, les Grenadiers seront attendus à Port-au-Prince pour une célébration à la hauteur de cet exploit.

Grenadye alaso ! Nou retounen !
Ayiti nan koup di mond 2026.

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