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Sandra Paulemon : pourquoi ne pas patienter ?

La nomination de Sandra Paulemon au ministère de la Planification et de la Coopération externe a immédiatement déclenché une vague de réactions. Les critiques pleuvent, parfois avant même qu’elle n’ait eu le temps de poser la moindre action. Un procès public s’ouvre déjà, souvent plus passionnel que fondé.

Mais un fait frappe : dans bien des discussions, on parle moins de Sandra Paulemont que de son mari, le journaliste Assad Volcy. Comme si une femme ne pouvait exister politiquement sans être ramenée à l’ombre de son époux. Ce réflexe rappelle les vieux travers d’une société encore marquée par le machisme, où la légitimité d’une femme est souvent questionnée avec plus de sévérité que celle d’un homme.

Ses diplômes et ses compétences sont aujourd’hui mis en doute, alors même que ces éléments existent bel et bien. Pourtant, au fil des années, combien de personnalités ont occupé de hautes fonctions publiques sans que leur parcours ne soit scruté avec la même intensité ?

Il est vrai que Sandra Paulemon appartient à une famille politique controversée et qu’elle s’est longtemps opposée au régime Martelly. Cela peut expliquer certaines hostilités. Mais la politique ne devrait pas se réduire à des règlements de comptes permanents.

Personne n’affirme qu’elle représente le profil parfait. Dans une démocratie, chacun est libre d’avoir son opinion. Mais une réalité demeure : elle est aujourd’hui ministre, et c’est par ses actions qu’elle devra être jugée.

D’ailleurs, dans un cabinet déjà critiqué du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, il est surprenant que l’attention se concentre presque exclusivement sur cette nomination, alors que d’autres choix, parfois plus discutables, passent relativement inaperçus.

La politique haïtienne gagnerait sans doute à sortir des procès d’intention pour revenir à l’essentiel : les résultats. Les projets. Les décisions.

Alors, au lieu de condamner avant l’heure, peut-être faudrait-il simplement observer, analyser et attendre.

Après tout, l’histoire politique a déjà montré que les verdicts les plus justes ne viennent pas des polémiques du moment, mais du temps.

Le Rédaction

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