vendredi, mars 6, 2026
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La Radio et la Tรฉlรฉvision nationales ne constituent plus, depuis longtemps, le cล“ur exclusif de la communication publique. Lโ€™espace mรฉdiatique sโ€™est fragmentรฉ, numรฉrisรฉ, dรฉsintermรฉdiรฉ. Plateformes numรฉriques, diffusion en continu, mรฉdias sociaux, production mobile de contenus, intelligence artificielle รฉditoriale, interaction en temps rรฉel avec les citoyens : lโ€™ร‰tat moderne ne communique plus par un canal unique, mais ร  travers un systรจme intรฉgrรฉ de mรฉdias publics.

๐„๐ง ๐ฅ๐ข๐ž๐ฎ ๐ž๐ญ ๐ฉ๐ฅ๐š๐œ๐ž ๐โ€™๐ฎ๐ง ๐ƒ๐ข๐ซ๐ž๐œ๐ญ๐ž๐ฎ๐ซ ๐†๐žฬ๐ง๐žฬ๐ซ๐š๐ฅ ๐๐ž ๐ฅ๐š ๐‘๐š๐๐ข๐จ ๐ž๐ญ ๐“๐žฬ๐ฅ๐žฬ๐ฏ๐ข๐ฌ๐ข๐จ๐ง ๐๐š๐ญ๐ข๐จ๐ง๐š๐ฅ๐ž (DGRTNH), ๐ฅ๐š ๐Ÿ๐จ๐ง๐œ๐ญ๐ข๐จ๐ง ๐ ๐š๐ ๐ง๐ž๐ซ๐š๐ข๐ญ ๐šฬ€ ๐žฬ๐ฏ๐จ๐ฅ๐ฎ๐ž๐ซ ๐ฏ๐ž๐ซ๐ฌ ๐œ๐ž๐ฅ๐ฅ๐ž ๐๐ž ๐ƒ๐ข๐ซ๐ž๐œ๐ญ๐ž๐ฎ๐ซ ๐†๐žฬ๐ง๐žฬ๐ซ๐š๐ฅ ๐๐ž๐ฌ ๐Œ๐žฬ๐๐ข๐š๐ฌ ๐โ€™๐„ฬ๐ญ๐š๐ญ (DGME). La diffรฉrence ne tient pas ร  une question de vocabulaire administratif. Elle concerne la maniรจre dont lโ€™ร‰tat conรงoit dรฉsormais sa prรฉsence dans lโ€™espace informationnel.

Lโ€™appellation ยซ Radio et Tรฉlรฉvision nationales ยป renvoie ร  une configuration historique : celle dโ€™un ร‰tat qui sโ€™adressait au pays ร  travers deux antennes centrales, dans un paysage mรฉdiatique relativement stable et peu concurrentiel. Cette architecture correspondait ร  une รฉpoque oรน la radio structurait lโ€™espace public et oรน la tรฉlรฉvision reprรฉsentait le principal vecteur audiovisuel de diffusion nationale.

Ce paysage nโ€™existe plus. Lโ€™information circule dรฉsormais dans un environnement hybride oรน les frontiรจres entre production, diffusion et rรฉception se brouillent. Les contenus migrent dโ€™un support ร  lโ€™autre, les formats se recomposent en permanence et les publics naviguent entre radio, tรฉlรฉvision, plateformes numรฉriques, tรฉlรฉphones mobiles et rรฉseaux sociaux. Dans cet รฉcosystรจme mouvant, limiter lโ€™action publique ร  la gestion de deux antennes historiques enferme lโ€™ร‰tat dans une reprรฉsentation rรฉductrice de sa propre communication.

Parler de mรฉdias dโ€™ร‰tat permet dโ€™embrasser cette rรฉalitรฉ nouvelle. La radio nationale et la tรฉlรฉvision nationale y conservent leur place, mais comme composantes dโ€™un ensemble plus vaste : plateformes numรฉriques publiques, services de diffusion en ligne, productions culturelles et รฉducatives, archives audiovisuelles, dispositifs dโ€™information numรฉrique et futurs supports encore ร  venir. Lโ€™enjeu ne consiste plus ร  administrer des stations, mais ร  structurer un systรจme mรฉdiatique public capable dโ€™accompagner les transformations de lโ€™espace informationnel.

Cette รฉvolution possรจde รฉgalement une portรฉe institutionnelle. Les mรฉdias dโ€™ร‰tat relรจvent de la continuitรฉ de la Rรฉpublique. Leur vocation consiste ร  informer, documenter la vie nationale, transmettre la mรฉmoire collective et offrir un espace dโ€™expression au pluralisme social et culturel du pays. Ils appartiennent ร  lโ€™ร‰tat, non aux gouvernements successifs.

Cโ€™est prรฉcisรฉment cette distinction qui fonde leur crรฉdibilitรฉ. ๐”๐ง ๐ฆ๐žฬ๐๐ข๐š ๐ ๐จ๐ฎ๐ฏ๐ž๐ซ๐ง๐ž๐ฆ๐ž๐ง๐ญ๐š๐ฅ ๐ฉ๐š๐ซ๐ฅ๐ž ๐š๐ฎ ๐ง๐จ๐ฆ ๐โ€™๐ฎ๐ง ๐ฉ๐จ๐ฎ๐ฏ๐จ๐ข๐ซ, ๐ฎ๐ง ๐ฆ๐žฬ๐๐ข๐š ๐โ€™๐„ฬ๐ญ๐š๐ญ ๐ฉ๐š๐ซ๐ฅ๐ž ๐š๐ฎ ๐ง๐จ๐ฆ ๐๐ž ๐ฅ๐š ๐ง๐š๐ญ๐ข๐จ๐ง. Il inscrit lโ€™action publique dans la durรฉe, au-delร  des alternances et des conjonctures.

Nommer un Directeur Gรฉnรฉral des Mรฉdias dโ€™ร‰tat, cโ€™est prรฉparer lโ€™institution ร  รฉvoluer avec les technologies, avec les usages et avec les formes nouvelles de circulation de lโ€™information. Autrement dit, cโ€™est permettre ร  lโ€™ร‰tat haรฏtien de penser ses mรฉdias non plus comme un hรฉritage administratif, mais comme une infrastructure stratรฉgique de la vie dรฉmocratique contemporaine.

5 Mars 2026

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