PORT-AU-PRINCE.— Une coalition réunissant partis politiques, organisations de la société civile et associations de la diaspora hausse le ton contre le «Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections» et la gestion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Dans une déclaration conjointe, les signataires dénoncent une dérive institutionnelle et l’échec manifeste des autorités à enrayer l’effondrement sécuritaire.
Selon eux, quinze mois après la mise en place des nouvelles autorités, l’État n’a toujours pas rétabli son monopole de la force et de larges portions du territoire restent sous le contrôle de groupes armés. Ils rappellent en outre que le chef du gouvernement aurait été révoqué par une majorité qualifiée du Conseil présidentiel de transition, estimant que toute tentative de se maintenir constituerait une entorse grave au principe de légalité.
La coalition fustige également la signature d’un contrat de sécurisation des frontières avec la firme Evergreen Trading System Limited, pour plus d’un demi-milliard de dollars. Un engagement jugé opaque, conclu sans base institutionnelle claire et porteur, selon eux, de risques pour la souveraineté nationale.
Autre grief majeur : l’impartialité électorale. Les signataires accusent le Premier ministre d’avoir déjà adoubé un candidat à la présidence et dénoncent un conflit d’intérêts susceptible de compromettre la crédibilité du scrutin.
En conclusion, la coalition rejette tout «arrangement circonstanciel» et appelle à une solution haïtienne durable, fondée sur un exécutif équilibré, un accord politique inclusif et l’organisation d’élections libres dans un cadre sécuritaire stabilisé. Pour ses membres, la stabilité ne naîtra ni d’alliances fragiles ni de pactes contestés, mais d’un retour strict à la légitimité institutionnelle et aux principes républicains.

