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1000 dollars et un vol retour : la nouvelle stratégie de Trump pour forcer l’auto-expulsion des migrants illégaux

Face à la difficulté d’expulser massivement les sans-papiers comme promis, l’administration Trump lance un programme controversé : 1 000 dollars et un vol de retour offerts aux migrants qui acceptent de quitter les États-Unis de leur plein gré.

L’administration Trump tente une nouvelle manœuvre pour réduire le nombre de migrants sans papiers sur le sol américain. Depuis ce lundi 5 mai 2025, le département de la Sécurité intérieure (DHS) propose une incitation financière de 1 000 dollars et un billet d’avion à ceux qui acceptent de quitter volontairement les États-Unis. Ce programme d’auto-expulsion, vanté comme « rentable et humain », reflète aussi, selon certains observateurs, l’incapacité du gouvernement à tenir sa promesse d’expulser des millions de personnes.

Derrière cette proposition, l’objectif est avant tout budgétaire. Expulser une personne de manière forcée coûte en moyenne 17 000 dollars, contre environ 4 500 dollars pour une auto-expulsion, selon les chiffres du DHS. Une économie substantielle qui pousse l’administration à repenser sa stratégie migratoire.

« Il s’agit d’un moyen efficace d’atteindre nos objectifs en matière de sécurité tout en économisant des ressources publiques », a déclaré la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem. Pour encadrer le processus, l’administration s’appuie sur l’application CBP Home, qui permet de confirmer le départ des migrants avant de déclencher le versement de l’aide financière.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche le 20 janvier dernier, environ 152 000 migrants ont été expulsés, un chiffre en recul par rapport aux 195 000 expulsions recensées sur la même période en 2024 sous l’administration Biden. Une baisse qui, selon les critiques, affaiblit la rhétorique musclée du président sur la sécurité des frontières.

Pour ses détracteurs, ce nouveau dispositif est d’abord un aveu d’échec. Incapable de remplir ses promesses électorales face aux obstacles juridiques, diplomatiques et logistiques de l’expulsion de masse, l’administration opterait désormais pour une solution de compromis, maquillée en stratégie.

En toile de fond, le débat sur l’immigration reste vif aux États-Unis, où les approches sécuritaires peinent à s’articuler avec les réalités humaines et économiques de la migration. L’auto-expulsion, aussi innovante soit-elle, pourrait bien n’être qu’un pansement sur une blessure bien plus profonde.

Avec l’indépendant

Par Wideberlin SENEXANT
 

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