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Le CEP soumet le projet de décret électoral à consultation publique

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Le Conseil électoral provisoire (CEP) a annoncé la mise à disposition du projet de décret électoral qui encadrera les prochaines élections en Haïti. Dans une démarche d’ouverture et de transparence, l’institution invite les partis politiques et les organisations de la société civile à formuler leurs avis et recommandations. Les consultations sont ouvertes jusqu’au 10 novembre 2025.

Le Conseil électoral provisoire (CEP) informe la population, les partis politiques ainsi que les organisations de la société civile que le projet de décret électoral régissant les prochaines joutes électorales est désormais disponible. Cette initiative s’inscrit dans une volonté d’inclusion et de transparence du processus.

Les acteurs concernés sont invités à se présenter au siège du CEP, situé au numéro 72, rue Stephen Archer, à Pétion-Ville, pour récupérer une version imprimée du document. La distribution se fera à partir du vendredi 31 octobre 2025, de 10 h à 17 h.

Le CEP précise que les suggestions et recommandations doivent être déposées au même endroit, dans la même plage horaire, au plus tard le 10 novembre 2025. Ces contributions permettront d’enrichir le texte avant son adoption définitive.

Dans sa note, le Conseil électoral provisoire réaffirme son engagement à organiser un processus électoral indépendant, transparent et inclusif, conforme aux principes démocratiques et aux attentes du peuple haïtien.

La rédaction

RAMSA annonce la deuxième édition du Festi-Gede cette année

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À l’initiative du rassemblement des madas sara d’Haiti, un festival «gede» sera organisé les 1er et 2 novembre prochain. L’annonce a été faite par la coordinatrice du RAMSA Jocelyne Jean Louis.

L’organisation veut valoriser la fête gede dans le pays cette année. Le thème retenu pour la réalisation de cette activité « nan memwa zansèt yo, RAMSA ap selebre lavi». Une façon pour célébrer la mort et la vie de «ceux qui nous ont devancés », a déclaré la responsable de communication de la structure Alcimé Laurence contactée par notre rédaction.

Selon Mme Alcimé, cette activité vise à valoriser la culture haïtienne, l’identité haïtienne. « les 1er et 2 Novembre c’est la fête de la culture, fête de nos racines», a-t-elle déclaré tout en invitant tous les vrais Haïtiens à venir y participer. « Les madans sara représentent une force se réside dans la culture haïtienne », a-t-elle poursuivi.

Beaucoup d’activités sont prévues pour marquer ces deux journées de festivités. Présentation des rituels du vodou haïtien, exposition, foire gastronomique et artisanale, sont, entre autres, certaines activités prévues pour la deuxième édition du Festi-gede.

Cette grande fête sera organisée au local du RAMSA situé à Delmas 83.

La fête Gede est une célébration haïtienne des morts, généralement le 1er et le 2 novembre, qui est une fête du vaudou. Il s’agit d’une activité très festive qui honore les ancêtres et les esprits appelés « Gede ».

C’est une occasion pour les vodouisans, ceux qui croient dans les esprits des se rendre dans les cimetières, nettoyer les tombes, allumer des bougies, faire des offrandes (café, pain, fleurs) et verser du rhum (parfois pimenté etc.).

Gedeon Delva

Trump et Xi scellent une trêve commerciale en Asie : entre détente stratégique et calculs politiques

Par Jean Wesley Pierre

Jeudi 30 octobre 2025 — En marge du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (Apec), Donald Trump et Xi Jinping ont signé un accord provisoire réduisant partiellement les droits de douane imposés à la Chine. Une trêve aux implications économiques et géopolitiques majeures, dans un contexte de rivalité exacerbée.

Un déplacement asiatique sous le signe de la négociation

En visite en Asie depuis plusieurs jours, Donald Trump a multiplié les rencontres diplomatiques, de Kuala Lumpur à Busan, pour conclure ce qu’il présente comme un « grand succès » : un accord commercial temporaire avec le président chinois Xi Jinping.

Cette rencontre, tenue jeudi 30 octobre en Corée du Sud, marque une pause dans la guerre commerciale que les deux puissances mènent depuis des années. Selon les termes de l’accord, Washington abaissera le taux moyen des droits de douane sur les importations chinoises de 57 % à 47 %, après avoir atteint un pic inédit de 130 % en avril dernier.

Malgré cette baisse, la Chine demeure l’un des pays les plus taxés par les États-Unis, derrière l’Inde et le Brésil. L’accord, d’une durée d’un an renouvelable, s’apparente donc moins à une réconciliation qu’à une désescalade tactique.

Des compromis économiques : soja, terres rares et industries stratégiques

L’un des points centraux de l’accord concerne les terres rares, ces métaux essentiels aux technologies de pointe. Pékin a accepté de retarder d’un an la mise en place de restrictions à l’exportation de ces matériaux, sur lesquels elle détient un quasi-monopole mondial. En échange, Washington renonce à imposer les 100 % de droits de douane supplémentaires qu’il menaçait de mettre en œuvre dès le 1er novembre.

La Chine s’est également engagée à reprendre l’achat de soja américain, à raison de 25 millions de tonnes par an, une décision très attendue par les agriculteurs américains durement touchés par les représailles chinoises depuis 2018. D’autres mesures d’allègement, comme la suspension des enquêtes américaines sur les industries maritimes chinoises et l’arrêt des taxes sur le fret maritime, figurent aussi dans le compromis.

Pour Trump, ces concessions sont un atout politique majeur : elles offrent un répit économique à ses bases rurales et industrielles tout en lui permettant de proclamer un succès diplomatique à l’étranger.

Entre rivalité stratégique et coopération contrainte

Si les deux dirigeants se félicitent du ton « constructif » de leurs discussions, la réalité géopolitique demeure toutefois très tendue. Cette trêve n’efface pas les profonds contentieux structurels entre Washington et Pékin : la rivalité technologique, la question de Taïwan, la course à l’intelligence artificielle et la compétition pour les ressources critiques.

Le président américain, Donald Trump a profité de la rencontre pour évoquer un volet sécuritaire inattendu : une coopération bilatérale contre le fentanyl, un opioïde synthétique produit en grande partie à partir de précurseurs chimiques chinois. Pékin a promis de renforcer ses contrôles pour « bloquer les flux de précurseurs entrant aux États-Unis via le Mexique et le Canada », selon le secrétaire au Trésor, Scott Bessent.

Les deux présidents ont aussi discuté du « plan de paix mondial » de Donald Trump, incluant un volet sur la guerre en Ukraine. Un signal que la diplomatie économique américaine s’accompagne désormais d’ambitions géostratégiques affirmées.

Un accord avant tout politique

La trêve commerciale sino-américaine doit durer jusqu’en décembre 2026, date prévue pour la prochaine visite de Xi Jinping aux États-Unis, à l’occasion du sommet du G20.

Mais derrière les déclarations optimistes, nombre d’observateurs y voient avant tout une manœuvre politique. À quelques mois d’échéances électorales cruciales, Trump cherche à rassurer les marchés et à redorer son image d’homme d’affaires capable de « deals gagnants ».

Du côté chinois, Pékin obtient un allègement de la pression économique sans renoncer à sa stratégie de puissance. En suspendant ses contrôles sur les terres rares, Xi Jinping gagne du temps pour réorganiser son industrie et consolider son influence sur la chaîne d’approvisionnement mondiale.

Une trêve fragile dans une guerre prolongée

La rencontre de Busan n’a pas mis fin à la guerre commerciale, mais elle a permis un cessez-le-feu diplomatique entre deux géants économiques dont l’interdépendance reste incontournable. Les marchés, de Wall Street à Shanghai, ont salué cette détente, mais les incertitudes demeurent : le protectionnisme américain, la montée des tensions technologiques et les ambitions concurrentes des deux nations sur la scène mondiale laissent présager d’autres confrontations.

La « paix commerciale » signée en Asie est donc une trêve fragile, plus pragmatique qu’idéologique. Pour Trump comme pour Xi, elle offre une fenêtre de respiration mais aucun des deux ne semble prêt à renoncer à la bataille pour le leadership économique mondial.

Circuit fermé : Quand l’art dénonce l’immobilisme en Haïti

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Par Gesly Sinvilier

Publié aux éditions Sucrier, en Martinique, Circuit fermé est une bande dessinée de 48 pages signée Francisco Silva, en collaboration avec Junjazz Hope. Né d’un travail de longue haleine amorcé lors du «peyi lòk», cet ouvrage se veut à la fois une œuvre artistique et un cri du cœur sur la situation sociopolitique d’Haïti.

Une métaphore des embouteillages haïtiens

Inspiré du phénomène des embouteillages dans les rues de Port-au-Prince, Circuit fermé propose une lecture symbolique de la société haïtienne : une nation paralysée par des blocages politiques, économiques et culturels, où rien ne semble avancer.

Francisco Silva transforme ainsi la réalité urbaine en plaidoyer visuel, une manière de dire que le pays est pris dans un gigantesque “embouteillage” social, entretenu par des groupes privilégiés agissant au nom de leurs propres intérêts. Le message est fort : malgré la crise et l’immobilisme, il existe une lueur d’espoir. Un jour, ces obstacles céderont la place à un meilleur lendemain, à condition de faire preuve de courage et de foi en l’avenir.

Une contribution à la littérature jeunesse haïtienne

À travers ce projet, Francisco Silva choisit la bande dessinée comme forme d’expression artistique pour toucher la jeunesse haïtienne. Il entend ainsi répondre à un besoin réel : celui du manque d’œuvres locales dans la catégorie de la littérature jeunesse. En mêlant art visuel, narration et réflexion sociale, Circuit fermé s’impose comme un outil éducatif et culturel qui invite les jeunes à penser leur société tout en s’ouvrant à la lecture et à la création artistique.

Un parcours semé d’obstacles

L’auteur ne cache pas les difficultés rencontrées durant la conception de l’œuvre. La conjoncture du pays, marquée par l’instabilité et l’insécurité, a profondément affecté sa créativité artistique. Francisco Silva évoque notamment le manque d’expositions, les problèmes de déplacement, et l’impossibilité d’organiser des ateliers artistiques.
Malgré tout, il a fait preuve de résilience et de persévérance pour mener à bien ce projet exigeant, en répondant aux standards de qualité fixés par sa maison d’édition.

Une ouverture vers l’avenir

Si un tome 2 est envisagé, sa réalisation dépendra de l’évolution de la situation en Haïti. L’auteur espère surtout pouvoir organiser une vente-signature du premier tome dans le pays, afin de rapprocher l’œuvre de son public naturel. Pour l’instant, Circuit fermé est disponible en Martinique, en France, au Canada et en Afrique, témoignant du rayonnement grandissant de la bande dessinée haïtienne sur la scène francophone.

Avec Circuit fermé, Francisco Silva offre une œuvre à la fois poétique et politique, un miroir de la crise nationale mais aussi une invitation à l’espérance. Dans un pays en proie au doute, son message reste clair : même dans les embouteillages les plus longs, la route finit toujours par se dégager.

Yanick Lahens, Grand Prix de l’Academie française du roman 2025!

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   Yanick Lahens vient de remporter le Grand Prix de l’Academie Française, quelle bonne nouvelle! 

    Dans un pays qui chancelle sous le poids des désastres et des silences, la voix de Yanick Lahens s’élève encore, limpide et souveraine. En remportant le Grand Prix de l’Académie française, elle rappelle que les mots peuvent être plus forts que les tempêtes, que la littérature demeure une patrie lorsque les frontières de la douleur se referment.

     Par-delà les souffrances de notre peuple, en ces temps d’anomie et d’intempéries, surgissent parfois ces petites joies qui nous redonnent du sang et de la lumière. Elles coulent dans nos veines comme une promesse : celle que la beauté, la pensée et la dignité peuvent encore triompher du chaos.

    Merci Yanick, pour cette victoire qui est la nôtre. Merci d’avoir porté la parole d’Haïti jusqu’aux hauteurs de l’Académie. Ton œuvre, enracinée dans nos douleurs et nos rêves, témoigne que même au cœur de la nuit, la littérature peut encore inventer le jour.

Merci Yanick Lahens. Vive Haïti.

Yves Lafortune
10/30/25

Remaniement ministériel : une fausse solution pour une vraie crise

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Par Pierre Josué Agénor Cadet

Alors que le Conseil présidentiel de transition (CPT) évoque dans les coulisses l’idée d’un remaniement ministériel à quelques mois de la fin de son mandat, la population, désabusée, s’interroge : changer des visages suffira-t-il à redresser un pays en putréfaction? Entre divisions internes et absence de vision, Haïti semble prisonnière d’un cycle de transitions sans issue.

Les Haïtiens, tout comme plusieurs membres du Conseil présidentiel de transition (CPT), s’accordent à dire que cette treizième transition post-1986 est la plus décevante de toutes. Le constat est unanime : la population est désabusée, le pays va mal, voire très mal.

Corruption, marchandage politique, insécurité généralisée, copinage, clientélisme, misère, népotisme, impunité, chômage : rien n’échappe à la crise sauf la crise elle-même. Le fossé entre le CPT et une population en détresse se rétrécit dangereusement. Pourtant, certains continuent à croire qu’un simple remaniement ministériel pourrait inverser la tendance. Mais est-ce vraiment la solution ?

Un bilan décevant et une gouvernance sans cap

Depuis près de deux ans, le CPT peine à convaincre. Son action reste floue, son bilan quasi nul. Le Conseil électoral provisoire, censé ouvrir la voie à des élections crédibles, s’enlise dans les hésitations. Quant au plan de sécurité nationale, promis depuis plus de quatre ans, il demeure lettre morte.

Pendant ce temps, trois directeurs généraux se sont succédé à la tête de la Police nationale sans parvenir à rétablir l’ordre. L’armée, en reconstruction, n’arrive pas encore à se faire comprendre. Le désenchantement est général : entrepreneurs, professionnels, agriculteurs, enseignants, écoliers, élèves et étudiants, fonctionnaires tous expriment leur exaspération.

La confiance s’effrite à mesure que le gouvernement accumule les faux pas et que le CPT se révèle de jour en jour incapable de tracer une ligne politique claire par rapport à la double mission qui lui a été confiée dès le départ.

Un Conseil divisé et paralysé

À ces échecs s’ajoutent des divisions internes profondes. Le CPT ne forme pas un bloc homogène. Les divergences de visions et les rivalités de pouvoir minent son efficacité. Les désaccords, au lieu de se résoudre à huis clos, se déballent désormais sur la place publique.

À quatre mois de la fin de son mandat, et alors qu’il n’a pas su remplir sa double mission: celle de rétablir la sécurité et d’organiser le référendum constitutionnel et des élections générales, le CPT semble vouloir envisager depuis quelques temps la possibilité d’un remaniement ministériel. Une idée qui suscite scepticisme et lassitude dans l’opinion publique.

Refondre le gouvernement ne va rien changer

Dans un contexte aussi fragile, remplacer quelques ministres ne va rien changer. Chaque nouveau venu aurait besoin de temps pour s’adapter à son ministère, alors que le pays exige des résultats immédiats. Un remaniement risquerait plutôt d’aggraver la situation que de relancer la machine gouvernementale.

Le vrai problème d’Haïti ne réside pas dans les noms des ministres, mais dans l’absence de vision, de cohérence et de leadership collectif. Tant que les acteurs politiques continueront à privilégier leurs intérêts partisans au détriment du bien commun ou public, aucun gouvernement ne pourra redresser la barre.

Refonder, plutôt que remanier

Haïti n’a pas besoin d’un énième remaniement ministériel, mais d’une refondation politique et institutionnelle. Le changement ne viendra pas de la rotation des élites, mais d’une volonté réelle de reconstruire l’État sur des bases solides: transparence, compétence, crédibilité, intégrité, honnêteté , nationalisme et responsabilité.

Tant que la politique restera un champ de partage d’intérêts au lieu d’un espace de service public, les transitions se succéderont sans jamais transformer la réalité. Le salut d’Haïti ne viendra pas d’un nouveau cabinet, mais d’un nouveau contrat social.

Pierre Josué Agénor Cadet

Haïti–Ouragan Melissa: Des vies humaines emportées

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PETIT-GOAVE, Haïti.— La rivière Ladigue, gonflée par des pluies torrentielles, est sortie brutalement de son lit, emportant tout sur son passage… maisons, vies humaines et véhicules Le pont vers le Grand Sud submergé, les secours mobilisés dans des conditions extrêmement difficiles.

Selon les premières informations recueillies, au moins vingt (20) corps sans vie, dont deux enfants, ont été repêchés. Plusieurs personnes sont encore portées disparues, indiquent des sources locales appuyées par des secouristes et des résidents.

D’après les témoignages, sept personnes d’une même famille auraient été emportées par les eaux, dont trois enfants, leur mère et leur grand-père. Une autre femme ainsi qu’un jeune homme figurent également parmi les disparus. Les recherches se poursuivent, malgré la crue persistante et la boue qui entrave les opérations.

«Nous recherchons encore. Les eaux ont tout emporté», déplore un secouriste local, épuisé après plusieurs heures sur le terrain.

La montée brutale du niveau de la rivière a également submergé le pont reliant Petit-Goâve au reste du Grand Sud, désormais impraticable. La circulation terrestre vers Les Cayes, Jérémie et les autres communes
est complètement interrompue, accentuant l’isolement d’une région déjà éprouvée par les intempéries.

Les autorités locales appellent les habitants à éviter les berges, rappelant que de nouvelles vagues de précipitations restent possibles tant que Melissa continue de circuler dans la mer des Caraïbes.

Les opérations de recherche et de récupération se poursuivent avec l’appui de volontaires, de la Protection civile et de la mairie. La priorité est de retrouver les disparus, porter assistance aux familles sinistrées et rétablir les accès.

L’ouragan Melissa poursuit pour l’instant sa route vers le nord-ouest, mais Haïti reste sous alerte maximale, en raison des pluies résiduelles encore capables de provoquer de nouveaux débordements.

Jean Mapou

Transition de rupture : l’échec patent des acteurs haïtiens ?

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À quelques mois de la date symbolique du 7 février 2026, censée marquer la fin de la transition actuelle, le doute plane plus que jamais sur la capacité du Conseil présidentiel de transition (CPT) à tenir ses engagements. Entre insécurité persistante, rivalités politiques, rumeurs de remaniement ministériel et aveux implicites d’échec sur le calendrier électoral, le bilan de cette période transitoire apparaît contrasté, voire décevant.

Des promesses de rupture qui tardent à se concrétiser

Lorsque le Conseil présidentiel de transition a été mis en place à la suite de l’accord du 3 avril 2024, il s’était donné pour mission de remettre le pays sur les rails : rétablir la sécurité, organiser une conférence nationale, amorcer les réformes institutionnelles et préparer les élections.

Presqu’au terme de leur mandat, aucun de ces chantiers prioritaires n’a véritablement avancé. L’insécurité, loin d’être jugulée, continue de dicter la vie quotidienne de la population. Les zones métropolitaines restent sous l’emprise des groupes armés, et les opérations sécuritaires annoncées peinent à produire des résultats durables.

Quant à la conférence nationale, censée être un espace de dialogue inclusif sur l’avenir politique et institutionnel du pays, elle a été mise en œuvre, puis arrêtée brusquement par les autorités gouvernementales sans aucune explication.

Des élections de plus en plus incertaines

Le conseiller présidentiel Frinel Joseph a reconnu récemment que les élections pourraient ne pas se tenir avant février 2026, tout en réaffirmant la volonté du Conseil de respecter l’accord du 3 avril 2024.
Un aveu lourd de contradictions : comment prétendre respecter un accord dont les principales dispositions ne sont pas exécutées ?

Cette reconnaissance officielle d’un possible report électoral jette une lumière crue sur l’impasse politique actuelle. Les préparatifs électoraux n’ont pas encore débuté, les institutions devant les encadrer (notamment le Conseil électoral provisoire) ne sont pas encore totalement opérationnelles, et les conditions minimales de sécurité pour un scrutin crédible demeurent absentes.

Rivalités et fragilités internes au sommet de l’État

À cette paralysie institutionnelle s’ajoutent des rumeurs persistantes de mésentente au sein du gouvernement. Plusieurs sources évoquent un possible remaniement ministériel, voire le remplacement du Premier ministre.

Contactés par la rédaction, les porte-paroles de la Présidence et de la Primature n’ont pas donné suite à nos sollicitations. Le silence de l’exécutif alimente les spéculations sur la profondeur des dissensions internes et sur la capacité du Conseil à maintenir une cohésion minimale pour conduire la transition à terme.

Un horizon politique brouillé

Face à ces incertitudes, la population reste dubitative. L’usure de la transition et le manque de résultats tangibles ont miné la confiance, tant au niveau national qu’international.
Les partenaires étrangers, qui avaient initialement salué la mise en place du CPT comme une étape vers la stabilité, observent désormais avec prudence et scepticisme la tournure des événements.

À moins d’un sursaut politique majeur dans les prochains mois, le risque est grand que la transition s’enlise, prolongeant le cycle d’instabilité que le pays tente désespérément de rompre depuis des années.

En somme, la transition devait être celle de la reconstruction politique et de la restauration de la confiance. Elle s’impose aujourd’hui comme celle de la désillusion et de l’attente. Et si le Conseil présidentiel dit vouloir « respecter l’accord du 3 avril », les faits, eux, semblent raconter une tout autre histoire.

À mon estimable ami et frère, Me Agénor CADET

Cher Maître,
Comment allez-vous ? Chaque fois que j’ai l’occasion de lire un texte ou de regarder une vidéo sur l’assassinat du feu président Jovenel Moïse, j’ai le cœur profondément meurtri. J’éprouve une grande
honte en pensant qu’un homme aussi visionnaire, conscient des problèmes de son pays et dévoué à son peuple, ait pu être traité avec autant d’injustice.

Comme vous l’avez si
bien mentionné, il a été humilié, incompris et trahi, non pas par des dirigeants étrangers, mais par ses frères et sœurs Haïtiens. Bien que son mandat, qu’il n’a pas eu le temps d’achever, ait été marqué par de
nombreuses difficultés, il a tout de même pris de très bonnes décisions et laissé derrière lui d’importantes réalisations, et non des moindres.

Il est regrettable que le peuple haïtien
n’ait pas su tirer parti de la bienveillance et de la bonté de ce président. Il a affirmé à maintes reprises n’avoir pas de sang sur les mains et ne jamais vouloir trahir
Haïti ni le peuple haïtien. Je crois fermement que nous paierons, pendant de nombreuses
années, le prix de cet assassinat odieux.

Il est douloureux d’entendre certains chercher à se dédouaner en prétendant que le feu président Jovenel n’était pas le problème, mais que c’était l’opposition pour reprendre les propos de l’une de ses figures de proue.

Je le dis et je le répète : Monsieur Jovenel Moïse a marché dans les pas du président Estimé, et il aurait pu aller encore plus loin. Que Dieu lui réserve une place de choix dans
sa demeure éternelle. La question qu’il faut se poser et qui, à mon sens, devrait interpeller la conscience de
chacun est la suivante : qu’avons-nous fait depuis ?

Celui-là même qui affirmait haut et fort qu’il n’était pas capable, et que son groupe et lui pouvaient faire mieux : où est-il aujourd’hui ? Quel est son bilan à lui et celui des membres du CPT qu’il a accouchés?
Pour reprendre ma mère adorée : Que d’esprit gaspillé en pure perte !

Chacun se croit doté de mains expertes, mais nul n’aboutit à un véritable résultat. Une fois de plus, le peuple haïtien a été dupé par les mensonges d’individus sans
scrupules, soucieux uniquement de leurs intérêts personnels.

Si Haïti veut sortir de cet abîme, elle doit passer par un véritable éveil de conscience à la fois individuel et collectif. Également, elle doit adopter : l’éducation comme clé du progrès, l’agriculture à grande
échelle pour nourrir la nation, l’énergie solaire pour propulser le pays, la recherche scientifique et l’exploitation des mines pour aider ce peuple qui est privé à tous les sens
de liberté.

Ces éléments, et bien d’autres encore, doivent être soutenus par la création d’emplois à grande échelle, dignement rémunérés, le tout reposant sur une justice saine et
incorruptible.

Somme toute, Me Cadet, je vous félicite pour votre article, que je trouve à la fois édifiant et admirablement rédigé.

Bonne réception.

M. Lestin

L’ouragan Mélissa fait une vingtaine de morts à Petit Goave

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Une vingtaine de personnes ont péri à Petit Goave à la suite des inondations causées par l’ouragan Melissa. Les autorités locales font également état d’une dizaine de disparus. La rivière « La Digue» en crue a quitté son lit et a envahi une bonne partie de la ville.

Outre la ville de petit Goave, les pluies diluviennes provoquées par Mélissa ont entraîné des inondations dévastatrices dans plusieurs départements, dont le Sud.

Selon les médias locaux, les autorités poursuivent les recherches pour retrouver d’éventuels disparus.

Né au cœur de l’Atlantique, l’ouragan Melissa s’est transformé en l’un des plus puissants phénomènes du siècle. Mardi, il a frappé la Jamaïque avec des vents soutenus de 300 km/h, atteignant la catégorie 5, selon les données de la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration).

Il s’agit du plus violent ouragan à avoir touché terre sur l’île depuis 90 ans.

Gedeon Delva