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Le ministre Sinal dresse le bilan de sa dernière tournée dans le grand Sud : entre actions concrètes et projets futurs

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Le ministre de la Santé publique et de la Population, Dr Bertrand Sinal a fait le point sur sa récente tournée de plus de cinq jours en janvier 2025 dans le Grand Sud du pays. Cette visite, marquée par des déplacements dans des hôpitaux départementaux et des Hôpitaux communautaires de référence (HCR), lui a permis d’évaluer le système sanitaire régional, de prendre des décisions immédiates et d’annoncer de nouvelles interventions en perspective.

Le Grand Sud, confronté à de nombreux défis sanitaires, espère un redressement durable. La visite officielle du Dr Sinal Bertrand, menée en collaboration avec les différentes directions départementales de santé, visait à rapprocher l’administration centrale des réalités du terrain. De Miragoâne à Dame-Marie, sans oublier Camp-Perrin et Cayes-Jacmel, le ministre a multiplié les échanges avec les responsables hospitaliers afin d’identifier les failles du système tout en mettant en évidence les progrès enregistrés.

Dans le département des Nippes, notamment à l’hôpital Sainte-Thérèse de Miragoâne et dans d’autres structures disposant de blocs opératoires, le ministre a annoncé des mesures fermes pour mettre fin aux pratiques illégales, dont la perception d’argent auprès des patients par certains employés. À l’hôpital de Camp-Perrin, dans le Sud, où une gestion jugée défaillante a été signalée, le titulaire du MSPP a indiqué que des décisions correctives seront prises afin de rétablir une administration plus rigoureuse et transparente.

Le Dr Sinal Bertrand a également fait état du lancement prochain d’une campagne chirurgicale en faveur des personnes atteintes d’hydrocèle dans les Nippes, précisant que des spécialistes sont déjà mobilisés à cet effet. Il a par ailleurs annoncé l’introduction du vaccin HPV dans le programme de vaccination, une mesure visant à renforcer la prévention de certains cancers dont le cancer du sein.

Dans la Grand’Anse, le ministre s’est félicité de l’augmentation du nombre d’accouchements, passé de près de 50 à plus de 200, tandis qu’à Dame-Marie, le bloc opératoire devrait être opérationnel d’ici la fin du mois, avec la perspective d’un partenariat avec une organisation déjà présente dans la gestion hospitalière. Il a aussi confirmé l’inauguration prochaine d’un centre de santé à Duchity.

Infrastructures et perspectives
Dans le Sud, des centres de santé de Déyè Fò, La Cahouane et Tiburon ont été raccordés à l’électricité, tandis que le MSPP annonce des travaux similaires à l’hôpital Saint-Michel de Jacmel dans les semaines à venir. Alors qu’il se décerne un satisfecit pour les services de maternité dans le pays ,il prévoit lors du 24 janvier, date marquant sa première année à la tête du ministère il promet de rendre public le bilan de son action .

Il envisage d’engager bientôt l’équipement de plusieurs hôpitaux à l’échelle nationale. Et il annonce une prochaine tournée dans le Nord du pays.

La rédaction

Haïti: Mgr Pierre-André Dumas se retire de la médiation nationale sur fond de controverses

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Par Jean Mapou

PORT-AU-P4INCE.— Le fragile processus visant à instaurer un dialogue politique inclusif en Haïti vient de connaître un nouveau revers. L’évêque des Nippes, Mgr Pierre-André Dumas, a annoncé son retrait de toute participation à une initiative de médiation nationale, invoquant un souci de clarté, cohérence et fidélité à sa mission pastorale.

Dans une note rendue publique, le prélat assure que son engagement n’avait jamais pour ambition de proposer ou d’élaborer une solution politique à la crise multidimensionnelle que traverse le pays. Il affirme avoir répondu à des sollicitations dans un cadre strictement pastoral, cherchant à restaurer le dialogue là où il s’est rompu au sein d’un paysage politique fragmenté et profondément miné par la méfiance.

Un retrait sur fond de critiques

La décision de Mgr Dumas intervient alors que des contestations émanant de divers secteurs se multipliaient autour de son rôle. Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), de même que des personnalités politiques de premier plan, dont l’ancien Premier ministre Jean-Henry Céant, avaient publiquement mis en doute sa désignation, évoquant un manque de consensus et des soupçons de partialité.

Face à ces critiques, l’évêque des Nippes tient à rectifier certaines perceptions. Il affirme ne s’être jamais proposé pour le rôle de médiateur national, précisant que son nom avait été associé à cette démarche à la suite d’appels provenant de coalitions politiques, d’organisations de la société civile, de grands corps constitués ainsi que de personnalités nationales et internationales. Il dit avoir accepté ces sollicitations en communion avec l’Église, sans prétendre agir au nom de la Conférence épiscopale d’Haïti.

Une mission pastorale réaffirmée

Tout en rejetant toute affiliation politique, Mgr Dumas rappelle que sa vocation demeure celle d’un pasteur. Écouter toutes les voix, dialoguer avec tous et encourager toute initiative sincère orientée vers le bien commun, souligne-t-il, estimant que dans tout processus de médiation, «le rôle d’un médiateur est d’ouvrir des portes; la responsabilité de les franchir appartient aux filles et aux fils d’Haïti».

Le prélat dit agir également pour dissiper la confusion alimentée par des informations qu’il juge inexactes, des interprétations erronées et des tentatives de récupération politique. Après discernement et prière, il a finalement décidé de se retirer de toute implication directe et opérationnelle dans cette médiation.
Ce retrait, insiste-t-il, ne doit pas être interprété comme un désintérêt pour la situation nationale. Il s’agit, selon lui, d’un acte de responsabilité et de cohérence avec sa mission pastorale.

L’épisode illustre une fois de plus la complexité de la crise politique haïtienne et les difficultés récurrentes à établir des mécanismes de dialogue capables de rallier l’ensemble des forces en présence. Dans ce contexte de défiance institutionnelle, sociétale et politique généralisée, la recherche d’un consensus demeure un défi majeur.

Jean Mapou / Le Relief

Crise de transition en Haïti : le CAMSEH plaide pour un exécutif paritaire et inclusif

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Par Gesly Sinvilier

À moins d’un mois de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le Club des anciennes ministres et secrétaires d’État d’Haïti (CAMSEH) prend position face à l’impasse politique, sécuritaire et institutionnelle que traverse le pays. Dans un communiqué rendu public le 13 janvier 2026, l’organisation tire un constat sévère de la transition en cours et formule une série de propositions visant à éviter un vide institutionnel aux conséquences potentiellement chaotiques.

Le CAMSEH estime que le CPT n’a pas atteint les objectifs fondamentaux qui avaient justifié sa mise en place pour une durée de sept mois. Parmi ces objectifs figurent notamment le rétablissement de la sécurité et la reconquête des territoires contrôlés par les groupes armés, l’organisation d’une conférence nationale, la tenue d’un référendum constitutionnel, la relance des activités économiques, l’amélioration des conditions de vie des populations les plus vulnérables, ainsi que l’organisation d’élections générales crédibles et inclusives.

Face à cet échec et à l’urgence du calendrier politique, le CAMSEH affirme se sentir investi d’un devoir de responsabilité. L’organisation appelle à un consensus entre les acteurs constitutionnels et politiques afin de prévenir une rupture institutionnelle après l’échéance du 7 février 2026.

Pour un exécutif bicéphale et paritaire

Dans l’esprit de la Constitution de 1987 amendée, le CAMSEH propose la mise en place d’un exécutif bicéphale rénové, fondé sur la modernité et la parité. L’organisation plaide pour une représentation équilibrée des genres au plus haut sommet de l’État, avec une femme et un homme occupant respectivement la Présidence et la Primature.

Cette vision se décline également dans la formation d’un gouvernement inclusif, respectant strictement la politique de parité (50 % de femmes et 50 % d’hommes), tout en intégrant des personnes à mobilité réduite disposant d’une expertise avérée en administration publique.

Sécurité, gouvernance et élections au cœur des priorités

Au-delà de l’architecture institutionnelle, le CAMSEH met en avant plusieurs axes prioritaires : le rétablissement de l’autorité de l’État, la reconstruction de la confiance entre les gouvernants et la population, la mise en œuvre de politiques publiques en faveur des déplacés internes, ainsi que l’accompagnement des familles monoparentales et des filles-mères.

La lutte contre la corruption figure également parmi les recommandations centrales, de même que la mise en place quasi simultanée d’un organe de contrôle de l’exécutif, dont la composition ne devrait pas excéder douze membres.

Enfin, le CAMSEH insiste sur la nécessité d’organiser des élections générales crédibles, inclusives et démocratiques, devant aboutir à l’installation de nouveaux élus en 2027, condition essentielle selon l’organisation pour restaurer la légitimité de l’État.

Un appel à l’unité nationale

Dans sa déclaration, le Club des anciennes ministres et secrétaires d’État d’Haïti lance un appel solennel à l’ensemble des forces vives du pays pour travailler ensemble dans l’intérêt supérieur de la nation. L’objectif affiché est clair : un retour durable à la sécurité, à la stabilité institutionnelle et à des dirigeants légitimes, capables de répondre aux attentes profondes de la population haïtienne.

Signé par la présidente Josette Darguste et les membres du conseil exécutif du CAMSEH, ce communiqué s’inscrit dans un débat crucial sur l’avenir immédiat de la transition et sur la place des femmes dans la refondation de l’État haïtien.

Kenscoff, un an après l’horreur des gangs

Par Jean Wesley Pierre

PORT-AU-PRINCE, 14 janvier 2026 – Il y a un an, les premières attaques de gangs annonçaient la fin de l’ère paisible de Kenscoff. Perchée dans la fraîcheur des montagnes, cette commune qui servait de refuge à de nombreux habitants fuyant la violence de la capitale est devenue, en douze mois, un épicentre du chaos. Un bilan glaçant, dressé par le mouvement citoyen Mouvman Pou Sove Kenskòf (MSK), révèle l’ampleur de la tragédie : près de 400 personnes tuées, des centaines d’autres enlevées ou déplacées, et un tissu social et économique entièrement déchiré.

Selon le (MSK) « Mouvman pou Sove Kenskòf », l’offensive des groupes armés a fait environ 400 morts depuis son commencement. Le quartier de Bongard, en première ligne, aurait payé le plus lourd tribut avec 290 victimes. Parmi elles, cinq policiers, 20 disparus et 35 personnes enlevées. À Sourcailles, le bilan est de 51 morts, incluant des membres des forces de sécurité : trois agents de la Brigade de Sécurité des Aires Protégées (BSAP), trois brigadiers, dix policiers et trois soldats des Forces Armées d’Haïti (FADH).

Ces chiffres ne sont pas des statistiques abstraites. Ils correspondent à une réalité sanglante et continue. En février 2025, un soldat des FADH et deux agents de la BSAP ont ainsi été tués lors d’une attaque à l’aube. Fin décembre, c’est l’inspecteur responsable du commissariat de Fort-Jacques, Hold Jean Esterlin, qui a été abattu à Kenscoff, un assassinat qui a choqué l’opinion publique et mobilisé les enquêteurs de la Police Nationale.

L’objectif des assaillants va bien au-delà de la simple conquête territoriale. Il s’agit d’une stratégie délibérée pour démanteler les institutions et instiller la terreur. Les écoles et les entreprises sont des cibles privilégiées. À Bongard seulement, cinq écoles ont été pillées et trois incendiées, privant une génération d’enfants de tout avenir.

Cette offensive s’inscrit dans une logique plus large. Début 2025, les Nations Unies alertaient que Kenscoff représentait « le dernier axe routier d’accès à la métropole non contrôlé par les gangs ». Sa prise devait permettre aux groupes criminels de verrouiller complètement Port-au-Prince. L’ONU avait alors mis en garde contre un « point de non-retour » dans la crise haïtienne, un point qui semble aujourd’hui atteint dans cette commune martyre.

L’impact humanitaire est dévastateur. L’Organisation Internationale pour les Migrations (IOM) a enregistré la fuite de plus de 4 000 personnes de Kenscoff au plus fort des violences. Ces déplacés viennent grossir les rangs du million de personnes déjà contraintes de quitter leur foyer à travers le pays. Sur place, les survivants font face à une crise économique aiguë, aggravée par la destruction des commerces et l’isolement de la commune.

Face à cette situation, les autorités locales tentent de reprendre la main, parfois de manière controversée. En août 2025, la mairie de Kenscoff a imposé un contrôle strict sur toutes les activités des organisations non-gouvernementales (ONG), exigeant une autorisation préalable pour toute intervention. Une mesure justifiée par la nécessité de coordonner l’aide et de protéger la population, mais qui risque également de ralentir l’acheminement d’une assistance humanitaire pourtant vitale.

Le drame de Kenscoff est un microcosme de la tragédie nationale. Les violences, qui ont fait plus de 1 000 morts dans tout le pays sur deux mois début 2025, s’étendent désormais en province. Malgré le déploiement de la Mission Multinationale d’Appui à la Sécurité (MMAS) et les annonces de la police nationale comme l’opération ayant démantelé un poste de péage illégal à Bercy début janvier, les forces de l’ordre semblent dépassées. L’ONU estime d’ailleurs que les seuls efforts du gouvernement haïtien ne suffiront pas à réduire significativement la puissance des gangs.

Un an après la première irruption de la violence, Kenscoff est devenue le symbole d’une souveraineté étatique en lambeaux et d’une population livrée à elle-même. Alors que le processus politique de transition peine à se concrétiser, la commune autrefois paisible illustre le chemin qui reste à parcourir pour que cesse l’hémorragie et que renaisse l’espoir.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

ALLIANCE VERTIÈRES présente sa proposition pour la transition

Par Jean Wesley Pierre

La déclaration est un coup de tonnerre dans le paysage politique haïtien déjà surchargé. Maître Senat Jean Michelin, s’exprimant lors de la conférence de presse de l’Alliance VERTIÈRES ce mardi 13 janvier 2026, a résumé la profonde crise qui étouffe la nation en déclarant : « Nous vivons une crise d’impunité, une crise généralisée, une crise morale et institutionnelle. » Son intervention, percutante et chargée de symboles, a jeté une lumière crue sur le dilemme existentiel auquel Haïti est confronté à l’approche du 7 février 2026, date de la fin prévue du Conseil présidentiel de transition (CPT).

Le cœur de son propos touche à la souveraineté et à la dignité collective. « Comment comprendre un pays qui depuis son indépendance, depuis 222 ans et c’est maintenant que nous apprenons que l’acte de l’Indépendance est caché bien loin ? »

Cette question rhétorique pointe du doigt une perte de mémoire et de contrôle sur les symboles fondateurs de la nation. Elle culmine dans une interrogation brûlante sur l’ingérence étrangère : « Comment comprendre que pour faire des élections dans le pays, ce soient des étrangers qui les mènent !? »

Face à ce constat sévère, l’Alliance Vertière lance un appel patriotique clair : « laissez le pays, c’est avec les enfants du pays, que le pays avancera. »

Concrètement, le collectif propose une solution puisée dans la Constitution de 1987 : après le départ du (CPT) Conseil présidentiel de transition, un juge de la Cour de cassation devrait être choisi pour diriger l’intérim, piloter la transition et organiser des élections libres.

Cette proposition s’inscrit dans un débat national intense et non résolu. Alors que le CPT a affirmé qu’il « partira » le 7 février car il ne sera « plus légitime », le pays se retrouve au bord d’un vide institutionnel.

D’autres voix, proposent des « Gouvernements de sauvetage national » pilotés par des civils et un « Conseil des Sages ». La communauté internationale, notamment la CARICOM et les États-Unis, presse quant à elle les Haïtiens de trouver un consensus, tout en soutenant une force internationale de sécurité dont la présence même alimente le sentiment d’ingérence dénoncé par Maître Senat.

L’urgence est réelle. Sans une autorité exécutive claire et acceptée après le 7 février, Haïti risque de sombrer dans un chaos encore plus profond, où l’insécurité gangréneuse et l’instabilité politique se nourriraient mutuellement.

La question posée par l’Alliance Vertière est donc fondamentale : Haïti peut-il enfin trouver en lui-même, parmi « ses enfants », la force de forger sa propre voie de sortie de crise, ou continuera-t-il à être le théâtre d’un scénario où les solutions sont perçues comme imposées de l’extérieur ? La réponse, ou l’absence de réponse, se jouera dans les prochains jours et définira le destin du pays pour les années à venir. Le compte à rebours est enclenché.

Jean Wesley Pierre/ Le Relief

Transition souveraine, une alternative en débat, par l’ancien ministre Joiseus Nader

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Par Jean Wesley Pierre

À l’approche du 7 février, date de fin prévue du Conseil présidentiel de transition (CPT), l’avenir institutionnel d’Haïti est plus incertain que jamais. Dans un contexte d’insécurité généralisée et d’effondrement économique, le projet de « Transition souveraine » a été officiellement lancé par le Mouvement des citoyens engagés pour la Refonte de l’État-Nation, lors d’une conférence de presse tenue à Pétion-Ville le lundi 12 janvier 2026.

Une feuille de route en trois étapes

Joiseus Nader, ancien ministre et coordonnateur adjoint du FREN, a présenté une feuille de route resserrée autour de trois priorités :

  1. Résoudre le problème de l’insécurité, considéré comme le principal frein à toute reprise.
  2. Organiser un référendum pour redéfinir les bases institutionnelles de l’État.
  3. Tenir des élections générales pour rétablir une légitimité démocratique.

L’ensemble du processus est estimé réalisable en 18 à 24 mois, une durée qui contraste avec les transitions prolongées du passé.

Analyse des causes de l’insécurité

Dans son intervention, Joiseus Nader a livré une analyse critique de l’économie politique du chaos. Il a affirmé que des acteurs économiques puissants, alliés à des intérêts étrangers, alimenteraient la circulation des armes pour entretenir une instabilité lucrative. Il a aussi établi un lien direct entre le chômage massif (80-85%) et l’insécurité, soulignant l’impossibilité d’assurer la sécurité sans inclusion économique.

Un positionnement idéologique singulier : l’« haïtianisme »

Sur le plan géopolitique, le projet revendique une rupture. « Nous ne sommes ni pro-russes ni anti-russes, ni pro-chinois ni anti-chinois », a déclaré Nader, rejetant les idéologies classiques au profit d’un concept nommé « haïtianisme », résumé par la primauté des intérêts d’Haïti. Cette posture se veut pragmatique et ouverte à tous les dialogues, à condition qu’ils respectent la souveraineté nationale.

Un projet porté par des figures controversées

L’ancien député Ronald Étienne a révélé que le document a été élaboré après consultations avec plusieurs personnalités, dont Guy Philippe, Bernard Gousse et Stanley Lucas. Cette liste hétérogène est à la fois une force, montrant une volonté de rassembler, et une faiblesse, certaines figures étant associées à des périodes politiques controversées.

La question cruciale de la légitimité post-CPT

Alors que le CPT actuel est fragilisé par des divisions et une légitimité contestée, la « Transition souveraine » émerge comme une option parmi d’autres dans un vide politique grandissant. Elle est le symptôme d’un pays en quête urgente d’un nouveau contrat politique. Son succès dépendra non seulement de la faisabilité de sa feuille de route, mais surtout de sa capacité à susciter une confiance collective dans une population épuisée par des décennies d’échecs.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Les défenseurs de l’accord Montana favorables à la médiation de Mgr Dumas

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Par Gedeon Delva

Le Bloc des défenseurs de l’Accord de Montana (BDAM) a réagi suite au choix de Mr Monseigneur Pierre Dumas pour assurer la médiation dans la perspective visant au remplacement du Conseil présidentiel de transition (CPT) après le 7 février 2026.

Lors d’une conférence de presse donne ce Mardi 13 Janvier, le BDAM se félicite de l’initiative et croit à l’heure où nous sommes toute démarche destinée à aider à éviter le pays d’un chaos après le 7 Février est une nécessité.

Le président du Bloc des défenseurs de l’accord de Montana (BDAM) Iswick Theophin, néanmoins souhaiterait que cette initiative soit rejointe par d’autres secteurs et personnalités crédibles en vue de la renforcer.

« Nous saluons la démarche, et nous croyons à ce carrefour, Haïti a besoin de la participation de tous ses fils et de toutes ses filles pour qu’elle puisse sortir du trou », a déclaré M. Théophin.

Par ailleurs, le président du BDAM, a exprimé sa position sur la récente déclaration du conseiller présidentiel Lesly Voltaire, affirmant qu’« une formule visant le remplacement du Conseil présidentiel de transition (CPT) sera trouvée avant le 7 février 2026 ».

Selon Me Théophin, cette déclaration illustre la dépendance de nos dirigeants politiques vis-à-vis de la communauté internationale. Dénonçant l’échec constaté des membres du CPT, le président du BDAM a également critiqué la mainmise de certains secteurs cherchant à s’approprier le processus de dialogue. L’homme de loi appelle ainsi à une solution concertée, susceptible de conduire à un consensus et de restaurer un climat de paix dans le pays.

Gedeon Delva/ Le Relief

Qui pour succéder au CPT au lendemain du 7 février 2026?

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Par Gesly Sinvilier

La question de l’après-CPT s’impose comme l’un des enjeux politiques majeurs en Haïti, à l’approche du 7 février 2026, date marquant la fin de leur mandat. Qui exercera le pouvoir à partir de cette échéance constitutionnellement symbolique ? Et où en sont réellement les négociations entre les différentes forces politiques pour éviter un nouveau vide institutionnel ?

Mis en place dans le cadre de l’accord politique du 3 avril 2024, le CPT avait pour mission principale de rétablir un minimum de stabilité, de remettre l’État en fonctionnement et de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections crédibles. Or, à moins de quelques jours de la fin de son mandat, le bilan reste largement contesté. L’insécurité persiste, malgré des efforts déployés pour y remédier. Dans ce contexte, l’après-7 février 2026 apparaît incertain et fortement disputé.

Officiellement, certains membres du CPT réaffirment leur engagement à respecter l’échéance fixée et à céder le pouvoir à la date prévue. Mais la question centrale demeure : à qui ? À ce jour, aucune autorité de succession clairement définie ne fait consensus. Plusieurs pistes sont en discussion, révélant des divergences profondes au sein de la classe politique.

Une première tendance, portée par un large regroupement de partis et d’organisations politiques, plaide pour une nouvelle transition d’une durée limitée, sans le CPT. Ces acteurs estiment que la formule actuelle a montré ses limites et appellent à la mise en place d’une nouvelle structure de gouvernance transitoire, plus resserrée et dotée d’un mandat clair : sécurité, réformes institutionnelles urgentes et organisation d’élections générales. Pour eux, le 7 février 2026 ne doit pas marquer un retour à l’improvisation, mais l’ouverture d’un nouveau cadre politique fondé sur un accord élargi.

D’autres forces politiques proposent une option différente : confier la direction de la transition à une figure issue de la magistrature, notamment des hautes juridictions de l’État, afin de garantir une certaine neutralité institutionnelle. Cette formule viserait à rassurer à la fois les acteurs politiques, la société civile et la communauté internationale, tout en évitant une personnalisation excessive du pouvoir dans un contexte déjà polarisé.

Parallèlement, plusieurs voix, issues tant de la société civile que des milieux religieux, appellent à un dialogue national inclusif et urgent. L’objectif serait de parvenir à un accord politique global avant l’échéance de février 2026, afin de définir clairement les modalités de la succession, la durée de toute transition éventuelle et les garanties institutionnelles minimales pour assurer la continuité de l’État. L’Église catholique, entre autres, s’est dite disposée à faciliter une médiation entre les acteurs politiques, consciente des risques d’instabilité accrue en cas d’impasse.

Les négociations, bien qu’existantes, restent cependant fragmentées. Elles se déroulent souvent de manière bilatérale ou au sein de cercles politiques restreints, sans cadre formel unificateur. Les désaccords portent notamment sur la durée d’une éventuelle nouvelle transition, le mode de désignation des dirigeants, le rôle des acteurs internationaux et la place réelle des forces sociales non partisanes dans le processus décisionnel.

À mesure que le 7 février 2026 approche, la pression politique et sociale s’intensifie. Le risque d’un vide institutionnel, dans un pays déjà éprouvé par l’insécurité et la crise économique, est régulièrement évoqué. Pour beaucoup d’observateurs, la crédibilité de la transition actuelle se jouera moins sur la longévité du CPT que sur sa capacité à préparer une sortie ordonnée, consensuelle et légitime du pouvoir.

En définitive, l’après-CPT reste ouvert à plusieurs scénarios, aucun ne s’imposant encore comme une évidence. Une chose est toutefois claire : sans accord politique solide et inclusif, le 7 février 2026 pourrait devenir non pas une étape de stabilisation, mais un nouveau point de bascule dans la longue crise politique haïtienne.

Gesly Sinvilier/ Le Relief

Douanes haïtiennes : des recettes en hausse, des innovations annoncées et un front durci contre les trafics illicites

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Lors des Mardis de la Nation, ce mardi 13 janvier 2026, le directeur général de l’Administration générale des Douanes (AGD), Gérald Remplais, a dressé un bilan marqué par une hausse significative des recettes douanières dont 13 milliards en décembre 2025 et un durcissement des contrôles face à l’insécurité et aux trafics illicites.

À l’occasion de la 32e édition des Mardis de la Nation, en guise de présentation du bilan de ses 100 jours en poste, le directeur général de l’Administration générale des Douanes (AGD), Gérald Remplais, est longuement intervenu sur le rôle stratégique de la Douane haïtienne dans la protection du territoire et la mobilisation des recettes fiscales.

Une intervention qui s’inscrit dans un contexte sécuritaire tendu et de fortes attentes en matière de gouvernance financière. Il a laissé entendre qu’au moment de la prise de fonction, des défis de divers genres ont été dressés devantdont l’insécurité aux frontières.

Au cœur de son allocution, le responsable de l’AGD a mis l’accent sur le renforcement des contrôles douaniers, destinés à freiner la circulation de drogues, d’armes, de médicaments contrefaits et de marchandises prohibées.

Selon lui, la Douane constitue un maillon essentiel dans la lutte contre l’insécurité, en empêchant l’entrée de produits dangereux et en sécurisant les frontières économiques du pays.

Ces actions s’alignent, a-t-il précisé, avec le thème de l’année 2026 de l’Organisation mondiale des Douanes (OMD), axé sur une douane protectrice de la société grâce à la vigilance et à l’engagement de ses agents. Une orientation qui conforte la mission à la fois fiscale et sécuritaire de l’institution.

Sur le plan financier, l’AGD affiche des performances inédites. Pour les trois premiers mois de l’exercice fiscal 2025-2026, les recettes douanières ont atteint des niveaux records : plus de 11,24 milliards de gourdes en octobre, 10,58 milliards en novembre et près de 13,26 milliards de gourdes en décembre.

Des chiffres qui traduisent, selon la direction, l’impact des nouvelles mesures de contrôle et d’amélioration des procédures.

Dans une perspective de modernisation, l’Administration générale des Douanes annonce la mise en place, en 2026, d’un système de messagerie intégré au système douanier automatisé. Cet outil permettra aux usagers d’estimer à l’avance les montants à payer pour le dédouanement de leurs marchandises. À cela s’ajoutent des projets de paiement en ligne et l’amélioration des infrastructures, notamment à la douane du Cap-Haïtien.

Enfin, l’AGD entend renforcer sa communication institutionnelle à travers une stratégie articulée autour de trois axes : les acteurs économiques, la presse spécialisée et la communication de masse. Une démarche visant à accroître la transparence, moderniser les services et consolider la confiance du public dans l’administration douanière haïtienne.

La rédaction

Lancement des travaux de réhabilitation du tronçon Hinche–Saint-Raphaël : un projet stratégique pour le Nord et le Centre du pays

Par Jean Wesley Pierre

Le Premier ministre de la République, Alix Didier Fils-Aimé, a pris part ce mardi 13 janvier 2026 à la cérémonie officielle de lancement des travaux de réhabilitation du tronçon Hinche – Saint-Raphaël de la Route nationale n°3 (RN3), un axe jugé stratégique pour la mobilité, l’intégration territoriale et le développement économique d’Haïti.

La cérémonie s’est déroulée dans le département du Nord en présence du président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, de plusieurs membres du CPT, du ministre des Travaux publics, Transports et Communications, de l’Ordonnateur national du Fonds européen de développement (FED), des autorités locales, ainsi que de représentants diplomatiques, dont l’ambassadrice de l’Union européenne en Haïti, et les ambassadeurs de France et d’Espagne.

Le projet prévoit notamment la conception et la construction de cinq ouvrages d’art ( quatre ponts et un dalot ) confiées à l’entreprise V & F Construction. Selon les autorités, la réhabilitation de ce tronçon permettra de réduire d’environ 60 kilomètres la distance par rapport à la Nationale n°1, améliorant ainsi la fluidité des déplacements entre le Centre et le Nord du pays.

Dans son intervention, le Premier ministre a mis en avant l’importance stratégique des infrastructures routières dans la relance économique nationale. Il a souligné que la République d’Haïti et l’Union européenne ont fait le choix de placer ces infrastructures au cœur des priorités de financement, estimant qu’elles constituent des piliers essentiels de l’économie, favorisant la circulation des personnes et des biens, tout en stimulant la production nationale et les échanges commerciaux.

Alix Didier Fils-Aimé a également rappelé que le développement des routes s’inscrit dans la vision globale du Gouvernement, qui lie l’amélioration des infrastructures à la lutte contre l’insécurité et à la recherche de la stabilité politique. Selon lui, un réseau routier cohérent est un levier majeur pour le développement économique durable et la cohésion territoriale.

Le Chef du Gouvernement a exprimé sa gratitude à l’Union européenne, en particulier à son ambassadrice, Hélène Roos, saluant l’engagement constant de la délégation européenne en Haïti. Il a aussi remercié les partenaires techniques et financiers, dont l’Agence française de développement (AFD), pour leur contribution à la réalisation de la route Hinche–Saint-Raphaël.

Ce projet s’inscrit dans le cadre du maillage routier national promu par le Ministère des Travaux publics, sous la direction du ministre Raphaël Hosty. Le Premier ministre a insisté sur la nécessité de préserver l’unité et la stabilité institutionnelle afin de garantir la continuité de ces projets structurants et de renforcer l’espoir au sein de la population.

Parallèlement aux chantiers de développement, le gouvernement affirme maintenir la pression sur les groupes armés, avec pour objectif de rétablir la sécurité et de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections démocratiques au cours de l’année 2026, présentées comme un passage clé vers la consolidation de la stabilité et du progrès en Haïti.

Jean Wesley Pierre / Le Relief