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Vers un nouveau souffle pour l’éducation haïtienne : le FNE et l’UNESCO consolident leur partenariat

Par Jean Wesley Pierre

Le Fonds National de l’Éducation (FNE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture ( UNESCO ) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur collaboration. À l’occasion d’une rencontre tenue le jeudi 30 octobre 2025 au bureau de l’UNESCO à Pétion-Ville, le directeur général du FNE, Elysé Colagène, et le Représentant de l’UNESCO en Haïti, Eric Voli Bi, ont échangé autour des principaux axes visant à renforcer leur partenariat stratégique dans le secteur éducatif haïtien.

Selon les informations recueillies, les discussions ont porté sur l’évaluation des projets déjà en cours, de mise en œuvre et sur la recherche de nouvelles pistes de coopération dans des domaines cruciaux tels que la science, la formation des enseignants, la gestion des risques, et la promotion de l’éducation inclusive. Ces échanges s’inscrivent dans une dynamique de modernisation et de résilience du système éducatif haïtien, un défi majeur dans un contexte de crise économique, politique et environnementale grave.

M. Colagène a souligné, lors de cette rencontre, l’importance pour Haïti de s’appuyer sur des partenaires techniques et financiers crédibles afin de consolider les acquis du FNE et d’amplifier l’accès à une éducation de qualité, gratuite et équitable.

L’UNESCO, de son côté, a réaffirmé son engagement à soutenir les initiatives nationales qui visent à renforcer les capacités institutionnelles et à promouvoir un modèle éducatif adapté aux réalités haïtiennes.

Une réponse conjointe aux urgences post-ouragan

L’entretien s’est également déroulé dans un contexte de crise post-ouragan, après le passage dévastateur de Mélissa sur plusieurs départements du pays. Les deux responsables ont convenu de lancer rapidement une évaluation conjointe des dégâts subis par les infrastructures et mobiliers scolaires. L’objectif : définir, dans les plus brefs délais, les mesures d’intervention les plus adaptées pour réhabiliter les établissements touchés et garantir la continuité des activités pédagogiques.

Ce geste traduit une volonté claire des deux institutions d’agir en solidarité face aux catastrophes naturelles, qui aggravent chaque année la précarité du système éducatif national.

Au-delà de la gestion de l’urgence, cette rencontre marque une volonté commune de repenser la gouvernance éducative en Haïti. Le représentant de l’UNESCO, Eric Voli Bi, a salué la « la volonté de dialogue et d’ouverture » du nouveau directeur général du FNE, tout en exprimant son souhait de travailler main dans la main pour renforcer la planification, la transparence et la durabilité des programmes éducatifs.

Cette orientation s’inscrit dans la vision d’un système éducatif plus inclusif, innovant et centré sur les besoins des citoyens haïtiens, un chantier immense mais essentiel pour l’avenir du pays.

Une alliance porteuse d’espoir

À un moment où Haïti traverse de profondes turbulences sociales et institutionnelles, la consolidation du partenariat entre le FNE et l’UNESCO apparaît comme une lueur d’espoir pour la jeunesse haïtienne. L’éducation demeure, plus que jamais, le levier principal du développement, de la reconstruction et de la cohésion nationale.

Si cette volonté de collaboration se traduit par des actions concrètes et durables, le pays pourrait enfin amorcer le tournant tant attendu vers une école plus résiliente, plus équitable et mieux arrimée aux défis du XXIe siècle.

L’Université Soleil d’Haïti (USH) incendiée : quand la flamme du savoir est attaquée

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Par Pierre Josué Agénor Cadet

Un incendie d’origine criminelle a réduit en cendres l’Université Soleil, ce jeune centre d’enseignement supérieur fondé par Maître Jean Renel Sénatus, avocat de renom, ancien commissaire du gouvernement près le tribunal civil de Port-au-Prince plus connu sous le nom de zokiki à l’époque et ex-sénateur de l’Ouest à la cinquantième législature . Dans un pays où l’accès à l’éducation demeure un combat quotidien, ce drame ne saurait être perçu comme un simple fait divers. C’est un coup porté au cœur même de l’intelligence nationale, une atteinte grave à l’espoir collectif d’une jeunesse déjà meurtrie par l’exclusion, la pauvreté et la violence ambiante.

Ce sinistre, œuvre de mains obscures et criminelles, vient endeuiller toute une communauté : étudiants, professeurs, employés administratifs, membres du petit personnel, parents d’étudiants et, plus largement, tous ceux qui croient encore en la puissance du savoir comme instrument de libération.
L’Université Soleil d’Haiti n’était pas qu’un bâtiment, ni un simple établissement académique. Elle était le symbole d’une volonté : celle de redonner à la jeunesse haïtienne la possibilité d’apprendre, de s’élever, de rêver d’un avenir meilleur. Dans ses salles de cours, des centaines de jeunes de toutes couches sociales venus d’horizons divers se réunissaient chaque jour pour étudier des disciplines variées. Là, dans cette ambiance studieuse, se forgeait une génération nouvelle, animée par la soif du savoir et le désir ardent de contribuer à la reconstruction morale et intellectuelle de la nouvelle Haïti.

Détruire un tel lieu, c’est commettre un crime contre l’avenir, c’est assassiner symboliquement des milliers d’espérances, c’est dire à la jeunesse :  » Vous n’avez pas le droit de penser, ni de grandir ». Ce n’est pas seulement un feu matériel qui a ravagé les locaux de l’Université Soleil d’Haïti ; c’est un feu moral, un incendie de la conscience nationale. Car chaque salle brûlé, chaque livre parti en fumée, chaque ordinateur réduit en cendres emporte avec lui un fragment de notre dignité collective.

Les conséquences de cet acte sont tragiques. Des professeurs se retrouvent sans emploi, des employés administratifs ,souvent des pères et mères de famille modestes ,voient disparaître leur unique source de revenu. Des centaines d’étudiants, en plein milieu ou au début ou à la fin de leur formation, sont aujourd’hui désemparés, ne sachant où poursuivre ou commencer ou terminer leurs études. Le pays, déjà frappé par une crise économique, sécuritaire, sociale et institutionnelle sans précédent, perd encore un espace d’espoir et de reconstruction.

Mais au-delà des pertes matérielles, c’est le message symbolique de cet incendie qui glace le sang. Quand on s’en prend à une université, on ne vise pas seulement des murs ou son fondateur. On vise l’intelligence, la pensée, la lumière. On s’attaque à ce qu’il reste d’humain dans un pays déjà malmené par l’obscurantisme, la corruption, la mal gouvernance, l’hypocrisie, la trahison, l’aigreur et la haine. C’est un acte de terreur intellectuelle, une tentative de réduire au silence les voix qui éclairent et élèvent.

Un crime contre la jeunesse, l’intelligence et la société
L’Université Soleil d’Haïti représentait une réponse citoyenne face à la faillite de l’État dans le domaine de l’éducation. Elle incarnait l’engagement d’un homme, Maître Jean Renel Sénatus, qui, au lieu de se résigner ou d’aller vivre ailleurs, avait choisi de bâtir. Par sa création, il avait voulu offrir à la jeunesse une institution digne, encadrée, structurée, où l’effort, la discipline et la méritocratie avaient encore un sens.

Aujourd’hui, cette initiative privée, porteuse de progrès, est réduite à néant. L’acte incendiaire qui l’a anéantie est une gifle à tous ceux qui croient encore à la valeur de l’éducation, au travail intellectuel, à la transformation sociale par le savoir. Il faut le dire avec force : détruire une université, c’est détruire le pays, c’est priver des générations entières de la possibilité de comprendre, de réfléchir, de construire.

Il est temps que l’État et la société haïtienne se dressent face à cette barbarie qui ronge nos fondations. On ne peut pas continuer à brûler les écoles,les hôpitaux,les universités, les bibliothèques sans en payer le prix moral et historique. Les autorités du pays, détentrices de la contrainte légitime,doivent prendre leurs responsabilités, non seulement en identifiant et en punissant les coupables, mais surtout en protégeant les institutions éducatives comme on protège un sanctuaire. Car l’école, l’université, c’est le dernier refuge de la civilisation dans un pays en crise systémique comme le nôtre.

L’incendie de l’Université Soleil d’Haiti n’est pas une simple tragédie locale, c’est le symbole d’une société en perte de repères, où l’on préfère anéantir ce qui éclaire plutôt que de bâtir ce qui élève. Ce feu criminel ne doit pas éteindre la flamme du savoir. Au contraire, il doit rallumer en nous tous la conviction que l’éducation est la seule voie de salut.

Haïti ne se relèvera ni par les armes ni par la haine, mais par la lumière des esprits instruits. En brûlant l’Université Soleil Haïti, on a voulu éteindre un flambeau. Mais les flammes de la bêtise ne triompheront jamais de la lumière de la connaissance. Puisse ce drame réveiller les consciences, mobiliser les énergies et rappeler à chacun que protéger une université, c’est garantir l’avenir des jeunes.

Pierre Josué Agénor Cadet

En plein shutdown, Donald Trump part en croisade contre le «filibuster» au Sénat

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WASHINGTON.— Alors que les États-Unis sont paralysés depuis le 1er octobre par un nouveau shutdown budgétaire, le président américain Donald Trump appelle à une réforme profonde du Sénat. Il souhaite mettre fin au «filibuster», une règle de procédure parlementaire permettant à une minorité de bloquer l’examen ou le vote d’un texte de loi. Une prise de position qui ravive les tensions entre démocrates et républicains, au moment où des milliers de fonctionnaires sont privés de salaire et où plusieurs services publics sont à l’arrêt.

L’absence d’accord au Congrès sur le budget fédéral a conduit à la suspension du financement de nombreuses agences gouvernementales. Plusieurs programmes sociaux, services administratifs et salaires publics sont gelés. Le Congressional Budget Office (CBO), un organisme indépendant, estime que cette situation pourrait coûter jusqu’à 14 milliards de dollars à l’économie américaine si elle perdure.

«Cette situation est ridicule et menace de détruire le pays», a averti Trump estimant que le blocage résulte directement d’une règle institutionnelle jugée trop contraignante: le filibuster.

Au Sénat, l’adoption d’un projet de loi requiert en théorie une majorité simple de 51 voix. Mais pour mettre fin aux débats et passer au vote, une majorité qualifiée de 60 voix est nécessaire. Cette procédure permet donc à 41 sénateurs, généralement issus de la minorité, d’empêcher l’avancement d’un texte. Utilisé par les deux partis au fil des décennies, le filibuster est devenu un outil stratégique dans les négociations politiques, forçant souvent au compromis.

Aujourd’hui, malgré leur majorité dans les deux chambres du Congrès, les républicains doivent convaincre plusieurs sénateurs démocrates pour faire adopter un budget; une condition difficile à remplir dans un contexte politique particulièrement polarisé.

Dans un message publié dans la nuit de jeudi à vendredi sur Truth Social, Donald Trump a exhorté son camp à supprimer cette règle: «Il est temps pour les républicains de jouer leur « CARTE TRUMP » et de mettre en œuvre l’Option Nucléaire, en l’occurrence se débarrasser du Filibuster, et s’en débarrasser MAINTENANT ! »

Lors de son premier mandat, l’ancien président avait déjà tenté sans succès de modifier cette procédure. Cette fois, il affirme que l’élimination du filibuster permettrait de mettre immédiatement fin au shutdown, sans préciser les contours techniques d’une telle réforme.

Plusieurs scénarios sont évoqués: abaisser le seuil de 60 voix, restreindre le filibuster à certains projets de loi, ou encore l’abolir totalement pour les questions budgétaires.

La suppression du filibuster constituerait un changement majeur dans le fonctionnement du Sénat, dont la vocation première est d’être une chambre de modération et de dialogue. De nombreux élus, y compris au sein du camp républicain, estiment qu’une telle réforme risquerait d’accentuer la polarisation et de fragiliser les contre-pouvoirs.

Pour l’heure, aucune majorité claire ne se dessine autour de cette proposition. Les discussions budgétaires restent, elles, au point mort, laissant planer l’incertitude sur la durée du shutdown et ses répercussions économiques et sociales.

Avec 20minutesfr

Jean Mapou

Haïti : Les élections sont impossibles avant le 7 février 2026

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Plus de suspens autour du dossier électoral !

Le conseiller présidentiel Frinel Joseph a mis fin aux spéculations concernant la tenue des élections sous le mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT).
« Les élections sont impossibles avant le 7 février 2026, date marquant l’échéance du Conseil », a déclaré le représentant de la REN au sein de l’exécutif.

Le pasteur Frinel Joseph, chargé du dossier des élections au sein du CPT, a fait cette déclaration aux côtés des conseillers Louis Gérald Gilles et Emmanuel Vertilaire, lors d’une visite au Conseil électoral provisoire (CEP), le vendredi 31 octobre 2025.

Cette rencontre a été l’occasion pour les conseillers présidentiels de féliciter les membres du CEP pour la mise à disposition officielle du projet de décret électoral aux partis politiques.
« Cette étape est importante dans la préparation des prochaines élections », a souligné Frinel Joseph.

Les conseillers présidentiels ont encouragé les membres du CEP à poursuivre leurs efforts afin de garantir un processus électoral crédible, inclusif et indépendant, tout en réaffirmant leur engagement à quitter le pouvoir le 7 février 2026, conformément à l’accord du 3 avril 2024 portant création et organisation de la transition.

De son côté, le président du CEP, Jacques Desrosiers, intervenant sur Radio Métropole, a indiqué que la mission de l’institution est de « mettre la machine en marche » et de se préparer techniquement.
Concernant la date du scrutin, M. Desrosiers a précisé que le CEP peaufine actuellement le calendrier électoral, qui sera annoncé très prochainement.

Le représentant de la presse au sein du Conseil a, lui aussi, reconnu qu’il est « matériellement impossible » d’organiser des élections avant le 7 février 2026, rejoignant ainsi la position de Frinel Joseph.

Dans un communiqué relatif à la publication du projet de décret électoral, le CEP accorde aux partis politiques un délai expirant le 10 novembre 2025 pour soumettre leurs observations, avant la transmission du document au CPT pour publication officielle.

Johao Killy

LA CÉLÉBRATION DE LA MORT PAR LA VIE

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Parallèle entre les Guédés en Haïti et Halloween en Occident

Par Evans Paul

Introduction : La mort, miroir de la vie

La vie et la mort demeurent les deux pôles inséparables de l’existence. L’une n’a de sens qu’à travers l’autre. Depuis la nuit des temps, l’être humain cherche à apprivoiser la mort, à la comprendre, à la ritualiser pour mieux célébrer la vie. Cette dialectique universelle entre la fin et le recommencement, entre l’absence et la mémoire, constitue le fondement même de la conscience humaine.

Les Guédés : la vie qui danse avec la mort

En Haïti, les Guédés incarnent avec éclat cette alliance entre la vie et la mort. Ils représentent à la fois les esprits des morts et les gardiens de la vitalité.
Chaque année, les 1er et 2 novembre, des Haïtiens se rassemblent dans les cimetières, au son des tambours et des prières vodou, pour honorer la mémoire des disparus. Ce moment de recueillement devient aussi une fête de communion, de rires et de transes, où la mort perd son pouvoir de terreur.

Les Guédés rappellent que la mort n’est pas un effacement, mais une passation d’énergie : nos ancêtres vivent à travers nous, et nous continuerons à vivre à travers ceux qui viendront après.

Halloween : l’ombre apprivoisée de la mort

En Occident, Halloween, célébrée chaque 31 octobre, trouve ses racines dans la fête celtique de Samhain, marquant la fin des moissons et l’entrée dans la saison sombre. C’était jadis le moment où les frontières entre les vivants et les morts s’amincissaient.

Au fil du temps, cette célébration s’est transformée en une fête populaire et théâtrale, où la peur est tournée en dérision. Les enfants, déguisés en fantômes, squelettes ou sorcières, vont de porte en porte, conjurant la mort par le rire, la lumière et le partage. Halloween demeure ainsi une manière symbolique de désamorcer la fatalité, de faire de la mort un jeu que l’on peut comprendre, imiter, voire maîtriser.

Deux cultures, une même quête

Sous des formes différentes, les Guédés et Halloween traduisent la même recherche spirituelle : donner sens à la finitude, entretenir le lien entre les mondes, préserver la mémoire des anciens, et rappeler que la vie, si fragile soit-elle, est un don à célébrer.

Là où l’Occident met en scène la peur pour la dompter, Haïti rit et danse pour la transcender. Le rire des Guédés, leur irrévérence et leur sensualité expriment une sagesse populaire profonde : la mort n’a pas le dernier mot.

Philosophie de la continuité

Nous sommes la continuité vivante de nos ancêtres, porteurs de leurs luttes, de leurs prières et de leurs rêves. Chaque génération prolonge le grand cycle de la vie, comme un fleuve qui change de cours sans jamais cesser de couler.

Célébrer la mort, c’est reconnaître la vie dans sa totalité, avec sa fragilité et sa beauté. La force de la vie réside précisément dans la conscience de sa finitude.

Conclusion : la mort comme passage

La mort n’est pas la négation de la vie, mais son autre visage.
Les Guédés, par leur humour et leur vitalité, nous rappellent que mourir, c’est aussi revenir autrement, dans le souvenir, dans le souffle, dans la descendance.
Et Halloween, par son théâtre de masques et de lumières, nous enseigne que la peur du néant peut être apprivoisée.

La finitude, c’est la limite qui rend la vie consciente d’elle-même.

Vivre, c’est humaniser la mort sans cesser d’aimer.

Mourir, c’est prolonger la vie dans la mémoire de l’amour.

CENTRE ABC – ATIZAN BON CHANJMAN
Delmas, Haïti
Samedi 1er novembre 2025

Shultz, il t’a ôté la vie pour avoir tout simplement existé

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Par Jean Venel Casséus

Pour avoir marché, chaque matin, dans la lumière douce d’un jour neuf. Pour avoir traversé la rue avec tes écouteurs aux oreilles, ta paix dans le regard et ton pas tranquille d’homme qui n’a rien à se reprocher. C’est tout ce qu’il a dit, froidement, lorsque la police lui a demandé pourquoi.

« Je ne supportais plus de le voir passer chaque matin dans le quartier. »

Scott Hilton, ce Noir américain de quarante-huit (48) ans, t’a poignardé sans t’avoir jamais parlé, sans te connaître, sans raison. Et c’est ainsi que s’explique l’inexplicable, la haine de voir un homme libre, debout, vivant.

Depuis environ un an, tu avais trouvé un équilibre nouveau ici, à Philadelphie. Tu partageais ta vie entre tes cours, tes poèmes et la cuisine, ton autre passion, ce lieu de création où tu faisais danser les saveurs comme les mots.

Je t’imagine encore dans la chaleur de June’s Kitchen, le tablier au cou, le sourire tranquille, la pensée ailleurs, là où naissent les vers et les rêves.

Tu étais un poète de la lumière, un enseignant de l’âme, un journaliste du vivant. Tu croyais aux mots comme d’autres croient en Dieu. Tu pensais que chaque phrase pouvait adoucir le monde. Et voilà qu’un matin, l’obscurité t’a pris sans prévenir.

Depuis ta mort, la ville entière me semble retenir son souffle. Philadelphie a froid. Tes amis, tes élèves, tes confrères, tous parlent de toi au passé avec la douleur de ceux qui ne s’y résolvent pas.

Schultz, tu ne cherchais pas à briller, tu cherchais à comprendre. Tu croyais que chaque mot pouvait guérir quelque chose du monde.

Sur les réseaux, les visages s’allument de ton sourire, les lignes tremblent de tes poèmes. Chacun t’écrit comme on parle à une absence qui continue d’écouter. Et moi, je me demande comment un homme peut tuer un autre homme pour si peu, pour rien.

Dans ce pays où la peur rôde sous chaque porche, où la différence devient parfois une cible, ta mort dit l’essentiel. L’intolérance peut être un crime banal, mais elle ne sera jamais ordinaire.

Tu es parti comme un symbole, comme une blessure ouverte dans la conscience d’une société qui oublie que vivre est un droit sacré.

Tu laisses derrière toi une œuvre inachevée, des rêves suspendus et des enfants à qui il faudra expliquer pourquoi un père peut tomber sous le couteau d’un inconnu.

Tu laisses tes élèves, orphelins de ta voix. Tu laisses ton pays, orphelin d’un poète. Tu laisses ta femme, tes trois sœurs, tes trois enfants, sans ton épaule pour les protéger.

Et tu rejoins à présent ton père, ta mère et tes deux frères dans cette autre lumière où la haine ne sait pas entrer.

Là, sur les traces de l’aube, les mots que tu n’as pas eu le temps d’écrire continueront certainement de te suivre jusqu’au grand matin.

Pennsylvanie, 31 octobre 2025

Haïti : l’OPL dénonce l’incapacité de l’État face aux catastrophes naturelles

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L’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) fustige la faiblesse de l’État haïtien face aux risques et catastrophes naturelles, après les lourds dégâts causés par le passage de l’ouragan Melissa. Dans une note rendue publique ce 31 octobre, le parti politique dénonce « l’incapacité chronique de l’État à assurer la sécurité et la protection de la population », évoquant une situation de vulnérabilité extrême aggravée par des années d’inaction.

Selon l’OPL, les conséquences du passage de Melissa — plus de 30 morts, des dizaines de disparus et de nombreuses zones inondées — traduisent la faillite structurelle de l’État haïtien. « Un pays sans force de défense, sans capacité d’intervention et sans plan de prévention est un pays qui vit de prières plutôt que de planification », souligne la note. Le parti affirme que la catastrophe aurait été « encore plus dramatique » si l’ouragan avait frappé directement le territoire haïtien.

L’organisation adresse ses condoléances à toutes les familles des victimes, notamment à Madame Johane Pierre, membre de l’OPL à Petit-Goâve, qui a perdu deux enfants lors des inondations. Elle en profite pour saluer la résilience des populations sinistrées dans les départements du Sud, du Sud-Est et de la Grand’Anse.

Comparant Haïti à d’autres pays des Caraïbes tels que Cuba et la Jamaïque, l’OPL note que ces nations ont pu limiter les pertes humaines grâce à des structures solides, des forces armées opérationnelles et une gestion préventive des crises. Elle en conclut que la vulnérabilité du pays « atteint un niveau inacceptable » et qu’il est urgent d’intégrer la sécurité civile et la protection sociale dans les politiques publiques.

Le parti qui a proposé Edgard Leblanc Fils au Conseil Présidentiel de transition appelle ainsi à un réveil national et à des actions concrètes :

la reconstruction du système de sécurité nationale ;

la mise en place d’un plan de réintégration des déplacés internes ;

la refonte de la politique de gestion des risques et des catastrophes, axée sur la prévention, la réponse rapide et la solidarité.

Pour l’OPL, les dirigeants actuels connaissent les problèmes du pays, mais manquent de courage et de volonté pour y faire face. « Le moment est venu pour Haïti de se relever », écrit la formation politique, estimant que le changement reste possible à condition que chaque citoyen assume ses responsabilités.

L’organisation conclut en appelant à un sursaut collectif pour bâtir une Haïti plus forte et plus résiliente :
« Vive la protection du peuple haïtien ! Vive une Haïti debout ! Vive l’OPL ! »

La rédaction

Ouragan Melissa : Jonas Coffy exprime sa compassion aux victimes de Petit-Goâve

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Dans un message empreint d’émotion, l’ancien ministre Jonas Coffy a adressé, ce mercredi 30 octobre 2025, ses condoléances et son soutien à la population de Petit-Goâve, durement frappée par le passage de l’ouragan Melissa. Il appelle les autorités à une mobilisation rapide pour venir en aide aux sinistrés et reconstruire les infrastructures détruites.

Le passage de l’ouragan Melissa a laissé un lourd bilan dans la commune de Petit-Goâve : plus de vingt morts, une dizaine de disparus, des blessés et de nombreux sans-abris. Les pluies diluviennes et les vents violents ont également détruit des terres agricoles et des infrastructures essentielles à l’économie locale.

Dans son message, Jonas Coffy a exprimé sa profonde peine face à cette tragédie. Il a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et sa compassion aux habitants des douze sections communales touchées par le sinistre. « Je partage la douleur de mes frères et sœurs de Petit-Goâve », a-t-il déclaré, tout en saluant la résilience des victimes.

L’ancien ministre a appelé le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour accompagner les sinistrés : la prise en charge des frais funéraires, le soutien aux blessés hospitalisés, la distribution d’aide alimentaire et la relocalisation des habitants vivant dans des zones à risque. Il a aussi insisté sur la nécessité de classer certains sites impropres à la construction afin d’éviter de nouveaux drames à l’avenir.

Jonas Coffy a également exhorté le ministre des Travaux publics, Transports et Communications (TPTC), Raphaël Hosty, à intervenir rapidement pour la réhabilitation du pont de La Digue, endommagé par la tempête, et à assumer ses responsabilités face à la gravité de la situation.

Par ailleurs, il a recommandé l’envoi d’une équipe médicale d’urgence composée de chirurgiens, d’anesthésistes et de techniciens de santé afin de répondre aux besoins immédiats des blessés. Cette mission, selon lui, devrait se faire en concertation avec les autorités locales, sanitaires et religieuses.

En conclusion, Jonas Coffy a exprimé ses vœux de prompt rétablissement aux blessés et imploré la protection divine pour le peuple haïtien. « J’ai foi en la capacité de notre population à surmonter les conséquences douloureuses de ces inondations dévastatrices. Que Dieu protège le peuple haïtien, en particulier la population de Petit-Goâve », a-t-il écrit.

La rédaction

Élections en Haïti : un décret dans le vide ?

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Sans sécurité, sans autorité, sans confiance, le pays n’a pas les conditions minimales pour aller aux urnes.

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Quatre ans,trois mois et vingt- cinq jours après le crapuleux assassinat du president Jovenel Moïse, plus de dix-huit mois après la prestation de serment du Conseil présidentiel de transition (CPT), le Conseil électoral provisoire (CEP), mis sur pied par ce dernier, vient d’inviter les partis politiques et les organisations de la société civile à venir récupérer le projet de décret électoral à son bureau de Pétion-Ville. Un geste qui, au premier regard, pourrait laisser croire à une volonté d’avancer vers des élections. Mais en réalité, une question demeure : peut-on organiser des élections dans un pays sans sécurité, sans institutions crédibles et sans autorité morale et légitime ?

Un décret électoral sans contexte politique viable

Le Conseil électoral provisoire (CEP), dans une note rendue publique, convie les acteurs politiques et la société civile à venir récupérer le projet de décret électoral en prélude à d’éventuelles élections. Les remarques doivent être soumises avant le 10 novembre.

Mais derrière ce geste administratif se cache une réalité troublante : Haïti ne dispose pas, à l’heure actuelle, des conditions minimales pour un processus électoral crédible et inclusif.

L’effondrement sécuritaire et institutionnel

Depuis plusieurs années, le pays est en proie à une violence endémique causée par la spirale des gangs armés. Ces derniers contrôlent de larges portions du territoire national, y compris la capitale. Les forces de l’ordre, débordées et divisées, éprouvent des difficultés garantir la libre circulation des individus, encore moins la sécurité d’un scrutin.

Certains tribunaux en déplacement fonctionnent au ralenti quand ils ne sont pas dysfonctionnels, les administrations publiques sont désorganisées et les services de base ( santé, éducation, justice ) s’effondrent. Dans ce contexte, parler d’élections relève moins de la planification démocratique que de la fiction politique.

Le CEP en quête de légitimité

L’institution électorale, censée incarner la neutralité républicaine, souffre d’un déficit profond de crédibilité. Sa composition et sa mission font l’objet de contestations persistantes (pour certains de ses membres bien entendu). Les principales forces politiques du pays ne reconnaissent pas son autorité, et la population, désabusée, ne croit plus aux promesses institutionnelles.

Comment un organe sans légitimité nationale ni consensus politique pourrait-il organiser des élections dignes de ce nom ?

Des élections sans sécurité : le risque d’un simulacre

Organiser des élections dans un pays fragmenté comme le nôtre reviendrait à institutionnaliser l’anarchie. Les urnes deviendraient des cibles faciles pour les groupes armés, les électeurs seraient pris en otage, et le résultat du vote perdrait toute signification démocratique.

La démocratie ne peut naître ni de la peur ni de la contrainte. Elle exige un cadre sécuritaire stable, une autorité morale reconnue et la liberté d’expression des citoyens. Toutes ces trois conditions sont absentes de la réalité haïtienne actuelle.

Avant les urnes, la reconstruction de l’État

Le véritable chantier d’Haïti n’est pas électoral, mais institutionnel. Avant d’envisager des élections, il faut reconstruire l’État, restaurer la sécurité publique, refonder la justice et rétablir la confiance entre les gouvernants et les gouvernés.

Prévoir ou annoncer des élections sans la mise en place de ces conditions préalables sérieuses, n’en déplaise aux ambitieux ou aux assoiffés de pouvoir, équivaudrait à consacrer le chaos comme mode de gouvernance. L’histoire récente de notre pays en offre un triste précédent: le scrutin avorté du 29 novembre 1987.

A cette époque pourtant, la conjoncture nationale, bien que tendue, était loin d’atteindre le degré de désagrégation institutionnelle et sécuritaire que connaît aujourd’hui l’ancienne Perle des Antilles.

Le décret électoral du CEP, s’il existe bel et bien, ne saurait masquer la dérive systémique du pays. Tant que les armes dicteront la loi, que l’État restera fantomatique et que les institutions manqueront de légitimité, aucune élection ne pourra traduire la volonté souveraine du peuple haïtien.

Or, le temps n’est pas encore venu pour les urnes . Dans un pays plongé dans l’insécurité,l’absence d’autorité responsable et la dégénérescence de l’appareil étatique, parler déjà de décret électoral relève davantage du voeu pieux que d’une perspective réaliste. Ce qui s’impose aujourd’hui, c’est la préparation raisonnable du remplacement du CPT.

Le Conseil présidentiel de transition arrive au terme du mandat qu’il s’était lui-même fixé avec un bilan creux, marqué par le gâchis administratif, l’improvisation, la mésentente, la corruprion et une incapacité manifeste à retablir la confiance entre l’Etat et la population.

Il s’agit d’ouvrir une nouvelle phase, en faisant appel à des techncrates compétents et intègres, à des patriotes et à des fils et filles dignes du pays. Ces derniers doivent être en mesure de restaurer, avec souveraineté, l’autorité de l’État, condition pré-requise à tout processus électoral crédible. Ce n’est qu’après cette reconstruction institutionnelle et morale que pourront se réaliser, dans la sérénité, le référendum constitutionnel et les élections générales que la population et le peuple de la République d’Haïti attend depuis plus de cinq ans.

Haïti ne peut pas se permettre une nouvelle transition sans cap ni cohérence. L’heure est venue d’un sursaut national, où l’intérêt général doit primer sur les calculs de partis et/ou de clan mafieux. Les forces encore saines du pays ont le devoir de s’unir pour exiger une refondation réelle de l’État-Nation. Sans cette prise de conscience, aucune élection ne pourra redonner à Haïti, notre cher pays, la stabilité et la dignité qu’il mérite.

Pierre Josué Agénor Cadet, professeur d’histoire et de science politique à l’université

Dégât de l’ouragan Melissa à Petit-Goâve: Défenseurs Plus dénonce « l’inaction coupable » de l’État haïtien

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Le Collectif Défenseurs Plus pointe la responsabilité du gouvernement intérimaire dans les lourdes pertes humaines et matérielles causées par l’ouragan Melissa. Dans une note signée par Ulrick Tintin, responsable des Affaires juridiques du collectif, et publiée ce 30 octobre 2025, l’organisation de défense des droits humains accuse l’État d’avoir failli à son devoir de prévention et de protection, transformant une catastrophe naturelle en drame national.

Le passage de l’ouragan Melissa sur Haïti a fait au moins 30 morts, plusieurs disparus et environ 7 000 déplacés à travers le pays, selon les premières estimations. Ces chiffres traduisent, selon le Collectif Défenseurs Plus, l’ampleur d’une tragédie « largement évitable » si les autorités avaient agi à temps.

L’organisation souligne que d’autres nations touchées par la tempête, telles que Cuba et la Jamaïque, ont réussi à limiter les pertes humaines grâce à des systèmes d’alerte et d’évacuation efficaces. En Haïti, déplore-t-elle, « l’inaction du gouvernement intérimaire » a aggravé les conséquences du désastre.

Petit-Goâve est cité comme exemple emblématique de cette négligence. Plus d’une quinzaine de personnes, dont des enfants, y ont péri après la crue dévastatrice de la rivière La Digue. Malgré les appels répétés des habitants réclamant le curage préventif du lit de la rivière, les autorités sont restées inactives. Le collectif estime que cette omission constitue « une violation manifeste de l’obligation de l’État de protéger la vie et la sécurité de la population », conformément à l’article 19 de la Constitution de 1987.

Les défenseurs des droits humains rappellent que cette catastrophe a plongé des milliers de familles dans une précarité extrême, particulièrement dans les départements du Sud, du Sud-Est et de la Grand’Anse. Plusieurs victimes ont perdu non seulement leurs proches, mais aussi leurs maisons, leurs cultures, leurs papiers d’identité et leurs moyens de subsistance.

Face à cette situation dramatique, le Collectif Défenseurs Plus appelle le gouvernement à assumer pleinement ses responsabilités constitutionnelles. Il recommande notamment :

Le lancement immédiat d’opérations de secours et de recherche pour retrouver les disparus ;

La distribution rapide d’une aide humanitaire d’urgence, incluant vivres, eau potable, abris temporaires et soins médicaux ;

L’élaboration d’un plan de reconstruction et d’accompagnement transparent pour les sinistrés ;

Le renforcement des mécanismes de prévention et de gestion des catastrophes naturelles, avec un suivi participatif de la société civile ;

L’ouverture d’une enquête judiciaire et administrative pour identifier et sanctionner les responsables de la non-exécution des travaux de curage à Petit-Goâve.

En conclusion, le Collectif Défenseurs Plus exprime sa solidarité envers les familles endeuillées et les populations sinistrées à travers le pays. L’organisation réaffirme son engagement à défendre le droit à la vie, à la sécurité et à la dignité de chaque citoyen haïtien, tout en appelant les autorités à tirer les leçons de cette tragédie pour éviter de nouveaux drames à l’avenir.

La rédaction