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Qualification d’Haïti pour le Mondial 2026: Quand le cri des supporters résonne plus fort que le fracas des canons

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PORT-AU-PRINCE.— En cette soirée mémorable de 18 novembre, les cris de joie ont transcendé les océans, se propageant avec une force inouïe, atteignant les recoins les plus reculés du globe: «Nous l’avons fait…».

En 1803, nous l’avions fait, redéfinir la véritable essence du mot LIBERTÉ, qui n’était alors qu’une vague idée, teintée du déni colonisateur. C’était un 18 novembre, une date gravée dans les mémoires, face à une armée de préjugés, résonnant sous le poids des lois injustes et d’une cruauté moralement inacceptable.

En 2025, les échos de cette victoire continuent de vibrer, comme une puissante symphonie patriotique, avec ce nouveau refrain: «Nou refe l anko». Ce mardi soir-là, comme le dirait tendrement mon oncle André, les héritiers de «papa Ogou et de la Reine Dantor» ont fait trembler l’univers de leur ferveur.

Plus résonnants que les explosions dans les quartiers chauds de Port-au-Prince, plus poignants qu’une balle perdue s’immisçant dans l’innocence d’une salle de classe, plus déchirants que le cri d’une mère, impuissante devant l’horreur qui consume son enfant à Kenscoff, les buts de Deedson Louicius et Ruben Providence ont déchiré le voile de malédiction qui pesait sur notre nation depuis plus de cinquante ans.

Malgré la tempête qui a déferlé sur notre sol, cette génération a eu l’honneur de voir Haïti s’élever au rang des nations dans le cadre d’une phase finale de Coupe du Monde, au cœur d’un pays qui, par le passé, nous a infligé tant de douleurs, nous qualifiant de terroristes: les États-Unis d’Amérique sous le règne de Donald Trump.

Ce 18, à Willemstad, il ne s’agissait pas des images des atrocités perpétrées par des mains impitoyables d’individus au nom de Viv Ansanm. Non, ce n’était pas le tableau désolant de l’insalubrité crasse qui étouffe nos grandes villes, ni les crises politiques incessantes ou la corruption endémique de notre gouvernement, pas même les dérives administratives qui gangrènent nos missions diplomatiques.

C’était l’image d’une Haïti en effervescence, s’abandonnant à un patriotisme euphorique, reléguant pour un instant, et pour une rare occasion, nos luttes internes au second plan. J’en suis sûr, même les plus ardents défenseurs de la ralliement se posaient la question: «Et si l’on offrait enfin la chance à ces véritables ambassadeurs d’Haïti, ces véritables hommes d’État: les Grenadiers?»

Une lie du pays, fusionnant dans la convivialité d’un moment sacré, rendant hommage à un esprit indomptable, unis par l’amour de la patrie, où chaque chant résonne comme un hymne à l’unité et à l’espoir.

Jean Mapou

Quand le football contribue à pacifier un pays en guerre

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Par Josué Sénat

Entre 2002 et 2007, la Côte d’Ivoire est déchirée par une guerre civile opposant le Sud, contrôlé par le gouvernement, au Nord, tenu par les forces rebelles. Le pays est alors fracturé, rongé par les tensions ethniques et politiques.

Le 8 octobre 2005, la Côte d’Ivoire se qualifie pour la première fois de son histoire à la Coupe du monde de 2006. Cette victoire survient dans un contexte de tension extrême. Juste après la qualification, Didier Drogba et ses coéquipiers improvisent un message diffusé sur la télévision nationale. Dans une chambre d’hôtel au Soudan, ils se mettent à genoux et disent :

« Hommes et femmes de Côte d’Ivoire… arrêtez de tirer vos armes ! Déposez les armes ! Nous voulons fêter la qualification tous ensemble ! »

Les joueurs demandent ensuite que le prochain match de la sélection se joue à Bouaké, la capitale symbolique de la rébellion. En 2007, ce match historique s’y déroule : rebelles et militaires côte à côte dans les tribunes. Quelques mois plus tard, un accord politique est signé à Ouagadougou entre Laurent Gbagbo et Guillaume Soro.

Aujourd’hui, Haïti affronte à son tour l’une des périodes les plus sombres de son histoire contemporaine. Les gangs armés contrôlent des quartiers entiers, des familles sont déracinées, des communautés vivent sous la terreur et la nation peine à respirer.
Et pourtant, au cœur de cette nuit, une lumière s’allume.

Les Grenadiers viennent d’accomplir un exploit : qualifier Haïti pour sa deuxième Coupe du monde, sans avoir joué un seul match à domicile. Le Stade Sylvio Cator est sous contrôle des groupes armés, obligeant la sélection à recevoir ses matchs à Curaçao.

À l’issue de cette qualification historique, le deuxième capitaine, Ricardo Adé, adresse un message vibrant aux hommes armés :
ouvrir le pays (ouvri peyi a) pour permettre aux Grenadiers de célébrer avec la population à Port-au-Prince.
Comme Drogba en 2005, il appelle à un moment de trêve.

L’équipe nationale n’a pas foulé la pelouse du stade Sylvio Cator depuis des années, mais elle n’a jamais cessé d’être portée par le peuple haïtien. Et lorsque la situation le permettra, les Grenadiers seront attendus à Port-au-Prince pour une célébration à la hauteur de cet exploit.

Grenadye alaso ! Nou retounen !
Ayiti nan koup di mond 2026.

Honneur et gloire à nos Grenadiers : une lecture socio-historique d’une qualification symbolique

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Par Pierre Josué Agénor Cadet

Deux cent vingt-deux ans après la bataille de Vertières (18 novembre 1803), événement matriciel de l’indépendance haïtienne, et plus d’un demi-siècle après la première et unique participation du pays à la Coupe du monde (13 juin – 7 juillet 1974), la sélection nationale masculine, communément appelée les Grenadiers, a obtenu, ce mardi 18 novembre, sa qualification pour la Coupe du monde de la FIFA 2026 en s’imposant 2-0 face au Nicaragua. Cette performance sportive se charge d’une forte portée symbolique, en ce qu’elle mobilise une mémoire collective profondément ancrée dans l’imaginaire patriotique haïtien.

Dans un contexte national marqué par une insécurité généralisée, exacerbée par la prolifération des groupes armés et par l’effritement progressif des institutions publiques, la sélection a été contrainte de disputer l’ensemble de ses rencontres sur terrain neutre ou à l’étranger. Malgré ces contraintes logistiques et psychologiques, les joueurs dirigés par l’entraîneur Sébastien Migné ont démontré une résilience remarquable : trois victoires, deux matchs nuls et un seul revers 3-0 concédé face au Honduras, témoignent d’un processus de construction collective fondé sur la discipline, la cohésion et la continuité dans l’effort.

Au-delà du strict registre sportif, cette qualification peut être appréhendée comme un indicateur de capacité nationale de résilience. L’épisode renvoie à des précédents historiques, notamment les expériences d’unité observées à l’Arcahaie au Camp Gérard et à Vertièred où la convergence des volontés individuelles avait permis la réalisation d’objectifs d’intérêt général. La réactivation de ces références historiques ne relève pas du hasard. Elle participe d’un processus de réappropriation de la mémoire nationale dans un moment où Haïti, confrontée à de multiples crises multidimensionnelles, peine à produire des horizons collectifs de sens.

Ainsi, la victoire des Grenadiers ne constitue pas seulement une performance sportive ou footballistique, elle représente un espace symbolique à partir duquel peut s’opérer une réflexion renouvelée sur les notions de cohésion, de responsabilité collective et de projet national. Si l’on peut espérer que cet événement suscite une prise de conscience civique, il invite également les acteurs politiques, institutionnels et sociaux qui ont contribué, directement ou indirectement, à la déstabilisation du pays, à réévaluer leur rôle dans l’édification ou l’obstruction du bien commun ou public.

En somme, cette qualification apparaît comme une illustration contemporaine de la capacité d’Haïti à transformer l’adversité en énergie mobilisatrice. Elle rappelle que, même dans la tourmente, demeure la possibilité d’un sursaut national.

Honneur et gloire à nos Grenadiers.

Pierre Josué Agénor Cadet

MESAJ FELISITASYON POU SÉLECTION NASYONAL AYITI

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Jodi a, Ayiti leve plis wo pase mòn yo, plis fyè pase tout drapo k ap flote. Avèk yon viktwa klè 2–0 kont Nikaragwa, Seleksyon Nasyonal la fè yon pèp antye bat bravo, fè yon nasyon ki te soufoke reprann souf fyète li.

Chak pas, chak kouri dèyè boul, chak gòl, se te yon batman kè pou 12 milyon Ayisyen ki t ap tann moman sa a. Nou pa sèlman jwe foutbòl; nou pote espwa, nou pote lajwa, nou pote inite pou yon peyi ki bezwen li plis pase tout lòt lè.

Mesye Grenadye yo, nou salye disiplin nou, kouraj nou, ak determinasyon nou.
Nou fè konnen ankò ke lè Ayiti vle… Ayiti kapab!

Kalifikasyon pou Coup du Monde 2026 la se pa yon aza; se frè nan travay, lanmou pou drapo a, ak respè pou jenerasyon kap vini yo. Nou fè istwa ankò, e non nou ap make pyebwa memwa pèp la ak lò.

Jodi a, nou tout se Grenadye Alaso!
Jodi a, Ayiti gen yon rezon anplis pou l souri.
Jodi a, nou montre mond lan ke limyè Ayiti pa janm mouri.

Mwen menm, Woodjery Dupré L’Homme Social leve chapo m byen ba pou nou.
Avanse, gason! Tout yon nasyon dèyè nou.
Randevou nan Mondyal 2026! 🇭🇹🔥

Le président de la FIFA félicite Haïti : “C’est un pays qui aime le football”

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Après la qualification historique des Grenadiers pour la Coupe du Monde 2026, le président de la FIFA, Gianni Infantino, a publié une vidéo pour féliciter Haïti.
C’est un geste fort, qui montre à quel point cette qualification a marqué le monde du football.

Dans son message, Infantino dit clairement « Haiti has always been a football-loving country. »
Haïti a toujours été un pays qui aime le football.« It’s a great pleasure to see you back. »
C’est un grand plaisir de vous voir revenir.

Ces phrases simples, mais puissantes, rappellent que le football occupe une place spéciale dans le cœur du peuple haïtien.
Le message du président de la FIFA arrive dans un moment difficile pour le pays. Il rappelle que, malgré les crises, Haïti continue d’aimer, de vivre et de respirer le football. Cette qualification est donc plus qu’une victoire sportive : c’est un symbole d’espoir et de fierté.

La vidéo montre aussi les Grenadiers célébrant leur exploit. On sent une équipe soudée, déterminée et consciente d’avoir offert un moment historique à tout un pays.
Après 52 ans d’attente, Haïti revient enfin sur la scène mondiale, et ce retour est salué au plus haut niveau.

Avec ce message, Gianni Infantino confirme une vérité que les Haïtiens connaissent depuis toujours :
Haïti est, et a toujours été, un pays de football.

Mardoché D’Août

Haïti écrit une page d’histoire : les médias mondiaux s’enflamment

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En s’imposant 2-0 face au Nicaragua mardi, Haïti a décroché une qualification historique pour la Coupe du Monde 2026. Les médias du monde entier ont salué un exploit sportif et humain, mais aussi une puissante symbolique dans un contexte national très difficile.

Reuters souligne l’immensité du défi relevé : Haïti, en pleine instabilité politique et sous la menace des gangs à Port-au-Prince, a dû jouer ses matchs « à domicile « à Curaçao, faute de pouvoir évoluer sur son propre sol.

Le sélectionneur français, Sébastien Migné, n’a même jamais mis les pieds en Haïti depuis sa nomination, rendant la qualification encore plus spectaculaire. Al Jazeera rappelle cette dimension dramatique : dans un pays paralysé par les violences, les Grenadiers sont parvenus à offrir un moment d’unité et d’espoir à leur peuple.

ESPN propose une analyse poignante de la campagne haïtienne. Le média décrit comment l’équipe a dû faire sans stade national : leur stade historique, le Sylvio Cator, est devenu inaccessible à cause des violences, les contraignant à jouer leurs « matchs à domicile » à Curaçao.

Le match décisif contre le Nicaragua (2-0) est résumé avec précision : Don Deedson Louicius (9ᵉ minute) et Ruben Providence (45ᵉ +1) sont les buteurs qui ont offert ce moment tant espéré.

ESPN insiste aussi sur l’importance de cette qualification non seulement pour le football, mais comme message de résilience : « les joueurs sont déterminés à livrer un retour au Mondial qui, selon eux, pourrait changer les choses non seulement dans le football haïtien mais dans tout le pays ».

The Guardian (Royaume-Uni) rappelle que ce bilan ramène Haïti au Mondial 52 ans après 1974 ; l’article met l’accent sur la « victoire décisive » en finale de groupe. En France, L’Équipe revient sur la maîtrise haïtienne : selon le quotidien, Haïti a su contrôler son match et conclure une campagne difficile avec sang-froid.

Le média costaricien CRHoy (Costa Rica) parle d’une « victoire historique »: Haïti, outsider, a surpris en s’imposant contre le Nicaragua pour décrocher sa place au Mondial. Le journal équatorien El Universo souligne l’aspect symbolique de la qualification : plus qu’un exploit sportif, c’est un « retour » rédempteur pour une nation souvent secouée par ses crises internes.

De son côté, AS (Espagne) propose un titre évocateur : « Haití, al Mundial entre balas y escombros » (“Haïti, au Mondial entre balles et décombres”), rappelant que cette réussite s’écrit malgré un contexte social dramatique.

Dans les médias caribéens et haïtiens, la réaction est celle d’une joie immense. Le site Le Facteur Haïti rappelle que les Grenadiers n’avaient plus été au Mondial depuis 1974 : « Haïti est de retour », titre leur article, tout en soulignant le fait que la qualification a été remportée sans jamais jouer à domicile à Port-au-Prince.

Les journalistes insistent également sur les acteurs clés du match : Louicius Don Deedson, Ruben Providence, mais aussi la contribution de la diaspora haïtienne, dont plusieurs joueurs évoluent en Europe.

Les médias internationaux ne se contentent pas de célébrer : ils regardent aussi vers l’avenir. Ils rappellent que l’équipe d’Haïti repose fortement sur des joueurs de diaspora (en Europe et en Amérique), ce qui pose des questions sur les infrastructures locales et la pérennité du développement du football dans le pays.

Le sélectionneur Migné est déjà cité comme un pilier : en dirigeant à distance, il a su bâtir un groupe soudé et solidaire. Plus largement, la qualification est perçue comme un message d’espoir pour la population haïtienne : dans un contexte très instable, ce succès sportif peut devenir un symbole de résilience nationale.

Avec ce billet pour la Coupe du Monde 2026, Haïti signe un retour chargé de sens : ce n’est pas simplement un exploit sportif, mais un moment de fierté collective, raconté et célébré par les médias du monde entier. Malgré les difficultés, leur route vers le Mondial a inspiré, impressionné et ému et pour beaucoup, ce triomphe dépasse le cadre du terrain.

Mardoché D’Août

Élections fixées au 30 août 2026 en Haïti : rendez-vous d’espoir démocratique ou nouvelle illusion ?

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Par Pierre Josué Agénor Cadet

Le Conseil électoral provisoire (CEP) a remis, le vendredi 14 novembre dernier , la version finale du projet de décret électoral ainsi que le calendrier électoral au pouvoir exécutif. Ce document prévoit la tenue du premier tour des élections présidentielles et législatives le 30 août 2026. Les résultats préliminaires devraient être publiés le 3 septembre et les résultats définitifs le 8 octobre. Le second tour, couplé aux élections locales, est fixé au 6 décembre, pour une publication des résultats finaux le 7 janvier 2027. Pour certains, cette annonce constitue un pas décisif vers le retour à l’ordre constitutionnel. Pour d’autres, elle relève d’un pari risqué, voire d’une illusion politique. Une interrogation fondamentale s’impose donc : peut-on réellement parler d’élections en Haïti dans la situation actuelle ?

Un calendrier qui apporte une lueur d’espoir… sur le papier

Malgré son caractère fragile, ce calendrier électoral possède un mérite indéniable : il rappelle qu’un individu ne prépare pas son lit lorsqu’il est déjà gagné par le sommeil. Il offre une perspective, une raison de croire que la crise actuelle n’est pas irréversible. Au moins sur le plan symbolique, il remet en mouvement une République paralysée depuis plusieurs années.

Une réalité sécuritaire incompatible avec tout exercice démocratique

La situation du pays, elle, demeure extrêmement préoccupante. Les gangs armés contrôlent encore de vastes zones des départements de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite. Ils imposent leur loi sur des axes routiers stratégiques, paralysent les activités au gré de simples messages (comme ce fut le cas le lundi 17 novembre) et terrorisent des milliers d’habitants de générations confondues .Comment parler d’élections lorsque des électeurs ne peuvent même pas se déplacer sans risquer leur vie ? Comment envisager l’installation de bureaux de vote là où l’État a totalement perdu son autorité ?

Le CEP reconnaît lui-même les obstacles majeurs

En remettant les documents électoraux au Conseil présidentiel de transition (CPT) et au chef du gouvernement, le CEP a souligné que l’exécution du calendrier demeure conditionnée au respect de plusieurs préalables, dont la publication du décret électoral dans les délais,
l’amélioration notable du climat sécuritaire et la mobilisation de ressources financières suffisantes pour mener à bien le processus.

Une date électorale ne suffit pas

Dans un pays fragmenté, où il s’agit de la première initiative électorale depuis 2015, la fixation d’une date était plus que nécessaire. Mais croire qu’elle suffit, sans rétablir une sécurité réelle, durable et visible, relève de l’aveuglement. Des élections crédibles exigent, avant tout, le rétablissement de la libre circulation sur l’ensemble du territoire. Aucune étape préélectorale ou électorale n’est envisageable tant que le référendum constitutionnel n’a pas été organisé, des centaines de milliers de personnes vivent dans la peur, des portions entières du pays restent occupées par des bandes armées. Dans une capitale où des quartiers entiers échappent au contrôle de l’État, l’idée d’un scrutin national apparaît pour l’heure irréaliste.

Un dispositif institutionnel en question

D’autres interrogations cruciales persistent. Le mandat du CPT prend fin le 7 février 2026 conformément à l’accord du 3 avril 2024, soit plus de six mois avant le premier tour prévu. Qui incarnera alors la légitimité nécessaire pour prendre les décisions stratégiques liées aux élections ? Le CEP, nommé par le CPT, jouit-il réellement de la crédibilité indispensable ? Faut-il envisager sa reconstruction sur de nouvelles bases : consensus national, autonomie financière, compétences techniques renforcées, transparence absolue Rappelons à cet égard que Pierre Espérance, directeur exécutif du Réseau national de défense des droits humains (RNDDH), a récemment affirmé au micro d’un journaliste que seuls deux peut-être des neuf membres actuels du CEP bénéficient d’une certaine crédibilité.

Haïti mérite des élections réelles, pas un rituel vide

Toute élection fiable suppose un minimum de sécurité, de liberté de mouvement, de confiance dans l’institution électorale et dans l’État. Or ces conditions demeurent aujourd’hui largement absentes.

Oui, Haïti a besoin d’un calendrier électoral. Oui, elle a besoin d’une date . Mais tant que le référendum constitutionnel n’aura pas eu lieu, tant que les gangs continueront à dicter leurs lois, tant que l’État n’aura pas recouvré la maîtrise de son territoire, parler d’élections revient à fabriquer un optimisme artificiel. Haïti ne mérite pas une mise en scène démocratique ou un rendez-vous de plus avec la déception, mais de véritables élections.

Pierre Josué Agénor Cadet

Dans l’esprit de Vertières, le CPT rappelle que l’ennemi a changé de visage

Par Jean Wesley Pierre

Le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), accompagné du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a déposé ce mardi 18 novembre 2025 une gerbe de fleurs au (MUPANAH) Musée du Panthéon National, sur le Champ-de-Mars, en hommage aux ancêtres de la nation.

Cette démarche, effectuée dans le cadre de la commémoration du 222ᵉ anniversaire de la Bataille de Vertières, s’inscrit comme un moment central des activités officielles de la journée. Le lieu, symbole majeur de la mémoire historique haïtienne, a servi de cadre à un hommage solennel rendu à ceux qui ont porté le combat pour la liberté et l’indépendance.

Plus tôt, le conseil présidentiel de transition avait déjà marqué la date à la Villa d’Accueil lors d’une cérémonie en présence du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, de membres du gouvernement, de représentants du corps diplomatique, des grands corps de l’État ainsi que des hautes autorités des Forces Armées d’Haïti et de la Police Nationale.

Au cours de cette activité, le président du conseil de transition, Laurent Saint-Cyr, a salué la mémoire des ancêtres qui ont mené la lutte à Vertières pour briser les chaînes de la domination et faire d’Haïti la première République noire indépendante.

Dans son intervention, Laurent Saint-Cyr a souligné que les menaces actuelles auxquelles fait face la nation ont changé de visage. Selon lui, l’ennemi d’aujourd’hui se manifeste à travers les hommes armés liés à des réseaux criminels transnationaux cherchant à déstabiliser le pays et à imposer un système fondé sur la violence. Il a affirmé que la lutte contre les gangs et la reprise du contrôle territorial constituent désormais le nouveau combat que mènent la Police Nationale Haïtienne et l’Armée afin d’ouvrir la voie aux élections, à la stabilité et au progrès.

Le président du (CPT) conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr, a également insisté sur la nécessité pour l’État de continuer à renforcer les forces de sécurité afin de remporter cette bataille. Il a encouragé toutes les composantes de la vie nationale à participer au processus électoral et a rappelé que les ancêtres n’avaient pas combattu pour des intérêts personnels, mais pour bâtir une nation libre. Il a invité tous les secteurs à dialoguer, à s’unir et à placer l’intérêt du pays avant toute considération.

Laurent Saint-Cyr a conclu en affirmant que c’est dans la capacité collective à dialoguer, à collaborer et à se concentrer sur les priorités telles que la sécurité, le dialogue politique, les élections et la stabilité que la nation pourra véritablement honorer la mémoire de Vertières et les sacrifices des ancêtres.

Déploiement d’un nouveau contingent de Marines pour sécuriser l’ambassade américaine en Haïti

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TABARRE, Haïti.— Face à une situation sécuritaire toujours de plus en plus instable dans la capitale haïtienne, l’ambassade des États-Unis a annoncé l’arrivée d’un nouveau contingent de Marines chargé de renforcer la protection de la mission diplomatique. Selon la représentation américaine, ce déploiement a été effectué en coordination directe avec le gouvernement haïtien à la suite d’une demande formelle liée à la détérioration du climat sécuritaire.

En effet, dans une note officielle publiée lundi, l’ambassade explique que ces renforts ont pour objectif de garantir la continuité des opérations essentielles au sein du complexe diplomatique et de maintenir le soutien habituel fourni à la Police nationale d’Haïti (PNH) ainsi qu’à la Force de lutte contre le crime organisé (FLCO). Les États-Unis réaffirment, à travers cette initiative, leur volonté de rester un partenaire actif dans les efforts visant à stabiliser la capitale et à appuyer les forces de sécurité locales dans leur lutte contre les groupes armés.

L’ambassade précise par ailleurs qu’elle demeurera ouverte pour les opérations d’urgence le 19 novembre, malgré le contexte opérationnel difficile.

Un renforcement de sécurité suite à une attaque armée

Cette décision intervient quatre jours après une attaque visant directement la mission diplomatique, le 13 novembre. Des individus lourdement armés, présentés comme proches de la coalition Viv Ansanm, avaient alors ouvert le feu en direction du bâtiment. Les Marines chargés de la protection avaient riposté, provoquant des échanges nourris de tirs qui ont une nouvelle fois mis en lumière la gravité de la situation sécuritaire dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince.

Cet épisode s’ajoute à une série d’incidents qui témoignent de la montée en puissance des groupes armés, dont l’emprise sur plusieurs quartiers de la capitale continue de s’étendre.

Une situation de tension généralisée

La recrudescence des violences a également conduit la coalition viv ansanm à imposer une journée de grève, massivement suivie dans la région métropolitaine. Sous la menace de représailles les portes de nombreuses entreprises, écoles et institutions sont fermées, paralysant une grande partie des activités quotidiennes de la capitale.

Ce climat délétère intervient alors que les forces locales de l’ordre avaient déployé leurs artilleries lourdes de concert avec la MSS pour traquer un redouté chef de gang dans la plaine du Cul-de-Sac. Toutefois, l’insécurité persistante, les affrontements récurrents entre gangs et forces de l’ordre, ainsi que l’incertitude institutionnelle assombrissent la perspective d’un retour rapide à la stabilité tant nécessaire à la tenue d’élections en vue du renouvellement du personnel politique pour placer le pays sur la voie constitutionnelle.

Jean Mapou

La sélection nationale, résilience absolue !

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À Donnet Desilus, Tchacho Eleazar, Goebels Cadet, Ti Sauveur Valcourt, Johny Descollines, Jerry Tardieu, Rolls Lainé, Nono Jean Baptiste, Ti Edouard St Hilaire et bien sur Eddy Noesier et les tous autres dont je n’aurai pas pu citer le nom!

Sans infrastructures au pays, les Grenadiers se qualifient pour la Coupe du monde !

Il y a des soirs où une nation se redresse, même courbée par les tempêtes. Des soirs où, malgré la poussière, malgré la peur, malgré le chaos, un peuple lève les yeux pour contempler enfin une lumière qui lui appartient. Hier, les Grenadiers ont qualifié Haïti pour la Coupe du monde et soudain, dans la nuit brisée, un pays tout entier a respiré plus fort.

Ce n’est pas seulement une victoire sportive. C’est un poème de résistance. Une phrase écrite avec des jambes fatiguées mais un cœur intact.
Une leçon donnée au destin qui, depuis trop longtemps, s’acharne.

Car comment comprendre cet exploit, sinon comme un acte de foi ? Haïti n’a pas de stades dignes de ce nom. Pas de centre technique national. Pas de pelouses pour rêver, pas de vestiaires pour croire, pas d’arènes pour célébrer. Le pays n’a que des fragments d’espoir, des terrains poussiéreux, des poteaux courbés, des ballons trop lourds, des joueurs expatriés qui apprennent tôt que la survie, chez nous, précède le talent.

Et pourtant, ce sont eux, ces fils du risque et de la débrouillardise, qui ont donné au pays l’un de ses plus grands miracles contemporains. Ils ont joué pour ceux qui ne peuvent plus jouer. Ils ont couru pour ceux qui n’osent plus sortir. Ils ont marqué pour un peuple qu’on humilie, qu’on oublie, qu’on défigure, mais qui refuse de mourir.

Leur victoire n’est pas un hasard : c’est un manifeste.
Un cri qui dit : « Nous sommes encore là. »

Dans chaque dribble, il y avait les ruelles de Port-au-Prince. Bel Air, Bas peu de Chose, Cité Soleil, Lalue, Petion Ville, Carrefour et j’en passe
Dans chaque tacle, il y avait les collines du Nord. Dans chaque sprint, le souffle des mères inquiètes. Dans chaque but, une promesse d’avenir.

   Les Grenadiers ont fait ce qu’Haïti fait depuis deux siècles :transformer le manque en puissance, la douleur en énergie, et la fatalité en déviation technique. Ils ont montré que notre génie collectif survit à tout, même à l’effondrement du pays réel.

Ce soir, la victoire est double : il y a la qualification, et il y a ce frisson national rare, fragile, mais vrai , qui rappelle qu’un peuple peut encore se lever quand son équipe marque.

Et puis il y a ce murmure intime, ce frémissement personnel : Ce soir, Haïti me manque. Les rues de Port-au-Prince me hantent, et je n’arrête pas d’imaginer combien la fête aurait été grandiose. Le Champ de Mars débordant, les klaxons, les youyous, les foules dansantes, les sourires qui s’allument même au bord du désastre. Ah, quelle nuit cela aurait été !

Haïti mon amour ! Et si l’on se mettait à construire ensemble ? Si l’on décidait, enfin, d’offrir à nos victoires un pays à leur mesure ?
Les Grenadiers ont ouvert la voie : à nous maintenant de bâtir le terrain.

Yves Lafortune
Hollywood, Miami