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« Et Dieu… créa la femme » : l’actrice Brigitte Bardot est morte à 91 ans

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Par Jean Mapou

Icône du cinéma français et symbole de liberté, Brigitte Bardot est décédée dimanche 28 décembre 2025 à 91 ans dans sa résidence de La Madrague, à Saint-Tropez. Sa Fondation a confirmé la nouvelle avec « une immense tristesse ». Figure de Et Dieu… créa la femme et du Mépris, elle aura marqué le 7e art avant de consacrer sa vie à la cause animale, non sans multiplier les polémiques.

Une trajectoire foudroyante dans le cinéma

Née en 1934 à Paris, Brigitte Bardot débute comme danseuse puis mannequin avant de basculer vers le cinéma. Roger Vadim lui offre, à 22 ans, le rôle qui change tout : Juliette dans Et Dieu… créa la femme en 1956. Le film fait scandale, mais propulse Bardot au rang de mythe international.

Elle enchaîne une cinquantaine de films, dont Le Mépris (1963), et impose une nouvelle image de la femme : libre, sensuelle, affranchie des codes. Souvent comparée à Marilyn Monroe, Bardot choisit pourtant très tôt de quitter les plateaux. À 39 ans, elle met fin à sa carrière pour ne pas se voir imposer une image qu’elle ne veut plus porter.

Une femme libre… et controversée

Brigitte Bardot a toujours assumé ses prises de position tranchées. Ses déclarations sur l’immigration, le féminisme ou encore la politique lui valent plusieurs condamnations pour injure raciale.

Elle revendiquait cependant sa franchise : « La liberté, c’est d’être soi, même quand ça dérange », écrivait-elle encore en 2025. Figure dérangeante pour beaucoup, icône absolue pour d’autres, elle restera une personnalité impossible à ignorer.

L’engagement animalier comme dernière bataille

Après le cinéma, Bardot se consacre entièrement aux animaux. Sa Fondation, créée en 1986, devient l’un des piliers de la protection animale en France et à l’international. Ces dernières années, affaiblie par des problèmes de santé, elle continuait malgré tout à porter ce combat.

Hospitalisée à l’automne 2025, elle avait rassuré ses admirateurs. Elle avait aussi exprimé ses souhaits funéraires : une cérémonie simple à Saint-Tropez, loin du tumulte médiatique. Ses obsèques doivent se tenir le 7 janvier.

Brigitte Bardot laisse derrière elle une empreinte unique : celle d’une star mondiale qui a bouleversé les codes du cinéma, incarné une génération et choisi, jusqu’au bout, de rester fidèle à sa vérité, quelle qu’en soit la tempête.

La rédaction
Avec Presse internationale

Nécrologie: Décès de Murielle Leconte, dite «Minouche», pionnière de la mode artistique

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— Le monde culturel haïtien est en deuil. Murielle Leconte, affectueusement appelée «Minouche», créatrice emblématique et figure pionnière de la peinture sur vêtements et du stylisme en Haïti, est décédée le 28 décembre 2025 aux États-Unis, à l’âge de 66 ans. Sa disparition marque la fin d’un parcours exceptionnel et la perte d’une voix majeure de l’art et de la mode haïtiens.

Née à Port-au-Prince, Murielle Leconte a très tôt affirmé une sensibilité artistique hors du commun. Ingénieure de formation, elle a pourtant choisi de suivre une vocation plus intime : le dessin, la création et l’expression artistique à travers le textile. Ce choix audacieux allait faire d’elle l’une des grandes innovatrices de la mode haïtienne contemporaine.

Le 8 décembre 1990, elle fonde sa marque Murielle Créations, devenue au fil des décennies une référence incontournable. Ses vêtements, reconnaissables entre mille, alliaient tissus peints à la main, couleurs éclatantes et motifs profondément ancrés dans l’imaginaire et l’histoire culturelle haïtiens. À travers ses créations, Minouche transformait le vêtement en support artistique, faisant de la mode un véritable langage identitaire.

Mais l’héritage de Murielle Leconte ne se limite pas à ses œuvres. Convaincue que la création devait aussi être un outil d’émancipation, elle s’est fortement investie dans le mentorat et la formation de la jeunesse. Elle a notamment fondé une agence de mannequins, où elle a accompagné de nombreux jeunes Haïtiens, leur inculquant discipline, confiance en soi et sens de l’expression artistique. Pour beaucoup, elle fut une formatrice exigeante, mais surtout une source d’inspiration et une passeuse de savoir.

Tout au long de sa carrière, Murielle Leconte a reçu de multiples distinctions, reflet de l’impact de son travail. Souvent surnommée la «reine des Caraïbes du design» ou encore considérée comme un patrimoine vivant de la culture haïtienne, elle incarnait une génération de créateurs qui ont su imposer Haïti sur la scène artistique régionale et internationale.

Sa mort laisse un vide immense dans le paysage culturel haïtien. Murielle Leconte aura consacré sa vie à célébrer la créativité, à transmettre une fierté identitaire et à ouvrir des chemins à celles et ceux qui rêvaient de créer autrement. Son œuvre, elle, demeure: vivante, colorée et profondément haïtienne, à l’image de celle que tous appelaient simplement Minouche.

Jean Mapou

Cap-Haïtien: des journalistes agressés après une émission, l’UJNH dénonce une dérive autoritaire

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Par Jean Mapou

CAP-HAÏTIEN.— L’Union des Journalistes du Nord d’Haïti (UJNH) monte au créneau après l’agression brutale de plusieurs de ses membres, dont les journalistes Herly Milien et Frensly Estimable, survenue le samedi 27 décembre 2025, à la sortie des locaux de Radio Souvenir FM, au Cap-Haïtien.

Les faits se seraient produits à l’issue d’une émission-bilan à laquelle les journalistes avaient pris part. Selon les témoignages recueillis par l’UJNH, un policier, accompagné d’agents proches des maires-assesseurs du Cap-Haïtien, Patrick Almonor et Isaac Pierre-Louis, aurait physiquement attaqué les professionnels de la presse. L’agression aurait eu lieu sous les yeux mêmes de ces autorités municipales et serait liée à des propos tenus à l’antenne.

Pour l’UJNH, il s’agit d’un acte d’une extrême gravité. L’organisation qualifie cette attaque d’atteinte flagrante à la liberté de la presse et d’agression inacceptable contre l’intégrité physique de journalistes dans l’exercice de leur métier. Elle dénonce une tentative manifeste d’intimidation visant à faire taire les voix critiques.

Dans sa note de dénonciation, l’UJNH exige que la mairesse Angeline Bell se prononce clairement sur ces violences impliquant des agents placés sous son autorité. Elle réclame également l’ouverture immédiate d’une enquête indépendante afin d’identifier les auteurs matériels et intellectuels de l’agression et de les traduire devant la justice.

L’Union rappelle que la presse constitue un pilier fondamental de toute société démocratique et que nul détenteur de pouvoir ne peut se prévaloir de son statut pour museler les journalistes par la violence ou la menace. Toute dérive de ce type, prévient-elle, contribue à l’érosion de l’État de droit et au climat de peur qui pèse déjà lourdement sur l’exercice du journalisme en Haïti.

L’UJNH réaffirme enfin sa pleine solidarité avec les journalistes agressés et se réserve le droit d’engager toutes les actions nécessaires, tant au niveau national qu’international, afin que justice soit rendue et que de tels actes ne restent pas impunis.

Jean Mapou / Le Relief

Quand le CPT tente de se placer au-dessus de la loi, le parti politique Fusion des Sociaux-Démocrates s’insurge

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PORT-AU-PRINCE.— En adoptant un décret visant à soustraire certains de ses membres à la justice de droit commun après le 7 février, le Conseil présidentiel de transition (CPT) franchit une ligne rouge aux conséquences institutionnelles majeures. Sous couvert de légalité formelle, ce texte apparaît non comme une réforme mais comme une manœuvre d’auto-protection, adoptée à la veille de la fin du mandat des autorités de transition.

Pour le parti politique FUSION des Sociaux-Démocrates, la lecture est sans ambiguïté: il ne s’agit ni d’un dispositif de stabilité ni d’une garantie de continuité de l’État, mais d’un verrouillage judiciaire destiné à empêcher toute reddition de comptes. Lorsque le décret cesse d’être un instrument au service de la Nation pour devenir un bouclier au profit des dirigeants sortants, c’est l’essence même de l’État de droit qui se trouve détournée.

Au cœur des critiques figure l’instauration d’un régime d’exception. En protégeant quelques responsables tout en laissant la population exposée à une justice souvent expéditive, le CPT consacrerait un système de deux poids, deux mesures. Une logique qui heurte de front le principe fondamental d’égalité devant la loi et ravive le spectre d’une impunité institutionnalisée.

Dans une prise de position ferme, la FUSION rappelle plusieurs principes non négociables:

  1. aucun décret ne peut placer des dirigeants au-dessus de la loi ;
  2. aucune fonction, même transitoire, ne confère un droit à l’impunité ;
  3. la fin d’un mandat ne saurait justifier un verrouillage judiciaire a posteriori.

Selon le parti, ce décret trahit avant tout une crainte: celle d’avoir à répondre de ses actes. Or, insiste-t-il, la loi n’a pas vocation à blanchir d’éventuels abus politiques ou financiers. Elle existe pour protéger la République, garantir la responsabilité publique et préserver la confiance des citoyens dans les institutions.

L’histoire politique d’Haïti, marquée par les dérives autoritaires et l’érosion de la justice, rappelle ne vérité constante: gouverner ne signifie pas se déclarer intouchable, mais accepter d’être jugé selon les mêmes règles que tous. À ce titre, la FUSION exige l’abrogation immédiate de tout décret d’auto-immunité et appelle à un départ du CPT, le 7 février, dans la transparence et le strict respect du droit commun.

Dans un contexte de crise profonde, où la légitimité de l’État est déjà fragilisée, cette controverse dépasse le simple cadre juridique. Elle pose une question centrale : le pouvoir de transition entend-il refermer la parenthèse de l’exception par la responsabilité, ou par l’impunité? Car, comme le souligne la FUSION, l’État de droit ne se proclame pas par décret; il se démontre par la responsabilité.

Jean Mapou

Entre réforme et autoprotection : le CPT face au piège de l’impunité

Par Pierre Josué Agénor Cadet

À la veille de Noël 2025, le Conseil présidentiel de transition (CPT) a posé un acte qui en dit long sur sa conception du pouvoir et de la justice. Le 24 décembre, il annonçait le report de l’entrée en vigueur du nouveau Code pénal et du Code de procédure pénale, invoquant la crainte d’une supposée  » insécurité juridique » . Un argument classique, presque réflexe, dans un pays où l’instabilité sert trop souvent de justification à des décisions politiquement calculées. Mais le véritable nœud du problème se situe un jour plus tôt. Le 23 décembre, le CPT publiait un décret sur le fonctionnement de la Haute Cour de justice.

Présenté comme une réforme technique, le texte a immédiatement suscité l’inquiétude des milieux juridiques. En contradiction apparente avec la loi du 27 juin 1904 et difficilement conciliable avec les engagements internationaux d’Haïti, notamment la Convention des Nations unies contre la corruption, ce décret semble restreindre les mécanismes de mise en cause des plus hauts responsables de l’État.

La question n’est donc pas de savoir si une réforme était nécessaire, elle l’était. L’organisation de la Haute Cour de justice ne pouvait rester indéfiniment dans le flou. Mais le moment choisi, la portée du texte et son effet protecteur nourrissent un soupçon tenace : celui d’une réforme conçue moins pour renforcer l’État de droit que pour prémunir les dirigeants contre d’éventuelles poursuites, dans un contexte marqué par des accusations persistantes de mauvaise gestion des fonds publics.

En voulant conjurer une hypothétique insécurité juridique, le CPT semble surtout craindre une justice effective. Pris entre réforme institutionnelle et autoprotection politique, il a choisi une voie ambiguë, au risque de renforcer l’idée que la transition cherche avant tout à organiser son impunité plutôt qu’à préparer une véritable reddition des comptes.

Pierre Josué Agénor Cadet

La LHDDH dénonce un système bancaire devenu arbitraire en Haïti

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— La Ligue Haïtienne de Défense des Droits Humains (LHDDH) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur les dérives du système bancaire haïtien. Dans un rapport préliminaire rendu public, le 28 décembre 2025, l’organisation de défense des droits humains dénonce des pratiques jugées arbitraires de plusieurs banques commerciales ainsi qu’une dégradation préoccupante des services à la clientèle, qu’elle qualifie d’atteinte directe aux droits économiques et à la dignité des citoyens.

Quatorze ans après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, la LHDDH dit observer que des mesures annoncées à l’époque comme provisoires se sont durablement installées, sans réforme structurelle ni encadrement rigoureux de l’État. Le résultat est un accès aux services bancaires devenu inégal, éprouvant et parfois dangereux, dans un contexte national déjà marqué par l’insécurité et la fragilité institutionnelle.

Files d’attente à ciel ouvert: l’indignité comme norme

Avant 2010, les clients étaient majoritairement accueillis à l’intérieur des succursales bancaires. Aujourd’hui, les longues files d’attente à l’extérieur des banques sont devenues la règle. Exposés au soleil, aux intempéries et à l’insécurité, des milliers d’usagers patientent pendant des heures, parfois toute une journée, pour effectuer des opérations élémentaires.

Selon la LHDDH, l’entrée au compte-gouttes dans les agences impose une double peine: une attente interminable à l’extérieur, suivie d’une nouvelle file à l’intérieur. Cette organisation, qualifiée d’humiliante, accroît également les risques d’agressions et de braquages à la sortie des banques. Dans plusieurs cas, seule la présence sporadique de la Police nationale d’Haïti (PNH) permet d’éviter des drames.

Dollars déposés, dollars confisqués

Le rapport pointe également des pratiques controversées concernant les comptes en dollars américains. Si les dépôts en devises s’effectuent sans restriction, les retraits sont, eux, strictement plafonnés, parfois à 100 dollars, indépendamment du solde détenu par le client. Certaines banques imposent même des retraits fractionnés via les guichets chauffeurs, multipliant les déplacements et les contraintes.

Pour la LHDDH, ces restrictions constituent une violation manifeste des droits des déposants. Elles sont d’autant plus problématiques que l’économie haïtienne reste fortement dollarisée, notamment pour les transactions majeures telles que l’immobilier ou l’achat de véhicules, en l’absence d’une politique publique crédible visant à renforcer l’usage effectif de la gourde.

La circulaire 114-1 de la BRH sévèrement critiquée

Adoptée en 2020, la circulaire 114-1 de la Banque de la République d’Haïti (BRH) devait encadrer le marché des changes et canaliser les transferts de devises vers le circuit formel. Dans la pratique, estime la LHDDH, cette mesure a surtout restreint l’accès aux devises, aggravé les tensions avec les maisons de transfert et pénalisé les titulaires de comptes en dollars.

L’organisation considère que cette circulaire sert prioritairement les intérêts financiers de l’État, au détriment des droits économiques et financiers des citoyens, et en réclame le retrait pur et simple.

Affluence, tensions et violences: un climat explosif

En période de forte affluence, notamment en fin d’année, la situation devient critique. Les trottoirs et les voies publiques sont envahis par des foules sans encadrement adéquat. Des incidents sont régulièrement signalés: bousculades, violences verbales, voire physiques, parfois imputées à des agents de sécurité.

Pour la LHDDH, ces scènes traduisent l’absence de dispositifs adaptés et un mépris préoccupant des principes élémentaires de respect de la personne humaine.

Des recommandations restées sans écho

Face à ce constat alarmant, la LHDDH appelle à une réaction urgente. Elle exhorte l’Association Professionnelle des Banques (APB) à engager un dialogue sérieux avec les institutions concernées, à améliorer l’accueil de la clientèle, à renforcer les effectifs aux guichets et à garantir la sécurité des usagers à l’intérieur comme aux abords des établissements bancaires. L’organisation insiste également sur la protection de l’identité et des données des clients.

La LHDDH rappelle que l’accès aux services bancaires constitue un droit économique fondamental. Les banques commerciales, en tant qu’acteurs d’intérêt public, portent une responsabilité sociale et morale envers la population. Sans réformes profondes et immédiates, prévient l’organisation, la défiance populaire continuera de s’aggraver, avec des conséquences durables sur la cohésion sociale et le respect des droits humains en Haïti.

Jean Mapou / Le Relief

Gaza : Trump et Netanyahu veulent accélérer la deuxième phase du plan de paix

Par Jean Wesley Pierre

Le président américain Donald Trump a déclaré vouloir avancer « très vite » vers la deuxième phase du plan de cessez-le-feu à Gaza, à l’issue d’une nouvelle rencontre avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ce lundi 29 décembre 2025, à Mar-a-Lago, en Floride. Il s’agit de la cinquième entrevue entre les deux dirigeants aux États-Unis depuis le retour de Donald Trump à la Maison Blanche.

Déterminé à relancer un processus qui piétine depuis plusieurs semaines, Donald Trump a affirmé que Gaza faisait partie des « cinq grands dossiers » abordés avec son allié israélien. La deuxième phase du plan de paix prévoit notamment le désarmement du Hamas, le retrait progressif de l’armée israélienne de la bande de Gaza, la mise en place d’une autorité palestinienne de transition composée de technocrates et le déploiement d’une force internationale de stabilisation.

Sur ce point, le président américain, Donald Trump a réitéré sa position, estimant qu’ « il doit y avoir un désarmement du Hamas ». Une exigence rejetée par le mouvement islamiste palestinien, qui a de nouveau affirmé qu’il ne renoncerait pas à ses armes tant que l’occupation israélienne se poursuivrait.

Benjamin Netanyahu, reçu quelques heures plus tôt par le secrétaire d’État Marco Rubio et le ministre de la Défense Pete Hegseth, a salué le soutien de Washington. « Nous n’avons jamais eu d’ami comme le président Trump à la Maison Blanche », a-t-il déclaré, soulignant la solidité de l’alliance israélo-américaine.

Au-delà de Gaza, les deux dirigeants ont également abordé le dossier iranien.

Donald Trump a de nouveau menacé Téhéran de frapper ses installations nucléaires si l’Iran tentait de reconstituer son programme, estimant toutefois que le régime iranien pourrait être disposé à conclure un accord. Un avertissement aussitôt dénoncé par Téhéran, qui a parlé de pressions « psychologiques » et menacé Israël de représailles plus sévères en cas de nouvelle attaque.

La rencontre intervient alors que Washington et plusieurs médiateurs régionaux cherchent à accélérer le passage à la deuxième phase du cessez-le-feu en vigueur depuis octobre.

Selon le média américain Axios, la Maison Blanche souhaite annoncer rapidement la création d’un gouvernement palestinien de transition pour Gaza et envisage la tenue, dès janvier, d’un nouveau « comité de la paix » sous l’égide de Donald Trump, en marge du forum économique de Davos.

Malgré l’optimisme affiché par le président américain, Donald Trump, les négociations restent fragiles. Les divergences sur le désarmement du Hamas, le rôle futur d’Israël à Gaza et les équilibres régionaux, notamment face à l’Iran, continuent de peser sur la mise en œuvre d’une paix durable dans le territoire palestinien.

Jean Wesley Pierre

La route nationale N1 bloquée: la population exige la fin du règne des gangs

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Par Gedeon Delva

Depuis environ une semaine la route reliant Port-au-Prince au Cap-Haïtien est bloquée au niveau de L’Estère et St Marc. Ces barricades, oeuvres des regroupements d’autodéfense, sont érigées dans l’objectif d’exiger des autorités du pays l’eradication des gangs.

Le Komite Initiativ pou Lapè nan ba Latibonit (KILBA), le Kowalisyon Revolisyonè pou Sove Latibonit (KORESA) et le Konbit ba Latibonit (KONBA), ainsi que le Syndicat des Planteurs Visionnaires pour le Développement de l’Artibonite (SPVDA), sont les principaux instigateurs de ce mouvement de protestation. Selon ces groupes, composés principalement de paysans et de travailleurs, l’État doit prendre des mesures immédiates pour sécuriser la région.

Ces barrages ont des impacts majeurs sur la circulation dans la zone. Ils provoquent des embouteillages, affectant la libre circulation des voyageurs. Certains sont obligés de rebrousser chemin.

Les gangs sèment la terreur depuis des années dans le Bas Artibonite. Ils tuent, brûlent tout sur leur passage. Ce qui pousse de nombreuses familles à fuir leur maisons. Les autorités policières, de leur côté, rassurent et annoncent des opérations.

La mise en place d’une force de répression des gangs, promise par l’ONU, peine à se concrétiser. À quand la fin du règne des gangs dans le pays? Il n’est que d’attendre.

Gedeon Delva / Le Relief

Des avancées vers la paix après une rencontre entre Trump et Zelensky

Par Jean Wesley Pierre

Le président américain Donald Trump a affirmé, dimanche 28 décembre 2025, être plus proche que jamais d’un accord de paix en Ukraine, à l’issue d’une rencontre avec son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky à Mar-a-Lago, en Floride. Les deux dirigeants ont évoqué des « progrès significatifs », sans toutefois annoncer de percée concrète.

S’exprimant après plusieurs heures d’échanges, Donald Trump a qualifié la réunion d’« excellente », estimant que près de 95 % des sujets avaient été abordés. Il a réaffirmé la volonté des États-Unis de mettre fin au conflit, tout en reconnaissant que certains points clés restent non résolus, notamment la question du Donbass.

Volodymyr Zelensky a pour sa part salué des discussions « formidables », indiquant qu’environ 90 % du plan de paix américain en 20 points aurait été approuvé. Selon le président ukrainien, plusieurs garanties de sécurité pour l’Ukraine ont déjà été validées, tandis que d’autres sont en cours de finalisation.

Le plan révisé prévoit notamment un gel des lignes de front sur les positions actuelles et abandonne certaines exigences initiales de la Russie, comme l’obligation pour l’Ukraine de renoncer juridiquement à une adhésion à l’OTAN. La question des territoires occupés, en particulier dans le Donbass, demeure toutefois sensible.

À l’issue de la rencontre, les deux présidents ont échangé avec plusieurs dirigeants européens, qui ont réaffirmé leur soutien à Kiev et l’importance de garanties de sécurité solides pour toute paix durable.

Malgré ces discussions diplomatiques, la situation reste tendue sur le terrain, avec la poursuite des combats et des frappes russes en Ukraine. Une nouvelle réunion entre les parties et les partenaires européens est prévue en janvier, afin de poursuivre les négociations.

Ce n’est pas seulement Carel Pedre, c’est nous autres Haitiens en ces temps difficiles !

Carel, je ne l’ai presque jamais fréquenté. Une seule rencontre, furtive, lors d’une activité organisée par Altema Jean-Marie autour de la musique et de la technologie. Je me souviens surtout de son regard : un regard « business wide », structuré, orienté vers l’efficacité. J’avais alors glissé une remarque, presque instinctive, du côté de l’État, du rôle public, de ce que la puissance collective devait encore assumer. Deux visions qui se croisent sans se contredire : l’une portée par l’initiative individuelle, l’autre par la responsabilité commune.

Ce que j’ai toujours reconnu en lui, c’est cette manière d’être en lutte avec la vie. Il soigne ses mots. Il parle avec maîtrise, avec cette intelligence de l’oral qui capte, retient, convainc. Cela n’est pas anodin. Dans un pays où l’on parle beaucoup mais où l’on dit peu, son rapport à la parole est une discipline. Un art. Un travail. Et l’industrie musicale haïtienne aurait sans doute gagné si d’autres animateurs avaient compris que le langage est aussi un capital culturel, symbolique, politique.

Mais aujourd’hui, il ne s’agit pas de lui. Il ne s’agit jamais vraiment d’un homme. Il s’agit d’un peuple.

Je ne parlerai pas du pénal. Ce serait trop facile, trop court, trop commode. Mais sur la question migratoire, sur ce que vivent les Haïtiens aux frontières, dans les couloirs administratifs, dans l’attente interminable de papiers qui décident de la dignité, c’est fou. Et c’est révoltant. Non parce que la loi existe, toute société en a besoin, mais parce que l’injustice est devenue systémique, presque mécanique, déshumanisée.

Ce que nous voyons, ce n’est pas le destin singulier de Carel. C’est le prix collectif d’une démesure ancienne, historique, accumulée.
Un peuple qui paie encore, dans sa chair, ses audaces fondatrices, ses ruptures radicales, ses libertés trop tôt conquises pour un monde qui ne les a jamais vraiment pardonnées.

On ne peut pas éternellement survivre hors du pays.
On ne peut pas demander à une nation de se tenir debout quand elle n’a même plus l’espace pour rêver.

Il faut faire pays. Faire pays pour rêver. Faire pays pour donner du champ,du vrai ,à tous ces Haïtiens qui ne demandent qu’une chose profondément subversive : y vivre. Dignement. Chez eux.

Et tant que cette possibilité restera confisquée, chaque destin individuel deviendra un miroir cruel de notre échec collectif.

Puisse Carel s’en servir de cette épreuve comme une véritable initiation afin de continuer à donner le meilleur de lui-même !

Yves Lafortune, Miami le 26 Décembre 2025