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Renforcement de l’économie haïtienne, la BID pilotera le plan de relance et de développement 2025-2030

Dans un communiqué de presse rendu public ce 21 Avril 2025, la Banque Interaméricaine de Développement annonce qu’elle dirigera le Plan de relance et de développement à moyen terme d’Haïti pour 2025-2030. C’est à la demande du gouvernement haïtien que ce partenaire d’Haïti effectuera cette mission, dont l’objectif est de renforcer l’économie haïtienne par une croissance portée par le secteur, une amélioration du capital humain et un renforcement des institutions.

Ce 21 avril 2025, un protocole d’accord a été signé entre le gouvernement haïtien, représenté par le Ministre de l’Économie et des Finances, Son Excellence Alfred Métellus, et le Président de la BID, monsieur Ilan Goldfajn.

Ce plan de relèvement et de développement est le fruit d’un effort conjoint pour renforcer la résilience d’Haïti, confrontée à une crise difficile, et bâtir un avenir plus stable et prospère pour le pays.

« En renforçant l’économie d’Haïti grâce à une croissance portée par le secteur privé, et en améliorant le capital humain et des institutions renforcées, nous visons à créer les conditions d’une paix durable », peut-on lire dans le communiqué.

De son côté, le Ministre Alfred Fils Métellus soutient que ce partenariat est essentiel pour le pays, à un moment crucial de son histoire. « En donnant la priorité aux investissements régionaux et en favorisant le développement économique territorial, nous pouvons promouvoir la stabilité et créer de nouvelles opportunités à travers tout le pays, profitant à tous les Haïtiens. » a t-il déclaré.

Un objectif clé du plan sera d’identifier et de prioriser les investissements critiques pour les régions en dehors de Port-au-Prince, en établissant une feuille de route pour le développement à moyen terme et en promouvant des pôles économiques alternatifs pour renforcer la croissance et stimuler le développement durable. Le plan s’articule autour de trois piliers :
1. Renforcer le développement économique et le secteur privé pour une croissance rapide, inclusive et durable ;
2. Améliorer l’accès aux services de base et le développement du capital humain.
3. Renforcer la capacité institutionnelle, l’État de droit, la justice et la sécurité.

Le plan se concentrera d’abord sur la création d’un pôle de développement économique dans le Grand Nord, puis évoluera progressivement vers d’autres territoires offrant des opportunités. La BID, le gouvernement haïtien, la Banque mondiale et les Nations Unies ont, d’ailleurs, déjà initié des réunions techniques pour identifier les investissements critiques dans certaines régions du pays.

L’ancien Président Privert salue la mémoire du Pape François

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PORT-AU-PRINCE.__ L’ancien Président de la République Monsieur Jocelerme Privert, dit avoir appris avec beaucoup de peine la nouvelle du décès du Pape François, dans la matinée du lundi de Pâques. «L’humanité toute entière pleure le départ d’un homme bon», a-t-il écrit dans un communiqué.

En cette circonstance, l’ancien Chef d’État présente ses plus profondes sympathies et condoléances: aux fidèles catholiques du monde entier, au peuple de la République d’Argentine d’où il est originaire, au Nonce apostolique accrédité en Haïti, à la conférence des évêques d’Haïti, aux membres de sa famille et aux proches collaboratrices/collaborateurs affligé(e)s par la disparition de ce pasteur des âmes modèles, lit-on dans ce communiqué.

«Le Pape François, dans l’exercice de sa mission sacerdotale, s’est toujours signalé par son humanisme et son élan réformateur, sa proximité avec les plus faibles et son engagement pour la justice», a écrit Privert

Le Pape François est mort à 88 ans. Son départ représente une perte énorme, pour la communauté catholique, et pour l’humanité toute entière. L’ancien président Privert s’incline devant le passage du Pape, qu’il vénère comme un homme bon, témoignant que sa vie fut consacrée au service et à l’amour du prochain.

La rançon de l’indépendance : une dette historique au présent

Par Marnatha I. Ternier

Si « la culture, c’est ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié », la rançon de l’indépendance reconnue par nos élites de l’époque comme une dette, témoigne de notre attachement à nos chaînes. Un humour populaire tend un miroir à notre société : « Si Blan di w mouri ou mouri. » C’est un exemple éclatant pour montrer que depuis le temps des origines, l’État d’Haïti œuvre pour le Blanc au détriment du peuple Haïtien. Tous les faits, mêmes les plus absurdes qui marquent nos rapports au monde ne découlent pas d’un simple hasard. Les faits sont là dans le passé et s’actualisent dans le présent à travers un creuset culturel. Ayons le courage de regarder ce creuset qui moule les esprits vers cette tragédie qui a explosé à notre figure.

En 1825, sous la menace d’une intervention militaire, la France contraint Haïti à verser 150 millions de francs, somme réduite à 90 millions en 1838, en « compensation » des pertes subies par les anciens colons esclavagistes, en échange de la reconnaissance de son indépendance. Cette somme, financée par des emprunts à des taux élevés auprès de banques françaises et américaines, fut remboursée par Haïti jusqu’en 1952.

En 1947, sous la présidence de Dumarsais Estimé, Haïti effectue le dernier paiement de cette dette odieuse, plus de 120 ans après avoir conquis sa liberté au prix du sang. Pourtant, en 2004, année du Bicentenaire de notre Indépendance, la diplomatie française enterre le débat sur la restitution, en s’appuyant sur une frange influente de la classe intellectuelle haïtienne, qui ira jusqu’à proposer elle-même un « nouveau contrat social ». Dans le même souffle, cette manœuvre s’accompagne d’un soutien tacite, puis explicite, au renversement d’un président démocratiquement élu, avec la complicité d’acteurs politiques et académiques locaux.

Changement de paradigme
Le colon, désormais, a changé de méthode : Jésus, comme Colomb, ne reviendra pas sous sa forme initiale, il utilise désormais notre sang et notre propre rang pour faire atterrir son agenda. Les insurgés, entraînés et armés depuis la République Dominicaine, ont opéré dans l’ombre de réunions secrètes tenues chez le voisin.
Et lorsque le régime tombe, les récompenses pleuvent : sièges dans le gouvernement provisoire, bourses dans les musées français, visas dorés. Le prix du silence.
Macron : une blessure sans remède
Le 17 avril 2025, le président de la République française, Emmanuel Macron, marque le bicentenaire de la reconnaissance de l’indépendance d’Haïti par la France avec un discours fort en symbole, faible en engagements. Il déclare : « Cette dette n’est pas seulement une dette historique ; c’est une blessure ouverte. (…) Ce que la France a fait à Haïti, elle ne l’a fait à aucun autre peuple. » Par cette allocution, Macron tente de repositionner la France comme acteur de justice historique, sans ouvrir la voie à des réparations financières. Il annonce la création d’une commission franco-haïtienne chargée d’examiner cette histoire commune et de formuler des recommandations pour l’avenir. L’avenir, « n’ayant ni limite ni fin ». Une manœuvre habile pour gagner du temps, sans s’engager concrètement. Macron évoque une faute morale. Mais toujours aucune proposition de réparation. Le passé est reconnu, mais l’addition… que dire ? la facture reste impayée.
Hollande : dette évoquée, espoir déçu.

En mai 2015, en tournée dans les territoires d’outre-mer et les Caraïbes, François Hollande annonce depuis la Martinique sa visite historique en Haïti. Lors de son discours à l’Université d’État d’Haïti, il déclare : « La France a imposé à Haïti, au 19e siècle, une dette, une rançon de l’indépendance. (…) Je viens ici pour que nous puissions régler cela. »
Mais dès le lendemain, l’Élysée clarifie : aucun remboursement prévu. Le « règlement » ne sera que symbolique. Hollande opte pour la prudence juridique. Macron, dix ans plus tard, joue la confession morale. Ni l’un ni l’autre ne proposent d’action réparatrice.

Comparaison Hollande / Macron
Thème Hollande (2015) Macron (2025)
Ton Prudent, juridique Tragique, confessionnel
Message Justice symbolique Dette morale et blessure ouverte
Actions concrètes Coopération minimale Initiative « France-Haïti 2030 »
Réparation financière Aucune Aucune
Colonialisme à géométrie variable
L’État français a déjà adopté des démarches similaires avec l’Algérie et le Cameroun, sans oublier la tragique histoire du pays de Paul Kagamé : le Rwanda. Après le génocide, ce pays de la région des grands lacs a fait un grand virage vers le monde anglophone. Le français, langue du colonisateur belge, est rejeté ; l’anglais est adopté comme langue d’enseignement. Dix ans plus tard, la colère s’est apaisée ; les blessures de l’âme, moins vives. Kagamé effectuera un rééquilibrage très smart en faisant côtoyé l’anglais, le français et les langues locales (kinyarwanda et swahili), dans son pays.
L’annonce d’une commission franco-haïtienne pourrait sembler prometteuse, mais elle illustre surtout la stratégie française : encadrer les récits postcoloniaux tout en évitant l’engagement juridique des réparations.
La dette : un pillage économique durable
Cette rançon a littéralement saigné l’économie haïtienne. Pendant plus d’un siècle, Haïti a sacrifié ses ressources à cette dette, au détriment de son développement, de ses infrastructures et de son système éducatif. Les traces sont profondes, durables, et expliquent en partie l’extrême fragilité institutionnelle d’aujourd’hui. Les blessures laissées sont aussi nombreuses que les racines de notre liberté. Cette dette est mère de la pauvreté chronique et de l’instabilité politique actuelle.
Géopolitique et guerre des influences
En avril 2025, Macron agit aussi dans un contexte stratégique : Haïti, soutenue par la CARICOM, a porté la question des réparations à l’Assemblée générale de l’ONU (2023). Parallèlement, la France tente de contenir l’influence anglo-saxonne dans la région.
Après une rencontre tendue avec Donald Trump à la Maison-Blanche le 28 février 2025, le président ukrainien Volodymyr Zelensky s’est rendu au Royaume-Uni puis à Londres pour un sommet d’urgence avec treize pays de l’Union européenne, le Canada, la Norvège et le Royaume-Uni. Ensuite, il a poursuivi sa tournée à Paris pour rencontrer le président Emmanuel Macron. Ce détour souligne les enjeux énergétiques et miniers qui motivent les puissances à s’implanter ou à soutenir des missions, comme celle du Kenya en Haïti, appuyée par une note conjointe France–Royaume-Uni publiée le 16 avril 2025.
Le support s’étend aussi à la CARICOM composée de 15 États, dont 12 sont d’anciens territoires britanniques, et 5 sont encore des royaumes du Commonwealth. Si la diplomatie était un miroir, son reflet nous dirait davantage.
Entre mémoire et justice différée
La France avance masquée. Entre mémoire diplomatique et justice différée, elle refuse toujours de répondre au fond de la question : comment réparer l’irréparable ?
Et pendant que les grandes puissances s’affrontent autour de l’avenir d’Haïti, le peuple reste coincé entre l’humiliation du silence et la colère de l’oubli. Comme l’aurait dit Jawaharlal Nehru : « Quand les éléphants se battent, c’est l’herbe qui souffre. »
La France demande à Haïti d’oublier ; Haïti, elle, exige d’être entendue.
En attendant, les préjudices des siècles ont fait le lit de nos malheurs. Ce sont nos propres mains mûes par des logiciels qui appuient sur le bouton « delete ». Pour effacer l’histoire. Pour la réécrire sur de nouvelles pages. Aujourd’hui plus que jamais la culture dans l’ère de temps s’inscrit dans le narratif.

Sources:

Déclaration d’Emmanuel Macron, Élysée.fr – 17 avril 2025

Discours de François Hollande, Le Monde – 12 mai 2015

Rapport Duclert sur le Rwanda – 2021

The Ransom, The New York Times – 2022

Discours d’Haïti à l’AGNU – Session 2023

ABC News – Zelensky in London – mars 2025

Communiqué France–UK sur la mission en Haïti – 16 avril 2025

Organisation des États de la Caraïbe – CARICOM.org

Avril 2025

Le Ministère de l’Économie et des Finances souhaite mobiliser les ressources nécessaires pour une relance durable de l’économie nationale.

Cette semaine, une délégation conduite par le ministre de l’Économie et des Finances, Son Excellence Alfred Fils Métellus, est présente à Washington pour définir ses priorités face à ses partenaires internationaux. En marge des Réunions de printemps du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale, le ministre Métellus a signé, ce 21 avril 2025, un protocole d’accord avec le président de la Banque Interaméricaine de Développement (BID).

Ce protocole d’accord permettra de mieux coordonner un plan d’action à moyen terme visant à favoriser la stabilisation, le redressement économique et le développement d’Haïti pour la période de 2025 à 2030. Des efforts de collaboration, notamment avec la Banque mondiale, les Nations Unies et l’Union Européenne, seront également mis en œuvre. Ces efforts s’appuieront sur une évaluation rapide de l’impact de la crise, coordonnée par la Banque mondiale, afin de renforcer la résilience par une approche alignée sur les priorités et les objectifs du gouvernement haïtien en matière de développement durable, tout en répondant aux besoins urgents de la population.

Décès du Pape François: La Primature s’incline devant l’extinction d’un grand ami d’Haïti

Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.__ Dans un message publié sur son compte X, ce lundi 21 avril, la Primature a salué le départ du Pape François, regrettant ainsi le décès de celui qui fut un grand ami d’Haïti.

«Dans nos heures les plus sombres, il a porté Haïti dans sa prière et dans son cœur», a écrit la Primature envoyant toutes ses sympathies à la grande famille de l’Église catholique.

Le gouvernement haïtien rend également hommage au feu pape François pour son humilité, sa voix toujours tournée vers les oubliés, et son engagement pour la justice et l’inclusion. Il a incarné un leadership moral rare et profond.

À souligner que ce message a déjà provoqué une pluie de réactions négatives sur X. Des internautes offusqués par la rapidité avec laquelle les autorités haïtiennes montent au créneau pour se solidariser avec les étrangers alors que des haïtiens se font déporter de la République Dominicaine d’autres se font humilier et tuer par les bandits sous les regards passifs ou méprisants de l’État.

Economíe : À la « Journée d’Haïti » à Washington : le gouvernement profitera de plaider les causes du pays, auprès de ses partenaires internationaux

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Dans une note de presse dont la rédaction a obtenu copie, les autorités haïtiennes annoncent leur participation à la « Journée d’Haïti » à Washington, ce mardi 22 avril, en marge des Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale. L’objectif : renforcer le dialogue avec les partenaires internationaux et mobiliser des appuis en faveur d’un redressement durable du pays.

Une délégation officielle haïtienne conduite par le Ministre de l’Économie et des Finances (MEF) prendra part ce mardi à la « Journée d’Haïti », organisée à Washington, dans le cadre des Assemblées de printemps du Fonds Monétaire International (FMI) et du Groupe de la Banque mondiale. C’est ce qu’indique la note de presse dont Le Relief Inter a obtenu copie.

Selon ce document, la rencontre réunira des représentants des bailleurs de fonds, de la société civile et du secteur privé haïtien. Aux côtés du MEF, la délégation comprend également des cadres du Ministère de la Planification et de la Coopération externe (MPCE) ainsi que de la Banque de la République d’Haïti (BRH).

Cette initiative vise à renforcer la concertation avec les partenaires internationaux autour des priorités nationales, en particulier dans un contexte de crise sécuritaire et humanitaire sans précédent. L’objectif est de favoriser la stabilisation politique, le redressement économique et la mise en place, d’ici au 7 février 2026, d’un président élu ainsi qu’un fonctionnement régulier des institutions démocratiques, dont le Parlement.

Les autorités haïtiennes entendent à réaffirmer leur engagement pour la stabilité macroéconomique, le renforcement de la gouvernance et la nécessité d’un appui coordonné face aux défis humanitaires.

La note précise que les échanges s’appuieront sur le Cadre de relèvement et le Plan d’Investissement issus de l’Évaluation Rapide de l’Impact de la Crise (RCIA), élaborés avec l’aide de la Banque mondiale, de la BID, des Nations Unies et de l’Union Européenne.

Cette participation fait suite à une série de consultations nationales tenues en février et en mars dernier avec le secteur privé, la société civile et d’autres acteurs clés, afin de consolider le plaidoyer haïtien à l’international.

Enfin, le MEF réaffirme, dans cette note, sa détermination à défendre les intérêts du peuple haïtien et à mobiliser les ressources nécessaires pour répondre aux besoins urgents de la population et relancer les secteurs essentiels du pays.

Haïti fait face à une crise multidimensionnelle: Sécurité, politique, sociale, économique. Les emprises sont énormes sur des secteurs vitaux. Les chiffres rapportés par la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire, selon l’IPC, 5,7 millions d’Haïtiens font face à la faim. Plus d’un million de déplacés internés évoquant l’OIM. L’insécurité fait peine encore d’être jugulée. Entre-temps, on s’enfonce dans l’abîme de l’isolement.

Nécrologie: le pape François est mort à l’âge de 88 ans au lendemain de la messe pascale

Le pape François s’est éteint ce lundi 21 avril 2025 à 7h35, au Vatican, un mois après avoir quitté l’hôpital pour une double pneumonie. À 88 ans, il était apparu en public pour la dernière fois, la veille, lors de la messe de Pâques, très affaibli, mais fidèle à son engagement auprès des fidèles. Le Saint-Siège a officialisé sa mort dans la matinée, provoquant une immense vague d’émotion dans le monde catholique.

« L’évêque de Rome, François, est rentré à la maison du Père », a déclaré, la voix nouée, le cardinal Kevin Farrell, administrateur par intérim du Vatican, en direct à la télévision. Des milliers de fidèles, certains en larmes, se sont rassemblés spontanément place Saint-Pierre pour rendre hommage à celui qui, depuis 2013, portait un souffle de renouveau au sein de l’Église.

Un dernier bain de foule

Malgré les recommandations de ses médecins, le souverain pontife avait tenu à apparaître publiquement le dimanche de Pâques. Trop affaibli pour lire son message Urbi et Orbi, il l’avait confié à un collaborateur, se contentant de quelques mots. Son visage marqué et sa voix fatiguée n’avaient cependant pas empêché un ultime geste symbolique : un tour surprise en papamobile, au milieu d’une foule émue massée sur la place Saint-Pierre.

La veille encore, il avait brièvement reçu le vice-président américain J.D. Vance pour un entretien destiné à apaiser les tensions entre le Vatican et l’administration Trump, avec laquelle les relations avaient été tendues, notamment sur des questions migratoires.

Une décennie de réformes

Né Jorge Mario Bergoglio à Buenos Aires, en Argentine, François était devenu, en mars 2013, le premier pape latino-américain et jésuite de l’histoire. Il succédait alors à Benoît XVI, démissionnaire. Dès le début de son pontificat, il avait affiché sa volonté de recentrer l’Église sur l’humilité, la justice sociale et la proximité avec les plus démunis.

Pendant plus de dix ans, il s’est attaqué à des dossiers sensibles : lutte contre les abus sexuels, transparence financière, réforme de la Curie romaine. Il a également fait entendre une voix forte sur les enjeux climatiques, l’accueil des migrants, la pauvreté, et la paix mondiale. Ses positions progressistes ont souvent suscité de vifs débats, voire des oppositions internes, notamment chez les conservateurs de l’Église.

Quel avenir pour l’Église ?

Avec son décès, s’ouvre une période de transition cruciale pour l’Église catholique. Le Collège des cardinaux, dont plus de la moitié ont été nommés par François, devra se réunir dans les semaines à venir pour organiser un conclave. Selon la Constitution apostolique, les funérailles s’étaleront sur neuf jours, et l’élection du prochain pape devra intervenir dans un délai de 15 à 20 jours.

La question principale reste en suspens : l’Église poursuivra-t-elle l’élan réformiste initié par François ou marquera-t-elle un retour à une ligne plus traditionnelle ?

François restera dans l’histoire comme un pape atypique, profondément humaniste, convaincu que le salut de l’Église passait par ses marges. Son départ laisse une Église endeuillée mais héritière d’un message fort : « Servir, écouter, réconcilier. »

Avec RFI

L’État haïtien rend hommage aux trois héros tombés pour la Patrie

C’est ainsi que le gouvernement a qualifié l’assassinat des soldats survenu à Kenscoff ce dimanche de Pâques. Dans un communiqué de presse, la Primature réaffirme son engagement indéfectible dans la lutte contre l’insécurité. « Le Gouvernement de la République annonce la perte de trois de nos valeureux militaires, tombés dans l’exercice de leur devoir sacré », précise le communiqué, qui exprime une profonde tristesse et une vive émotion face à ce drame.

Selon le gouvernement, « ces soldats ne sont pas seulement des membres de nos forces armées. Ce sont des fils dignes de la Nation, des défenseurs de notre souveraineté, dont le sacrifice ultime sera à jamais gravé dans nos mémoires ».

Ces courageux militaires ont affronté le danger avec bravoure, détermination et honneur. « Ils sont tombés en héros, les armes à la main, en défendant la patrie qu’ils ont juré de protéger », souligne le gouvernement, qui rend hommage à la mémoire de « ces martyrs de la République ». Il adresse, dans cette circonstance, ses condoléances les plus sincères aux familles des défunts, à leurs camarades d’armes, ainsi qu’à tout le peuple haïtien.

Le repas de pâques en Haïti: Entre les délices des plats de subsistance, une tradition qui s’en va

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.__ La Semaine sainte a toujours eu une valeur exceptionnelle pour les Haïtiens, notamment pour les chrétiens orthodoxes. D’ailleurs durant tout le Carême, les croyants se sont adonnés à la purification de leur corps pour s’aligner aux principes de la pureté, inspirés dans le sacrifice de Jésus. C’est ainsi que des précautions particulières sont prises dans les aliments à consommer.

Au cours de cette période, allant du dimanche des Rameaux, où commence la Passion de Jésus-Christ, jusqu’à la veillée pascale de la nuit du samedi d’eau bénite, les chrétiens et d’autres croyants orthodoxes gardent à l’esprit certaines anciennes traditions et s’abstiennent de manger de la viande en mémoire du sacrifice de Jésus.

*Du pain, des poissons et des vivres alimentaires, selon la tradition*

Une semaine dite sainte où nombreux Haïtiens acceptent de supprimer littéralement la viande de leur nourriture. Mais le vendredi saint, décrit comme étant le jour de la passion du Christ, quasiment tous, comme dans d’autres pays, s’offrent une cuisine spéciale en vue d’une alimentation saine.

La cuisson du poisson séché ou frais, de la morue avec des vivres alimentaires, pas trop de céréales. En plus, la salade de Kenscoff est comme la cerise sur le gâteau. Composée généralement de laitues, de pommes de terre, de carottes, de betteraves, poivrons rouges et verts, concombres, tomates. Pas de viandes sous aucune forme, car “on ne va pas manger la chair du Christ”. Pas d’alcool ni de plaisir sexuel d’ailleurs.

*Le repas traditionnel de paques dans le contexte actuel, une double pénitence*

La cherté de la vie dans le pays et des coûts exorbitants des poissons, ont forcé la plupart des Haïtiens à renoncer à cette pratique. Les marchés sont surchargés de viande et d’autres produits, souvent, moins chers que ceux couramment utilisés dans les cuisines des fêtes pascales.

A Kenscoff, lieu par excellence de production maraichère, qui, habituellement’, alimente les marchés de pâques, est sous le contrôle des gangs armés depuis environs quatre mois. Chérilien Eliancy, Technicien agricole et coordonnateur adjoint de Solidarité haïtienne pour le Développement Rural de Kenscoff, en exprime sa frustration.

Co-gestionnaire d’une ferme agro-écologique dans la localité Robin, il raconte que les paysans avaient raté la campagne d’hiver à cause d’un manque d’activités pluvieuses en 2024. «Nous n’avions pas pu produire en quantité pour arriver jusqu’à Pâques, mais nous allions essayer de nous rattraper grâce à des techniques agricoles. Cependant en début de l’année des bandits nous ont envahi et fait fuir les planteurs» a déclaré Eliancy.

Le déferlement des vagues de violence armée a de graves conséquences sur la ferme agricole de SOHADERK. Selon Chérilien Eliancy, les paysans ont abandonné les plantations pour éviter de se tuer ou enlever par les bandits qui se cachent dans les champs. «Nos techniciens, nos travailleurs ne viennent plus, par peur de se faire prendre, tout le monde se cache», dit-il, expliquant les raisons pour lesquelles les salades de Kenscoff ne sont plus au rendez-vous pascal, cette année.

Cette situation est pareille dans d’autres endroits. André Richard, paysan cultivateur à Saint-Marc témoigne avoir perdu des denrées pour plus de 50 mille gourdes à cause d’un blocage sur la route de l’Arcahaie. «Les produits sont gâtés en chemin, alors que j’avais déjà payé dans des postes de péage pour mon droit de passage… à chaque point il faut payer. Faute d’argent j’étais obligé de rebrousser le chemin. La récolte gaspillée, mon investissement est perdu», se désole Richard.

*Une situation qui présage une crise alimentaire sur Port-au-Prince en particulier*

Lors de sa participation à l’émission Thermomètre sur radio solidarité, Louisette Vertilus, présidente de la Plateforme des Femmes Organisées pour le Développement de l’Artibonite, a prévu ce qu’elle considère comme un enlèvement de la capitale en matière de biens agricoles.

Le grand nord serait en train de couper le pont avec Port-au-Prince, selon ses explications. «Les associations de toutes natures sont en train d’établir des protocoles pour des échanges commerciaux ou de compétences», a relaté Vertilus, prévenant que si les violences persistent ainsi, la capitale ne sera plus alimentée en produits agricoles.

Les traditions globalement ont tendance à disparaître depuis un certains temps en Haïti, laissant la place aux conformités imposées par les gangs armés. Aucun pays ne parvient à survivre loin de ses coutumes et ses traditions.

Me Caleb Jean Baptiste un allié des gangs, a révélé le chef de gang Barbecue

Le chef des terroristes Viv Ansanm Barbecue a fait encore des grandes révélations. Dans une vidéo virale sur les réseaux sociaux, ce dernier a déclaré que Me Caleb Jean Baptiste travaillait pour le chef de gang Vitelhomme dans le cadre d’un dossier de Justice. Il a révélé que Me Caleb aurait reçu cinq mille dollars pour faciliter l’annulation de l’avis de recherche émis contre ce dernier.

Selon Barbecue Me Caleb a reçu un montant total de 20 mille dollars dans le cadre du traitement de cette affaire. Me Patrick Sevrain, membre du Cabinet du ministre de la justice d’alors Rockfeller Vincent était au courant du dossier, a-t-il ajouté.

Toujours selon Barbecue, le coordonnateur du bloc des avocats engagés a l’habitude de passer des nuits à la résidence du chef de gang Vitelhomme. Il a qualifié l’avocat de «abolotho».

Barbecue a fait ses révélations suite à une déclaration de Me Caleb Jean Baptiste lors d’une interview avec Guerrier Henry affirmant qu’il ne reconnait pas le personnage Vitelhomme.

Plus de 48 heures après les déclarations, le public attend encore une réponse de Jean Baptiste.