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L’inscription d’Haïti dans un plan final

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Notre monde est menacé par un phénomène qui le ronge comme un chancre : l’illimitisme. Cette illusion de pouvoir qui enfle la tête des mortels qui rêvent de devenir amortel fait trembler l’humanité sur ses bases. On veut tout avoir, et tout de suite ; quitte à saccager tout l’écosystème qui permet à la vie de s’épanouir. Au nom de la croissance, de l’individualisme et de cet illimitisme forcené, le droit des peuples est ce que veulent les puissants. Haïti, prise dans les filets d’une géopolitique machiavélique, se brise sous la force des armes qui nous cernent de tous côtés.

Par Marnatha I. Ternier
Le monde est pris dans la tourmente. Une irruption de folie fait voler en éclat tout esprit d’harmonie qui devait nous guider. Les plus forts, dans un monde idéal, devraient tendre la main aux plus faibles et nos voisins, eux, ne jetteraient pas de l’huile sur nos brasiers.
Regardons Haïti, notre patrie : elle n’est ni Rome, ni le Royaume-Uni. Et pourtant, sous chaque toit, les langues se délient, car voilà que d’autres nations se dressent en nouveaux maîtres de notre terre. Urbi et orbi, Haïti attire les convoitises. Le Vatican, les États-Unis d’Amérique, la Grande-Bretagne fixent leur regard sur la perle des Antilles, tel un joyau disputé à voix feutrées. Et les pays qui, à chaque grande réunion, se proclament partenaires du développement durable, ne viennent souvent que pour réclamer leur part du gâteau, nappe déjà dressée, couverts sur la table. Et dans l’ombre, les subalternes, notre voisin immédiat, et ce « frère » venu de loin, guettent, espérant ronger quelques os délaissés, tout en arborant le masque noble de la solidarité. Car ici, la générosité internationale a souvent le goût discret d’un investissement bien calculé.
Ce n’est pas parce que Donald Trump avait traité notre pays de « shitole » que nous ne répéterons plus après Simon Bolivar : « Haïti, cette émeraude tombée de la bague de Dieu dans la mer des Caraïbes, est une terre de luttes pour la liberté. »
Regardez ce qu’ils ont fait de nous. Non ! Haïti ne mérite pas ce sort. Ce n’est pas un fait du hasard. Cette situation que nous avons héritée n’est pas tombée du ciel. Elle n’est pas non plus le fruit de certaines forces souterraines issues de l’enfer. Cette situation est le produit de nos élites intellectuelles, politiques et économiques.
Regardez la galerie des amis d’Haïti : Binuh, CoreGroup, MMSS, Ambassades, Consulats, OIF, UNESCO, Pays amis, Caricom, OEA, ONU, Pays voisins, Pays africains, Latinos américains, Anglosaxons, Union européenne, BID, Banque mondiale.
Avez-vous vu comment ils nous ont traité ?
Des faits pour un autoexamen
Haïti, comme au premier temps, est seul au monde. Enveloppée dans sa solitude depuis deux siècles, Haïti se débat, corde au cou, refusant de rendre l’âme. On regarde le temps s’égrener jusqu’à notre perte. L’étau se resserre autour de nous. L’aire métropolitaine aujourd’hui est occupée par les gangs criminels apparemment jusqu’à plus de 90 %.
Au juste, que veulent-ils ?
Un État contrôlé tout à fait par des gangsters pour donner le champ libre au déroulement des activités terroristes. Transformer Haïti en un désert médical pour que personne n’arrive à trouver des soins de santé ; fermer les écoles, les universités, les centres de métier pour que l’on retourne à l’âge de la pierre.
Pourquoi n’avons-nous pas fait le choix de l’éducation ?
Ne pas faire choix de l’éducation est une volonté d’enténébrer les esprits. Une volonté pour que Haïti ne soit pas un miracle. « Haïti, là où la Négritude s’est mise debout pour la première fois », pour parodier Aimé Césaire, ne doit pas mourir. Haïti, Quisqueya ou Bohio est une terre de mythe, d’épopée et de luttes pour la liberté. Et c’est par l’éducation que l’on développera les facultés intellectuelles et morales de ce peuple afin qu’il s’améliore et arrive à s’arracher – par l’autoexamen – de cette servitude qui nous pousse à nous retourner ignoblement contre nous-mêmes.
Regardez comment aujourd’hui on chasse nos paysans de nos terres fertiles ! On les expulse à coup de mitraille pour qu’on n’arrive plus à mettre quelque chose sous la dent. Souvenons-nous de l’homélie, en janvier 1991, de monseigneur François Wolf Ligondé : « Si les Haïtiens ne pensent qu’à assouvir leur vengeance au lieu de s’unir pour sauver la terre nourricière qui s’en va à la mer, en l’an 2000 on mangera des roches, et en l’an 2004 on célèbrera le deuxième centenaire de l’indépendance dans un désert. »
Notre peuple est en danger. En attendant l’Organisation des Nations-unies a les yeux rivés dans sa chartre et ses piles de dossiers moisis sur les droits humains.
Le monde, un terrain de jeu des puissants
Regardez comment les gangs sont passés maîtres en diversions. Ouvrons nos yeux sur leur procédé. Ils manœuvrent vers le Plateau Central, Mirebalais, notamment, pour mieux rebondir dans l’Ouest, sur Port-au-Prince. Ainsi vont-ils boucler la boucle des 100 pour 100 promis.
« Sa nou wè a se sa. » Ce qu’on voit, c’est ce qu’on voit.  Les gangs – qui baignent à toutes les sauces dans un plat de spaghettis –, sont les nouveaux mercenaires du crime actuel. Ils facilitent les choses sous le couvert de fédération de gangs, de famille et alliés. Peu importe leur appellation. Les puissants n’ont pas d’alliés. Ils n’ont que des serviteurs à leurs ordres.
Les démolisseurs de la République ne savent pas que les puissants ont le goût de partager le monde comme un gâteau.  Rappelons-nous qu’en 1697, par le traité de Ryswick, l’Espagne et la France avaient partagé l’île d’Haïti.
À chaque fois que les gangs sèment la terreur et la violence, ils clament haut et fort leur forfait. Ils l’affichent. Ils publient leur crime énorme afin que nul n’en ignore. Et quand ils signent avec une joie de vivre ce qu’ils ont orchestré, ils exaltent : « Nous le faisons exactement comme le Blanc nous le demande ». Quelle éclatante illustration de l’intériorisation de la volonté du maître par la bouche de ses esclaves !  Cet aveu pour blanchir leur noire conscience témoigne aussi de la situation de nos élites déboussolées, incapables de s’arracher à ces liens qui le ligotent.
Comment de tels propos peuvent-ils franchir les lèvres des héritiers des vaillants guerriers qui se sont battus à Vertières?
Les gangs – armés du bras des enfants du peuple pour détruire Haïti –, sont animés, sans le savoir, par la volonté d’être esclave. Ils ne sauront jamais qu’ils mènent une bataille honteuse pour la reconquête du pays par leurs maîtres.
Des faits et des interrogations
Les armes létales et les munitions se déversent beaucoup plus que les aliments de base qui pourraient aider les familles et éviter les décès dus à la malnutrition. Les gangs dépouillent les petites marchandes de leur négoce ; ils tuent, pillent, brûlent, et violent. Ils sont en mission. Même nos forces de l’ordre n’osent les arrêter.
Connaissez-vous un territoire perdu en Haïti qui a été récupéré ? Pourquoi lorsque la communauté internationale monte au créneau, c’est du vent ? Pourquoi ce vent souffle-t-il sur nos brasiers ?
Connaissez-vous le meilleur moyen au 21ème siècle pour exterminer tout un peuple ? Pourquoi isoler Haïti du reste du monde ?
Depuis l’année 2021, année qui coïncide avec l’assassinat du président Jovenel Moïse, dans la nuit du 6 au 7 juillet 2021 dans sa résidence de Pèlerin 5 non loin de Pétion-Ville, tous les vieux démons se déchaînent sur notre territoire. Un complot contre le pays est ourdi de main de maître. Cette fois-ci, ils ont soulevé les marginaux. Ils ont armé nos jeunes, nos enfants des quartiers populaires ; ils les ont promis monts et merveilles. Les ghettos ont pris le relai des forces armées d’occupation étrangères. Ils arrivent à endiguer les fleuves de manifestants sur le béton mieux que nos forces de l’ordre.
Les faits qui s’écrivent par nos historiens de l’instant sont liés à des antécédents.  René Préval entre 1997 et 1998, avait déjà tenté d’évacuer le projet d’unification de l’île qui devait s’appeler « Projet Hispaniola » sous le Label dominicain. Bien avant René Préval, on ne nous avait pas encore expliqué « ce petit désordre » commis et avoué par l’ex-président Jean Bertrand Aristide.
Le président René Préval, lui, avait contourné adroitement le plan d’expropriation de la capitale, Port au Prince, durant son second mandat présidentiel. Avant de quitter le pouvoir en 2011, il avait signé un arrêté pour mettre la machine en route.
Arrivé au pouvoir, le président Michel Martelly, sans rencontrer la moindre résistance, foncera tout droit dans le plan établi qui nous a conduit aux ruines actuelles. Or, tout est parti de là et personne n’est venu encore nous expliquer, non plus, les détails de ses nombreux voyages réalisés à travers le monde durant son mandat présidentiel entre 2011 et 2016.
Michel Martelly est l’un des présidents haïtiens qui a le plus voyagé à l’étranger. Un vrai recordman. Entre juin 2011 et juin 2015, il aura réalisé quarante (40) déplacements internationaux, totalisant 1 941 jours d’absence du pays.  Ces voyages auront occasionné des dépenses significatives, avec des per diem estimés à environ 3,8 millions de dollars américains.
Et qu’aura-t-il négocié durant tous ces voyages ?
En remontant le film des évènements, l’histoire nous prend aux tripes.  Les faits sont là. Près de dix (10) mille personnes sont assassinées entre le coup d’état de 1991 qui prend fin en octobre 1994, et le coup d’état de février 2004 qui sera suivi d’un pouvoir de facto avec un président fantoche.
Des professeurs, des étudiants, beaucoup de jeunes brillant d’avenir sont tombés en 2004, à travers le mouvement GNB. Après l’assassinat spectaculaire de Jovenel Moïse en juillet 2021, la machine à décimer s’est remise en route. La classe politique à travers le Conseil présidentiel de transition (CPT) actuel de neuf (9) membres, sonne purement et simplement le glas.
La classe économique, pour sa part, est tombée très facilement dans le panneau des sanctions économiques qui dénonce parfois leurs implications directes dans des cas de crimes organisés, de corruptions, de blanchiment, de financement du terrorisme, ou de complicité dans des cas d’assassinat crapuleux.
Les dernières statistiques officielles datant de 2024 révèlent que notre population est estimée à douze (12) millions d’âmes. Plus de quatre (4) millions résident dans le département de l’Ouest.
Pourquoi cet étrange focus sur Port-au-Prince, la capitale ?
Ce sont ces quatre (4) millions de personnes qu’on assassine, qu’on asphyxie depuis 2021, car on les empêche de vaquer librement à leurs occupations habituelles. Ce sont aussi tous ces départements du Nord au sud et de l’est à l’ouest, soit plus de sept 7 autres millions d’habitants qu’on empêche de circuler de leurs provinces vers la capitale. Ou encore, de la capitale vers l’étranger sous prétexte que les vols commerciaux sont en insécurité sur notre territoire.
Nos nuits comme nos jours sous haute tension s’enveloppent de ténèbres. En ces moments vacillant de doute, laissons la flamme de patriote qui brûle en nous allumer. « Ayiti pap péri » ! N’ayons pas peur. Nous devons avoir l’intransigeance de ce courage ancré dans l’énergie de Vertières pour sortir du cycle du malheur, du drame, de la catastrophe d’une gouvernance apte à générer le malheur, le mal être, la pauvreté pour le plus grand nombre. Haïti renaitra.
Marnatha I. Ternier
Mai 2025

Le Secrétaire général du mouvement citoyen Kasasyon Nou Prale (KNP) a pris la parole ce mardi 6 mai 2025 lors d’une conférence de presse tenue à l’Hôtel Ritzkinam , à Pétion-Ville, pour dénoncer avec vigueur la situation critique que traverse la population haïtienne.

Crise économique et sociale alarmante

Le Secrétaire général a souligné l’effondrement économique du pays, caractérisé par une inflation persistante qui, bien qu’en baisse par rapport à son pic de 49,3 % en janvier 2023, reste élevée à 29,3 % en août 2024, selon la Banque mondiale. Le produit intérieur brut (PIB) par habitant est estimé à 1 693 dollars américains en 2023, plaçant Haïti parmi les pays les plus pauvres de la région. Cette situation économique précaire se traduit par une pauvreté généralisée, avec 36,6 % de la population vivant avec moins de 2,15 dollars par jour. Le Secrétaire général a dénoncé l’inaction des autorités face à cette détresse sociale, exacerbée par une insécurité alimentaire touchant plus de 5,4 millions d’Haïtiens.

Soupçons de corruption au sein du Conseil Présidentiel de Transition (CPT)

Le Secrétaire général a exprimé de vives inquiétudes concernant des allégations de corruption et de trafic d’influence au sein du Conseil Présidentiel de Transition (CPT). Il a appelé à une enquête transparente et indépendante pour faire la lumière sur ces accusations, soulignant que de telles pratiques sapent la confiance du peuple en ses institutions et entravent les efforts de redressement national.

Violences faites aux femmes noires en République dominicaine

Le Secrétaire général a également dénoncé les violences et discriminations subies par les femmes noires haïtiennes en République dominicaine. Il a exhorté les autorités dominicaines à respecter les droits humains et à mettre fin à ces abus, appelant la communauté internationale à surveiller de près la situation et à intervenir si nécessaire pour protéger les populations vulnérables.

Appel à l’action et à la solidarité

En conclusion, le Secrétaire général du KNP a lancé un appel pressant à la mobilisation de tous les secteurs de la société haïtienne, y compris la diaspora, pour œuvrer ensemble à la reconstruction du pays. Il a insisté sur la nécessité d’un KONBIT POU LA PÈ inclusive et d’un processus électoral transparent pour restaurer la démocratie et l’État de droit en Haïti.

Jean Rodlet Jean Baptist, KNP.

Jean Rebel Dorcenat réagi aux accusations de Pierre Espérance

Lors d’une conférence de presse tenue le lundi 5 Mai 2025, l’ex commissaire Jean Rebel Dorcenat a rejeté les accusations formulées à son encontre par le directeur exécutif du RNDDH, Pierre Espérance. Le défenseur de droits humains a déclaré que M Dorcenat est un allié du groupe criminel VIV ANSANM qu’il a lui même contribué à sa formation.

Avec un visage peu détendu, d’une voix peu imposante, Dorcenat a qualifié de mensongères les déclarations de Pierre Espérance. Pour lui, du RNDDH est de salir son image qu’il a, dit-il, beaucoup travaillé pour construire.

“Pierre Espérance a menti contre moi”, a lâché M Dorcenat. L’ancien
Porte parole du CNDDR sous la présidence de Jovenel Moïse a précisé qu’il n’a pas participé ni de près ni de loin dans la formation de l’organisation criminelle VIV ANSANM expliquant du son travail était tout simplement de discuter avec les gangs, les porter à déposer les armes.

« Oui, j’ai discuté avec les gangs. Ma démarche consistait à les encourager à déposer leurs armes», a insisté Jean Rebel Dorcenat.

Plus loin, Dorcenat a fait savoir qu’à travers une correspondance il a alerté les autorités d’alors sur la création de la coalition VIV ANSANM. Les responsables n’ont rien fait pour l’en empêcher. Alors qu’il est devenu aujourd’hui un regroupement très puissant.

Après avoir modifié la CNDDR, la portant de 7 a 9 membres, le conseil présidentiel de transition a décidé de dissoudre la dissoudre après une correspondance de Pierre Espérance accusant Jean Rebel Dorcenat, membre de cette commission, “d’être un allié sûr des gangs criminels”.

Il faut rappeler que le weekend écoulé l’administration américaine a désigné les bandes criminelles haïtiennes de «terroristes internationaux ».

Par Gedeon Delva

Des soins obstétriques à Belladère, pour répondre à la demande des femmes enceintes

BELLADERRE, Haïti.— Le ministre de la santé publique et de la population Bertrand Sinal a visité la commune de Belladère, dans le département du Centre, la semaine dernière , afin d’évaluer la situation sanitaire de cette zone frontalière, a-t-on appris d’un compte-rendu du bureau de Communication du MSPP.

En dépit de la présence de plusieurs centres de santé communautaire, l’accès aux soins spécialisés comme la gynécologie obstétrique demeure restreint, a constaté en premier lieu, Bertrand Sinal. Le titulaire du MSPP s’est aussitôt engagé à pallier ce problème, lit-on dans ce compte-rendu.

En suite un manque d’effectif du personnel pour répondre aux demandes de la population locale et celle provenant des autres villes du pays. Et enfin un problème de matériels adéquats pour offrir les services nécessaires notamment aux femmes enceintes qui sont, souvent, obligées de prendre le risque d’aller chercher de meilleurs soins de l’autre côté de la frontière, a déploré le Dr Sinal.

Au cours de cette visite, des engagements ont été pris pour renforcer la capacité des centres locaux de santé à Belladère et des autres zones frontalières. Grace au support de UNFPA, le ministre Sinal en profité pour remettre des kits de césarienne permettant de procéder à des opérations de ce genre sur place.

Les femmes enceintes qui en auront besoin, ne seront plus contraintes d’aller chercher ailleurs, a fait savoir le MSPP, se vantant de ce geste symbolique considéré comme un pas important dans lutte contre la morbidité et un effort majeur dans l’amélioration de la qualité de soin pour les femmes en particulier.

Le ministère s’est aussi engagé à approvisionner régulièrement les hôpitaux de Belladère afin d’assurer la durabilité et la continuité des services.

Dans un contexte où la plupart des hôpitaux et infrastructures sanitaires publics sont détruits par les gangs armés lors des attaques meurtrières dans les zones contrôlées, la garantie des soins obstétriques dans les zones frontalières pourra soulager les femmes haïtiennes qui, en quête de meilleurs soins pour leurs nouveaux nés, allaient accoucher en République Dominicaine, en toute indignité.

Jean Mapou

S’éduquer n’est pas une question d’âge

C’est le récit d’une mère et de sa fille qui obtiennent, ensemble, leur diplôme à l’université Barry.
Marnatha Ternier, âgé de 48 ans, et Hillary Pierre, de 23 ans, vont obtenir leur diplôme universitaire de l’école de commerce et d’administration publique de l’université Barry, au sud de la Floride.

«Obtenir mon diplôme aux côtés de ma fille est l’une des étapes les plus significatives de ma vie », a déclaré madame Ternier.

Revenant sur les conditions de son admission, elles avouent n’avoir pas prévues de partager une même scène académique, ayant postulé séparément, l’une pour une maîtrise en administration des affaires, et l’autre en administration publique.

L’histoire de ces deux femmes nous inspire que nul n’est trop âgé pour s’éduquer et qu’on peut le faire avec le soutien de sa famille.

Sur leurs projets futurs, Madame Ternier veut poursuivre un doctorat en gouvernance des politiques publiques afin de pouvoir servir Haïti. De son côté, Hillary entend obtenir également un doctorat, tout en poursuivant son travail au Care center, et en ouvrant la porte à d’autres potentielles aventures professionnelles.

𝐐𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮’𝐮𝐧 𝐣𝐨𝐮𝐫𝐧𝐚𝐥𝐢𝐬𝐭𝐞 ?

Par Jean Venel Casséus

À première vue, avouons-le, si la question ne vous paraît pas stupide, sa réponse vous semble être simple : un journaliste est celui qui informe. Parfait. Mais à l’heure où les frontières entre information, communication, influence, marketing et opinion s’effacent dans le tumulte numérique, cette définition mérite d’être non seulement revendiquée, mais aussi et surtout précisée. Car il ne suffit pas de diffuser un contenu pour être journaliste, pas plus qu’il ne suffit d’être vu ou suivi pour incarner une autorité sur l’information. Il faut alors interroger ce qu’est le journalisme, sa place dans l’ensemble plus vaste qu’est la presse, son interaction avec les autres acteurs de cet univers, et ce que l’émergence d’Internet et des réseaux sociaux a bouleversé, jusqu’à brouiller les repères mêmes de la profession.

Le journalisme, il faut le rappeler, n’est qu’un pan de l’édifice plus large qu’est la presse, laquelle ne constitue en rien une entité homogène. Elle rassemble une diversité d’activités, d’outils, de supports et de finalités : communication institutionnelle, publicité, éditorial, animation, tribunes d’opinion, sensibilisation, divertissement. Le journalisme y occupe une place spécifique et exigeante : celle de la vérification, de l’investigation, de la mise en contexte et, surtout, de la hiérarchisation rigoureuse de l’information en fonction de l’intérêt public.

Le journaliste n’est donc ni un porte-voix, ni un relais, ni un influenceur : il est un observateur structuré du réel. Il choisit, construit, restitue une information qui doit pouvoir être vérifiée, confrontée, et discutée dans l’espace public. Là réside sa fonction démocratique : il éclaire, sans séduire ; il questionne, sans plaire ; il révèle, parfois au détriment du consensus.

Cette spécificité du journalisme entre souvent en tension avec d’autres logiques internes à la presse. Le communicant vend une image ; le chroniqueur exprime un point de vue ; l’influenceur cherche l’audience quitte à se mettre à poil. Le journaliste, lui, a pour exigence de ne pas confondre ces fonctions. Pourtant, dans la pratique contemporaine, ces rôles se chevauchent de plus en plus. L’impératif de rentabilité, la pression du buzz, et la culture de l’instantanéité tendent à diluer l’éthique journalistique dans un brouillard de contenus hybrides.

Il devient alors difficile pour le public de distinguer ce qui relève de l’enquête, de la propagande ou du placement de produit. La confusion n’est pas fortuite : elle sert des intérêts. C’est précisément là que l’identité du journaliste doit se redéfinir avec force et rigueur.

L’arrivée d’Internet a été vécue, au départ, comme une promesse d’émancipation : fin du monopole de l’information, circulation horizontale des savoirs, accès démocratisé à la parole publique. Mais cette ouverture a eu un coût : la désintermédiation de la production d’information. Chacun peut aujourd’hui se dire « journaliste », en produisant une vidéo, en publiant régulièrement des posts Facebook, en créant un fil Twitter, sans méthode, sans formation, sans engagement déontologique. Les réseaux sociaux ont radicalement déplacé le centre de gravité de la diffusion de l’information, au profit d’algorithmes, de popularité et d’engagement émotionnel.

La logique éditoriale s’est vue supplantée par la logique virale. Le journaliste ne maîtrise plus le cadre de réception de son travail ; il est concurrencé, dépassé, parfois même discrédité par des figures plus visibles mais moins rigoureuses.

Dans ce monde en perpétuelle mutation, il est nécessaire de redonner au mot journaliste sa force, sa clarté et sa fonction, particulièrement dans un pays comme Haïti où, faute d’éducation, il suffit de savoir dire qu’un chien est un chat à répétition pour qu’en l’espace d’un clignement, tout le monde l’accepte et l’acte sans changer ni l’apparence ni la nature du chien. Est-ce pourquoi, il faut qu’on insiste à le dire : un journaliste, c’est un professionnel de l’information d’intérêt public, dont le travail repose sur une méthode (recherche, recoupement, hiérarchisation), une éthique (indépendance, responsabilité, transparence), et une finalité (éclairer les faits pour rendre possible le jugement des citoyens).

Le journaliste n’est ni un simple relais, ni un entrepreneur de contenus, ni un militant. Il peut s’engager, certes ; il peut s’adapter, sans doute. Mais il doit, avant tout, tenir la ligne invisible mais cruciale entre informer et manipuler, entre exposer et instrumentaliser. C’est là que réside sa légitimité. Et c’est cette ligne, aujourd’hui, que je défends avec lucidité.

05 mai 2025


A Propos de l’auteur

Jean Venel Casséus est journaliste, écrivain, poète, parolier et spécialiste en défense. Fort de plus de vingt ans d’expérience journalistique entre Radio Haïti Inter, Radio Kiskeya, Radio Caraïbes et la presse écrite, en Haïti comme à l’étranger, il allie rigueur intellectuelle et engagement professionnel. Titulaire d’une maîtrise en défense et sécurité des Amériques du Collège Interaméricain de Défense (classe 55), il y a reçu la médaille « De l’Excellence » . Engagé dans les nouveaux médias, il est le concepteur de Boutilye, plateforme innovante de radiodiffusion numérique, et d’AyitiLiv.com, première bibliothèque numérique dédiée aux auteurs haïtiens.

1000 dollars et un vol retour : la nouvelle stratégie de Trump pour forcer l’auto-expulsion des migrants illégaux

Face à la difficulté d’expulser massivement les sans-papiers comme promis, l’administration Trump lance un programme controversé : 1 000 dollars et un vol de retour offerts aux migrants qui acceptent de quitter les États-Unis de leur plein gré.

L’administration Trump tente une nouvelle manœuvre pour réduire le nombre de migrants sans papiers sur le sol américain. Depuis ce lundi 5 mai 2025, le département de la Sécurité intérieure (DHS) propose une incitation financière de 1 000 dollars et un billet d’avion à ceux qui acceptent de quitter volontairement les États-Unis. Ce programme d’auto-expulsion, vanté comme « rentable et humain », reflète aussi, selon certains observateurs, l’incapacité du gouvernement à tenir sa promesse d’expulser des millions de personnes.

Derrière cette proposition, l’objectif est avant tout budgétaire. Expulser une personne de manière forcée coûte en moyenne 17 000 dollars, contre environ 4 500 dollars pour une auto-expulsion, selon les chiffres du DHS. Une économie substantielle qui pousse l’administration à repenser sa stratégie migratoire.

« Il s’agit d’un moyen efficace d’atteindre nos objectifs en matière de sécurité tout en économisant des ressources publiques », a déclaré la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem. Pour encadrer le processus, l’administration s’appuie sur l’application CBP Home, qui permet de confirmer le départ des migrants avant de déclencher le versement de l’aide financière.

Depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche le 20 janvier dernier, environ 152 000 migrants ont été expulsés, un chiffre en recul par rapport aux 195 000 expulsions recensées sur la même période en 2024 sous l’administration Biden. Une baisse qui, selon les critiques, affaiblit la rhétorique musclée du président sur la sécurité des frontières.

Pour ses détracteurs, ce nouveau dispositif est d’abord un aveu d’échec. Incapable de remplir ses promesses électorales face aux obstacles juridiques, diplomatiques et logistiques de l’expulsion de masse, l’administration opterait désormais pour une solution de compromis, maquillée en stratégie.

En toile de fond, le débat sur l’immigration reste vif aux États-Unis, où les approches sécuritaires peinent à s’articuler avec les réalités humaines et économiques de la migration. L’auto-expulsion, aussi innovante soit-elle, pourrait bien n’être qu’un pansement sur une blessure bien plus profonde.

Avec l’indépendant

Par Wideberlin SENEXANT
 

Journée Internationale des Pompiers: La SONAPI rend hommage à ceux et celles qui vont toujours au-delà des flammes

PORT-AU-PRINCE.— Une cérémonie d’hommage a été organisée dans les locaux de la Société Nationale des Parcs Industriels (SONAPI), ce dimanche 4 mai 2025, pour mettre en valeur le courage, le dévouement et le sacrifice des sapeurs-pompiers qui risquent leur vie pour sauver celle des autres.

À l’occasion, la direction générale de la SONAPI a réaffirmé son engagement envers ces hommes et femmes qui œuvrent sans relâche pour la sécurité industrielle et civile. Cette journée a été également l’occasion pour le Directeur Général de l’institution, l’Ingénieur Agronome Justin Petricks, de s’adresser à l’ensemble du corps des pompiers via un message vibrant d’encouragement.

Le numéro 1 de la SONAPI a salué le courage, la discipline et le dévouement des sapeurs pompiers, tout en soulignant la place essentielle qu’ils occupent dans la vision moderne de la sécurité au sein du parc industriel.

Revenant sur la graduation de la dernière promotion de sapeurs-pompiers le 22 août 2024, Petricks a souligné que c’est une étape cruciale qui témoigne des efforts constants de l’institution pour former des professionnels qualifiés, aptes à faire face aux défis majeurs liés à la prévention et à l’intervention d’urgence.

Toujours dans ses propos, le directeur général a noté également l’importance de la remise officielle des clés des nouveaux bâtiments, le 25 mars dernier. «Ce geste symbolique représente non seulement une amélioration des conditions de travail, mais également une reconnaissance concrète de l’apport inestimable de ces agents au sein de la communauté SONAPI», a-t-il dit.

«Nous serons toujours animés de cette volonté d’accompagner les Sapeurs-Pompiers dans leur mission noble et exigeante», a conclu Justin Petricks, réitérant son engagement à continuer d’investir dans les infrastructures, les équipements et la formation continue de corps. «Car au-delà des flammes, ce sont des vies, des industries et tout un avenir que ces hommes et femmes protègent chaque jour», a-t-il scandé.

Rappelons que chaque année, le 4 mai est une date spéciale dans le calendrier des sapeurs-pompiers. Elle est dédiée à honorer le sens du sacrifice de ces hommes et femmes toujours en première ligne dans les cas d’incendie. Une cérémonie religieuse symbolique a été célébrée en signe de reconnaissance spirituelle et de renforcement moral pour ces héros du quotidien.

Jean Mapou

Le Dr Emmanuel Ménard écrit au Président Donald Trump.

Haïti, ce 5 Mai 2025

Monsieur le Président,
Les relations historiques et ésotériques qui ont toujours lié nos pays, auteurs des deux plus grandes révolutions dans les Amériques, me commandent aujourd’hui, de m’adresser à vous au moment où mon peuple fatigué, est cloué au pilori du martyr. Considéré par l’occident comme une main-d’oeuvre à bon marché, il a été domestiqué dans les usines sucrières en République Dominicaine et à Cuba, exploité un peu partout dans les factories des grandes multinationales. Aujourd’hui, ce brave peuple exilé dans son propre pays est conspué sous tous les toits du monde libre et des nations dites civilisées. Alors qu’il souhaiterait rester chez lui et participer à la reconstruction de son pays.

Monsieur le Président,
Je vous écris cette missive ouverte, au nom du principe condamnant la non-assistance à personne en danger. Actuellement, la population haïtienne est en grand danger à quelques encablures de la riche Floride ; la mort est devenue une espérance pour des millions de femmes et d’enfants cherchant désespérément à s’extirper des griffes de l’horreur et de la sous humanité.
Votre gouvernement vient de reconnaître que des terroristes agissent sur le sol haïtien, menacent des intérêts américains, mettant ainsi en danger la sécurité intérieure de votre pays et la stabilité de la sous-région des Caraïbes et des Amériques. Pourtant, Haïti ne produit ni armes ni drogue. Elle est victime de sa position géographique, de l’hypocrisie internationale et d’une délinquance politique interne.
Plus de cinq années consécutives, Haïti quémande de l’aide partout, mais malheureusement elle assiste impuissante, aux interminables débats au Conseil de Sécurité où les grands du monde se chamaillent sur son dossier, comme pour se donner bonne conscience. Une mission policière internationale est déployée sur le terrain pour aucun résultat. Tout le monde sait que la police ne fait pas la guerre face à des terroristes.
C’est pourquoi, je sollicite votre engagement personnel dans le cas d’Haïti, comme vous le faites pour Gaza et l’Ukraine en faveur de la paix. Dans la bataille contre ce terrorisme d’un nouveau genre qui s’est développé en Haïti dans les ghettos, les salons et les couloirs du pouvoir politique, avec une augmentation du trafic illicite, l’infiltration des cartels extrémistes internationaux, l’administration américaine ne peut pas continuer de soutenir un Conseil Présidentiel de neuf membres dont la gestion publique est catastrophique, la suspicion de sa collusion avec les groupes mafieux et radicaux est grandissante.
Pour résoudre le problème d’Haïti, il faut une volonté internationale acceptant le droit des haïtiens à l’autodétermination, une concertation voulant l’aider à rétablir la sécurité et à garantir comme dans un Plan Marshall, un investissement massif lucratif pour la création d’emplois durables de qualité. En vérité Président, le peuple haïtien ne cherche pas un programme d’assistance humanitaire.
Aussi, vous invité-je humainement à une réévaluation de la politique américaine vis-à-vis d’Haïti, pour une coopération militaire renforcée et à l’élaboration d’un partenariat stratégique, économique, commercial et industriel gagnant-gagnant.

Assuré que la présente retiendra votre haute attention, je saisis l’occasion pour vous transmettre, Monsieur le Président, toutes mes civilités.

Dr. Emmanuel Ménard
Président de la Force Louverturienne Réformiste

Warren Buffett quitte Berkshire Hathaway: son successeur hérite d’un casse-tête à 348 milliards de dollars

Après près de 60 ans à la tête de Berkshire Hathaway, Warren Buffett, 93 ans, passera le flambeau à la fin de l’année à Greg Abel. Ce dernier hérite d’un empire financier valorisé à 1.16 billion de dollars et d’un défi sans précédent: que faire des 348 milliards de liquidités accumulées ?

*L’héritage colossal d’un génie de l’investissement*
Buffett a accompli l’impensable : transformer une simple usine textile en conglomérat financier, avec une performance strato sphérique de +5,5 millions % depuis 1965. Sa recette? L’investissement valeur : acheter des actifs sous-évalués et patienter. Mais aujourd’hui, cette stratégie montre ses limites dans un marché survolté où les bonnes affaires se font rares.

Greg Abel, qui gérait déjà les activités non-assurance depuis 2018, doit désormais trouver des placements rentables dans un marché au plus haut et innover sans trahir l’ADN de Berkshire.

« Buffett avait une intuition unique pour dénicher les perles rares. Abel devra prouver qu’il peut faire aussi bien avec des montants pharaoniques », souligne Sarah Ketterer de Causeway Capital.

La transition à Berkshire marque un tournant historique. Non seulement il s’agit de remplacer une légende vivante, mais surtout de réinventer la stratégie d’un géant financier assis sur une montagne de cash. Chaque décision d’Abel aura des répercussions mondiales. Le monde financier retient son souffle.