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30e anniversaire de la PNH : le CARDH fait des recommandations pour une force adaptée aux besoins sécuritaire

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Ce 12 Juin 2025 ramène le trentième anniversaire de la police nationale d’Haïti. En cette occasion, à travers un rapport publié ce Jeudi, le centre d’analyse et de recherches en droits humains a fait des recommandations pour arriver à une force adaptée aux besoins sécuritaires du pays.

« Révision du cadre légal de l’institution afin de l’ajuster aux nouvelles exigences sécuritaires, la réorganisation de son Haut commandement, le renforcement de son personnel administratif et de ses différentes unités, l’amélioration des conditions soci économique des policiers», sont entre autres certaines des recommandations faites par le CARDH.

Au sujet des forces armées d’Haïti, le centre d’analyse a également fait des recommandations : « Une coopération technique pour commanditer les opérations de la police, de la soutenir dans certaines enquêtes», a écrit CARDH qui requiert une harmonisation des rapports entre la police et la justice.

Au sujet de l’autorité publique dont la police dépend, le CARDH recommande l’adoption du plan d’action et d’une stratégie nationale de sécurité ,suivi d’un budget; l’harmonisation du CSPN chargé de définir la politique et les stratégies nationales « de la police nationale et la modification de l’arrêté du 20 Mai 2018.

La police nationale fête ses 30 années d’existence dans un contexte de sécurité difficile. Les gangs gagnent de jour en jour de terrain, tuent et violent à la longueur de journée. Malgré des efforts et adoption d’un « budget guerre » par les autorités au niveau de l’exécutif, la PNH semble dépassée par le niveau d’insécurité et criminalité auxquelles est confronté le pays.

Gedeon Delva

Anniversaire de la Police nationale d’Haïti : 3 décennies pour les derniers remparts de la République

La Police nationale d’Haïti (PNH) fête, aujourd’hui, ses trente ans d’existence dans une atmosphère de crise nationale profonde. Entre honneur, sacrifices et défis structurels. Créée le 12 juin 1995 après la dissolution des Forces armées d’Haïti, elle reste, selon les mots du Premier ministre, « la colonne vertébrale de l’ordre républicain ».

Ce jeudi, la Police nationale d’Haïti (PNH) franchit le cap de ses 30 ans. Trente années d’un parcours semé d’embûches dans un pays où l’instabilité est devenue chronique. Depuis sa création en 1995, dans la foulée de la démobilisation des Forces armées d’Haïti, la PNH s’est vue confier une tâche immense : sécuriser le territoire, faire respecter la loi et incarner, seule, l’autorité publique.

Aujourd’hui encore, dans un pays traversé par la violence, le chaos politique et la fragmentation territoriale, elle demeure la dernière structure étatique à conserver une forme d’ancrage national. Une réalité soulignée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé dans un communiqué officiel, où il rend hommage au « courage quotidien » des policiers, affirmant que « leur engagement ne sera jamais oublié ; leur sacrifice nous oblige ».

Une force sous pression

Avec à peine 13 000 agents pour plus de 11,5 millions d’habitants — soit 1,1 policier pour 1 000 contre 2,2 recommandés — la PNH opère bien en dessous des normes internationales. Véhicules rares, armes vétustes, gilets pare-balles insuffisants, commissariats détruits ou désertés : les moyens manquent cruellement.

Pourtant, femmes et hommes tiennent encore la ligne, souvent dans des conditions extrêmes : salaires faibles, horaires épuisants, absence d’assurance, de soutien psychologique ou de garanties légales. Servir dans la PNH, c’est souvent accepter le risque ultime.

Des hommages, mais aussi des attentes

Dans son discours, le chef du gouvernement a qualifié la PNH de « rempart ultime de l’ordre républicain, de la souveraineté nationale et de l’espérance collective ». Il s’est engagé à « renforcer l’institution sur les plans matériel et structurel », tout en appelant à l’unité autour de la mission sécuritaire.

Mais les policiers attendent davantage que des promesses : des équipements adaptés, une stratégie de sécurité nationale, une réforme interne profonde, notamment pour faire face aux accusations récurrentes d’infiltration ou de corruption. La professionnalisation, la formation continue et un système de promotion équitable figurent aussi parmi les revendications urgentes.

Une institution au cœur d’un pays en guerre interne

Depuis la montée de l’insécurité sous la gouvernance de Jovenel Moïse, plus de 100 policiers ont été tués dans l’exercice de leurs fonctions, souvent lors d’embuscades ou d’attaques ciblées. Dans plusieurs quartiers populaires, des gangs lourdement armés font la loi. Et dans certaines régions, l’État n’existe plus que par la présence d’un poste de police, souvent isolé et sous pression.

Pour le Premier ministre, la survie même de la République repose en partie sur cette institution : « La PNH peut compter sur la pleine solidarité de l’État. Sa victoire est celle de tout un peuple. » Un message solennel, dans un pays où l’espoir s’épuise aussi vite que les institutions s’effondrent.

Une mémoire en uniforme

Trente ans après sa fondation, la PNH ne célèbre pas une réussite parfaite, mais une résistance obstinée. Elle n’est pas épargnée par les critiques, les contradictions ou les défaillances. Mais elle incarne, encore, l’idée d’un État qui n’a pas totalement disparu.

Et si cet anniversaire est un moment de reconnaissance, il est surtout un appel à la refondation : reconstruire la police, c’est, quelque part, reconstruire Haïti.

Wideberlin Senexant

Éliminatoires Mondial 2026 – Groupe C : Haïti humiliée 5-1 par Curaçao, une gifle venue d’une île de 193 000 habitants

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Le choc est rude pour les supporters haïtiens. En clôture de la deuxième phase des éliminatoires de la zone Concacaf pour la Coupe du Monde 2026, Haïti a essuyé une lourde défaite face à Curaçao (5-1), mardi soir. Une déroute qui résonne comme une véritable humiliation pour les Grenadiers, battus par une sélection issue d’un pays de seulement 193 000 habitants.

Ce revers, le premier sous la direction du sélectionneur français Sébastien Migné depuis sa nomination il y a un peu plus d’un an, jette une ombre sur les espoirs et la dynamique bâtie autour de l’équipe nationale. Si la qualification pour la troisième phase était déjà acquise pour les deux nations, l’enjeu restait de taille : la première place du groupe C. Et à ce jeu, c’est Curaçao qui s’est imposée avec brio et autorité.

Haïti, pourtant riche d’un vivier de talents évoluant dans divers championnats à travers le monde, n’a jamais semblé en mesure de rivaliser avec l’intensité et l’organisation des Curaçaolais. Le score parle de lui-même : cinq buts encaissés, une défense dépassée, et une attaque impuissante. L’unique but haïtien n’aura été qu’un maigre lot de consolation dans une soirée cauchemardesque.

Au-delà du résultat, c’est surtout la manière qui inquiète. Présentée par le staff comme une répétition générale avant la Gold Cup 2025, cette rencontre a laissé entrevoir de profondes lacunes tactiques et mentales chez les Grenadiers. La claque reçue face à une petite nation insulaire relance les interrogations sur la capacité de la sélection haïtienne à franchir un palier, malgré les discours ambitieux de la Fédération et de son encadrement.

Le tirage au sort de la troisième phase des éliminatoires, prévu ce jeudi 12 juin à 19h, pourrait réserver de nouveaux défis de taille à Haïti. Mais après une telle déconvenue, c’est surtout une introspection urgente qui s’impose. L’heure est grave, et la réaction devra être à la hauteur de la gifle reçue.

Mardoché D’Août

Éliminatoires Mondial 2026 – Zone Amérique du Sud : Le Brésil valide son billet pour les États-Unis grâce à un succès sobre contre le Paraguay

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Mission accomplie pour Carlo Ancelotti. Pour son deuxième match à la tête de la Seleção, le technicien italien a décroché sa première victoire sur le banc brésilien, et pas des moindres : un succès 1-0 sur la pelouse du Paraguay qui scelle officiellement la qualification du Brésil pour la Coupe du Monde 2026.

C’est Vinicius Jr., l’ailier du Real Madrid, qui a offert les trois points à la Seleção grâce à une réalisation à la 44e minute, au terme d’une première mi-temps globalement maîtrisée par les visiteurs. Bien en place défensivement et plus tranchants dans les transitions, les Brésiliens ont affiché un visage nettement plus convaincant que lors de leur précédente sortie, un match terne face à l’Équateur.

Avec cette victoire, le Brésil consolide sa troisième place au classement de la zone CONMEBOL et ne peut désormais plus être rattrapé par les équipes hors du top 6, synonyme de qualification directe pour le Mondial 2026, organisé aux États-Unis, au Canada et au Mexique.

L’ère Ancelotti, encore balbutiante, commence donc à porter ses premiers fruits. En plus d’avoir retrouvé une certaine solidité collective, la Seleção a montré une meilleure gestion des temps faibles, un aspect souvent pointé du doigt ces derniers mois. Le défi reste immense pour un Brésil en quête de rédemption depuis son élimination prématurée au Mondial 2022, mais cette victoire marque une étape importante sur la route de la reconstruction.

Prochain objectif pour la Seleção peaufiner les automatismes et consolider son statut de favori à l’approche de la grande fête du football en 2026.

Mardoché D’Août

Le secrétaire général de l’OEA rencontre le conseiller-président Laurent Saint-Cyr à Nice

Par Josué Sénat

Depuis sa prise de fonction le 26 mai dernier, le Secrétaire Général de l’OEA Albert Ramdin a fait du dossier d’Haïti l’une des grandes priorités de son mandat. Ainsi, en marge de la 3e Conférence des Nations Unies sur les océans à Nice, il a eu une rencontre avec le Conseiller-President Laurent Saint-Cyr.

Lors de leurs échanges, M. Ramdin a plaidé pour une autre approche afin de résoudre la crise que connaît Haïti. Selon le diplomate, il faut la mise en place d’un plan tenant compte de la position de tous les acteurs, en passant par le renforcement de la PNH et de la force multinationale. Cette rencontre survient alors que les États-Unis plaident pour un plus grand engagement des pays de la région pour résoudre la crise haïtienne.

Des initiatives ont été prises depuis plusieurs semaines à l’OEA sur la crise haïtienne et ce dossier devrait occuper une grande place lors de l’Assemblée générale prévue du 25 au 27 juin 2025.

S’exprimant pendant la rencontre, le Conseiller Président Saint-Cyr a félicité M. Ramdin et a salué sa disponibilité ainsi que son engagement en faveur d’une réponse cohérente à la crise haïtienne et d’un soutien actif au processus de transition.

Par ailleurs, Le Secrétaire général Ramdin a réaffirmé l’engagement de l’Organisation à intervenir dans tous les domaines où elle peut jouer un rôle constructif, en se concentrant sur quatre priorités identifiées à savoir : Le rétablissement de la sécurité, à travers le renforcement des capacités logistiques et opérationnelles de la Police nationale d’Haïti, la lutte contre le trafic d’armes, la sécurisation des ports et la lutte soutenue contre les gangs armés; l’aide humanitaire, en faveur des personnes déplacées; la recherche de consensus national, en coordination avec les efforts de la CARICOM et l’accompagnement du Conseil Présidentiel de Transition, dans la mise en œuvre du processus référendaire et l’organisation d’élections générales.

Depuis plusieurs jours, un conflit s’est déclaré entre le Coordonnateur du CPT Fritz Jean et quelques conseillers présidents qui accusent ce dernier d’adopter une attitude dictatoriale qui mine la cohésion au sein de l’exécutif.

Depuis sa prise de fonction en mars dernier, Fritz Jean n’a organisé que deux conseils des ministres, signe d’un manque de leadership et de vision. Dans deux mois, il doit céder sa place à Laurent Saint-Cyr pour la dernière présidence tournante du CPT avant l’échéance de leur mandat le 7 février 2026. Plus d’un espère que la prise de fonction à venir de M. Saint-Cyr apporte un nouvel élan à cette transition qui est pour le moment paralysé.

Dialogue avec les gangs : la proposition de l’OEA qui heurte le pouvoir haïtien

Le nouveau Secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, a déclenché une onde de choc en Haïti après avoir ouvert la porte à un éventuel dialogue avec les groupes armés. Une idée immédiatement rejetée par les autorités de transition qui y voient une ligne rouge à ne pas franchir.

La question de savoir s’il faut négocier avec les gangs armés qui contrôlent une large partie du territoire haïtien divise profondément. Le 9 juin 2025, Albert Ramdin, récemment nommé à la tête de l’Organisation des États américains (OEA) que entend jouer toutes les cartes pour ramener la stabilité en Haïti — y compris le dialogue avec les chefs de gang.

Mais pour le Conseil Présidentiel de Transition (CPT), cette suggestion est inacceptable. Dans un communiqué daté du 11 juin, la Présidence haïtienne a opposé un refus catégorique à toute tentative de négociation avec ceux qu’elle qualifie de « semeurs de mort ». Le CPT estime qu’un dialogue avec les auteurs d’atrocités reviendrait à légitimer la terreur qui mine la société haïtienne depuis des années.

« La société haïtienne, dans toutes ses composantes, a souffert dans sa chair de l’insécurité imposée par les gangs », rappelle le CPT. « Dialoguer avec eux reviendrait à trahir les victimes. »

Une ligne de fracture claire

Cette prise de position n’est pas isolée. Bien avant la réaction officielle, Lesly Voltaire, l’un des membres du Conseil présidentiel, avait lui aussi exprimé sa profonde opposition à la démarche de l’OEA. Dans une déclaration sans ambiguïté, il a qualifié les gangs de « terroristes » et affirmé que « l’on ne construit pas la paix en pactisant avec ceux qui détruisent le pays ». A rappeler que les gangs haïtiens ont été désignés comme groupes terroristes internationaux par les États-Unis en début de mai dernier.

« Chaque jour, des policiers et des soldats tombent sous les balles. Des enfants dorment dans la rue, des familles fuient les zones rouges. C’est avec les citoyens que nous devons dialoguer, pas avec ceux qui les terrorisent », a-t-il déclaré.

Une initiative sociale en réponse

Plutôt que d’ouvrir un canal de discussion avec les chefs de gang, le CPT affirme miser sur la prévention et la réinsertion. Il a annoncé la mise en place prochaine d’une Commission nationale chargée de créer des centres d’accueil et de rééducation pour les jeunes enrôlés de force dans les groupes armés.

Les dégâts causés par les gangs sont enormes déclenchant une hausse crise humanitaire, avec près de 1,3 millions de déplacés pendant les 6 derniers mois de l’année.

Wideberlin Senexant

Le comité de pilotage du dialogue national présente les grandes lignes de l’avant projet de constitution

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Depuis sa publication, l’avant projet de constitution suscite de nombreuses réactions au milieu des intellectuels haïtiens. Si pour certains c’est une nécessité et adaptée à la réalité haitienne, pour d’autres c’est inopportun. Pour clarifier la situation, Me Frantz Lauture, membre de la commission de pilotage a présenté les grandes lignes de ce document lors de la 12e édition des Mardis de la Nation, tenue le mardi 10 juin 2025 à la Primature.

Dans son intervention, Frantz Lauture souligne que beaucoup de changements et avancées ont été faits dans le nouvel avant projet de constitution

Parmi les avancées majeures ,Me Lauture, de l’avant-projet de Constitution, note :
• Réduction du poids budgétaire de l’appareil d’État par la diminution du nombre d’élus au niveau local et central ;
• Affectation obligatoire de 4 % du PIB à l’éducation (article 35.1), affirmant la priorité nationale donnée à l’instruction publique ;
• Promotion de la participation des jeunes et des femmes dans la gestion des affaires publiques ;
• Transformation de l’Unité de Lutte contre la Corruption (ULCC) en une institution indépendante (article 176), renforçant ainsi les mécanismes de transparence ;
• Renforcement de la proximité entre les citoyens et les services publics au niveau des collectivités territoriales ;
• Fusion des fonctions de Chef d’État et de Chef du Gouvernement, le Président devenant également comptable des deniers publics ;
• Réduction du nombre de ministères à quinze, pour une gouvernance plus efficiente ;
• Décentralisation budgétaire, notamment à travers les dispositions de l’article 196-2.

L’ancien parlementaire a précisé que le comité a rédigé le document suite à de nombreuses consultation « Cette réforme majeure, actuellement en discussion dans les universités, au sein des partis politiques, de la société civile et de la diaspora haïtienne, résulte d’un long processus de consultation populaire.

De la création du Comité de pilotage par le décret du 17 juillet 2024 à la soumission de l’avant-projet, de nombreuses assises publiques ont été organisées à travers le pays, mobilisant activement des représentants de tous horizons jeunes, femmes, acteurs politiques et civils autour du thème : « Un peuple, une Constitution, une société et des réformes constitutionnelles ». Les préoccupations, propositions et aspirations de la population ont été largement recueillies pour nourrir l’élaboration du texte». a déclaré Me Lauture.

Pour finir, Me Lauture a salué l’engagement constant de la presse nationale et internationale pour sa contribution à la promotion d’une culture de paix et son attachement aux principes éthiques et déontologiques de la profession. Il a également souligné l’importance du rôle des médias dans la diffusion d’informations relatives au processus de réforme constitutionnelle.

Gedeon Delva

Entre luttes d’influence et querelles d’ego : le CPT au cœur des polémiques

Cette semaine, le Conseil Présidentiel de Transition fait l’objet de vives critiques et se retrouve au cœur de diverses polémiques, mettant en lumière des jeux d’intérêts et des conflits égocentriques entre ses membres.

Récemment, un journaliste d’un autre média a révélé que cet organe, composé de seulement neuf membres, était divisé en quatre groupes, chacun défendant ses propres intérêts.

Un peu plus tard, loin de faire taire les rumeurs, le coordonnateur du CPT, Fritz Alphonse Jean, a reconnu dans les colonnes du Nouvelliste n’avoir pas organisé de Conseil des ministres afin d’éviter que certains de ses pairs ne trouvent le moyen de procéder à des nominations avec lesquelles lui-même serait en désaccord. Il en a profité pour accuser le ministre des Affaires étrangères de n’avoir pas respecté ses recommandations, en nommant, au sein de la diplomatie haïtienne, des personnalités dont certaines seraient proches de Smith Augustin, de Louis Gérald Gilles ou même du Premier ministre Alix Didier-Fils Aimé.

Face à ces accusations, usant de son droit de réponse au Nouvelliste, Smith Augustin a répondu à son collègue en soutenant que : « Il serait facile de faire des dénonciations, mais le leadership consiste à apporter des solutions », critiquant ainsi le manque de leadership du conseiller Fritz Jean à la tête du CPT.

Ces échanges vifs entre Fritz Alphonse Jean et Smith Augustin semblent confirmer les rumeurs autour des profondes divisions internes qui minent le Conseil présidentiel de transition.

Le relief était intéressé par ce conflit dévoilé au grand jour et a mené une petite enquête. Contactée par notre rédaction et voulant rester anonyme, une source proche du CPT avoue : « Entre les membres du CPT, les relations sont cordiales, même si elles ne sont pas toujours sincères. La cohésion interne est assez précaire. »

Cette source critique l’attitude de Fritz Jean qui, par tempérament, dit-elle, « cultive, depuis son arrivée à la tête du Conseil le 7 mars dernier, un individualisme autoritaire qui freine la progression du CPT, l’affaiblit davantage et compromet l’apprentissage collectif de l’exercice démocratique du pouvoir collégial. »

Toujours selon notre source, le coordonnateur actuel du CPT « tente de monopoliser les décisions de l’exécutif afin de protéger certains proches qu’il aurait lui-même placés à des postes clés au sein de l’État ». Ce serait la principale raison pour laquelle il ne veut pas organiser de Conseil des ministres.

Alors que le pays s’effondre lentement sous le poids des gangs et de la misère, le CPT semble s’enliser dans des querelles de pouvoir stériles, au détriment d’un sursaut institutionnel tant attendu.

Par Gesly Sinvilier

L’écrivain Etienne Jean sera reçu à la Maison de l’Amérique latine pour le lancement de son livre

C’est un événement littéraire attendu : Etienne Jean fait le lancement de son premier ouvrage, Haïti, le Grand Désarmement, publié aux Éditions Milot Paris à la Maison de l’Amérique latine. Un livre fort, engagé et nécessaire, qui offre un regard lucide et courageux sur les réalités contemporaines d’Haïti.

À cette occasion, l’auteur convie le public à une vente-signature le vendredi 13 juin à 19h00, à la Maison de l’Amérique latine, 217 boulevard Saint-Germain, Paris 7e, haut lieu culturel parisien.

À la croisée du journalisme, de l’analyse politique et du récit personnel, Haïti, le Grand Désarmement explore en profondeur les mécanismes de sabotage économique, le délitement socio-culturel, et les tensions d’une société en quête de reconstruction. Plus qu’un livre, c’est un appel vibrant à la mémoire, à la justice et à la solidarité.

Cette rencontre sera l’occasion d’un échange direct avec l’auteur, suivi d’une séance de dédicace. Un moment fort pour débattre, comprendre et s’engager pour Haïti.

Un rendez-vous à ne pas manquer pour celles et ceux qui s’intéressent à Haïti, à la littérature engagée et aux voix qui dessinent l’avenir.

🕊 Entrée libre, dans la limite des places disponibles.
📞 Presse : +33 6 64 69 34 85
📩 Contact : editionsmilot@gmail.com

Donel Saint-Juste

L’OCNH et son plaidoyer pour un état civil modernisé

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PÉTION-VILLE, Haïti.— L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a organisé son deuxième forum sur un état civil modernisé. Cette fois-ci l’organisation a porté sur un enjeu majeur sur la réforme du système d’état civil haïtien.

Les participants à ce forum: professionnels du droit, acteurs de la société civile et représentants d’organisations internationales, tous se sont convenus que le système d’état civil haïtien est inefficace, démodé et inapte.

Dans ses propos d’ouverture, le Directeur Exécutif de l’OCNH, Me Camille Occius, a rappelé que le droit à l’identité est un droit humain fondamental garanti par les textes internationaux ratifiés par Haïti.

Un diagnostic alarmant

«C’est un système en crise», a déclaré Me Camille Occius, soulignant que forum est un plaidoyer en faveur de sa modernisation.
«Manque d’électricité, absence de matériel, personnels mal formés ou sous-payés», a-t-il fait remarquer, soulignant que la situation est encore plus préoccupante dans les zones reculées.

Ces lacunes, soutient-il, compromettent le droit à l’identité de milliers de citoyens, notamment les déplacés internes fuyant les violences. «Ce n’est pas une faveur. C’est une obligation légale et morale de l’État haïtien», a-t-il lâché.

Des recommandations en vue de solutions structurelles durables

Le forum a été organisé en plusieurs panels thématiques abordant des sujets cruciaux. Le premier panel, ayant réuni Me Lacks-Guvens Cadette, Me Sybille Belance et l’ancien député Clauvy Robas, a été consacré au cadre juridique et opérationnel. Il a permis de mettre en lumière les nombreuses failles du système légal actuel.

Alors un deuxième panel, axé sur le partenariat international et le droit à l’identité, a permis à Mauvais Remy, représentant du HCR, de souligner l’importance d’un appui externe pour mener à bien une réforme en profondeur. Me Jean Simon Saint-Hubert, ancien conseiller électoral. Jocelyne Colas Noël et Me Jean Bonald G. Fatal ont, quant à eux, ont débattu des obstacles à l’effectivité du droit à l’identité.

Parmi les recommandations formulées: la numérisation des registres, la formation continue des agents, la révision du cadre législatif, ainsi que la création d’une commission nationale de réforme.

Des activités similaires ont été organisées dans le département du Nord-Est, dans la Grande-Anse, dans le Centre et maintenant dans le département de l’Ouest. L’OCNH entend poursuivre cette aventure dans d’autres régions du pays pour attirer l’attention des décideurs sur la nécessité d’une réforme structurelle, pouvant garantir à chaque citoyen un accès facile, sécurisé et équitable à l’état civil.

Jean Mapou