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Culture: la 3ème édition de Timoun Opilan, un alliage de joie et de solidarité pour des enfants, en une seule journée

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PORT-AU-PRINCE.— Le Centre culturel Brésil-Haïti a vibré ce samedi au rythme de la 3ème édition de Timoun Opilan; une initiative portée par Récréation Show et Riban Haïti. Plusieurs centaines de participants, en majorité des enfants, ont répondu à l’appel de cette journée dédiée au divertissement et à la valorisation des droits de l’enfant.

Sous l’impulsion de Kenya Domingue Pierre, animatrice de Récréation Show et co-initiatrice de l’événement, l’activité a combiné jeux, expositions, spectacles, prestations musicales, clowns et cracheurs de feu, offrant aux plus jeunes un espace de détente et d’expression artistique.

Mais au-delà de l’ambiance festive, Timoun Opilan a porté un message fort: rappeler l’importance de la protection et de la scolarisation des enfants en Haïti. Une collecte de fonds a été organisée au cours de la journée afin de contribuer au financement de la rentrée scolaire 2025-2026 prévue pour le 1er octobre prochain.

«Cette activité est un moyen d’offrir de la joie aux enfants, mais aussi de soutenir concrètement leur avenir à travers l’éducation», a déclaré Kenya Domingue Pierre.

Présente à l’événement, Madame Kerline Pierre, représentante de Deka Groupe, s’est dite honorée d’appuyer une telle initiative qu’elle qualifie de noble. «Il n’y a pas d’avenir sans enfants scolarisés», a-t-elle insisté, soulignant la responsabilité collective dans la construction d’une société plus équitable et porteuse d’espoir.

Avec cette 3ème édition, Timoun Opilan confirme sa place comme un rendez-vous culturel et social incontournable, alliant plaisir, solidarité et engagement citoyen pour l’avenir de la jeunesse haïtienne.

Jean Mapou

Protection Civile: Des outils numériques pour renforcer la réponse aux urgences en Haïti

PORT-AU-PRINCE.— La Direction Générale de la Protection Civile (DGPC), en partenariat avec l’organisation internationale Global Support and Development (GSD), franchit une nouvelle étape dans la modernisation de ses méthodes de gestion des urgences. Dans le cadre du renforcement des capacités nationales, plusieurs outils numériques essentiels ont été développés et numérisés, dont le Plan de Contingence National (PCN) et l’outil d’Évaluation des Dégâts et Analyse des Besoins (EDAB).

En avril 2025, cinq cadres de la DGPC ont bénéficié d’une formation approfondie aux Bahamas sur l’utilisation de ces solutions technologiques, notamment grâce à des plateformes comme KoboToolbox et divers logiciels d’analyse et de visualisation de données. À leur retour, ces spécialistes se sont engagés dans un processus de réplication de la formation à l’échelle nationale, dans le but de préparer efficacement le pays à la saison cyclonique en cours.

En effet, près de 300 participants, issus des points focaux de l’Aire Information et Analyse au niveau central, ainsi que des structures départementales, communales et locales de collecte de données, prendront part à cette mise à niveau. L’objectif principal est de garantir une utilisation harmonisée, rapide et efficace de l’outil EDAB sur l’ensemble du territoire.

Pour appuyer cette initiative, 200 tablettes numériques ont été distribuées à travers les différents départements du pays, facilitant ainsi la collecte de données en situation d’urgence. Cette innovation devrait permettre une réduction significative des délais de publication des résultats d’enquêtes, améliorant par conséquent la rapidité et la pertinence des décisions prises en temps de crise.

Selon les responsables de la DGPC, les retombées attendues sont multiples: une meilleure fluidité dans la collecte de données, une prise de décision éclairée et surtout une réponse plus rapide et adaptée face aux catastrophes naturelles et autres situations d’urgence.

Avec ces avancées, la DGPC confirme sa volonté de moderniser ses capacités d’intervention et de mettre la technologie au service de la protection des populations haïtiennes.

Jean Mapou

Championnat national d’échecs : entre passion, défis et espoir d’avenir

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, 31 août 2025 – Depuis 1985, année de la création de la Fédération haïtienne des échecs, les championnats nationaux constituent le principal espace de regroupement et de valorisation des joueurs et joueuses du pays. Quarante ans plus tard, l’enthousiasme demeure intact, malgré des difficultés structurelles et financières persistantes ce 29 août 2025, les locaux de l’université Quiskeya a accueilli cette nouvelle édition.

Une compétition structurée et exigeante

L’objectif immédiat du tournoi en cours est clair : déterminer les joueurs qui rejoindront le championnat national. Après une première phase disputée au sein des clubs, la deuxième étape, actuellement en déroulement, regroupe 87 participants provenant des départements du Sud, du Sud-Est, du Nord (notamment du Cap-Haïtien), et d’autres zones du pays.

Cette étape se divise en deux catégories : un tournoi « open » et un tournoi « féminin ». Le critère de participation autorise chaque club à envoyer jusqu’à cinq représentants dans chaque section. La troisième phase, prévue en fin d’année, viendra consacrer les champions et attribuer deux places supplémentaires (3e, 4e et 5e position) qualificatives pour l’Olympiade d’échecs, qui se tiendra en Ouzbékistan en septembre 2026.

Entre passion et précarité

Si l’organisation témoigne d’un grand sérieux, les contraintes financières restent lourdes. La fédération fonctionne essentiellement grâce à son budget interne, sans appui externe. Les frais de participation versés par les joueurs ne suffisent pas à couvrir les dépenses de nourriture, de transport et surtout de logement, un enjeu majeur pour les participants venus de province.

Selon les organisateurs, ce sont la fédération et quelques bénévoles qui s’efforcent de prendre en charge les joueurs les plus éloignés, dans un contexte où les moyens sont extrêmement limités.

Portraits et témoignages : des voix qui traduisent la passion

Pour Mérisena Cadeau, jeune joueuse, l’enjeu dépasse les simples parties sur l’échiquier. « Chaque championnat auquel je participe, je vois mon envie grandir », confie-t-il. Détenteur du titre de Candidat Maître (CM), Cadeau a déjà affronté des adversaires de niveau international, notamment un grand maître. Pour elle, sa plus grande force dans le jeu reste sa conviction et sa confiance en lui-même.

Une joueuse, dont le sourire traduit l’émotion, souligne quant à elle : « Une fois que je suis dans un tournoi d’échecs, je suis toujours heureuse. » Ses paroles résonnent comme un rappel de ce que représente cette discipline pour nombre de jeunes Haïtiens : un espace d’épanouissement, de réflexion et de dépassement de soi.

De son côté, Giovanny, un joueur récemment initié, illustre parfaitement la vitalité de la relève. « C’est un ami qui m’a appris à jouer aux échecs. Cela fait déjà un an que je pratique. Quand je débutais, j’étais toujours stressé. Aujourd’hui, ma plus grande force, ce sont mes attaques. J’attaque bien. Les échecs, c’est un beau jeu », confie-t-il avec simplicité.

Un sport à valoriser

Ce championnat révèle une double réalité : d’une part, une jeunesse passionnée, investie et avide de progresser ; d’autre part, une fédération laissée à elle-même, contrainte de bricoler pour offrir un cadre compétitif digne. Pourtant, les échecs ne sont pas qu’un jeu : ils développent la rigueur, l’analyse, la stratégie et la patience. Autant de valeurs qui mériteraient d’être soutenues à travers une politique sportive plus cohérente.

En dépit des obstacles, la persévérance des joueurs et organisateurs confirme une vérité : les échecs en Haïti ne sont pas une simple distraction, mais une école de vie et un vecteur de rayonnement international.

Quand les déplacés rentrent chez eux sous l’ombre des gangs

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Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, août 2025 — La boucle semble une fois de plus bouclée. Après avoir été chassés, brutalisés, dépossédés et réduits à l’errance dans des camps improvisés, des centaines de familles de Solino, de Nazon, de Delmas 30 et d’autres quartiers reviennent dans leurs anciennes demeures. Mais ce retour, loin de signifier une renaissance, pose davantage de questions qu’il n’offre de réponses.

Garanties offertes par les gangs

Aucune garantie sérieuse n’a été donnée. Jimmy Chérisier, alias Barbecue, celui-là même qui a semé la terreur, invite, aujourd’hui, les habitants à réintégrer leurs maisons. En réalité, rien n’empêche que les violences se répètent. L’ancien ministre Edwin Paraison, responsable de la fondation Zile, se dit préoccuper par la situation; il voit dans cet appel une manœuvre stratégique.

« Recherche de légitimité, usage cynique des civils comme boucliers humains, et préparation à d’éventuelles négociations politiques ». En clair, la « garantie » ne vient pas d’un État de droit, mais de la parole d’un chef criminel — parole fragile, volatile, toujours réversible.

Une cohabitation possible entre civils et gangs ?

La question paraît presque absurde. Cohabiter signifierait vivre ensemble dans un espace partagé où chacun respecte des règles communes. Or, les gangs imposent leur loi par la violence, rackettent, violent, tuent. Les habitants, eux, sont réduits à la survie. Ashley Laraque, porte parole de l’association des militaires d’Haiti, souligne avec justesse : « Jimmy Chérisier se positionne comme un interlocuteur, mais il n’y a aucune discussion sur comment réparer les pertes subies par la population. » Sans justice, sans réparation, sans sécurité, il ne peut y avoir cohabitation, seulement une soumission tacite des victimes à leurs bourreaux.

Comment cela pourrait-il se faire ?

Si l’État existait réellement dans ces zones, il lui appartiendrait d’imposer l’ordre républicain, de restaurer la police, d’investir dans l’urbanisation et l’aménagement du territoire. Jocelerme Privert pense qu’il faut une action énergique des forces de l’ordre pour « guérir la blessure et éradiquer le mal ». La reconstruction sociale et urbaine est une nécessité : routes accessibles, éclairage public, services de base. Faute de cela, le territoire reste un terrain fertile pour les mafias armées.

Et les victimes dans tout cela ?

Ce sont elles les grandes oubliées. Comme des brebis égarées, elles retrouvent leurs maisons calcinées, leurs papiers d’identité disparus, leurs petits commerces détruits. Le traumatisme psychologique est immense. Comment guérir ces plaies ouvertes ?

De visu, ces familles arpentent les espaces pour constater l’étendue de leurs pertes. Le constat est effrayant : documents d’identité, petits commerces incendiés, souvenirs évaporés…. Devant ces scènes tristes et douloureuses, le choc de se remémorer les souvenirs et l’incertitude de l’avenir rend perplexe engendrant de questions restées sans réponse pour le moment.

Le militant engagé, l’agronome Marcel Pierre Mondesir sent une espèce de négociation comme une entente secrète entre le pouvoir et les bandits pour permettre ce retour. Il se demande quelles garanties réelles ont les habitants que les bandits ne vont pas recommencer leur forfait? Ainsi quels accompagnements pour la reconstruction à la fois physique et psychologique pour ce retour ?

Debut de l’état de droit

La justice devrait être le premier pas : juger les bourreaux, reconnaître officiellement les crimes. Ensuite, vient la réparation : compensation pour les pertes matérielles, accompagnement psychologique, relogement digne. Sans cela, les victimes resteront prisonnières d’un cycle d’humiliation et de misère.

En Haïti, chaque retour forcé des déplacés ressemble à un mauvais remake : les criminels jouissent de l’impunité, les politiques se taisent ou profitent, et la population est livrée à elle-même. Tant que l’État restera absent, tant que les victimes ne seront ni reconnues ni réparées, aucune paix durable ne pourra s’installer. Plus qu’un retour à la maison, c’est un retour à la fragilité, au risque et à l’incertitude. La boucle, une fois encore, est bouclée.

Haïti-Éducation: Publication des résultats partiels du 9e Année Fondamentale 2025

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PORT-AU-PRINCE.— Le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP) a rendu public, ce vendredi, les résultats partiels des examens officiels du 9e Année Fondamentale 2025. Huit Directions Départementales d’Éducation (DDE) sont concernées par cette première vague de publication : le Nord, l’Ouest, le Nord-Est, l’Artibonite, le Sud, la Grand-Anse, le Nord-Ouest et les Nippes.

Selon les données communiquées par le Bureau National des Examens d’État (BUNEXE), les taux de réussite varient sensiblement d’un département à l’autre. Le Nord affiche le pourcentage le plus élevé avec 96,54 %, suivi de près par l’Ouest (95,16 %) et la Grand-Anse (93,74 %). Le Sud enregistre un taux de 91,22 %, tandis que le Nord-Est et l’Artibonite se situent respectivement à 87,35 % et 86,01 %. En revanche, les résultats apparaissent beaucoup plus mitigés pour le Nord-Ouest (54,19 %) et les Nippes (72,49 %).

Le MENFP informe que les responsables d’établissements scolaires peuvent déjà se rendre auprès des Directions Départementales d’Éducation concernées afin de retirer le palmarès de leurs écoles. Par ailleurs, le ministère annonce que les résultats pour le Sud-Est et le Centre seront publiés ultérieurement.

À travers cette publication, le MENFP dit vouloir, non seulement, informer la communauté éducative et le grand public de la performance des élèves, mais également permettre aux écoles de mieux planifier la suite de l’année scolaire.

Le Bureau de Communication du ministère rappelle enfin qu’il reste disponible pour fournir toute information complémentaire aux établissements scolaires et aux familles intéressées.

Jean Mapou

Haïti-Justice: Un guide pratique pour mieux protéger les victimes de violences sexuelles

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PORT-AU-PRINCE.— Une avancée importante vient d’être enregistrée dans la lutte contre les violences sexuelles en Haïti. Ce vendredi, un «Guide pratique sur les techniques d’investigation en matière de violences sexuelles à l’usage des magistrats» a été validé. L’initiative est portée par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH), en partenariat avec le ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP) et la Police nationale d’Haïti (PNH), sous la coordination du juge Marthel Jean Claude.

Ce document, encore en cours de finalisation, vise à outiller magistrats, policiers et greffiers afin de garantir un meilleur traitement des dossiers liés aux violences sexuelles. Il propose des techniques d’enquête, des méthodes de collecte de preuves et des procédures judiciaires adaptées. Pour faciliter l’application, le guide est accompagné de fiches pratiques et de modèles de documents, permettant ainsi d’uniformiser les pratiques tout en renforçant la protection des victimes.

En Haïti, les violences sexuelles demeurent largement sous-déclarées. La stigmatisation, la peur des représailles et le manque de confiance envers la justice constituent autant d’obstacles pour les survivantes, particulièrement dans des zones reculées comme la Grande-Anse. Le juge Marthel Jean Claude estime que cet outil constitue «une étape essentielle pour briser le silence et offrir un chemin vers la justice».

Les partenaires à l’origine de cette initiative rappellent toutefois que le guide, à lui seul, ne suffit pas. Ils insistent sur l’importance de formations continues pour le personnel judiciaire ainsi que de campagnes de sensibilisation destinées à la population. L’objectif est de rendre le système judiciaire plus accessible, plus efficace et véritablement protecteur envers toutes les victimes de violences sexuelles.

Jean Mapou

Mon amour, « Je ne viendrai pas ce soir”

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Par Jean Venel Casséus

Dans la conception de mon projet « La poétique du Jazz », cet album où jazz et poésie font l’amour, une question m’a traversé : comment détourner l’élan vers l’amour charnel pour l’élever à la hauteur de l’humanité ? Comment, à travers une mélodie, substituer à l’ivresse intime la ferveur collective, l’appel de l’humanisme ? À cet instant, un poème s’est imposé à moi avec l’évidence de la nécessité : Je ne viendrai pas ce soir de René Depestre. Comment parler d’humanité sans rappeler ce poème tiré de son recueil « Etincelles » (1945) ? Comment ignorer la voix d’un poète qui, face aux souffrances du monde, choisit de s’abandonner lui-même, de sacrifier la chaleur des bras aimés pour rejoindre la grande communauté humaine blessée ?

Ce texte est une offrande. Depestre, en poète qui a traversé les orages de l’Histoire, rappelle que la passion privée, si belle soit-elle, perd de son éclat lorsque le cri des opprimés emplit la nuit. Ce n’est pas un reniement de l’amour, mais un geste de fidélité à quelque chose de plus vaste que l’intime. L’homme de chair devient l’homme du monde. Le désir se mue en responsabilité. L’érotique s’efface devant l’éthique. Ce refus de se livrer à l’étreinte n’est pas un abandon, mais un engagement : celui de répondre à l’appel des autres, d’entendre le cri des humiliés, d’élever l’amour au rang d’une fraternité universelle.

Dans « La poétique du Jazz », je ne me suis pas contenté de chanter textuellement le poème. Je me suis laissé emporter par le souffle, l’âme et la sensibilité du poète, davantage que par ses mots eux-mêmes. Le texte m’a guidé vers une projection musicale qui ne cherche pas à répéter mais à prolonger. Le piano trace les contours mélancoliques du refus, la guitare installe une gravité acoustique, les inflexions blues et la résonance soul ouvrent l’espace à une ferveur vibrante. La musique épouse ses silences, souligne ses élans, amplifie la gravité de ses images. Le poème reste présent, non dans la stricte fidélité des vers, mais dans l’énergie qui les traverse et que j’ai voulu rendre audible.

Il est frappant de constater à quel point le parcours de René Depestre rend cette lecture évidente. Né en Haïti, exilé par la dictature, compagnon des révolutions et des espérances, il a traversé le siècle en homme debout. À cent ans, il incarne la fidélité à une parole poétique qui n’a jamais séparé la volupté du combat, l’érotisme de l’engagement, l’élan vital de la solidarité humaine. Sa poésie est une danse, mais une danse qui sait se transformer en marche, en cri, en résistance Face à la nuit.

Dans Je ne viendrai pas ce soir, l’être amoureux s’efface devant l’être collectif. L’étreinte se suspend pour laisser place à l’urgence d’une fraternité blessée. Et pourtant, loin d’opposer l’intime et le politique, Depestre les relie, car son refus est aussi une manière de dire que l’amour véritable ne peut s’épanouir que dans un monde libéré de ses chaînes.

Dire ou chanter Depestre aujourd’hui, c’est rappeler que l’art ne peut se suffire à lui-même. Qu’il ne s’agit pas de fuir dans la beauté pour ignorer les laideurs du monde, mais de faire de la beauté une arme et une consolation. Le jazz, avec ses syncopes et ses silences, ses élans et ses brisures, est pour moi le miroir de cette tension entre l’intime et le collectif. C’est un chant qui, à travers le refus d’une nuit d’amour, célèbre une nuit plus vaste : celle des luttes humaines, celle des douleurs partagées, celle des espérances qui attendent le matin.

Je ne viendrai pas ce soir n’est pas un texte d’amour différé. C’est un rappel que la poésie, comme la musique, nous oblige à sortir de nous-mêmes. Ce poème nous appelle à renoncer, parfois, à ce qui nous est le plus cher, pour répondre à ce qui nous est le plus nécessaire : la fidélité à l’humanité.

Et mon amour, si « je ne viendrai pas ce soir », c’est pour mieux revenir demain, chargé d’un amour plus vaste, d’un amour plus humain.


Pennsylvania 30 Août 2025.

Illustration: Portrait d’une femme (Saint Soleil) signé Levoy Exil.

Pas Ce Soir (La poétique du jazz) : https://youtu.be/3CPV0kJwAas?si=jvfPMsRUsdWRa6FR

Vers une « Force de répression des gangs » de l’ONU en Haïti: nouvelle requête des États-Unis

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Lors d’une réunion du Conseil de sécurité, l’ambassadrice américaine par intérim Dorothy Shea a annoncé 28 août 2025 que Washington, avec l’appui du Panama, soumettra une résolution visant à créer une « Force de répression des gangs » en Haïti. Cette initiative, qui pourrait redéfinir la mission multinationale déjà dirigée par le Kenya, survient alors que la violence armée continue de dévaster le pays et que la crise humanitaire atteint des niveaux critiques.

Les États-Unis ont proposé, jeudi, la création d’une nouvelle « Force de répression des gangs » sous mandat onusien pour contrer l’insécurité croissante en Haïti. L’annonce a été faite par l’ambassadrice américaine par intérim auprès de l’ONU, Dorothy Shea, qui a salué le rôle du Kenya à la tête de la mission multinationale de sécurité déployée depuis plus d’un an.

Mme Shea a précisé que, sans l’intervention kényane, « les gangs auraient été encore plus enhardis dans leurs ambitions et leurs atrocités contre les civils ». Elle a indiqué que Washington et Panama soumettront bientôt au Conseil de sécurité un projet de résolution prévoyant la mise en place de cette nouvelle force ainsi qu’un bureau d’appui logistique des Nations Unies, chargé de fournir drones, carburant et moyens de transport.

Selon un diplomate du Conseil, cette force pourrait en réalité correspondre à un renforcement et un changement de nom de l’actuelle mission kényane, dont les effectifs restent inférieurs à 1 000 hommes, loin des 2 500 prévus initialement. Le Kenya, accompagné de pays contributeurs comme la Jamaïque, le Salvador, le Belize et les Bahamas, verrait ainsi ses moyens logistiques accrus sous l’égide de l’ONU.

L’annonce intervient dans un contexte d’escalade des violences. Les gangs, lourdement armés, contrôlent désormais des zones entières au-delà de Port-au-Prince, forçant des milliers de familles à fuir. Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a alerté sur une situation « d’urgence vitale », évoquant l’effondrement de l’État, la paralysie des services essentiels et une crise humanitaire sans précédent : 1,3 million de déplacés, six millions de personnes nécessitant une aide et seulement 10 % des fonds humanitaires requis collectés à ce jour.

Parallèlement, d’autres initiatives émergent. Un rapport a révélé que Vectus Global, une entreprise de sécurité privée dirigée par Erik Prince, fondateur de la controversée Blackwater, prévoit de déployer 200 agents pour appuyer la lutte contre les gangs. De plus, un « Groupe permanent de partenaires », regroupant sept pays dont les États-Unis, le Canada et le Kenya, a été mis en place pour orienter la stratégie sécuritaire et mobiliser des financements supplémentaires.

« Les Haïtiens se trouvent dans une situation de souffrance extrême », a insisté M. Guterres, appelant les donateurs à agir rapidement pour éviter que 1,7 million de personnes ne soient privées d’assistance. Pendant ce temps, Washington exhorte la communauté internationale à partager la responsabilité et à soutenir cette nouvelle voie, présentée comme une chance pour restaurer la sécurité et la stabilité en Haïti.

La rédaction

Pluie de témoignages et d’hommages à l’endroit du chanteur Garry Didier Perez, décédé le jeudi 28 août

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L’ancien manager et co-fondateur de la formation musicale à succès Zenglen, Carl Henry Desmornes, devenue au fil des années Aty National, s’est dit choqué par la nouvelle du décès de l’artiste.

« Je l’ai connu personnellement et nous avons travaillé durant plusieurs années au sein de cette formation musicale. »

Se trouvant lui-même aux États-Unis pour des raisons de santé, Carl Henry Desmornes a toutefois estimé que Garry D. Perez aurait dû bénéficier d’un élan de solidarité de la part des travailleurs de l’industrie musicale.

Hélas ! Il a marqué son temps, a fait vibrer les gens de sa génération et a contribué au rehaussement de la musique haïtienne, marquée par différentes périodes, a-t-il insisté.

« Il ne devrait pas nous fausser compagnie aussi tôt. »

De son côté, le chanteur Hasencio Sévère, très connu dans le milieu sous le nom de Oky Jem’s, a déclaré que Garry Didier Perez reste à jamais l’une des voix les plus remarquables et les plus distinctes qu’ait connues l’industrie musicale haïtienne.

« Je salue son départ. » Il était surtout apprécié pour son look, sa corpulence et sa présence sur scène.

« Ce fut un véritable bête de scène. Il m’a beaucoup inspiré, bien qu’il n’était pas de ma génération, » a précisé Oky Jem’s.

Dans la foulée, Steeve Valcourt, qui a changé de registre depuis quelques années, a écrit sur sa page X : « Woukoukou Garry. »

« Nous te remercions infiniment, Frère, et nous en sommes reconnaissants. »

« Je suis en train de travailler sur l’un de ses tubes. Surprises ! Map fè yon cover, ce sera un hommage, une façon pour moi de saluer sa mémoire, » a poursuivi Steeve Valcourt, fils du feu Boulo Valcourt, une figure emblématique de la musique traditionnelle du terroir.

Par ailleurs, plusieurs soirées d’hommages sont prévues dans la diaspora haïtienne au Canada, en France, et à Montréal.

En Haïti, certains producteurs, promoteurs et autres acteurs culturels contactés nous ont confié que des activités sont sur le point d’être planifiées afin de rendre un hommage bien mérité au très talentueux Garry Didier Perez, qui vient d’effectuer à son tour un long voyage vers l’orient éternel.

Jacques Innocent

Trump met fin à la protection rapprochée de Kamala Harris

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Le président Donald Trump a révoqué, jeudi 28 août 2025, la protection assurée par le Secret Service à l’ancienne vice-présidente Kamala Harris, selon un mémorandum exécutif obtenu par ABC News. Cette décision met fin à une mesure exceptionnelle accordée par Joe Biden, qui avait prolongé la sécurité de Harris au-delà de la période prévue par la loi.

Le document signé par Trump a été adressé à la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem. Il stipule clairement : « Vous êtes par la présente autorisée à mettre un terme à toute procédure de sécurité précédemment autorisée par mémorandum exécutif, au-delà de celles exigées par la loi, pour l’individu suivant, à compter du 1er septembre 2025 : l’ancienne vice-présidente Kamala D. Harris. »

Conformément à la législation américaine, un ancien vice-président bénéficie d’une protection du Secret Service pendant six mois après avoir quitté ses fonctions. Cependant, l’ancien président Biden avait prolongé cette couverture d’une année supplémentaire, invoquant un climat politique tendu.

Cette révocation s’inscrit dans une série de décisions similaires. Depuis son retour à la Maison-Blanche, Trump a écourté plusieurs dispositifs de sécurité hérités de son prédécesseur, notamment ceux de l’ex-secrétaire à la Sécurité intérieure Alejandro Mayorkas, de certains membres de la famille Biden, de l’ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton et de l’ex-secrétaire d’État Mike Pompeo.

Dans un communiqué transmis à ABC News, Kristen Allen, conseillère principale de Kamala Harris, a déclaré :
« La vice-présidente exprime sa profonde gratitude envers le Secret Service pour leur professionnalisme, leur dévouement et leur engagement indéfectible en matière de sécurité. »

Cette décision de Trump risque d’alimenter les débats autour de la sécurité des anciens dirigeants américains dans un contexte de polarisation politique accrue.

Avec ABC News