Par Jean Wesley Pierre
Port-au-Prince, samedi 10 janvier 2026 —Une annonce majeure agite la sphère politique et institutionnelle haïtienne. Monseigneur Pierre André Dumas a informé l’opinion publique avoir été officiellement sollicité par une quinzaine de coalitions issues des secteurs politique, économique et de la société civile, ainsi que par plusieurs institutions internationales, en vue de conduire une médiation nationale d’envergure.
Selon les informations communiquées, cette initiative bénéficie également de l’appui d’organisations régionales et internationales telles que la Communauté des Caraïbes (CARICOM), l’Organisation des États américains (OEA) et le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH). L’objectif affiché est de favoriser un consensus politique permettant la mise en place d’une nouvelle gouvernance exécutive d’ici au 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), conformément à l’article 12.1 de l’Accord politique du 4 avril 2024.
Une médiation pour prévenir un vide institutionnel
Dans son message, Mgr Pierre André Dumas souligne l’urgence d’anticiper l’après-7 février afin d’éviter un vide institutionnel susceptible de plonger le pays dans une nouvelle phase d’instabilité politique et sécuritaire. Cette inquiétude est largement partagée au sein de la classe politique et de la société civile, dans un contexte marqué par l’insécurité persistante, la paralysie institutionnelle et une crise de gouvernance prolongée.
Malgré une période de convalescence, le prélat a accepté d’assumer cette mission délicate, estimant que l’intérêt supérieur de la nation commande un engagement responsable et inclusif. Figure respectée de l’Église catholique haïtienne, Mgr Dumas est connu pour ses prises de position en faveur du dialogue, de la paix sociale et du respect de la dignité humaine.
Démarches auprès du Conseil Présidentiel de Transition
Dans le cadre de cette initiative, Mgr Pierre André Dumas a adressé une correspondance officielle au président du Conseil Présidentiel de Transition, Son Excellence Monsieur Laurent Saint-Cyr. Il y sollicite une rencontre les 22 ou 23 janvier 2026, afin de présenter formellement la démarche de médiation et de recueillir la position officielle du (CPT) Conseil Présidentiel de Transition sur le processus envisagé.
Cette rencontre, si elle se concrétise, pourrait constituer une étape clé dans la définition des contours d’une transition politique post-CPT, alors que les interrogations demeurent nombreuses quant aux mécanismes de succession, à la légitimité des futurs dirigeants et à la participation effective des différents secteurs de la société.
Une initiative diversement accueillie
L’annonce de cette médiation a suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux et dans les cercles politiques. Certains y voient une opportunité de sortir de l’impasse actuelle par une solution consensuelle et pacifique, tandis que d’autres expriment des réserves quant à la capacité réelle des acteurs politiques à s’accorder sur un projet commun, au-delà des intérêts partisans.
Les observateurs notent toutefois que l’implication conjointe de secteurs nationaux et d’institutions internationales pourrait renforcer la crédibilité du processus, à condition que celui-ci demeure transparent, inclusif et respectueux de la souveraineté nationale.
Un moment décisif pour la transition
À moins d’un mois de l’échéance du 7 février 2026, cette initiative de médiation intervient à un moment charnière pour Haïti. L’issue des discussions à venir pourrait déterminer la capacité du pays à éviter une nouvelle rupture institutionnelle et à poser les bases d’une gouvernance plus stable.
Les prochains jours seront déterminants pour évaluer la volonté réelle des acteurs concernés de privilégier le dialogue et l’intérêt général dans un contexte national particulièrement fragile.
Jean Wesley Pierre/ Le Relief


