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La réponse du gouvernement face à un tableau alarmant du commerce des eaux traitées et conditionnées dans la région métropolitaine

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, le 21 février 2026.- Face aux résultats alarmants d’une étude sur la qualité de l’eau consommée dans la région métropolitaine, le Ministère du Commerce et de l’Industrie a réuni ce vendredi 20 février 2026, à l’hôtel Montana, l’ensemble des acteurs institutionnels pour dégager une réponse commune et renforcer la protection des consommateurs.

Une concertation interinstitutionnelle inédite

La concertation institutionnelle de ce vendredi, à l’hôtel Montana, à Pétion-Ville, où le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI), via le Projet de Modernisation et de Dynamisation du Service d’Inspection de la Direction du Contrôle de la Qualité et de la Protection du Consommateur (DCQPC), a organisé un atelier de concertation interinstitutionnelle consacré aux résultats préoccupants d’une étude sur la qualité de l’eau consommée dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

La rencontre visait à dégager une position commune et à formuler des recommandations à soumettre au Conseil de gouvernement, signe que la question dépasse désormais le simple cadre technique pour s’inscrire dans une urgence sanitaire et commerciale.

L’atelier s’est tenu en présence du Ministre du Commerce et de l’Industrie, M. James Monazard, du Ministre des Travaux publics, Transports et Communications, M. Raphaël Hosty, ainsi que du Directeur Général du MCI, M. Panel Paulémont. Des représentants du Ministère de la Santé Publique et de la Population (MSPP), du Ministère de l’Environnement (MDE) et de la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) ont également pris part aux échanges, illustrant la volonté d’une approche transversale.

Des résultats alarmants qui appellent une réponse urgente

Présentés initialement le 30 janvier dernier, les résultats de l’étude réalisée par la DCQPC entre août 2025 et janvier 2026 dressent un tableau alarmant du commerce des eaux traitées et conditionnées dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et ses environs. Si le détail des analyses n’a pas été rendu public lors de cette rencontre, la mobilisation des plus hautes autorités suggère des manquements graves susceptibles de menacer la santé des consommateurs.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté affichée de renforcer la surveillance sanitaire, d’améliorer l’encadrement du secteur des eaux conditionnées et d’assurer une meilleure protection des consommateurs. Elle traduit une prise de conscience institutionnelle face à un secteur jusqu’ici insuffisamment régulé, où le commerce de l’eau, souvent informel, échappe aux contrôles élémentaires.

Vers une régulation renforcée

Dans cette perspective, le Ministre James Monazard a annoncé qu’une circulaire d’information sera publiée sous peu afin de rendre publiques les décisions arrêtées par les institutions participantes. Cette communication officielle devrait préciser les mesures concrètes que les autorités entendent mettre en œuvre pour assainir le secteur.

Au-delà des enjeux commerciaux et sanitaires, cette initiative du MCI inscrit désormais la question de la qualité de l’eau parmi les priorités gouvernementales. Elle traduit la volonté des autorités de renforcer la régulation d’un secteur sensible et de rassurer la population, dans un contexte où l’accès à une eau potable sûre demeure un enjeu fondamental pour le bien-être collectif.

Reste à savoir si cette mobilisation interinstitutionnelle débouchera sur des actions concrètes sur le terrain, alors que des milliers de consommateurs de la région métropolitaine dépendent quotidiennement de ces eaux conditionnées pour leurs besoins essentiels.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Entrepreneuriat féminin :vers la réalisation d’une foire régionale stratégique dans le Grand Sud

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, 21 février 2026.-?Le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) a franchi une nouvelle étape dans sa politique de promotion de l’entrepreneuriat féminin en organisant, ce jeudi 19 février 2026 à l’Hôtel Montana, une séance de travail consacrée aux préparatifs de la foire régionale de l’entrepreneuriat féminin prévue les 7 et 8 mars dans la région du Grand Sud.

Une initiative placée sous le signe de la vision prospective

Cette rencontre, orchestrée par le Programme d’Appui à l’Entrepreneuriat Féminin (PAEF), s’inscrit dans la volonté affirmée du Ministre James Monazard de promouvoir l’autonomisation économique des femmes et de renforcer leur contribution au développement national.

Dans son discours d’ouverture, le Ministre du Commerce et de l’Industrie a clairement positionné cette initiative dans une perspective de long terme.

« Nous sommes en train de préparer le futur d’Haïti. Les femmes constituent les piliers de l’économie haïtienne », a-t-il déclaré,

rappelant au passage que la première cohorte du programme PAEF compte déjà quarante bénéficiaires.

Pour James Monazard, cette manifestation illustre d’ores et déjà l’engagement concret de l’État en faveur de l’entrepreneuriat féminin. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer la synergie entre les partenaires nationaux et internationaux afin de valoriser les potentialités économiques existantes dans le pays.

Un accompagnement institutionnel renforcé

Prenant la parole à l’issue de cette assise, le Directeur général du MCI, Monsieur Panel Paulemont, a souligné que cette activité s’inscrit pleinement dans la politique du Ministère visant à promouvoir la participation des femmes dans le secteur commercial et entrepreneurial.

Selon lui, la foire régionale de l’entrepreneuriat féminin constitue une étape déterminante dans la construction d’un environnement favorable au développement des entreprises féminines, particulièrement dans la région du Grand Sud, reconnue pour ses ressources et son fort potentiel économique.

Le numéro deux du ministère a précisé que cet événement offrira aux femmes entrepreneures une opportunité concrète de présenter leurs produits, de développer leurs réseaux professionnels et d’accéder à de nouvelles opportunités économiques. Il a également insisté sur la nécessité de renforcer l’accompagnement institutionnel à travers la formalisation des entreprises, le renforcement des capacités, la formation sur l’entrepreneuriat et l’intégration progressive des femmes du secteur informel dans l’économie formelle.

Le rôle central des femmes réaffirmé

De son côté, la Coordonnatrice du programme PAEF, Madame Mona Lisa Dunbar, a rappelé avec force le rôle fondamental des femmes dans l’économie nationale. « Fanm se poto mitan nan peyi a », a-t-elle affirmé, une formule qui résonne comme un constat autant qu’un engagement.

Elle a précisé que le programme vise à promouvoir l’éducation entrepreneuriale, à structurer les activités commerciales informelles et à mettre en place un système d’accompagnement durable à l’échelle nationale. À ce titre, le PAEF prévoit de renforcer les capacités de plus de cinq cents femmes à travers des formations, des appuis techniques et des opportunités de financement, avec le soutien de partenaires tels que le FDI.

Des perspectives prometteuses pour le Grand Sud

Prévue les 7 et 8 mars dans le Grand Sud, cette foire régionale se positionne comme une initiative stratégique visant à renforcer la participation active des femmes au développement économique régional. L’événement comprendra des stands d’exposition, des panels de discussion, des espaces de promotion commerciale ainsi que des activités de réseautage.

Au-delà de l’événement lui-même, c’est toute une politique de formalisation et de structuration du tissu entrepreneurial féminin que le Ministère du Commerce entend poursuivre, reconnaissant enfin à leur juste mesure ces « piliers de l’économie haïtienne » trop longtemps restés dans l’ombre.

Jean Wesley Pierre/ Le Relief

Haïti : Effondrement des droits sociaux, le réquisitoire accablant de l’OIT

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, le vendredi 20 février 2026 —Le Rapport 2026 de la Commission d’experts de l’Organisation internationale du Travail (OIT) classe officiellement Haïti parmi les États en « défaut grave de soumission », révélant l’ampleur de la crise qui paralyse la gouvernance sociale du pays.

Une rupture de dialogue avec l’institution internationale

Seize rapports sont actuellement attendus par l’OIT, certains remontant à plus d’une décennie. Haïti n’a pas transmis ses rapports à la Commission depuis cinq à six années consécutives, violant ainsi l’article 19 de la Constitution de l’OIT qui impose aux États membres de rendre compte régulièrement de l’application des conventions ratifiées.

Cette carence, qui s’étend sur plus d’une décennie, place le pays dans une situation d’isolement institutionnel. L’absence persistante de rapports gouvernementaux empêche tout examen contradictoire, contraignant la Commission à renouveler ses commentaires antérieurs sans pouvoir évaluer l’évolution réelle de la situation.

Libertés syndicales : un droit fondamental en berne

Concernant la Convention n°87 sur la liberté syndicale, ratifiée en 1979, la Commission prend acte des observations de la Confédération syndicale internationale (CSI) et de la Confédération des travailleurs du secteur public et privé (CTSP). Ces organisations dénoncent une détérioration continue des droits humains et des libertés civiles dans le pays.

La crise sécuritaire et institutionnelle compromet concrètement l’exercice des droits syndicaux, déjà fragilisés par un environnement marqué par la violence et l’instabilité.

La Convention n°98 sur le droit d’organisation et de négociation collective, ratifiée en 1957, n’est pas mieux lotie. Le rapport du gouvernement est attendu depuis 2014. Des allégations graves persistent, particulièrement dans le secteur textile, concernant des licenciements antisyndicaux. La Commission souligne l’insuffisance des protections contre la discrimination antisyndicale.

Travail des enfants : la persistance du phénomène « restavèk »

En matière de lutte contre les pires formes de travail des enfants, au titre de la Convention n°182 ratifiée en 2007, l’absence de rapport depuis 2011 renforce les préoccupations. Malgré l’adoption de la loi de 2014 sur la traite des personnes, les informations disponibles font état d’enquêtes et de poursuites limitées.

La pratique du travail domestique forcé des enfants, communément appelée « restavèk », demeure profondément ancrée. Bien que la législation de 2003 interdise certaines formes d’abus, elle ne prévoit pas de sanctions pénales suffisantes. La Commission insiste sur la nécessité de réviser ces dispositions.

Par ailleurs, le contexte sécuritaire favorise l’utilisation croissante d’enfants par des organisations criminelles. Bien que le Code pénal de 2020 incrimine l’incitation de mineurs à commettre des infractions, la mise en œuvre concrète de ces dispositions reste insuffisamment documentée.

L’accès à l’éducation constitue un autre défi structurel : la prédominance du secteur privé dans l’offre scolaire et les taux élevés d’abandon compromettent la prévention durable du travail des enfants.

Inspection du travail et protection sociale : des systèmes défaillants

La Commission relève une détérioration préoccupante du système d’inspection du travail au regard de la Convention n°81. Les organisations syndicales signalent un affaiblissement institutionnel, l’absence de statut clair pour les inspecteurs et une capacité d’intervention limitée. L’absence de rapport gouvernemental depuis 2021 empêche toute évaluation actualisée.

En matière de sécurité sociale, la Commission constate que la couverture demeure essentiellement limitée à l’économie formelle, excluant la majorité des travailleurs. Les dysfonctionnements allégués dans la gestion de l’OFATMA, ainsi que les retards de paiement des indemnités, soulèvent des interrogations quant à la responsabilité de l’État.

La dimension régionale et les perspectives

Le rapport met également en lumière la situation des travailleurs haïtiens migrants, notamment aux Bahamas, où la Commission appelle à des mesures contre les discriminations dont ils feraient l’objet.

L’accumulation de rapports non soumis et l’absence de dialogue régulier avec l’OIT exposent Haïti à un risque juridique et réputationnel croissant. Pourtant, l’offre réitérée d’assistance technique par l’Organisation constitue encore un levier potentiel de redressement. La restauration de la crédibilité internationale d’Haïti suppose désormais une réponse institutionnelle coordonnée, fondée sur la transparence et la relance du dialogue social.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

𝟏𝟖𝟎𝟒-𝟏𝟗𝟓𝟕 : 𝐋𝐀 𝐏𝐑𝐄𝐒𝐒𝐄 𝐇𝐀𝐈̈𝐓𝐈𝐄𝐍𝐍𝐄, 𝐋’𝐈𝐍𝐂𝐀𝐑𝐍𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐍𝐀𝐓𝐈𝐎𝐍.

𝑃𝑎𝑟 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠

Après 1804, Haïti a acquis un territoire souverain et a rompu avec l’ordre colonial. Pourtant, l’État reste à organiser. L’indépendance n’a pas immédiatement produit une architecture institutionnelle stabilisée. Les premières décennies ont été marquées par des rivalités de pouvoir, des tensions entre centre et provinces, entre autorité militaire et organisation civile.

La question qui traverse le XIXe siècle demeure simple. Qui parle au nom de la nation. Le chef militaire victorieux. Le président proclamé. L’élite lettrée urbaine. Les provinces. Cette interrogation structure les conflits politiques et oriente la production journalistique.

Les premiers journaux apparaissent comme des instruments de légitimation. Le Télégraphe, Le Moniteur Haïtien, L’Union, La République, puis Le Nouvelliste fondé en 1898 ont constitué des espaces où se sont formulés des projets de pouvoir. Publier signifie défendre une conception de l’autorité. Lire un journal revient à identifier la vision politique qu’il soutient.

Dès son origine, la presse haïtienne occupe un espace stratégique. Elle sert de lieu où se disputent la légitimité et la représentation du pays. Elle participe à la mise en forme publique des affrontements institutionnels. Les éditoriaux tiennent lieu de tribune nationale dans une société où les institutions parlementaires restent fragiles.

Cette dynamique a pris une dimension particulière durant l’occupation américaine de 1915 à 1934. L’intervention étrangère a modifié les équilibres internes et a relancé le débat sur la souveraineté. Les discussions sur la modernisation administrative, la centralisation de l’État et l’identité nationale ont trouvé dans la presse un espace d’élaboration.

La Presse, Le Matin, Haïti-Journal ont accueilli ces échanges. Des revues telles que La Revue Indigène et La Nouvelle Ronde ont approfondi la réflexion sur la culture et la nation. Intellectuels et juristes y ont construit un discours sur l’identité haïtienne face à l’autorité étrangère.

L’écrit a assumé alors une responsabilité civique importante. Il s’agissait de préciser le sens de l’appartenance nationale dans un contexte où la décision politique échappait partiellement aux acteurs locaux. Ainsi, la presse a contribué à structurer un langage commun pour penser l’État et la souveraineté.

Au début du XXe siècle, la diffusion reste principalement urbaine et lettrée. Toutefois, l’influence symbolique dépasse le nombre de lecteurs. Les articles circulent, sont discutés dans les cercles politiques et intellectuels et orientent les débats publics.

La presse joue également un rôle pédagogique. Elle commente les constitutions, explique les lois, discute les projets de réforme administrative. Elle offre un cadre où les conflits peuvent être formulés par écrit plutôt que tranchés exclusivement par la force.

Entre 1804 et 1957, la presse a accompagné la formation de l’État tout en contribuant à la construction symbolique de la nation. Elle a façonné un espace public où se sont négociés les projets d’autorité et les visions du futur collectif.

Cette période établit une constante. En Haïti, l’espace médiatique constitue un lieu structurant de la vie nationale. Sa forme évolue selon les contextes politiques, mais sa place dans la représentation du pays demeure.

𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠

18 février 2026 – Note de presse de la famille de Jean Léopold Dominique

L’intégrité n’a pas de prix

Jean Leopold Dominique, JanDo disait souvent
« On a tout essayé…nous enfoncer, nous noyer…
On peut encore essayer…de nous mitrailler…de nous calomnier…
de nous séduire, de nous acheter… »

Ils ont, en effet tout tenté :

  • les menaces pour le réduire au silence,
  • l’exil pour l’arracher de sa terre,
  • le cribler de balles pour le détruire.
    Aujourd’hui, ils tentent de lui refuser jusqu’au repos éternel.

La famille de Jean Leopold Dominique s’insurge contre les tentatives malveillantes de s’approprier son nom pour servir des intérêts que son micro a dénoncés sans relâche. Certains pensent que la vérité se réinvente, que l’intégrité se négocie. À ces “apprentis-Machiavel » du cynisme et du mensonge, la famille de Jean Léopold Dominique oppose la grandeur et la transparence de son combat.

Jean Leopold Dominique n’était pas à vendre.
Sa mémoire n’est pas à vendre.
Son pays n’est pas à vendre.

Chacun a sa place dans l’Histoire, celle forgée par ses convictions et son combat, souvent au prix de son sang.
JanDo a été assassiné il y a 26 ans parce qu’il s’est fermement opposé à tous les régimes dictatoriaux et à toutes les formes de corruption.

Certains tentent encore d’utiliser son nom pour servir leurs basses besognes. Sa famille invite le peuple haïtien à écouter l’homme lui-même. Ceux qui veulent faire oublier le pillage éhonté des caisses de l’État, la répression du droit à la parole et aux libertés citoyennes sont désormais démasqués. Ses éditoriaux, accessibles à tous sur le site de l’Université Duke, témoignent de la clarté d’une pensée qui n’a jamais plié devant personne.

La voix de JanDo n’est pas un souvenir, c’est une boussole.
Décidément on aura tout essayé, jusque dans l’éternité.

Pacte national pour la stabilité : un consensus politique pour légitimer le pouvoir

Par Jean Wesley Pierre

Pétion-Ville, ce samedi 21 février 2026.- Une mobilisation politique d’envergure s’est déroulé ce samedi, à l’hôtel Ritz Kinam 2, où beaucoup de partis et organisations politiques ont apposées leur signature au bas du « Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections ». Les principales forces du pays, de Fanmi Lavalas au PHTK en passant par le Congrès Patriotique, répondent massivement à l’appel.

Un rassemblement historique des forces politiques

Les partis et organisations défilent depuis ce matin dans l’enceinte de l’hôtel Ritz Kinam 2 pour officialiser leur adhésion au document. Fanmi Lavalas, le PHTK, le Congrès Patriotique, EDE, ASE, l’Espace de Réflexion 21 Décembre, ainsi que de nombreuses autres formations politiques ont déjà rejoint l’initiative. L’un des dirigeants politiques, Claude Joseph, ancien premier ministre, a confirmé à la rédaction du quotidien la Gazette que son parti a déjà signé, témoignant de l’ampleur du rassemblement en cours.

Ce pacte intervient dans un contexte institutionnel marqué par la transition amorcée le 7 février 2026, date à laquelle le Coordonnateur du Conseil Présidentiel de Transition, Laurent Saint-Cyr a transféré la gestion du pouvoir exécutif au Conseil des Ministres présidé par le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé.

Un cadre juridique exhaustif

Le document de trente articles s’appuie sur un cadre juridique : la Constitution, les décrets territoriaux de 2015, 2020 et 2021, l’Accord du 21 décembre 2022, le Consensus de la Jamaïque du 11 mars 2024 ayant conduit à la création du CPT, les décrets des 10 avril et 23 mai 2024 portant création et organisation du Conseil Présidentiel de Transition, la résolution 2793 (2025) du Conseil de Sécurité relative à la formation de la Force de Répression des Gangs (FRG), le décret électoral du 1er décembre 2025, et la résolution 2814 (2025) prorogeant le mandat du BINUH.

Les engagements du gouvernement intérimaire

Le pacte confie au gouvernement dirigé par Alix Didier Fils-Aimé une mission claire articulée autour de plusieurs axes prioritaires. Sur le plan sécuritaire, il s’agit de renforcer les capacités opérationnelles de la ( PNH ) Police nationale d’Haïti et des ( FAd’H ) Forces Armées d’Haïti pour garantir la libre circulation sur l’ensemble du territoire, contrôler l’espace maritime et aérien, et sécuriser tous les axes routiers. Le gouvernement devra également définir le protocole de coopération entre les forces nationales et la ( FRG ) Focre de répression des gangs dans le cadre de la résolution 2793 (2025).

En matière électorale, l’objectif est de créer un environnement sûr propice au déroulement des scrutins, avec le renforcement de du Conseil électoral provisoire selon des standards internationaux : fiabilité du registre électoral par l’ONI, logistique compatible avec les nouvelles divisions administratives, procédures transparentes, et utilisation des technologies numériques pour publier des résultats partiels quelques heures après la fermeture des bureaux. L’intégration des Haïtiens vivant à l’étranger sur le registre électoral est également prévue.

Le volet social n’est pas en reste, avec des programmes axés sur la réinsertion sociale dans les quartiers précaires, la réparation pour les victimes et les déplacés internes, la création d’emplois productifs pour les jeunes, et la réhabilitation des infrastructures productives en milieu rural.

Des dispositions structurantes

Le pacte prévoit également la possibilité de changements constitutionnels limités, soumis à ratification populaire lors du premier tour des prochaines élections. Un Comité Consultatif, composé de personnalités désignées par les secteurs signataires (politique, syndical, privé, société civile), sera chargé d’accompagner la mise en œuvre du pacte et de veiller à la création des conditions nécessaires à l’organisation d’élections transparentes.

Les membres du gouvernement et hauts fonctionnaires souhaitant se présenter aux élections devront démissionner dans un délai d’un mois suivant la signature du pacte, tandis que les agents exécutifs intérimaires candidats devront quitter leurs fonctions deux mois avant la période d’inscription des candidats.

Une adhésion massive qui interroge

Cette mobilisation sans précédent des principales forces politiques, de Fanmi Lavalas à l’Espace de Réflexion 21 Décembre en passant par le PHTK et l’EDE, constitue un signal fort adressé à la nation et à la communauté internationale. Elle témoigne d’une prise de conscience collective face à l’urgence de sortir le pays de l’ornière institutionnelle selon plusieurs analystes.

Reste désormais à savoir si cette adhésion formelle se traduira par une application rigoureuse des trente articles du document. Le pacte prévoit que tout manquement aux principes de neutralité et d’impartialité expose le contrevenant à des sanctions édictées par le Conseil des Ministres. Mais au-delà des mécanismes de suivi, c’est la volonté politique des signataires qui sera déterminante.

Le pouvoir exécutif constitué sur la base de ce pacte restera en fonction jusqu’à l’installation des élus légitimes issus des élections organisées selon le calendrier établi par le CEP. Un calendrier qui devra désormais s’inscrire dans la feuille de route que le gouvernement élaborera en concertation avec le Comité Consultatif.

Alors que les signatures continuent d’affluer ce samedi à l’hôtel Ritz Kinam 2, Haïti retient son souffle : ce large consensus politique saura-t-il enfin créer les conditions d’une sortie de crise durable, ou restera-t-il un énième accord sans lendemain ? La réponse réside dans la capacité des signataires à transformer cet engagement écrit en actes concrets sur le terrain.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Haïti entre migrations et déplacés internes : quelles politiques publiques face à l’urgence humanitaire ?

Par Gesly Sinvilier

Invité de l’émission Le Point, animée par Wendell Théodore, le Dr Jean-Marc Dargout, médecin spécialisé en santé publique, coopération internationale et nutrition d’urgence, a dressé un constat lucide et sans détour de la crise multidimensionnelle que traverse Haïti. Au cœur des échanges : la migration croissante, les déplacements internes massifs et l’impératif de repenser les politiques publiques dans un contexte humanitaire durablement fragilisé.

La situation actuelle s’inscrit dans une crise complexe, où l’insécurité chronique alimente les déplacements forcés de milliers de familles, accentue la précarité alimentaire et érode progressivement l’espoir collectif. Les quartiers se vident sous la pression des groupes armés, les camps de fortune se multiplient, et la migration devient pour beaucoup la seule perspective d’avenir. Ce phénomène n’est pas uniquement humanitaire ; il est profondément politique, économique et institutionnel.

Pour le Dr Dargout, sortir du cycle de violence ne sera ni rapide ni simple. Cette réalité oblige, selon lui, le pays à composer avec une dépendance accrue à l’aide internationale. Une dépendance qui, paradoxalement, complique la reconstruction des institutions nationales capables d’assurer sécurité, services publics et développement. La souveraineté, dans ce contexte, ne peut être un slogan : elle suppose des institutions fonctionnelles, une gouvernance responsable et une vision stratégique claire.
Haïti demeure toutefois un pays à forte portée géopolitique et géostratégique. Située au carrefour des Amériques, son instabilité n’est jamais sans conséquences régionales. Le Dr Dargout rappelle également que l’histoire haïtienne est marquée par des exploits majeurs et une contribution significative aux luttes pour la liberté. Cette mémoire collective, loin d’être nostalgique, doit servir de levier pour reconstruire une conscience nationale forte et confiante.

L’un des messages les plus marquants de son intervention s’adresse à la jeunesse. Malgré l’insécurité, la pauvreté et la perte de repères, il appelle les jeunes Haïtiens à ne pas céder au désespoir. La reconstruction du pays passera nécessairement par une génération capable de conjuguer compétence, intégrité et engagement citoyen.

Sur le terrain politique, le Dr Dargout reconnaît que la politique est, par essence, un espace de compromis. Toutefois, tous les compromis ne se valent pas. Certains peuvent s’avérer inacceptables ou contre-productifs pour l’intérêt général. Il insiste sur la nécessité de bâtir des bases institutionnelles solides, capables d’empêcher l’émergence de dynamiques néfastes. Il critique notamment certaines décisions de gouvernance, comme la mise en place d’un Conseil à neuf membres dont l’inefficacité était prévisible. Pour lui, la responsabilité politique exige lucidité et cohérence.

Au-delà du diagnostic, plusieurs pistes de solutions émergent. La première est l’unité nationale. Sans entente minimale entre les acteurs politiques, économiques et sociaux, aucune politique publique cohérente ne pourra être mise en œuvre. La deuxième concerne la lutte contre les inégalités sociales et économiques, qui alimentent les frustrations et fragilisent le tissu social. Enfin, l’État doit impérativement élaborer un plan structuré à court, moyen et long terme. Les citoyens ont besoin de perspectives concrètes : sécurité, accès à l’éducation, santé, emploi et sécurité alimentaire.

La souveraineté alimentaire apparaît également comme un pilier fondamental. Réduire la dépendance aux importations, relancer la production nationale et valoriser les ressources locales constituent des étapes essentielles vers une autonomie réelle. Mais au-delà des politiques économiques, il s’agit aussi d’un projet identitaire : reconnaître ce que nous sommes en tant que peuple, cultiver des valeurs de responsabilité, d’éthique et de solidarité, et promouvoir des dirigeants capables d’incarner cette vision.

La crise migratoire et les déplacements internes ne sont pas des phénomènes isolés. Ils sont les symptômes visibles d’un malaise structurel plus profond. Y répondre exige une approche holistique, articulée autour de la sécurité, de la gouvernance, du développement économique et de la reconstruction du lien social.
En définitive, le débat soulevé met en lumière une vérité essentielle : l’urgence humanitaire ne peut être dissociée d’une réforme en profondeur de l’État et d’un sursaut collectif. Haïti ne pourra inverser la tendance qu’en conjuguant assistance immédiate et transformation structurelle, dépendance assumée à court terme et reconquête progressive de sa souveraineté.

Gesly Sinvilier / Le Relief

Haïti: l’ex-DG a.i. de la PNH, Rameau Normil, fait objet d’un mandat de comparution

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PORT-AU-PRINCE.— L’ancien Directeur général a.i. de la Police nationale d’Haïti (PNH), Rameau Normil, est désormais sous le coup d’un mandat de comparution émis par la justice haïtienne. Il est sommé de se présenter le 2 mars 2026 devant le juge d’instruction Walter Wesser Voltaire afin de répondre à de lourdes accusations.

Selon une source judiciaire proche du dossier, l’ex-chef intérimaire de l’institution policière devra s’expliquer sur des faits présumés d’association de malfaiteurs, de disparition d’armes et de vente illégale de cartouches appartenant à la PNH à des gangs armés opérant à travers le pays. Des allégations particulièrement sensibles dans un contexte où la circulation illicite d’armes alimente l’insécurité chronique.

Le magistrat instructeur aurait décidé de décerner ce mandat après que M. Normil a décliné, le 3 février dernier, une première convocation devant la Chambre d’instruction criminelle. Cette absence aurait été interprétée par le juge comme un refus de coopérer avec l’enquête en cours, accélérant ainsi la procédure judiciaire.

Cette affaire intervient dans un climat sécuritaire alarmant. La prolifération des armes et la montée en puissance des groupes armés continuent d’éroder l’autorité de l’État et de fragiliser les institutions régaliennes. La convocation de l’ancien numéro un a.i. de la police nationale soulève des interrogations majeures sur la gestion des stocks d’armes et de munitions au sein même de l’appareil sécuritaire.

Par ailleurs, Philippe Jovin, ancien responsable de la Direction centrale administrative des services généraux, également cité dans ce dossier, est attendu devant la justice le 23 février prochain. D’après des sources concordantes, il aurait sollicité un report de sa comparution auprès du juge instructeur.

À ce stade, aucune mise en accusation formelle n’a été rendue publique. Les auditions prévues dans les prochaines semaines devraient permettre à la justice de préciser les responsabilités éventuelles dans ce dossier aux implications potentiellement lourdes pour la hiérarchie policière et pour l’État haïtien dans son ensemble.

Jean Mapou / Le relief

Journée mondiale de la justice sociale: l’Organisation Kay Jèn appelle à un sursaut national

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Par Jean Mapou

PORT-AU-PRINCE.— À l’occasion de la Journée mondiale de la justice sociale, célébrée chaque 20 février sous l’égide des Nations Unies, l’Organisation Kay Jèn a publié une note de presse dans laquelle elle réaffirme son engagement en faveur d’une Haïti plus juste, plus équitable et plus solidaire.

Dans un contexte marqué par une crise multidimensionnelle, l’organisation dresse un constat alarmant: 51 % de la population haïtienne vivrait en situation d’insécurité alimentaire aiguë. «Les familles ont faim. Les jeunes n’ont ni emploi ni avenir. Les quartiers populaires et les zones rurales sont abandonnés», souligne le document, qui dénonce également un accès inégal à l’éducation, aux soins de santé, au logement et au crédit, qualifié de privilège réservé à une minorité.

Pour Kay Jèn, cette réalité n’est pas une fatalité, mais le résultat de « choix politiques injustes » et d’un système socioéconomique excluant les plus vulnérables. L’organisation estime que l’insécurité persistante, la montée des gangs, l’instabilité politique et la perte de contrôle de certains territoires constituent les conséquences directes de cette injustice sociale structurelle.

Face à cette situation, l’organisation appelle les autorités nationales, les acteurs économiques ainsi que les partenaires techniques et financiers à faire de l’égalité des chances une priorité nationale. Elle exige notamment:
Une éducation gratuite et accessible à tous;
Une lutte réelle et sans compromis contre la corruption;
Des politiques économiques créatrices d’emplois pour les jeunes;
Des investissements soutenus dans l’agriculture et les petites et moyennes entreprises;
Un accès équitable aux soins de santé et à un logement décent.

«La justice sociale est une question de dignité. Elle constitue un pilier essentiel du développement durable et de la stabilité nationale», rappelle l’organisation, estimant qu’une action concertée et responsable s’impose pour construire une société plus inclusive.

Signée par Tchenzen Telusma, responsable Insertion de l’Organisation Kay Jèn, la note se conclut par un appel pressant: «Le temps d’agir, c’est maintenant».

Jean Mapou / Le Relief

Vacance du pouvoir en Haïti : l’illusion de l’article 149 et l’urgence d’un consentement national

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Le 7 février 2026 marque l’échéance d’une expérience politique qui n’a ni tenu ses promesses ni répondu aux attentes d’un peuple épuisé. Arrivé au terme de sa mission non remplie, le Conseil présidentiel de transition quitte la scène après avoir lui-même remercié le Premier ministre par un vote majoritaire, dans un climat de confusion et de rivalités internes. Loin d’avoir stabilisé le pays, cette transition laisse derrière elle un paysage institutionnel plus fragmenté encore que celui qu’elle prétendait réparer.

Comme trop souvent, la classe politique haïtienne s’est révélée incapable de dépasser ses intérêts immédiats pour construire un projet national cohérent. Incapables de s’entendre sur une sortie ordonnée de crise, les acteurs politiques ont choisi la fuite en avant. Pour éviter un effondrement administratif total, le gouvernement démissionnaire reste chargé de liquider les affaires courantes, solution précaire qui ne saurait tenir lieu de vision d’avenir.

Après le départ du scandaleux CPT , le pays s’enfonce davantage dans un chaos aux multiples visages. Les propositions de sortie de crise se multiplient sans jamais converger, formant un kaléidoscope politique où chaque groupe défend sa lecture intéressée de la Constitution au profit de ses intérêts mesquins. Parmi ces propositions figure l’invocation de l’article 149 de la Constitution de 1987 amendée le 9 mai 2011. Présentée par certains comme une solution légale, elle apparaît pour d’autres comme une manœuvre dangereuse.

Depuis le 20 juillet 2021, la nation haïtienne vit en réalité dans une zone grise, éloignée des principes constitutionnels qu’elle proclame. La gouvernance du pays repose davantage sur des arrangements politiques négociés sous l’œil vigilant de diplomates étrangers que sur des mécanismes institutionnels réguliers. Cette dépendance chronique volontaire affaiblit la souveraineté nationale et banalise l’exception comme mode de gouvernement.

Dans ce contexte, brandir aujourd’hui l’article 149 relève moins d’un souci de légalité que d’un calcul politique. Cette interprétation vise implicitement à piéger le Premier ministre Didier Alix Fils-Aimé dans une équation institutionnelle insoluble. Or, les faits sont têtus : le 7 février 2026 ne correspond à aucun des cas explicitement prévus par cet article.

Il ne s’agit ni d’une démission présidentielle, ni d’un décès, ni d’une destitution, ni d’une incapacité permanente dûment constatée. Il s’agit simplement de la fin du mandat des conseillers-présidents selon l’accord politique du 3 avril. Forcer l’application de l’article 149 dans ces conditions reviendrait à créer un précédent d’interprétation opportuniste de la Constitution.

La crise actuelle est plutôt celle d’une vacance institutionnelle née de l’échec cumulatif des transitions récentes de l’administration de Ariel Henry à celles conduites par Garry Conille et Didier Alix Fils-Aimé. En l’absence d’une Assemblée nationale fonctionnelle, la responsabilité historique incombe désormais aux forces vives du pays : partis politiques, organisations de la société civile, secteurs économiques et intellectuels. Leur devoir n’est pas de manipuler les textes, mais de forger un consensus minimal pour établir un gouvernement provisoire de courte durée, doté d’un mandat clair et limité : rétablir la sécurité institutionnelle et organiser des élections générales crédibles.

Haïti ne peut plus se permettre des transitions sans boussole ni des acrobaties juridiques dictées par des intérêts de circonstance. L’heure n’est plus aux artifices constitutionnels, mais à un sursaut collectif. Ou la classe dirigeante choisit enfin la voie du courage politique et du compromis national, ou elle portera la responsabilité historique d’un nouvel enlisement.

Pierre Josué Agénor Cadet