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Israël – Hamas : Enfin, la paix au Moyen-Orient ?

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Par Jean Wesley Pierre

Sous un soleil aveuglant et des applaudissements soigneusement orchestrés, le président américain, Donald Trump a proclamé, lundi 13 octobre, un « jour formidable pour le Moyen-Orient ». Trump, revenu au cœur de la diplomatie régionale, a cosigné une déclaration censée garantir la fin de la guerre à Gaza, après deux années d’affrontements meurtriers entre Israël et le Hamas.

Quelques heures plus tôt, à Jérusalem, devant la Knesset, parlement israélien, il avait déjà planté le décor d’une victoire historique : « Ce n’est pas seulement la fin d’une guerre, c’est la fin d’une ère de terreur et de mort », a-t-il martelé. Pour l’ancien magnat de l’immobilier devenu président, ce cessez-le-feu marque « le début d’un âge d’or pour Israël et le Moyen-Orient ».

Au quatrième jour d’une trêve fragile, le Hamas a libéré les vingt derniers otages encore en vie, capturés lors de l’attaque du 7 octobre 2023. En échange, Israël a remis en liberté 1 968 prisonniers palestiniens. Une scène de contrastes s’est alors jouée entre Tel-Aviv et Ramallah : dans les rues israéliennes, des familles en larmes ont retrouvé leurs proches, tandis qu’en Cisjordanie, des foules en liesse ont accueilli les bus de prisonniers relâchés, drapeaux palestiniens et slogans de victoire à la main.

« C’est superbe et bouleversant que cela arrive enfin », souffle Shelly Bar Nir, 34 ans, sur la place des Otages à Tel-Aviv, où les visages oscillent entre soulagement et incrédulité. À Ramallah, Mahdi Ramadan, fraîchement libéré, parle d’« une renaissance ». Ces mots, chargés d’émotion, résument mieux que tout le sentiment d’un peuple épuisé par des décennies de souffrance.

Toujours maître de la mise en scène, Donald Trump a savouré sa victoire diplomatique. À la Knesset, le président américain a été accueilli par des casquettes rouges « Trump, le président de la paix » et ovationné par une salle debout. Le forain a promis un « nouveau commencement » pour la région, tout en glissant quelques phrases inhabituelles : un appel à la paix avec l’Iran et même une suggestion de grâce pour Benjamin Netanyahu, poursuivi pour corruption.

« Monsieur le président [Herzog], pourquoi ne pas lui accorder une grâce ? », a-t-il lancé en souriant, déclenchant un tonnerre d’applaudissements. Dans une autre époque, un tel appel aurait pu provoquer un scandale diplomatique ; aujourd’hui, il s’inscrit dans la logique d’un Trump sûr de son triomphe, décidé à s’imposer comme l’artisan de la paix.

Quelques heures plus tard, sous la coupole du centre de conférence de Charm el-Cheikh, les drapeaux de 31 pays flottaient au-dessus d’un immense slogan : « PEACE 2025 ». Aux côtés du président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, Donald Trump a accueilli les dirigeants du Qatar, de la Turquie et d’autres États impliqués dans la médiation. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et le président palestinien Mahmoud Abbas étaient présents.

La « déclaration de Charm el-Cheikh » promet de consolider le cessez-le-feu et d’ouvrir la voie à un plan de reconstruction de Gaza. « Cela va tenir », a répété Trump, le pouce levé, comme un slogan de campagne. Mais aucun détail concret n’a filtré sur les garanties ou le calendrier du désarmement du Hamas.

Sur le terrain, la paix reste une idée encore fragile. Les chiffres rappellent l’ampleur du désastre : plus de 67 000 Palestiniens tués selon les autorités de Gaza, 1 219 victimes israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Deux ans d’une guerre sans pitié, deux ans d’un massacre, ont laissé derrière elles des ruines, des hôpitaux détruits, des écoles, des universités, tout et tout et ajoutant à cela une population exsangue.

À Khan Younès, des camions d’aide humanitaire commencent timidement à franchir les postes frontières. « Nous avons besoin de tout : d’eau, de médicaments, de pain, de silence aussi », murmure une infirmière, le regard perdu dans le vide. Elle n’a plus de maison, plus de collègues, mais veut encore croire à la paix.

Le plan américain prévoit, à terme, le désarmement du Hamas et son retrait du pouvoir à Gaza. Mais, déjà, les responsables du mouvement islamiste évoquent une « deuxième phase difficile » des négociations. À Jérusalem comme à Ramallah, on sait que les promesses de paix ont souvent les pieds d’argile.

Pourtant, dans les rues de Tel-Aviv, des enfants brandissent des pancartes « Welcome home ». À Gaza, des prisonniers libérés lèvent les bras vers le ciel. Et dans les salons feutrés de Charm el-Cheikh, Donald Trump lève à nouveau le pouce. « Enfin, nous avons la paix au Moyen-Orient », dit-il.

Les mots résonnent, grandiloquents, presque irréels. Mais pour un instant peut-être trop bref, ils offrent à des millions de gens un souffle d’espoir, dans une région où la paix n’a jamais été qu’un rêve ajourné.

Coopération: Des policiers haïtiens formés en Colombie

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PORT-AU-PRINCE.— Dans le cadre d’un partenariat stratégique entre Haïti et la Colombie, un nouveau programme de formation spécialisée destiné aux policiers haïtiens sera lancé dès le mois de novembre 2025. Selon un communiqué officiel de la Police Nationale d’Haïti (PNH), cette initiative vise à renforcer les compétences techniques, opérationnelles et institutionnelles de l’institution policière, dans un contexte national marqué par de profondes turbulences sécuritaires.

La décision a été confirmée à l’issue d’une rencontre tenue le vendredi 10 octobre à la Direction Générale de la PNH entre le Commandant en chef, André Jonas Vladimir Paraison, et Vilma Velásquez, ambassadrice de Colombie en Haïti, accompagnée d’une délégation diplomatique.

Une coopération policière en pleine expansion

Les échanges ont porté sur plusieurs axes majeurs de la coopération bilatérale en matière de sécurité: formation continue, perfectionnement professionnel, et renforcement institutionnel. Le programme, soutenu par la Présidence colombienne à travers l’Agence de Coopération Internationale (APC-Colombie), s’inscrit dans une dynamique de coopération Sud-Sud et de solidarité institutionnelle entre les deux pays.

Selon la note de la PNH, les deux parties souhaitent également renforcer les liens entre leurs écoles nationales de police afin de faciliter un échange permanent d’expertise, de méthodologie et d’expérience opérationnelle. L’objectif est de permettre aux policiers haïtiens de bénéficier de l’expérience colombienne dans la lutte contre la criminalité organisée et le maintien de l’ordre public, domaines dans lesquels la Colombie dispose d’un savoir-faire reconnu à l’échelle régionale.

Cette formation, soutien crucial dans un contexte sécuritaire critique

Cette initiative intervient alors qu’Haïti traverse une période d’instabilité aiguë, marquée par l’expansion des groupes armés et l’intensification des opérations policières dans plusieurs zones sensibles, notamment à Port-au-Prince, dans l’Artibonite et sur le Plateau Central.

Face à ces défis, la PNH cherche à moderniser ses stratégies d’intervention et à doter ses unités d’élite d’une formation adaptée aux réalités du terrain. Le programme colombien devrait ainsi contribuer à renforcer la capacité opérationnelle et la cohésion interne de l’institution, tout en soutenant les efforts de stabilisation nationale.

Une étape vers la professionnalisation de la PNH

Pour le commandement de la PNH, ce partenariat traduit une volonté claire de professionnaliser davantage le corps policier haïtien et de construire des ponts durables avec les forces de sécurité d’autres pays de la région.

«Ce programme ouvre une nouvelle phase de la coopération entre nos deux nations. Il représente une opportunité pour nos policiers d’acquérir des compétences modernes et de renforcer leur efficacité face aux menaces actuelles», a affirmé le haut commandement de la PNH dans le communiqué.

En misant sur la formation et la coopération internationale, Haïti espère, ainsi, consolider les fondations d’une police plus performante, plus disciplinée et plus proche de la population; condition indispensable à la restauration durable de la sécurité et de la confiance publique.

Jean Mapou

Passer de l’école coloniale à l’école haïtienne: le nouveau crédo de Josué Mérilien

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PORT-AU-PRINCE. — De retour d’une tournée de deux mois dans le Grand Sud, le professeur Josué Mérilien, responsable de l’Union nationale des normaliens et normaliennes haïtiens (UNNOH), dresse un constat à la fois lucide et porteur d’espoir: «malgré la crise profonde que traverse le pays, le secteur éducatif haïtien n’est pas mort», a déclaré Mérilien qui était invité à l’émission Thermomètre sur Radio Solidarité. Dans plusieurs communautés rurales, affirme-t-il, des initiatives locales émergent pour maintenir vivante la flamme de l’éducation.

«Beaucoup de gens essaient d’investir dans ce secteur, souvent avec très peu de moyens, mais beaucoup de volonté», a confié le syndicaliste, connu pour ses prises de position parfois radicales sur le système éducatif.

Auteur d’un ouvrage sur la citoyenneté, Josué Mérilien estime que l’école haïtienne actuelle reste prisonnière d’un modèle hérité de la colonisation, incapable de former de véritables citoyens conscients de leurs droits et devoirs.

«L’école que nous avons aujourd’hui ne forme pas des citoyens haïtiens. Elle forme selon le prototype du modèle colonial. Il faut déconstruire le présent modèle pour haïtianiser l’école, bâtir celle qui repose sur nos valeurs», a-t-il déclaré.

Une critique du statu quo ministériel

Le syndicaliste n’a pas mâché ses mots à l’égard du ministre de l’Éducation, Antoine Augustin, qu’il accuse de reconnaître l’effondrement de l’école haïtienne sans poser d’actions concrètes pour sa reconstruction. Selon Mérilien, la refondation du système éducatif passe nécessairement par une vision politique claire, un projet de société fondé sur la connaissance de soi et une éducation ancrée dans la réalité haïtienne.

Trois axes pour transformer l’école haïtienne

Pour passer d’une école coloniale à une école de transformation citoyenne, Josué Mérilien propose trois axes prioritaires :

  1. Réorganiser l’éducation nationale à travers une politique publique qui valorise l’enseignement de la culture, de l’histoire et des savoirs haïtiens;
  2. Lancer une mobilisation sociale afin d’imposer un modèle éducatif capable de reconnecter l’être haïtien à sa citoyenneté et à son humanité;
  3. Se doter d’outils pédagogiques favorisant l’enseignement des valeurs citoyennes, morales et humaines.

Vers une école de libération plutôt qu’une école d’aliénation

Pour Mérilien, repenser l’école, c’est repenser la société. L’éducation ne doit plus être un outil de reproduction sociale ou de domination culturelle, mais un espace d’émancipation, de dignité et de créativité nationale.

Son plaidoyer s’inscrit dans une démarche de longue haleine, portée par une génération d’enseignants, d’intellectuels et d’acteurs communautaires, convaincus que l’avenir d’Haïti se jouera d’abord sur les bancs de l’école.

«Une école haïtienne, ce n’est pas seulement une école en Haïti. C’est une institution qui forme des Haïtiens dans leur esprit, leur culture et leur conscience», conclut le professeur syndicaliste.

Jean Mapou

Haïti–Japon : une rencontre empreinte de respect et d’espérance diplomatique

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Par Jean Wesley Pierre

Le 9 octobre 2025, dans le calme protocolaire du Kantei, siège du gouvernement japonais, s’est tenue une rencontre, hautement symbolique entre le Premier ministre du Japon, Shigeru Ishiba, et le Président du Conseil de Transition (CPT) d’Haïti, Laurent Saint-Cyr, en visite officielle à Tokyo dans le cadre de la Journée nationale d’Haïti à l’Expo 2025 Osaka-Kansai.

Derrière la politesse diplomatique et la solennité des échanges, cette entrevue revêt une portée bien plus profonde : celle d’un dialogue entre deux nations que tout sépare géographiquement, mais que rapprochent la résilience, la dignité et la quête d’équilibre dans un monde secoué par les crises.

Accueillant pour la première fois un dirigeant haïtien dans le contexte de l’Expo universelle, le Premier ministre Ishiba a salué la présence du Président Saint-Cyr comme une « opportunité de mettre en avant la culture et la richesse d’Haïti auprès du monde ». Au-delà du protocole, ce geste diplomatique témoigne d’un respect sincère pour un pays souvent marginalisé sur la scène internationale, mais dont le peuple, éprouvé et debout, continue de lutter pour sa souveraineté et sa stabilité.

Les discussions ont duré près de trente-cinq minutes. Elles ont porté sur la paix, la sécurité et la tenue d’élections libres en Haïti, trois conditions essentielles à la reconstruction institutionnelle du pays.

M. Ishiba a réaffirmé la conviction du Japon que « la stabilité d’Haïti est vitale pour la région de la Caraïbe et de l’Amérique latine ». Une reconnaissance rare, mais précieuse, de la place géostratégique d’Haïti dans un environnement régional souvent négligé.

Fidèle à sa tradition de coopération pragmatique, le Japon s’est positionné ces dernières décennies comme un partenaire silencieux mais constant d’Haïti.

Après le séisme dévastateur du 12 janvier 2010, Tokyo fut parmi les premiers bailleurs à apporter une aide humanitaire structurée et respectueuse des institutions locales.

Lors de cette rencontre, le Premier ministre Ishiba a rappelé cette continuité de soutien, soulignant le financement japonais à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS), approuvée par le Conseil de sécurité des Nations unies. Il a également exprimé un intérêt pour le renforcement de l’armée d’Haïti, un signal fort dans un contexte où la question de la sécurité demeure la clé de voûte de tout redressement national.

Face au premier ministre japonais, Laurent Saint-Cyr a adopté le ton mesuré et ferme d’un dirigeant conscient de la fragilité de la transition, mais déterminé à défendre la souveraineté haïtienne. Le Président du CPT a réitéré l’engagement du gouvernement de transition à rétablir la sécurité nationale avec le soutien des partenaires internationaux, tout en organisant des élections libres et crédibles dans les meilleurs délais.

Dans un langage diplomatique empreint d’humilité, il a également remercié le Japon pour « son hospitalité, son respect et sa solidarité exemplaire envers Haïti », soulignant l’importance de « la coopération culturelle et technique comme leviers de redressement durable ».

La veille, le 8 octobre, le Président Saint-Cyr avait été reçu en audience par Son Altesse l’Empereur Naruhito au Palais impérial de Tokyo.
Ce moment, empreint de solennité et de respect mutuel, a symbolisé le renouvellement des liens d’amitié entre les deux peuples. Peu de dirigeants haïtiens ont eu ce privilège diplomatique, preuve que le Japon considère Haïti non comme un simple récipiendaire d’aide, mais comme un partenaire digne d’estime et de dialogue.

Au-delà des mots et des gestes, cette visite officielle s’inscrit dans une tentative de repositionnement d’Haïti sur la scène internationale, à travers une diplomatie de dignité et de coopération.

À une époque où l’image d’Haïti se résume trop souvent à la crise et au chaos, Laurent Saint-Cyr a choisi d’incarner une parole d’ouverture, de responsabilité et d’espérance des valeurs que le Japon, marqué par ses propres épreuves historiques, comprend mieux que quiconque.

Dans la tradition japonaise, le mot kizuna signifie « lien », « attachement », « solidarité ».
C’est peut-être ce lien, fragile mais sincère, que cette rencontre aura contribué à tisser entre Port-au-Prince et Tokyo : un fil de confiance entre deux nations que tout semble opposer, mais qui partagent un même idéal celui de la paix, du respect et de la reconstruction durable.

En définitive, cette visite n’était pas qu’un échange protocolaire. Elle marque le retour d’Haïti dans le cercle des nations écoutées, non pas pour ce qu’elles endurent, mais pour ce qu’elles entreprennent.

Et dans ce dialogue discret entre un archipel d’Asie et une île caribéenne, c’est peut-être un nouvel horizon diplomatique qui s’esquisse celui d’une solidarité lucide, respectueuse, et profondément humaine.

Présidentiel au Cameroun ce dimanche, le sortant Paul BIYA, 42 ans au pouvoir, veut un nouveau mandat

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Plus de huit millions d’électeurs incrits sur les registres électoraux, ont participé à l’élection présidentielle au Cameroun afin d’élire un nouveau chef d’état.

Selon des observateurs, la journée du scrutin s’est déroulée dans un climat empreinte de sérénité. Plusieurs représentants de diverses structures engagées dans la surpervision et l’observation ont témoigné l’ambiance du vote, tout en comfirmant que la sécurité et le respect des droits des électeurs ont été garantis tant qu’à Yaoundé, Douala, entre autre.

Entachées de nombreuses irrégularités

La presse locale et internationale ont constaté que des électeurs ont eu de sérieuses difficultés, à trouver leurs bureaux de vote, où leurs noms sont enregistrés sur les registres électoraux.

Avec douze candidats en lice, ces élections devraient marquer un tournant décisive dans la vie de la population estimée à un pourcentage de jeunes, très elevé. Parmi les candidats en course pour la présidence, figure le président sortant Paul Biya. Âgé de 92 ans, il est perçu comme l’un des plus grands favoris.

Considéré comme un élément suprenant à l’élection présidentielle de ce dimanche au Cameroun, Issa Tchiroma Bakary, 72 ans, avait décidé, en juin dernier, de présenter sa démission. Pourtant, il avait rejoint l’opposition, après vingt ans dans le giron présidentiel.

Maurice Kamto, opposant farouche au président Paul Biya, arrivé en deuxième position lors des élections présidentielles en 2018, s’est vu sa candidature, rejetée. Une décision prise par le Conseil constitutionnel Camerounais.

La situation socio-économique au Cameroun

Au delà des 43 ans de gouvernance de Paul Biya, un pourcentage considérable de Camérounais s’estiment désabusés par rapport à l’instauration du système Biya. Avec un taux de chomâge évalué à 35%, aujourd’hui, dans les plus grandes villes; la population fait face à la cherté de la vie. De plus, l’accès à l’eau potable, aux soins de santé et à une éducation de qualité, est très difficile.

Ces derniers mois, les acteurs de l’opposition ont capitalisé sur des problèmes jugés cruciaux, malgré que le niveau de frustration reste cartonné à travers les médias et réseaux sociaux.

Certaines organisations de renommée internationale, notamment Human Rights Watch (HCR), expriment une vive inquiétude, en ce qui a trait à la crédibilité du processus électoral, suscitant un engouement du côté de l’opposition, déterminée à remporter le scrutin.

Entre frustration, et tension politique, une grande partie de la population Camerounaise a vécu depuis 1982 sous l’air de Biya, qui a toujours râflé les élections à plus de 70 % durant.

En fin d’après midi du dimanche 12 octobre, les centres de votes ont procédé immédiatement au dépouillement, en attendant la publication des résultats.

Jacques Innocent

Le Conseil Présidentiel de Transition doit-il partir ?

Entre illusions perdues et échecs répétés, Haïti continue à payer le prix des transitions sans lendemain.

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Depuis plus de trente ans, le mot transition est devenu en Haïti le symbole d’une promesse non tenue. À chaque crise politique, il revient, porteur d’espoirs vite brisés. Les transitions successives, censées rétablir l’ordre et préparer le renouveau démocratique, se sont trop souvent transformées en occasions d’enrichissement personnel et en stratégies de repositionnement politique.

Des élites économiques, des acteurs politiques et même certains représentants diplomatiques se servent de ces périodes pour consolider leurs intérêts, tandis que le peuple haïtien, lui, s’enfonce dans la misère, l’insécurité et la désillusion.

2021 : l’assassinat d’un président et la promesse d’un redressement

Le 7 juillet 2021, Haïti s’est réveillée dans la stupeur : le président Jovenel Moïse venait d’être scrupuleusement assassiné dans sa résidence privée. Ce crime abominable, qui a choqué la nation entière, devait ouvrir une période de transition chargée de deux missions essentielles :

  1. Rétablir la stabilité politique et la sécurité nationale
  2. Organiser des élections générales libres ,honnêtes et crédibles.

Quatre ans plus tard, le constat est amer : ni Ariel Henry ni le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) n’ont su répondre à ces exigences fondamentales. Le pays est plus fragmenté que jamais. Les gangs armés contrôlent des zones entières dans les Départements de l’ouest, de l’Artibonite et du centre qui representent à eux seuls plus de 60% de l’électorat. La Police nationale peine à remplir ses fonctions, et la justice reste paralysée.

Un Conseil sans cap ni autorité

Né dans la confusion et les marchandages, le CPT était présenté comme une alternative consensuelle à l’échec du gouvernement d’Ariel Henry. Or, il s’est rapidement enfoncé dans la même logique d’improvisation, de clientélisme et de luttes internes.

Le 9 octobre 2025 dernier, le Conseil a échoué dans sa première tentative d’organiser un Conseil des ministres au Palais national, symbole de l’impuissance d’un pouvoir sans légitimité populaire ni autorité institutionnelle. La commémoration paisible des 6 et 7 juillet 2025 avait donné l’illusion d’un retour au calme. Mais depuis, les divisions internes, les querelles d’ego et la peur constante des gangs armés paralysent largement l’action gouvernementale.

La faillite de l’État et l’abandon du peuple

Sur le terrain, le constat est accablant :

Les services publics sont en déplacement et en ruine ;

Les hôpitaux manquent de tout , les écoles ferment leurs portes dans plusieurs endroits dans au moins trois départements et les routes nationales sont devenues des couloirs de terreur. Pendant ce temps, les prix grimpent, la faim s’installe et les territoires perdus augmentent, notamment dans l’Artibonite ces derniers jours. La population, abandonnée à elle-même, ne croit plus ni en l’État ni en ses représentants. Le pouvoir du CPT s’exerce dans l’ombre, sous la tutelle des chancelleries étrangères et de quelques groupes d’affairistes, au mépris de la souveraineté nationale.

Des leçons d’histoire toujours ignorées

Haïti a déjà connu treize transitions après la chute de Jean-Claude Duvalier en 1986. Presque toutes ont échoué pour une raison simple : aucune n’a été préparée par et pour le peuple. Elles ont toutes été imposées de l’extérieur ou confisquées par des élites locales qui n’ont jamais fait de la nation leur priorité.

Le risque est aujourd’hui identique . Si le départ du CPT n’est pas soigneusement planifié, il ne fera qu’ouvrir un nouveau vide politique. Et l’histoire haïtienne nous enseigne que les vides de pouvoir se remplissent toujours de violence, de chaos, de scandale de corruption et de domination étrangère.

Oui, le CPT doit partir… mais pas dans le vide

La colère populaire est légitime. Le CPT a démontré son incompétence, son absence de vision et son éloignement du peuple.
Mais avant de précipiter sa chute, il faut répondre à quelques questions fondamentales :

Qui prendra la relève ?

Sur quelle base constitutionnelle ou plus ou moins proche de la « constitution officieusement et pratiquement en veilleuse?

Avec quelle feuille de route nationale pour défendre les intérêts matérielset spirituels de la Nation?

Et surtout, selon quelle logique : celle du peuple haïtien ou celle de la communauté internationale ?
Un départ précipité, sans projet clair, serait une nouvelle fuite en avant. Il faut cette fois-ci préparer une transition réfléchie, inclusive, fondée sur le dialogue national et la souveraineté politique.

Rompre avec la transition permanente

Le véritable problème d’Haïti n’est pas seulement le CPT, mais la transition comme mode de gouvernement permanent.
Depuis trop longtemps, la transition est devenue un système en soi , un espace d’opportunisme où quelques-uns s’enrichissent malhonnêtement pendant que la majorité s’appauvrit.

Pour sortir de ce cercle vicieux, il faut repenser la gouvernance autour de trois piliers essentiels :

  1. La justice sociale, qui redonne confiance au peuple
  2. La transparence, qui restaure la crédibilité de l’État
  3. La participation citoyenne, qui empêche les confiscations politiques. pour un nouveau départ haïtien

Oui, le CPT a échoué. Oui, il doit partir. Mais son départ ne doit pas reproduire le chaos d’hier. Haïti mérite mieux qu’une succession de gouvernements provisoires. Elle mérite un État fort et progressiste digne et souverain, capable de garantir la sécurité, de rendre la justice et d’offrir à chaque citoyen une raison d’espérer.

Tant que la transition restera une échelle vers l’enrichissement et la puissance personnelle, et non un chemin vers le redressement collectif, le pays restera prisonnier de son passé. Il est temps de rompre avec la logique du provisoire pour (re)bâtir durablement la République.

Pierre Josué Agénor Cadet

Après l’enterrement du projet de référendum par le CPT : quel avenir pour le CEP ?

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Par Jean Wesley Pierre

Haïti s’avance vers un nouveau chapitre politique incertain.
À la suite de la décision du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) d’abandonner définitivement le projet de référendum constitutionnel, le pays se retrouve face à une question cruciale : Que devient le Conseil Électoral Provisoire (CEP) ? Organe indispensable, le CEP se retrouve suspendu entre pression internationale et urgence politique.

Le retour du gouvernement au Palais national, pour la première fois depuis près de deux ans, avait tout d’un symbole : la réappropriation du centre du pouvoir par un État fragilisé. Mais derrière cette image se cache une réalité implacable : l’abandon du projet constitutionnel et l’installation prochaine de Jacques Desrosiers comme président du CEP redessinent les contours d’une transition politique qui n’a toujours pas trouvé son horizon.

Le référendum enterré : entre réalisme politique et échec collectif

L’idée d’une nouvelle constitution a traversé tout le quinquennat de Jovenel Moïse avant d’être reprise timidement par le CPT. Elle devait corriger les dysfonctionnements d’un système fragmenté, marqué par la faiblesse de l’exécutif et la dépendance des institutions.

Mais dès le départ, le projet portait en lui les germes de sa propre impasse : absence de consensus, méfiance généralisée, rejet par la société civile et critique unanime des juristes.

En abrogeant les décrets instituant la conférence nationale et le processus référendaire, le CPT reconnaît implicitement l’impossibilité politique et morale de mener à terme une réforme constitutionnelle dans un pays où le dialogue social est rompu et la légitimité du pouvoir constamment contestée.

Cette décision, saluée par certains comme un retour au réalisme, expose cependant le pays à un vide : sans nouvelle constitution ni élaboration d’un cadre électoral, la transition demeure juridiquement bancale.

Le CEP, institution provisoire devenue structure du provisoire

Depuis 1987, le CEP devait être temporaire. Trente-huit ans plus tard, il est devenu l’incarnation du provisoire permanent. À chaque crise, un nouveau Conseil est formé, sous des critères de désignation politiques, religieux ou corporatistes. Aucun n’a survécu à la méfiance populaire.

Le CEP actuel, désormais présidé par le journaliste Jacques Desrosiers, ancien secrétaire général de l’Association des journalistes haïtiens (AJH), hérite d’une mission presque impossible : organiser des élections générales avant le 7 février 2026, date butoir fixée par le CPT et réclamée par les bailleurs internationaux.

Lui-même l’a reconnu : « Rétablir la confiance dans le processus électoral et permettre au peuple haïtien d’exprimer librement sa volonté ». Une ambition noble, mais qui se heurte à des réalités implacables : insécurité généralisée, fragmentation territoriale, effondrement administratif, et désintérêt croissant des citoyens pour la chose publique.

« Le véritable problème d’Haïti n’est pas seulement le CPT, mais la transition comme mode de gouvernement permanent », affirme l’ancien ministre de l’éducation nationale, Pierre Josué Agénor Cadet, pour pointer du doigt cette volonté constante de certains hommes et femmes politiques de prendre le pouvoir sans passer par les urnes.

Le CEP se retrouve ainsi à la croisée des chemins : instrument nécessaire du retour à la légalité constitutionnelle, mais prisonnier d’une structure politique qui n’a plus les moyens de garantir ni sécurité, ni transparence.

Un vide juridique et politique profond

L’abandon du projet constitutionnel crée un paradoxe institutionnel : le pays s’engage vers des élections sans cadre rénové, sans arbitrage constitutionnel clair et sans mécanismes de garantie crédibles. Rien n’est dit concernant l’épineux dossier des mandats des élus qui depuis trente ans génère de l’instabilité comme le postulait l’ancien président René Preval.

Les textes existants, fondés sur une Constitution de 1987 abîmée par les amendements, ne répondent plus à la complexité du moment : ni au niveau de la décentralisation, ni à celui de la sécurité électorale, ni à la question du financement des partis.

Le CEP, censé agir comme une instance indépendante, dépend en réalité du bon vouloir du (CPT) conseil présidentiel de transition pour tout : budget, sécurité, calendrier, légitimation. Il n’est donc pas un organe autonome, mais un instrument administratif au service d’un exécutif transitoire lui-même précaire.

Dans ce contexte, parler d’élections libres revient à ignorer l’absence d’un État fonctionnel capable d’assurer les conditions minimales d’un scrutin crédible.

CPT et CEP : un rapport de force déguisé

Le CPT a beau affirmer sa volonté d’organiser des élections « libres, crédibles et transparentes », il n’en demeure pas moins le principal décideur du sort du CEP. « Cette dépendance » structurelle illustre un phénomène constant dans l’histoire politique haïtienne : la politisation du processus électoral.

Chaque pouvoir cherche à “fabriquer” son CEP, souvent au détriment de la confiance publique.
La nomination de Jacques Desrosiers, soutenue par certains diplomates du BINUH et du PNUD, peut être lue comme une tentative d’internationaliser la garantie de neutralité. Mais elle révèle aussi une autre réalité : l’élection haïtienne ne se fera pas sans ou contre la bienveillance des partenaires étrangers.

Pour le CPT, qui approche de la fin théorique de son mandat, la priorité n’est plus de réformer la Constitution, mais de livrer au moins un signal d’ouverture démocratique avant février 2026. Le CEP devient donc une pièce stratégique dans la communication politique de la transition, plus qu’un instrument d’organisation électorale au sens strict.

Le rôle ambigu des partenaires internationaux

Depuis l’échec du référendum, les bailleurs de fonds observent une prudente distance. Le PNUD, l’OEA, l’Union européenne et les États-Unis continuent d’exiger un calendrier clair avant tout décaissement.
Le BINUH, pour sa part, maintient une “bienveillance vigilante” : il appuie les efforts institutionnels sans se substituer à l’État, tout en rappelant l’urgence d’un retour à l’ordre constitutionnel.

Mais cette tutelle douce cache une dépendance structurelle : sans appui logistique, financier et sécuritaire de la communauté internationale, aucune élection nationale n’est matériellement possible.

Le processus électoral haïtien reste donc, comme souvent, un exercice de souveraineté sous assistance. Et dans cette tension, Jacques Desrosiers, désormais à la tête du CEP, porte sur ses épaules non seulement la lourde tâche d’organiser des élections, mais aussi celle de réhabiliter un droit politique fondamental : celui pour chaque Haïtien d’espérer encore en la République.

Distribution de kits scolaires au profit d’une centaine d’enfants de la région métropolitaine, par le PADEINHA

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PORT-AU-PRINCE.— Dans un contexte socio-économique particulièrement difficile, où l’accès à l’éducation demeure un défi pour de nombreuses familles haïtiennes, le Parti Démocratique d’Intégration Haïtienne (PADEINHA) a renouvelé cette année encore son engagement envers les enfants. À l’occasion de la rentrée scolaire 2025, le parti a procédé à la distribution de 120 kits scolaires complets à des élèves issus de familles vulnérables dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Chaque kit contenait des cahiers, stylos, crayons, instruments de géométrie et autres fournitures indispensables à une bonne reprise des classes. Mais au-delà de leur aspect matériel, ces kits symbolisent un véritable passeport pour l’avenir, offrant aux enfants la possibilité de suivre leurs cours dans de meilleures conditions, tout en allégeant le fardeau financier de leurs parents.

L’événement, placé sous le signe de la solidarité et de la joie, a réuni enfants, parents et membres du parti dans une atmosphère empreinte d’émotion. Les visages souriants des jeunes bénéficiaires recevant fièrement leurs sacs remplis de fournitures ont illustré la portée humaine et symbolique de l’initiative.

«Chaque kit remis à un enfant, c’est une promesse d’avenir, un geste de confiance envers la jeunesse haïtienne», a déclaré Jean Daniel Charles responsable de PADEINHA lors de la cérémonie.

Pour de nombreux parents, cette aide constitue un soulagement concret face aux difficultés économiques croissantes. Quant aux enfants, ils entament cette nouvelle année scolaire, débutée le 1er octobre dans plusieurs établissements, avec motivation, dignité et espoir.

Fidèle à sa mission sociale, PADEINHA, continue de placer l’éducation au cœur de son action politique et de sa vision du développement national. Cette initiative, reconduite chaque année bien avant la création officielle du parti, témoigne d’un engagement constant en faveur de la jeunesse haïtienne et d’un idéal de solidarité active.

En redonnant le sourire à 120 enfants, PADEINHA ne distribue pas seulement des fournitures scolaires: il sème les graines d’un avenir meilleur pour Haïti, un pays où chaque enfant devrait avoir les moyens d’apprendre, de grandir et de rêver.

Jean Mapou

Circuit Fermé est une bande dessinée de 48 planches créée par Jean Francisco Silva et Odné Fritz Junior, publiée en 2022 par la maison d’édition martiniquaise les sucriers. Inspirée par les embouteillages en Haïti, elle met en scène Walky, un personnage imaginé en 2015.

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Silva, artiste visuel haïtien formé en Haïti, qui a aussi suivi quelques stages en France, il a utilisé des techniques traditionnelles et modernes pour illustrer l’histoire. Bien que destinée aux adolescents, la BD peut aussi être lue par les enfants. Le tome 2 est déjà en préparation grâce à une résidence artistique Par 4 Chemins. Silva espère que la BD jouera un rôle important dans la culture haïtienne.

👨🏽‍💻 : @moise_savensley

bandedessinée #haiti #SavoirDHaïti #SDOct2025

Des élections avant le 7 février 2026, une lourde mission pour Jacques Desrosiers

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PORT-AU-PRINCE.— Dans un climat de tension et d’incertitude politique, Haïti s’apprête à accueillir un nouveau visage à la tête de son organe électoral. Le journaliste Jacques Desrosiers doit-être officiellement installé lundi comme président du Conseil électoral provisoire (CEP), lors d’une cérémonie protocolaire prévue au siège de l’institution à Port-au-Prince.

L’événement, hautement symbolique, doit réunir plusieurs figures du gouvernement, des membres du Conseil présidentiel de transition (CPT), ainsi que des représentants du corps diplomatique et des organisations internationales, notamment le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH). Leur présence témoignera de l’attention particulière que la communauté internationale continue d’accorder au processus électoral haïtien.

Ancien secrétaire général de l’Association des journalistes haïtiens (AJH) et figure respectée du paysage médiatique, Jacques Desrosiers hérite d’une mission pour le moins ardue: soumettre dans les meilleurs délais au CPT un calendrier électoral réaliste permettant la tenue d’élections générales avant le 7 février 2026. Cet objectif, réitéré à maintes reprises par les autorités de transition, répond aux pressions diplomatiques croissantes en faveur d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel.

Parmi les invités annoncés figurent le Premier ministre Alix Fils-Aimé, le commandant en chef des Forces armées d’Haïti, le directeur général a.i. de la Police nationale, ainsi que plusieurs membres de la Primature. Leur présence conférera à la cérémonie une portée politique certaine, à un moment où l’État peine à rétablir son autorité sur une grande partie du territoire.

Aucune date officielle de scrutin n’a encore été annoncée. Toutefois, Jacques Desrosiers a fait savoir qu’il entendait: «rétablir la confiance dans le processus électoral et permettre au peuple haïtien d’exprimer librement sa volonté». Des propos empreints d’idéalisme, mais qui se heurtent à la dure réalité d’un pays fragmenté par la violence des groupes armés, où la tenue d’élections nationales demeure un défi logistique et sécuritaire colossal.

La principale question reste entière: le nouveau CEP saura-t-il concilier les exigences d’un calendrier politique serré avec les impératifs de sécurité et de transparence? Dans un pays où la mémoire des scrutins contestés reste vive, Jacques Desrosiers devra convaincre, tant les citoyens que les partenaires internationaux, que la démocratie demeure possible en Haïti.

Jean Mapou