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Haïti: Réapparition du choléra, le plan d’urgence des autorités sanitaires

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PORT-AU-PRINCE.— Le spectre du choléra plane à nouveau sur Haïti. Plusieurs cas suspects confirmés ont été recensés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et dans certains départements, notamment l’Ouest et le Centre, poussant les autorités sanitaires à activer un plan national de réponse.

Selon, Bertrand Sinal, le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), cette recrudescence de cas est liée à la dégradation des conditions d’hygiène, à la pénurie d’eau potable et à la crise sécuritaire qui empêche l’accès à certaines zones.

Un plan de riposte réactivé

Face à cette situation, le Dr Gabriel Thimothé, directeur général du MSPP, a convoqué une réunion spéciale au début du mois d’octobre avec les directeurs centraux et la direction départementale de l’Ouest. À l’issue de cette rencontre, un plan de riposte nationale a été adopté.

Ce plan comprend notamment:
le renforcement de la surveillance épidémiologique dans toutes les communes affectées;
la réactivation des Centres de Traitement des Diarrhées Aiguës (CTDA) pour accueillir les cas sévères;

la mise en place de points d’eau chlorée dans les lieux publics;
et une campagne de sensibilisation sur les gestes d’hygiène (lavage des mains, traitement de l’eau, conservation des aliments).

Le ministère appelle à la vigilance et à la collaboration de tous, soulignant que la lutte contre le choléra dépend aussi du comportement individuel et communautaire.

Une recrudescence aggravée par la crise sécuritaire

Les autorités reconnaissent toutefois que la mise en œuvre du plan d’urgence se heurte à des obstacles majeurs. Dans plusieurs quartiers de la capitale, comme Cité Soleil, Dekayet dans le quartier de Carrefour-Feuilles, l’accès des équipes médicales est entravé par la violence armée.

Les organisations internationales, notamment l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS/OMS) et l’UNICEF apportent leur appui au MSPP, en soutenant les structures de traitement et en distribuant des kits d’hygiène aux personnes déplacées internes.

D’après les estimations des agences humanitaires, plus de 1 700 cas suspectés ont été enregistrés depuis le début de la résurgence, dont près de la moitié chez des enfants.

Appel à la mobilisation nationale

Alors que le pays fait face à une crise humanitaire complexe, le MSPP exhorte les autorités locales, les organisations communautaires et la population à adopter des comportements préventifs. «La prévention reste notre première ligne de défense», rappelle le Dr Thimothé, qui insiste sur la nécessité de garantir l’accès à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires fonctionnelles.

La résurgence du choléra, près de dix ans après sa disparition officielle, rappelle la fragilité du système de santé haïtien et l’urgence d’un effort collectif pour éviter une nouvelle catastrophe sanitaire.

Jean Mapou

“La France face à elle-même : la fragilité intérieure d’une puissance en quête de cohérence mondiale”.-

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Vers un pacte du renouveau entre la République française et la Deuxième République ou la République Renaissante haïtienne.-

Introduction : le paradoxe français du XXIᵉ siècle.-

La France, héritière d’un rayonnement civilisationnel sans équivalent dans l’histoire moderne, se trouve aujourd’hui à un tournant historique. Puissance militaire, diplomatique et culturelle reconnue, elle affronte une réalité intérieure complexe : une fragilité politique et sociale croissante, qui menace la cohérence même de sa projection internationale.

Les crises successives — des mouvements sociaux à la contestation de la réforme des retraites, de la défiance envers les institutions à la montée du scepticisme populaire — ont révélé une fracture profonde entre la France d’en haut et la France d’en bas.

Sur la scène internationale, après les déboires du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) et les tensions persistantes dans plusieurs zones d’influence historique, c’est désormais le tour de Madagascar, autrefois bastion du lien franco-africain, de questionner la nature réelle du partenariat avec Paris.

Ce constat n’est pas une critique : il est le symptôme d’un monde en mutation, où l’ancien équilibre colonial ne suffit plus à fonder la légitimité d’une puissance. La France, pour rester grande, devra apprendre à redevenir juste, humble et lucide.

I. Le paradoxe d’une puissance : entre moyens mondiaux et fragilités intérieures.-

Sur le plan diplomatique, la France reste l’une des nations les mieux dotées : siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, puissance nucléaire, réseau diplomatique parmi les plus vastes au monde, langue universelle.

Mais à l’intérieur, la cohésion nationale se délite. Le malaise social s’enracine. L’inflation de la dette publique, la crise énergétique, le choc migratoire, les tensions communautaires et le désenchantement de la jeunesse forment un cocktail explosif.

Ainsi, la gouvernance de l’ancienne puissance coloniale devient une alchimie paradoxale : entre les moyens d’une grande puissance et les fragilités d’une société en quête de sens. Le prestige international masque mal la précarité sociale, et la projection militaire contraste avec la crise de confiance civique.

Ce contraste illustre le dilemme du XXIᵉ siècle français : comment continuer à défendre la grandeur du pays sans avoir retrouvé la paix intérieure ?

II. La France et ses anciennes colonies : un héritage à réinventer.-
Depuis plus d’un siècle, le rapport entre la France et ses anciennes colonies oscille entre tutelle, coopération et méfiance.

Les interventions militaires au Sahel ont cristallisé un sentiment d’usure : les peuples africains ne rejettent pas la France, ils réclament simplement une nouvelle forme de partenariat, débarrassée de la logique d’ingérence et fondée sur la réciprocité.

L’échec du “modèle postcolonial” n’est pas celui d’une idéologie, mais celui d’une méthode. La France a voulu protéger son influence au lieu de partager sa puissance.

Aujourd’hui, face à l’éveil panafricain, elle doit inventer une autre diplomatie : une diplomatie du respect, non de la dépendance.

III. Le tournant malgache : symbole d’un basculement global.-

Madagascar, longtemps considéré comme un allié francophone fidèle, manifeste désormais les signes d’un repositionnement stratégique.
Comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger avant lui, l’État malgache explore de nouvelles alliances économiques et militaires — notamment avec la Chine, la Russie et les pays émergents.

Cette tendance n’est pas un rejet de la France, mais un signal d’épuisement du modèle unilatéral. Le monde post-occidental n’est plus une théorie : il est une réalité.

Et la France, pour conserver son influence, doit accepter de renégocier ses alliances sur une base d’égalité réelle.

IV. Haïti et la France : entre mémoire et renouveau.-

Dans cette recomposition mondiale, Haïti occupe une place symbolique et stratégique unique.

Première République noire libre du monde, née d’une révolution contre la domination coloniale française, Haïti ne demande pas la rupture, mais le respect historique et la reconnaissance d’un partenariat d’égal à égal.

C’est dans cet esprit que s’inscrit le Programme “Renaissance (Leave No One Behind)”, qui incarne la Deuxième République haïtienne, la plus grande vision socio-économique du pays depuis 1804.

Cette nouvelle ère s’inspire des valeurs universelles de justice, d’égalité et de liberté — des valeurs que la France elle-même a proclamées.

Mais cette fois, il ne s’agit pas d’imiter la République française : il s’agit de dialoguer avec elle, sur la base d’une maturité politique retrouvée.

V. La doctrine de la Droite Dessalinienne : un pont entre deux mondes.-

La “Droite Dessalinienne”, conçue et portée par Yvon Bonhomme, n’est pas une doctrine de rupture.

Elle est une philosophie du renouveau moral, de la responsabilité collective et du patriotisme éclairé.

Elle s’inspire à la fois de Jean-Jacques Dessalines, Fondateur de l’indépendance haïtienne, et du stoïcisme antique, cherchant à unir la vertu, la raison et la souveraineté.

Cette pensée invite à repenser les rapports entre les nations :

“Les peuples libres ne se craignent pas, ils s’élèvent ensemble.”

C’est pourquoi le dialogue entre la Deuxième République haïtienne et la Cinquième République française doit devenir un Pacte du Renouveau, fondé sur la vérité historique, la reconnaissance mutuelle et la construction d’un nouvel humanisme francophone.

Conclusion : pour un pacte du renouveau.-

Loin d’une critique hostile, cette réflexion est une invitation à la lucidité partagée.

La France et Haïti, mères et filles d’une même culture de liberté, ont aujourd’hui rendez-vous avec l’histoire : celle de la réconciliation des peuples, du dépassement des blessures et de la renaissance des consciences.

Si la France veut demeurer grande, elle devra apprendre à écouter.

Et si Haïti veut redevenir forte, elle devra apprendre à dialoguer.

Ainsi naîtra, entre les deux rives de l’Atlantique, le Pacte du Renouveau, celui de la “Droite Dessalinienne”, de la Deuxième République haïtienne et d’une France réconciliée avec sa propre promesse universelle.

Signé :
Yvon Bonhomme
Stoïcien, Chercheur engagé, Stratégiste politique, Feministe,

Ancien Directeur Général du Ministère des Haïtiens Vivant a l’Etranger (MHAVE),

Président-Fondateur du Parti Politique Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL),
Concepteur et Inventeur de la Droite Dessalinienne et le mouvement des Madan Sara,
Architecte de la Deuxième République,

“Ce ne sont pas les événements qui troublent les hommes, mais l’idée qu’ils s’en font.” — Épictète.

Ressusciter l’esprit de Dumarsais Estimé : quand la probité guidait l’État

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Un président issu du peuple et proche de ses valeurs

Accédé à la première magistrature de l’État le 16 août 1946, au lendemain d’une crise révolutionnaire qui mit fin au régime Lescot, Léon Dumarsais Estimé (21 avril 1900 – 19 juillet 1953) demeure l’une des figures les plus marquantes de l’histoire politique haïtienne du XXe siècle.Instruit de la réalité sociale et de la nécessité du courage et de l’honnêteté dans les affaires publiques par son oncle Estilus Estimé (ancien maire des Verrettes etsénateurde la République), homme cultivé et profondément attaché à la justice sociale, Dumarsais Estimé entendait bâtir un État moral, fondé sur la responsabilité et l’intégrité. Dès son arrivée au pouvoir, il lança un vibrant appel à la moralisation de la vie publique, exhortant les membres de son gouvernement à servir avec loyauté et désintéressement.

Des lois exemplaires pour la transparence et la reddition de comptes

Dans un climat politique encore secoué par les abus de l’ancien régime, Estimé fit voter la loi du 15 octobre 1946, instituant une commission spéciale d’enquête sur l’administration de son prédécesseur, Antoine Louis Léocardie Élie Lescot, que la clameur publique accusait de malversations et de détournement de fonds.

Quelques mois plus tard, il fit promulguer la loi du 28 février 1947, ordonnant le séquestre des biens de l’ancien président, de plusieurs membres de son gouvernement et de certains de ses proches, dans l’attente d’une décision de justice.
Ces mesures, inédites dans l’histoire administrative haïtienne, témoignaient du courage politique d’un chef d’État décidé à rendre des comptes à la nation et à mettre fin à l’impunité.

Un projet moral interrompu par la chute du pouvoir

Mais l’œuvre d’Estimé ne résista pas longtemps aux forces conservatrices qui voyaient d’un mauvais œil son désir de réforme. Sa chute brutale mit fin à un processus de redressement administratif et moral qui, s’il avait été mené à terme, aurait sans doute changé la trajectoire de la gouvernance publique en Haïti.

L’esprit d’Estimé fut néanmoins immortalisé par ses actes : il avait osé toucher à l’intouchable, remettre en question la tradition d’impunité et placer la moralité publique au cœur de la politique nationale.

Un héritage moral à redécouvrir

Près de huit décennies plus tard, alors que des institutions comme l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), la Cour Supérieure des Comptes ou encore l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF) existent pour combattre la corruption, la pratique du pouvoir reste souvent entachée d’abus, de favoritisme et de gaspillage.
Ressusciter l’esprit d’Estimé, c’est reconnaître que la lutte contre la corruption n’est pas qu’une affaire d’institutions, mais avant tout de volonté politique et d’exemplarité morale.

Quand la poule crie trop fort…

Le gouverneur général à vie Jean-Jacques Dessalines qui devint Empereur sous le nom de Jacques 1er avait coutume de dire à ses collaborateurs corrompus de  » plumer la poule sans la faire crier « .
Aujourd’hui, non seulement la poule crie, mais même ceux et celles qui ne participent pas au festin entendent ses hurlements. Le cri de la poule est celui d’un peuple épuisé par l’injustice, la pauvreté et le cynisme des élites.

Suivre les traces de Dumarsais Estimé, c’est renouer avec une époque où la politique avait encore une âme, où la fonction publique signifiait service à la nation, et non enrichissement personnel par tous les moyens. C’est peut-être là la voie la plus sûre pour réconcilier l’État et le citoyen, et pour que le mot moralité retrouve enfin son sens dans la République.

Pierre Josué Agénor Cadet

Vers une consolidation de partenariat pour la stabilité économique

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Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, 13 octobre 2025 — Le ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Fils Métellus, accompagné du gouverneur de la Banque de la République d’Haïti (BRH), Ronald Gabriel, a rencontré ce lundi DMD Clarke, représentant du Département de l’Hémisphère occidental du Fonds monétaire international (FMI). Cette rencontre, tenue à Port-au-Prince, s’inscrit dans la continuité du Programme de référence (SMP) signé en décembre 2024 et marque une nouvelle étape dans la coopération entre Haïti et l’institution financière internationale.

Selon un communiqué du Ministère de l’Économie et des Finances (MEF), cette séance de travail avait pour objectif de renforcer les réformes économiques et institutionnelles déjà engagées par le gouvernement haïtien, en vue d’assurer la stabilité macroéconomique, la discipline budgétaire et la bonne gouvernance.

« Je salue le soutien constant du FMI à Haïti. Cette collaboration repose sur une vision partagée de stabilisation macroéconomique, de discipline budgétaire et de bonne gouvernance », a déclaré le ministre Métellus, soulignant la nécessité d’un accompagnement soutenu pour garantir la réussite des réformes en cours.

Bilan positif du Programme de référence

Le ministre Métellus a présenté à M. Clarke le Budget 2025–2026, récemment adopté, qui met l’accent sur la sécurité, la relance économique, la gouvernance, l’investissement social et la transparence. Il a évoqué plusieurs progrès réalisés dans le cadre du SMP, notamment :

  1. le maintien du financement monétaire à zéro pour la deuxième année consécutive,
  2. la transparence accrue dans la gestion publique,
  3. la modernisation des administrations fiscales et douanières grâce à l’interconnexion entre la DGI et l’AGD.

Les discussions ont également porté sur les résultats positifs de la deuxième revue du SMP, menée du 30 septembre au 8 octobre 2025 par une équipe du FMI dirigée par M. Camilo E. Tovar. Tous les objectifs fixés à fin juin ont été atteints : maintien du financement monétaire à zéro, hausse des dépenses sociales, recettes fiscales conformes aux prévisions et réserves internationales supérieures aux projections.

Vers un partenariat prolongé et renforcé

À l’issue des échanges, les deux parties ont convenu de prolonger le Programme de référence jusqu’en septembre 2026, afin de consolider les acquis et de préparer la transition vers un programme de financement de type Tranche Supérieure de Crédit (UCT).

« Nous comptons sur un appui technique renforcé du FMI, notamment pour accroître la mobilisation des recettes internes et améliorer la gestion des investissements publics », a précisé le ministre Métellus.

Le représentant du FMI a, pour sa part, salué les efforts des autorités haïtiennes dans un contexte économique et social difficile. Il a rappelé que l’économie haïtienne reste fragile, marquée par la contraction de la production pour la septième année consécutive et une inflation élevée avoisinant 32 % en glissement annuel. Néanmoins, les réserves de change atteignent plus de 3,1 milliards de dollars, soit environ sept mois d’importations prospectives, tandis que la dette publique demeure à un niveau faible estimée à 12,4 % du PIB d’ici la fin de l’exercice 2025.

Le FMI a également noté les progrès dans la gouvernance financière et la transparence budgétaire, tout en encourageant les autorités à poursuivre les réformes pour renforcer la lutte contre la corruption, améliorer la mobilisation des recettes et consolider la crédibilité monétaire de la BRH.

Un partenariat inscrit dans un contexte de fragilité

La rencontre du 13 octobre intervient dans une conjoncture nationale complexe, marquée par la crise sécuritaire et institutionnelle. Le FMI a salué la mise en œuvre des réformes malgré les défis persistants et a souligné la forte appropriation du programme par les autorités haïtiennes.

Le ministre Métellus a rappelé, sur le plan politique, l’adoption du texte encadrant les élections, étape jugée cruciale vers la restauration de l’ordre constitutionnel. Il a également évoqué la transformation prochaine de la Mission multinationale de soutien (MMS) en force robuste de lutte contre les gangs, élément essentiel pour rétablir la sécurité et relancer l’économie.

Le FMI a réaffirmé sa volonté de poursuivre son accompagnement technique et de mobiliser la coopération internationale pour répondre aux besoins urgents d’Haïti en matière de développement et de gouvernance.

Le gouvernement haïtien, a conclu le ministre Métellus, « reste déterminé à poursuivre sa coopération étroite avec le FMI dans un esprit de responsabilité et de transparence ».

La rencontre du 13 octobre entre le gouvernement haïtien et le FMI confirme la continuité d’un partenariat axé sur la stabilité économique, la bonne gouvernance et la rigueur budgétaire, dans une perspective de sortie progressive de la fragilité économique et institutionnelle.

Éliminatoires Coupe du Monde 2026 (Zone Concacaf) : Haïti s’écroule lourdement face au Honduras (0-3) et recule à la 3ᵉ place du groupe

La sélection haïtienne a connu une nouvelle désillusion dans les éliminatoires de la Coupe du Monde 2026, en s’inclinant lourdement 0-3 face au Honduras. Un revers amer qui compromet un peu plus les espoirs de qualification des Grenadiers.

Dès le coup d’envoi, le Honduras a imposé son rythme et dominé les débats. Les hommes de Reinaldo Rueda n’ont laissé aucune chance à une équipe haïtienne dépassée dans tous les compartiments du jeu.
Rigoberto Rivas a ouvert le score à la 18ᵉ minute, Anthony Lozano a doublé la mise à la 26ᵉ, avant que Romell Quioto ne vienne sceller la victoire hondurienne à la 40ᵉ minute.

Malgré quelques sursauts d’orgueil en seconde période, la sélection haïtienne n’a jamais réussi à renverser la tendance. Le Honduras, solide et réaliste, a parfaitement géré son avantage jusqu’au coup de sifflet final.

Cette défaite place Haïti dans une situation délicate dans le groupe C des éliminatoires. Pendant ce temps, le Costa Rica a battu le Nicaragua sur le score de 4-1, ce qui a bouleversé le classement.

Le Honduras prend ainsi la tête du groupe, suivi du Costa Rica (2ᵉ), tandis qu’Haïti chute à la 3ᵉ place, devant le Nicaragua, lanterne rouge.

Les Grenadiers devront impérativement se ressaisir s’ils veulent rester dans la course à la qualification pour le Mondial 2026. La défense devra se montrer plus solide, l’entrejeu plus créatif, et l’attaque beaucoup plus réaliste.

Haïti dispose encore d’une marge de manœuvre, mais le temps presse. Les prochains matchs face au Costa Rica et au Nicaragua s’annoncent déjà comme de véritables finales pour espérer garder le rêve mondialiste en vie.

Mardoché D’Août

Vers les élections : Alix Didier Fils-Aimé veut accélérer la machine électorale

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Le processus électoral haïtien semble enfin s’engager sur une voie concrète. Ce mardi, le Premier Ministre Alix Didier Fils-Aimé a rencontré les membres du Conseil Électoral Provisoire (CEP) pour discuter des prochaines étapes menant à la tenue des élections tant attendues.

Selon les informations communiquées par la Primature, cette rencontre avait pour objectif principal de renforcer la collaboration entre le Gouvernement et le CEP, et de poser les bases d’un calendrier électoral clair et d’un décret régissant les scrutins à venir.

« Le Gouvernement réaffirme son soutien total au CEP et son engagement à garantir des élections transparentes, inclusives et crédibles », a déclaré la Primature dans un communiqué de presse, soulignant que la stabilité politique passe inévitablement par des institutions démocratiques fortes.

Cette initiative intervient dans un contexte où la pression nationale et internationale se fait de plus en plus sentir pour le retour à l’ordre constitutionnel. Après plusieurs années d’incertitude et de vide institutionnel, la mise en place du nouveau bureau du CEP apparaît comme une étape symbolique mais décisive sur le chemin de la normalisation politique.

Toutefois, de nombreux observateurs rappellent que la réussite de ce processus dépendra non seulement de la volonté politique affichée, mais aussi de la sécurité sur le terrain, du financement du processus et de la participation citoyenne. Le défi reste immense, mais pour la première fois depuis longtemps, l’espoir d’un retour aux urnes semble se dessiner.

Gesly Sinvilier

Haïti face à l’insécurité alimentaire : des indices préoccupants et un plan de riposte annoncé

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Les résultats de la classification IPC présentés par la CNSA confirment l’ampleur de la crise alimentaire en Haïti où 5,7 millions d’habitants sont en insécurité alimentaire persistante pour 2 millions en situation d’urgence. Face à une situation alarmante touchant plus de la moitié de la population, les autorités promettent une réforme en profondeur de la gouvernance alimentaire.

Ce vendredi 10 octobre 2025, on a présenté des résultats de la classification IPC (Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire), une initiative organisée par la Coordination nationale de la Sécurité alimentaire (CNSA).

Cette séance de restitution s’est déroulée en présence du Conseiller-Président Louis Gérald Gilles, du Directeur du Cabinet du Premier ministre, Axène Joseph, du ministre de l’Agriculture et des Ressources naturelles, Vernet Joseph, ainsi que des représentants de la FAO, du Programme alimentaire mondial (PAM) et de plusieurs partenaires techniques et institutionnels.

Une crise qui s’aggrave

Selon les données publiées, 5,7 millions d’Haïtiens sont actuellement en situation de crise alimentaire, dont près de 2 millions en phase d’urgence. Des chiffres qui traduisent la gravité d’une situation qui ne cesse de se détériorer depuis plusieurs années.

« Ces données ne sont pas de simples statistiques. Elles représentent des familles, des enfants, des communautés entières confrontées à la précarité et à la faim », a énoncé un communiqué de la Présidence après l’activité.

Les causes d’une insécurité alimentaire persistante

Pour Harmel Cazeau, représentant de la CNSA, la situation actuelle est le résultat d’une accumulation de facteurs défavorables.
En 2017, environ 18 % de la population haïtienne était en insécurité alimentaire. Huit ans plus tard, ce taux a presque triplé.

Pour lui, cette progression s’explique par plusieurs éléments :

La dégradation de la situation sécuritaire, qui empêcherait la circulation des produits agricoles et limite l’accès aux marchés ;

Les catastrophes naturelles répétées qui détruisent les récoltes et les infrastructures rurales ;

La crise économique surtout marquée par l’inflation, la chute du pouvoir d’achat et le chômage ;

Et la baisse de la production agricole due à l’abandon de centaines d’hectares de terres cultivables à cause de l’insécurité.

« De quoi trouver à manger reste une question sans réponse pour 5,7 millions d’Haïtiens », a souligné M. Cazeau, rappelant la mission première de la CNSA : collecter, analyser et actualiser les données sur la sécurité alimentaire au niveau des ménages et des communautés, tant en milieu rural qu’urbain, y compris dans les camps de déplacés.

Une réforme structurelle annoncée

Face à cette situation alarmante, le Conseil Présidentiel de Transition et le gouvernement ont lancé le Plan de Réparation et de Réponse aux Crises de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle.
Ce plan vise à :
mobiliser rapidement les ressources disponibles,
assurer un suivi financier transparent,
et renforcer la gouvernance du secteur alimentaire.

Le Conseiller-Président a également annoncé la transformation de la CNSA en Office national de la Sécurité alimentaire et Nutritionnelle, une mesure destinée à garantir une coordination plus efficace et une réponse mieux adaptée aux urgences.

L’agriculture au cœur de la réponse

De son côté, le ministre de l’Agriculture, Vernet Joseph, a réaffirmé l’engagement du gouvernement à combattre les causes structurelles de l’insécurité alimentaire et de la malnutrition.
Il a évoqué la perte de centaines d’hectares de terres arables en raison des violences armées et de l’abandon forcé de certaines zones de production.

Selon lui, les nouveaux travaux de cartographie et de classification entrepris par la CNSA permettront d’orienter les interventions de manière plus ciblée et efficace.
« Grâce à cette initiative, nous pourrons mieux planifier les actions et venir en aide aux zones les plus vulnérables », a déclaré le ministre, saluant au passage le soutien de la Banque mondiale et des partenaires internationaux.

Appel à la solidarité nationale

En conclusion, le Conseiller-Président Louis Gérald Gilles a lancé un appel à la responsabilité collective: « Ensemble, nous pouvons sauver des vies, protéger les moyens d’existence et renforcer la résilience alimentaire du pays. »

À travers cette initiative et cette volonté politique affirmée, Haïti tente de reprendre le contrôle de son destin alimentaire. Mais pour que ces promesses se traduisent en résultats concrets, il faudra une mobilisation durable de tous les acteurs – publics, privés et communautaires.

La rédaction

L’Accord Karibe annonce le dépôt d’une sommation contre le CEP et le CPT

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Port-au-Prince, 8 octobre 2025.-
Le regroupement politique Accord Karibe a officiellement saisi la justice pour dénoncer, ce qu’il qualifie de dérives institutionnelles et d’abus de pouvoir contre le Conseil Électoral Provisoire (CEP) et du Conseil Présidentiel de Transition (CPT).

Par une sommation acheminée le 7 octobre 2025 par l’huissier, le mouvement exige le respect de la légalité et la transparence dans la conduite de la transition politique.

Le document, enregistré sous le numéro 403467, vise directement les représentants légaux du CEP, Jacques Desrosiers, et du CPT, Laurent St-Cyr. Ces derniers « sont sommés de suspendre toute activité jugée contraire à l’intérêt national et aux principes démocratiques ». Selon Abel Loreston, représentant légal de l’Accord Karibe, cette démarche consiste, avant tout, à garantir le respect des droits politiques et à rétablir un équilibre institutionnel.

Ainsi L’Accord Karibe accorde-t-il un délai de trois jours francs au pouvoir pour surseoir de toutes activités liées au processus électoral. Il recommande la mise en place d’une commission de facilitation et de passation de pouvoir, chargée de préparer la transition et d’organiser le départ ordonné du gouvernement actuel avant le 7 février 2026, afin d’éviter que le pays ne sombre dans le chaos politique.

« L’État de droit ne doit pas rester un slogan. Nous demandons simplement l’application équitable de la loi », a déclaré M. Loreston qui réaffirme son engagement en faveur d’un dialogue politique inclusif pour transition apaisée et le rétablissement de la confiance entre les acteurs nationaux.

L’Accord Karibe, qui regroupe plusieurs partis et organisations paysannes et sociales, affirme vouloir défendre la démocratie, la justice sociale et la stabilité politique en Haïti.

Burger Week : un succès populaire qui interroge

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Le Burger Week s’impose désormais comme un rituel gourmand en Haïti. Chaque année, malgré l’instabilité et l’insécurité, les restaurants de la capitale rivalisent de créativité pour proposer le « meilleur burger » du moment. Et le public répond présent. Les files devant certains établissements et l’activité intense sur les réseaux sociaux confirment que la tradition s’installe, même dans un contexte difficile.

Pourtant, ce succès soulève une question : pourquoi un événement autour du burger — produit importé et symbole de culture mondialisée — parvient-il à mobiliser autant, alors qu’aucun festival d’envergure ne célèbre nos plats identitaires comme le Tonm Tonm, le Lalo, ou encore le Diri Djon Djon ?

La réponse tient à plusieurs facteurs. Le burger se prête bien au marketing moderne : facile à personnaliser, photogénique, il séduit une clientèle urbaine, jeune et connectée. Il attire aussi les sponsors privés et les restaurateurs qui y trouvent un bénéfice commercial direct. À l’inverse, les plats traditionnels exigent une chaîne de production plus locale, moins rentable à court terme, et bénéficient rarement d’un appui institutionnel ou médiatique solide.

La réussite du Burger Week prouve qu’en dépit de la crise, la vie culturelle et gastronomique haïtienne peut encore se réinventer. Mais elle révèle aussi une lacune : l’absence de stratégies pour valoriser nos produits du terroir. Imaginer un « Festival du Tonm Tonm » ou du « Lalo » serait non seulement un hommage à notre patrimoine culinaire, mais aussi une opportunité économique et touristique.

Il est temps que la même énergie, la même créativité et la même volonté qui font le succès du Burger Week soient mises au service de la gastronomie haïtienne authentique. Parce que nos saveurs locales méritent, elles aussi, leur semaine de gloire.

La rédaction

Israël – Hamas : Enfin, la paix au Moyen-Orient ?

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Par Jean Wesley Pierre

Sous un soleil aveuglant et des applaudissements soigneusement orchestrés, le président américain, Donald Trump a proclamé, lundi 13 octobre, un « jour formidable pour le Moyen-Orient ». Trump, revenu au cœur de la diplomatie régionale, a cosigné une déclaration censée garantir la fin de la guerre à Gaza, après deux années d’affrontements meurtriers entre Israël et le Hamas.

Quelques heures plus tôt, à Jérusalem, devant la Knesset, parlement israélien, il avait déjà planté le décor d’une victoire historique : « Ce n’est pas seulement la fin d’une guerre, c’est la fin d’une ère de terreur et de mort », a-t-il martelé. Pour l’ancien magnat de l’immobilier devenu président, ce cessez-le-feu marque « le début d’un âge d’or pour Israël et le Moyen-Orient ».

Au quatrième jour d’une trêve fragile, le Hamas a libéré les vingt derniers otages encore en vie, capturés lors de l’attaque du 7 octobre 2023. En échange, Israël a remis en liberté 1 968 prisonniers palestiniens. Une scène de contrastes s’est alors jouée entre Tel-Aviv et Ramallah : dans les rues israéliennes, des familles en larmes ont retrouvé leurs proches, tandis qu’en Cisjordanie, des foules en liesse ont accueilli les bus de prisonniers relâchés, drapeaux palestiniens et slogans de victoire à la main.

« C’est superbe et bouleversant que cela arrive enfin », souffle Shelly Bar Nir, 34 ans, sur la place des Otages à Tel-Aviv, où les visages oscillent entre soulagement et incrédulité. À Ramallah, Mahdi Ramadan, fraîchement libéré, parle d’« une renaissance ». Ces mots, chargés d’émotion, résument mieux que tout le sentiment d’un peuple épuisé par des décennies de souffrance.

Toujours maître de la mise en scène, Donald Trump a savouré sa victoire diplomatique. À la Knesset, le président américain a été accueilli par des casquettes rouges « Trump, le président de la paix » et ovationné par une salle debout. Le forain a promis un « nouveau commencement » pour la région, tout en glissant quelques phrases inhabituelles : un appel à la paix avec l’Iran et même une suggestion de grâce pour Benjamin Netanyahu, poursuivi pour corruption.

« Monsieur le président [Herzog], pourquoi ne pas lui accorder une grâce ? », a-t-il lancé en souriant, déclenchant un tonnerre d’applaudissements. Dans une autre époque, un tel appel aurait pu provoquer un scandale diplomatique ; aujourd’hui, il s’inscrit dans la logique d’un Trump sûr de son triomphe, décidé à s’imposer comme l’artisan de la paix.

Quelques heures plus tard, sous la coupole du centre de conférence de Charm el-Cheikh, les drapeaux de 31 pays flottaient au-dessus d’un immense slogan : « PEACE 2025 ». Aux côtés du président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, Donald Trump a accueilli les dirigeants du Qatar, de la Turquie et d’autres États impliqués dans la médiation. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, et le président palestinien Mahmoud Abbas étaient présents.

La « déclaration de Charm el-Cheikh » promet de consolider le cessez-le-feu et d’ouvrir la voie à un plan de reconstruction de Gaza. « Cela va tenir », a répété Trump, le pouce levé, comme un slogan de campagne. Mais aucun détail concret n’a filtré sur les garanties ou le calendrier du désarmement du Hamas.

Sur le terrain, la paix reste une idée encore fragile. Les chiffres rappellent l’ampleur du désastre : plus de 67 000 Palestiniens tués selon les autorités de Gaza, 1 219 victimes israéliennes depuis le 7 octobre 2023. Deux ans d’une guerre sans pitié, deux ans d’un massacre, ont laissé derrière elles des ruines, des hôpitaux détruits, des écoles, des universités, tout et tout et ajoutant à cela une population exsangue.

À Khan Younès, des camions d’aide humanitaire commencent timidement à franchir les postes frontières. « Nous avons besoin de tout : d’eau, de médicaments, de pain, de silence aussi », murmure une infirmière, le regard perdu dans le vide. Elle n’a plus de maison, plus de collègues, mais veut encore croire à la paix.

Le plan américain prévoit, à terme, le désarmement du Hamas et son retrait du pouvoir à Gaza. Mais, déjà, les responsables du mouvement islamiste évoquent une « deuxième phase difficile » des négociations. À Jérusalem comme à Ramallah, on sait que les promesses de paix ont souvent les pieds d’argile.

Pourtant, dans les rues de Tel-Aviv, des enfants brandissent des pancartes « Welcome home ». À Gaza, des prisonniers libérés lèvent les bras vers le ciel. Et dans les salons feutrés de Charm el-Cheikh, Donald Trump lève à nouveau le pouce. « Enfin, nous avons la paix au Moyen-Orient », dit-il.

Les mots résonnent, grandiloquents, presque irréels. Mais pour un instant peut-être trop bref, ils offrent à des millions de gens un souffle d’espoir, dans une région où la paix n’a jamais été qu’un rêve ajourné.