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La GSF prend la relève après la MMAS

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La Force de Répression des Gangs (GSF) est désormais en action en Haïti, succédant à la Mission d’Appui Multinationale à la Sécurité (MMAS). Sa mise en place a été autorisée par la Résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations Unies pour une période initiale de 12 mois. La GSF prévoit un effectif de 5 500 membres et 50 employés civils pour lutter contre les gangs et protéger les infrastructures essentielles. Pour l’instant, aucun nouveau déploiement n’a été effectué et les effectifs restent ceux de l’ancienne mission.

La GSF a publié sa note de presse le mercredi 15 octobre 2025, confirmant le début officiel de ses opérations. Elle intervient avec un mandat renforcé, incluant la conduite d’opérations basées sur le renseignement, la protection des aéroports, ports, hôpitaux et écoles, ainsi que le soutien à un accès humanitaire sans entrave. Elle peut agir de manière indépendante ou conjointement avec la Police nationale d’Haïti (PNH) et les Forces armées (FAd’H), tout en respectant le droit international et les normes des droits humains.

Un élément central de la mission est la création du Bureau d’Appui des Nations Unies en Haïti (UNSOH), qui doit fournir un appui logistique, médical et opérationnel. Cette structure devrait être pleinement fonctionnelle dans six mois et soutiendra la GSF dans l’exécution de ses opérations sur l’ensemble du territoire.

Comme mentionne la note, à ce jour, les patrouilles continuent sans interruption dans des zones sensibles comme le centre-ville de Port-au-Prince, Téléco, Kenscoff, Furcy et Petit-Rivière de l’Artibonite. La mission s’appuie pour l’instant sur le personnel hérité de la MMAS, et aucun renfort supplémentaire ni nouvelle livraison de matériel, en dehors des véhicules blindés récemment fournis par les États-Unis, n’a encore été déployé.

La GSF affirme sa volonté de renforcer la sécurité nationale, de protéger les populations et d’assurer la continuité de ses opérations tout au long de son mandat. La transition rapide depuis la MMAS se veut transparente et vise à éviter tout vide sécuritaire exploitable par les gangs criminels.

Est-ce que cette mission atteindra l’essor espéré ? Toutefois, des critiques ne manquent pas de survenir à la venue de cette nouvelle force étrangère en tenant compte des échecs d’anciennes missions à l’instar de la MMAS.

La rédaction

Mikaben : 3 ans depuis que cette voix s’éteint sur scène

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Le 15 octobre 2022, lors d’un concert à l’Accor Arena de Paris, le cœur du public s’est arrêté un instant avec celui de Michael Benjamin, plus connu sous le nom de Mikaben. À 41 ans, cet artiste haïtien au talent immense quittait la scène de manière tragique, laissant derrière lui un vide que la musique seule ne peut combler. Trois ans plus tard, le 15 octobre 2025, Haïti et le monde musical se souviennent de l’étoile qui a illuminé leur ciel.

Né en 1981 à Port-au-Prince, dernier d’une fratrie de trois enfants et fils du chanteur Lionel Benjamin, Mikaben a grandi dans un univers musical. À seulement 15 ans, il composait déjà ses premières chansons, et à 16 ans, il partait au Canada pour poursuivre ses études tout en continuant à cultiver sa passion pour la musique.

Dans les années 1990, il participe à un concours de chansons sur Telemax, qui marque ses premiers pas publics sur la scène haïtienne. Son premier album, VWAYAJ, sorti en 2000, lui offre une notoriété naissante, confirmée l’année suivante avec le succès de Ou Pati, extrait de l’album Haïtian Troubadours. En 2004, il sort son second album solo MIKA, affirmant son style unique et sa capacité à mêler tradition et modernité.

En 2005, Mikaben fonde le groupe Krezi Mizik, où il brille en tant que chanteur principal, tout en collaborant avec le célèbre groupe Carimi. En 2009, il choisit de reprendre sa carrière solo et enchaîne plusieurs albums, dont le très acclamé MKBN en 2018. Son engagement artistique le conduit à signer avec Warner Music France en 2016, ouvrant la porte à une diffusion internationale, avec des titres comme Ti Pam Nan qui traversent les frontières.

Polyglotte musical, Mikaben chantait en créole, français, anglais et espagnol, explorant les genres du kompa, reggae, dancehall et rap. Sa voix, tour à tour douce et puissante, portait des messages engagés sur la culture, les réalités sociales et les défis d’Haïti. Sur scène, sa présence charismatique et ses collaborations avec des artistes locaux et internationaux ont fait de lui une figure incontournable de la musique haïtienne moderne.

Aujourd’hui, trois ans après sa disparition tragique, Mikaben demeure vivant dans les mémoires. Sa musique continue de vibrer dans le cœur de ses fans et des jeunes artistes qu’il a inspirés. Des concerts, des hommages et des événements culturels sont organisés pour célébrer son œuvre et rappeler que sa voix, bien que disparue, continue de résonner.

Mikaben reste à jamais une étoile brillante de la scène musicale haïtienne, un artiste dont le souffle et les chansons traversent le temps. Trois ans après sa mort, son héritage est plus vivant que jamais : chaque note, chaque mélodie, est un rappel que certaines voix ne s’éteignent jamais vraiment.

La rédaction

CÉLÉBRATION DE LA 17 ÈME JOURNÉE DES FEMMES RURALES

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Ce mercredi 15 Octobre marque la journée internationale des Femmes Rurales. Initiée par les Nations Unies depuis 2007 dans un contexte d’inclusion, de valorisation, et de solidarité, quelques rares organisations, acteurs oeuvrant au sein de diverses structures de la société civile haïtienne, et institutions étatiques, ont ressenti la nécéssité de commémorer la 17ème journée, à Limonade.

A l’ocassion, le ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes s’est différencié, en rehaussant l’éclat de cette journée lors d’une activité d’envergure, tenue dans l’enceinte du campus universitaire, où plusieurs centaines de femmes, notamment des responsables d’organisations du grand nord, y ont participé. Elles ont salué le courage, la dynamisme, et l’apport incontestable des femmes vivant en milieu rural évoluant dans
la production agricole et l’économie nationale.

Il y a eu différents moments où des témoignages poignants, des piécettes, chansons traditionnelles, choégraphies, déclamations, entres autres, ont constitué les points forts de cette célébration, impliquant la participation de nombreuses personnalités, venues de divers horizons.

Au cours des interventions, les responsables d’organisations de femmes ont évoqué des problèmes majeurs, constituant d’obstacles à l’émencipation, et aux progrès réels des femmes rurales, qui sont, généralement, marginalisées et laissées pour contre.

De plus, le non accès à la terre, aux crédits, à une éducation de qualité, à l’alimentation et aux soins de santé primaires, ont été soulignés à l’attention des plus hautes autorités du pays.

Célébrée dans un contexte particulier, associé à l’instabilité politique, l’insécurité généralisée et une crise alimentaire sans précédent, la 17ème journée internationale des Femmes Rurales, devrait relancer le débats sur l’équité de genre, la violence faite aux femmes, et reconsidéré le poids et la contribution des femmes rurales dans la chaine de production agricole au niveau mondial, tout en tenant compte des statistiques, démontrant clairement, que les femmes employées dans le secteur agricole gagnent 82 centimes, pour chaque dollar gagné par les hommes, selon un rapport d’enquête de FAO.

Prenant la parole à l’occasion, la ministre à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes, Pédrica Saint Jean, a fait l’historisité de la date du 15 octobre, retenue par l’ONU, pour saluer, valoriser, et encourager les femmes rurales.

Aussi, elle a profité de son intervention pour motiver les femmes qui entreprennent tout une série d’activités pouvant les rendre autonomes.

Au cours de cette activité, la titulaire du MCFDF s’est accentuée sur la combativité et la résilience des femmes, plus particulièrement, celles du grand nord, pour les mettre à l’honneur. « Je salue votre courage, j’apprécie votre dévouement et votre dynamisme a martelé », Pédrica Saint Jean.

A travers la réalisation de cette activité le MCFDF voulait envoyer un signal et un méssage clair aux femmes des dix départements, en leur rappelant que ce ministère accorde une attention particulière à la lutte pour la protection, et le respect des droits des femmes et de filles du pays sans distinction aucune.

Jacques Innocent

Haïti: Les Conseils des ministres se tiendront désormais au Palais national, le gouvernement Fils-Aimé montre ses muscles

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PORT-AU-PRINCE— Le gouvernement haïtien réinstalle progressivement ses activités au Palais national, dans une démarche à la fois symbolique et stratégique visant à réaffirmer la présence de l’État dans la capitale, longtemps désertée sous la menace des gangs armés.

«Dorénavant, tous les Conseils des ministres se tiendront au Palais, aux Champs de Mars», a annoncé le secrétaire d’État à la Communication, Bendgy Tilias, dans un entretien accordé au Nouvelliste ce mardi 14 octobre 2025. Selon lui, cette décision traduit la volonté du gouvernement et du Conseil présidentiel de transition (CPT) de réinvestir durablement le centre-ville et de restaurer la souveraineté de l’État au cœur de la capitale haïtienne.

Le Conseil des ministres du jeudi 9 octobre, tenu au Palais national pour la première fois depuis janvier 2024, marque une étape hautement symbolique dans cette stratégie de reconquête institutionnelle.

«La tenue de ce Conseil au Palais national constitue un signal fort de la détermination de l’exécutif à affronter résolument le fléau de l’insécurité et à rétablir l’autorité légitime de l’État dans la capitale», a souligné Tilias.

Un retour progressif de l’administration publique au centre-ville

Pour le secrétaire d’État, cette initiative s’inscrit dans une dynamique plus large de rétablissement de l’administration publique au centre-ville, paralysée ces dernières années par la violence et les déplacements forcés.

«Les bâtiments administratifs doivent pouvoir recommencer à fonctionner au centre-ville », a-t-il insisté, exprimant son souhait de voir les services publics réinvestir les lieux désertés depuis trop longtemps.

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, présent lors du Conseil, a salué cette réinstallation du gouvernement au Palais national, la qualifiant d’acte de résilience et de reconquête nationale.

«L’État haïtien se redresse, pas à pas, avec calme, courage et détermination. Nous reprenons le contrôle de notre capitale et nous rendons à notre peuple la sécurité et la dignité qu’il mérite », a-t-il déclaré à l’issue de la réunion.

Dans une vidéo publiée par la Primature, filmée depuis l’intérieur d’une voiture circulant sur l’aire du Champ de Mars, le gouvernement affirme que «petit à petit, la vie reprend dans le pays, notamment dans la capitale», signe d’un retour timide mais significatif de l’activité institutionnelle dans une zone longtemps contrôlée par les gangs.

Un geste à caractère politique avant tout

Au-delà de sa portée symbolique, la décision de tenir les Conseils des ministres au Palais national s’inscrit aussi dans une stratégie politique de consolidation de l’autorité étatique, à quelques mois de la fin de la transition.

Le gouvernement cherche à rétablir la confiance du public dans les institutions, notamment en réaffirmant son engagement en faveur d’élections libres et crédibles.

Un retour du pouvoir symbolique dans une capitale meurtrie

La réinstallation des Conseils des ministres au Palais national apparaît comme un acte de défi face à l’insécurité persistante et à la fragmentation territoriale de Port-au-Prince.

Alors que plus de 80% de la région métropolitaine demeure sous la menace de groupes armés, cette initiative revêt une dimension politique et psychologique majeure: celle d’un État qui cherche à se réaffirmer là même où son absence symbolisait, depuis des années, le recul du pouvoir républicain.

En réinvestissant le Palais national, le gouvernement Fils-Aimé envoie un message clair : celui d’un retour progressif de l’autorité publique et d’une volonté de restaurer la confiance, préalable indispensable à toute reconstruction politique et sociale durable.

Jean Mapou

Haiti – OEA : Bientôt, une visite du secrétaire général de l’OEA pour renforcer la coopération régionale

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Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince – 15 Octobre 2025 — Le secrétaire général de l’Organisation des États américains (OEA), le Surinamais Albert Ramdin dont le mandat a commencé ce ce 26 mai 2025, effectuera une visite officielle en Haïti à la fin du mois. Cette mission intervient à un moment crucial, alors que le pays s’apprête à accueillir une force multinationale destinée à combattre l’insécurité gangréenne.

Cette visite de travail s’inscrit directement dans le sillage de la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui a donné son feu vert au déploiement de la Force de répression des gangs (FRG). Celle-ci sera composée de 5 500 policiers et militaires internationaux.

Selon des sources diplomatiques, l’objectif principal de M. Ramdin est de s’entretenir avec les autorités haïtiennes pour renforcer la coopération régionale et assurer le soutien politique de l’OEA à cette mission sensible. Les discussions porteront sur la coordination sécuritaire et le soutien à apporter pour restaurer l’ordre public.

Le mandat de cette force est clair : appuyer la Police nationale d’Haïti (PNH), et les forces armées d’Haïti, actuellement débordée, dans sa lutte contre les groupes armés qui terrorisent la population et contrôlent de vastes étendues du territoire, notamment la capitale.

La visite d’Albert Ramdin est donc perçue comme une étape clé pour finaliser les préparatifs et assurer une synergie entre l’action internationale et les autorités locales, avec un enjeu de taille : la stabilisation et la sécurisation durable d’Haïti.

Rentrée scolaire 2025 : le Gouvernement déploie une série de mesures pour soutenir les familles et les plus vulnérables

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À l’occasion de la 25e édition des Mardis de la Nation, le ministre des Affaires sociales et du Travail, Georges Wilbert Franck, a annoncé plusieurs actions majeures entreprise à la veille de la rentrée scolaire 2025-2026 : libération des écoles occupées par les PDI, transferts monétaires aux parents d’écoliers, appui financier aux ménages vulnérables et soutien spécial aux ouvriers.

Port-au-Prince, le mardi 14 octobre 2025. – Dans un contexte économique difficile marqué par la hausse du coût de la vie et les défis sociaux persistants, le Gouvernement haïtien intensifie ses efforts pour alléger les charges des ménages. Le ministre des Affaires sociales et du Travail, M. Georges Wilbert Franck, a présenté, lors des Mardis de la Nation, une série de mesures concrètes visant à soutenir les parents, les ouvriers et les personnes déplacées internes (PDI).

Libération des écoles occupées par les PDI

Première étape du Programme d’urgence multisectorielle (PUM), la libération des établissements scolaires occupés par des PDI s’accélère. Parmi les institutions déjà récupérées figurent la Faculté de Linguistique, le Lycée Marie-Jeanne, le Lycée Anténor Firmin et l’École nationale Colbert Lochard. Ces actions visent à garantir la reprise normale des activités scolaires tout en assurant la relocalisation digne et progressive des familles déplacées.

Transferts monétaires aux parents d’écoliers

Afin d’aider les parents à couvrir les frais liés à la rentrée, environ 108 000 d’entre eux ont déjà bénéficié d’un transfert de 15 000 gourdes via MonCash ou Natcom, sur un objectif total de 200 000 bénéficiaires. Cette mesure, inscrite dans le programme d’accompagnement social du Gouvernement, s’inscrit dans une stratégie plus large de protection sociale.

Parallèlement, grâce au Système d’information du MAST (SYMAS), plus de 60 000 ménages recevront une aide directe de 15 000 gourdes. Ces fonds, intégralement financés par le Gouvernement, visent à renforcer la résilience économique des foyers les plus fragiles.

En outre, près de 31 000 ouvriers bénéficieront d’une assistance spéciale. Dix-neuf projets sociaux sont également en cours d’exécution, en collaboration avec sept ministères et le Fonds d’assistance économique et sociale (FAES), pour répondre aux besoins des communautés les plus affectées.

Cependant, malgré ces soutiens, bon nombre de citoyens continuent de se plaindre du coût élevé de la vie. Selon plusieurs témoignages, les aides distribuées ne suffisent pas à couvrir les besoins de base des familles, notamment en matière d’alimentation, de logement et de fournitures scolaires. Pour beaucoup, cette période de rentrée reste disproportionnée par rapport à leurs moyens économiques.

Un engagement renouvelé

En clôturant son intervention, le ministre Georges Wilbert Franck a réaffirmé la volonté du Gouvernement, sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, de « rester aux côtés des familles vulnérables et de garantir une rentrée scolaire réussie pour tous les enfants d’Haïti ».

Un pays à relever, des besoins à combler et ces besoins réels des ménages appellent à des efforts supplémentaires pour répondre à l’ampleur de la crise.

La rédaction

Que cette nouvelle étape soit remplie de sens, de paix et d’élans nouveaux. »

L’ancien Patron de Télémax est mort

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Figure emblématique du milieu culturel haïtien, Robert Denis ancien patron de Audiotek Studio et PDG de Télémax est mort tôt ce 14 Octobre.

Souffrant depuis quelques années, Boby, pour les intimes, a été admis dans un centre hospitalier en observation.

La nouvelle de son décès a été confirmé ce mercredi par l’Association des Médias Haïtiens ANMH.

Le départ de Robert Denis, selon plusieurs témoignages, laisse un vide tant qu’au niveau du secteur culturel et du secteur médiatique haïtien.

On se souviendra durant de très longues années de ses réalisations sur la chaine de production culturelle, et de son apport avec la station de télévison moderne Télémax, qui a provoqué un tournant au sein de la société.

Haïti: Réapparition du choléra, le plan d’urgence des autorités sanitaires

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PORT-AU-PRINCE.— Le spectre du choléra plane à nouveau sur Haïti. Plusieurs cas suspects confirmés ont été recensés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince et dans certains départements, notamment l’Ouest et le Centre, poussant les autorités sanitaires à activer un plan national de réponse.

Selon, Bertrand Sinal, le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), cette recrudescence de cas est liée à la dégradation des conditions d’hygiène, à la pénurie d’eau potable et à la crise sécuritaire qui empêche l’accès à certaines zones.

Un plan de riposte réactivé

Face à cette situation, le Dr Gabriel Thimothé, directeur général du MSPP, a convoqué une réunion spéciale au début du mois d’octobre avec les directeurs centraux et la direction départementale de l’Ouest. À l’issue de cette rencontre, un plan de riposte nationale a été adopté.

Ce plan comprend notamment:
le renforcement de la surveillance épidémiologique dans toutes les communes affectées;
la réactivation des Centres de Traitement des Diarrhées Aiguës (CTDA) pour accueillir les cas sévères;

la mise en place de points d’eau chlorée dans les lieux publics;
et une campagne de sensibilisation sur les gestes d’hygiène (lavage des mains, traitement de l’eau, conservation des aliments).

Le ministère appelle à la vigilance et à la collaboration de tous, soulignant que la lutte contre le choléra dépend aussi du comportement individuel et communautaire.

Une recrudescence aggravée par la crise sécuritaire

Les autorités reconnaissent toutefois que la mise en œuvre du plan d’urgence se heurte à des obstacles majeurs. Dans plusieurs quartiers de la capitale, comme Cité Soleil, Dekayet dans le quartier de Carrefour-Feuilles, l’accès des équipes médicales est entravé par la violence armée.

Les organisations internationales, notamment l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS/OMS) et l’UNICEF apportent leur appui au MSPP, en soutenant les structures de traitement et en distribuant des kits d’hygiène aux personnes déplacées internes.

D’après les estimations des agences humanitaires, plus de 1 700 cas suspectés ont été enregistrés depuis le début de la résurgence, dont près de la moitié chez des enfants.

Appel à la mobilisation nationale

Alors que le pays fait face à une crise humanitaire complexe, le MSPP exhorte les autorités locales, les organisations communautaires et la population à adopter des comportements préventifs. «La prévention reste notre première ligne de défense», rappelle le Dr Thimothé, qui insiste sur la nécessité de garantir l’accès à l’eau potable et à des infrastructures sanitaires fonctionnelles.

La résurgence du choléra, près de dix ans après sa disparition officielle, rappelle la fragilité du système de santé haïtien et l’urgence d’un effort collectif pour éviter une nouvelle catastrophe sanitaire.

Jean Mapou

“La France face à elle-même : la fragilité intérieure d’une puissance en quête de cohérence mondiale”.-

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Vers un pacte du renouveau entre la République française et la Deuxième République ou la République Renaissante haïtienne.-

Introduction : le paradoxe français du XXIᵉ siècle.-

La France, héritière d’un rayonnement civilisationnel sans équivalent dans l’histoire moderne, se trouve aujourd’hui à un tournant historique. Puissance militaire, diplomatique et culturelle reconnue, elle affronte une réalité intérieure complexe : une fragilité politique et sociale croissante, qui menace la cohérence même de sa projection internationale.

Les crises successives — des mouvements sociaux à la contestation de la réforme des retraites, de la défiance envers les institutions à la montée du scepticisme populaire — ont révélé une fracture profonde entre la France d’en haut et la France d’en bas.

Sur la scène internationale, après les déboires du Sahel (Mali, Burkina Faso, Niger, Tchad) et les tensions persistantes dans plusieurs zones d’influence historique, c’est désormais le tour de Madagascar, autrefois bastion du lien franco-africain, de questionner la nature réelle du partenariat avec Paris.

Ce constat n’est pas une critique : il est le symptôme d’un monde en mutation, où l’ancien équilibre colonial ne suffit plus à fonder la légitimité d’une puissance. La France, pour rester grande, devra apprendre à redevenir juste, humble et lucide.

I. Le paradoxe d’une puissance : entre moyens mondiaux et fragilités intérieures.-

Sur le plan diplomatique, la France reste l’une des nations les mieux dotées : siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU, puissance nucléaire, réseau diplomatique parmi les plus vastes au monde, langue universelle.

Mais à l’intérieur, la cohésion nationale se délite. Le malaise social s’enracine. L’inflation de la dette publique, la crise énergétique, le choc migratoire, les tensions communautaires et le désenchantement de la jeunesse forment un cocktail explosif.

Ainsi, la gouvernance de l’ancienne puissance coloniale devient une alchimie paradoxale : entre les moyens d’une grande puissance et les fragilités d’une société en quête de sens. Le prestige international masque mal la précarité sociale, et la projection militaire contraste avec la crise de confiance civique.

Ce contraste illustre le dilemme du XXIᵉ siècle français : comment continuer à défendre la grandeur du pays sans avoir retrouvé la paix intérieure ?

II. La France et ses anciennes colonies : un héritage à réinventer.-
Depuis plus d’un siècle, le rapport entre la France et ses anciennes colonies oscille entre tutelle, coopération et méfiance.

Les interventions militaires au Sahel ont cristallisé un sentiment d’usure : les peuples africains ne rejettent pas la France, ils réclament simplement une nouvelle forme de partenariat, débarrassée de la logique d’ingérence et fondée sur la réciprocité.

L’échec du “modèle postcolonial” n’est pas celui d’une idéologie, mais celui d’une méthode. La France a voulu protéger son influence au lieu de partager sa puissance.

Aujourd’hui, face à l’éveil panafricain, elle doit inventer une autre diplomatie : une diplomatie du respect, non de la dépendance.

III. Le tournant malgache : symbole d’un basculement global.-

Madagascar, longtemps considéré comme un allié francophone fidèle, manifeste désormais les signes d’un repositionnement stratégique.
Comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger avant lui, l’État malgache explore de nouvelles alliances économiques et militaires — notamment avec la Chine, la Russie et les pays émergents.

Cette tendance n’est pas un rejet de la France, mais un signal d’épuisement du modèle unilatéral. Le monde post-occidental n’est plus une théorie : il est une réalité.

Et la France, pour conserver son influence, doit accepter de renégocier ses alliances sur une base d’égalité réelle.

IV. Haïti et la France : entre mémoire et renouveau.-

Dans cette recomposition mondiale, Haïti occupe une place symbolique et stratégique unique.

Première République noire libre du monde, née d’une révolution contre la domination coloniale française, Haïti ne demande pas la rupture, mais le respect historique et la reconnaissance d’un partenariat d’égal à égal.

C’est dans cet esprit que s’inscrit le Programme “Renaissance (Leave No One Behind)”, qui incarne la Deuxième République haïtienne, la plus grande vision socio-économique du pays depuis 1804.

Cette nouvelle ère s’inspire des valeurs universelles de justice, d’égalité et de liberté — des valeurs que la France elle-même a proclamées.

Mais cette fois, il ne s’agit pas d’imiter la République française : il s’agit de dialoguer avec elle, sur la base d’une maturité politique retrouvée.

V. La doctrine de la Droite Dessalinienne : un pont entre deux mondes.-

La “Droite Dessalinienne”, conçue et portée par Yvon Bonhomme, n’est pas une doctrine de rupture.

Elle est une philosophie du renouveau moral, de la responsabilité collective et du patriotisme éclairé.

Elle s’inspire à la fois de Jean-Jacques Dessalines, Fondateur de l’indépendance haïtienne, et du stoïcisme antique, cherchant à unir la vertu, la raison et la souveraineté.

Cette pensée invite à repenser les rapports entre les nations :

“Les peuples libres ne se craignent pas, ils s’élèvent ensemble.”

C’est pourquoi le dialogue entre la Deuxième République haïtienne et la Cinquième République française doit devenir un Pacte du Renouveau, fondé sur la vérité historique, la reconnaissance mutuelle et la construction d’un nouvel humanisme francophone.

Conclusion : pour un pacte du renouveau.-

Loin d’une critique hostile, cette réflexion est une invitation à la lucidité partagée.

La France et Haïti, mères et filles d’une même culture de liberté, ont aujourd’hui rendez-vous avec l’histoire : celle de la réconciliation des peuples, du dépassement des blessures et de la renaissance des consciences.

Si la France veut demeurer grande, elle devra apprendre à écouter.

Et si Haïti veut redevenir forte, elle devra apprendre à dialoguer.

Ainsi naîtra, entre les deux rives de l’Atlantique, le Pacte du Renouveau, celui de la “Droite Dessalinienne”, de la Deuxième République haïtienne et d’une France réconciliée avec sa propre promesse universelle.

Signé :
Yvon Bonhomme
Stoïcien, Chercheur engagé, Stratégiste politique, Feministe,

Ancien Directeur Général du Ministère des Haïtiens Vivant a l’Etranger (MHAVE),

Président-Fondateur du Parti Politique Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL),
Concepteur et Inventeur de la Droite Dessalinienne et le mouvement des Madan Sara,
Architecte de la Deuxième République,

“Ce ne sont pas les événements qui troublent les hommes, mais l’idée qu’ils s’en font.” — Épictète.

Ressusciter l’esprit de Dumarsais Estimé : quand la probité guidait l’État

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Un président issu du peuple et proche de ses valeurs

Accédé à la première magistrature de l’État le 16 août 1946, au lendemain d’une crise révolutionnaire qui mit fin au régime Lescot, Léon Dumarsais Estimé (21 avril 1900 – 19 juillet 1953) demeure l’une des figures les plus marquantes de l’histoire politique haïtienne du XXe siècle.Instruit de la réalité sociale et de la nécessité du courage et de l’honnêteté dans les affaires publiques par son oncle Estilus Estimé (ancien maire des Verrettes etsénateurde la République), homme cultivé et profondément attaché à la justice sociale, Dumarsais Estimé entendait bâtir un État moral, fondé sur la responsabilité et l’intégrité. Dès son arrivée au pouvoir, il lança un vibrant appel à la moralisation de la vie publique, exhortant les membres de son gouvernement à servir avec loyauté et désintéressement.

Des lois exemplaires pour la transparence et la reddition de comptes

Dans un climat politique encore secoué par les abus de l’ancien régime, Estimé fit voter la loi du 15 octobre 1946, instituant une commission spéciale d’enquête sur l’administration de son prédécesseur, Antoine Louis Léocardie Élie Lescot, que la clameur publique accusait de malversations et de détournement de fonds.

Quelques mois plus tard, il fit promulguer la loi du 28 février 1947, ordonnant le séquestre des biens de l’ancien président, de plusieurs membres de son gouvernement et de certains de ses proches, dans l’attente d’une décision de justice.
Ces mesures, inédites dans l’histoire administrative haïtienne, témoignaient du courage politique d’un chef d’État décidé à rendre des comptes à la nation et à mettre fin à l’impunité.

Un projet moral interrompu par la chute du pouvoir

Mais l’œuvre d’Estimé ne résista pas longtemps aux forces conservatrices qui voyaient d’un mauvais œil son désir de réforme. Sa chute brutale mit fin à un processus de redressement administratif et moral qui, s’il avait été mené à terme, aurait sans doute changé la trajectoire de la gouvernance publique en Haïti.

L’esprit d’Estimé fut néanmoins immortalisé par ses actes : il avait osé toucher à l’intouchable, remettre en question la tradition d’impunité et placer la moralité publique au cœur de la politique nationale.

Un héritage moral à redécouvrir

Près de huit décennies plus tard, alors que des institutions comme l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), la Cour Supérieure des Comptes ou encore l’Unité Centrale de Renseignements Financiers (UCREF) existent pour combattre la corruption, la pratique du pouvoir reste souvent entachée d’abus, de favoritisme et de gaspillage.
Ressusciter l’esprit d’Estimé, c’est reconnaître que la lutte contre la corruption n’est pas qu’une affaire d’institutions, mais avant tout de volonté politique et d’exemplarité morale.

Quand la poule crie trop fort…

Le gouverneur général à vie Jean-Jacques Dessalines qui devint Empereur sous le nom de Jacques 1er avait coutume de dire à ses collaborateurs corrompus de  » plumer la poule sans la faire crier « .
Aujourd’hui, non seulement la poule crie, mais même ceux et celles qui ne participent pas au festin entendent ses hurlements. Le cri de la poule est celui d’un peuple épuisé par l’injustice, la pauvreté et le cynisme des élites.

Suivre les traces de Dumarsais Estimé, c’est renouer avec une époque où la politique avait encore une âme, où la fonction publique signifiait service à la nation, et non enrichissement personnel par tous les moyens. C’est peut-être là la voie la plus sûre pour réconcilier l’État et le citoyen, et pour que le mot moralité retrouve enfin son sens dans la République.

Pierre Josué Agénor Cadet