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Hommage à Maître Nestor Calixte

Par Pierre Josué Agénor Cadet

 » Enseigner, c’ est déposer dans les âmes les semences de l’éternité »

La nouvelle d’un départ

Grande fut ma surprise, et plus encore mon émotion, lorsque je reçus, via WhatsApp, le message de mon ancienne camarade de classe du Collège Notre-Dame de Lourdes, Ronyde Bélizaire Imbert, compagne d’études de la sixième à la première, m’annonçant le départ pour l’au-delà de Maître Nestor Calixte, notre éminent professeur de littérature.La nouvelle m’a profondément bouleversé. Elle marquait la disparition d’un éducateur d’exception, d’un esprit éclairé, d’un homme qui fut pour nous bien plus qu’un simple enseignant.

Une figure emblématique du Nord-Ouest

Qui, dans le département du Nord-Ouest en général, et à Port-de-Paix en particulier, ne connaissait pas Maître Nestor Calixte ?

Figure emblématique du savoir et de la sagesse, avocat brillant, pédagogue accompli, amoureux des lettres et des mots, il fut pour plusieurs générations un phare intellectuel et moral.

Sa voix, empreinte d’autorité et de bienveillance, résonne encore dans la mémoire de ceux qui, comme moi, eurent le privilège d’être ses élèves en classes de seconde et de rhétorique.
C’est lui qui m’ouvrit les portes des grands écrivains, me donnant le goût du beau style, de la pensée juste et de l’expression noble.

Plus qu’un professeur : un guide et un père spirituel

Mais Maître Nestor Calixte n’était pas seulement un enseignant. Il fut un guide, un conseiller, un père spirituel, un bâtisseur d’âmes et de consciences.
À travers ses cours de littérature, il nous transmit une véritable philosophie de vie : le respect de soi et des autres, la dignité, la rigueur intellectuelle, la méthode, le courage et la foi dans la valeur de l’effort. Sa parole était une leçon, son attitude une école, sa vie un témoignage.

Appartenant à cette noble génération de professeurs désormais en voie d’extinction, il incarnait la passion du métier, le sens du devoir et l’amour de la jeunesse. Pour lui, enseigner n’était pas un emploi, mais un sacerdoce, une mission au service de l’esprit et de la nation.

L’homme, le patriote, l’exemple

Homme de culture et patriote sincère, Maître Nestor portait Haïti dans son cœur avec ferveur et conviction.
Malgré les épreuves de la vie, il n’avait jamais cessé de croire à la grandeur de l’éducation, ni à la capacité des jeunes à changer le destin de leur pays.
Sa passion pour le savoir s’accompagnait d’un profond sens du travail bien fait, d’une exigence de clarté et d’une recherche constante de la perfection dans les choses de l’intelligence.

L’homme humble

En rédigeant ce texte, Alix Lalane, un de mes condisciples au CNDL, m’a appelé pour me mettre aussi au courant du décès et me faire un rappel pour le moins singulier,mais profondément inspirant. À Port-de- Paix, le commissaire du gouvernement, Maître Nestor, mène une double vie que peu oserait imaginer: avant et après ses heures de bureau au parquet, il est chauffeur de tap-tap sur la ligne Port- de-Paix/Saint- Louis du Nord. Ce contraste, loin d’être une contradiction, révèle une humilité rare et une grandeur d’âme remarquable.

Ses anciens élèves se souviennent encore d’une de ses phrases devenues presque légendaires:  » Je préfère marcher à pied pour venir dispenser les cours, car à bord de mon véhicule, on ne peut pas voir combien je suis élégant ». Une déclaration qui dit tout: la simplicité, le sens de l’humour, mais aussi la noblesse d’un homme qui ne se mesure pas à la hauteur de son titre, mais à la profondeur de son humanité.

Le retour au berceau natal

Affaibli par le poids des années, Maître Nestor avait rejoint depuis quelque temps les siens en terre étrangère. Sentant approcher la fin du voyage, il formula le vœu de revenir à Port-de-Paix, sa ville natale, ce coin de terre qu’il chérissait plus que tout. Et c’est là, fidèle à son attachement profond à ses origines, qu’il rendit paisiblement son dernier souffle, le jeudi 16 octobre, vers deux heures de l’après-midi, accomplissant ainsi son ultime souhait : mourir là où tout avait commencé.

Adieu et MERCI, Maître Nestor Calixte

Merci pour la lumière que tu as allumée dans nos esprits, pour la noblesse de ton exemple, pour ta générosité et ton dévouement.Tu resteras à jamais dans la mémoire de tes élèves comme l’un de ces maîtres dont on ne se remet jamais d’avoir croisé le chemin.

Que la terre de Port-de-Paix te soit douce et légère, Maître Nestor !
Ton nom demeurera inscrit dans la grande mémoire de l’éducation haïtienne.

Pierre Josué Agénor Cadet

N.B.
Me Francklin Nestor Calixte fut Professeur de litterature Française au Lycée Tertullien Guilbeaud et au Collège Notre Dame de Lourdes de Port-de-Paix, Commissaire du Gouvernement près le Parquet de Port-de-Paix pendant plusieurs décennies, Delegué departemental du Nord’ouest, president de la croix Rouge de Port-de-Paix, Juge d’instruction près le Tribunal de premiére Instance de Port-au-Prince, Avocat au Barreau de Port-de-Paix et ex-Batonnier de l’ordre des Avocats de Port-de-Paix.

Haïti: Le CREAT forme plus d’une centaine de jeunes sur la passation des marchés publics

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PORT-AU-PRINCE.— Dans un contexte national marqué par la quête de transparence et de bonne gouvernance, le Centre de Recherche d’Étude et d’Appui Technique (CREAT) se positionne comme un acteur clé de la formation citoyenne en Haïti. L’institution a organisé, ce vendredi, à Pétion-Ville, une session de formation sur la passation des marchés publics, réunissant plus d’une centaine de jeunes professionnels, étudiants et acteurs du secteur public et privé.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un vaste programme de renforcement des capacités institutionnelles et de promotion de la transparence dans la gestion des affaires publiques, pilier essentiel de la gouvernance démocratique.

Un prétexte pour l’apprentissage et la réflexion sur la transparence publique

La formation a rassemblé un public diversifié: entrepreneurs, responsables marketing, chercheurs, étudiants, membres d’ONG et décideurs publics, autour d’un même objectif, celui de comprendre les mécanismes de passation des marchés publics et leurs implications dans le développement national.

Les intervenants ont proposé une approche à la fois théorique et pratique, axée sur les enjeux de transparence, d’intégrité et de responsabilité dans la gestion des fonds publics.

Premier module: cadre légal et institutionnel des marchés publics

Présenté par Me Theralus Carlens Steeff, ce premier module a abordé les fondements juridiques et le cadre institutionnel des marchés publics en Haïti.

Le juriste a insisté sur la nécessité d’une transparence totale dans la publication des appels d’offres et dans la gestion des informations publiques, soulignant le rôle stratégique de plusieurs institutions telles que la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT) et le Ministère de l’Économie et des Finances (MEF).

Deuxième module: procédures et réalités administratives

Le deuxième module, animé par M. Garnel Dutrevil, a permis de décortiquer les procédures de passation des marchés telles que prévues par la législation haïtienne.

Le formateur a présenté les quatre types de marchés reconnus en Haïti, tout en détaillant les procédures exceptionnelles d’appel d’offres prévues à l’article 34.1 de la loi sur les marchés publics.

Son intervention a mis en lumière les défis administratifs et les zones de fragilité institutionnelle qui entravent souvent la mise en œuvre efficace de ces procédures.

Troisième module: préparation et soumission des offres

Dans le dernier module, M. Whistler Gaspard a guidé les participants à travers les étapes clés de la préparation et de la soumission d’une offre.

L’objectif: fournir aux futurs professionnels les outils nécessaires pour rédiger des offres compétitives, conformes aux exigences techniques et administratives du cadre légal haïtien.

Le CREAT, un model d’engagement citoyen et de bonne gouvernance

En clôture de la journée, le Directeur général du CREAT, M. Robenson Sanon, a salué la réussite de la formation et la participation active des jeunes. Il a annoncé la mise en place prochaine de stages professionnels pour les participants les plus prometteurs, afin de consolider leurs compétences sur le terrain.

«Le CREAT entend poursuivre sa mission de formation citoyenne et de soutien à la modernisation de l’administration publique haïtienne», a déclaré Sanon, soulignant l’importance d’un engagement durable pour une Haïti plus transparente, compétente et responsable.

Cette initiative témoigne de la volonté de la société civile de contribuer concrètement à la construction d’une nouvelle génération de cadres et de citoyens formés aux valeurs d’éthique, de rigueur et de responsabilité publique.

Dans un pays en quête de stabilité institutionnelle, ce type de programme représente un levier essentiel pour renforcer la confiance entre l’État et la société civile.

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Lutte contre la corruption en Haïti : l’ONLCC rentre sur le ring

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Alors que la corruption continue de gangréner les institutions publiques et d’affaiblir la confiance citoyenne, un nouvel acteur entre en scène. L’Observatoire National de Lutte Contre la Corruption (ONLCC) tout nouveau promet grand en se donnant pour mission de remettre de l’ordre et de la rigueur dans un combat trop souvent politisé.

Dans un contexte où la lutte contre la corruption en Haïti peine à produire des résultats concrets, le Comité exécutif de l’Observatoire National de Lutte Contre la Corruption (ONLCC) a officiellement annoncé la création de cette nouvelle structure citoyenne. L’initiative, portée par des professionnels issus de divers secteurs de la vie nationale, entend offrir une approche plus technique, éthique et indépendante à ce combat devenu, selon ses initiateurs, « trop souvent parasité par des intérêts politiques ».

Selon le communiqué publié le 17 octobre 2025, l’ONLCC se donne pour mission de mener un travail technique, scientifique et citoyen contre la corruption, en formulant des propositions concrètes pour renforcer l’efficacité et la transparence des institutions publiques.

L’Observatoire prévoit notamment de :

Enquêter sur les pratiques de corruption et les dysfonctionnements institutionnels ; Analyser les causes profondes et les impacts de la corruption sur le développement du pays ; Proposer des solutions durables pour bâtir des institutions plus fortes et véritablement indépendantes.

Les responsables de l’ONLCC affirment vouloir redonner à la lutte anticorruption sa véritable dimension citoyenne et éthique. « Trop d’institutions censées combattre la corruption sont elles-mêmes minées par des pratiques douteuses », déplore le comité exécutif, qui promet de commencer par l’exemplarité interne : « La femme de César ne doit pas être soupçonnée », rappelle le texte.

La direction de l’ONLCC est composée de Ricardo Fleuridor (directeur exécutif), Gilles Bernard (directeur exécutif adjoint et responsable de la recherche), Fabie Mentor (coordonnatrice à l’organisation), Anelson Pierre (trésorier), Esther Monfort (secrétaire), Oméga Mervilus (coordonnateur à l’organisation) et Célimond Célusme (responsable des réseaux sociaux).

Avec cette nouvelle structure, la société civile haïtienne semble vouloir reprendre la main dans un combat longtemps monopolisé par les institutions étatiques, souvent discréditées. L’ONLCC promet de faire de la transparence et de la rigueur ses armes principales dans cette lutte essentielle à la refondation du pays.

Toutefois, cette structure paraît dans un moment où Haïti a ete récemment tres mal classé dans le tableau des pays a fortecorruption, donc dans la zone rouge selon transparency international. Haïti est classé 161e sur 180 pays dont sur une échelle de 100 Haïti se classe en 16e comme pays le pays corrompu. Quelle solution devrait apporter ? ONLCC entend redorer le blason.

La rédaction

Haïti: Des sanctions américaines contre Kempes Sanon et Dimitri Hérard pour soutien au terrorisme

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WASHINGTON.— Les États-Unis ont annoncé, vendredi, de nouvelles sanctions économiques et juridiques contre deux figures accusées de soutenir des activités terroristes. Dimitri Hérard, ancien responsable de sécurité du palais national, et Kempes Sanon, chef d’un groupe armé, sont désormais visés pour leur implication présumée dans des activités terroristes.

Cette décision, rendue publique par l’ambassade américaine à Port-au-Prince, s’appuie sur le Décret exécutif 13224, un cadre légal permettant de sanctionner toute personne ou entité impliquée dans des activités terroristes ou leur financement.

Des sanctions à caractère contraignant et immédiat

Selon la note officielle du département du Trésor américain, tous les biens et intérêts appartenant à Hérard et Sanon, situés aux États-Unis ou sous le contrôle de citoyens américains, sont désormais gelés. Toute entreprise détenue à 50% ou plus par l’un d’eux sera également frappée de blocage.

Washington justifie ces mesures par la nécessité d’affaiblir les réseaux criminels qui alimentent la violence et déstabilisent la région.

«L’ère de l’impunité est révolue», indique le communiqué, précisant que les auteurs d’actes de terreur ou de violences contre la population haïtienne devront désormais rendre des comptes devant la justice internationale.

Herard, une figure controversée au centre de la tempête

Dimitri Hérard, ancien chef de l’Unité de Sécurité Générale du Palais National (USGPN), est déjà cité dans l’assassinat du président Jovenel Moïse, et dans plusieurs enquêtes relatives à des violations des droits humains et à des liens présumés avec des trafics illicites.

De son côté, Kempes Sanon est présenté par les autorités américaines comme l’un des dirigeants les plus influents du regroupement armé «Viv Ansanm», accusé de mener des attaques coordonnées contre des civils, des institutions publiques et des convois humanitaires.

Selon Washington, les deux hommes auraient facilité la circulation d’armes, de fonds et de ressources logistiques destinées à soutenir les opérations violentes de cette organisation.

Vers un élargissement des sanctions internationales

Cette initiative pourrait ouvrir la voie à des mesures coordonnées avec d’autres partenaires, notamment le Canada et l’Union européenne, en vue de resserrer la pression sur les acteurs soupçonnés de financer ou d’entretenir les violences.

«Ceux qui profitent du chaos ou exploitent la souffrance du peuple haïtien ne trouveront plus refuge dans le système financier international», avertit le communiqué américain.

Washington cherche également à établir un précédent : le soutien aux organisations criminelles sera désormais assimilé à une complicité avec des entités terroristes.

En prenant ces mesures, les États-Unis réaffirment leur soutien au peuple haïtien et leur détermination à combattre le terrorisme dans la Caraïbe. Cette offensive diplomatique marque une étape décisive dans la lutte contre les réseaux criminels transnationaux et l’impunité qui mine la société haïtienne depuis plusieurs années.

Jean Mapou

Haïti: Des sanctions américaines contre Kempes Sanon et Dimitri Hérard pour soutien au terrorisme

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WASHINGTON.— Les États-Unis ont annoncé, vendredi, de nouvelles sanctions économiques et juridiques contre deux figures accusées de soutenir des activités terroristes. Dimitri Hérard, ancien responsable de sécurité du palais national, et Kempes Sanon, chef d’un groupe armé, sont désormais visés pour leur implication présumée dans des activités terroristes.

Cette décision, rendue publique par l’ambassade américaine à Port-au-Prince, s’appuie sur le Décret exécutif 13224, un cadre légal permettant de sanctionner toute personne ou entité impliquée dans des activités terroristes ou leur financement.

Des sanctions à caractère contraignant et immédiat

Selon la note officielle du département du Trésor américain, tous les biens et intérêts appartenant à Hérard et Sanon, situés aux États-Unis ou sous le contrôle de citoyens américains, sont désormais gelés. Toute entreprise détenue à 50% ou plus par l’un d’eux sera également frappée de blocage.

Washington justifie ces mesures par la nécessité d’affaiblir les réseaux criminels qui alimentent la violence et déstabilisent la région.

«L’ère de l’impunité est révolue», indique le communiqué, précisant que les auteurs d’actes de terreur ou de violences contre la population haïtienne devront désormais rendre des comptes devant la justice internationale.

Herard, une figure controversée au centre de la tempête

Dimitri Hérard, ancien chef de l’Unité de Sécurité Générale du Palais National (USGPN), est déjà cité dans l’assassinat du président Jovenel Moïse, et dans plusieurs enquêtes relatives à des violations des droits humains et à des liens présumés avec des trafics illicites.

De son côté, Kempes Sanon est présenté par les autorités américaines comme l’un des dirigeants les plus influents du regroupement armé «Viv Ansanm», accusé de mener des attaques coordonnées contre des civils, des institutions publiques et des convois humanitaires.

Selon Washington, les deux hommes auraient facilité la circulation d’armes, de fonds et de ressources logistiques destinées à soutenir les opérations violentes de cette organisation.

Vers un élargissement des sanctions internationales

Cette initiative pourrait ouvrir la voie à des mesures coordonnées avec d’autres partenaires, notamment le Canada et l’Union européenne, en vue de resserrer la pression sur les acteurs soupçonnés de financer ou d’entretenir les violences.

«Ceux qui profitent du chaos ou exploitent la souffrance du peuple haïtien ne trouveront plus refuge dans le système financier international», avertit le communiqué américain.

Washington cherche également à établir un précédent : le soutien aux organisations criminelles sera désormais assimilé à une complicité avec des entités terroristes.

En prenant ces mesures, les États-Unis réaffirment leur soutien au peuple haïtien et leur détermination à combattre le terrorisme dans la Caraïbe. Cette offensive diplomatique marque une étape décisive dans la lutte contre les réseaux criminels transnationaux et l’impunité qui mine la société haïtienne depuis plusieurs années.

Jean Mapou

Lutte contre la corruption en Haïti : l’ONLCC rentre sur le ring

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Alors que la corruption continue de gangréner les institutions publiques et d’affaiblir la confiance citoyenne, un nouvel acteur entre en scène. L’Observatoire National de Lutte Contre la Corruption (ONLCC) tout nouveau promet grand en se donnant pour mission de remettre de l’ordre et de la rigueur dans un combat trop souvent politisé.

Dans un contexte où la lutte contre la corruption en Haïti peine à produire des résultats concrets, le Comité exécutif de l’Observatoire National de Lutte Contre la Corruption (ONLCC) a officiellement annoncé la création de cette nouvelle structure citoyenne. L’initiative, portée par des professionnels issus de divers secteurs de la vie nationale, entend offrir une approche plus technique, éthique et indépendante à ce combat devenu, selon ses initiateurs, « trop souvent parasité par des intérêts politiques ».

Selon le communiqué publié le 17 octobre 2025, l’ONLCC se donne pour mission de mener un travail technique, scientifique et citoyen contre la corruption, en formulant des propositions concrètes pour renforcer l’efficacité et la transparence des institutions publiques.

L’Observatoire prévoit notamment de :

Enquêter sur les pratiques de corruption et les dysfonctionnements institutionnels ; Analyser les causes profondes et les impacts de la corruption sur le développement du pays ; Proposer des solutions durables pour bâtir des institutions plus fortes et véritablement indépendantes.

Les responsables de l’ONLCC affirment vouloir redonner à la lutte anticorruption sa véritable dimension citoyenne et éthique. « Trop d’institutions censées combattre la corruption sont elles-mêmes minées par des pratiques douteuses », déplore le comité exécutif, qui promet de commencer par l’exemplarité interne : « La femme de César ne doit pas être soupçonnée », rappelle le texte.

La direction de l’ONLCC est composée de Ricardo Fleuridor (directeur exécutif), Gilles Bernard (directeur exécutif adjoint et responsable de la recherche), Fabie Mentor (coordonnatrice à l’organisation), Anelson Pierre (trésorier), Esther Monfort (secrétaire), Oméga Mervilus (coordonnateur à l’organisation) et Célimond Célusme (responsable des réseaux sociaux).

Avec cette nouvelle structure, la société civile haïtienne semble vouloir reprendre la main dans un combat longtemps monopolisé par les institutions étatiques, souvent discréditées. L’ONLCC promet de faire de la transparence et de la rigueur ses armes principales dans cette lutte essentielle à la refondation du pays.

Toutefois, cette structure paraît dans un moment où Haïti a ete récemment tres mal classé dans le tableau des pays a fortecorruption, donc dans la zone rouge selon transparency international. Haïti est classé 161e sur 180 pays dont sur une échelle de 100 Haïti se classe en 16e comme pays le pays corrompu. Quelle solution devrait apporter ? ONLCC entend redorer le blason.

La rédaction

Le cancer du sein ; un engagement renouvelé mais un défi colossal

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Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, le 18 octobre 2025 — À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre le cancer du sein, le Conseiller-Président Louis Gérald Gilles a pris part, jeudi 16 octobre, à une cérémonie officielle organisée dans les locaux du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), à Maïs Gâté.

L’événement s’est déroulé en présence du Dr Oscar Barreneche, représentant de l’OPS/OMS en Haïti, ainsi que de plusieurs membres du corps diplomatique, traduisant la portée internationale de la cause.
Dans un pays où l’accès aux soins de santé demeure inégal et souvent hors de portée des plus vulnérables, cette commémoration n’était pas qu’un rituel symbolique : elle s’est voulue un moment d’engagement, de prise de conscience et de promesse d’action.

Le cancer du sein, une réalité qui frappe fort en Haïti

Le cancer du sein reste l’un des plus grands fléaux de santé publique en Haïti. Selon les estimations des organismes internationaux, il figure parmi les principales causes de mortalité féminine dans le pays, souvent diagnostiqué à un stade avancé faute d’équipements adéquats, de dépistage précoce et de sensibilisation continue.
Derrière ces chiffres, il y a des vies : celles de mères, de sœurs, d’enseignantes, de commerçantes, de paysannes, dont la douleur silencieuse révèle les fractures du système sanitaire haïtien.

L’État se veut présent : promesse d’un centre national d’oncologie

Dans son intervention, le Conseiller-Président Louis Gérald Gilles a salué l’engagement du MSPP dans la lutte contre le cancer, en insistant sur le rôle central du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) pour faire de la santé une véritable priorité nationale.

Il a annoncé un projet porteur d’espoir : la construction d’un centre national d’oncologie dans la ville des Cayes, dont les travaux devraient débuter avant le 7 février 2026. L’acquisition du terrain est prévue dans un mois, marquant la première étape d’un chantier ambitieux censé répondre à une urgence longtemps négligée.

Un centre d’oncologie dans le Sud une région souvent marginalisée dans la distribution des infrastructures sanitaires pourrait devenir un symbole d’équité territoriale et un souffle d’espérance pour des milliers de familles contraintes aujourd’hui de se rendre à Port-au-Prince, voire à l’étranger, pour accéder à un traitement.

L’initiative s’inscrit dans un cadre plus large de coopération entre le CPT, le MSPP et les partenaires internationaux, dont l’Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Louis Gérald Gilles a souligné la volonté du gouvernement de doter chacun des dix départements d’un service de chimiothérapie, une mesure audacieuse dans un pays où de nombreux hôpitaux manquent encore de matériel de base.

Mais au-delà des promesses, la question reste : Haïti a-t-elle les moyens de soutenir cette ambition ?
Car construire un centre, c’est une chose ; garantir son fonctionnement durable, en est une autre. Cela suppose un investissement dans la formation du personnel médical, la maintenance des équipements, l’approvisionnement régulier en médicaments anticancéreux, et surtout une politique de santé publique fondée sur la prévention.

Entre douleur et espoir : le visage humain de la lutte

Dans les témoignages recueillis en cette date, symbole d’une grande lutte contre le cancer du sein, certaines femmes ont raconté leur parcours face à la maladie entre peur, solitude et courage.

Tasha, l’une d’elles, survivante du cancer du sein, confiait :

« Le plus dur n’était pas le traitement, c’était le silence. En Haïti, on ne parle pas assez du cancer. On a peur du mot, on a honte de la maladie. »

Ces mots rappellent que la lutte contre le cancer du sein ne se joue pas seulement dans les salles d’hôpital, mais aussi dans les mentalités. Il s’agit d’un combat culturel, éducatif et psychologique autant que médical.

La présence du Conseiller-Président à cette cérémonie revêtait donc une dimension symbolique forte : celle d’un État qui tente de reprendre le flambeau d’une santé publique en ruine, dans un contexte de crise économique et d’instabilité chronique.

Si les promesses se concrétisent, le centre d’oncologie des Cayes pourrait devenir une victoire collective contre la fatalité.

Mais si elles restent lettre morte, cette journée du 16 octobre 2025 ne sera qu’un souvenir de plus dans le long registre des promesses non tenues.

Pour l’heure, l’espoir persiste celui d’un pays où chaque femme, où qu’elle vive, puisse affronter la maladie avec dignité, soutien et soins adéquats.

Un appel à la raison politique et à la restauration constitutionnelle

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Par Jean Wesley Pierre

Un cri d’alarme au nom de Dessalines

En cette date hautement symbolique du 219ᵉ anniversaire de l’assassinat de Jean-Jacques Dessalines, père fondateur de la nation haïtienne, l’ancien président provisoire, Jocelerme Privert, publie une note de conjoncture à forte portée politique et morale.

L’homme d’État, connu pour sa rigueur institutionnelle et sa discrétion, choisit la mémoire du fondateur de la Patrie pour rappeler une évidence trop souvent occultée : Haïti s’est perdue dans une transition sans fin, loin de l’idéal dessalinien de souveraineté, de dignité et de justice sociale.

Ce document, à la fois lucide et critique, sonne comme un rappel à l’ordre patriotique. L’ex président Privert invite ses compatriotes, en particulier les acteurs politiques, à « conjuguer leurs efforts » pour ramener le pays à l’ordre constitutionnel, qu’il qualifie de « condition indispensable à la paix et à la stabilité ». Son message, profondément institutionnaliste, contraste avec les postures opportunistes et les discours partisans qui saturent actuellement la scène politique haïtienne.

Il dresse un constat sévère, mais incontestable : depuis la chute de la dictature des Duvalier en 1986, la démocratie haïtienne n’a jamais réussi à s’ancrer durablement.

L’ancien président rappelle que le pays vit depuis six ans une transition politique ininterrompue, la plus longue de son histoire contemporaine, marquée par l’assassinat de Jovenel Moïse, la vacance du pouvoir et l’effritement total des institutions élues.
Son diagnostic est sans détour :

« Aujourd’hui, l’ensemble des institutions publiques est dirigé par des responsables dépourvus de légitimité démocratique. »

En quelques lignes, Privert résume la faillite institutionnelle d’un État fonctionnant hors de sa propre Constitution, gouverné par des autorités de fait, sans mandat populaire. En dénonçant la « transition dans la transition », il met en garde contre la tentation d’un pouvoir sans fin, où chaque acteur cherche à prolonger la crise pour mieux en tirer avantage.

La sécurité : entre dépendance et souveraineté

Sur la question sécuritaire, Privert adopte une position mesurée mais ferme. Il reconnaît l’opportunité du vote du Conseil de sécurité de l’ONU (Résolution 2793, 30 septembre 2025) autorisant le déploiement d’une nouvelle force internationale, tout en soulignant la responsabilité première des dirigeants haïtiens dans la restauration de la sécurité nationale.

Pour lui, aucune élection crédible n’est possible sans sécurité, mais aucune sécurité durable ne peut être obtenue sans la reconstruction des forces nationales de défense et de police.

Ce passage traduit une tension historique et récurrente dans la politique haïtienne : la dépendance vis-à-vis des interventions étrangères pour résoudre des crises internes. Privert, en homme d’État pragmatique, ne rejette pas l’aide internationale, mais il appelle à une refondation institutionnelle souveraine, fondée sur la professionnalisation et la dépolitisation des forces de sécurité.

C’est un avertissement contre la complicité et la collusion d’élites locales qui instrumentalisent la violence à des fins politiques.

La légitimité par les urnes : un impératif national

Dans un contexte où le Parlement est dysfonctionnel depuis janvier 2020 et où les collectivités locales sont dirigées par des agents intérimaires, Privert place l’organisation d’élections libres et inclusives au cœur de la sortie de crise.

Il désigne le Conseil présidentiel de transition (CPT), en fonction depuis avril 2024, comme un organe non constitutionnel, illustrant le désordre institutionnel actuel. Il appelle à mettre fin à cette gouvernance d’exception, qui ne fait pas consensus et qui, selon lui, retarde la restauration de la légitimité populaire.

Ce rappel a d’autant plus de poids que Jocelerme Privert, lui-même ancien président de transition (2016–2017), avait respecté scrupuleusement le mandat de 120 jours fixé par la Constitution, preuve qu’une transition peut être brève et ordonnée lorsqu’elle repose sur la légalité.

Un message à la classe politique et à la communauté internationale

L’ancien président renvoie dos à dos les protagonistes haïtiens et les acteurs internationaux : les premiers pour leurs querelles destructrices et leurs ambitions personnelles, les seconds pour leurs ingérences ou leur complaisance face à l’illégitimité.
Il les exhorte à faire de 2026 l’année du retour à la légitimité constitutionnelle.

Cette position n’est ni populiste ni polémique : elle traduit une fidélité à l’esprit de la Constitution de 1987 et une volonté de redonner à Haïti sa dignité institutionnelle. En filigrane, Privert rappelle que la souveraineté nationale, chère à Dessalines, n’a de sens que si elle s’exerce dans le cadre d’un État de droit.

Cette note n’est pas une simple déclaration commémorative : c’est une prise de position politique réfléchie, à un moment où la classe politique semble désorientée.

L’ancien président ne revendique aucun rôle, mais trace une voie : la fin de la transition, la réforme des institutions sécuritaires et la tenue d’élections crédibles. Trois conditions, selon lui, pour sortir Haïti du chaos.

À travers ce texte, Jocelerme Privert s’impose à nouveau comme l’une des voix les plus pondérées et institutionnelles de la scène haïtienne.

Son appel, empreint de lucidité et de patriotisme, résonne comme un écho du serment de Dessalines : celui de ne jamais trahir la dignité du peuple haïtien.

Assassinat de Jean-Jacques Dessalines: l’Executif honore la mémoire du Père de la nation

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Ce 17 octobre 2025, l’Exécutif haïtien commémoré le 219e anniversaire de l’assassinat de l’Empereur Jean-Jacques Dessalines lors d’une cérémonie officielle, en présence de plusieurs membres du gouvernement et de représentants d’institutions publiques et diplomatiques.

Cette journée de recueillement et de ferveur patriotique a permis aux autorités de rendre hommage à la mémoire du Père fondateur de la Nation haïtienne, celui dont la bravoure et la clairvoyance ont façonné la liberté et la souveraineté du peuple haïtien.

Dans son discours, le Président Laurent St Cyr a salué la mémoire de l’Empereur et rappelé la portée universelle de son héritage. Il a souligné certains progrès enregistrés ces derniers mois, notamment le rétablissement de plusieurs bureaux de l’État au centre-ville de Port-au-Prince, signe, selon lui, d’un retour graduel de l’autorité publique dans la capitale. Le Chef du Conseil présidentiel s’est également félicité des avancées du Conseil Électoral Provisoire (CEP) dans les préparatifs en vue des prochaines élections nationales, affirmant que ces efforts traduisent une volonté commune de restaurer l’ordre constitutionnel et de redonner la parole au peuple haïtien.

Laurent St Cyr a profité de cette tribune pour appeler au dialogue national et à l’unité autour de l’idéal dessalinien, insistant sur la nécessité de « renouer avec l’esprit d’audace et de dignité » qui a guidé les Pères fondateurs en 1804.

Cependant, la tenue de cette cérémonie à la Villa d’Accueil, et non au Palais National, toujours inhabitable, a mis en évidence un paradoxe révélateur : celui d’un État qui cherche à célébrer la souveraineté au moment même où sa présence demeure fragile au cœur de la capitale.

Malgré les efforts salués par le Président pour rétablir l’autorité publique, il reste à constater qu’aucun chef de gang majeur n’a encore été appréhendé ni neutralisé, alors que l’insécurité continue de peser lourdement sur la vie quotidienne des citoyens et sur le redressement de l’administration.

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, présent à la cérémonie, a pour sa part exprimé sa solidarité au message de mémoire et de résilience, tout en réaffirmant la détermination du gouvernement à poursuivre les efforts pour rétablir la stabilité et renforcer les institutions républicaines.

En cette date hautement symbolique, la commémoration du 17 octobre 1806 a pris une résonance particulière : celle d’un appel collectif à retrouver l’esprit de Dessalines, à conjuguer la mémoire et l’action, et à redonner sens à l’idéal de liberté et de dignité au cœur de la Nation haïtienne.

Gesly Sinvilier

Pluie d’hommages après la mort de Robert “Bobby” Denis, pilier des médias et de la musique haïtienne

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Par Jean Wesley Pierre

PORT-AU-PRINCE, 16 octobre 2025 — Le monde culturel et médiatique haïtien est en deuil. Depuis l’annonce du décès de Robert “Bobby” Denis, survenu le 14 octobre 2025, les hommages se multiplient, saluant la mémoire d’un homme dont la vision, la rigueur et la créativité ont profondément marqué l’histoire des médias et de la musique en Haïti.

Fondateur du légendaire studio Audiotek, créateur de Télémax et dirigeant de Canal Bleu, Robert Denis fut bien plus qu’un technicien du son ou un gestionnaire de médias : il fut un bâtisseur, un pionnier et un mentor pour plusieurs générations de journalistes, d’artistes et de producteurs.

Une onde d’émotion dans la presse et la culture

L’Association des Journalistes Haïtiens de l’Étranger (AJHE) a fait part de sa « profonde tristesse » dans une note émue, rappelant que Robert Denis « a consacré sa vie à la production audiovisuelle et musicale, faisant rayonner le son et l’image haïtienne avec rigueur, créativité et passion ».

L’Association des Journalistes Haïtiens (AJH) a également salué « une figure emblématique du paysage médiatique et culturel haïtien », soulignant son engagement constant en faveur d’une presse libre et dynamique.

L’Association des Médias Indépendants d’Haïti (AMIH), de son côté, a décrit Robert Denis comme « un pionnier visionnaire » et « une encyclopédie vivante du monde des médias et du divertissement en Haïti ». La note de l’AMIH rappelle qu’il fut aussi « l’inventeur du son konpa des années 70 », une contribution majeure à l’évolution de la musique haïtienne.

Le gouvernement et la mairie de Port-au-Prince saluent un bâtisseur national

Dans un communiqué officiel, le Ministère de la Culture et de la Communication a salué la mémoire d’« un grand serviteur de la nation », qualifiant Robert Denis de « bâtisseur incontournable de l’industrie musicale et médiatique haïtienne ». Le ministère s’est incliné « respectueusement devant la dépouille de ce grand professionnel », rappelant son rôle déterminant dans la création d’institutions culturelles de référence comme Audiotek et Télémax.

La Mairie de Port-au-Prince, à travers son maire Ralph Youri Chevry, a également exprimé sa profonde tristesse, qualifiant Robert Denis d’« innovateur dans le vrai sens du mot, une légende du secteur musical haïtien ».

Une perte ressentie dans les milieux médiatiques

L’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH), dont Robert Denis fut cofondateur et président, a été particulièrement bouleversée par la nouvelle.

Son ancien président, Richard Widmaier, a confié que « l’ANMH a reçu la nouvelle comme un coup de massue », rappelant que Bobby « était une encyclopédie du secteur des médias et du divertissement en Haïti ».

De son côté, Frantz Duval, rédacteur en chef du Nouvelliste et ancien président de l’ANMH, a salué « un inventeur du son compas des années 70, un bâtisseur de Télémax et un collègue fidèle », ajoutant que Bobby « incarnait la simplicité et le savoir, avec une rare élégance ».

Une nation reconnaissante

Le Gouvernement haïtien a rendu hommage à Robert Denis en saluant « un professionnel d’exception et un homme profondément attaché à la culture haïtienne », rappelant que « son départ laisse un vide immense, mais son héritage perdure à travers la richesse de la musique haïtienne ».

Plusieurs journalistes, artistes et personnalités publiques, dont Nancy Roc, ont également rendu hommage sur les réseaux sociaux, évoquant « la disparition d’une grande voix de la radiotélévision haïtienne ».

Un héritage durable

Robert Denis laisse derrière lui une œuvre considérable. À travers Audiotek, il a permis l’émergence d’une génération d’artistes caribéens. Par Télémax, il a ouvert la voie à la télévision privée haïtienne, contribuant à moderniser le paysage audiovisuel. Et à travers l’ANMH, il a défendu avec constance la liberté de la presse et la qualité de l’information.

Son départ laisse un vide immense, mais son héritage à la croisée de la musique, de la technique et de la culture continue de résonner dans chaque note, chaque image et chaque voix qu’il a contribué à révéler.

Robert “Bobby” Denis s’en est allé, mais son empreinte, elle, appartient désormais à l’histoire d’Haïti.