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Haïti: Le compte à rebours de la transition a commencé, avertit l’ONU

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À moins de quatre mois de la fin du mandat de la transition, les Nations Unies appellent les acteurs politiques haïtiens à accélérer les préparatifs électoraux pour éviter un vide institutionnel.

PORT-AU-PRINCE.— Alors que la date du 7 février 2026, marquant la fin officielle de la transition politique en Haïti, approche à grands pas, les Nations Unies tirent la sonnette d’alarme. Devant le Conseil de sécurité, mercredi 22 octobre, le représentant spécial du secrétaire général, Carlos G. Ruiz, a averti que «le compte à rebours de la transition a commencé», exprimant de sérieuses inquiétudes face à l’absence d’une feuille de route claire vers un retour à la gouvernance démocratique.

«Dans un contexte de défis persistants en matière de sécurité, le processus politique est entré dans les derniers mois des dispositions actuelles de gouvernance transitoire, qui prévoient le transfert du pouvoir aux responsables élus d’ici le 7 février 2026», a déclaré le diplomate.

«Je suis préoccupé par le fait qu’aucune voie claire vers le rétablissement d’une gouvernance démocratique ne se soit encore dégagée», a-t-il ajouté.

Des efforts certes, mais encore insuffisants

Tout en exprimant ses préoccupations, Carlos G. Ruiz a salué les initiatives entreprises par le Conseil présidentiel de transition (CPT), qui multiplie les consultations avec les forces politiques et sociales en vue d’éviter un vide institutionnel au terme du mandat transitoire.

«Je salue les mesures prises par les autorités nationales pour parvenir à un accord sur les conditions nécessaires à la tenue d’élections et pour prévenir toute rupture de légitimité après le 7 février 2026», a-t-il affirmé.

Le représentant onusien a également mis en avant la décision du gouvernement haïtien de renoncer à la révision constitutionnelle et à l’organisation d’un référendum, estimant qu’elle traduit un changement d’orientation en faveur d’un processus électoral prioritaire.

Selon lui, la poursuite du dialogue interhaïtien demeure essentielle pour forger un consensus renouvelé sur la voie à suivre, un rôle que le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) continue de faciliter.

Soutien technique et contraintes budgétaires

Sous la coordination du BINUH, les Nations unies offrent actuellement un appui technique et logistique au Conseil électoral provisoire (CEP) pour accélérer les préparatifs du scrutin.

Cette assistance s’inscrit toutefois dans un contexte budgétaire tendu: le gouvernement haïtien a prévu 5,4 milliards de gourdes pour les activités électorales et 3 milliards de gourdes pour le soutien aux partis politiques dans le budget national 2025-2026.

Un rapport du secrétaire général de l’ONU, daté du 14 octobre 2025, précise que le CEP a soumis à l’exécutif, le 5 août dernier, un plan opérationnel révisé accompagné d’un budget de 136,5 millions de dollars pour la première phase du processus électoral. Ce montant inclut notamment les coûts supplémentaires liés à l’insécurité, aux investissements logistiques et aux arriérés de salaires accumulés.

Une transition sous tension et la pression internationale

À l’approche de l’échéance du 7 février, la communauté internationale observe avec prudence l’évolution du processus politique haïtien. Entre pressions internes, incertitudes électorales et insécurité persistante, la réussite de la transition apparaît encore fragile.

Selon l’ONU, la stabilité du pays dépendra avant tout de la volonté des acteurs nationaux de conjuguer leurs efforts pour garantir la tenue d’élections crédibles et éviter un nouveau cycle d’instabilité politique.

Jean Mapou

ARTIBONITE: LE NOMBRE DES DÉPLACÉS INTERNES SE MULTIPLIE, SELON L’OIM

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Les bandes armées opérant dans le département de l’Artibonite, sont devenues de plus en plus violents, accentuant leur offensive sur des communes de la region, jamais contrôlée par les gangs.

La situation devient difficile en effet de très complexe selon les témoignages des organisations et acteurs locaux, qui ont développé toute une série de statégies durant ces dernières semaines afin d’évaluer les dégâts causés par les groupes téroristes à Liancourt et dans la commune de l’Estère.

En proie à la violence, un pourcentage considérable de familles ont du fuir leur maison en vue de se proteger. Sans aucune couverture de sécurité, sans endroit précis, des milliers de déplacés ont été dénombré dans le cadre d’une enquête de terrain menée par l’organisation OIM, qui a communiqué des chiffres associés au nombre de femmes, enfants, et familles vulnérables qui se sont éloignés loin de leur habitat durant la période allant du 14 au 17 Octobre 2025.

Les chiffres communiqués par ladite organisation font état de 9000 déplacés dans l’Artibonite depuis le lancement des dernières offensives de la coalition criminelle Viv Ansanm et alliés.

Selon l’OIM 8954 personnes ont abandonné leurs maisons dans deux communes, à savoir Liancourt et Verrettes

Le rapport en question précise que 2 080 familles déplacés se trouvent dans une situation alarmante face aux exactions des bandits armés qui sont déterminés à prendre le contrôle global de la région, depuis la mort de Wilfort Ferdinand.

Représentant environ 62%, une quantité considérable de déplacés internes originaires de Liancourt et Verettes se sont réfugiés chez des proches au niveau des sections communales les plus reculés, conclut le rapport de l’OIM.

Face à la détérioration du climat de sécurité dans le département, aucun signal jusqu’ici n’a été envoyé de manière concrète, malgré des changements ont été opérés au niveau de la direction départementale de l’instition policière.

Les citoyens vivant dans diverses communes au niveau de la région continuent de tirer la sonette d’alarme et exigent aux plus hautes autorités du pays d’adopter des mesures pouvant faciliter l’instauration d’un climat de sécurité sereine et stable.

Entre temps, les consultations se poursuivent entre les acteurs clés oeuvrant dans les organisations diverses afin de renforcer les mouvements de protestations contre le laxisme du pouvoir en place qui, selon eux, n’envisage aucun plan de redressement face à la dégradation de la situation du pays sur le plan sécuritaire.

Jacques Innocent

Certification des magistrats: Une étape importante vers la crédibilité du système judiciaire, selon l’ANAGH

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Cette semaine, le conseil supérieur du pouvoir judiciaire a publié le résultat de la certification des magistrats haïtiens. 73 magistrats ont été certifiés, douze autres non-certifiés. «Cette démarche constitue une etape importante et essentiel pour la transparence, la crédibilité et le renforcement du professionnalisme au sein du système judiciaire haïtien», selon l’association des greffiers haïtiens.

Cependant, l’ANAGH attire l’attention des autorités du système judiciaire sur l’importance d’un recours équitable pour les magistrats non-certifiés.

Dans ce cadre, l’ANAGH rappelle l’importance de garantir un recours équitable pour les magistrats non qualifiés, tout en veillant à éviter tout favoritisme, satisfaction politique ou politisation de l’appareil judiciaire, a écrit l’ANAGH tout en rappelant qu’il est impératif que ces processus demeurent transparents, rigoureux et fondés sur le mérite, afin de préserver l’indépendance et la crédibilité du système judiciaire haïtien.

Plus loin, l’association nationale des greffiers d’Haïti en a profité profite pour attirer l’attention des autorités au sein du système judiciaire sur les dispositions légales relatives à la promotion des greffiers disposant d’une licence. Pour étayer, l’ANAGH utilise l’article 12 du décret du 28 Août 1995 relatif à l’organisation judiciaire stipulant: pour être juge ou juge suppléant, il est requis d’avoir exercé pendant au moins trois ans la fonction de greffier à un tribunal de paix.

L’ANAGH souligne que la promotion des greffiers à la magistrature constitue un mécanisme légal et stratégique qui valorise les compétences acquises au service de la justice et renforce la qualité, la stabilité et l’efficacité des tribunaux.

En somme, l’ANAGH appelle le CSPJ à honorer pleinement ses obligations légales, en assurant que le processus de promotion des greffiers soit conduit de manière juste, transparente et conforme au mérite.

Gedeon Delva

«Table alternative» une nouvelle proposition de plusieurs regroupements sociopolitiques à l’approche du 7 février 2026

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Face à la fin du mandat du conseil présidentiel de transition, des regroupements politiques, des organisations de la société civile ne cessent de faire des propositions afin
d’éviter un vide institutionnel dans le pays.

« Table alternative» est une structure
constituée par plusieurs regroupements politiques et groupe de la société civile tels que la PLATEFORME ÉQUILIBRISTE, PRENSIP, RECONSTRUIRE HAÏTI, PLATEFORME SITWAYEN ANGAJEW, ACFEL.

À travers un document rendu publique le mardi 21 octobre, les regroupements socio politiques signataires disent prendre acte d’absence de perspectives claires pour assurer la continuité démocratique après le 7 Février, que les principales crises restent non-résolues, l’absence de dialogue structuré entre les principaux acteurs.

En effet, selon le document, la « table alternative» vise à ressembler les forces politiques, sociales, et citoyennes prêtes à œuvrer pour une sortie de crise ordonnée et concertée; établir une base commune de réflexion, de revendications et de propositions en amont avant l’avènement du 7 Février 2026; élaborer une alternative politique crédible avant cette date, orientée vers la restauration institutionnelle, la justice sociale et le retour à l’ordre constitutionnel.

Les signataires de cette proposition invite tout acteur de bonne foi à les rejoindre dans cette démarche en vue d’éviter que le pays ne s’effondre dans le chaos.

Soulignons que cette proposition est signée par plus d’une dizaine d’organisations politiques, de la société civile: Plateforme Équilibriste, Convention Bois Caïman, Hamad, Panogaa, Afsodne, Ocpafev, PRENSIP, RECONSTRUIRE HAÏTI, PLATEFORME SITWAYEN ANGAJEW, ACFEL, entre autres.

Crise et incertitudes : le gouvernement cherche des réponses lors d’un conseil sur ses priorités

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La Primature a annoncé la tenue d’un Conseil de Gouvernement ce 22 octobre 2025. Cette rencontre de travail, présidée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, a porté sur le Programme d’Investissement Public, les élections, la sécurité, entre autres sujets prioritaires.

Le vent souffle étrange, la barque a besoin de redressement. À la recherche de solutions, tout le Gouvernement s’est réuni, selon la Primature.

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a présidé, ce mercredi 22 octobre 2025, un Conseil de Gouvernement à la Primature. Cette séance de travail a été consacrée à la mise en œuvre du Programme d’Investissement Public (PIP) pour l’exercice 2025–2026, ainsi qu’à la définition des priorités nationales en matière de sécurité et de gouvernance.

Selon une note de la Primature, le PIP constitue un pilier central de la politique économique et sociale du Gouvernement, visant à renforcer les infrastructures, stimuler la croissance et améliorer les conditions de vie de la population.

Les discussions ont également porté sur la lutte contre l’insécurité et sur les dispositions relatives à l’organisation des prochaines élections, dans la perspective d’un retour à la normalité constitutionnelle.

Malgré les assurances du chef du Gouvernement, certains acteurs politiques et citoyens expriment des doutes quant à la capacité de cette équipe de transition à atteindre ses objectifs avant l’échéance du 7 février 2026.

Ces réunions interviennent alors que le Gouvernement fait face à une véritable course contre la montre : l’urgence d’organiser les élections coïncide avec une insécurité persistante qui continue de battre son plein.

La rédaction

Ligue des Champions – 3e journée : Festival de buts et démonstration de puissance des cadors européens

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Par Jean Wesley Pierre

Ce début de troisième journée de la Ligue des champions 2025-2026, ce mardi 21 octobre, nous a offert un véritable feu d’artifice offensif sur les pelouses européennes. Les grands clubs ont répondu présents, parfois avec éclat, confirmant leurs ambitions continentales. Retour sur une soirée marquée par des performances historiques, des records et quelques surprises.

Paris Saint-Germain : une démonstration à Leverkusen (7-2)

Le Paris Saint-Germain de Luis Enrique a marqué les esprits en Allemagne. Face au Bayer Leverkusen, les Parisiens ont livré un récital offensif inédit, s’imposant 7-2 et prenant la tête de leur groupe.

Nuno Mendes, élu homme du match, a signé un but et une passe décisive, tandis que Désiré Doué, encore étincelant, a inscrit un doublé. Dembélé, de retour après une longue période d’absence due à des blessures, a retrouvé son efficacité et a marqué, tout comme Vitinha et Kvaratskhelia, également passeurs.

Sous la houlette de Luis Enrique, le PSG devient le premier club de l’histoire à atteindre la barre des 40 buts en une seule année civile de Ligue des champions, confirmant la montée en puissance du collectif parisien.

Le technicien espagnol affiche désormais 66 % de victoires en C1, devançant ainsi l’autre génie espagnol, Pep Guardiola (62 %).

Barcelone retrouve son éclat (6-1 contre l’Olympiacos)

Sous la direction de l’entraîneur allemand Hans-Dieter Flick, le Barça a déroulé le grand jeu face aux hommes de José Luis Mendilibar. Fermín López s’offre un triplé après une longue période d’absence à cause des blessures, Lamine Yamal transforme un penalty, et Marcus Rashford signe un doublé.

Malgré un début de match timide et une polémique arbitrale sur le penalty, les Catalans ont offert un spectacle offensif total. Le club blaugrana retrouve des couleurs et une efficacité qui lui faisaient défaut depuis plusieurs matchs déjà.

L’Inter Milan, impériale face à l’Union Saint-Gilloise (4-0)

Les Nerazzurri poursuivent leur parcours parfait en Ligue des champions. Vainqueurs 4-0 à l’extérieur, dans le Lotto Park en Belgique, les hommes de Cristian Chivu enchaînent une troisième victoire sans encaisser le moindre but.

Dumfries, Lautaro Martínez, Çalhanoğlu et Esposito ont chacun participé à la fête. L’Inter, compacte et clinique, s’impose comme l’une des formations les plus équilibrées d’Europe à ce stade de la compétition.

PSV Eindhoven – Napoli : une correction monumentale (6-2)

Surprise de la soirée : le PSV Eindhoven a infligé une véritable humiliation à Naples (6-2) au Philippe Stadion. Les Néerlandais, emmenés par un collectif explosif, et Peter Bosz, un coach qui connaît bien son metier, fait plier les Italiens malgré un doublé de Scott McTominay.

Dennis Man, Saibari, Pepi, Driouech et Buongiorno ont signé les six réalisations néerlandaises. Un résultat qui relance totalement le débat et fragilise un Napoli méconnaissable défensivement.

Arsenal, la bête noire des clubs espagnols

Arsenal poursuit une série historique : sept victoires consécutives face à des clubs espagnols en Ligue des champions.

Les Gunners ont surclassé l’Atlético Madrid (4-0) grâce à un doublé de Gyökeres et des buts de Martinelli et Gabriel Magalhães. L’équipe de Mikel Arteta confirme sa maturité tactique et son réalisme. Trois matchs, trois victoires sans encaisser de but : Arsenal se positionne déjà comme un prétendant crédible au dernier carré.

*Manchester City fait le job (2-0)^

Sans briller, Manchester City a assuré l’essentiel face à Villarreal. Haaland, toujours plus régulier (12e match consécutif avec au moins un but), et Bernardo Silva ont permis aux Citizens de s’imposer 2-0.

Pep Guardiola continue de gérer avec précision un effectif dense, toujours candidat à la succession du Paris Saint-Germain de Luis Enrique sur le trône européen.

Borussia Dortmund confirme à Copenhague (4-2)

Le Borussia Dortmund s’impose avec autorité face à Copenhague. Nmecha, auteur d’un doublé, Bensebaini (sur penalty) et Fabio Silva ont permis au BVB de décrocher un second succès consécutif.

Les Allemands montent en puissance et semblent avoir trouvé leur rythme après un début de campagne hésitant.

Newcastle enfonce Benfica (3-0)

Les Magpies ont livré une prestation solide à domicile face à un Benfica en pleine crise. Barnes (doublé) et Gordon ont assuré la victoire 3-0.

Les Anglais totalisent désormais 6 points, tandis que Benfica, lanterne rouge, reste sans le moindre point.

Une journée de records et de confirmations

Cette troisième journée aura consacré la puissance offensive des grands d’Europe, avec plus de 40 buts inscrits au total.

Le Paris Saint-Germain, le FC Barcelone, Arsenal et l’Inter Milan confirment leur statut de favoris, tandis que des clubs comme le PSV ou Newcastle bousculent la hiérarchie.

Les dynamiques se dessinent : le collectif et la profondeur d’effectif semblent primer sur les individualités. Les entraîneurs comme Luis Enrique, Cristian Chivu, Hansi Flick ou Mikel Arteta démontrent que la constance tactique reste la clé du succès en Ligue des champions.

Haïti – Transition politique: la CARICOM est retour

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Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, 22 Octobre 2025 — À moins de quatre mois du terme officiel du mandat du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), le climat politique haïtien entre dans une phase de recomposition accélérée. Les principales forces partisanes, jusque-là divisées ou attentistes, s’activent désormais pour définir les contours de « l’après 7 février 2026 ». Dans les coulisses du pouvoir comme dans les chancelleries étrangères, le constat est unanime : le départ du CPT semble désormais inéluctable.

Mis en place en avril 2024 sous l’égide de la CARICOM, le ( CPT ) conseil présidentiel de transition devait stabiliser la situation, rétablir la sécurité et conduire le pays vers des élections crédibles. Dix-huit ( 18 ) mois plus tard, le bilan est désastreux.

La violence s’est intensifiée dans l’Ouest et l’Artibonite, les bandes armées contrôlent de larges portions du territoire, et les institutions étatiques se sont davantage effritées. « Les membres du CPT tâtonnent depuis leur installation, pendant que la situation empire de jour en jour », confie un membre de la Kominote Pwogresis Ayisyen.

Dans plusieurs quartiers populaires de Port-au-Prince, l’impression dominante est celle d’un pouvoir absent. Comme le souligne le journaliste Robenson Geffrard : « Ou ka santi jan gwoup kriminèl yo gen yon rayisman pwofon pou popilasyon an… », une phrase lourde de sens, qui illustre le divorce complet entre l’État et les citoyens.

Face à cette impasse, plusieurs partis politiques traditionnels dont Fanmi Lavalas, PHTK, KID, OPL, RDNP, UNIR et beaucoup d’autres ont entamé une série de rencontres discrètes ces dernières semaines. Objectif : élargir le consensus et préparer une transition sans le CPT.

Selon les informations recueillies, ces formations politiques se réunissent pour discuter d’un nouveau cadre de gouvernance censé éviter le vide institutionnel du 7 février 2026.

Un dirigeant politique impliqué dans les pourparlers confie :

« Le ( CPT ) conseil présidentiel de transition a échoué, tout comme les signataires de l’Accord du 3 avril. Nous devons penser à une formule de remplacement plus crédible, plus ouverte, et sans les divisions du passé. »

Le 20 octobre 2025, plusieurs figures influentes, dont Liné Balthazar (PHTK), Pasha Vorbe (Fanmi Lavalas), André Michel (SDP/21 Décembre), Alex Larsen (INITE/21 Décembre), Enold Joseph (KID), Rosny Cadet (ASE) et Jean Gué (Vérité), se sont rencontrées à Port-au-Prince pour jeter les bases d’un nouveau front de dialogue.

Le tournant est survenu avec la lettre officielle du Groupe de Personnalités Éminentes (Eminent Persons Group, EPG) de la CARICOM, adressée aux secteurs représentés au sein du ( CPT ) conseil présidentiel de transition. Le document, révélé par Gary Pierre Paul Charles sur son compte X, marque une inflexion majeure dans la crise : la CARICOM reprend la main sur le processus haïtien.

Dans cette correspondance, l’organisation régionale exprime sa « préoccupation croissante » face à l’immobilisme du Conseil et appelle les acteurs politiques et sociaux à soumettre des propositions pour une nouvelle transition.

Les personnalités contactées incluent Maryse Narcisse, André Michel, Claude Joseph, Ted Syndic et Moïse Jean-Charles, autant de figures controversées et de visions divergentes, mais désormais contraintes de converger autour d’un constat commun : le CPT ne peut plus continuer.

En toile de fond, le Conseil Électoral Provisoire (CEP) travaille toujours sur un projet de décret et un calendrier électoral. Mais un proche de Jacques Desrosiers qui est à la tête du CEP affirme :

« Il est pratiquement impossible d’organiser les élections avant février 2026. La sécurité reste le principal obstacle. »

En juin dernier, près de 80 % des centres de vote avaient été évalués, mais de nombreuses zones notamment à Liancourt, L’Estère, La Chapelle et Verrettes demeurent hors du contrôle de l’État. Plus de 78 sections communales n’ont toujours pas été inspectées, notamment dans les départements de l’Ouest et de l’Artibonite.

Autrement dit, la perspective d’un scrutin reste lointaine, renforçant l’idée d’une transition prolongée, voire d’une nouvelle entité exécutive pour assurer l’intérim. André Michel, dit « Avoka Pèp la » a résumé l’état d’esprit général dans un message :

« Face à l’échec du CPT, nous devons relancer les discussions, mais cette fois avec deux exigences : l’inclusion des groupes non représentés et la non-implication des gangs dans le dialogue. »

Cette déclaration traduit à la fois un réalisme politique et une fatigue collective face à la multiplication des « accords de transition » sans résultats tangibles.

À l’approche du 7 février 2026, Haïti entre dans une zone d’incertitude totale. Les partis cherchent à se repositionner, la CARICOM s’impose de nouveau comme arbitre, et la population, épuisée, observe ces tractations avec un mélange de scepticisme et d’indifférence.

Le départ du CPT, désormais considéré comme inévitable, pourrait ouvrir la voie à une reconfiguration profonde de l’échiquier politique haïtien. Mais à condition, cette fois, que le futur organe de transition rompe avec les logiques d’exclusion, de clientélisme et d’improvisation qui ont mené à la paralysie actuelle.

En somme, l’après-CPT ne sera pas seulement une question de calendrier ou de partage du pouvoir, mais un test de maturité politique pour une classe dirigeante. Le 7 février 2026 pourrait ainsi devenir, non pas une simple date de fin de mandat, mais le symbole d’une nouvelle tentative ou d’un nouveau projet de refondation nationale.

La CARICOM presse les États-Unis à renouveler les programmes de la loi HOPE/Help en faveur d’Haïti

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Après l’appel urgent de l’Organisation des États Américains (OEA), c’est au tour de la CARICOM. En effet dans un communiqué publié le mardi 21 octobre 2025, les chefs du gouvernement de la Communauté Caribéenne (CARICOM) ont lancé un appel urgent au renouvellement des programmes de la loi Hope/Help pour Haïti.

Cette loi prévoit l’exonération de droits de douane aux États-Unis pour certains produits textiles et vêtements haïtiens. Tout en soulignant l’importance du cadre commercial au développement économique et social d’Haïti, la CARICOM exhorte « l’administration et le Congrès américains à prendre des mesures urgentes pour faire avancer la législation et rétablir les programmes HOPE/HELP. »

Entre temps le gouvernement multiplie les démarches pour encourager le congrès américain et l’administration Trump à renouveler cette loi. En mi-juillet, le premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait rencontré le sénateur Raphael Warnock à Washington pour plaider en faveur du maintien de ces préférences commerciales.

Différentes démarches diplomatiques ont été entreprises par le ministre des affaires étrangères et des cultes, Victor Harvel Jean Baptiste dans le but de soutenir ce dossier.

Le ministre du commerce James MONAZARD a fait savoir cette semaine qu’il est, constamment, en pourparler avec plusieurs congressman américain, toujours sur la même question.

La loi Hope/Help, selon les officiels haïtiens, est vitale pour l’industrie textile haïtienne. Expiré le 25 septembre 2025 sans son renouvellement par le Congrès américain, des milliers d’emplois seraient menacés de licenciement. Ce secteur, déjà réduit à 30 000 emplois, représente 90 % des exportations vers les États-Unis.

Gedeon Delva

Haïti dans l’œil de la tempête tropicale Melissa

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Trajectoire incertaine et vents violents; entre mer agitée et incertitude atmosphérique, la péninsule Sud se prépare à un nouvel épisode de vulnérabilité climatique.

PORT-AU-PRINCE.— La péninsule Sud d’Haïti se prépare à affronter les effets potentiellement dévastateurs de la tempête tropicale «Melissa», formée ce mardi matin dans la mer des Caraïbes. Ce système, le treizième du bassin atlantique pour l’année en cours, fait planer une menace sérieuse sur le pays, déjà fragilisé par des crises sociales, économiques et environnementales.

Selon les informations de la Direction générale de la Protection civile (DGPC), la tempête s’est organisée au sud de la mer des Caraïbes et génère de fortes pluies accompagnées de vents violents, susceptibles de provoquer inondations et glissements de terrain, notamment dans les départements du Sud, de la Grand’Anse et des Nippes.

Une trajectoire encore incertaine

Mardi matin, Melissa se situait à environ 480 kilomètres au sud de Port-au-Prince, progressant vers l’ouest à une vitesse moyenne de 22 km/h, selon le Centre National des Ouragans (NHC) basé à Miami. Les vents soutenus atteignaient 80 km/h, avec des rafales de force tempête s’étendant jusqu’à près de 185 kilomètres du centre du phénomène.

Les météorologues envisagent un changement de trajectoire vers le nord ou le nord-ouest au cours des prochaines 48 à 72 heures. Le NHC n’exclut pas que la tempête ralentisse et demeure plusieurs jours dans la région, du fait d’un affaiblissement des courants atmosphériques.

Certains modèles de prévision indiquent un passage direct au-dessus d’Haïti, tandis que d’autres penchent pour une déviation vers Cuba ou l’Amérique centrale. Une évolution en ouragan de catégorie 1 reste possible si le système se maintient dans des eaux suffisamment chaudes.

Alertes et préparatifs dans le Sud

Face à cette incertitude, une veille d’ouragan a été émise pour la zone de Tiburon et l’ensemble de la côte sud d’Haïti. Une alerte de tempête tropicale est également en vigueur pour la Jamaïque. De fortes précipitations sont attendues, pouvant atteindre 150 à 250 mm dans certaines zones, ce qui accroît le risque de crues soudaines et de glissements de terrain dans les zones montagneuses et les bassins versants saturés.

Les autorités locales, en coordination avec les comités communaux de protection civile, appellent les habitants à éviter les zones inondables, sécuriser leurs habitations et préparer des kits d’urgence.

«La vigilance est de mise. Nous invitons la population à suivre les bulletins météorologiques officiels et à respecter scrupuleusement les consignes de sécurité», a déclaré un responsable de la DGPC, soulignant la nécessité de limiter les déplacements non essentiels.

Un pays déjà éprouvé par les catastrophes naturelles

Cette nouvelle menace météorologique intervient dans un contexte particulièrement précaire. Haïti, régulièrement frappée par des tempêtes et des ouragans, demeure l’un des pays les plus vulnérables au changement climatique dans la région. Les récentes inondations dans l’Artibonite et le Sud ont déjà causé d’importants dégâts aux infrastructures agricoles et routières.

Alors que Melissa poursuit sa route incertaine dans les Caraïbes, le pays s’apprête une fois encore à tester sa capacité de résilience face à un phénomène naturel qui pourrait aggraver une situation humanitaire déjà critique.

Jean Mapou

De la transition subie à la transition construite : repenser le changement constitutionnel en Haïti

(À propos du document du professeur Wilson Laleau : « Transitions politiques et changement de la Constitution – Nous avons tout faux »)

Depuis près de quarante ans, Haïti évolue dans un état d’exception permanent. Chaque crise annonce une transition, chaque transition promet une refondation, et chaque refondation, inévitablement, ramène au point de départ. Cette circularité politique a transformé la transition en régime et l’instabilité en normalité. Pourtant, cette répétition n’est pas le fruit d’un hasard historique, mais d’une méthode – ou plutôt, d’une absence de méthode.

C’est précisément cette faille que met en lumière le texte du professeur Wilson Laleau, Transitions politiques et changement de la Constitution : nous avons tout faux (2025). L’auteur y propose une lecture à la fois historique, institutionnelle et pragmatique du blocage politique haïtien. Il avance une hypothèse audacieuse : le problème d’Haïti ne réside pas dans la nature de ses constitutions, mais dans la manière dont elles sont conçues, adoptées et appliquées. Autrement dit, le mal est procédural avant d’être textuel.

  1. De la répétition des crises à la crise de la répétition

Depuis 1986, la succession de gouvernements provisoires, de chartes transitoires et de promesses constitutionnelles a produit un modèle politique singulier : celui d’une transition perpétuelle. Ce phénomène, déjà identifié par Pierre-Raymond Dumas comme une “transition devenue régime en soi”, traduit la difficulté de l’État haïtien à passer du provisoire au permanent.

Le professeur Laleau revisite cette dynamique en s’appuyant sur des travaux majeurs de la science politique contemporaine — Robert Fatton (Haiti’s Predatory Republic, 2002), Michel-Rolph Trouillot, Douglass North, Barry Weingast, Acemoglu et Robinson — pour montrer que la répétition des crises est le produit d’un cercle vicieux associant faiblesse institutionnelle, hypercentralisation, capture oligarchique et dépendance externe.

Selon cette grille d’analyse, les transitions haïtiennes échouent parce qu’elles se contentent d’une reconstruction juridique sans transformation institutionnelle. L’État se redéfinit par la loi, mais ne se réinvente pas par la pratique. Les constitutions se succèdent, mais les structures de gouvernance — partis, collectivités, administration publique, justice, contrôle citoyen — demeurent embryonnaires ou instrumentalisées.

  1. Le piège du formalisme constitutionnel

La critique que formule Wilson Laleau rejoint les constats de North et Weingast (1989) : les institutions politiques ne produisent de stabilité que lorsqu’elles reposent sur un équilibre crédible entre acteurs, fondé sur la confiance et la contrainte mutuelle. En Haïti, chaque Constitution a échoué non par son contenu, mais par l’absence de légitimité de son environnement politique.

Ainsi, la Constitution de 1987 — la plus durable de l’histoire nationale — portait les germes d’un État décentralisé et pluraliste, mais sans que soient créés les organes destinés à la faire vivre (Cour constitutionnelle, Conseil électoral permanent, fonction publique méritocratique, collectivités autonomes). La façade républicaine a été maintenue, mais la charpente institutionnelle est demeurée fragile.

Ce formalisme constitutionnel a produit un paradoxe : plus la norme est proclamée, moins elle est appliquée. Le professeur Laleau observe que le débat haïtien se polarise entre les tenants de l’application stricte de la Constitution de 1987 et ceux qui appellent à une refonte totale, sans que soit interrogée la question essentielle : dans quel contexte institutionnel et social une Constitution peut-elle exister ?

  1. Pour un processus constitutionnel expérimental : la transition construite

Face à cette impasse, l’auteur propose une innovation conceptuelle : la transition construite.
Il s’agit de transformer la transition — généralement subie — en un processus d’apprentissage collectif, conçu comme un laboratoire constitutionnel.

Ce laboratoire se déroulerait sur une période limitée (cinq ans) et comprendrait trois phases successives :

  1. La stabilisation politique, avec la désignation d’un président custode et la formation d’un gouvernement de coalition élargi, garant de la neutralité institutionnelle et de la continuité de l’État.
  2. L’expérimentation institutionnelle, fondée sur la mise en place de gouverneurs départementaux, d’assemblées de maires et de comités citoyens de suivi, afin de tester les mécanismes de décentralisation et de reddition de comptes.
  3. La conférence nationale constitutionnelle, chargée de rédiger une Constitution définitive à partir des leçons tirées de cette expérimentation, en intégrant les ajustements nécessaires issus de l’observation empirique.

Cette démarche s’inspire du pragmatisme institutionnaliste (Evans, 1995 ; Acemoglu et Robinson, 2012), selon lequel la stabilité politique se construit par l’expérimentation, l’évaluation et l’apprentissage, plutôt que par la seule promulgation de normes. Monsieur Laleau invite ainsi à rompre avec le réflexe de la rupture – propre aux transitions subies – pour instaurer une méthode d’apprentissage politique fondée sur la participation et l’évaluation continue.

  1. Le lien indissociable entre refondation politique et mutation économique

L’un des apports les plus significatifs du texte du professeur Laleau est de replacer la question constitutionnelle dans une perspective économique. L’auteur établit un lien direct entre structure institutionnelle et structure productive : un État prédateur génère une économie de rente ; un État coopératif engendre une économie solidaire.

S’inspirant de la tradition du développement institutionnaliste (Evans, North, World Bank 2023), il plaide pour une transition économique parallèle à la transition politique : passer d’un État prédateur à un capitalisme coopératif, fondé sur les communes, les coopératives départementales et la mobilisation de la diaspora.

Cette proposition réhabilite la dimension territoriale du développement, longtemps marginalisée par la centralisation port-au-princienne. En plaçant les communes au cœur de la production et de la décision, elle vise à créer une base économique et sociale pour la gouvernance locale, condition indispensable à la légitimité politique.

  1. De la méthode à la maturité politique

Ce que propose le professeur Laleau, au fond, n’est pas un modèle constitutionnel, mais une méthode de refondation.

Dans une société où la précipitation institutionnelle a souvent tenu lieu de vision, il suggère de réapprendre à gouverner le temps politique. La transition ne serait plus un intervalle d’attente, mais un moment d’expérimentation, de mémoire et de construction.

Cette approche rejoint les analyses d’Elinor Ostrom (1990) sur la gouvernance collective : les institutions durables sont celles qui permettent la co-construction de règles, l’auto-organisation et la responsabilité partagée. De la même manière, la “transition construite” selon Wilson Laleau repose sur trois principes méthodologiques :

• l’apprentissage (mesurer et ajuster),
• la participation (associer les acteurs sociaux et territoriaux),
• l’évaluation (institutionnaliser le contrôle citoyen et la redevabilité).

C’est cette méthode, et non un texte en soi, qui pourrait fonder la légitimité de la prochaine Constitution.

  1. Une contribution méthodologique à la pensée politique haïtienne

Le texte de Wilson Laleau se distingue par sa clarté conceptuelle et son refus du fatalisme historique. Là où d’autres diagnostics s’arrêtent au constat d’un État capturé ou d’une société civile désorganisée, il propose un cadre opérationnel pour sortir du provisoire.

Il ne s’agit plus de proclamer la fin de la transition, mais de l’instituer comme un espace de maturation politique. La véritable rupture n’est pas celle du texte, mais celle du processus : substituer à la transition subie une transition construite, encadrée, documentée, collective.

Enfin: apprendre à gouverner nos transitions, pour gouverner notre destin

En définitive, Transitions politiques et changement de la Constitution – nous avons tout faux propose une leçon de méthode et une pédagogie du changement. Dans un pays où l’urgence sert souvent d’alibi à l’improvisation, cette réflexion invite à ralentir pour mieux construire, à planifier pour mieux durer.

Haïti ne sortira pas de la transition par une nouvelle Constitution, mais par l’apprentissage institutionnel qu’elle se donnera les moyens de conduire. Passer de la transition subie à la transition construite, c’est accepter que la stabilité ne se décrète pas : elle s’apprend, se pratique, se mesure.

En cela, l’essai du professeur Wilson Laleau s’inscrit dans la tradition des penseurs pragmatiques du politique. Il ne décrit pas seulement une impasse : il trace une voie.
Et cette voie, en Haïti comme ailleurs, commence par une conviction simple — mais révolutionnaire : pour refonder la République, il faut d’abord refonder la manière de la construire.

Emmanuel Jean François