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Ce qu’Étzer Émile a dit, ce qu’on a entendu, et ce qu’il voulait dire

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En Haïti, le débat public est rarement un exercice de raison ; il est avant tout un espace de loyautés, de passions et d’appartenances. L’opinion ne se forge pas en fonction des idées, mais selon l’identité de celui qui les émet. Ainsi, si l’auteur d’une idée est aimé, tout ce qu’il dit devient vérité ; s’il est détesté, tout ce qu’il dit devient erreur. Ce biais affectif, profondément enraciné dans notre culture politique et sociale, explique en grande partie les tempêtes émotionnelles qui suivent la déclaration d’Etzer Émile. La récente controverse autour d’une de ses déclarations illustre cette réalité : entre ce qu’il a dit, ce qu’on a cru qu’il disait et ce qu’il voulait dire, s’étend un gouffre, celui qui sépare la lettre de l’esprit.

Scientifiquement, cette distorsion relève de la sémiotique du langage. Le mot, en tant que signifiant, ne possède pas un sens fixe ; il vit dans un contexte, il s’interprète dans un climat culturel et émotionnel donné. Ferdinand de Saussure avait déjà montré que le signe linguistique unit arbitrairement un son et une idée. Roland Barthes, plus tard, rappela que ce signe devient aussi un mythe social : un mot peut donc, dans un contexte précis, véhiculer des charges symboliques disproportionnées. Dans la déclaration d’Émile, le choix de certains termes a provoqué une rupture entre son intention pédagogique et la perception collective. La lettre du discours, perçue comme irrespectueuse envers les héros de l’indépendance, a effacé l’esprit du message, qui invitait en réalité nos dirigeants à être également des modèles. Parce que, nous ne devons pas seulement être fiers de ce que nos héros ont accompli, mais aussi leur donner des raisons d’être fiers de nous, en préservant leur œuvre et en poursuivant le chemin qu’ils ont ouvert.

La science de la communication nous apprend que le sens d’un message ne réside pas seulement dans les mots prononcés, mais dans le contexte d’énonciation. Gregory Bateson l’expliquait : << le message ne peut être compris que dans la relation où il s’inscrit. >> Or, dans le cas d’Émile, le contexte émotionnel haïtien est un terrain miné. Dans un pays où la mémoire nationale est encore vécue comme une religion civique, évoquer Dessalines autrement que sous l’angle de la sacralité devient presque une transgression. L’intellectuel, même animé des meilleures intentions, aborde alors une zone délicate où chaque mot peut être interprété au prisme de la sensibilité collective, transformant parfois l’analyse en débat identitaire.

Pourtant, si l’on s’élève au-dessus des passions, on découvre que le fond de sa pensée est cohérent : il s’agissait moins de rabaisser les héros que de rappeler que leur héritage ne peut pas servir d’alibi à notre inaction. Anténor Firmin ou Dumarsais Estimé ne sont pas devenus des modèles parce qu’ils ont hérité d’un prestige, mais parce qu’ils ont agi. C’est là que réside la dimension psychopédagogique du message d’Émile : inviter à une réappropriation active du patriotisme. Il appelait, d’une certaine manière, à sortir du culte (woulibè) pour entrer dans la culture de l’exemplarité.

Mais cette intention a été trahie par la forme. Paul Watzlawick le souligne : << La manière de dire les choses détermine souvent ce qu’elles veulent dire. >> Dans une société où le second degré est difficilement perçu, où même les diplômés peinent à décoder l’ironie, l’usage d’une expression ambiguë devient un acte à haut risque. Haïti est une société de << haut contexte >>, voilà pourquoi le choix des mots doit être réfléchi. Comme disait Edward T. Hall : les messages y sont compris davantage à travers la tonalité, l’attitude, les symboles, que par le raisonnement explicite. Ainsi, la simple résonance émotionnelle d’un mot peut suffire à déclencher un tollé, indépendamment de l’analyse rationnelle du propos.

L’anthropologie aide aussi à comprendre cette réaction. Claude Lévi-Strauss avait démontré que les mythes structurent la pensée des sociétés : ils ne sont pas de simples récits, mais des systèmes de cohésion. En Haïti, Dessalines, Pétion, Christophe ne sont pas que des personnages historiques, ce sont des piliers de l’imaginaire collectif. Les évoquer autrement que sous l’angle de la vénération revient à fissurer le socle symbolique sur lequel repose notre sentiment national. La société réagit alors non par logique, mais par réflexe de défense. Cette réaction est émotionnelle, non intellectuelle, mais elle est profondément humaine : on protège ce qui fonde notre identité.

Du point de vue psychologique, ce phénomène correspond à ce que Leon Festinger a appelé la dissonance cognitive. Lorsqu’une information, même par légèreté, contredit une croyance fondamentale, l’esprit humain cherche instinctivement à la rejeter pour préserver son équilibre intérieur. La déclaration d’Émile, perçue comme une attaque contre la mémoire nationale, a donc provoqué une fermeture cognitive collective. On ne voulait plus entendre, mais se défendre. Ce réflexe s’accompagne souvent d’une forme d’épistémophobie ( la peur de la connaissance qui dérange ) que l’on retrouve fréquemment dans les sociétés fragilisées intellectuellement : on préfère la certitude confortable du mythe à la complexité du raisonnement.

Mais la faute n’est pas seulement du côté du public. Elle incombe aussi à la responsabilité intellectuelle. Pierre Bourdieu nous rappelle que << dire, c’est faire >>. Toute parole publique agit. En tant qu’intellectuel, Émile devait anticiper la sensibilité de son auditoire, calibrer son langage et adapter son registre au niveau de réception de la société. L’intellectuel qui s’adresse à une société blessée doit parler avec rigueur, mais aussi avec précaution. Cependant, cette maladresse de forme ne doit pas occulter la justesse de son fond. Le véritable enjeu n’est pas de savoir si ses mots étaient parfaits, mais si son intention était noble. Et de toute évidence, elle l’était : inviter à la lucidité, à la responsabilité, et à la construction d’un patriotisme agissant.

La controverse autour d’Etzer Émile met donc à nu un problème bien plus profond : notre incapacité collective à débattre sans détruire. Nous sommes, pour reprendre Frantz Fanon, un peuple << en lutte pour redevenir conscient de lui-même>>. Nous avons encore du mal à distinguer la critique de la trahison, la contradiction de l’attaque, la raison de l’émotion. Nous confondons souvent la loyauté avec la cécité. Tant que cette confusion persistera, la pensée libre restera suspecte et le débat, impossible.

Ainsi, entre la lettre et l’esprit, ce n’est pas seulement l’économiste Émile qui a été jugé : c’est notre rapport collectif à la pensée critique qui a été mis à nu. Car la vérité, dans toute société civilisée, ne se crie pas; elle s’explique, elle se démontre, elle s’enseigne. Et c’est précisément là que réside le défi haïtien : apprendre à penser avec la tête, sans cesser d’aimer avec le cœur.

Je ne voudrais pas conclure sans apporter une précision concernant Daly Valet, pour qui j’ai le plus grand respect. Je le lis, je l’écoute, et j’apprends énormément de lui. Sa proposition d’un débat avec Étzer Émile visait, à juste titre, à démontrer que nos héros peuvent et doivent demeurer des références. Il n’a pas tort ! Cependant, sans prétendre donner une leçon à M. Valet qui, à mes yeux, représente une ressource intellectuelle dont le pays gagnerait à mieux tirer parti , il me semble qu’aucun véritable débat ne saurait naître d’une déclaration qui ne constitue pas une thèse, mais plutôt une maladresse dans le choix des mots. D’autant que, sur le fond, ce que Daly Valet défend rejoint exactement ce qu’Étzer Émile voulait exprimer. En réalité, il n’y a donc pas opposition, mais simple décalage linguistique. Reste qu’Étzer, par souci de probité intellectuelle, devrait avoir le courage de reconnaître que la formulation employée ne traduisait pas pleinement son intention. Ce geste d’humilité ne diminuerait en rien sa pensée ; il la renforcerait, en réaffirmant que la clarté du mot est parfois aussi importante que la justesse de l’idée.

Me Magnekell REGULUS
Juriste, technicien en finances et administration publiques
lepresidentmagnekell@gmail.com.

Réorganisation du service de communication de la PNH avec l’inspecteur général Frantz Leurrebourg à la tête de la DICOP

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PORT-AU-PRINCE.— Le haut commandement de la police nationale d’Haïti a procédé, à une réorganisation stratégique de la communication de l’institution. Dans le cadre de cette démarche, l’inspecteur général Frantz Leurrebourg a été officiellement installé, le jeudi 23 octobre 2025, comme directeur de la Communication de la PNH (DICOP). Il succède à Pierre Hugues Brun, ancien coordonnateur de la Presse et des Relations publiques (CPRP).

La cérémonie d’installation s’est tenue en présence de plusieurs hauts responsables de l’institution policière, traduisant la volonté du commandement de donner un nouveau souffle à la politique de communication de la PNH. Parmi les personnalités présentes figuraient le chef de cabinet du directeur général, Berson Soljour, ainsi que le porte-parole de la Police nationale, Michel-Ange Louis Jeune.

Selon les responsables, cette réorganisation vise à renforcer la cohérence, la transparence et la réactivité de la communication policière, dans un contexte marqué par une demande accrue d’information fiable et par les défis sécuritaires auxquels le pays fait face.

Vers une communication plus ouverte et professionnelle

La nomination de l’inspecteur général Frantz Leurrebourg intervient dans une dynamique plus large de modernisation et de professionnalisation de la communication au sein de la PNH. Le nouveau directeur aura pour mission de favoriser une meilleure coordination entre les différents services de communication, de renforcer les relations avec les médias, et d’assurer une diffusion claire et crédible du message institutionnel.

Il devra également œuvrer à rapprocher la police de la population, par une information plus accessible, tout en consolidant la confianL

À travers cette nomination, le haut commandement de la PNH réaffirme sa détermination à reprendre le contrôle de la communication officielle et à garantir une parole institutionnelle conforme aux valeurs républicaines, d’intégrité et de service public.

Cette réorganisation s’inscrit dans la vision des autorités policières de faire de la DICOP un levier stratégique pour l’image et la crédibilité de la Police nationale d’Haïti, à un moment où la stabilité et la confiance du public demeurent des priorités essentielles.

Jean Mapou

« Si Desalin te vivan, li t ap fè fizye tout dirijan kowonpi ayisyen yo… E anpil nan nou ta p pase anba woulo konpresè towo a ».

Par Gary Vicor

Des filles et des fils qui se vautrent dans la boue, dans l’ignorance, dans la haine, dans le kokoratisme, peuvent-ils être fiers de leurs péres qui ont tout fait pour qu’ils soient des hommes libres et prospéres ? Ces pères, quels sentiments auraient-ils envers de telles filles et de tels fils ? Le plus total mépris. Un coup de pied au cul.

Ce qui doit rendre fier une citoyenne, un citoyen, c’est le regard qu’on porte sur elle, sur lui. C’est la reconnaissance de son travail, de ses efforts. C’est ce qu’elle, ce qu’il a accompli pour sa communauté, pour le monde.

On devrait étre fier de l’appréciation des ancêtres. Mais dans notre cas je doute fort qu’il puisse avoir à date une quelconque appréciation

Jean Jacques Dessalines revenant sur cette terre aurait fait fusiller séance tenante tous les dirigeants haitiens. Et une grande partie de nous aurait à subir son légitime courroux.

Dessalines, Christophe, Pétion ne nous pardonneraient pas le fait de nous faire enculer continuellement par le Blanc.

Le probléme pour nous, traitres, prévaricateurs, imposteurs, racistes á l’envers, grandes gueules, faux intellectuels, pervers nauséabonds, c’est qu’aprés son expérience au Pont Rouge, Dessalines ne se laisserait pas assassiner ainsi une seconde fois.

Les Américains ont raison d’être fiers car Georges Waschington doit etre certainement satisfait de ce que sa nation soit devenue même si peut être qu’il réclamerait de ses fils de la compassion pour les autres nations.

Nous, nous n’avons aucune raison d’être fiers car Dessalines, Christophe, nous botteraient le cul .

Vous vous imaginez Henri Christophe visitant sa ville, le Cap ?

Alors luttons pour retrouver notre fierté. La fierté passe par la lutte pour retrouver notre souveraineté, l’acceptation de tous les sacrifices pour que nous tous Haitiennes, Haitiens, puissions vivre un jour en sécurité, libres, intellectuellement et technologiquement performants et finalement prospères dans notre pays. Alors nos ancêtres seraient fiers de nous. Et nous pourrions dire sans aucune honte que nous sommes fiers d’eux.

Mais pour l’instant cessons de citer leurs noms. C’est une profanation.

Histoire et conscience nationale

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À un intellectuel déconnecté de l’importance de l’histoire

Par Pierre Josué Agénor CADET

« Ceux qui ne connaissent pas l’histoire sont condamnés à la revivre » George Santayana

Il est des paroles qui, prononcées sans réflexion, révèlent la profondeur du vide intellectuel qui ronge une société. D’autres, dites avec assurance, dévoilent le désarroi d’une élite en quête de repères. Cette semaine, j’ai entendu avec amertume un homme présenté comme économiste et professeur d’université déclarer au micro d’un journaliste que  » le passé n’est que passé  » et qu’il nous faut désormais  » regarder le présent « .

Cette phrase, anodine en apparence, est symptomatique d’une crise plus vaste : celle de la perte du sens historique dans la pensée haïtienne. Elle met en lumière un phénomène inquiétant: la montée d’une technocratie sans mémoire, persuadée que la modernité commence là où l’histoire s’arrête. Ce type d’intellectuel croit que se tourner vers l’avenir implique d’oublier le passé. Or, rien n’est plus faux.

L’histoire n’est pas un fardeau ; elle est un levier. Elle n’est pas une nostalgie ; elle est une conscience. Elle n’est pas une illusion du passé, mais la clé du présent. C’est à travers elle que se comprend l’identité d’un peuple, que se dessinent les contours de sa souveraineté et que se construit la légitimité de son avenir.

Selon ce technicien du  » savoir pratique » , Haïti ne peut plus continuer, en 2025, à invoquer Dessalines, Christophe, Capois-la-Mort ni même la bataille de Vertières.  » Ce temps est révolu » , dit-il, avant d’ajouter que  » nous sommes devenus aujourd’hui la risée des peuples ».
Une telle déclaration ne relève pas seulement d’une méconnaissance historique ; elle témoigne d’une pauvreté de pensée et d’un mépris dangereux pour la mémoire nationale.

En entendant ces propos, j’ai ressenti un mélange de colère et de tristesse. Colère devant l’arrogance de ceux qui, se croyant modernes, s’érigent en juges du passé. Tristesse devant la déconnexion d’une partie de notre élite, qui confond progrès et oubli. Ce sont ces intellectuels sans mémoire, ces politiciens sans racines, qui, depuis des décennies, participent à la dégradation morale et institutionnelle du pays.
Il y a quelques années, en réponse à des autorités lavalassiennes qui parlaient d’ingérence des étrangers dans les affaires internes d’Haïti, un ambassadeur français accrédité en Haïti disait: » si les étrangers interviennent dans les affaires d’Haïti c’est sur invitation des dirigeants haïtiens eux-mêmes ».

Haïti, aujourd’hui classée parmi les États fragiles, est avant tout une victime de l’amnésie de ses dirigeants. Car, en vérité, le sous-développement n’est pas seulement économique, il est d’abord mémoriel. Les peuples qui avancent sont ceux qui savent d’où ils viennent. Les États-Unis, la France, Israël, le Rwanda ou la Chine s’appuient sur la connaissance profonde de leur histoire pour façonner leur destin.
Pourquoi Haïti devrait-elle se construire dans l’oubli ?

Haïti n’a pas besoin d’intellectuels amnésiques ni de techniciens sans vision. Elle a besoin de consciences enracinées, de voix capables de relier le passé à l’avenir. Oublier Dessalines, c’est trahir la dignité. Oublier Vertières, c’est nier notre raison d’exister. Notre avenir dépendra de notre capacité à relire notre histoire, à la comprendre, et à en faire la base de notre renaissance collective.Un peuple qui se souvient avance avec courage.Un peuple qui oublie, disparaît sans gloire.

Pierre Josué Agénor Cadet, professeur d’histoire moderne et contemporaine à l’université

Le dossier de la ministre Octavius acheminé au cabinet d’instruction

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Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, 22 octobre 2025 — Le transfert du dossier de la ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC), Niola Lynn S. Octavius, au cabinet d’instruction, ce 21 octobre, marque une étape décisive dans la lutte contre la corruption en Haïti.

Soupçonnée de détournement de fonds publics alloués à la commémoration de la Bataille de Vertières 2024, la ministre fait désormais l’objet d’une enquête judiciaire dirigée par le juge Walther Wesser Voltaire.

Selon le rapport de l’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC), plusieurs irrégularités graves auraient été constatées dans la gestion du budget du ministère : factures fictives, contrats octroyés sans appel d’offres et paiements injustifiés à des prestataires. Les montants en cause s’élèveraient à plusieurs millions de gourdes, initialement destinés à des activités officielles de commémoration nationale.

Le transfert du dossier au cabinet d’instruction n’est pas une simple formalité. Il marque l’ouverture d’une procédure pénale formelle, où un juge devra déterminer la nature et l’étendue des responsabilités individuelles. En Haïti, peu de ministres en fonction ou récemment démis ont eu à répondre directement devant la justice, malgré de nombreuses accusations de mauvaise gestion.

Ainsi, le cas Octavius revêt une portée symbolique forte : il interroge la capacité de l’appareil judiciaire à rompre avec l’impunité systémique et à soumettre les détenteurs du pouvoir à la même exigence de reddition de comptes que les autres citoyens.

Dans tout État de droit, la responsabilité des hauts fonctionnaires repose sur deux piliers : la responsabilité politique, celle d’assumer les conséquences des actes administratifs posés sous leur autorité et la responsabilité pénale, lorsque ces actes franchissent la ligne de la légalité.

En l’espèce, la ministre Octavius, en tant qu’ordonnatrice principale des dépenses de son ministère, porte une responsabilité hiérarchique directe. Même si elle conteste toute implication personnelle, elle ne peut s’exonérer du principe de reddition des comptes.

Comme le rappelle l’article 245 du Code pénal haïtien, tout agent public qui détourne ou dissipe les fonds confiés à son administration s’expose à des sanctions pénales sévères, indépendamment de son rang.

Mais la responsabilité dépasse le seul cadre juridique. Elle engage aussi la crédibilité morale et institutionnelle des dirigeants publics. Dans un pays où la confiance envers l’État s’érode depuis des décennies, chaque scandale de gestion alimente le sentiment d’injustice et la perception d’un État prédateur plutôt que protecteur.

L’affaire Octavius ne surgit pas dans le vide. Elle s’inscrit dans une culture administrative minée par la faiblesse des contrôles internes, la politisation des nominations et la porosité entre gestion publique et intérêts privés.

Depuis 2020, plusieurs institutions publiques haïtiennes ont été épinglées par l’ULCC et la Cour supérieure des comptes pour opacité dans la passation des marchés, dépenses non justifiées ou fonds disparus. Cependant, peu de dossiers ont abouti à des condamnations effectives.

C’est pourquoi l’enquête actuelle représente un test de cohérence pour le système judiciaire et pour le gouvernement lui-même, qui revendique sa volonté de moraliser la gestion publique.

Pour de nombreux observateurs, la poursuite d’un ministre en exercice soulève un double enjeu :

  1. Politique, car elle risque de fragiliser un exécutif déjà contesté, et
  2. Institutionnel, car elle met à l’épreuve l’indépendance du pouvoir judiciaire face aux pressions partisanes.

Des organisations de la société civile, telles que la Fondation Je Klere (FJKL) ou Nou Pap Dòmi, appellent à ce que le processus suive son cours « sans interférences politiques ni marchandages judiciaires ». Selon elles, seule une justice impartiale permettra de restaurer la confiance citoyenne et de dissuader les dérives futures.

Le dossier de Niola Lynn Octavius ouvre un débat plus large : jusqu’où les institutions haïtiennes sont-elles prêtes à aller pour imposer la responsabilité publique ?

La transparence budgétaire, l’éthique dans la fonction publique et la reddition de comptes ne peuvent plus rester de simples slogans.

Si l’instruction judiciaire est menée avec rigueur, ce cas pourrait devenir un précédent historique dans la lutte contre la corruption administrative. À l’inverse, si l’affaire s’enlise ou se solde par un non-lieu douteux, elle viendrait confirmer une fois de plus le règne de l’impunité des élites.

Le transfert du dossier Octavius n’est pas seulement un épisode judiciaire : c’est un révélateur du rapport entre pouvoir et responsabilité en Haïti.

Dans une démocratie en quête de légitimité, l’exemplarité des dirigeants demeure la condition première de la reconstruction morale et institutionnelle de l’État.

À ce titre, la justice a désormais la lourde tâche de prouver que nul, fût-il ministre, n’est au-dessus des lois.

CULTURE | Teddy Hashtag dévoile “READY” : un album ambitieux, une soirée contrastée

Par Jean Wesley Pierre

La scène musicale haïtienne a vibré, ce jeudi 23 octobre 2025, à Pétion-Ville, Hôtel NH – El Rancho, au rythme du nouveau projet de Teddy Hashtag, jeune artiste en pleine ascension. Son album « READY », composé de 12 morceaux et enrichi de trois collaborations majeures, symbolise une étape charnière dans sa jeune carrière. Mais si la musique a su séduire, l’événement de lancement a d’abord trébuché sur un manque de rigueur organisationnelle. Une soirée où le talent artistique a finalement pris le dessus, en grande partie grâce à la présence et au professionnalisme de figures médiatiques de premier plan.

Un lancement mal orchestré mais sauvé par l’engagement des journalistes

Prévue à 16h, la conférence de presse n’a débuté qu’aux environs de 18h, laissant une salle quasi vide et une tension palpable parmi les journalistes présents. Beaucoup, vexés par ce retard, ont exprimé leur mécontentement, tandis que d’autres, fidèles à leur mission, ont préféré rester non pas par complaisance, mais par conscience professionnelle.

Dans la salle on voyait Jean Mary Simon (JMS), membre technique du comité de restructuration de la Radio Télévision Nationale d’Haïti, a incarné cette rigueur et cette patience qui manquent cruellement dans les événements culturels du pays. Son attitude calme, son respect du protocole et sa présence constante rappellent que le journalisme culturel haïtien n’est pas mort, il survit grâce à des hommes et des femmes qui comprennent l’importance de documenter la culture, même dans ses chaos.

Et puis, il y avait Marc Anderson Brégard, “Breg”, légende vivante du journalisme musical. Par sa simple présence, il a donné une densité et une crédibilité à l’événement. Bregard n’était pas là pour la forme : il était là pour rappeler, à travers son regard et ses mots, que la musique n’est pas qu’un produit de consommation rapide, mais un héritage à préserver, à raconter, à critiquer.

« READY » : un album qui traduit une maturité et une ouverture

Lorsque Teddy Hashtag et son staff, vêtus de chemises noires marquées du titre de l’album sont finalement apparus, la tension est retombée. Le jeune artiste a su reconquérir son auditoire, en expliquant avec sincérité sa démarche et les émotions derrière chaque titre.

L’album « READY » aligne 12 morceaux, dont trois collaborations de poids :

  • “Detwi” avec Hendrix Kid,
  • “Ou pa may” avec Legendary,
  • et “Ou banm lanmou” avec la grande Rutshelle Guillaume.

« Quand on a eu la confirmation de Rutshelle, on a hurlé de joie, on a chanté ! », a confié le manager de Teddy Hashtag, traduisant la dimension presque spirituelle que cette collaboration a eue pour eux.

Chaque morceau révèle une facette différente du jeune chanteur : la foi et la gratitude dans “Bondye’m nan”, la nostalgie amoureuse dans “Tounen avè’m”, la douceur dans “M vle’w konnen” et “Orevwa”, ou encore la maturité dans “Manke Pridan”. Teddy Hashtag prouve qu’il n’est pas seulement un chanteur à la mode, mais un artiste en quête de sens, qui façonne son identité entre douleur, espérance et affirmation de soi.

Le témoignage d’un parcours, la reconnaissance d’une résilience

En évoquant ses débuts, Teddy Hashtag a rappelé avec humilité :

« Quand on a commencé, il y avait une salle plus petite que celle-là, avec moins de monde. »

Cette phrase, simple mais chargée, résume l’essence du projet : la persévérance face aux débuts modestes, la foi face à l’incertitude.

Interrogé sur l’absence de L-Won dans l’album, il a répondu avec diplomatie :

« Il n’y a aucun problème. On est en bons termes. On aura encore de beaux morceaux à venir. »

Une réponse qui dénote une maturité rare chez un jeune artiste souvent exposé aux rivalités du milieu.

Une soirée sauvée par la culture, transcendée par la presse

Il serait injuste de réduire cette soirée à son retard. Car, à mesure que la salle se remplissait, l’atmosphère changeait. Les caméras s’allumaient, les micros se tendaient, et le dialogue entre artistes et journalistes reprenait vie.

Des figures comme Dangelo Neard, animateur de “Des Livres et Vous”, Bigo, ainsi que de nombreux influenceurs, étaient présents pour témoigner d’un moment qui dépasse la simple promotion musicale.

Ce fut une célébration de la résilience de la culture haïtienne, soutenue par une presse passionnée, exigeante et souvent sous-estimée.

^“READY”, un symbole de passage*

L’album “READY” n’est pas qu’un produit artistique : c’est un signal de maturité pour Teddy Hashtag et son équipe. Mais c’est aussi un rappel que la réussite culturelle ne se mesure pas uniquement à la beauté des chansons, mais à la capacité de créer du lien entre artistes, journalistes et public.

Dans ce sens, Jean Mary Simon, Marc Anderson Bregard, et quelques autres, par leur présence et leur professionnalisme, ont rappelé que la presse culturelle haïtienne reste un pilier fondamental de la mémoire collective.

Et si Teddy Hashtag dit être “Ready”, c’est peut-être d’abord parce qu’il a compris au milieu des imperfections de cette soirée que la musique n’existe vraiment que lorsqu’elle rencontre ceux qui la racontent.

Accord Karibe appelle à la mobilisation et réclame une “tabula rasa” du système politique

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L’Accord Karibe accuse le CPT et le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé d’être responsables de la violence et de l’insécurité en Haïti. Le mouvement dénonce l’utilisation des gangs armés pour maintenir le pouvoir. Il rejette toute élection dans ce contexte et réclame une refondation complète du système politique. L’Accord appelle la population à se mobiliser pour exiger le départ de cette structure gouvernementale.

Lors d’une conférence de presse donnée ce jeudi 23 octobre 2025 à Delmas, les membres de l’Accord Karibe ont dénoncé la gouvernance du Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, qu’ils accusent d’être à l’origine de la montée de la violence et de l’insécurité dans le pays. Le regroupement politique appelle à une mobilisation nationale pour renverser ce qu’il qualifie de “pouvoir illégitime” et plaide pour une refondation complète du système politique haïtien.

Selon les responsables de l’Accord, le pouvoir actuel aurait “délibérément choisi de s’appuyer sur les gangs armés pour maintenir son contrôle politique”. Ils affirment que les actes de kidnapping, de pillage, de meurtre et de destruction se sont multipliés sous cette gouvernance, touchant particulièrement les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Nord.

L’Accord Karibe rejette toute idée d’élections dans le climat actuel, jugeant impossible la tenue d’un scrutin libre et crédible “tant que la corruption, la violence et l’impunité règnent au sommet de l’État”. Le mouvement exige la Tabula Rasa, c’est-à-dire une refondation complète des institutions et du système politique haïtien, et propose l’installation, à compter du 7 février 2026, d’un nouveau gouvernement bicéphale reposant sur la légitimité populaire et la justice sociale.

Dans la perspective d’un éventuel gouvernement post-7 février, l’Accord Karibe se déclare farouchement opposé à la participation de toute formation politique ayant contribué, selon lui, à la mise en place de l’actuel gouvernement de transition. Sont notamment cités Fanmi Lavalas, l’Accord Montana, Pitit Desalin, ainsi que d’autres structures jugées complices de “l’échec de la transition”.

Par ailleurs, l’Accord Karibe appelle tous les regroupements et mouvements qui s’opposent à l’actuel pouvoir à rejoindre la mobilisation sur le macadam pour exiger le départ de cette structure gouvernementale “qui, jusqu’à présent, a failli à sa mission principale : rétablir la sécurité et organiser des élections crédibles”.

“Le peuple haïtien n’a plus rien à attendre de ceux qui le trahissent. L’heure est venue de reprendre notre destin en main”, conclut le communiqué lu à la presse.

Alors que le Gouvernement met le cap sur les élections, nombreux sont ceux qui estiment impossible la tenue d’un scrutin dans les quatre mois restant avant le 7 février, alors que l’insécurité continue de sévir dans le pays.

La rédaction

Bilan partiel de la tempête tropicale Mélissa: un mort et cinq blessés selon la Protection civile

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PORT-AU-PRINCE.— La tempête tropicale Mélissa, qui balaie actuellement le territoire haïtien, a déjà fait une victime et plusieurs blessés, selon un premier bilan communiqué jeudi par la Direction générale de la Protection civile (DGPC).

Plusieurs départements du pays sont placés en état d’alerte maximal (vigilance orange), suite aux prévisions météologiques, qui ont annoncé le passage de la tempêtte tropicale MELISSA.

Localisée sur la côte sud du pays, elle a deja marqué son passage, en provoquant des dégâts, suite aux rafales de vents violents et de pluies intenses, qui ont saccagé plusieurs communes.

D’après les informations fournies par la DGPC, un homme d’environ 70 ans a perdu la vie à Marigot, dans le département du Sud-Est, après la chute d’un arbre, provoquée par de violents vents. L’identité de la victime n’a pas encore été rendue publique.

Par ailleurs, cinq personnes ont été blessées dans la Vallée de l’Artibonite, à la suite d’inondations causées par les fortes pluies. Ces incidents illustrent la vulnérabilité persistante du pays face aux aléas climatiques récurrents et à l’insuffisance des infrastructures de prévention des risques.

Le coordonnateur de la DGPC, Emmanuel Pierre, a multiplié les interventions médiatiques à Port-au-Prince aux côtés de prévisionnistes de l’Unité hydrométéorologique d’Haïti (UHM), afin de sensibiliser la population et de faire le point sur l’évolution du phénomène.

Les autorités appellent la population à faire preuve de prudence, à suivre les consignes de sécurité et à rester attentifs aux bulletins météorologiques diffusés par les canaux officiels.

Haïti: cinq départements placés en vigilance orange face à la tempête tropicale Melissa

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PORT-AU-PRINCE.— La tempête Melissa se renforce dans la mer des Caraïbes et pourrait devenir un ouragan d’ici la fin de la semaine. Les autorités haïtiennes appellent à la prudence et à la préparation. L’ouragan pourrait atteindre le stade d’ouragan avant la fin de la semaine, selon le dernier bulletin de la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA).

Haïti se trouve désormais dans la zone de menace directe, tandis que cinq départements: le Sud, le Sud-Est, la Grande Anse, les Nippes et l’Ouest ont été placés en vigilance orange par les autorités nationales.

Un système quasi stationnaire au large des côtes haïtiennes

Dans son rapport publié à 5h00 a.m., la NOAA indique que Melissa demeure presque stationnaire, progressant lentement vers l’ouest-nord-ouest à environ 6 km/h. Cette lenteur accroît les risques d’exposition prolongée aux vents violents et aux fortes précipitations, notamment pour la péninsule de Tiburon, dans le sud-ouest du pays.

Le centre de la tempête a été localisé à 15,0°N et 74,9°W, soit à environ 485 kilomètres au sud-ouest de Port-au-Prince. Les vents soutenus atteignent actuellement 85 km/h, avec des rafales plus puissantes, et devraient continuer à se renforcer au cours des prochaines 48 heures.

Risques élevés d’inondations et de glissements de terrain

Melissa pourrait générer des pluies torrentielles de 12 à 25 centimètres sur Haïti, la République dominicaine et la Jamaïque au cours du week-end, entraînant des inondations soudaines, des crues importantes et des glissements de terrain potentiellement meurtriers.

Des averses additionnelles sont également attendues au-delà de dimanche, selon les prévisions météorologiques.

Mesures préventives renforcées

Face à la menace, le Service Maritime et de Navigation d’Haïti (SEMANAH) a interdit toute activité de cabotage sur la côte sud jusqu’à nouvel ordre.

Parallèlement, une veille d’ouragan a été émise pour la péninsule sud-ouest, depuis la frontière dominicaine jusqu’à Port-au-Prince; un dispositif indiquant que des conditions cycloniques pourraient survenir dans les 48 prochaines heures.

En coordination avec la Direction Générale de la Protection Civile (DGPC) et le Secrétariat permanent de gestion des risques, l’Unité Hydro-Météorologique d’Haïti (UHM) appelle la population à achever sans délai les préparatifs nécessaires pour protéger vies et biens.

Consignes de sécurité et appel au calme

Les autorités rappellent plusieurs mesures essentielles :
éviter toute traversée de rivières ou de ravines ;
ne pas se réfugier sous les arbres durant les orages ;
sécuriser les documents importants et les animaux domestiques ;
porter assistance aux personnes vulnérables.

Elles exhortent par ailleurs la population à suivre uniquement les bulletins officiels et à ne pas céder aux rumeurs.

Alors que le pays retient son souffle, la perspective d’un passage de Melissa à un ouragan inquiète les autorités et les observateurs.

Haïti, déjà fragilisé par la crise humanitaire et l’érosion de ses infrastructures, pourrait connaître l’un des épisodes cycloniques les plus préoccupants de ces dernières années, si les prévisions se confirment.

Jean Mapou

Haïti: Le compte à rebours de la transition a commencé, avertit l’ONU

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À moins de quatre mois de la fin du mandat de la transition, les Nations Unies appellent les acteurs politiques haïtiens à accélérer les préparatifs électoraux pour éviter un vide institutionnel.

PORT-AU-PRINCE.— Alors que la date du 7 février 2026, marquant la fin officielle de la transition politique en Haïti, approche à grands pas, les Nations Unies tirent la sonnette d’alarme. Devant le Conseil de sécurité, mercredi 22 octobre, le représentant spécial du secrétaire général, Carlos G. Ruiz, a averti que «le compte à rebours de la transition a commencé», exprimant de sérieuses inquiétudes face à l’absence d’une feuille de route claire vers un retour à la gouvernance démocratique.

«Dans un contexte de défis persistants en matière de sécurité, le processus politique est entré dans les derniers mois des dispositions actuelles de gouvernance transitoire, qui prévoient le transfert du pouvoir aux responsables élus d’ici le 7 février 2026», a déclaré le diplomate.

«Je suis préoccupé par le fait qu’aucune voie claire vers le rétablissement d’une gouvernance démocratique ne se soit encore dégagée», a-t-il ajouté.

Des efforts certes, mais encore insuffisants

Tout en exprimant ses préoccupations, Carlos G. Ruiz a salué les initiatives entreprises par le Conseil présidentiel de transition (CPT), qui multiplie les consultations avec les forces politiques et sociales en vue d’éviter un vide institutionnel au terme du mandat transitoire.

«Je salue les mesures prises par les autorités nationales pour parvenir à un accord sur les conditions nécessaires à la tenue d’élections et pour prévenir toute rupture de légitimité après le 7 février 2026», a-t-il affirmé.

Le représentant onusien a également mis en avant la décision du gouvernement haïtien de renoncer à la révision constitutionnelle et à l’organisation d’un référendum, estimant qu’elle traduit un changement d’orientation en faveur d’un processus électoral prioritaire.

Selon lui, la poursuite du dialogue interhaïtien demeure essentielle pour forger un consensus renouvelé sur la voie à suivre, un rôle que le Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) continue de faciliter.

Soutien technique et contraintes budgétaires

Sous la coordination du BINUH, les Nations unies offrent actuellement un appui technique et logistique au Conseil électoral provisoire (CEP) pour accélérer les préparatifs du scrutin.

Cette assistance s’inscrit toutefois dans un contexte budgétaire tendu: le gouvernement haïtien a prévu 5,4 milliards de gourdes pour les activités électorales et 3 milliards de gourdes pour le soutien aux partis politiques dans le budget national 2025-2026.

Un rapport du secrétaire général de l’ONU, daté du 14 octobre 2025, précise que le CEP a soumis à l’exécutif, le 5 août dernier, un plan opérationnel révisé accompagné d’un budget de 136,5 millions de dollars pour la première phase du processus électoral. Ce montant inclut notamment les coûts supplémentaires liés à l’insécurité, aux investissements logistiques et aux arriérés de salaires accumulés.

Une transition sous tension et la pression internationale

À l’approche de l’échéance du 7 février, la communauté internationale observe avec prudence l’évolution du processus politique haïtien. Entre pressions internes, incertitudes électorales et insécurité persistante, la réussite de la transition apparaît encore fragile.

Selon l’ONU, la stabilité du pays dépendra avant tout de la volonté des acteurs nationaux de conjuguer leurs efforts pour garantir la tenue d’élections crédibles et éviter un nouveau cycle d’instabilité politique.

Jean Mapou