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PNN entre dans l’arène de la transition : un soutien stratégique qui renforce le Pacte national

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Par Jean Valdonel CONSTANT

L’adhésion du Patriyòt Natif Natal (PNN) au Pacte national marque une étape politique significative. En rejoignant l’initiative portée par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le parti affiche sa volonté de s’impliquer activement dans la stabilisation du pays et la préparation des prochaines échéances électorales.

Dans un contexte de transition fragile, ce positionnement du PNN traduit une stratégie d’ancrage institutionnel et de participation directe aux grandes orientations politiques du moment. L’initiative gouvernementale, qui cherche à élargir son socle d’appui, trouve ainsi un relais supplémentaire au sein de la classe politique organisée.

Au-delà de la signature, l’enjeu repose désormais sur la capacité des acteurs engagés à transformer les engagements en résultats concrets, notamment en matière de sécurité et d’organisation électorale.

Ignace Saint-Fleur : entre engagement politique et responsabilité administrative

Ignace Saint-Fleur est actuellement Directeur général du BMPAD (Bureau de Monétisation des Programmes d’Aide au Développement). À la tête de cette institution stratégique, il évolue au cœur des mécanismes administratifs liés à la gestion et à la coordination de ressources publiques sensibles.

En parallèle, il dirige le Patriyòt Natif Natal (PNN), formation politique engagée dans le débat national sur la transition et la stabilisation du pays. Cette double casquette – administrative et politique – lui confère une position particulière dans l’architecture institutionnelle actuelle.

Reconnu pour sa présence dans les cercles décisionnels, Ignace Saint-Fleur s’inscrit dans une dynamique où gouvernance technique et engagement politique se croisent.

Son adhésion au Pacte national illustre une volonté affichée de contribuer à la structuration du processus transitoire, tout en renforçant la visibilité et le positionnement stratégique du PNN sur l’échiquier politique.

Jean Valdonel CONSTANT

Nouveau leadership à la DGI : cap sur la réforme fiscale

Par Jean Wesley Pierre

Le ministre de l’Économie et des Finances, Serge Gabriel Colin, a procédé ce mercredi 25 février 2026 à l’installation de Chesnel François comme nouveau directeur général de la Direction générale des Impôts (DGI). Alfred Pierre a été nommé directeur général adjoint. Cette passation intervient dans un contexte marqué par de fortes pressions budgétaires pour l’État haïtien.

Lors de la cérémonie d’installation, le nouveau patron de la DGI a dévoilé ses priorités. Chesnel François entend poursuivre la réforme fiscale engagée et finaliser le plan stratégique de l’institution. L’objectif affiché est clair : moderniser l’administration fiscale pour répondre aux défis du moment.

Parmi les chantiers prioritaires figure le déploiement du système RMS (Revenue Management System). Ce dispositif vise à moderniser la collecte des impôts, renforcer la transparence des opérations et optimiser la gestion des données fiscales. Une transformation numérique qui devrait permettre à la DGI de gagner en efficacité.

Chesnel François a également insisté sur l’importance de l’amélioration des conditions de travail et de la motivation du personnel. Selon lui, ces éléments constituent des leviers essentiels de performance pour l’institution. Un signal fort adressé aux employés de la DGI.

Le ministre Serge Gabriel Colin a affirmé compter sur cette nouvelle équipe pour contribuer au redressement des finances publiques. Dans un contexte où les besoins de financement de l’État sont criants, la DGI est appelée à jouer un rôle central dans la mobilisation des recettes internes.

Cette nouvelle direction devra conjuguer modernisation technologique, motivation des équipes et efficacité opérationnelle pour relever le défi de la réforme fiscale et participer à l’assainissement des finances publiques.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Haïti: Beaucoup de diplômés, très peu d’intellectuels; le constat d’un naufrage politique organisé par une élite sans vocation

Par Jean Mapou

Haïti n’est pas seulement en crise sécuritaire. Elle est en faillite intellectuelle.

Jamais le pays n’a compté autant de diplômés. Jamais il n’a été aussi pauvre en pensée. Le contraste est obscène: des titres universitaires à la chaîne, mais aucune colonne vertébrale morale pour tenir tête à l’effondrement politique.

Le docteur Jean Price Mars, aurait parlé de bovarysme collectif, pour critiquer le manque de sens du devoirs des intellectuels haïtiens.

Le problème n’est pas l’absence d’écoles. Le problème, c’est l’absence de courage. Un déficit de doctrine et d’amour pour la patrie.

Depuis des années, la classe politique multiplie les gouvernements provisoires, les transitions interminables, les accords opaques et les dialogues stériles. Les noms changent, les méthodes restent: opacité, improvisation, absence de vision. On ne gouverne pas une nation, en administrant la survie.

Et au cœur de ce désastre, où sont les diplômés?

Ils occupent les ministères, conseillent les cabinets, rédigent les notes techniques, participent aux commissions. Ils maîtrisent le jargon institutionnel, parlent d’“approche inclusive”, de “feuille de route”, de “stabilité macroéconomique”. Mais ils se taisent sur l’essentiel: l’effondrement de l’État, la capture des institutions, la banalisation du crime, la corruption endémique.

Haïti étouffe sous le poids de diplômés compétents… au service d’un système incompétent et inapte.

Un intellectuel ne se contente pas de gérer des procédures. Il interroge le sens. Il dénonce la dérive. Il refuse d’être l’alibi technique d’un pouvoir sans légitimité. Or, trop souvent, nos élites formées deviennent les greffiers d’un désordre organisé. Elles rationalisent l’irrationalité. Elles habillent d’expertise la faillite politique.

La crise actuelle n’est pas tombée du ciel. Elle est le produit d’années de compromissions savantes. Chaque transition bricolée a été validée par des juristes diplômés. Chaque budget opaque a été structuré par des économistes certifiés. Chaque réforme avortée a été conçue par des technocrates bardés de titres.

Le pays brûle. Les élites rédigent des rapports.

Dans une République digne de ce nom, l’intellectuel joue un rôle de vigie. Il alerte avant la catastrophe. Il refuse les consensus mous. Il produit une pensée stratégique nationale. En Haïti, la majorité des diplômés préfère la proximité du pouvoir à la distance critique. On négocie des postes, pas des principes, sous prétexte que vente affamé n’a point d’oreilles. Je dirais une élite avare n’a point de couille.

Le silence est devenu une carrière. Pendant que des quartiers entiers tombent sous la coupe des groupes armés, pendant que la souveraineté se délite, pendant que la jeunesse s’exile ou s’enrôle par désespoir, combien d’universitaires publient une réflexion structurée sur la refondation de l’État? Combien de professionnels refusent publiquement de cautionner des arrangements politiques contraires à l’intérêt national?

Face à la rude réalité du pays, nos diplômés ont choisi l’ascension individuelle plutôt que l’exigence collective.

L’université, elle aussi, doit répondre. Distribuer des licences et des maîtrises ne suffit pas. Former des esprits critiques est une mission autrement plus exigeante. Or, l’esprit critique dérange le pouvoir. Et dans un système où la proximité politique garantit les opportunités, la pensée libre devient un risque.

Ainsi se perpétue le cycle: des gouvernements faibles entourés de techniciens brillants mais prudents; des décisions lourdes de conséquences prises sans débat intellectuel sérieux; une nation privée de boussole.

Haïti n’a pas seulement besoin d’élections. Elle a besoin d’une insurrection de l’intelligence. D’intellectuels capables de rompre avec la servitude technocratique. De femmes et d’hommes prêts à perdre un poste pour sauver une idée. Prêts à dénoncer l’imposture, même lorsqu’elle porte un costume officiel.

Car tant que les diplômés continueront à servir le pouvoir au lieu d’éclairer la nation, la gestion politique du pays restera un théâtre d’improvisation. L’Elite demeurera asservie à des causes criminelles.

Et la République, privée d’intellectuels véritables, continuera de sombrer sous les applaudissements polis de ses propres élites.

Jean Mapou / Le Relief

Haïti-politique : le CADHOA, signataire du pacte avec le PM Alix Didier Fils-Aimé, recommande une meilleure gouvernance de la transition

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Des anciens élus de la République et des anciens hauts fonctionnaires de l’État, regroupés au sein du Collectif des Acteurs Haïtiens pour le Développement et l’Organisation Alternative (CAHDOA), ont participé à la signature du pacte national de gouvernabilité pour la sécurité et l’organisation des élections. Un geste, selon eux, qui traduit leur volonté d’encourager le dialogue entre les secteurs, mais aussi de favoriser un retour à la stabilité et à l’ordre sur le territoire national.

Des membres du collectif, en provenance de plus d’une vingtaine de partis politiques et d’organisations associées, éparpillés à travers plusieurs départements géographiques du pays, se sont rendus le samedi 21 février 2026 à l’hôtel Ritz Kinam à Pétion-Ville dans le but d’approuver le document baptisé pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections. Ces acteurs se sont mis d’accord sur le fait que ce document doit garantir la poursuite de la transition jusqu’à l’organisation des élections.

L’avocat et professeur d’université Jean Fresly dit espérer que l’adoption du pacte national de gouvernabilité permettra d’aboutir à la fin de la période transitoire dans le plus grand calme et que l’organisation des prochaines élections sera un atout pour redynamiser les institutions de l’État dont, au niveau des trois pouvoirs, il existe un vide qui nuit à la bonne marche et aux principes de la bonne gouvernance.

Pour sa part, Auguste François Belamy, de la coalition des jeunes de la mouvance Grand Sud, a encouragé tous les acteurs de la vie nationale à s’approprier les objectifs fondamentaux du pacte de gouvernabilité pour la sécurité et l’organisation des élections afin d’accompagner les autorités dans cette démarche de paix tant souhaitée dans le pays, dans un contexte où la sécurité demeure essentielle pour l’avenir du peuple haïtien.

En ce sens, le comité directoire du Collectif des Acteurs Haïtiens pour le Développement et l’Organisation Alternative (CAHDOA) s’apprête à transmettre au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé un document-cadre susceptible d’orienter le pouvoir en vue d’une meilleure définition des politiques publiques au bénéfice de l’intérêt général. Disposant d’un think tank tel que défini dans ses statuts, le CAHDOA propose d’apporter sa contribution et ses réflexions dans le cadre des enjeux liés à la nouvelle gouvernance intérimaire.

Pour rappel, le Collectif est majoritairement formé d’anciens parlementaires de l’opposition. Néanmoins, ces anciens fonctionnaires de l’État estiment qu’il est urgent de prôner l’émergence d’une nouvelle classe politique responsable, mettant en avant les intérêts de la nation, dans une logique de dialogue et de réconciliation.

Diplomatie : le Premier ministre s’envole pour le sommet de la CARICOM à Saint-Kitts-et-Nevis

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Au lendemain de la présentation du Pacte national signé par plusieurs structures politiques, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a quitté le pays ce 24 février pour participer à la 50ᵉ Réunion ordinaire de la Conférence des chefs de gouvernement de la CARICOM, organisée à Saint‑Kitts‑et‑Nevis du 24 au 27 février.

Ce voyage officiel intervient moins de vingt-quatre heures après la publication dans le Moniteur du « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections », présenté par le gouvernement comme une étape vers la stabilisation politique et la tenue de futurs scrutins. Alors que l’accord continue de susciter débats et critiques au sein de la classe politique haïtienne, le chef du gouvernement entend porter la voix d’Haïti sur la scène régionale.

Placée sous le thème « Aller au-delà des paroles : agir aujourd’hui pour une CARICOM prospère et durable », la conférence réunira les principaux dirigeants caribéens autour des enjeux majeurs touchant la sécurité régionale, l’intégration économique, la résilience climatique, la sécurité alimentaire et la coopération politique.

Selon un communiqué officiel, le Premier ministre est accompagné d’une délégation réduite composée de Maître Guerly Leriche, conseiller spécial, de Raina Forbin, membre du cabinet du Premier ministre, ainsi que de l’agent de sécurité Kendy Joanéus.

En marge des travaux, plusieurs rencontres bilatérales sont prévues afin de renforcer les relations diplomatiques d’Haïti avec les États membres de la CARICOM et consolider les mécanismes de coopération régionale.

Le chef du gouvernement doit notamment s’entretenir avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio, également attendu à ce sommet régional. Le responsable américain participera aux discussions avec les dirigeants caribéens autour du renforcement de la sécurité, de la lutte contre les trafics illicites et l’immigration clandestine, ainsi que du développement économique et énergétique de la région.

La stabilité régionale et la prospérité de l’hémisphère figurent parmi les priorités mises en avant par Washington à l’occasion de cette rencontre de haut niveau.

Au cours de cette visite officielle, le Premier ministre devrait réaffirmer l’engagement d’Haïti à collaborer activement avec les pays caribéens afin de promouvoir la paix, la sécurité et le développement durable dans la région.

Le retour du chef du gouvernement en Haïti est prévu pour le jeudi 26 février 2026. Ce déplacement diplomatique apparaît comme une tentative de renforcer l’ancrage régional du pays, alors que le gouvernement cherche à consolider sa légitimité politique sur le plan interne après la signature récente du Pacte national.

La rédaction

Portrait : Yves ROBLIN, à la direction générale du MENFP, un homme de carrière ancrée dans le système

Par Jean Valdonel CONSTANT

Dans un pays où le système éducatif fait face à de grands défis, un leadership compétent, visionnaire et éthique devient une nécessité nationale. Le parcours de Yves ROBLIN, actuel Directeur Général du Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), illustre parfaitement ce type de leadership.

UNE BASE ISSUE DU TERRAIN

Avant d’accéder à l’administration centrale, Yves ROBLIN a commencé comme enseignant au niveau secondaire. Cette expérience lui a permis de comprendre directement les besoins des élèves, les difficultés des enseignants et les limites des infrastructures scolaires.

Au sein du MENFP, il a occupé plusieurs postes clés :
-Directeur Technique Supervision de la mise en œuvre des politiques éducatives et coordination des services techniques.

-Directeur de la Planification et de la Coopération Externe

–Gestion de la planification stratégique, des statistiques nationales et des relations avec les partenaires internationaux.

Ces responsabilités l’ont placé au cœur des décisions stratégiques du système, où planification et efficacité opérationnelle sont essentielles.

EXAMENS OFFICIELS: UN EFFORT COLLECTIF

Malgré un climat d’insécurité et de contraintes logistiques, les examens officiels récents ont pu être organisés grâce aux efforts et au leadership du Ministre de l’Éducation, Antoine Augustin, combinés au soutien technique et administratif de son équipe. Dans ce processus, professeur Yves ROBLIN a joué un rôle essentiel dans la coordination opérationnelle, assurant organisation et transparence.

UNE RÉPUTATION INTÈGRE:

Dans un contexte où l’éthique et la transparence sont souvent remises en question, le nom de Yves ROBLIN n’a jamais été associé à un scandale, à la corruption ou à des comportements susceptibles de ternir l’image de l’institution. Son parcours est marqué par le professionnalisme, la discipline et l’intégrité.

UN APPEL AU LEADERSHIP NATIONAL

Dans ce cadre, SJDESOC (Solidarité Jeunesse pour le Développement Social) voit de bon œil la présence du professeur Yves ROBLIN à la direction générale au Ministère de l’Éducation Nationale. Cette observation repose sur plusieurs constats :
-L’expérience solide de ROBLIN à tous les niveaux du système éducatif

-Sa crédibilité et son intégrité dans la gestion de l’éducation

-Son potentiel à assurer la continuité des réformes

-Les bénéfices directs pour les élèves et les parents à travers le pays

SJDESOC considère qu’un technicien maîtrisant le système en profondeur au Ministère permet au pays de bénéficier d’un leadership orienté vers le développement des jeunes et le renforcement de l’éducation nationale.

UNE VISION GLOBALE ET INTELLECTUELLE

En plus de son expertise administrative et éducative, Yves ROBLIN travaille actuellement sur un projet d’écriture portant sur les dynamiques géopolitiques mondiales. Dans ce futur ouvrage, il entend analyser la manière dont le monde évolue politiquement, comment les données diplomatiques changent et quelles implications cela peut avoir pour des pays comme Haïti.

Cette démarche montre qu’au-delà de son expertise en éducation, Roblin possède une vision stratégique et globale, capable de relier les enjeux locaux aux réalités internationales.

Le parcours de Yves Roblin montre un leader qui a grandi avec le système, maîtrise tous les mécanismes administratifs et reste fidèle à ses principes professionnels.

À une époque où l’éducation haïtienne a besoin de réformes sérieuses et de stabilité, il pourrait :

-Garantir davantage de transparence et de continuité dans les réformes

-Renforcer la confiance des parents et des enseignants

-Mettre l’intérêt des élèves au centre de l’action ministérielle

-Offrir au pays un leadership basé sur l’expérience, l’éthique et la vision pour l’avenir

L’éducation étant la pierre angulaire du développement national, lorsque expérience, intégrité et vision se rencontrent au Ministère, la population, les parents et les jeunes deviennent les premiers bénéficiaires.

Jean Valdonel CONSTANT

L’OCNH vole au secours des déplacés des communes de Lascahobas et de Mirebalais

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Par Gedeon Delva

Port-au-Prince, 24 février 2026.- L’Organisation Citoyenne pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a distribué le dimanche 22 février 2026 plus de 1 500 kits à des personnes déplacées, notamment des femmes victimes de violences dans les communes de Mirebalais et Saut-d’Eau. Les kits distribués, composés de produits d’hygiène essentiels, visent à préserver la santé et la sécurité des bénéficiaires tout en renforçant leur autonomie.

L’opération financée par le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations unies, s’est déroulée notamment à l’École Nationale Immaculée Conception, l’un des sites retenus pour l’action humanitaire. L’évaluation a permis d’identifier plusieurs priorités urgentes, dont l’accès aux soins de santé, la sécurité alimentaire, l’assainissement, l’autonomie économique et l’enregistrement à l’état civil.

Cette distribution a eu lieu lors d’une mission d’évaluation des besoins des personnes internes sur les quatre sites de la commune de la Lascahobas.

« Les femmes et les enfants sont les principales victimes de la violence des gangs en dans le pays », précise l’organisation rappelant que les victimes subissent grandement les conséquences des déplacements forcés.

Face à la détérioration de la situation humanitaire et sécuritaire du pays, l’OCNH appelle les acteurs nationaux et internationaux à intensifier leurs actions sur le terrain afin de venir en aide aux personnes les plus vulnérables dans les sites tout en insistant sur la nécessité que les autorités, acteurs nationaux de tout mettre en œuvre en vue d’arriver à la restauration de la sécurité sur tout le territoire national.

Gedeon Delva / Le Relief

Entre mise en cause publique et exigence de vérité : passe d’armes entre Smith Augustin et Sauveur Pierre Étienne

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Un échange public oppose depuis plusieurs jours l’ancien membre du Conseil Présidentiel de Transition, Smith Augustin à l’intellectuel et homme politique Sauveur Pierre Étienne, autour d’une question particulièrement sensible : celle des responsabilités éventuelles liées à l’assassinat du Président Jovenel Moïse.

À l’origine de la controverse, des déclarations faites par Sauveur Pierre Étienne sur les ondes de Radio Télé Métropole, laissant entendre l’existence d’éléments susceptibles d’établir une implication directe de Smith Augustin dans le magnicide. Ces propos ont rapidement suscité des réactions, tant en raison de la gravité de l’accusation que du statut des personnalités concernées.

Dans une correspondance rendue publique, Sauveur Pierre Étienne a apporté des précisions importantes. Il y indique que ses propos ne visaient pas à imputer à Smith Augustin une implication personnelle et directe dans l’assassinat du chef de l’État, mais plutôt à interroger son rôle institutionnel en tant qu’ancien chef de mission diplomatique en République dominicaine. Selon lui, la réflexion porterait sur une éventuelle « chaîne de responsabilité institutionnelle », dans l’hypothèse où un consulat haïtien aurait délivré des visas à des ressortissants colombiens ultérieurement impliqués dans le crime.

Cette clarification a conduit Smith Augustin à publier à son tour une lettre ouverte. Dans celle-ci, il prend acte de la nuance introduite par Sauveur Pierre Étienne, tout en soulignant que la tonalité initiale des déclarations médiatiques pouvait raisonnablement laisser croire à l’existence de preuves établissant une implication directe. Il insiste sur la nécessité de distinguer clairement entre soupçon institutionnel et accusation personnelle, afin d’éviter toute confusion dans l’opinion publique.

Sur le fond, Smith Augustin conteste toute connaissance ou implication relative à la délivrance de visas par un consulat haïtien en République dominicaine. Il rappelle que le fonctionnement des services consulaires ne repose pas sur un mécanisme de contrôle préalable des visas placé sous l’autorité directe de l’ambassadeur. Selon lui, il n’existait ni protocole interministériel formalisé ni chaîne décisionnelle structurée lui permettant d’exercer un tel contrôle. Il affirme en outre avoir proposé, dès son entrée en fonction en août 2020, un plan stratégique visant à moderniser l’action diplomatique et à instaurer un mécanisme formel de coordination et de supervision consulaire, incluant un format uniforme et numéroté des visas. Cette initiative, restée sans suite, est présentée comme la preuve de sa volonté de corriger les failles institutionnelles plutôt que de les entretenir.

Au-delà de la défense personnelle, la lettre de Smith Augustin s’inscrit dans un registre plus large : celui de la responsabilité du débat public dans un contexte national marqué par la fragilité institutionnelle et la quête de justice. Il affirme partager l’objectif de vérité et soutenir toute enquête rigoureuse menée par les instances judiciaires compétentes. Toutefois, il met en garde contre les déclarations hâtives qui pourraient nourrir des interprétations dommageables et accentuer les fractures au sein de la société.

Dans une dimension plus théorique, il convoque la pensée de Max Weber, rappelant la distinction que ce dernier établissait entre le savant et le politique. Le premier serait guidé par l’exigence méthodique de vérité et la distance critique ; le second évoluerait dans l’arène du pouvoir, marquée par les rapports de force et les stratégies. En s’adressant « au savant » chez Sauveur Pierre Étienne, Smith Augustin invite à un débat fondé sur la rigueur des faits plutôt que sur l’effet des déclarations publiques.

Cet échange met en lumière plusieurs enjeux majeurs pour la société haïtienne. D’une part, la nécessité de faire toute la lumière sur l’assassinat du Président Jovenel Moïse, événement traumatique dont les ramifications institutionnelles et internationales demeurent complexes. D’autre part, l’exigence d’une culture du débat public fondée sur la prudence, la précision et le respect des personnes.

Dans un pays où la confiance dans les institutions et les médias est déjà fragilisée, la frontière entre interrogation légitime et mise en cause personnelle doit être maniée avec une extrême vigilance. La recherche de vérité sur le magnicide ne peut s’accomplir durablement que dans le cadre d’enquêtes judiciaires rigoureuses, indépendantes et respectueuses des droits de chacun.

Au final, au-delà des personnes, cet échange pose une question essentielle : comment concilier responsabilité politique, exigence scientifique et respect de l’État de droit dans un contexte de crise profonde ? La réponse à cette question conditionne en grande partie la qualité du débat démocratique et la crédibilité des institutions en Haïti

Par la rédaction

Pacte national : Fanmi Lavalas, PHTK, INITE et Renmen Ayiti rejoignent l’accord

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Par Jean Wesley Pierre

Le « Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections » continue de rassembler les principales forces politiques du pays. Après une première vague de signatures samedi à l’hôtel Ritz Kinam 2, de nouveaux partis et personnalités influentes ont officialisé leur adhésion ce dimanche 22 février 2026, consolidant ainsi la base politique du gouvernement dirigé par le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé.

Fanmi Lavalas, PHTK et INITE unissent leurs forces

Contrairement aux rumeurs qui circulaient récemment, plusieurs grandes formations politiques ont confirmé leur adhésion au pacte. Parmi les signataires figurent Fanmi Lavalas, le Parti Haïtien Tèt Kale (PHTK) et INITE, qui démentent ainsi toute idée de refus d’adhésion et réaffirment leur engagement à travailler de concert pour le bien du pays.

Ces partis soulignent qu’il ne s’agit pas d’une fusion idéologique, mais d’un « engagement ponctuel et responsable autour des priorités nationales ». Le dialogue, le compromis et la coopération entre toutes les forces vives de la nation sont, selon eux, indispensables pour éviter l’aggravation de la crise et permettre un retour progressif à la stabilité institutionnelle.

Renmen Ayiti officialise sa signature

L’ancien Premier ministre Jean Henry Céant a annoncé ce dimanche sur le réseau social X que son parti politique, Renmen Ayiti, a officiellement signé le pacte.

« Je confirme que, dans la cohérence de ses convictions, Renmen Ayiti a fait chorus avec toutes les organisations de la société civile, tous les partis et regroupements politiques, ainsi que les différents secteurs qui ont exprimé, par leur signature, le besoin de voir le pays retrouver la sécurité, la voie de la raison, la stabilité, la paix et le développement », a-t-il écrit.

L’ancien chef de gouvernement reconnaît que cette décision intervient malgré « réserves et questionnements de principe ». Mais il justifie ce choix par la vocation de son mouvement :

« Nous avons signé parce que nous sommes Renmen Ayiti, apôtres du dialogue. Tout moun ladan’l. »

Me André Michel et le SDP également signataires

Le leader du Secteur Démocratique et Populaire (SDP), Me André Michel, connu sous le sobriquet d’« Avoka Pèp la », a également annoncé sa signature. Dans une déclaration, il indique avoir pris cette décision « après réflexions avec le PM Alix Didier Fils-Aimé ».

« Notre groupe a signé ce dimanche à la Primature le Pacte pour la stabilité et l’organisation des élections. Il s’agit d’un acte de responsabilité pour mettre fin à la Transition Politique. Nous assumons ce choix ! », a-t-il déclaré, ajoutant avec force : « Pa gen Dyalòg ak GANG. »

Cette dernière formule, qui signifie « Pas de dialogue avec les gangs », souligne l’une des priorités affichées du pacte : le rétablissement de la sécurité sur le territoire national.

Beaucoup de partis politiques représentatifs au sein de la société ont déjà signé l’accord politique, conférant une base légale et une légitimité élargie à l’exécutif.

Le pacte, structuré en trente articles, vise à encadrer la période intérimaire ouverte après le 7 février 2026, date à laquelle la gestion du pouvoir exécutif a été transférée au Conseil des ministres présidé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Il prévoit notamment la création d’un environnement sécuritaire propice aux élections, le renforcement des capacités de la PNH et des FAd’H, et la mise en œuvre de programmes sociaux. Toutefois, une grande confusion s’installe parmi la population, ainsi que parmi de nombreux signataires et analystes : le pacte signé, qui donne la légitimité au gouvernement Fils-Aimé, n’est pas limité dans le temps.

Avec ces nouvelles signatures, Fanmi Lavalas, PHTK, INITE, Renmen Ayiti et le SDP envoient un signal fort de responsabilité politique et appellent d’autres acteurs à rejoindre l’effort pour assurer la sécurité, la stabilité et la tenue d’élections crédibles et inclusives en Haïti.

Jean Wesley Pierre / Le Reliief

Pacte national : le gouvernement scelle un accord pour la stabilité et les élections

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a officiellement présenté, ce lundi 23 février 2026 à la Villa d’Accueil, le « Pacte National pour la Stabilité et l’Organisation des Élections » lors d’une cérémonie solennelle qui a rassemblé les membres du gouvernement, corps diplomatique, partis politiques et représentants de la société civile. Un moment stratégique qui marque une avancée majeure dans le processus de transition.

Une mobilisation nationale sans précédent

La cérémonie de présentation du Pacte, précédée d’un Conseil des ministres tenu à la Primature pour examiner les dossiers majeurs de l’action gouvernementale, a réuni un large éventail des forces vives du pays. Membres du gouvernement, représentants du corps diplomatique et consulaire accrédités en Haïti, acteurs des partis politiques, représentants des secteurs économique et social, ainsi que figures de la société civile ont tous affirmé, par leur présence, leur volonté commune de contribuer à la stabilisation institutionnelle et au rétablissement de l’ordre constitutionnel.

Cette signature constitue, selon le communiqué officiel de la Primature, « une étape stratégique majeure dans le processus de transition ». Elle traduit une détermination politique claire : créer les conditions indispensables à la tenue d’élections crédibles, inclusives et transparentes, tout en renforçant la stabilité institutionnelle et la sécurité nationale.

Le discours du Premier ministre : un appel à la responsabilité historique

Dans son allocution, le Chef du gouvernement a salué l’engagement des signataires, soulignant qu’en apposant leur signature, ils ont fait le choix du dialogue, de la responsabilité historique et de l’intérêt supérieur de la Nation.

« Le destin de tout un peuple repose sur les décisions et l’engagement que ses enfants prennent pour le servir. Chaque génération qui parvient à servir son pays en mettant de côté les intérêts personnels et les querelles stériles emprunte le chemin de l’histoire », a déclaré Alix Didier Fils-Aimé.

Le Premier ministre a insisté sur le fait que l’adoption de ce Pacte est l’aboutissement de plusieurs jours d’intenses consultations, d’échanges francs et de convergences responsables. Il a salué les hommes et les femmes qui, au-delà des divergences, ont privilégié l’unité nationale, la paix civile et la stabilité politique.

« La plus grande victoire, c’est la victoire pour la démocratie. C’est la victoire de tout le pays. En ce moment, nous ne nous sommes pas seulement comportés en dirigeants politiques. Nous avons montré au monde entier que nous sommes le ciment qui coule les fondations de la stabilité pour la Nation », a-t-il poursuivi.

Cinq axes prioritaires pour l’action gouvernementale

Par cet engagement collectif, les signataires ont démontré leur maturité politique et leur volonté d’inscrire la transition dans une logique de responsabilité partagée. Ce Pacte établit les bases d’une sortie coordonnée, ordonnée et planifiée de la période transitoire.

Le Premier ministre a réaffirmé son engagement ferme à garantir la mise en œuvre effective des dispositions du Pacte, en mettant l’accent sur cinq priorités :

  1. le renforcement de la sécurité publique,
  2. la consolidation institutionnelle,
  3. la transparence du processus électoral,
  4. l’implication active de la jeunesse,
  5. et la création de richesses avec la relance économique.

Le gouvernement entend ainsi faire de cette initiative un socle politique durable, capable de restaurer la confiance des citoyens et de la communauté internationale, tout en ouvrant la voie à des élections libres, démocratiques et crédibles, au bénéfice exclusif du peuple haïtien.

Jean Wesley Pierre Le Relief