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Honneur au Dr Michel Philippe Lerebours qui vient de nous quitter

Nous pourrons profiter de ses écrits notamment sur l’histoire de l’art et des efforts de structuration des institutions comme l »Ecole Nationale des Arts (ENARTS) qui a remplacé l’Académie des Beaux Arts,le Musée du Panthéon National et Institut Haïtien d’Etudes et de Recherches Africaines .Il a laissé un long palmarès qui ne saurait être percé par le grand public.

Mais on doit se souvenir du Dr Michel Philippe Lerebours à travers le buste du célèbre peintre haïtien Hector Hyppolite érigé en l’année 2008 à Port-au-Prince à l’Angle de l’Avenue Lamartinière et Rue Alix Roy (Place Téléco).Le Dr Michel Philippe Lerebours a été l’un des grands artisans de la promotion d’une statue en mémoire du peintre Hector Hyppolite qui pourrait être considéré comme le pionnier d’une peinture subversive.

En effet,nous retenons la présence du vodou dans ses tableaux durant la campagne anti superstitieuse des années 1940.Il avait aussi osé représenté le corps nu de femmes et évoqué des plaisirs sexuels dans une période de pleine piété.Hector Hyppolite,une simple personne, médecin »Fèy », qui n’a fait pas de grandes études-qu’on dit même « analphabète »- a été réhaussé par le Dr Michel Philippe Lerebours.

Nous devons saluer la mémoire vivante du Dr Lerebours incarnée dans son sens de modestie qu’il a manifesté dans l’idée de dédier le buste d’Hector Hyppolite qui est dans la lignée de toutes celles et de tous ceux qui ont peint l’âme haïtienne à travers l’Art.

Hommages au Dr Lerebours,ancien Doyen de l’Institut Haïtien d’Études et Recherches Africaines (UEH).

Hancy Pierre. (HP)

Etzer Émile et la provocation nécessaire : Entre vérité crue et maladresse symbolique

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Par Jean Wesley Pierre

« 🔵🔴 An 2025, fòk nou sispann pran woulib sou Desalin. Nou paka kontinye ap bat lestomak nou sou sa zansèt yo te fè an 1803. Sa nou fè nou menm? » cette phrase, signée Etzer Émile, économiste et professeur, a enflammé les réseaux sociaux, ravivé des blessures identitaires et rouvert un vieux débat : celui de la mémoire nationale face à l’échec collectif.

D’un côté, ceux qui voient dans sa déclaration un électrochoc salutaire une parole de vérité qu’il fallait enfin prononcer. De l’autre, ceux qui y lisent une offense, une désacralisation de l’héritage de Dessalines et des Pères fondateurs.

Entre ces deux pôles, se déploie toute la tension de la société haïtienne contemporaine : celle d’un peuple pris entre admiration pour son passé et incapacité à écrire un futur.

Une déclaration qui dérange parce qu’elle touche juste

Etzer Émile ne dit rien de faux. Ce qu’il pointe du doigt, c’est l’hypocrisie collective qui nous pousse à glorifier Dessalines dans les discours, tout en trahissant chaque jour ses idéaux dans nos pratiques sociales, politiques et économiques.

Ralph R. Moïse résume bien le fond du message : « Il faut sortir de ce patriotisme héroïque stérile pour passer à un patriotisme d’action et de résultat. »

Le problème n’est donc pas la fierté d’évoquer Dessalines, mais le fait d’en faire un alibi identitaire, une masturbation mémorielle qui masque notre incapacité à produire des résultats concrets.

Naldo Filmmaker, via X, anciennement Twitter va plus loin : « Nèg la mete nou anfas responsablite nou. »

Autrement dit, la colère suscitée par la déclaration d’Étzer n’est que le reflet de notre propre inconfort face à la vérité.

Mais… Une parole sans contexte devient une arme mal dirigée

Cependant, si le fond du propos est juste, la forme est maladroite. En déclarant qu’il faut « cesser de prendre un « woulib » sur Dessalines », Étzer Émile ne prend pas suffisamment en compte la charge émotionnelle et symbolique que représente le nom de Dessalines dans la conscience haïtienne.

Ce nom, ce n’est pas qu’un souvenir : c’est un refuge, un cri de dignité dans un pays où tout s’effondre.

Lynn Gédéon le rappelle avec justesse : « Sitadèl la te bati ak men, ak kouraj ayisyen, yon mèvèy… e nou fache ak Etzer Emile. »

Autrement dit, s’il est vrai que nous avons échoué à faire vivre l’esprit de Dessalines, il faut savoir comment en parler.

La critique d’Étzer aurait gagné en puissance s’il avait recontextualisé son propos rappelant que la fierté dessalinienne ne réside pas dans la célébration, mais dans la construction d’un pays souverain, juste et prospère.
Sans ce cadre, sa phrase, sortie de son intention initiale, devient une gifle plutôt qu’une leçon.

Il ne s’agit pas de renier l’héritage, mais de le réinventer

Comme le dit Marc Alain Boucicault, « Travay la pat janm fini. Fòk revolisyon an kontinye ak moun ki pa bliye Dessalines. »

Et c’est là que le débat prend tout son sens : il ne faut pas cesser de citer Dessalines, mais cesser de le trahir.

Oui, nous devons réinventer une date historique, un nouveau moment fondateur non pas pour remplacer le 1er janvier ou le 17 octobre, mais pour réactiver leur sens.

Un jour qui symboliserait la révolte moderne, non plus contre l’esclavage colonial, mais contre l’esclavage social, mental et institutionnel dans lequel nous nous complaisons.

En ce sens, je rejoins Étzer Émile sur l’urgence d’une nouvelle révolution morale et citoyenne.

Mais cette révolution ne peut pas commencer dans la négation du passé elle doit naître dans son prolongement.

Une fierté à reconstruire, non à effacer

Gary Victor, dans son texte brûlant, l’a dit sans détour :

« Si Dessalines revenait, il ferait fusiller tous les dirigeants haïtiens. Et une grande partie de nous aurait à subir son légitime courroux. »

Ce n’est pas une exagération littéraire, c’est un miroir.

Un miroir dans lequel nous refusons de nous regarder.

Wendy Phele le résume ainsi :

« Pawòl konsyans sa yo sipoze soti nan bouch chak jèn gason ki vle fè politik nan peyi a. »

Et pourtant, ce pays s’indigne dès qu’un homme ose dire que nous vivons dans le mensonge.

Le journaliste Kimberly Pierre, le demande avec ironie : « Kisa Etzer Emile di ki mal la ? »

Ce qui dérange, ce n’est pas ce qu’il dit, c’est ce que cela révèle : notre incapacité à accepter la responsabilité de notre propre décadence.

Entre la lucidité d’Étzer et la prudence de Gary Victor

Je partage la colère d’Étzer Émile, sa volonté de réveiller les consciences.
Mais je crois que la pédagogie de la colère doit s’accompagner d’une pédagogie de la contextualisation.

On ne parle pas de Dessalines comme d’un slogan. On parle de lui comme d’une matrice de sens, d’un repère moral, d’un cri de dignité éternel.

Oui, nous devons créer une nouvelle date historique une date de rupture, de renaissance, une journée de révolte contre la médiocrité, la corruption, l’injustice et la résignation.

Mais cette révolution, contrairement à celle de 1804, ne doit pas être faite avec des fusils, mais avec des idées, de la rigueur, de la discipline et du courage collectif.

Dessalines, s’il vivait aujourd’hui, n’aurait peut-être pas besoin de fusiller qui que ce soit.
Il exigerait simplement que nous soyons dignes de son sacrifice, de son héritage.

Etzer Émile n’a pas tort.
Mais il nous faut apprendre à dire les vérités sans écraser les symboles.
Car dans un pays où tout s’effrite, les symboles sont parfois les dernières pierres qui tiennent le mur debout.

La fierté haïtienne, un héritage trahi

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Opinion – Par Gesly Sinvilier

Pendant longtemps, la fierté d’être Haïtien reposait sur un socle inébranlable : celui d’un peuple qui, le premier, a brisé les chaînes de l’esclavage pour proclamer son indépendance. Cette victoire, arrachée au prix du sang et du courage, a fait de nous un symbole universel de liberté et de dignité. Haïti a été cette lumière dans un monde encore plongé dans les ténèbres de la servitude. Nos héros – Dessalines, Pétion, Christophe, Capois-la-Mort et tant d’autres – incarnaient la grandeur d’un peuple capable de défier l’injustice et de se tenir debout, coûte que coûte.

Mais qu’en reste-t-il aujourd’hui ? Que reste-t-il de cette fierté, de ce souffle qui animait nos ancêtres ? La vérité, aussi amère soit-elle, est que cette fierté s’est éteinte dans le tumulte de notre histoire récente. Nous continuons de brandir l’étendard de l’indépendance comme une gloire éternelle, alors que notre présent n’offre plus rien de ce qui devrait inspirer l’orgueil national.

Oui, notre passé fut glorieux. Mais il ne saurait, à lui seul, nous absoudre de nos échecs actuels. Ce serait une insulte à la mémoire de nos héros que de se contenter d’un récit figé, sans jamais interroger ce que nous sommes devenus. Car en vérité, Haïti vit aujourd’hui une profonde déchéance morale et politique. Les sanctions à répétition contre nos élites économiques et politiques révèlent un pays où la corruption a supplanté l’honneur, où l’intérêt personnel prévaut sur le bien commun.

La transition qui s’éternise, cette succession de pouvoirs provisoires sans horizon, illustre notre incapacité collective à définir un cap clair pour la nation. Nous tournons en rond dans une confusion politique permanente, incapables de nous accorder sur une vision, une gouvernance, un projet de société. La République, jadis conquise au prix du sacrifice, est aujourd’hui prise en otage par des calculs mesquins, des ambitions stériles et une absence totale de leadership moral.

Sommes-nous encore dignes de notre passé ? Rien n’est moins sûr. Car la dignité ne se décrète pas, elle se démontre. Et ce que nous démontrons aujourd’hui, c’est une faillite nationale : celle de l’esprit, de la conscience et du devoir. Nos héros avaient rêvé d’un peuple fier, uni, maître de son destin. Nous leur offrons un pays fragmenté, désespéré, sans boussole.

Rappeler notre passé glorieux est nécessaire, mais cela ne doit pas servir d’alibi à notre impuissance présente. Être fiers d’Haïti, ce n’est pas répéter mécaniquement les exploits de 1804 ; c’est s’en montrer dignes, chaque jour, par nos actes, nos choix et notre engagement envers la nation. Tant que nous ne serons pas capables de redonner sens à cet héritage, notre indépendance ne sera plus qu’une date sur un calendrier, vidée de sa substance.

La véritable fierté ne réside pas dans le souvenir, mais dans la continuité de l’effort. Et cet effort, aujourd’hui, nous fait cruellement défaut.

Quand des anciens dirigeants redécouvrent le peuple une fois le pouvoir perdu

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, Octobre 2025 — Lors d’une veillée spirituelle organisée récemment, l’ancienne ministre haïtienne des Affaires étrangères, Dominique Dupuy, a livré un discours poignant empreint de ferveur patriotique et de conscience féministe. Elle a exalté la mémoire des héroïnes de l’indépendance… Catherine Flon, Sanite Bélair et tant d’autres rappelant que « les femmes sont le moteur de la société » et qu’elles ont « leur place dans la construction du pays ». Un discours fort, sensible, qui aurait sans doute trouvé un écho encore s’il n’était pas teinté d’un paradoxe que beaucoup de voix féministes n’ont pas manqué de souligner.

Car, si la diplomate s’affiche aujourd’hui comme une défenseure des droits des femmes et du peuple haïtien, plusieurs militantes rappellent qu’au moment où elle détenait une position de pouvoir, ses actions ont souvent trahi un silence complice face à des causes qu’elle prétend aujourd’hui incarner.

Le poids de la mémoire sélective

La réaction de Pascal Solage, féministe et cofondatrice de Nègès Mawon, est sans équivoque :

« La même Dominique Dupuy qui a ignoré les féministes qui lui avaient demandé de ne pas recevoir Josué Pierre-Louis en France lorsqu’elle était à la tête de l’UNESCO, après correspondance, rencontre et preuves à l’appui, lui a déroulé le tapis rouge en secret. »

Cette déclaration renvoie à un épisode douloureux pour le mouvement féministe haïtien : celui du refus de Dominique Dupuy, alors représentante d’Haïti auprès de l’UNESCO, de prendre position face aux allégations de violence sexuelle visant Josué Pierre-Louis.

Pour Rosie Auguste Ducena, avocate et défenseure des droits humains :

« Jodia, se bèl diskou pou eroyin pase, prezan ak fiti. Men, nan moman nou te entèpele li sou yon dosye kote yon fanm te viktim vyòl… Nada ! »

Ces réactions traduisent un sentiment de lassitude face à ce que beaucoup perçoivent comme un revirement opportuniste : des figures politiques, après avoir quitté le pouvoir, se redécouvrent une âme militante, alors que leurs actes passés contredisent leur rhétorique actuelle.

Le paradoxe des élites repentantes

L’exemple de Dominique Dupuy n’est pas isolé. Haïti regorge d’anciens ministres, de parlementaires ou de diplomates qui, après avoir quitté les sphères décisionnelles, adoptent un ton critique vis-à-vis du système qu’ils ont eux-mêmes contribué à consolider.

Cette posture, souvent enveloppée d’un discours moral ou patriotique, s’inscrit dans une tradition politique d’auto-rédemption : on se lave de ses compromissions en se réclamant du peuple, une fois qu’on ne détient plus les leviers du pouvoir.

Le phénomène interroge profondément la sincérité du discours politique post-pouvoir. Car lorsqu’ils étaient aux commandes, ces dirigeants avaient les moyens d’agir, de dénoncer, de transformer, mais ils ont souvent préféré le confort diplomatique ou les alliances de circonstance.

Une fois exclus du cercle de décision, ils redécouvrent soudainement les « vraies valeurs », la misère des masses, la violence des inégalités, et les causes féministes ou sociales qu’ils avaient jusque-là ignorées.

Haïti, un théâtre de contradictions permanentes

Le cas Dupuy illustre aussi un drame plus large : celui d’un pays où le pouvoir altère la conscience, et où l’engagement moral devient souvent un ornement rhétorique plutôt qu’une pratique concrète.

Depuis plus de deux siècles, Haïti produit des élites politiques et intellectuelles capables de discours sublimes sur la liberté, la justice et la dignité, mais incapables de les traduire en politiques publiques.

Dominique Dupuy, dans sa déclaration émotive sur les « 219 ans de trahison », semble oublier qu’elle aussi, à son échelle, a participé à la continuité de ce système verrouillé par les « assoiffés de pouvoir » qu’elle dénonce aujourd’hui.

Quand la morale arrive après la démission

Le problème n’est pas que Dominique Dupuy s’exprime aujourd’hui sur la souffrance des femmes ou la dérive morale du pays ces causes sont justes et urgentes.

Le problème, c’est le moment et la mémoire. Où étaient ces voix lorsqu’elles avaient la tribune, les ressources, et l’autorité morale nécessaires pour agir autrement ?
Où étaient ces élans féministes quand des militantes risquaient leur sécurité pour dénoncer l’impunité masculine dans les sphères du pouvoir ?

Ce décalage entre la parole et l’action, entre le passé et le présent, alimente une profonde crise de crédibilité politique et morale dans la société haïtienne.

Pour une cohérence entre la parole et l’action

La société haïtienne ne manque pas de discours ; elle manque de cohérence, de courage et de continuité.

Les mots de Dominique Dupuy auraient pu être puissants, inspirants même, si leur auteure n’avait pas laissé, dans son sillage diplomatique, l’ombre d’un double langage.

L’heure est venue, pour ceux et celles qui ont servi l’État, de comprendre que la lutte pour la justice, la dignité et la libération du peuple haïtien ne commence pas quand on perd le pouvoir. Elle commence quand on en a.

Haïti n’a pas besoin de nouveaux prophètes du lendemain, mais de serviteurs honnêtes du présent. Les héros et héroïnes de notre panthéon national ne se sont pas contentés de parler ils ont agi, risqué, et donné.

Leur héritage n’appelle pas des discours en veillée, mais une transformation radicale des pratiques politiques et sociales.

L’historien et critique d’art haïtien de renom Michel Philippe Leurebours est mort

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Le professeur et historien Michel Philippe Leurebours s’est éteint ce samedi 26 octobre 2025, selon une source proche de sa famille. Né à Port au Prince le 29 novembre 1933, l’historien et critique d’art a fait ses études primaires et secondaires chez les Frères de l’institution Saint Louis de Gonzague.

Après ses études classiques, Leurebours a fréquenté l’Ecole Normale Supérieure à Port au Prince où il a obtenu son diplôme en 1955.
Connu de ses contemporains comme l’un des plus grands et rares critiques d’art haitien, l’historien a laissé des oeuvres immenses, notamment une pléiade de publications sur l’art haïtien, plus particulièrement sur la peinture dont il avait pris le soin de cataloguer et retracer son évolution à travers différentes périodes.

Son ouvrage intitulé: l’âge d’Or de la peinture haïtienne, figure parmi l’une de ses publications dans laquelle il a su valoriser cette richesse, en mettant un accent sur le travail de plusieurs générations de peintres issus de différentes écoles et initiateurs de différents mouvements.

Ses cours à l’Université d’Etat d’Haïti, notamment à IERAH, la somme de connaissance de l’art haitien, son sens rigoureux et scientifique, et sa manière de contextualiser, continueront à marquer plusieurs générations d’étudiants, qui l’ont toujours apprécié pour ses prouesses intellectuelles.

La nouvelle de son départ a suscité, d’un coup, la publication d’une multitude de textes à travers lesquels peut on lire des propos élogieux à son endroit.

La Fondation Toussaint, le centre d’art et le musée d’art haïtien qu’il a dirigé l’ont salué, tout en présentant leurs sympathies aux membres de sa famille, ses proches et toutes autres personnes affectées par cette disparition.

Jacques Innocent

Haïti-Musique-Hommage : Daniel Larivière, le Maestro !

Des rivières de mots sur des mélodies qui coulent sur le temps, Daniel jaillit de la fosse avec vigueur et nous fait voyager sur des airs qui défient le temps et unifient les époques.

Compositeur prolifique, les mélodies de Daniel ouvrent les cœurs et nous fait habiter l’amour comme les poèmes de jadis qui colorent le monde de couleurs vives. Chaque sérénade, est un chef d’œuvre qui unit et qui construit des relations sur des forteresses de pierres.

Des Mélomanes de toute époque ont su trouver leur  » Kina  » sur une inspiration du maestro. Le bonheur coule sur ses lignes rédigées avec passion dans l’obscurité des soirées sombres d’une Cap-Haitien encore vivante. Encore assoiffée de plaisirs.

En gens du Nord, chacune de ses compositions est une invitation à explorer les interstices d’un univers musical coloré par les joies passées, présentes et futures. Des mélodies accueillantes qui se déploient sur des voix veloutés qui caressent l’âme et redessinent les chemins de pétales qui transpercent les murs d’ennuis se dressant à l’horizon, la signature de Daniel Larivière est partout.

Ivres de mots doux, ceux qui ont goûté aux compositions du maestro, rebutent les assemblages ordinaires d’une modernité artistique qui suinte une paresse désespérante. Cette ivresse Perpétuelle qui envahit ceux qui sont plongés dans cette rivière musicale, la décrivent comme une suggestion à l’extase, une invitation à l’exigence de mélodies et de mots vrais qui portent des valeurs universelles et humaines.

Dans cette Haïti saccagée, la voix et les mots de Daniel, à l’aube d’un dimanche soir, sont une panacée qui guérit des maux insoupçonnés. Daniel, ce décorateur de paradis, invite à un voyage vers un inconnu que l’on pensait tous connaitre. Chaque pas est une aventure nouvelle, une folle chevauchée entre des murs incrustés d’amours perdus et de relations cassées trop vite, trop tôt !

Daniel porte dans son regard ce fier rayon de soleil du Nord jalousé par tout un pays. Sa musique exhale cette odeur de perfection qui nourrit la mémoire collective. Il s’est imposé au reste du pays avec ce don de mélanger les mots et les sons pour créer des chefs-d’œuvre qui dépassent les frontières septentrionales. Dans toutes les campagnes de cette Kiskeya déchirée, Daniel s’est exporté et fait encore danser dans l’obscurité des champêtres oubliés.

Penser aux baisers volés sur un air de Bolero de Tropicana, revient à compter les grains de sable sur les plages blondes du Nord en plein été. Grâce à ce talent intergénérationnel, les lèvres sont devenues des fruits mûrs dégustés sous un ciel étoilé dans la fraicheur de marbre.

Chantant la vie, les feuilles mortes de l’automne, Daniel défend cette nécessaire harmonie entre l’homme et la nature. Sous sa plume, l’environnement devient un décor pour les aventures les plus folles. C’est aussi un théâtre au sein duquel, l’homme mis en scène écrit de sombres pages, également des idylles qui adoucirent la colère des dieux.

Vivre est une joie transmissible qui fait mouvoir notre univers en perpétuelle mutation. Dans le monde peint régulièrement, Larivière réfute les dernières danses en guise d’adieu, mais les réhabilite en tant que nouvelle habitude, nouveau départ.

L’amour dans l’univers construit à travers ses mélodies n’est plus un sentiment, mais un personnage qui se promène partout, dans ses plus beaux habits et qui séduit. Le beau et le vrai se lient dans les chansons de Daniel et offre ce refuge indestructible aux mélomanes de toutes époques.

Daniel s’en va, laissant derrière lui une musique engrossée d’incertitude et qui accouchera certainement des chefs d’œuvres inspirées par les travaux du Maestro. Son fils, Arly, est déjà un digne successeur qui fait revivre ce sentiment d’espoir et de renaissance d’une musique capable encore de faire rêver et de s’aventurer sur des rives lointaines, pour rappeler au monde que le cœur d’Haïti bât encore.

Chante désormais avec les dieux Daniel ! Compte nos histoires, mais ne révèle pas nos secrets construits dans l’obscurité des soirées dansantes que tu as tenues avec ton orchestre. Notre salut dépend de ton silence !

Bonne route vieux frère !

Bonne fête à l’orchestre Tropicana D’Haiti en ce 15 août !

Lionel Edouard !
LEPS le MAGnifik

Arrestation d’un prétendu vice-consul haïtien en République dominicaine: un incident diplomatique aux résonances politiques

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PORT-AU-PRINCE.— L’arrestation, le jeudi 24 octobre dernier d’un ressortissant haïtien se présentant comme vice-consul d’Haïti en République dominicaine, soulève de nouvelles interrogations sur la complexité des relations bilatérales entre Port-au-Prince et Saint-Domingue. Selon un communiqué de l’Armée de la République dominicaine (ERD), l’incident s’est produit à Mao, dans la province de Valverde, à proximité de la forteresse Général Benito Monción, lors d’un contrôle de routine mené par la 4ᵉ Brigade d’infanterie.

Le véhicule intercepté, une Kia K5 grise immatriculée AA42070, était conduit par Denis Mervil, un citoyen haïtien porteur d’une carte l’identifiant comme vice-consul d’Haïti. Deux passagers haïtiens se trouvaient à bord, tous deux en situation migratoire irrégulière. Selon les autorités dominicaines, l’individu interpellé aurait tenté d’invoquer son statut diplomatique pour justifier sa présence et celle de ses accompagnateurs sur le territoire.

Cependant, l’ERD a précisé que le présumé diplomate « n’était pas autorisé à transporter des ressortissants en infraction avec les lois migratoires », rappelant que la Convention de Vienne sur les relations consulaires « ne couvre pas les actes contraires à la législation nationale ni les abus de privilèges diplomatiques ». Le véhicule, son conducteur et ses deux passagers ont été conduits au quartier général de la 4ᵉ Brigade pour les besoins de l’enquête.

Une affaire symptomatique d’une tension frontalière persistante

Au-delà du fait divers, cette arrestation illustre la fragilité des relations diplomatiques et migratoires entre Haïti et la République dominicaine. Depuis plusieurs années, les tensions se sont accrues entre les deux voisins partageant l’île d’Hispaniola, notamment autour des questions de migration, de sécurité frontalière et de reconnaissance des statuts consulaires.

Dans un contexte où la frontière reste un espace à la fois de forte mobilité et de méfiance, les autorités dominicaines ont multiplié les opérations de contrôle, souvent perçues à Port-au-Prince comme des mesures discriminatoires à l’encontre des ressortissants haïtiens.

L’arrestation d’un individu revendiquant un titre diplomatique pourrait ainsi avoir des conséquences politiques sensibles. Si son statut est confirmé par le ministère haïtien des Affaires étrangères, l’incident pourrait donner lieu à une protestation officielle pour atteinte à l’immunité consulaire. Dans le cas contraire, il s’agirait d’une usurpation de fonction diplomatique, un acte grave pouvant envenimer la méfiance déjà palpable entre les deux États.

Silence officiel à Port-au-Prince

À Port-au-Prince, aucune réaction officielle n’a encore été enregistrée à la suite de l’arrestation de Denis Mervil. Une source contactée ministère haïtien des affaires étrangères indique, toutefois, que celui-ci suit de près la situation et cherche à vérifier l’identité et le statut administratif du concerné avant toute démarche officielle.

Qu’il s’agisse d’un abus de titre ou d’un excès de zèle, l’affaire met en lumière le déséquilibre structurel des rapports entre les deux pays. Tandis qu’Haïti traverse une crise institutionnelle profonde, avec une diplomatie fragilisée, la République dominicaine continue d’affirmer son autorité sur la frontière commune, souvent au détriment du dialogue bilatéral.

L’arrestation de Denis Mervil, au-delà de sa dimension individuelle, révèle la vulnérabilité de la diplomatie haïtienne. Elle souligne l’urgence pour Port-au-Prince de redéfinir ses priorités, face à un voisin dont la stratégie sécuritaire se veut désormais plus préventive que coopérative.

Jean Mapou

Côte D’ivoire: 8,7 millions d’électeurs appelés aux urnes afin d’élire un nouveau président

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Débutées tôt ce matin, ces élections ont vu le déploiement de 44 mille policiers et gendarmes pour sécuriser les centres de votes, ainsi que les électeurs.

Globalement, elles ont été déroulées dans le calme, sans aucun incident. Les Ivoiriens se sont montrés motivés et déterminés à participer à ces élections, mettant face à face cinq candidats, dont le président sortant Alassane Ouatara qui occupe cette fonction depuis la chute du régime Gbagbo.

Au coeur de la course présidentielle figurent également des acteurs clés issues de différents mouvements politiques, qui ont affiché radicalement leurs positions durant ces dernières années par rapport à la gouvernance instaurée par Ouatara et son équipe.

Figure emblématique du mouvement baptisé: Mouvement des Générations Capables MGC, Simone Ehivet, l’ex épouse de l’ancien chef d’état Laurent Gbagbo se positionne face à Jean-Louis Billon, dissident du parti PDCI.

Reconnu pour ses prises de position, le souverainiste Ahoua Don Mello et la centriste Henriette Lagou, font partie des candidats qui ont, à leur manière, sensibiliser et motiver une frange importante de l’électorat ivoirien ce samedi.

Dans la course à la présidence en Côte d’Ivoire ce samedi, les electeurs n’ont pas eu la posibilité de soutenir les deux plus remarquables personnalités de l’oposition politique Ivoirienne à savoir Thidjiane Thiam et Laurent Gbagbo, dont leur candidature ont été invalidées.

La décision d’exclure ces deux potentiels candidats du scrutin, ont provoqué des échaufourés entre les manifestants et les forces de l’ordre.

Au cours des mouvements de protestation en faveur ces candidats exclus, environ 700 manifestants ont été interpellés. Le ministère Ivoirien de l’intérieur a fait savoir que 30 d’entre eux ont été condamnés à la prison ferme.

Plusieurs organisations locales et internationales, notamment des organismes de defense des droits humains ont supervisé les déroulement du scrutin.

Jacques Innocent

Coupe du Monde U-17 Qatar 2025 : Eddy César dévoile la liste officielle des 21 Grenadiers

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Après plusieurs mois de travail intensif entre la Jamaïque et l’Espagne, le sélectionneur national Eddy César a levé le voile sur la liste définitive des 21 jeunes Grenadiers qui représenteront Haïti à la Coupe du Monde U-17 de la FIFA, Qatar 2025.

Pour cette troisième participation historique du pays à ce niveau de compétition, Eddy César et son adjoint Brunie Pierre-Richard, tous deux anciens internationaux, misent sur un groupe talentueux, discipliné et mentalement prêt à affronter les plus grandes nations de la catégorie.

En phase de préparation, les jeunes Haïtiens ont livré plusieurs matchs amicaux, dont une rencontre encourageante face aux U-17 du Girona FC (1–1). Ce test a permis au staff technique d’ajuster les derniers détails avant le coup d’envoi du tournoi, prévu du 3 au 27 novembre 2025.

Logée dans le groupe E, la sélection haïtienne affrontera successivement l’Égypte (4 novembre), le Venezuela (7 novembre) et l’Angleterre (10 novembre). Trois adversaires redoutables, mais les protégés d’Eddy César comptent bien créer la surprise et honorer les couleurs nationales.

La liste complète des 21 Grenadiers :

Gardiens :
Ritchie Kerly Valcourt – Clifford Géné – Grant Franck Léveillé

Défenseurs :
Dave Bernard – Louis Stanley – Alcimé Arthur – Émerson Alexis – Zamor Médinel – Rézil D. Kenson – Wasson Thermoncy

Milieux :
Bill Méranvil – Rhode Phaden Louissaint – Djouby S. Jean Philippe – Miguel Joseph – Théo Lacombe – Woodson Félix

Attaquants :
Macénat K. Prophète – Da-Benz Jacquet – Nikolaï Pierre – Emerson Laissé – Franco Célestin

Mardoché D’Août

Haïti : la Caricom relance le débat sur l’après CPT

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Par Gesly Sinvilier

À moins de quatre mois de la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), le Groupe des éminentes personnalités de la Caricom (GEP) tente de remettre les acteurs haïtiens autour de la table. L’organisation régionale, qui avait joué un rôle déterminant dans la mise en place du Conseil en 2024, a adressé cette semaine une correspondance aux signataires de l’accord du 3 avril 2024 afin de recueillir leurs positions sur l’avenir du CPT, dont le mandat prend fin le 6 février prochain.

Une relance diplomatique dans un contexte d’incertitude

Depuis plusieurs mois, le GEP multiplie les démarches pour encourager les acteurs politiques haïtiens à s’entendre sur la suite du processus de transition. Déjà en décembre 2024, puis lors d’une rencontre virtuelle le 1er juillet 2025, les émissaires de la Caricom avaient insisté sur la nécessité d’un consensus avant l’expiration du mandat du CPT. Malgré ces efforts, les signataires de l’accord du 3 avril n’ont jamais réussi à se réunir pour évaluer le fonctionnement du Conseil ou discuter de sa succession.

Aujourd’hui, alors que le calendrier politique s’approche du 7 février 2026, la question demeure entière : comment le pays sera dirigé après cette date ?

Une correspondance pour provoquer le dialogue

Dans une note transmise aux représentants des secteurs ayant participé à la mise en place du CPT, le Groupe des éminentes personnalités de la Caricom souligne l’urgence de la situation et lance les consultations sur l’après CPT. Selon plusieurs sources, c’est l’ambassadeur Colin Granderson qui aurait expédié la note au nom du Groupe des éminentes personnalités de la Caricom.

Le CPT tente sa propre médiation

Pendant que la Caricom s’active en coulisse, le Conseil présidentiel de transition a lui-même entrepris une série de rencontres avec divers acteurs politiques et sociaux. Des discussions ont déjà eu lieu par certains conseillers-présidents avec des responsables de partis comme EDE, INITE, le regroupement du 21 décembre, INIFÒS et le SDP. Même scénario avec des organisations de la société civile comme la Fédération protestante d’Haïti et la Konvansyon Nasyonal Vodouyizan Ayisyen (KNVA). Ces démarches visent, disent-ils, à « favoriser un consensus national sur la tenue d’élections crédibles et prévenir une nouvelle crise institutionnelle après le 7 février ».

Une impasse politique persistante

Malgré ces tentatives de dialogue, le climat demeure tendu. Plusieurs signataires de l’accord du 3 avril et de nombreuses organisations politiques réclament le départ pur et simple du CPT à la fin de son mandat. Mais aucune entente claire ne se dessine sur la transition à venir ni sur le profil de l’autorité qui prendrait le relais.

Ainsi, à l’approche du 7 février, Haïti semble une fois de plus suspendue entre deux incertitudes : celle de la continuité d’un Conseil dont la légitimité s’effrite, et celle d’un vide politique que redoute la communauté internationale.

Le Groupe des éminentes personnalités de la Caricom espère encore que la raison politique primera sur la confrontation. Mais à Port-au-Prince, les divisions sectorielles et l’absence de leadership consensuel rendent toute sortie de crise plus complexe que jamais.