mercredi, mars 18, 2026
7.6 C
Londres
Accueil Blog Page 77

Haiti: Mélissa aggrave le sort des déplacés dans les camps

0

Depuis plusieurs jours, Haïti vit sous la menace de l’ouragan Mélissa. Ce phénomène naturel traine derrière lui des averses et des vents pouvant souffler jusqu’à 260 km/h. Une situation qui aggrave grandement le sort des personnes réfugiées dans les camps de déplacés.

Lors d’une visite dans le camp du Ministère des Travaux publics, Transports et Communications, à Delmas 33, le constat est tout simplement catastrophique, d’autant plus que cette crise survient dans un contexte de recrudescence du choléra. Ces citoyens vivent des moments très difficiles et alarmante. À cause de l’ouragan, ils n’ont plus les moyens pour se loger.

« Là où je déposais mes draps pour me loger est envahi par les eaux. Je passe toute la nuit debout», nous a déclaré Janine, rencontrée dans le camp, indiquant qu’elle ne sait à quel saint se vouer.

Cette réalité est la même pour la majorité des déplacés interrogés. Les bébés, les enfants, les femmes enceintes ne sont pas épargnés.« J’ai pas de moyens pour protéger mon bébé ainsi que mes deux autres enfants face au cyclone», nous a confié Anne.

Ces réfugiés qui faisaient déjà face à de nombreux problèmes tels que l’insalubrité, la faim et d’autres difficultés, se voient leur souffrance et douleur renforcer à de l’arrivée de Mélissa.

Affirmant n’avoir reçu la visite d’aucune autorité de l’État venue s’enquérir de leur situation pendant le passage de l’ouragan, ces déplacés renouvellent leur appel à l’aide afin que des mesures soient adoptées pour leur permettre de regagner leurs foyers.

D’un autre côté, les réfugiés vivant dans l’enceinte de la direction des Affaires sociales n’ont pas caché leur frustration face aux conditions difficiles qu’ils endurent. Ils critiquent gouvernement qu’ils accusent d’avoir oublié leur existence. Ces pères et mères de familles continuent de demander aux instances compétentes de résoudre le problème de l’insécurité.

Lors d’un point de presse, les autorités ont placé cinq départements ( les Nippes, le Sud, l’Ouest, la Grand’Anse et le Sud-Est) sous vigilance rouge en raison de l’évolution de l’ouragan Melissa, tandis que l’alerte orange demeure en vigueur dans le Nord-Ouest et l’Artibonite.

Le gouvernement appelle la population à redoubler de vigilance et invite les brigadiers ainsi que les volontaires de la Protection civile à se mobiliser aux côtés de la population.

Gedeon Delva

Ouragan Melissa : le gouvernement tente d’éviter le pire

0

Face à la menace de l’ouragan Melissa, classé en catégorie 5, le gouvernement haïtien renforce ses dispositifs d’urgence pour protéger la population. Trois morts, seize blessés et plusieurs dizaines de maisons inondées ont déjà été signalés. Les autorités appellent à la vigilance et à la solidarité nationale, tandis que la capitale se prépare à des conditions météorologiques extrêmes.

Lors de la 27e édition des « Mardis de la Nation », le Centre d’Opérations d’Urgence National (COUN) a présenté les mesures prises par le gouvernement pour limiter les dégâts causés par l’ouragan Melissa. Ce cyclone, classé en catégorie 5, se déplace à une vitesse de 15 km/h, avec des rafales atteignant près de 295 km/h et des pluies dépassant 400 millimètres. Ces conditions risquent de provoquer de graves inondations et des glissements de terrain, notamment dans la péninsule du Sud.

Selon la Direction générale de la Protection civile (DGPC), trois personnes ont perdu la vie, seize autres ont été blessées et plusieurs maisons ont été inondées. Deux décès ont été enregistrés à Fontamara (Ouest) et un à Marigot (Sud-Est). Le directeur de la DGPC, Emmanuel Pierre, a rappelé que le pays reste en alerte maximale depuis le 20 octobre, et que les équipes de secours sont mobilisées sans relâche.

Sous la présidence du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, le Comité National de Gestion des Risques et des Désastres (CNGRD) a renforcé les mesures d’urgence. Le Grand Sud est en vigilance rouge, tandis que le Sud-Est, l’Ouest, l’Artibonite et une partie du Nord-Ouest étaient en alerte orange à l’heure de cette conférence. Des centres d’accueil ont été ouverts et des kits alimentaires, sanitaires et financiers sont distribués aux familles les plus touchées.

La DGPC et l’Unité d’Hydrométéorologie (UHM) assurent un suivi permanent de la trajectoire du cyclone. Des bulletins d’information sont diffusés toutes les deux heures sur les médias traditionnels et les réseaux sociaux. Des agents de terrain interviennent également dans les marchés, écoles et quartiers vulnérables pour rappeler les consignes de sécurité.

En fin de journée, alors que la vigilance rouge a été étendue au département de l’Ouest, le gouvernement a annoncé que toutes les institutions publiques et privées seraient chômées le 29 octobre 2025 afin de réduire les risques liés au passage de l’ouragan. Les écoles de la région ont également fermé leurs portes, sans qu’une date de réouverture ne soit encore communiquée.

« Nous ne baissons pas la garde », a laissé croire Emmanuel Pierre, appelant à la discipline, à la prudence et à la solidarité nationale. Le gouvernement insiste : chaque geste de prévention compte pour sauver des vies alors que Melissa continue de menacer le territoire.

La rédaction

TRAHISON CONDUISANT À L’ASSASSINAT DE JEAN-JACQUES DESSALINES, PÈRE DE LA PATRIE, A-T-ELLE PLONGÉ HAÏTI DANS LA MALÉDICTION ?

Par Evans PAUL

Un crime contre la souveraineté

Il y a 219 ans, le 17 octobre 1806, l’Empereur Jean-Jacques Dessalines, père fondateur de la nation haïtienne, tombait sous les balles de ceux qu’il considérait comme ses frères d’armes.
Trahi, lâchement assassiné, son seul crime fut d’avoir libéré tout un peuple de l’oppression coloniale.
Dessalines avait brisé les chaînes du système esclavagiste et rêvait d’une répartition plus juste des richesses nationales.
Ce combat noble et audacieux lui coûta la vie.

Un avertissement prophétique

Héros révolutionnaire, Dessalines s’était engagé à offrir liberté, dignité et justice aux descendants d’Afrique devenus le peuple haïtien.

Visionnaire, il nous avait mis en garde :

« Si vos attitudes de trahison persistent, vous connaîtrez le sort des peuples ingrats. »

Ce qui paraissait alors comme un simple avertissement résonne aujourd’hui comme une malédiction persistante, profondément ancrée dans la conscience nationale.

La blessure originelle

L’ingratitude envers Dessalines ne l’a pas seulement conduit à la mort ; elle a déchiré le cœur même d’Haïti, précipitant le pays dans une lutte fratricide sans fin et détruisant l’unité nationale qu’il avait forgée dans le feu de la liberté.
Ses bourreaux, ne se contentant pas de l’avoir abattu, lui refusèrent même les honneurs funéraires dus à son rang d’Empereur et de Père de la Nation.
Abandonné dans la rue, son corps fut recueilli par Défilée et Dauphin, deux êtres que l’on disait « fous », mais dont la folie fut l’expression la plus pure du patriotisme.
Ils offrirent à l’Empereur déchu une sépulture improvisée — un geste d’une grandeur morale inégalée.

Le long silence et la réhabilitation

Pendant trente-huit années (1806–1844), le nom de Dessalines fut interdit de citation en Haïti.
Ce silence voulu visait à effacer non seulement sa mémoire, mais aussi l’âme même de la Révolution haïtienne.

Il fallut attendre Charles Rivière Hérard à la présidence d’Haïti, pour que l’honneur du Père fondateur soit rétabli.
Par la proclamation du 21 août 1843 et son discours du 1ᵉʳ janvier 1844, Dessalines fut réhabilité et la flamme de son héritage ravivée dans la conscience nationale.

Sous la présidence de Sténio Vincent, en 1930, une statue fut érigée au Champ de Mars, 124 ans après son assassinat — symbole tardif mais puissant de reconnaissance.

Les gestes modernes de mémoire

L’effort de réhabilitation s’est poursuivi dans l’histoire récente.
Sous la présidence de Michel Martelly et le gouvernement du Premier ministre Evans Paul, un mausolée fut inauguré le 17 octobre 2015 à Pont Rouge, lieu même de son assassinat.
Plus récemment, le 18 juin 2022, une nouvelle statue a été dressée à Grande Rivière du Nord, sa commune d’origine, en hommage à l’Empereur.

Dessalines, éternel guide

Jean-Jacques Dessalines demeure le symbole vivant de la résistance, de la dignité et de la souveraineté.
Son courage inébranlable et son dévouement à la liberté constituent les fondements mêmes de la nation haïtienne.

Aujourd’hui, plus que jamais, il nous revient de rendre justice à son héritage, de restaurer sa grandeur et de rallumer la flamme du patriotisme.
L’esprit combatif de Dessalines doit redevenir la boussole morale et politique de toute Action pour le Bien Commun (ABC).

Appel à la conscience nationale

Restaurons le prestige d’Haïti, première nation noire indépendante, phare universel de liberté, d’égalité et de fraternité.
Puissions-nous être dignes du rêve de Dessalines, afin que son sacrifice ne soit jamais vain.

HAÏTI FACE AUX DÉSASTRES LA PASSIVITÉ N’EST PAS UNE OPTION

Par Evans PAUL

Haïti est l’un des pays les plus exposés au monde aux risques naturels :
➡️ séismes (failles actives d’Enriquillo et Septentrionale)
➡️ cyclones majeurs (couloir des ouragans atlantiques)
➡️ inondations et glissements de terrain (déboisement, urbanisation anarchique)

👉 Ce ne sont pas les phénomènes naturels qui tuent :
ce sont nos faiblesses humaines, techniques et institutionnelles.

1️⃣ Une histoire marquée par des tragédies récurrentes

Séismes

  • 1751 et 1770 — la ville de Port-au-Prince détruite par deux séismes majeurs
  • 1842 — Cap-Haïtien ravagé par un séisme : des milliers de morts
  • 12 janvier 2010 — Séisme magnitude 7.3 : aire métropolitaine terrassée (Port-au-Prince, Léogâne, Grand-Goâve, Petit-Goâve, Jacmel)
  • 14 août 2021 — séisme magnitude 7.2 : Nippes, Sud et Grand’Anse sévèrement touchées

Ouragans

  • 1954 — Hazel : Sud et Grand’Anse dévastés
  • 1963 — Flora : nombreuses pertes humaines dans le Sud et la Grand’Anse
  • 1979 — David : dégâts importants à travers le pays
  • 1980 (Allen), 1988 (Gilbert), 1998 (Georges) : destructions répétées
  • 2004 — Jeanne : Gonaïves et Fonds-Verrettes frappées par des crues meurtrières
  • Août–sept. 2008 — Fay, Gustav, Hanna, Ike : quatre ouragans en six semaines → plus de 800 morts ; Gonaïves de nouveau inondée
  • 4 octobre 2016 — Matthew : le Grand Sud en ruines

📌 Liste non exhaustive : le pays d’Haïti est frappé régulièrement.

2️⃣ Trois principales villes en danger permanent

Certaines zones urbaines cumulent des risques extrêmes :

  • Port-au-Prince → séismes, inondations, glissements de terrain
    ✅ les drames de 1751, 1770 et 2010 en témoignent
  • Cap-Haïtien → séismes, crues soudaines, houles océaniques
    ✅ 1842 : une catastrophe meurtrière qui laisse de graves cicatrices en mémoire
  • Les Cayes → cyclones, submersions marines, séismes
    ✅ durement frappée par Matthew (2016) et le séisme de 2021

Racines structurelles de la vulnérabilité

  • Habitat hors normes
  • Ravines et eaux pluviales mal maîtrisées
  • Urbanisation en zones instables et inondables

3️⃣ Ce qui tue vraiment : nos erreurs humaines

✅ Le séisme ne tue pas…
➡️ c’est la maison qui s’effondre

✅ Le cyclone ne tue pas…
➡️ c’est la toiture qui s’envole

Défaillances les plus courantes

  • Béton mal dosé, ferraillage insuffisant
  • Toitures non ancrées
  • Absence de contrôle technique

👉 Une maison bien construite = des vies protégées

4️⃣ Dix actions vitales pour sauver des vies

1️⃣ Respect strict des normes parasismiques et anticycloniques
2️⃣ Renforcement des écoles, des hôpitaux, des églises, des commissariats, des bureaux, marchés publics et magasins
3️⃣ Curage et aménagement efficace des canaux et ravines
4️⃣ Fixation robuste des toitures en tôle
5️⃣ Construction d’abris multi-risques opérationnels
6️⃣ Interdiction ferme de bâtir en zones « rouges »
7️⃣ Alerte rapide + exercices publics réguliers
8️⃣ Reboisement des mangroves et bassins versants
9️⃣ Certification et formation des maçons/charpentiers
🔟 Sensibilisation citoyenne permanente

✅ Des solutions simples, réalistes et immédiatement applicables.

5️⃣ Construire une culture de prévention

Les phénomènes naturels surviendront toujours.
Ce qui fera la différence, c’est notre préparation collective :

  • L’État doit protéger
  • Les municipalités doivent prévenir
  • Les citoyens doivent construire avec responsabilité

« Pa bati kay ak neglijans.
Pwoteksyon lavi se devwa chak moun. »

✅ En résumé

Haïti n’est pas condamné.
Nous devons rompre avec la fatalité :

➡️ renforcer la résilience du territoire
➡️ protéger chaque vie
➡️ faire de la prévention un réflexe national

La passivité n’est pas une option.
La prévention est un devoir national.

CENTRE ABC — Atizan Bon Chanjman

Haïti : Le système carcéral, la réinsertion des mineurs mise en cause

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, le 28 octobre 2025 — ​Par un taux d’occupation sidérant de 804 % en 2015, les prisons haïtiennes sont depuis longtemps un symbole de crise humanitaire. Mais la récente escalade de la violence des gangs, culminant avec l’évacuation et la fermeture de plusieurs grands établissements, a transformé la crise structurelle en un chaos opérationnel total, faisant voler en éclats le principe élémentaire de séparation des détenus et réduisant à néant les fragiles efforts de réinsertion.

​Le CERMICOL transformé en complexe pénitentiaire

​Le principe de la séparation des détenus les femmes des hommes, les mineurs des adultes est un impératif légal et humanitaire fondamental. Pourtant, le système carcéral haïtien, déjà sous tension, a vu ce principe s’effondrer de manière spectaculaire à la suite des attaques survenues début 2024 contre le Pénitencier national et la prison de la Croix-des-Bouquets.

​Le Centre de Rééducation des Mineurs en Conflit avec la Loi (CERMICOL), conçu pour accueillir une centaine de mineurs, est devenu l’unique centre de détention opérationnel dans la région de Port-au-Prince. Il abrite désormais 370 personnes, soit des hommes adultes (dont d’anciens détenus du Pénitencier national), des femmes et des filles, entassées aux côtés des garçons. En septembre 2024, il comptait 149 femmes, 10 filles, 93 garçons et 118 hommes, dans un espace jugé par les experts comme non-sécurisé et non adapté.

​Cette cohabitation forcée est une violation flagrante des garanties judiciaires et du droit international, exposant notamment les filles et les femmes à un risque accru de violences sexuelles, un scénario déjà tragiquement observé dans d’autres prisons mixtes.

​De plus, cette promiscuité a eu un impact direct sur la mission éducative du centre. Les salles de classe sont réquisitionnées pour loger les adultes, et la cour de récréation des mineurs est désormais utilisée pour les ablutions des femmes.

Les programmes de formation académique et vocationnelle sont interrompus, dénaturant totalement la vocation du CERMICOL qui devrait donner la primauté à l’éducatif sur le répressif, conformément à la législation de 1961.

Le paradoxe de la réinsertion : punition sans jugement

​Les problématiques qui minent toute perspective de réinsertion sont doubles : l’insalubrité et la détention préventive prolongée (DPP). Les détenus subissent des conditions s’apparentant à des traitements cruels, inhumains et dégradants, voire à des actes de torture (selon l’ONU en 2021). Ils sont sous-alimentés, souffrent d’anémie et meurent de maladies infectieuses dans des locaux insalubres.

​Cependant, le plus grand obstacle à la réinsertion est le système judiciaire lui-même. En Haïti, le pourcentage de personnes en (DPP) détention préventive prolongée atteint des niveaux alarmants, dépassant les 82 % de la population carcérale générale en 2021 et s’élevant à 97 % chez les mineurs en 2024.

​Comme l’analysent les experts du Cermicol, la prison pour mineurs est aux prises avec une « enfance plus sûrement menacée que menaçante ». Les jeunes incarcérés, issus de la misère, de familles disloquées et des quartiers pauvres, sont souvent détenus arbitrairement pendant des années sans jugement. Cette situation constitue une « pénalisation du social » : des victimes de la précarité sont traitées en coupables, ce qui rend la mission de réhabilitation illégitime et inopérante.

​L’absence de fonctionnement du tribunal pour enfants de Port-au-Prince depuis 2019, faute de juges et de sécurité, vient sceller le sort de ces mineurs, dont beaucoup dépassent l’âge légal de détention (21 ans) sans jamais avoir été jugés.

Qui s’en charge ? Des efforts louables mais fragilisés

​Malgré le chaos, des acteurs nationaux et internationaux continuent de travailler pour maintenir une perspective de réinsertion, même minime. La direction de l’Administration Pénitentiaire (DAP), elle est l’autorité centrale, mais manque cruellement de moyens.

Les ​organisations Internationales et ONG comme :

  1. ​Terre des Hommes-Italie (TDH-I) : Partenaire de la DAP depuis 2013. Il se concentre sur les mineurs en conflit avec la loi (MCL) et les femmes. Leur soutien repose sur quatre axes : amélioration du parcours de rééducation, renforcement de l’assistance psychosociale, rétablissement des liens familiaux, et renforcement des capacités logistiques et techniques de la DAP.
  2. ​MINUJUSTH/BINUH (Mission des Nations unies) : A financé des projets par le biais de son programme de Réduction de la violence communautaire (RVC).
  3. ​CICR (Comité international de la Croix-Rouge) : Concentré sur l’amélioration des conditions carcérales, l’hygiène et le respect des garanties judiciaires.
  4. ​Avred-Haïti (Association des volontaires pour la réinsertion des détenus en Haïti) : Propose des formations aux métiers manuels.

​Le projet phare mené à la prison civile de Hinche (depuis 2019) est un modèle d’occupation productive. Il a permis la mise en place d’un élevage de poulets, formant 116 détenus (hommes, femmes et mineurs) aux techniques avicoles. Ce projet a pour double objectif d’améliorer l’alimentation et de permettre aux détenus libérés de subvenir rapidement aux besoins de leurs familles, facilitant ainsi la réinsertion et la prévention de la rechute.

​Accès à l’Éducation et à la Culture : L’avant-projet de loi pénitentiaire insiste sur l’accès à l’enseignement (obligatoire pour les analphabètes et les jeunes), la formation professionnelle et les activités culturelles (comme le projet créatif et éducatif #IlEtaitUneFable). Les établissements sont censés posséder une bibliothèque et proposer un travail productif.

​Soutien Psychosocial et Familial : La TDH-I met l’accent sur l’accompagnement psychoaffectif et émotionnel et le rétablissement des liens familiaux (coordination des recherches familiales et suivi post-carcéral). Ce lien est jugé essentiel, car sans réseau de soutien, le travail de réinsertion peut être « réduit à néant ».

​Les initiatives de réinsertion en Haïti existent, portées par une volonté législative et par l’engagement d’organisations dévouées.

Cependant, ces efforts demeurent une goutte d’eau face au déluge d’une crise systémique. La réinsertion dans la société est un objectif impossible à atteindre tant que l’État ne parvient pas à garantir la séparation légale des détenus, à mettre fin à la détention préventive prolongée et à rétablir un système judiciaire fonctionnel et sécurisé.

Sans la garantie du droit d’être jugé, les prisonniers ne sont pas des individus en voie de réhabilitation, mais des victimes de l’arbitraire, ce qui rend la prévention de la récidive une bataille perdue d’avance.

Ouragan Melissa: le mercredi 29 octobre 2025 déclaré journée de chômage sur tout le territoire haïtien

0

La Présidence prend des mesures exceptionnelles face à la menace du cyclone de catégorie 5.

PORT-AU-PRINCE.— Face à l’intensification de l’ouragan Melissa, désormais classé catégorie 5, le plus haut niveau de l’échelle de Saffir-Simpson, le Conseil Présidentiel de Transition a décrété le mercredi 29 octobre 2025 journée de chômage sur toute l’étendue du territoire national.

Cette décision, annoncée par le Secrétariat général de la Présidence, intervient à la suite du dernier rapport conjoint des autorités météorologiques et du Système national de gestion des risques et désastres (SNGRD). Les données recueillies confirment le passage imminent de l’ouragan sur une large partie du pays, notamment le Sud, la Grand’Anse, les Nippes et l’Ouest.

«La mesure vise à anticiper et à limiter les impacts de cet ouragan de catégorie 5», précise la note officielle relayée par les médias.

Le gouvernement appelle la population à respecter scrupuleusement les consignes de sécurité et à rester à l’abri durant toute la période de danger, les prochaines 48 heures étant jugées critiques par les services météorologiques.

Les établissements publics, les écoles, les entreprises privées et les institutions financières sont invités à suspendre leurs activités afin de réduire les risques liés aux déplacements et aux effondrements potentiels.

Selon les dernières observations satellites, Melissa génère des vents soutenus dépassant les 250 km/h et de fortes pluies susceptibles de provoquer des inondations dévastatrices et des glissements de terrain. Les images diffusées par les centres météorologiques internationaux montrent que l’œil du cyclone s’approche dangereusement des côtes jamaïcaines et se dirige lentement vers l’ouest et le sud-ouest d’Haïti.

Les autorités de la Protection civile maintiennent l’ensemble du pays en alerte rouge, tout en appelant à la vigilance dans les zones montagneuses et côtières. Des équipes d’intervention rapide ont été prépositionnées dans plusieurs départements pour venir en aide aux populations vulnérables.

Les structures de secours, les forces de sécurité et les services d’urgence demeurent en état de mobilisation permanente. Des abris temporaires ont été ouverts dans les communes à risque, notamment aux Cayes, à Jérémie, Miragoâne et Léogâne.

Alors que Melissa poursuit sa trajectoire vers le nord-ouest de la Caraïbe, les autorités haïtiennes réaffirment leur volonté de protéger la population et de limiter au maximum les pertes humaines et matérielles.

«La prudence et la préparation sont nos meilleures armes face à ce type de phénomène», rappelle le communiqué du Secrétariat général de la Présidence.

Jean Mapou

Éducation : Le MENFP met à l’honneur les partenaires de l’alphabétisation en Haïti

0

Le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle (MENFP), à travers le Bureau du Secrétaire d’État à l’Alphabétisation et à l’Éducation non formelle (BSEA-ENF), a organisé, le lundi 27 octobre 2025, une journée de célébration du partenariat dans le domaine de l’alphabétisation en Haïti.

L’événement s’est tenu à Pétion-Ville, sous le thème : « Patenarya nan alfabetizasyon pou yon Ayiti sou chemen devlopman dirab toutbon vre » (Partenariat en alphabétisation pour une Haïti véritablement engagée sur la voie du développement durable).

Cette initiative, réalisée en collaboration avec plusieurs partenaires internationaux tels que l’UNESCO-Haïti, l’UNICEF-Haïti et l’Ambassade de Taïwan, visait à témoigner la reconnaissance du gouvernement haïtien envers les institutions qui appuient la lutte contre l’analphabétisme, tout en renforçant la coordination entre les acteurs publics, privés et communautaires engagés dans la mise en œuvre du Plan décennal d’éducation et de formation (PDEF 2020-2030).

La cérémonie s’est déroulée en présence du Directeur général du MENFP, Yves Roblin, du Secrétaire d’État à l’Alphabétisation et à l’Éducation non formelle, Me Mozart Clérisson, de la Ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, des représentants du Fonds national de l’éducation (FNE), de l’Ambassadeur de Taïwan, ainsi que des représentants de l’UNICEF, de l’UNESCO, de l’Akademi Kreyòl Ayisyen(AKA) et de l’Office national de partenariat en éducation(ONAPE).

Des organisations locales telles que IDEJEN et plusieurs cadres techniques du MENFP et du BSEA ont également pris part à cette journée symbolique, qui marque une étape importante dans la consolidation des efforts visant à donner à chaque citoyen haïtien la possibilité d’apprendre, de lire et d’écrire, conditions essentielles pour bâtir un pays plus équitable et prospère.

La rédaction

Haïti passera à l’heure d’hiver le dimanche 2 novembre 2025: les horloges reculeront d’une heure

0

PORT-AU-PRINCE.— Le Secrétariat général de la Présidence a annoncé, ce lundi 27 octobre 2025, qu’Haïti procédera au passage à l’heure d’hiver dans la nuit du samedi 1er au dimanche 2 novembre. À deux heures du matin (2 h 00 AM), il faudra reculer les horloges d’une heure, conformément à l’arrêté présidentiel du 7 mars 2012.

Dans un communiqué signé par la Secrétaire générale a.i. de la Présidence, Marie Régine E. Haddad, le gouvernement rappelle que cette mesure s’applique à l’ensemble du territoire national et concerne aussi bien les institutions publiques que privées.

«Le Secrétariat général de la Présidence rappelle aux agents de la fonction publique et du secteur privé que, selon les dispositions de l’article 2 de l’arrêté présidentiel du 7 mars 2012, l’heure nationale reculera de 60 minutes à partir de deux heures du matin (2:00 AM), le dimanche 2 novembre 2025», précise le communiqué.

Cette décision s’inscrit dans la continuité d’une pratique annuelle visant à harmoniser le calendrier horaire d’Haïti avec celui de plusieurs partenaires économiques et régionaux, notamment en Amérique du Nord et dans la Caraïbe.

Les autorités encouragent la population à anticiper ce changement horaire afin d’éviter tout désagrément dans leurs activités quotidiennes, notamment dans les transports, les services publics, les établissements scolaires et les communications.

En procédant à ce réajustement, Haïti s’aligne sur la majorité des pays observant la transition saisonnière entre l’heure d’été et l’heure d’hiver, une pratique qui vise à optimiser la gestion du temps et de la consommation énergétique selon la période de l’année.

Le Relief

Real Madrid–FC Barcelone: un Clasico sous haute tension au Santiago-Bernabeu

0

MADRID, Espagne.— Victoire des madrilènes (2-1), carton rouge pour Pedri et échauffourée en fin de match: le dernier Clasico a tenu toutes ses promesses, entre intensité, passion et débordements.

Le choc entre le Real Madrid et le FC Barcelone, disputé au Santiago-Bernabéu, s’est achevé dans une atmosphère électrique. Si les Madrilènes se sont imposés (2-1) au terme d’une rencontre haletante, la fin du match a été marquée par une série d’incidents qui rappellent à quel point le Clasico reste un événement à part dans le monde du football.

Tout a basculé dans le temps additionnel. Alors que le Barça poussait pour égaliser, Pedri, déjà averti, a été expulsé pour un tacle jugé dangereux. Cette décision a provoqué une vive réaction sur le banc catalan, entraînant une échauffourée entre joueurs et membres du staff des deux équipes.

Face à la confusion, l’arbitre César Soto Grado a dû intervenir fermement. Dans son rapport officiel, il signale notamment l’expulsion du gardien remplaçant du Real Madrid, Andrii Lunin, accusé d’avoir quitté son banc pour s’en prendre « de manière agressive » à celui du Barça, avant d’être calmé par ses coéquipiers.

Dans la foulée, six nouveaux cartons jaunes ont été distribués pour tenter de ramener le calme : Militao, Rodrygo et Vinicius du côté du Real, Fermín López, Alejandro Balde et Ferran Torres chez les Blaugranas.

Malgré ces tensions, la victoire permet au Real Madrid de conforter sa position de leader de la Liga, tandis que le Barça, encore en rodage, devra vite se remobiliser pour ne pas laisser son rival s’échapper.

Entre rivalité historique, pression médiatique et enjeux sportifs, ce nouvel épisode du Clasico n’aura pas dérogé à la tradition. Plus qu’un simple match, il aura une fois de plus illustré cette frontière tenue entre passion et excès qui fait du Real-Barça l’un des duels les plus explosifs du football mondial, un clasico fidèle à sa réputation.

Jean Mapou

𝐏𝐚 𝐠𝐞𝐧 𝐦𝐢𝐳𝐢𝐤 𝐩𝐚𝐬𝐞 𝐩𝐞𝐲𝐢 𝐦 : 𝐔𝐧 𝐭𝐨𝐮𝐫 𝐝’𝐇𝐚𝐢̈𝐭𝐢 𝐞𝐧 𝐝𝐢𝐱 𝐜𝐡𝐚𝐧𝐬𝐨𝐧𝐬

Les unes plus poétiques que les autres, les dix chansons de l’album Pa gen mizik pase peyi m forment un voyage vibrant à travers le pays. Portant les couleurs chaudes des Caraïbes, cet album de Jean Venel Casséus emmène l’auditeur de Fort-Liberté, dans le Nord-Est, jusqu’à Jérémie, dans la Grand’Anse.
C’est une traversée d’amour, à la fois charnelle, spirituelle et patriotique, qui relie les villes d’Haïti comme on relie les notes d’une même mélodie.

𝑼𝒏𝒆 𝒄𝒂𝒓𝒕𝒐𝒈𝒓𝒂𝒑𝒉𝒊𝒆 𝒅𝒖 𝒄œ𝒖𝒓

Sous la plume du poète, les villes prennent souffle et visage.
𝐅𝐨𝐫𝐭-𝐋𝐢𝐛𝐞𝐫𝐭𝐞́ est un amour qui s’offre sans discrimination.
𝐋𝐞 𝐂𝐚𝐩-𝐇𝐚𝐢̈𝐭𝐢𝐞𝐧 est une source d’amour et de bonheur.
𝐏𝐨𝐫𝐭-𝐝𝐞-𝐏𝐚𝐢𝐱 est un bijou à aimer sans parenthèse ni point.
𝐋𝐞𝐬 𝐆𝐨𝐧𝐚𝐢̈𝐯𝐞𝐬 expriment la gratitude et la mémoire.
𝐇𝐢𝐧𝐜𝐡𝐞 est le battement du cœur d’un amour sincère.
𝐏𝐨𝐫𝐭-𝐚𝐮-𝐏𝐫𝐢𝐧𝐜𝐞 est la mère, le coffre fort de toutes les vérités.
𝐉𝐚𝐜𝐦𝐞𝐥 incarne la ville des belles âmes.
𝐌𝐢𝐫𝐚𝐠𝐨𝐚̂𝐧𝐞 est audience entre la mer, l’étang et le temps.
𝐋𝐞𝐬 𝐂𝐚𝐲𝐞𝐬 ont la beauté d’une sirène.
𝐉𝐞́𝐫𝐞́𝐦𝐢𝐞 est poème avant le soleil et musique avant la lune.

𝑼𝙣𝒆 𝒆𝙨𝒕𝙝𝒆́𝙩𝒊𝙦𝒖𝙚 𝙙𝒖 𝒓𝙚𝒈𝙖𝒓𝙙 𝙣𝒆𝙪𝒇

À travers ce projet, Jean Venel Casséus refuse le regard figé posé sur Haïti. Il rappelle que le pays, comme toute terre vivante, possède plusieurs angles à regarder. L’artiste s’installe à l’angle de la beauté, de la lumière et du souffle créateur. Son œuvre s’élève comme une réponse à la fatigue du jugement et au bruit de la résignation.

𝑸𝙪𝒂𝙣𝒅 𝒍𝙖 𝙥𝒐𝙚́𝒔𝙞𝒆 𝒆́𝙥𝒐𝙪𝒔𝙚 𝙡𝒂 𝒎𝙪𝒔𝙞𝒒𝙪𝒆

Pa gen mizik pase peyi m est une traversée sensible. À bord de cette Lamborghini imaginaire qu’est la poésie, l’auditeur découvre un pays qui parle à la fois au corps et à l’âme.
Jean Venel Casséus, auteur, compositeur et poète, unit la tendresse et la fierté, l’exil et la présence. Il chante Haïti pour la faire danser et pour inviter chacun à la regarder autrement — non pas à travers sa peine, mais à travers sa beauté.