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Opération policière d’envergure à Simon/Pelé: plusieurs membres de gangs neutralisés

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PORT-AU-PRINCE.— Une vaste opération policière a été menée ce dimanche 2 novembre dans le quartier de Simon/Pelé, fief du chef de gang connu sous le nom de «Jouma». Selon les premières informations, plusieurs individus armés ont été neutralisés, tandis que d’autres se sont enfuis face à l’avancée des forces de l’ordre.

Placée sous le commandement de la Direction générale de la Police nationale d’Haïti, l’opération a mobilisé des unités spécialisées appuyées par des véhicules blindés. Les agents ont investi plusieurs zones considérées comme stratégiques, dont Village Solidarité, Cité Militaire et une large partie de Simon/Pelé, dans l’objectif de reprendre le contrôle d’un corridor situé sur la route de l’aéroport, longtemps dominé par des activités criminelles.

De longues détonations ont été entendues pendant plusieurs heures, provoquant la panique parmi les résidents. Des témoignages recueillis sur place indiquent qu’un civil a été blessé par balle lors des échanges, en plus des pertes enregistrées au sein des groupes armés.

Les opérations de ratissage se poursuivaient encore en fin de journée, alors que la PNH cherche à démanteler complètement ce foyer de violence et à rétablir la libre circulation dans la zone. Les autorités n’ont pas encore communiqué de bilan officiel, mais soulignent leur détermination à reprendre le contrôle des espaces occupés par des gangs.

Jean Mapou

Nouvelle frappe américaine dans la mer des Caraïbes : une guerre sans mandat qui inquiète

Par Jean Wesley Pierre

Washington, Dimanche 2 novembre 2025 — Les Caraïbes, longtemps perçues comme un espace de transit commercial et culturel entre les Amériques, deviennent de plus en plus le théâtre d’une militarisation inquiétante sous le prétexte de la « guerre contre la drogue ». Samedi, le secrétaire à la Défense américain, Pete Hegseth, a confirmé une nouvelle frappe aérienne contre un bateau en mer des Caraïbes, qui aurait fait au moins trois morts. Il s’agit de la quinzième attaque de ce type depuis le lancement d’une vaste offensive américaine début septembre.

Une guerre sans front ni transparence

Dans une courte vidéo publiée sur les réseaux sociaux, M. Hegseth a présenté l’explosion du navire comme « un succès opérationnel » contre des trafiquants de drogue présumés. Mais aucun élément de preuve n’a été fourni. Le Pentagone affirme que la cible « était connue des services de renseignement », sans livrer ni identité, ni lien formel avec un cartel.

L’opération a eu lieu en eaux internationales, hors de toute juridiction nationale. Ce simple détail soulève une question essentielle : de quel droit les États-Unis peuvent-ils exécuter des individus en haute mer, sans procès ni mandat, sur la base d’accusations non vérifiées ?

La logique du « conflit armé contre les cartels »

Selon Washington, ces frappes s’inscrivent dans une stratégie plus large, fondée sur un décret présidentiel signé par Donald Trump, reconnaissant les cartels de la drogue comme « entités belligérantes ». En d’autres termes, le gouvernement américain s’octroie le droit d’utiliser la force militaire, y compris létale, contre des civils soupçonnés d’activités criminelles, sans distinction territoriale.

Ce glissement rhétorique et juridique, dénoncé par de nombreux experts en droit international, fait basculer la lutte antidrogue dans une zone grise, entre guerre et maintien de l’ordre. « C’est une dérive majeure du droit de la guerre. Les États-Unis inventent un conflit qui n’existe pas pour justifier des frappes illégales », estime un juriste du Center for Constitutional Rights, cité par The Intercept.

65 morts en deux mois : un lourd tribut humain

Depuis septembre, environ 65 personnes ont trouvé la mort dans ces frappes, selon les chiffres communiqués par le Pentagone. Certaines victimes n’ont jamais été identifiées, d’autres ont disparu en mer. Le cas le plus controversé reste celui d’un navire frappé dans l’est du Pacifique le 27 octobre : Washington affirmait qu’un survivant avait été secouru, mais la marine mexicaine a depuis annoncé qu’aucune trace de cette personne n’avait été retrouvée.

Derrière la froideur des bilans militaires, ce sont des vies humaines effacées sans procès, sans enquête et sans responsabilité. Ces opérations, menées sous couvert de sécurité régionale, rappellent les exécutions extrajudiciaires déjà dénoncées dans le cadre de la « guerre contre le terrorisme » au Moyen-Orient.

Les Caraïbes sous tension : un espace de domination déguisée

Au-delà du discours sécuritaire, cette nouvelle campagne militaire révèle un redéploiement stratégique américain dans la mer des Caraïbes, une région historiquement perçue par Washington comme sa « zone d’influence naturelle ».

Avec 10 000 soldats déjà déployés et 5 000 autres en route à bord du porte-avions USS Gerald R. Ford, les États-Unis militarisent progressivement un espace maritime partagé, sans consultation des pays riverains. Pour de nombreux observateurs caribéens, cette posture s’apparente à une démonstration de force néocoloniale, visant autant à contrôler les flux économiques et migratoires qu’à intimider les États de la région.

Un précédent dangereux pour le droit international

Les États-Unis justifient ces attaques par la nécessité de « protéger leur population contre les menaces transnationales ». Mais dans les faits, aucun traité, aucune résolution de l’ONU, ni aucun mandat régional ne leur accorde le droit d’utiliser la force létale en mer des Caraïbes.

Ce précédent risque d’ouvrir la voie à d’autres puissances qui, au nom de la lutte contre le crime ou le terrorisme, pourraient mener des frappes similaires hors de leurs frontières. C’est une normalisation de l’assassinat ciblé comme outil diplomatique une dérive qui sape les fondements mêmes du droit international et de la souveraineté des États.

Vers une guerre invisible

En transformant les Caraïbes en champ de bataille, Washington exporte sa doctrine de la guerre préventive et s’arroge un droit de vie et de mort sur des individus jamais jugés. Derrière les communiqués triomphants du Pentagone, c’est une guerre invisible, sans témoins, sans accountability, qui se déploie au large de nos côtes.

Plus qu’une lutte contre la drogue, cette offensive ressemble à une expansion militaire masquée, qui risque d’alimenter les tensions diplomatiques et de fragiliser encore davantage un espace caribéen déjà vulnérable.

Haïti: Le gouvernement décrète trois jours de deuil national après les pertes causées par l’ouragan Melissa

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PORT-AU-PRINCE.— Le gouvernement haïtien a décrété trois jours de deuil national les lundi 3, mardi 4 et mercredi 5 novembre 2025, à la suite des pertes humaines provoquées par le passage de l’ouragan Melissa sur le territoire national. La décision a été prise ce vendredi par la Primature, à l’issue d’une séance spéciale du Conseil des ministres tenue en visioconférence.

La réunion, présidée par le Conseiller-Président, Leslie Voltaire, s’est déroulée en présence du Président du Conseil Présidentiel de Transition, Laurent Saint-Cyr, et du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé.

Selon le communiqué, plus d’une vingtaine de personnes ont perdu la vie dans plusieurs régions du pays en raison des intempéries. D’importants dégâts matériels, ainsi que des déplacements de populations, ont également été enregistrés, renforçant le sentiment de vulnérabilité dans les zones touchées.

Conformément aux dispositions de l’article 45 du décret du 11 mars 2020 sur l’organisation des cérémonies publiques et les honneurs civils et militaires, les trois jours de deuil national impliqueront :
La mise en berne du drapeau national sur tout le territoire.
La fermeture des discothèques, boîtes de nuit et établissements assimilés.
L’annulation ou la suspension de toutes manifestations festives publiques et privées.
La tenue d’hommages officiels en mémoire des victimes.

La Primature appelle la population à observer ces journées dans la dignité, le recueillement et la solidarité.

Le gouvernement indique également qu’il travaille à renforcer les dispositifs de prévention et de réponse face aux aléas climatiques, dans un contexte où Haïti demeure particulièrement exposé aux phénomènes météorologiques extrêmes.

Jean Mapou

Pourquoi le prochain pouvoir en Haïti sera celui d’une droite moderne et humaniste ?

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Par Yvon Bonhomme

1-Une transition qui annonce une recomposition politique majeure.

Depuis l’assassinat tragique du Président Jovenel Moïse, Haïti traverse une période d’incertitude institutionnelle comparable aux temps d’instabilité précédant la montée au pouvoir de Faustin Soulouque en 1847. Comme à cette époque, le pays est confronté à une succession de gouvernements éphémères, dépourvus de vision à long terme et incapables de restaurer l’autorité de l’État.

L’actuelle transition politique révèle un cycle de désordre et de fragmentation, où l’absence d’un projet national cohérent a laissé place à la gouvernance de circonstance. L’histoire montre pourtant que de telles périodes sont souvent les préludes à une restauration de l’ordre par des forces structurées, disciplinées et porteuses d’une vision de reconstruction nationale.

De la même manière que la crise post-indépendance a ouvert la voie à une redéfinition du pouvoir sous Soulouque, la situation actuelle prépare le terrain pour une droite moderne — non pas autoritaire, mais rationnelle, technocratique et souverainiste — capable de stabiliser durablement le pays.

2.- De l’histoire à la prospective : vers une droite moderne et républicaine.

L’évolution du contexte mondial montre une remontée des forces de droite pragmatiques à travers le continent américain : des États-Unis (avec la résurgence du courant conservateur incarné par la «nouvelle droite américaine») jusqu’à l’Amérique du Sud (Argentine, Uruguay, Paraguay, Équateur), sans oublier les courants modérés de gouvernance de centre-droit en République Dominicaine et au Salvador.

Ce retour s’explique par la volonté des peuples de replacer la sécurité, la discipline, l’investissement productif et la responsabilité nationale au cœur des politiques publiques, face à la crise du libéralisme désordonné et de la corruption systémique.

Haïti n’échappe pas à cette logique. Le pays, confronté à la désintégration sociale et à la défaillance institutionnelle, recherche instinctivement une gouvernance forte, mais éthique, capable de concilier ordre et inclusion. C’est cette droite scientifique, humaniste et républicaine, inspirée des valeurs de Dessalines et de la raison moderne, qui représente aujourd’hui la voie du salut national.

3.- Une lecture comparée : les gouvernements éphémères avant Soulouque et la crise actuelle.

L’instabilité chronique observée depuis 2021 rappelle de façon frappante les années de confusion politique qui ont suivi la mort de Jean-Pierre Boyer et précédé le régime impérial de Faustin Soulouque. À cette époque, plusieurs gouvernements faibles et divisés se sont succédé, incapables de répondre aux défis du pays. La population, lassée par la désorganisation, avait fini par se tourner vers une autorité capable de restaurer l’ordre et la cohésion nationale.

Aujourd’hui encore, l’histoire semble se répéter : la multiplicité des clans, la fragilité des institutions et la perte de repères collectifs témoignent d’un cycle de désorientation politique. Cependant, contrairement au XIXᵉ siècle, la nouvelle droite haïtienne à venir devra être moderne, démocratique et ouverte, fondée non sur la domination, mais sur la science, la planification et la moralité publique.

4.- Une dimension géopolitique incontournable : la montée de la nouvelle droite américaine.-

Sur le plan international, la montée en puissance de la nouvelle droite américaine, incarnée par le retour du courant trumpiste, influence désormais les équilibres diplomatiques du continent. Cette orientation met en avant le protectionnisme économique, la souveraineté nationale et la relocalisation industrielle, des valeurs qui pourraient inspirer Haïti dans sa quête d’autonomie économique.

Dans un monde en mutation, marqué par la compétition technologique et la reconfiguration des alliances, une droite haïtienne moderne devra savoir dialoguer avec cette tendance internationale, non par mimétisme, mais par convergence stratégique : affirmer la souveraineté d’Haïti tout en s’intégrant intelligemment dans les nouvelles dynamiques régionales.

Conclusion : vers un droite dessalinienne humaniste et scientifique.-

Face à la complexité de la crise actuelle, il apparaît évident qu’Haïti ne peut plus se contenter d’expériences improvisées ou d’idéologies dogmatiques déconnectées de la réalité. Le pays a besoin d’un leadership porteur d’une vision claire, pragmatique et fondée sur la recherche scientifique, capable de formuler des politiques publiques rationnelles et durables.

L’avenir d’Haïti réside dans l’émergence d’une droite moderne, humaniste et scientifique, héritière des principes de Dessalines, mais adaptée aux exigences du XXIᵉ siècle : une droite dessalinienne républicaine, éthique, disciplinée et ouverte sur le monde. Cette orientation ne prône ni la rigidité autoritaire ni la complaisance populiste, mais une gouvernance équilibrée, axée sur la science, la technologie, la rationalité économique et l’innovation sociale.

C’est précisément de cette droite dessalinienne humaniste et scientifique que s’inspire le programme du parti politique Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL), baptisé «Renaissance (Leave No One Behind)», articulé autour de Treize Commandements et développé dans un document de 1 500 pages définissant les bases de la Deuxième République, ou République Renaissante. Ce programme incarne la vision d’un État fort, juste et stratégiquement orienté vers le progrès durable, où la science, l’éthique et l’expérience remplacent enfin les pratiques d’amateurisme et d’improvisation politique.

Le temps n’est plus aux tâtonnements : il est venu pour Haïti de renouer avec la raison, la discipline, et la recherche scientifique appliquée à la gouvernance — les véritables fondements d’une renaissance nationale durable et inclusive.

Par Yvon Bonhomme
Président-Fondateur du parti politique Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL),
Ancien Directeur Général du Ministère des Haïtiens Vivant à l’Étranger (MHAVE)
Stoïcien – Chercheur engagé

Laurent Saint-Cyr en mission au Qatar pour mobiliser l’aide internationale

PORT-AU-PRINCE.— Le président du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr, a quitté Port-au-Prince ce vendredi 31 octobre 2025 pour Doha, au Qatar, afin de participer au deuxième Sommet mondial sur le développement social. Ce déplacement intervient dans un contexte national particulièrement éprouvant, marqué par une crise humanitaire persistante et aggravée par le passage dévastateur de l’ouragan Melissa, qui a causé plus de 30 morts, selon la direction générale de la Protection civile.

En effet, dans un communiqué publié en début de soirée, la Présidence a tenu à préciser le sens de cette mission: «Ce déplacement n’est ni symbolique ni anodin. Il s’agit d’une démarche responsable visant à renforcer la mobilisation internationale en faveur d’Haïti. Nous poursuivons les actions sur le terrain tout en intensifiant nos efforts diplomatiques, afin que la résolution de la crise haïtienne demeure une priorité au milieu des grandes urgences mondiales».

Face à l’extrême vulnérabilité des populations affectées par les violences, l’effondrement économique et les catastrophes climatiques, l’exécutif estime indispensable de multiplier les canaux de coopération et de financement internationaux.

Le Sommet de Doha rassemblera chefs d’État, dirigeants d’organisations internationales, agences de développement et institutions financières. Pour Haïti, dont les besoins se situent autant dans l’urgence humanitaire que dans la reconstruction institutionnelle, cette rencontre représente une opportunité stratégique.

Selon la Présidence : «Le Sommet offre à Haïti une tribune mondiale pour établir des partenariats concrets, obtenir davantage de soutien financier et technique afin de répondre à la crise humanitaire, de renforcer la sécurité et de créer les conditions nécessaires à l’organisation d’élections libres et crédibles dans un avenir proche».

En marge du Sommet, Laurent Saint-Cyr doit également rencontrer des responsables qataris afin de poursuivre les échanges entamés lors de la 80e Assemblée générale des Nations unies. Ces discussions portent notamment sur l’appui financier et technique pour soutenir les communautés les plus vulnérables, renforcer la Police nationale d’Haïti (PNH) et appuyer des projets de relance économique.

«Il est essentiel pour Haïti de rassembler tout le soutien requis en matière de sécurité, de relance économique et de préparation des élections», souligne la Présidence.

Pendant ce temps, les autorités assurent que les efforts d’assistance se poursuivent sur le territoire. Le Conseil présidentiel de transition et le gouvernement affirment coordonner les opérations de secours, la distribution d’aide et la prise en charge des sinistrés.

Jean Mapou

Pléiade de sympathies à l’endroit des victimes Mélissa et le CPT s’active à agir

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Les effets indirects de l’ouragan Mélissa ont causé d’énormes dégâts en Haïti notamment dans le sud, Sud’Est et la Grand’Anse. Plus de 30 personnes ont perdu la vie. À Petit Goave 19 personnes sont mortes, une dizaine d’autres portées disparues. À ces pertes en vie humaines, des dégâts matériels considerables ont été recensés. Suite à cette situation plongeant la population dans la désolation, plusieurs entités de la vie nationale et internationale ont adressé leur sympathies aux populations touchées.

Responsable de la protection de chaque citoyen, la présidence haitienne, à travers un communiqué, déplore la mort de ces nombreux compatriotes. « C’est une catastrophe de trop ». Elle annonce, en collaboration avec le gouvernement, des mesures urgentes pour accompagner les victimes. « La présidence et le gouvernement sont déjà mobilisés pour supporter les sinistrés », a fait savoir la présidence tout en demandant à la population de rester vigilante.

Les États-Unis ne sont pas restés insensibles. À travers l’ambassade américaine en Haïti, Washington présente ses sympathies au peuple haïtien en particulier les victimes de l’ouragan. L’ambassadeur des États-Unis, Henry T. Wooster, ainsi que le personnel haïtien et américain de l’ambassade à Port-au-Prince, ont également transmis un message de condoléances.

« Nous exprimons notre profonde solidarité aux familles en deuil, aux personnes blessées et aux nombreux déplacés », indique le communiqué, précisant que les États-Unis travaillent étroitement avec les autorités locales pour répondre à l’urgence humanitaire.

De son coté le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio, a fait savoir que Washington reste « en contact étroit avec les gouvernements de la Jamaïque, d’Haïti, de la République dominicaine et des Bahamas », également durement frappés par Melissa. « Des équipes de secours et d’intervention ont été dépêchées vers les zones sinistrées, accompagnées de matériels de première nécessité pour les populations touchée », a-t-il.

Dans un communiqué conjoint publié sur X, la Délégation de l’Union européenne et les ambassades de France et d’Espagne en Haïti ont déploré les conséquences tragiques de la tempête. « Nous adressons nos sincères condoléances et notre solidarité aux communautés frappées par les inondations », ont-elles déclaré. Elles annoncent leur collaboration avec les autorités haïtiennes et les partenaires humanitaires pour venir en aide aux personnes affectées.

Au niveau du conseil de transition, les conseillers se mobilisent afin d’apporter une réponse aux dégâts causés. Le CP Leslie Voltaire, accompagné du ministre des Travaux publics, Transports et Communications (TPTC), Raphaël Hosty, a visité les zones du Sud-Est durement frappées par le passage du cyclone. À son arrivée à l’aéroport de Jacmel, il a rencontré les responsables des bureaux régionaux avant d’aller constater les dégâts.
Le représentant du parti Fanmi Lavalas au conseil est venu évaluer les dommages et apporter des solutions concrètes aux problèmes identifiés.

Gedeon Delva

Haiti: Le gouvernement lance le programme de modernisation des partis politiques

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La Primature et le Conseil présidentiel de transition (CPT) ont procédé, le samedi 1er novembre 2025, au lancement officiel du Programme de Renforcement des Capacités des Partis Politiques lors d’une cérémonie au Karibe Convention Center, à Pétion-Ville. Cette initiative d’envergure nationale vise à Professionnaliser la vie politique haïtienne, renforcer la culture démocratique et préparer le pays à des élections libres, inclusives et apaisées.

Professionnaliser la vie politique haïtienne, l’exécutif y croit. D’où cette initiative sous la direction du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, la Primature, en partenariat avec le Conseil présidentiel de transition (CPT), lancé ce samedi. Un vaste programme destiné à redynamiser et moderniser le fonctionnement des partis politiques haïtiens.

La cérémonie s’est déroulée en présence des conseillers présidentiels Leslie Voltaire, Smith Augustin et Emmanuel Vertilaire, de plusieurs membres du gouvernement, de représentants du corps diplomatique, du Conseil électoral provisoire, ainsi que de nombreuses formations politiques issues des dix départements du pays.

Regrouper les partis en trois pôles régionaux

Selon un communiqué de la Primature, ce Programme de Renforcement des Capacités des Partis Politiques bénéficiera à plus d’un millier de représentantes et représentants de formations politiques, et sera déployé dans trois pôles régionaux : Port-au-Prince (Ouest), Cap-Haïtien (Grand Nord) et Les Cayes (Grand Sud).

Trois axes pour structurer et moderniser la vie politique. Le programme repose sur trois modules complémentaires, confiés à des firmes haïtiennes reconnues pour leur expertise. Le CPDEP assurera le renforcement organisationnel et fonctionnel des partis politiques, à travers des formations sur la gouvernance interne, la législation électorale et l’éthique politique.

Aussi, Groupe Croissance S.A. pilotera le volet managérial et financier, afin de promouvoir la transparence et la gestion responsable des ressources. Enfin, DAGMAR S.A. dirigera le module de communication et de technologie, axé sur la maîtrise des outils numériques et la communication politique moderne.

Toujours selon la Primature, ce programme, conçu par des professionnels haïtiens, valorise l’expertise locale et s’inscrit dans une dynamique durable visant à rendre les partis plus autonomes, responsables et crédibles.

Une innovation au service de la transparence

Le communiqué souligne également la présentation, lors de la cérémonie, d’une nouvelle plateforme numérique d’enregistrement des partis politiques et de leurs membres, développée par le Groupe de Support en Informatique et en Statistique (GSIS). Cette innovation technologique permettra à l’État de disposer d’une base de données fiable, sécurisée et régulièrement mise à jour — une avancée significative pour la modernisation et la transparence du système politique haïtien.

Un engagement ferme vers le retour à l’ordre constitutionnel

Dans son allocution, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a salué la mobilisation des acteurs politiques et réaffirmé la volonté du gouvernement de soutenir les partis dans leur processus de professionnalisation. « La démocratie se construit par la formation, la concertation et la responsabilité partagée », a-t-il déclaré, invitant les partis à adopter une culture politique fondée sur la compétence, la tolérance et la transparence.

Le chef du gouvernement a réitéré l’engagement de la Primature et du CPT à accompagner l’ensemble des forces politiques tout au long du processus de transition, en partenariat avec les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers, ainsi que les organisations nationales spécialisées.

Institutionnaliser les partis politiques

Le conseiller présidentiel Emmanuel Vertilaire, responsable du chantier Justice et Sécurité au conseil de transition, a insisté, dans son discours, sur le rôle déterminant du programme dans le renforcement institutionnel et la stabilité politique du pays. « En consolidant les structures politiques, nous posons les bases d’un avenir fondé sur la justice sociale, la stabilité et le développement durable », a-t-il déclaré.

Au moment de son intervention, le conseiller Vertilaire a été chahuté par les responsables des partis politiques, du présents dans la salle au Karibe, évoquant son inculpation dans le dossier BNC. Les organisateurs ont dû intervenir pour calmer l’ambiance. Malgré tout, le représentant de Pitit Dessalines a poursuivi son discours pour rappeler que la mission du conseil consiste à conduire le pays vers des élections crédibles et transparentes, condition indispensable au retour à l’ordre constitutionnel.

Les premières sessions de formation débuteront au cours du mois de novembre 2025, marquant une étape clé dans la modernisation de la vie politique et la reconstruction démocratique d’Haïti.

La rédaction

Reprise des essais nucléaires américains : vers un nouvel âge atomique ?

Par Jean Wesley Pierre

L’annonce a fait l’effet d’une onde de choc dans le monde. Le président américain Donald Trump a ordonné ce jeudi 30 octobre 2025, la reprise des essais d’armes nucléaires par les États-Unis, une première depuis 1992.

Officiellement justifiée par la « nécessité de rester au même niveau que la Russie et la Chine », cette décision soulève des interrogations planétaires. Au-delà de la provocation politique, elle ouvre un débat crucial : Quelles conséquences pour la planète ? Et cette escalade pourrait-elle rallumer la flamme d’une nouvelle guerre froide ?

Les essais nucléaires, qu’ils soient atmosphériques ou souterrains, laissent derrière eux un héritage écologique désastreux. Selon l’ONU, plus de 2 000 essais ont été réalisés depuis 1945, contaminant durablement les sols, les nappes phréatiques et l’atmosphère.

Les États-Unis à eux seuls en ont effectué 1 032, principalement dans le désert du Nevada et dans le Pacifique. Les conséquences sont encore mesurables aujourd’hui :

  1. des taux anormaux de cancers et de malformations congénitales chez les populations exposées,
  2. une radioactivité résiduelle détectée dans l’eau et le sol des anciens sites d’essais,
  3. des particules radioactives en suspension ayant circulé dans les courants aériens planétaires.

La reprise des essais nucléaires, même confinés au sous-sol, n’est jamais sans risque. Les scientifiques rappellent que les explosions souterraines fragilisent la croûte terrestre et peuvent entraîner des fuites radioactives incontrôlées.

Emmanuelle Galichet, enseignante-chercheuse au Cnam, prévient : « Il ne faut pas banaliser le fait nucléaire. Chaque essai est un pas supplémentaire vers la destruction silencieuse de nos écosystèmes. »

La reprise américaine constituerait donc une rupture du consensus écologique mondial bâti depuis les années 1990 autour du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICE), signé mais jamais ratifié par Washington. Symboliquement, cela revient à ouvrir la boîte de Pandore du nucléaire militaire.

Un signal géopolitique explosif

Sur le plan stratégique, cette annonce s’inscrit dans un climat de tensions croissantes entre grandes puissances. Moscou vient à peine de tester le « Bourevestnik », un missile à propulsion nucléaire « à portée illimitée ». Pékin, de son côté, accélère la modernisation de son arsenal.

La décision du président américain, Donald Trump résonne donc comme un message politique à la Russie et à la Chine : les États-Unis ne resteront pas spectateurs dans la nouvelle course technologique de dissuasion.
Mais ce message pourrait se retourner contre Washington.

« Nous assistons à la fin de l’ère de la réduction des arsenaux nucléaires et au retour de la logique de confrontation », alerte Hans Kristensen, chercheur à l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI).

En d’autres termes, la reprise des essais américains pourrait briser le fragile équilibre de la dissuasion et relancer une course effrénée à l’innovation militaire atomique.

Depuis la fin de la Guerre froide, les grandes puissances ont cherché à maintenir un statu quo nucléaire : disposer de la bombe, mais ne jamais l’utiliser. Or, chaque test, chaque déclaration musclée ravive la méfiance.

Pour la Russie, cette annonce américaine pourrait justifier de nouveaux essais symétriques. Pour la Chine, elle renforce la conviction que les États-Unis cherchent à dominer militairement le XXIᵉ siècle. Et pour les puissances régionales Inde, Pakistan, Corée du Nord, voire Israël, cela crée un précédent dangereux.

Le résultat pourrait être une prolifération incontrôlée d’armes nucléaires et un effondrement des régimes de contrôle, notamment du TICE et du Traité de non-prolifération (TNP).

La communauté internationale, déjà fragilisée par les guerres en Ukraine et à Gaza, verrait s’ouvrir un nouveau front de confrontation globale.

Une guerre imminente ? Peu probable, mais la tension monte

Les experts s’accordent à dire : la reprise des essais nucléaires américains ne signifie pas qu’une guerre mondiale est imminente.

La dissuasion nucléaire reste, paradoxalement, un facteur de stabilité relative aucun pays ne pouvant déclencher un conflit atomique sans provoquer sa propre destruction.

Cependant, la multiplication des tests, des provocations et des ruptures de traités accroît les risques d’incidents diplomatiques ou militaires non contrôlés.

Un tir d’essai mal interprété, une erreur de calcul stratégique, ou un acte de provocation en mer de Chine ou en Europe de l’Est pourrait déclencher une spirale incontrôlable.

Daryl G. Kimball, de l’Arms Control Association, résume : « Les États-Unis n’ont aucune raison technique ou politique de reprendre les essais. Cette décision ne rend pas le monde plus sûr, elle le rend plus nerveux. »

Entre politique intérieure et posture internationale

Certains analystes estiment que cette annonce du président américain, Donald Trump relève moins d’une décision militaire que d’une manœuvre politique.

À l’approche d’échéances électorales, montrer les muscles face à la Russie et à la Chine flatte l’électorat nationaliste et renforce l’image d’un président « fort ».

Mais le prix symbolique est lourd : en rompant avec trois décennies de retenue nucléaire, Washington affaiblit l’ordre international et mine la crédibilité morale des États-Unis sur la scène diplomatique.

Un retour périlleux à la logique du feu

Si les essais américains reprennent effectivement, ils marqueront la fin d’une ère de prudence nucléaire et le début d’un monde plus instable, plus fragmenté, où chaque puissance se sentira légitimée à tester, menacer ou moderniser son arsenal.

Le danger n’est pas seulement militaire : il est écologique, diplomatique et moral. L’humanité a déjà vu ce que deux bombes pouvaient faire à Hiroshima et Nagasaki.

Revenir aux essais nucléaires, c’est accepter l’idée que la destruction massive puisse redevenir un instrument de politique.
Et cela, avertissent les experts, serait une déflagration bien plus grave que n’importe quel essai souterrain.

Célébration de la fête des Guédé : Une tradition en perdition ?

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Par Gesly Sinvilier

Chaque année, au début du mois de novembre, Haïti se pare de noir, de blanc et de violet pour célébrer la fête des Guédé. C’est un moment à la fois mystique, festif et spirituel, où les vivants rendent hommage aux morts, dans une communion entre le visible et l’invisible. Mais au-delà des danses et des offrandes, une question s’impose : que reste-t-il aujourd’hui de cette tradition ancestrale ?

Une fête au cœur de la spiritualité haïtienne

Les Guédé, esprits de la mort et gardiens du passage entre les mondes, occupent une place centrale dans le panthéon vaudou. Le 1er et le 2 novembre — respectivement la Toussaint et la Fête des Morts dans le calendrier catholique — sont des jours où le peuple haïtien rend hommage à ses ancêtres. Sur les tombes, on dépose des bougies, des fleurs, du café, du rhum ou du pain, tandis que dans les peristyles, les prêtres et prêtresses vaudou invoquent Baron Samedi, Maman Brigitte et toute la famille Guédé.

Cette célébration, héritée d’un riche syncrétisme entre croyances africaines et traditions chrétiennes, témoigne de la profondeur de la culture haïtienne et de son rapport singulier à la mort — non pas comme une fin, mais comme une continuité.

Entre ferveur populaire et perte de repères

Si autrefois, les cimetières étaient remplis de fidèles vêtus de noir et de blanc, chantant et priant au son des tambours, la scène semble aujourd’hui moins vibrante. Dans plusieurs zones urbaines, la célébration s’est amoindrie, concurrencée par d’autres formes de divertissement ou perçue à tort comme une pratique « dépassée » ou « obscure ». De plus, certaines zones sont devenues des champs d’affrontements entre les gangs et les forces de l’ordre, à l’image de l’iconique cimetière de Port-au-Prince, au bas du centre-ville.

Entre autres, la stigmatisation du vaudou, amplifiée par la méfiance religieuse et l’ignorance culturelle, a aussi contribué à fragiliser la transmission de cette tradition aux jeunes générations.
Pourtant, dans certaines communautés — notamment à Port-au-Prince, Gonaïves ou dans le Plateau Central — la ferveur demeure. Des cérémonies s’y tiennent avec la même intensité, portées par ceux qui refusent de laisser mourir l’héritage des ancêtres.

Une tradition à réinventer sans la trahir

Aujourd’hui, la fête des Guédé se retrouve à la croisée des chemins. Elle conserve toute sa valeur spirituelle pour ceux qui la pratiquent, mais elle peine à s’adapter à la modernité et à regagner la place symbolique qu’elle mérite dans l’imaginaire collectif. Certains jeunes militants culturels, artistes et intellectuels tentent toutefois de la réhabiliter — à travers des expositions, des performances, ou encore des initiatives éducatives qui visent à démystifier le vaudou et à valoriser la mémoire des ancêtres.

Préserver l’âme des Guédé

La fête des Guédé n’est pas qu’un folklore ou une célébration religieuse : elle est un miroir de l’identité haïtienne, une manière de reconnaître que la mort ne rompt pas les liens, mais les transforme.

Préserver cette tradition, c’est garder vivante une part essentielle de notre mémoire collective, celle qui relie l’Haïtien à ses racines africaines, à son histoire, et à une vision du monde où le visible et l’invisible cohabitent en harmonie.

En somme, la fête des Guédé reste un moment de grande signification spirituelle et culturelle. Si son éclat semble par endroits s’atténuer, son essence — celle du dialogue entre les vivants et les morts, entre la mémoire et la vie — continue de vibrer dans le cœur de ceux qui savent encore écouter les voix des ancêtres.

Vers un nouveau souffle pour l’éducation haïtienne : le FNE et l’UNESCO consolident leur partenariat

Par Jean Wesley Pierre

Le Fonds National de l’Éducation (FNE) et l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture ( UNESCO ) s’apprêtent à franchir une nouvelle étape dans leur collaboration. À l’occasion d’une rencontre tenue le jeudi 30 octobre 2025 au bureau de l’UNESCO à Pétion-Ville, le directeur général du FNE, Elysé Colagène, et le Représentant de l’UNESCO en Haïti, Eric Voli Bi, ont échangé autour des principaux axes visant à renforcer leur partenariat stratégique dans le secteur éducatif haïtien.

Selon les informations recueillies, les discussions ont porté sur l’évaluation des projets déjà en cours, de mise en œuvre et sur la recherche de nouvelles pistes de coopération dans des domaines cruciaux tels que la science, la formation des enseignants, la gestion des risques, et la promotion de l’éducation inclusive. Ces échanges s’inscrivent dans une dynamique de modernisation et de résilience du système éducatif haïtien, un défi majeur dans un contexte de crise économique, politique et environnementale grave.

M. Colagène a souligné, lors de cette rencontre, l’importance pour Haïti de s’appuyer sur des partenaires techniques et financiers crédibles afin de consolider les acquis du FNE et d’amplifier l’accès à une éducation de qualité, gratuite et équitable.

L’UNESCO, de son côté, a réaffirmé son engagement à soutenir les initiatives nationales qui visent à renforcer les capacités institutionnelles et à promouvoir un modèle éducatif adapté aux réalités haïtiennes.

Une réponse conjointe aux urgences post-ouragan

L’entretien s’est également déroulé dans un contexte de crise post-ouragan, après le passage dévastateur de Mélissa sur plusieurs départements du pays. Les deux responsables ont convenu de lancer rapidement une évaluation conjointe des dégâts subis par les infrastructures et mobiliers scolaires. L’objectif : définir, dans les plus brefs délais, les mesures d’intervention les plus adaptées pour réhabiliter les établissements touchés et garantir la continuité des activités pédagogiques.

Ce geste traduit une volonté claire des deux institutions d’agir en solidarité face aux catastrophes naturelles, qui aggravent chaque année la précarité du système éducatif national.

Au-delà de la gestion de l’urgence, cette rencontre marque une volonté commune de repenser la gouvernance éducative en Haïti. Le représentant de l’UNESCO, Eric Voli Bi, a salué la « la volonté de dialogue et d’ouverture » du nouveau directeur général du FNE, tout en exprimant son souhait de travailler main dans la main pour renforcer la planification, la transparence et la durabilité des programmes éducatifs.

Cette orientation s’inscrit dans la vision d’un système éducatif plus inclusif, innovant et centré sur les besoins des citoyens haïtiens, un chantier immense mais essentiel pour l’avenir du pays.

Une alliance porteuse d’espoir

À un moment où Haïti traverse de profondes turbulences sociales et institutionnelles, la consolidation du partenariat entre le FNE et l’UNESCO apparaît comme une lueur d’espoir pour la jeunesse haïtienne. L’éducation demeure, plus que jamais, le levier principal du développement, de la reconstruction et de la cohésion nationale.

Si cette volonté de collaboration se traduit par des actions concrètes et durables, le pays pourrait enfin amorcer le tournant tant attendu vers une école plus résiliente, plus équitable et mieux arrimée aux défis du XXIe siècle.