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Élections : Jean Marie Altéma appelle à réguler l’information numérique

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Par Gesly Sinvilier

Le spécialiste en stratégie et gouvernance numériques, Jean Marie Altéma, alerte sur un vide juridique critique dans le projet de Décret électoral 2025 : l’absence de dispositions encadrant la désinformation en ligne, les publicités sponsorisées et le harcèlement numérique visant les candidat·e·s.

Alors que près de 2,65 millions d’Haïtiens utilisent les réseaux sociaux, ceux-ci deviennent des espaces majeurs de mobilisation électorale. Sans contrôle, affirme Altéma, le processus démocratique se trouve exposé à la manipulation, au financement opaque et à la cyberviolence.

Il identifie quatre risques principaux :

  • manipulation de l’opinion via rumeurs, deepfakes et contenus trompeurs ;
  • financement politique opaque, impossible à tracer ;
  • harcèlement numérique, notamment contre les femmes ;
  • perte de confiance et risques de tensions post-électorales.

L’expert plaide pour intégrer dans le Décret électoral 2025 :
• la transparence des messages sponsorisés (source, montant, ciblage) ;
• des sanctions pour diffusion volontaire de fausses informations ;
• la création d’une Cellule nationale de veille numérique électorale.

Ces mesures viseraient, selon lui, à renforcer la crédibilité du scrutin, à protéger les candidats et à garantir l’accès du public à une information fiable. Il en appelle aux autorités électorales, aux décideurs, aux médias et aux partenaires internationaux pour agir rapidement. « Les prochaines élections se joueront aussi sur les réseaux sociaux. Ne pas les encadrer, c’est laisser la démocratie sans défense », conclut-il.

Kenbe Kapòw : l’émergence d’un nouveau leadership haïtien au cœur des défis

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Par Gesly Sinvilier

Ni la pluie, ni la boue, ni l’état d’insalubrité de la ville n’auront suffi à freiner l’élan d’une jeunesse déterminée à changer le cours de son histoire. Ce dimanche, le collectif Kenbe Kapòw a tenu sa deuxième séance de travail avec une quarantaine de nouveaux membres venus des quatre coins du Nord et du Nord-Est. Une mobilisation qui témoigne d’un souffle nouveau dans la dynamique citoyenne haïtienne.

Sous un ciel gris et dans un environnement souvent décourageant, ces jeunes ont prouvé que le leadership du futur haïtien se construit dans la résilience. Pour eux, les difficultés ne sont plus des obstacles, mais des catalyseurs. « Nous ne voulons plus attendre que les conditions changent. Nous voulons être ceux qui les changent », confie un participant, symbole de cette génération prête à transformer l’indignation en action.

Le collectif Kenbe Kapòw, né de la volonté de promouvoir la transparence, la bonne gouvernance et la responsabilité citoyenne, s’impose progressivement comme un espace d’incubation de jeunes leaders ancrés dans la réalité du pays. Leur approche est pragmatique : agir malgré tout, apprendre en marchant, construire à partir des ruines.

Dans un contexte où les institutions peinent à inspirer confiance et où le découragement ronge la société, ces jeunes réinventent la notion de leadership. Il ne s’agit plus d’attendre des solutions venues d’en haut, mais de bâtir, à partir du terrain, des initiatives locales capables de redonner espoir.

Ce mouvement incarne une conviction forte : Haïti ne se relèvera pas sans une jeunesse consciente, unie et engagée. Kenbe Kapòw fait le pari de la formation, de la solidarité et de l’action concrète pour faire émerger une nouvelle génération de décideurs porteurs de valeurs.

Car, au-delà des discours, l’heure est désormais à l’action collective. L’action de ceux qui croient encore qu’un autre avenir est possible, même dans la tempête. Et si l’histoire d’un nouveau leadership haïtien commençait justement ici — dans la boue du Cap-Haïtien, portée par la foi inébranlable de ses jeunes ?

Santé : Le gouvernement renforce la riposte contre le choléra et les épidémies post-ouragan Melissa

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À l’occasion de la 28ᵉ édition des Mardis de la Nation, le gouvernement haïtien a fait le point sur la situation sanitaire alarmante survenue après le passage de l’ouragan Melissa. Placée sous le thème « Santé publique et gestion des urgences après le passage de l’ouragan Melissa », cette édition a mis en lumière les efforts et stratégies du ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) pour contenir la recrudescence du choléra et d’autres maladies infectieuses telles que la diarrhée, la typhoïde et le paludisme, notamment dans le Grand Sud et la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Une recrudescence maîtrisée mais préoccupante

Invité principal de cette séance du mardi 4 novembre 2025, le ministre de la Santé publique et de la Population, Dr Sinal Bertrand, a présenté un bilan actualisé de la situation épidémiologique :

« Depuis janvier, 2 900 cas de choléra ont été recensés, dont 20 décès communautaires et 7 décès institutionnels », a-t-il déclaré.

Le ministre a souligné que les équipes du MSPP restent pleinement mobilisées sur le terrain, en coordination avec les directions départementales, la DINEPA, le FAES et le MTPTC, afin d’endiguer la propagation du choléra et prévenir l’apparition de nouveaux foyers.

Selon le Dr Bertrand, les zones les plus touchées ces derniers temps se trouvent notamment dans la commune de Pétion-Ville, où une recrudescence de cas a été constatée, et dans le Sud, affecté par les conséquences de l’ouragan Melissa.

Des mesures d’urgence déjà en place

Le ministre a rappelé que le MSPP avait anticipé la crise en équipant les hôpitaux et les directions départementales avant le passage de l’ouragan, afin d’éviter le pire.
Les mesures prioritaires concernent notamment :

L’envoi d’aide d’urgence aux populations sinistrées du Grand Sud et la réhabilitation des infrastructures sanitaires endommagées ;

Des campagnes de prévention et de sensibilisation communautaire axées sur les règles d’hygiène, la consommation d’eau potable et la sécurité alimentaire ;

La poursuite des opérations d’assainissement, de fumigation et de dératisation dans plusieurs communes, particulièrement à Pétion-Ville. Plusieurs structures de traitement du choléra ont été installées pour renforcer la prise en charge des patients :

Médecins Sans Frontières (MSF) a ouvert un centre à Bristou ;

Le MSPP a mis en service un centre à Thomassin ;

Une nouvelle installation est en cours à Canapé-Vert.

Le ministre a confirmé que les 20 cas recensés à Petit-Goâve sont actuellement pris en charge et que tous les patients sont en vie. Toutefois, plusieurs hôpitaux tels que l’Hôpital Immaculée de Conception des Cayes, celui de Port-de-Paix et le Centre de santé de Paillant ont été affectés par la situation sanitaire.

Une tournée dans les zones à risque

Afin d’évaluer directement les besoins et soutenir les équipes locales, le Dr Sinal Bertrand a annoncé une visite de terrain dès le mercredi 5 novembre dans plusieurs localités : Petit-Goâve, Grand-Goâve, Miragoâne, les Nippes, une partie du Sud-Est et de la Grand’Anse.

Il a également reconnu une insuffisance d’intrants de désinfection, un défi majeur pour le contrôle des maladies hydriques, mais a assuré que le gouvernement travaille activement à combler ce manque grâce au soutien de ses partenaires.

Prévention et vaccination : miser sur la durabilité

En parallèle à la riposte contre le choléra, le MSPP met en œuvre une campagne nationale de vaccination contre le papillomavirus humain (HPV), destinée à prévenir le cancer du col de l’utérus chez les jeunes filles âgées de 9 à 14 ans.

« Nous allons intensifier la communication dans les médias pour sensibiliser les familles à l’importance du vaccin HPV », a affirmé le ministre Bertrand.

Une enveloppe de 85 millions de gourdes a été débloquée pour financer la formation du personnel médical, l’achat de vaccins et la campagne de sensibilisation dans tout le pays.

Des séances de vaccination ont déjà débuté dans certains camps de déplacés, signe que le gouvernement veut ancrer la prévention au cœur de sa politique sanitaire.

Un engagement gouvernemental réaffirmé

En cette 28ᵉ édition des Mardis de la Nation, la Primature a, pour sa part, réaffirmé son engagement à soutenir les familles touchées et à prévenir toute nouvelle propagation épidémique.

« Le gouvernement mettra tout en œuvre pour protéger la santé et la sécurité de la population haïtienne », peut-on lire dans le communiqué officiel publié sur les réseaux de la Primature.

La rédaction

Soudan: El-Fasher, le massacre des innocents sous le silence

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Par Jean Wesley Pierre

Soudan, 3 novembre 2025 — El-Fasher n’est plus une ville. C’est un charnier à ciel ouvert.
Une semaine après sa chute, le 26 octobre 2025, la capitale du Darfour du Nord s’est transformée en symbole d’un génocide filmé en direct, documenté par les satellites, mais ignoré par les chancelleries. Les Forces de soutien rapide (FSR), milice paramilitaire issue des tristement célèbres janjawids, ont pris possession de la ville après dix-huit mois de siège. Ce qui s’y déroule depuis défie l’imagination humaine : exécutions sommaires, viols collectifs, pillages, disparitions massives.

« Le sang est visible depuis l’espace », résume NBC News. Et pourtant, l’espace médiatique occidental, lui, reste étrangement vide.

Un massacre méthodique et documenté

Les témoignages concordent : les FSR ont ouvert le feu sur des civils en fuite, écrasé des familles sous des camions, abattu des enfants à bout portant.

« Sous mes yeux, un soldat a abattu mon fils et m’a ordonné de partir… », confie à Sudan Tribune Madiha Al-Tom Bashir, réfugiée à Tawila.

Le rapport du Yale Humanitarian Research Lab est accablant : absence de mouvement massif de population ( preuve que la majorité des civils sont morts ou capturés ), amas de corps observés par satellite, traces de sang progressivement effacées. Un effacement planifié, industriel.
À El-Fasher, les FSR n’ont pas seulement pris une ville ; elles ont tenté d’effacer un peuple.

Vingt ans après les massacres du Darfour, les mêmes milices, les mêmes crimes, la même impunité.
Mais cette fois, pas de cri d’indignation hollywoodien, pas de concert humanitaire, pas de “Save Darfur” sur les plateaux télé.

Le monde a la mémoire courte et la conscience sélective.
Le New York Times le rappelle : les FSR sont les descendants directs des milices arabes janjawids, responsables de la mort de 300 000 personnes dans les années 2000. À l’époque, la Cour pénale internationale (CPI) avait inculpé Omar el-Béchir pour génocide. Aujourd’hui, elle “enquête” encore.

Pendant ce temps, les mêmes forces paramilitaires sèment la mort, cette fois avec un soutien régional assumé : les Émirats arabes unis, selon nombreux experts locaux, puissants financiers de la milice, mais aussi alliés stratégiques de Washington et de Paris.
L’hypocrisie internationale n’a jamais été aussi nue.

Après El-Fasher, c’est au tour du Kordofan d’être englouti par la guerre.
L’ONU alerte : plus de 36 000 civils ont fui en une semaine, tandis que la famine s’étend.
Les villes de Bara, Um Rawaba, Kadugli deviennent les nouveaux théâtres d’exécutions, de bombardements et d’enlèvements.

Les femmes, en particulier, sont “délibérément prises pour cibles”, selon un rapport conjoint d’OCHA et d’ONU Femmes.
Violées, enlevées, réduites en esclavage sexuel, certaines sont relâchées après des mois de détention, souvent enceintes. D’autres meurent en captivité.

Médecins sans frontières ( MSF ) confirme : 56 % des victimes de violences sexuelles au Darfour du Sud ont été agressées par des hommes en uniforme.
Le système de santé, déjà à l’agonie, s’effondre. Les survivantes n’ont ni soins, ni justice.

L’indifférence comme arme

Le silence est devenu la complicité du XXIᵉ siècle.
Alors que les massacres s’étalent sur les réseaux sociaux, aucune capitale occidentale n’a imposé de sanctions sérieuses ni d’embargo sur les armes.
Pas même une résolution claire du Conseil de sécurité.

Les négociations menées par les États-Unis, l’Égypte, l’Arabie saoudite et les Émirats sont dans l’impasse parce que ces mêmes puissances sont à la fois juges et parties, fournisseurs d’armes et bailleurs de guerre.
La France, partenaire stratégique d’Abou Dhabi, se tait.
L’Union africaine reste impuissante.
Et les médias, absorbés par Gaza ou l’Ukraine, relèguent le Soudan au bas du fil d’actualité comme si la hiérarchie des morts dépendait de la géographie.

“Free Sudan” : les rares voix qui s’élèvent

Quelques rares figures politiques et culturelles tentent de rompre le mur du silence.

La députée française Nadège Abomangoli a tweeté :

« Depuis deux ans, la guerre plonge le Soudan dans l’une des pires crises humanitaires du monde : 13 millions de déplacés, la moitié de la population affamée. #FreeSoudan »

Le rappeur La Fouine a joint sa voix à celle des peuples opprimés :

« Une pensée à tous les peuples opprimés 🤍 #FreeCongo #FreePalestine #FreeSoudan #FreeLiban »

Et la vice-présidente de l’Assemblée nationale Clémence Guetté appelle à
« un cessez-le-feu immédiat, un embargo sur les armes, et l’ouverture humanitaire sans condition. »

Mais ces voix demeurent isolées face à un système international saturé de cynisme.

El-Fasher n’est pas un simple drame humanitaire.
C’est un crime de masse, un nettoyage ethnique, une faillite morale de la communauté internationale.

Le monde a promis “Plus jamais ça” après le Rwanda, après Srebrenica, après le premier Darfour.

Et pourtant, les flammes reviennent, les femmes sont violées, les villages rasés, les enfants exécutés.
Ce ne sont plus les satellites qui devraient témoigner, mais les consciences.

À El-Fasher, le sang est visible depuis l’espace.
Mais il devrait surtout l’être dans nos yeux, nos rues, nos voix.
Car l’histoire jugera moins les bourreaux que ceux qui ont regardé ailleurs.

Sanctions américaines: le président colombien Gustavo Petro privé de son salaire

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BOGOTA, Colombie.– Les sanctions imposées par les États-Unis contre le président colombien Gustavo Petro commencent à produire des effets concrets au plus haut niveau de l’État. Selon son avocat, Me Daniel Kovalik, le chef de l’État se trouve désormais dans l’incapacité de percevoir son propre salaire, en raison du gel de ses comptes bancaires et de ses moyens de paiement.

Cette situation découle de l’inscription de Gustavo Petro et de plusieurs membres de son entourage sur la liste Clinton, un registre du département du Trésor américain répertoriant les individus et entités soupçonnés d’entretenir des liens financiers avec le narcotrafic. L’administration américaine reproche notamment au président colombien de ne pas agir suffisamment contre les réseaux de drogue dans son pays.

Un système bancaire paralysé par la pression américaine

En Colombie, une grande partie des transactions bancaires transitent par des systèmes de compensation contrôlés ou validés par des institutions américaines. L’inscription de Petro sur cette liste noire a donc eu un effet immédiat: comptes bancaires gelés, cartes de crédit désactivées, transactions bloquées, même pour le versement de son traitement présidentiel.

«Même être payé en tant que fonctionnaire est désormais difficile», a affirmé son avocat, Me Kovalik, précisant que les sanctions ne touchent pas seulement le président. Son épouse, l’un de ses fils et le ministre de l’Intérieur figurent également sur la liste OFAC, ce qui entraîne le gel de leurs avoirs et l’interdiction de transactions avec toute entité en lien avec les États-Unis.

Un incident diplomatique aux conséquences immédiates

Les effets de ces mesures dépassent la sphère financière. Il y a quelques jours, l’avion présidentiel colombien s’est vu refuser un ravitaillement en Espagne, en raison des restrictions imposées aux appareils associés à des personnalités sanctionnées par Washington.

Pour l’entourage de Gustavo Petro, ces sanctions ont une dimension politique. Elles seraient le signe d’un avertissement adressé par l’administration du président américain Donald Trump aux dirigeants latino-américains qui contesteraient la politique étrangère de Washington.

Une bataille juridique longue et compliquée

Me Daniel Kovalik a annoncé son intention de contester les sanctions, à la fois devant les tribunaux américains et auprès du département du Trésor. Mais il prévient: «Cela va être un processus très long».

L’avocat n’écarte pas non plus une saisine d’instances juridiques colombiennes ou internationales. Toutefois, il reconnaît les limites de ces démarches. «Soyons réalistes: les États-Unis ne répondent à personne», a-t-il déclaré.

«Gustavo Petro est innocent. Je le connais depuis vingt ans. Il a combattu les cartels tout au long de sa carrière politique. La vérité finira par triompher», a-t-il soutenu.

Cette affaire soulève désormais une question plus large: que se passe-t-il lorsqu’un président en exercice se retrouve privé d’accès au système financier international?

Si la situation devait perdurer, elle pourrait créer un précédent diplomatique majeur en Amérique latine et affecter lourdement les relations déjà sensibles entre Bogotá et Washington.

Jean Mapou

États-Unis: des millions d’Américains privés d’aide alimentaire en raison de la paralysie budgétaire

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WASHINGTON.– La paralysie budgétaire qui bloque l’administration fédérale depuis plus d’un mois commence à peser lourd sur les familles les plus précaires. Depuis samedi, des millions d’Américains dépendant du programme fédéral SNAP (Supplemental Nutrition Assistance Program), équivalent des bons alimentaires, se retrouvent sans aide pour se nourrir, malgré une décision de justice ordonnant le maintien du dispositif.

Parmi eux, Eric Dunham, 36 ans, père de deux enfants et en situation de handicap, qui confie se retrouver dans une impasse totale. «Si je ne reçois pas mes bons alimentaires, je ne peux pas manger», a-t-il affirmé.

Après avoir payé la pension alimentaire mensuelle due pour ses enfants, Eric ne dispose plus que de 24 dollars pour vivre. Un de ces jours, il a pu déjeuner uniquement grâce aux dons d’un restaurant de Houston, au Texas.

Le shutdown et son impact social brutal

Le blocage budgétaire, conséquence d’un affrontement politique à Washington, paralyse de nombreux services publics. La suspension du programme SNAP a immédiatement touché 42 millions d’Américains, dont 425 000 foyers rien que dans la région de Houston, selon la banque alimentaire locale.

«Aujourd’hui, le programme d’aide SNAP a été suspendu, ce qui est sans précédent dans l’histoire des États-Unis», alerte Brian Greene, président de la Houston Food Bank. «Même avec la décision du juge, il faudra plusieurs jours pour que ça redémarre», a-t-il poursuivi.

Dans les rues du sud de Houston, des files de voitures s’étirent sur plusieurs kilomètres autour d’un stade où des bénévoles chargent des aliments de base dans les coffres: fruits, conserves, riz, pâtes, etc.

Un impact économique et administratif plus large

La crise ne se limite pas à l’aide alimentaire: des centaines de milliers de fonctionnaires ont été placés en congé forcé. Des parcs nationaux sont fermés. Des retards et perturbations sont observés dans les aéroports.

Cette paralysie met en lumière la fragilité du système de protection sociale américain, où de nombreux citoyens dépendent de programmes fédéraux pour répondre à des besoins essentiels.

Le président Donald Trump s’est engagé à continuer à financer l’aide alimentaire, mais l’administration peine à trouver une solution d’urgence. Les discussions au Congrès restent bloquées, et aucune date de déblocage n’est annoncée.

En attendant, des millions de foyers comme celui de Sandra Guzmán, mère de deux enfants, vivent dans l’angoisse: «J’ai fait la demande la semaine dernière. Rien. Je ne sais pas comment nourrir mes enfants demain», a-t-elle lâché.

La crise révèle un paradoxe: la première puissance économique mondiale compte des dizaines de millions de ménages dépendant d’un programme alimentaire pour se nourrir quotidiennement. Alors que tant que le blocage politique perdurera, l’incertitude et la faim continueront de s’étendre.

Jean Mapou

NOULHA salue la publication du projet de décret électoral et appelle à un climat sécuritaire propice aux élections

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Le Parti politique Nouvelle Orientation Unifiée pour Libérer Haïti (NOULHA) se félicite de la publication du projet de décret électoral, tout en insistant sur la nécessité de rétablir la sécurité et de favoriser un dialogue national inclusif pour garantir des élections libres et crédibles.

Le Comité exécutif du parti politique Nouvelle Orientation Unifiée pour Libérer Haïti (NOULHA) a annoncé, dans une note, qu’il prend acte de la publication du projet de décret électoral ce vendredi 31 octobre 2025 appelé à encadrer les prochaines élections en Haïti. Pour le parti, cette initiative constitue « un pas important dans la démarche devant conduire le pays vers la tenue d’élections démocratiques libres, inclusives et crédibles, indispensables au retour à la normalité constitutionnelle ».

Toutefois, NOULHA estime que la réussite de ce processus dépend en grande partie de la restauration d’un climat sécuritaire sur tout le territoire. Le parti appelle ainsi le gouvernement à « tout mettre en œuvre pour rétablir la sécurité nationale » et exhorte les Nations Unies à « accélérer le déploiement de la force multinationale chargée de réprimer les gangs armés ». Selon la formation politique, seule une amélioration tangible de la situation sécuritaire permettra l’organisation d’élections sans violence ni intimidation.

Par ailleurs, le parti dirigé par Me Box Volvick, M. Makinson Fénelus et Mme Fignola Misène invite le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) ainsi que les acteurs nationaux et internationaux de bonne volonté à maintenir le dialogue avec les différentes forces vives de la Nation. NOULHA plaide pour un consensus national solide autour du processus électoral, estimant que « le pays ne peut se permettre de s’enliser davantage dans une crise politique sans fin ».

« Le pays et la communauté internationale ont besoin d’interlocuteurs légitimes », conclut la note, soulignant la volonté du parti de contribuer à la reconstruction démocratique et institutionnelle d’Haïti.

La rédaction

Internet a-t-il tué la démocratie ?

Par Josué Sénat
Politologue

Présenté d’abord comme un outil de participation citoyenne et de liberté d’expression, Internet est aujourd’hui pointé du doigt pour fragiliser la démocratie qu’il était censé renforcer. Désinformation, bulles de filtre, affaiblissement du débat public… le numérique soulève une question cruciale : a-t-il véritablement libéré la parole ou érodé les fondements du vivre-ensemble démocratique ?

Brice Couturier, essayiste et journaliste français, s’est interrogé : Internet est-il bon ou mauvais pour la démocratie ? Dans sa réflexion intitulée « La démocratie malade des réseaux sociaux », il revient sur l’ambivalence de cette technologie qui, tout en ayant contribué à la vitalisation démocratique, semble aujourd’hui la fragiliser.

Au lendemain du « printemps arabe », Internet apparaissait comme une véritable technologie de la libération, selon l’expression de Larry Diamond. En Tunisie, en Égypte ou encore en Libye, les jeunes manifestants avaient su tirer parti du numérique pour contourner la censure et mobiliser les masses autour d’un idéal de dignité et de justice. À cette époque, les réseaux sociaux semblaient incarner le triomphe de la liberté d’expression et l’avènement d’une démocratie participative à l’échelle planétaire.

Or, une décennie plus tard, la poussière est retombée. Les mêmes plateformes qui avaient permis de renverser des pouvoirs autoritaires sont devenues, pour reprendre le mot de Yascha Mounk, les instruments de la « déconsolidation démocratique », c’est-à-dire du recul de la confiance dans les institutions et de la montée des comportements illibéraux. Le chercheur a mené des recherches dans plusieurs démocraties occidentales d’ailleurs pour étayer sa thèse.

Internet, devenu la principale source d’information pour une majorité d’individus, s’impose désormais comme l’espace de socialisation politique par excellence. Mais il enferme aussi ses utilisateurs dans des bulles cognitives, façonnées par des algorithmes qui personnalisent leurs recherches et filtrent leurs contenus.

Eli Pariser, ancien stratège de la campagne d’Obama, a été parmi les premiers à alerter sur ce phénomène avec le concept de « bulle de filtre ». L’idée, reprise par Nicholas Negroponte (fondateur du média Lab du MIT) sous le terme de Daily Me, est que chacun se trouve désormais exposé à un « journal sur mesure », qui ne fait que confirmer ses préférences et renforcer ses convictions. Le citoyen se coupe ainsi du monde commun, pour reprendre la formule d’Hannah Arendt, cet espace partagé où les faits, même discutés, restent reconnus par tous.

Dans ce contexte, la disparition des intermédiaires traditionnels de l’information, ces gatekeepers qui garantissaient un certain degré de vérification, a profondément transformé le rapport à la vérité. Chacun peut devenir producteur de contenu, commentateur, voire diffuseur de rumeurs. Les recherches ont montré que les fake news circulent plus vite et plus largement que les informations vérifiées, et qu’elles réapparaissent même après avoir été démenties. Ainsi, Internet s’impose comme une arme à double tranchant, il démocratise la parole, mais favorise la désinformation, la polarisation de l’opinion et la défiance généralisée.

Dans nos sociétés contemporaines, un simple compte sur les réseaux suffit à faire de n’importe quel individu un média à part entière. Cette mutation, si elle témoigne d’un élargissement sans précédent de la sphère publique, n’est pas sans danger pour la démocratie. Comme le rappelait Jürgen Habermas, la qualité du débat public dépend de l’existence d’un espace de discussion fondé sur des sources crédibles et sur une rationalité partagée. Le relativisme informationnel, cette idée que « chacun a sa vérité », mine les conditions mêmes du débat démocratique.

Face à ces dérives, plusieurs États cherchent à encadrer les plateformes numériques, à lutter contre la désinformation ou à réguler l’usage des intelligences artificielles génératives qui brouillent encore davantage la frontière entre le vrai et le faux. La tâche est complexe : il faut préserver la liberté d’expression sans livrer la démocratie aux logiques opaques des algorithmes ni à la manipulation de l’information par des médias au service d’intérêts privés.

Car, pour fonctionner, une démocratie a besoin de citoyens informés par des sources fiables, d’un espace commun de discussion, et d’un sens du bien public. Internet n’a pas tué la démocratie, mais il l’a rendue plus vulnérable, plus fragmentée et a favorisé la polarisation de l’opinion qui peut facilement amené à la radicalisation. Le dêmos peut, et doit continuer de contrôler le kratos, mais sans fragiliser les fondements mêmes de la démocratie. L’Internet et les nouveaux médias peuvent encadrer le débat et renforcer la vitalité de la démocratie sans glisser dans la manipulation de l’opinion.

Josué Sénat, Politologue

La ACFEL appelle les autorités à ne pas faire de la politique avec les aides destinées aux victimes

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À travers une note publiée le Vendredi 31 octobre 2025, l’association culturelle des femmes en lutte lance une mise en garde à toute autorité locale ou nationale désirant faire de la politique avec les aides destinées aux victimes de l’ouragan Mélissa. «L’heure n’est pas à la politique», peut-on lire dans la note de l’organisation.

Contactée par notre rédaction suite à la publication de la note, la coordinatrice de cette structure Costarica Louis rappelle que de nombreux cas dans le passé où les principales victimes ne sont jamais touchées par les aides. Elle a pris l’exemple du cyclone Mathieu dans le sud, le tremblement de terre de 2021, entre autres. « Dans la majorité des cas, les supports destinés aux familles sont détournés». Ce qui plonge indéfiniment les victimes dans la précarité.

« L’heure n’est pas au gaspillage ni à la politique. Elle est à la solidarité», a-t-elle lancé. Que les aides se dirigent vers ceux qui en ont besoin. Pas de particulier ».

Mme Louis en a profité pour attirer l’attention des autorités sur la situation de nombreux membres de l’organisation victimes de l’ouragan. «La plupart sont réfugiés dans des écoles, sans eau, sans nourriture. »

Tout en présentant ses sympathies aux victimes, la ACFEL demande au gouvernement et au CPT d’agir vite en faveur des sinistrés de l’ouragan. Il y a des familles qui ont tout perdu. Des têtes de bétail emportés, des Jardins détruits etc.

L’association culturelle des femmes en lutte rappelle que les paysans vivent de l’agriculture et de l’élevage. « En ce sens, le ministère de l’agriculture, des affaires sociales doivent agir », a lancé la coordinatrice.

Gedeon Delva

Le MCFDF indigné face au viol d’une mineure au commissariat de St Marc

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Au cours de la semaine dernière, une jeune fille gardée à vue au commissariat de St Marc a été violée par un agent de la police nationale. Ce dernier, selon toute information, répond au nom de Aly sévère. Cet acte soulève profondément l’indignation de plusieurs institutions notamment le ministère à la condition féminine et aux droits des femmes.

Dans un communiqué rendu public ce dimanche 2 novembre 2025, le MCFDF condamne fermement cet acte. «Le Ministère réprouve avec la plus grande fermeté cet acte d’une gravité extrême, d’autant plus qu’il émane d’un fonctionnaire public investi du devoir de protéger et servir», s’insurge le communiqué.

«Le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF) exprime sa profonde indignation après avoir appris qu’une jeune fille de 16 ans, gardée à vue au Commissariat de Saint-Marc a été victime de viol par Sévère ALY, un agent de la Police Nationale d’Haïti (PNH) affecté audit Commissariat», a poursuivi la note.

Le MCFDF exhorte les autorités compétentes, notamment la PNH et le Ministère de la Justice, à adopter sans délai toutes les mesures administratives et judiciaires nécessaires pour que l’agresseur soit puni conformément au Décret du 6 juillet 2005 relatif aux agressions sexuelles.

Dans ce communiqué portant la signature Pedrica Saint-Jean, le ministère rappelle certains engagements nationaux et internationaux pris par l’Etat haïtien pour éradiquer ce fléau, tels que : CEDEF (1981) et Belém do Para (1996), respectivement Convention pour l’Elimination de toutes les formes de Discriminations à l’égard des Femmes et Convention interaméricaine pour la Prévention, la Sanction et l’Elimination de la violence contre la femme.

Le MCFDF en a profité pour réaffirmer sa détermination à poursuivre, sans relâche, la lutte contre toutes les formes de violences exercées à l’encontre des femmes et des filles, afin de construire une société réellement juste où leurs droits sont pleinement respectés et défendus.

Gedeon Delva