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États-Unis: l’administration Trump suspend des milliers de vols en raison de la paralysie

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ÉTATS-UNIS.— la paralysie budgétaire qui dure depuis plus d’un mois commence à affecter gravement le transport aérien. Le gouvernement a annoncé, mercredi, la réduction de 10% du trafic dans 40 des aéroports les plus fréquentés du pays, en raison du manque de contrôleurs aériens, dont beaucoup ne sont plus payés depuis le début du shutdown.

«Il nous manque 2 000 aiguilleurs du ciel», a déclaré le secrétaire aux transports, Sean Duffy, demandant aux compagnies aériennes de supprimer des milliers de vols à partir de vendredi. Faute d’accord au Congrès sur le budget fédéral, le pays est entré dans son 36ᵉ jour consécutif de blocage, un record historique.

Plus de 60,000 contrôleurs aériens et agents de sécurité sont contraints de travailler sans salaire. Une partie d’entre eux ne se présente désormais plus à leur poste, fragilisant la capacité du système aérien à assurer la sécurité du trafic.

Le directeur de l’Agence fédérale de l’aviation (FAA), Bryan Bedford, a assuré que la situation restait extrêmement sûre, tout en reconnaissant une situation très inhabituelle. En moyenne, la FAA supervise 44 000 vols par jour; l’annulation de 10 % d’entre eux représente plus de 4 000 vols supprimés quotidiennement.

Si la crise se poursuit, de nouvelles réductions de trafic pourraient être imposées, prévient la FAA. Pendant ce temps, des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux restent sans rémunération, invitant une pression politique croissante pour mettre fin au shutdown.

Jean Mapou

Entre contrôle des pouvoirs publics et ciblage politique, le MJSAC dans le collimateur de l’ULCC

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PORT-AU-PRINCE.– L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a lancé récemment une série d’auditions et de vérifications concernant la gestion des fonds alloués à la commémoration de la fête du drapeau du 18 mai par le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC). Cette démarche, visant officiellement à garantir la transparence dans l’utilisation des ressources publiques, fait l’objet de vives discussions et de controverses.

Au centre des interrogations: les dépenses liées à la logistique, à la décoration et à la production de matériels symboliques pour les festivités.

Si le MJSAC affirme avoir agi dans le cadre légal et administratif prévu, certains acteurs politiques et observateurs y voient une tentative de mise en accusation ciblée de la ministre Sarah Lyn Niola Dévalis Octavius, en poste douze mois.

Un contrôle jugé sélectif

De l’avis de plusieurs analystes d’autres ministères et institutions ayant également mobilisé des montants importants pour des activités publiques n’ont pas, pour l’instant, fait l’objet d’un niveau similaire d’investigations. Cette perception d’enquête sélective alimente l’idée d’un ciblage politique, dans un contexte institutionnel déjà marqué par des rivalités internes au sein de l’administration publique.

Interrogée sur ces critiques, l’ULCC maintient qu’elle ne fait que remplir son mandat légal de vérification, conformément aux normes de gestion des fonds publics. «La lutte contre la corruption n’est pas optionnelle, elle est permanente», a déclaré un cadre de l’institution, sous couvert d’anonymat.

Des constats sur le terrain pour contrebalancer

Parallèlement aux auditions, plusieurs journalistes indépendants ont mené des enquêtes auprès des entreprises mentionnées dans les documents administratifs, Selon leurs observations, les établissements prestataires cités existent bel et bien, notamment PR Production, qui a été contracté pour la confection de costumes de danses, de drapeaux e autres décoratifs. Ils ont effectivement fourni des produits tels que drapeaux, banderoles, maillots et autres accessoires utilisés lors des célébrations du 18 mai.

Des pièces justificatives, pro-forma, bons de livraison, rapports, factures et reçus de paiement, auraient également été consultées. Les dates et les montants s’accorderaient avec les données soumises à l’ULCC, suggérant que les dépenses ne seraient pas de simples écritures fictives.

Cependant, la validation de la conformité des procédures d’attribution et de passation de marchés reste en cours. L’enquête n’a, jusqu’à présent, débouché sur aucune conclusion définitive.

Entre transparence et tensions institutionnelles

L’affaire met en lumière la difficulté récurrente à mener une lutte anticorruption perçue comme impartiale en Haïti, dans un environnement politique marqué par la méfiance, les rivalités et la fragmentation. Pour certains acteurs, l’issue de cette affaire pourrait servir de test quant à la capacité des institutions à travailler à distance des influences politiques.

La ministre Sarah Lyn Niola Dévalis Octavius se retrouve ainsi sous les projecteurs, entre nécessité de défendre sa gestion administrative et risque de devenir la cible d’un acharnement partisan.

*Une affaire encore ouverte

Aucune décision finale n’a encore été rendue publique. L’ULCC poursuit ses analyses, et de nouvelles vérifications pourraient être annoncées dans les prochains jours.

En attendant, le dossier continue d’alimenter les débats autour de la transparence, de la responsabilité et de l’équité dans l’usage des fonds publics, également concernant les possibilités d’une instrumentalisation de l’ULCC à un moment où la confiance envers les institutions demeure fragile.

Jean Mapou

La PAPDA ouvre ses portes pour célébrer ses 30 ans d’existence

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Le vendredi 7 novembre 2025 marque le 30e anniversaire de la plateforme haïtienne de plaidoyer pour le développement alternative(PAPDA). En cette occasion, plusieurs activités ont été organisées: exposition, conférences debats, expositions de livres et photos, entres autres.

Intervenant lors des échanges, le directeur exécutif de la PAPDA Camille Charlemers, d’entre de jeu, a retracé l’histoire de cette plateforme née du combat populaire, le chemin qu’elle a parcouru et la philosophie de cette structure de combat politique, née de la lutte populaire», a rappelé Charlmers.

« La PAPDA a été créée pour combattre les inégalités sociales. Sa finalité : Aider à la formulation et à la mise en oeuvre d’un plan de développement national, axé sur la participation des secteurs marginalisés et opprimés de la société et répondant prioritairement à leurs aspirations fondamentales», a souligné l’économiste Charlmers.

Le professeur a également salué l’engagement des différentes organisations locales soutenant le combat pour la résistance et la construction alternative populaire et ainsi que les partenaires.

Par ailleurs, l’économiste Chalmers a dénoncé l’hégémonie des forces impérialistes qui, dit-il, veulent à tout prix anéantir la lutte populaire notamment avec la répression des gangs armés. Il appelle ainsi les Haïtiens à la résistance.

Fondée le 7 novembre 1995, la Plateforme Haïtienne de Plaidoyer pour un Développement Alternatif (PAPDA) est une coalition réunissant des organisations et des réseaux de divers types qui rejettent le diagnostic, les politiques et les recettes épuisées de ceux qui se prennent pour les maîtres du monde.

Les organisations membres de la plateforme travaillent sans relâche avec les sujets du mouvement populaire haïtien à l’émergence et à la consolidation d’alternatives économiques populaires susceptibles de mettre fin à l’apartheid socio-économique et culturel qui caractérise notre société.

Gedeon Delva

Le Commissaire Municipal Garry Desrosiers, nouveau porte-parole PNH, fait le bilan des opérations

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PORT-AU-PRINCE.— La Police Nationale d’Haïti a présenté, ce jeudi, une conférence de presse pour les dernières décisions de l’institution. Le Commissaire Municipal, Garry Desrosiers, est redevenu porte-parole. À ce titre, c’est lui qui officie en ce jour, en détaillant les interventions réalisées sur l’ensemble du territoire entre le 1er octobre et le 6 novembre 2025. Au cours de cette période, 125 individus ont été appréhendés pour des actes criminels variés, a indiqué le porte-parole de l’institution, le Commissaire Municipal Garry Desrosiers.

Parmi les personnes interpellées figurent des individus impliqués dans des cas de vol, de viol, ainsi que dans d’autres infractions graves liées à la criminalité organisée. Des échanges de tirs entre les forces de l’ordre et des membres de gangs armés ont également été signalés, certains suspects ayant été mortellement atteints lors de ces opérations.

La police a, par ailleurs, saisi plus d’une dizaine d’armes à feu, plusieurs centaines de cartouches ainsi que neuf véhicules utilisés par des malfaiteurs. La Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) a, pour sa part, récupéré un montant de 5,7 millions de gourdes en espèces, en plus d’un ensemble de matériels appartenant à un réseau criminel, incluant sept ordinateurs portables, trois tablettes électroniques et six téléphones mobiles.

Le bilan de la PNH fait aussi état, durant la période considérée, de sept cas de suicides, six cas de viol sur mineures et quatre accidents de la route. Ces incidents témoignent, selon la police, de la persistance de multiples défis sécuritaires et sociaux dans le pays.

Parallèlement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, notamment à Delmas, plusieurs cas d’enlèvements ont été signalés. La PNH appelle la population à la vigilance et encourage une collaboration plus étroite avec les autorités afin de contrer la recrudescence de ces actes.

En marge de la présentation du bilan, le porte-parole a également annoncé la remise d’un lot de matériel par l’Ambassade du Canada en Haïti. Cette dotation vise à renforcer la capacité opérationnelle de la police et s’inscrit dans le cadre d’un partenariat bilatéral soutenant les efforts du pays en matière de sécurité publique.

«Ces résultats traduisent la détermination de la PNH à poursuivre, sans relâche, sa mission de protection et de sécurisation de la population», a déclaré le commissaire Garry Desrosiers le nouveau porte-parole.

Jean Mapou

Haïti: Nouvelle feuille de route de l’OEA, Albert Ramdin appelle la communauté internationale à une action immédiate

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WASHINGTON.— L’Organisation des États américains (OEA) a dévoilé, mercredi 5 novembre 2025, la troisième version de sa feuille de route pour la stabilité et la paix en Haïti. Présentant le document devant le Conseil permanent, le secrétaire général, Albert Ramdin, a exhorté les États membres à transformer leurs engagements en initiatives concrètes, au regard d’une situation sécuritaire jugée alarmante.

«Le temps presse», a-t-il déclaré, appelant à une mobilisation régionale et internationale rapide afin de répondre à la crise multidimensionnelle qui secoue le pays. Selon lui, seul un soutien coordonné et effectif permettra d’offrir « des solutions immédiates et durables aux souffrances du peuple haïtien ».

Une feuille de route aligné sur les résolutions de l’ONU

Cette nouvelle version de la feuille de route met l’accent sur la coordination stratégique entre l’OEA, les institutions haïtiennes et les partenaires internationaux. Elle s’inscrit en cohérence avec la résolution 2793 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 30 septembre 2025, qui préconise le déploiement de la Force de répression des gangs (FRG). Celle-ci succédera à la Mission multinationale d’appui à la sécurité (MMAS) et travaillera en étroite collaboration avec le Bureau d’appui des Nations unies pour Haïti (BANU-Haïti).

Dans ce cadre, l’OEA assumera un rôle opérationnel accru, notamment dans la planification, la logistique et la supervision conjointe des opérations avec la Police nationale d’Haïti (PNH), ainsi que dans la gestion de données sensibles.

Une mesure spécifique prévoit également une coordination renforcée entre l’OEA, la CARICOM et l’ONU afin d’éviter tout vide institutionnel, notamment en cas d’expiration du mandat du Conseil présidentiel de transition sans remplacement.

Cinq piliers pour guider l’intervention

La feuille de route repose sur cinq objectifs prioritaires :

  1. Rétablir la sécurité et réprimer les gangs armés
  2. Encourager le consensus politique et la stabilité institutionnelle
  3. Relancer le processus électoral
  4. Renforcer la réponse humanitaire et la protection des civils
  5. Favoriser la relance économique et le développement durable

Pour en assurer la mise en œuvre, un tableau de bord de suivi sera instauré, accompagné de mécanismes de coordination tels que:
un groupe mixte de coordination (MGC) rassemblant OEA, ONU, CARICOM et autorités haïtiennes;
un groupe d’amis d’Haïti;
un groupe interministériel;
et la désignation prochaine d’un représentant spécial de l’OEA chargé de suivre les engagements sur le terrain.

Priorité au déploiement de la FRG

Albert Ramdin a insisté sur l’urgence de renforcer les capacités sécuritaires, rappelant que «les gangs opèrent en toute impunité dans plusieurs zones du pays». D’après les chiffres publiés par l’ONU en juillet 2025, plus de 3 000 personnes ont été tuées depuis le début de l’année dans des violences liées aux groupes armés.

Les discussions en cours portent notamment sur le lancement opérationnel de la FRG; le dialogue politique post-février 2026; et l’élaboration du calendrier électoral. Une réunion virtuelle des partenaires internationaux est prévue le 12 novembre pour évaluer les contributions annoncées et coordonner les actions.

Un appel à une solidarité régionale renforcée

L’OEA encourage les États membres à soumettre des candidatures pour le poste de représentant spécial du Fonds mondial de sécurité, tout en augmentant leur participation financière au programme Secure-Haïti, destiné à soutenir la PNH.

«Chaque jour compte», a rappelé Albert Ramdin, insistant sur l’importance de la solidarité régionale et de l’engagement politique continu pour ouvrir la voie à un redressement durable en Haïti.

Jean Mapou

BOUKMAN OU LES CADAVRES DES IMMORTELS

En hommage à Dutty Boukman

7 novembre 1791 – 7 novembre 2025 (234 ans après)

Par Evans Paul

L’histoire d’Haïti, mémoire de grandeur et de sacrifice

L’histoire d’Haïti est marquée par des êtres d’exception dont la mort n’a pas effacé la grandeur, mais l’a consacrée. Ces âmes ardentes, vouées à la liberté, ont laissé derrière elles des corps suppliciés devenus des symboles — des semences d’espoir pour la dignité humaine et la souveraineté nationale.

Le corps de Boukman, livré en spectacle

Le 7 novembre 1791, il y a 234 ans, les colons français, terrifiés par la révolte antiraciste, anticolonialiste et antiesclavagiste qui embrasait Saint-Domingue — devenue Haïti le 1ᵉʳ janvier 1804 — exposèrent publiquement au Cap-Français le corps mutilé de Dutty Boukman, leader du congrès du Bois Caïman.

Ils croyaient éteindre la flamme qu’il avait allumée. Mais en exhibant son cadavre, ils consacrèrent malgré eux la figure du martyr fondateur des droits humains.

Son sang, versé dans le combat pour la liberté, se mêla à celui d’autres ancêtres et nourrit la première étincelle de la Révolution haïtienne (1791–1804) — la plus éclatante conquête de dignité de l’histoire moderne.

Mackandal, le précurseur

Avant Boukman, un autre insurgé, François Mackandal, s’était dressé contre le joug de l’esclavage. Brûlé vif en 1758 sur la place publique du Cap-Français, il incarna la première flamme de l’insoumission.

On raconte que ses chaînes se brisèrent dans les flammes et que son âme s’envola, portée par les cris d’espérance des esclaves. Là encore, le supplice ne détruisit pas la révolte : il la propagea. Le feu qui consuma le corps de Mackandal devint la braise ardente de Boukman.

Charlemagne Péralte, crucifié pour la patrie

Près d’un siècle et demi plus tard, le 31 octobre 1919, l’occupant américain abattit Charlemagne Masséna Péralte, chef de la résistance nationale haïtienne.
Son corps fut attaché à une porte, photographié et affiché dans les rues du Cap-Haïtien — ancien Cap-Français — pour intimider la population.

Mais ce geste sacrilège transforma Charlemagne Péralte en Christ national, figure rédemptrice d’une patrie crucifiée. Comme Boukman et Mackandal avant lui, il entra à son tour dans la légende des immortels.

Numa et Drouin, la jeunesse sacrifiée et immortalisée

Le 12 novembre 1964, deux jeunes patriotes haïtiens, Marcel Numa et Louis Drouin, furent fusillés devant le cimetière de Port-au-Prince pour avoir défié la dictature duvaliériste. Leurs corps tombèrent sous les balles, mais leurs regards restèrent ouverts sur l’avenir d’un pays qu’ils rêvaient libre et juste.

Leur mort rappelle que les générations changent, mais que la dignité humaine demeure une valeur inaltérable — tout comme l’idéal du Bien Commun, prôné aujourd’hui par le Centre ABC – Atizan Bon Chanjman, reste une constante de la conscience haïtienne.

Synthèse : les grands ne meurent pas

Depuis le Bois Caïman jusqu’à nos jours, l’histoire d’Haïti montre que les bourreaux ont souvent cru tuer la liberté en exposant les corps de ceux qui la portaient. Pourtant, chaque fois, les cadavres des immortels se sont relevés dans la mémoire du peuple, plus vivants encore, tandis que leurs assassins s’effaçaient dans le déshonneur et l’oubli.

Ces corps martyrisés, loin de marquer la fin d’une existence, ont forgé un chemin de lumière, scellant la naissance d’un mythe et d’une idée : celle de la liberté, de la dignité et du refus de l’inacceptable.

Evans Paul, Ancien Premier Ministre

CENTRE ABC – ATIZAN BON CHANJMAN

Coupe du Monde U-17 : L’Angleterre humilie Haïti (8-1), les Petits Grenadiers quittent la compétition

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Au terme d’un match totalement à sens unique, la sélection haïtienne U-17 a subi une véritable correction face à l’Angleterre (8-1), ce vendredi, à Doha. Cette lourde défaite, la deuxième en deux sorties, condamne les Petits Grenadiers à une élimination prématurée de la Coupe du Monde U-17 Qatar 2025, avant même leur dernier match contre le Venezuela.

Rien n’aura souri aux jeunes haïtiens dans ce tournoi mondial. Après la débâcle face à l’Égypte (1-4) lors du premier match, la sélection dirigée par Eddy César a sombré face à une redoutable équipe anglaise, dominatrice du début à la fin.

Dès la première minute, Williams-Barnett ouvrait le bal pour les Lionceaux. Le cauchemar continuait avec un penalty transformé à la 14e minute (2-0). Mais, une lueur d’espoir surgissait à la 18e minute, lorsque Franco Célestin, de la tête, réduisait le score sur un centre parfait de Zamora Médinel. Une joie malheureusement de courte durée, puisque Walsh remettait les Anglais à l’abri dès la 21e minute (3-1).

La seconde période fut un véritable naufrage pour les jeunes Grenadiers. Totalement dépassés dans tous les compartiments du jeu, ils ont concédé cinq nouveaux buts, dont un triplé de Ezenwata, entré en jeu et inarrêtable. Rodriguez et Williams-Barnett, auteur d’un doublé, ont complété le festival offensif anglais.

En deux matchs, Haïti affiche un bilan catastrophique : 12 buts encaissés pour seulement 2 marqués, soit une différence de buts de -10. Les Petits Grenadiers, derniers du groupe E avec 0 point, voient leurs rêves de huitièmes de finale s’envoler.

Malgré tout, ils auront une dernière occasion pour sauver l’honneur face au Venezuela, et tenter de décrocher la toute première victoire de l’histoire d’Haïti dans une phase finale de Coupe du Monde U-17.

Mardoché D’Août

Melchie Dumornay, la Reine de la Concacaf règne encore une fois

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La reine ne descend toujours pas de son trône. Melchie Daëlle Dumornay, plus connue sous le nom de Corventina, continue de marquer l’histoire du football féminin. L’internationale haïtienne a été élue meilleure joueuse féminine de la Concacaf pour la saison 2024-2025, une récompense qu’elle décroche pour la deuxième année consécutive.

L’annonce a été faite le jeudi 6 novembre 2025 par la Confédération de football d’Amérique du Nord, d’Amérique centrale et des Caraïbes (Concacaf), confirmant ainsi la domination de la joueuse de l’Olympique Lyonnais sur la scène régionale. « Il n’y a jamais eu de doute ! Melchie Dumornay est la joueuse féminine de l’année 2024/25 de la Concacaf », a fièrement publié l’instance sur ses réseaux officiels.

À seulement 21 ans, la native de Mirebalais continue de faire rêver tout un peuple. Sous les couleurs de l’Olympique Lyonnais Féminin, elle a signé une saison de haut vol. Corventina a joué un rôle central dans la conquête du titre de championne de D1 Arkema, terminant deuxième meilleure buteuse du championnat.

Mais c’est aussi en Ligue des Champions féminine qu’elle s’est illustrée. Face à des géants comme l’AS Roma, le Bayern Munich ou Arsenal, Dumornay a brillé par son talent, sa vision du jeu et son impact offensif. Ses performances lui ont valu d’être élue meilleure jeune joueuse de la compétition et d’intégrer le XI type de la saison européenne.

Classée 16e au Ballon d’Or féminin 2025, Corventina continue d’écrire une histoire exceptionnelle pour le football haïtien. Son deuxième sacre consécutif en Concacaf confirme non seulement sa régularité au plus haut niveau, mais aussi son statut d’icône du sport féminin dans la région.

Haïti peut être fière : la reine du football féminin en Amérique du Nord, centrale et Caraïbes est bien haïtienne. Et à ce rythme, Melchie Daëlle Dumornay ne semble pas prête à céder sa couronne.

Mardoché D’Août

COP30 à Belém : au cœur de l’Amazonie, la planète cherche un nouveau souffle

Par Jean Wesley Pierre

Belém (Brésil), 6 novembre 2025 —
Sous la chaleur moite de l’Amazonie, la trentième Conférence des Parties (COP30) s’ouvre ce 6 novembre 2025 à Belém, dans un climat d’urgence planétaire. Trente ans après la première COP tenue à Berlin, le monde se retrouve une fois de plus pour tenter de réinventer la coopération climatique, à un moment où la planète affiche ses plus graves symptômes : canicules extrêmes, sécheresses chroniques, incendies géants et inondations à répétition.

Du 6 au 21 novembre 2025, le Centre de congrès Hangar de l’Amazonie accueille des représentants de 197 pays signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CNUCC). La COP30 est également la 20ᵉ session du Protocole de Kyoto et la 7ᵉ session de la Conférence des Parties à l’Accord de Paris.

Mais au-delà des chiffres et des protocoles, cette conférence revêt une signification particulière : elle se tient au cœur de la plus grande forêt tropicale du monde, poumon vital pour l’équilibre climatique global. Pour le Brésil, qui revendique un rôle moteur dans la diplomatie environnementale, ce rendez-vous est une tribune pour démontrer que la protection de la forêt amazonienne peut devenir une source de prospérité et non un frein au développement.

Dès l’ouverture, le président du Brésil, Luiz Inácio Lula da Silva a donné le ton en lançant le Tropical Forest Forever Facility, un mécanisme innovant visant à rendre la préservation des forêts plus rentable que leur destruction.

« Il est temps que la planète rémunère ceux qui protègent ses poumons », a déclaré Lula, soulignant la nécessité de “récompenser la vie plutôt que la déforestation”.

Cette initiative, saluée par le secrétaire exécutif de l’ONU Climat, Simon Stiell, est perçue comme un tournant concret dans la lutte contre le changement climatique. Elle propose de garantir un financement durable et prévisible pour les pays tropicaux, afin de compenser la non-déforestation et de soutenir les communautés locales.

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a également applaudi la mesure, la qualifiant de « déclaration de solidarité et d’espoir ».

Présente à Belém avec une délégation conduite par le cardinal Secrétaire d’État de cité du Vatican, Pietro Parolin, la diplomatie vaticane s’efforce de replacer le débat sur le terrain éthique et humain.

Le nonce apostolique au Brésil, Mgr Giambattista Diquattro, a cité le pape François :

« Il faut donner un signe concret d’espérance. Que cette COP soit un tournant : qu’elle manifeste une volonté politique claire et tangible, conduisant à une nette accélération de la transition écologique. »

Le Saint-Siège plaide pour une “écologie intégrale”, liant la protection de la nature à la justice sociale, et insiste sur le rôle des femmes, des jeunes et des peuples autochtones dans cette transformation mondiale.

La COP30 doit aussi affronter un sujet explosif : le financement de la transition climatique. Les pays en développement dénoncent un déficit d’ambition des nations riches, qui n’ont pas respecté leurs promesses financières faites à Bakou lors de la COP29.

Les 300 milliards de dollars par an promis pour soutenir les nations vulnérables d’ici à 2035 semblent largement insuffisants face à l’ampleur des catastrophes climatiques. Plusieurs États du Sud, appuyés par le Saint-Siège, réclament une réforme de l’architecture financière mondiale, afin de transformer la dette écologique en investissements durables.

« Ceux qui ont le moins pollué ne peuvent continuer à payer le prix fort des catastrophes qu’ils n’ont pas provoquées », a rappelé le ministre ghanéen de l’Environnement, dans un discours applaudi par de nombreuses délégations africaines.

Cette conférence se tient dans un contexte international tendu : retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, crise énergétique mondiale, montée des mouvements climatosceptiques, course à l’armement nucléaire intense et ralentissement des investissements verts.

La flambée des prix à Belém et le manque de logements ont déjà poussé plusieurs délégations modestes à réduire leur participation, soulevant la question de la justice climatique jusque dans la logistique de la conférence.

Contrairement aux précédentes conférences marquées par des annonces spectaculaires, la présidence brésilienne mise sur l’action concrète. L’objectif est de traduire les engagements existants en mesures mesurables, en particulier dans les domaines de :

  1. la sortie progressive des combustibles fossiles
  2. la transition énergétique juste
  3. la protection des écosystèmes essentiels
  4. et l’éducation climatique

Trente ans après la première COP, la conférence de Belém pourrait marquer le retour de la coopération multilatérale dans un monde fragmenté. Entre urgence scientifique et inertie politique, la planète joue une partie décisive : celle de sa survie.

Dans le cœur battant de l’Amazonie, les peuples, les forêts et la science appellent à un même souffle : celui d’une alliance renouvelée entre les nations et la nature, avant qu’il ne soit trop tard.

Haïti : Me Jean Renel Sénatus porte plainte après l’incendie de l’Université Soleil

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À la suite de l’incendie criminel survenu dans la nuit du 1ᵉʳ novembre et qui a entièrement ravagé l’Université Soleil d’Haïti (USH), Me Jean Renel Sénatus, ancien sénateur et président du conseil de l’institution, a déposé le 5 novembre 2025 une plainte formelle au Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince. L’objectif : obtenir l’ouverture immédiate d’une enquête criminelle contre les auteurs et complices de cet acte qu’il qualifie de “barbarie contre l’éducation nationale”, tout en mettant en cause l’État haïtien pour son absence de protection face à la montée de la violence.

Une plainte contre X, avec l’État dans le viseur

Me Sénatus insiste sur le rôle que doit jouer l’État pour garantir la sécurité des institutions éducatives. « Nous portons plainte contre X, et contre l’État qui n’a pas su protéger nos établissements. Les fonds destinés au renseignement sont gaspillés et la sécurité de nos universités est compromise », a-t-il déclaré devant la presse.

Le doyen du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, Bernard Saint-Vil, a assuré qu’un juge instructeur sera bientôt désigné, tandis que le commissaire du gouvernement, Me Fritz Patterson Dorval, promet un suivi rigoureux du dossier « jusqu’à la condamnation des coupables dans un délai raisonnable ».

Des pistes vers des groupes armés

Bien que la plainte soit déposée contre X, certaines informations font état de la possible implication de membres de la coalition armée “Viv Ansanm”, déjà active dans plusieurs quartiers de Port-au-Prince.
Des témoins auraient aperçu des hommes armés à moto pénétrant dans l’enceinte de l’université peu avant l’incendie. Des menaces auraient également visé la radio Émancipation FM, qui partageait les locaux avec l’institution et adoptait souvent un ton critique envers cette coalition criminelle.

L’université, réduite en cendres

Fondée en 2013 par l’ancien sénateur Jean Renel Sénatus et située à la rue O, l’Université Soleil d’Haïti n’est plus aujourd’hui qu’un champ de ruines. Ses salles de cours, sa bibliothèque, ses archives et même ses studios de radio ont été entièrement réduits en cendres, plongeant des centaines d’étudiants dans l’incertitude et portant un nouveau coup dur à un système éducatif déjà fragilisé.

L’établissement comptait entre 600 et 700 étudiants et environ 80 membres du personnel, enseignants et administratifs confondus. L’incendie, que des riverains ont tenté en vain d’arrêter avant l’arrivée tardive des secours, n’a heureusement causé aucune victime, mais l’impact sur la formation des jeunes est immense.

Entre scepticisme et volonté de résistance

Dans un contexte où le système judiciaire haïtien peine à fonctionner, les chances de voir la plainte aboutir semblent limitées. Les observateurs soulignent les freins classiques : pénurie de juges, pressions politiques, manque de moyens techniques et lenteurs administratives.

Pour autant, Me Sénatus insiste sur l’importance symbolique de l’action :
« Nous refusons de banaliser l’impunité. L’Université Soleil continuera à réclamer vérité et réparation. »
Il a également lancé un message de résilience sur les réseaux sociaux : « Ils ont brûlé nos murs, pas nos idées. On ne brûle pas le Soleil. »

Un symbole de fragilité du système éducatif

L’incendie de l’Université Soleil illustre la vulnérabilité des espaces de savoir en Haïti. Plusieurs autres universités de Port-au-Prince ont déjà été contraintes de fermer ou de se relocaliser sous la menace des groupes armés. Pour les enseignants et étudiants, l’attaque est plus qu’un simple fait divers : c’est le rappel brutal que la violence peut frapper le cœur de l’éducation.

Le rectorat annonce que les activités académiques reprendront rapidement dans un local temporaire en attendant la reconstruction du campus, afin de ne pas interrompre le parcours des étudiants.

Cet incendie dépasse le cadre d’un simple sinistre matériel. La plainte déposée par Me Jean Renel Sénatus est un acte symbolique de résistance, appelant la justice haïtienne et l’État à protéger les institutions éducatives et à mettre fin à l’impunité qui mine le pays.

La rédaction