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Surfacturation et abus dans le système hospitalier: le cri d’alarme du ministre Sinal face au chaos existant

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, 11 novembre 2025 — Les récentes déclarations du ministre de la Santé publique, Dr Bertrand Sinal ont ravivé le débat sur la dégradation alarmante du système de santé haïtien. Avec cette dénonciation d’irrégularités graves à l’Hôpital Saint-Michel de Jacmel, le ministre se retrouve face à une réalité : celle d’un État sanitaire déliquescent, miné par le manque de moyens et un manque de confiance entre la population et les institutions censées la soigner.

Lors d’une inspection récente à l’Hôpital Saint-Michel de Jacmel, le Dr Bertrand Sinal a constaté des dérives inquiétantes : des étudiants en médecine exerceraient à la place de médecins titulaires, tandis que les tarifs officiels des soins seraient largement dépassés.

Selon le ministre, un accouchement normal, officiellement tarifé à 1 000 gourdes, serait facturé 3 000 gourdes, et une césarienne, normalement fixée à 12 000 gourdes, atteindrait jusqu’à 27 900 gourdes.

Ces révélations traduisent une pratique quasi systémique dans le réseau hospitalier public haïtien : la surfacturation, les arrangements informels et la substitution de personnel qualifié par des stagiaires ou étudiants.

Les hôpitaux régionaux souvent en situation de quasi-autonomie administrative fonctionnent comme des micro-entreprises informelles, où les usagers paient pour tout : une perfusion, une seringue, un lit, parfois même pour qu’un médecin daigne venir examiner un patient.

Ce qui se passe à Jacmel n’est pas un cas isolé. Dans de nombreux hôpitaux publics du pays des Cayes au Cap-Haïtien en passant par Port-de-Paix ou encore dans la capitale, Port-au-Prince, les patients se plaignent de mauvais traitements, d’insultes, voire de négligence délibérée.

Des témoignages recueillis par des patients, des familles, et des organisations des droits de l’homme font état de femmes enceintes laissées sans assistance pendant des heures, de malades urgents abandonnés dans les couloirs, parfois jusqu’à la mort, faute d’attention médicale.

Dans certains centres, le personnel hospitalier mal payé, épuisé, démotivé se montre arrogant ou indifférent, cultivant une forme de violence institutionnelle qui s’ajoute à la souffrance physique des patients.

Cette perte de compassion et de professionnalisme résulte d’un malaise au sein du système : absence de supervision, manque de contrôle des directions départementales, dégradation du niveau de formation médicale et fuite massive des professionnels compétents vers l’étranger.

La dégradation du système de santé ne relève pas uniquement de la mauvaise gestion hospitalière : elle est le reflet d’une faillite politique et budgétaire plus large.

Le ministère de la santé de la publique et de la population doit agir vite et enquêter sur l’application des dernières mesures prises visant l’amélioration des conditions de vie des plus vulnérables qui, pourtant, ne sont pas respectées scrupuleusement par ceux là même, censés les implémenter.

Sous l’administration Sinal, plusieurs louables actions sont posées pour garantir un minimum à l’échelle nationale. Mais comme pour la césarienne, elles ne sont pas mises en œuvre à la lettre. Reste à savoir combien d’autres mesures ne sont prises en compte.

Est-ce du pur sabotage politique ou boycott par le personnel médical ? Une investigation globale devrait répondre à questions et de bien d’autres.

JEREMI

Jeremi …
Mwen pa te konn sa m t’ap chèche,
Jiskaske je m tonbe sou ou.
Mwen gade w, ou gade m,
Epi m bliye tout sa mwen ye
Pou fonn nan ou kou sab lanmè.
Mwen pat konn kote m te rete
Jouk nan fon kè w mwen jwenn yon plas
Pou m di pwezi pasi pala.

Jeremi, ou dous san bri
Ou bèl san kont.
Ou se pwezi avan solèy
Ou se mizik avan lalin
Nan tout kaye gwo achitèk
Ou se desen mwen pi renmen.

Ou chita sou janm loseyan,
Tout vag ki wè w beni davans.
Leblé di syèl pran fòm nan zye w
Avan l pran wout pou fon lanmè.
Tout sa k rive m rive m avè w,
Ou abite m tout kote m ye.
Tout sa ou ye se sa mwen ye
Yon bòl tonmtonm prèt pou vale.

Jeremi, ou dous san bri,
Ou bèl san kont.
Ou se pwezi avan solèy
Ou se mizik avan lalin
Nan tout kaye gwo achitèk
Ou se desen mwen pi renmen.

Jeremi … Jeremi… Jeremi
Pa kite m kite w.
Mwen pap kite w kite m.
Janmen kite w kite m.

Jeremi, Jeremi
Ou se peyi m nan tout peyi.
Lodè w tache sou tout panno.
Pòtre w fè sikatris nan zye m,
Tout wè mwen wè se ou mwen wè
Maten midi leswa
Ou se baton ki banm chimen.

Jeremi, ou dous san bri,
Ou bèl san kont.
Ou se pwezi avan solèy
Ou se mizik avan lalin
Nan tout kaye gwo achitèk
Ou se desen mwen pi renmen.

Jeremi … Jeremi… Jeremi
Pa kite m kite w.
Mwen pap kite w kite m.
Janmen kite w kite m.

Jeremi, ou dous san bri,
Ou bèl san kont.
Ou se pwezi avan solèy
Ou se mizik avan lalin
Nan tout kaye gwo achitèk
Ou se desen mwen pi renmen.
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Pawòl: Jean Venel Casseus
Konsèp Mizikal : Jean Venel Casseus
Pwodiksyon: Masters Media 509
Album : PA GEN MIZIK PASE PEYI M

États-Unis: Vers la fin de la plus longue paralysie de l’histoire moderne

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WASHINGTON.— Alors que le gouvernement fédéral demeure paralysé depuis plus d’un mois, les négociations semblent enfin déboucher sur un accord permettant de rouvrir progressivement l’administration. Un vote décisif est attendu au Sénat, ouvrant la voie à une sortie de crise délicate et partielle.

Le blocage budgétaire qui paralyse l’État fédéral américain depuis plus de cinq semaines pourrait toucher à sa fin. Selon plusieurs sources au Congrès, un accord bipartisan est en voie de finalisation au Sénat, où un vote est prévu dans les jours à venir. Il s’agirait de la première avancée significative depuis le début du shutdown, désormais considéré comme le plus long de l’histoire des États-Unis.

Un accord pour rouvrir les agences fédérales au moins temporairement

Le compromis en discussion combinerait l’adoption de trois lois de financement annuelles, permettant de remettre en fonction une partie des agences fédérales, et un texte de financement provisoire (dit stop-gap) prolongeant le fonctionnement d’autres services jusqu’à janvier 2026. Cette solution hybride viserait à arrêter l’hémorragie, le shutdown ayant déjà coûté plusieurs milliards de dollars à l’économie américaine et compromis des programmes sociaux essentiels.

«La dynamique a changé», a déclaré le leader républicain au Sénat, John Thune, laissant entendre qu’un terrain d’entente avait enfin émergé après des semaines de blocage politique.

Le point de friction: la santé publique

L’accord reste toutefois fragile. Il ne prévoit pas pour l’instant la prolongation des subventions fédérales destinées à réduire le coût des assurances médicales dans le cadre de la Affordable Care Act (ACA).

Les élus démocrates considèrent ce point non négociable, tandis que plusieurs républicains y voient une expansion budgétaire injustifiée.

Cette divergence pourrait encore ralentir l’avancée du compromis, d’autant que la Chambre des représentants, conduite par le président républicain Mike Johnson, devra également l’approuver. Et la Chambre ne reprendra ses sessions qu’après sa pause en cours.

Des conséquences sociales et économiques lourdes

Pendant ce temps, les effets de la paralysie gouvernementale continuent de se faire sentir:
Des centaines de milliers de fonctionnaires sont soit en congé forcé, soit obligés de travailler sans rémunération.
Les services publics essentiels, dont les contrôleurs aériens, fonctionnent sous tension, provoquant retards et risques logistiques.
Les programmes d’aide alimentaire, dont le SNAP, sont en situation de vulnérabilité budgétaire.
Les parcs nationaux, les tribunaux fédéraux et les services consulaires tournent au ralenti.

Pour de nombreuses familles modestes, la situation devient critique. Dans plusieurs États, des banques alimentaires rapportent une hausse des demandes d’aide d’urgence.

Un soulagement, mais loin d’être une résolution durable

Si l’accord est adopté, la réouverture du gouvernement ne serait que partielle et temporaire pour certains secteurs. L’affrontement politique sur le financement des priorités nationales, notamment la santé publique, pourrait resurgir dès le début de l’année 2026.

En d’autres termes, la crise institutionnelle est peut-être près d’être suspendue, mais elle n’est pas résolue.

Les États-Unis semblent s’acheminer vers une sortie contrôlée du shutdown, grâce à un compromis obtenu au Sénat. Mais la bataille politique autour du budget fédéral, de la santé et de l’orientation des dépenses publiques devrait se poursuivre dans les semaines à venir.

Source : RFI

Jean Mapou

JCDH exige la libération immédiate de John Kadhafi Noël, détenu abusivement à Jérémie

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Le JCDH dénonce la détention prolongée du communicateur social John Kadhafi Noël à Jérémie, malgré le retrait officiel de la plainte à l’origine de son arrestation. L’organisation dénonce un abus manifeste de pouvoir et appelle les autorités judiciaires à mettre fin sans délai à cette violation de liberté.

L’organisation Journalistes contre la Corruption pour les Droits Humains et la Démocratie (JCDH) réitère son appel pressant le 10 novembre 2025 pour la libération du communicateur social John Kadhafi Noël, incarcéré depuis plusieurs semaines à Jérémie dans ce qu’elle qualifie de détention abusive et injustifiée.

Le JCDH affirme ne plus comprendre les raisons qui empêchent les autorités judiciaires de procéder à sa libération, d’autant plus que le seul plaignant dans l’affaire, le commissaire du gouvernement Jean Marie Gaetchens Alexandre, a officiellement retiré sa plainte après avoir reçu une lettre d’excuses de la part de John Kadhafi Noël.

Selon l’organisation, ce retrait met fin à toute base juridique du dossier. « En d’autres termes, il n’y a plus de dossier judiciaire John Kadhafi Noël au tribunal de première instance de Jérémie », insiste le JCDH, estimant que le maintien en détention du communicateur ne repose désormais que sur une volonté arbitraire des autorités locales.

Dans la note que Guyler C Delva signe, le JCDH qualifie la situation de violation flagrante de la liberté individuelle et accuse les responsables judiciaires de Jérémie d’agir en dehors de la loi. Elle exige la fin immédiate de ce qu’elle considère comme un abus grave contre les droits fondamentaux d’un citoyen.

L’organisation appelle donc les autorités compétentes à libérer sans délai John Kadhafi Noël, rappelant que maintenir un citoyen derrière les barreaux en l’absence de plaignant ou de fondement juridique constitue une atteinte directe à la justice.

La rédaction

Laurent Saint présente le bilan de son dernier voyage

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De retour au pays ce dimanche, le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, a présenté le bilan de sa participation au deuxième Sommet sur le développement social tenu au Qatar.

Le coordonnateur du CPT indique avoir rencontré le Premier ministre qatari, qui lui a promis le soutien de son pays à la mise en place de la Force de répression des gangs (FRG). «Le Qatar attend toutefois la finalisation des dossiers pour déterminer la nature et l’ampleur de sa contribution».

Le président Saint-Cyr a également échangé avec les responsables du Fonds pour le développement du Qatar, qui ont annoncé une aide de 40 millions de dollars en faveur d’Haïti, dont 10 millions proviendront directement du gouvernement qatari.

Enfin, le président du CPT a eu un entretien avec le président kényan William Ruto au sujet du maintien des policiers kényans déjà présents en Haïti, en attendant le déploiement de la FRG et la participation éventuelle de ces agents à cette nouvelle force.

Gedeon Delta

OFATMA–UEH : un tournant historique pour la couverture médicale des étudiants haïtiens

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, le 10 novembre 2025 – Une nouvelle page s’ouvre pour la jeunesse universitaire haïtienne. Pour la première fois dans l’histoire du pays, les étudiants de l’Université d’État d’Haïti (UEH) bénéficieront d’une assurance santé formelle grâce à un accord signé entre l’Office d’Assurance Accidents du Travail, Maladie et Maternité (OFATMA) et l’UEH. Cette initiative, saluée par les observateurs du secteur social, marque une avancée majeure dans l’extension de la protection médicale en Haïti.

La cérémonie de signature, tenue la semaine dernière, a réuni plusieurs hauts responsables, dont le ministre des Affaires sociales et du Travail, M. Georges Wilbert Franck, le directeur général de l’OFATMA, l’ingénieur-agronome Vikerson Garnier, et le recteur de l’UEH, M. Dieuseul Prédélus. À travers ce protocole d’accord, l’OFATMA s’engage à offrir aux étudiants une couverture d’assurance santé complète, incluant les soins médicaux, la prise en charge en cas d’accident et un accompagnement social adapté à leurs besoins.

Pour l’UEH, cet accord représente bien plus qu’un simple partenariat administratif : il s’agit d’un outil d’inclusion sociale et d’un levier concret de soutien à la réussite académique.

« Ce programme traduit notre volonté commune d’améliorer les conditions de vie des étudiants et de réduire les obstacles à l’accès aux soins », a souligné le recteur Prédélus, insistant sur la portée symbolique et pratique de cette initiative.

Le lancement du programme s’inscrit dans une stratégie gouvernementale de renforcement des filets sociaux, visant à rendre la santé publique plus inclusive.

Dans un pays où une large frange de la population active, notamment les jeunes, reste en dehors de tout système de protection sociale, cette mesure constitue un signal fort en faveur d’une politique publique plus équitable.

Le ministre Georges Wilbert Franck a salué « un pas décisif vers la démocratisation de l’accès à la santé », tout en appelant les autres institutions publiques à suivre cet exemple.

De fait, le partenariat entre l’OFATMA et l’UEH est déjà perçu comme un modèle de coopération interinstitutionnelle, conciliant mission publique et responsabilité sociale.

Pour le directeur général de l’OFATMA, Vikerson Garnier, ce projet illustre la volonté de son institution « d’innover dans ses interventions et d’élargir la protection sociale au profit de la jeunesse, pilier du développement national ».

Depuis plusieurs années, l’OFATMA s’efforce de moderniser ses services et d’étendre sa couverture à de nouveaux groupes : enseignants, travailleurs informels, agriculteurs, et désormais, étudiants.

Cette dynamique traduit une approche plus intégrée de la sécurité sociale, où la santé n’est plus considérée comme un privilège, mais comme un droit fondamental.

La mise en œuvre de ce programme devrait permettre à plusieurs milliers d’étudiants de bénéficier d’une couverture médicale fiable, allégeant ainsi le poids économique des soins sur leurs familles.

Au-delà de la portée immédiate de l’accord, cette initiative soulève une question plus large : celle de la reconstruction d’un État social en Haïti.

Dans un contexte de crises économiques et institutionnelles, où les inégalités se creusent, la signature d’un tel partenariat démontre qu’il est encore possible de bâtir des politiques publiques efficaces, fondées sur la solidarité nationale.
En s’alliant à une institution aussi stratégique que l’UEH, cœur de la formation des élites intellectuelles du pays, l’OFATMA pose un acte politique fort : celui de réconcilier le social et l’éducatif, le soin et le savoir.

L’assurance santé étudiante devient ici non seulement un instrument de protection, mais aussi un symbole d’espoir et de dignité pour une génération souvent laissée à la marge des priorités nationales.

Si ce programme parvient à démontrer son efficacité en termes de qualité des services, de rapidité de prise en charge et de transparence administrative il pourrait servir de modèle pilote pour d’autres établissements d’enseignement supérieur, publics comme privés.

Plusieurs observateurs estiment qu’une telle extension contribuerait à réduire les inégalités structurelles dans l’accès à la santé et à renforcer la confiance des citoyens envers les institutions publiques.

En définitive, l’accord OFATMA–UEH n’est pas une simple mesure administrative : il incarne une vision sociale du développement, fondée sur la solidarité, l’équité et la responsabilité publique. En garantissant aux étudiants une protection médicale digne de ce nom, Haïti franchit une étape vers un État plus protecteur et inclusif, où la jeunesse, souvent vulnérable, est enfin placée au cœur des politiques nationales.

Un professeur d’université abbatu à Hinche

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Avocat et professeur d’université,
Me Junior Cherilus, a été tué ce lundi 10 novembre 2025 non loin du complexe administratif de Hinche par des agents qui assuraient la sécurité du bâtiment.

En effet, depuis le 7 octobre 2025, des employés qui refusaient de communiquer à la délélegation la copie originale de leur lettre de nomination avaient fermé le bureau. Mais jeudi dernier le délégué départemental, Occean Frédérique a rouvri l’espace en y plaçant des agents de sécurité.

Tôt ce lundi quand les mêmes employés ont essayé de refermer l’espace, les agents ont tiré à hauteur d’homme, tuant le professeur Chérilus qui se trouvait en face du Complexe Administratif de Hinche, selon des témoignages.

Réagissant à cet incident, le délégué départemental qui rejette toute responsabilité dans cette affaire, dénonce ce qu’il appelle un «coup monté» contre lui.

Diplomatie publique : l’Ambassade américaine change de stratégie en Haïti

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Par Gesly Sinvilier

L’Ambassade des États-Unis en Haïti semble amorcer un tournant stratégique dans sa manière de communiquer avec le peuple haïtien. À travers sa nouvelle série de vidéos intitulée « Pause Café », diffusée sur les réseaux sociaux, la mission diplomatique adopte un ton plus direct, pédagogique et accessible, rompant avec le style institutionnel souvent perçu comme distant et paternaliste. Cette approche marque une évolution notable de la diplomatie publique américaine, dans un contexte haïtien où la défiance à l’égard des partenaires internationaux reste palpable.

Une diplomatie plus proche du public

Dans cette série, les diplomates américains, à commencer par le chargé d’affaires Henry T. Wooster, abordent des sujets d’intérêt national tels que la sécurité, le trafic d’armes, le soutien humanitaire, l’aide au développement et les relations bilatérales. L’objectif est clair : expliquer le rôle et les actions des États-Unis en Haïti, mais surtout écouter les préoccupations de la population.

La diplomatie publique, en ce sens, devient un outil de rapprochement et de transparence. Elle s’inscrit dans une logique d’influence douce (soft power), où la communication et la compréhension mutuelle valent autant que les accords politiques. Cette stratégie traduit également une volonté de reconstruire l’image américaine, parfois critiquée pour ses interventions jugées unilatérales ou son appui sélectif aux acteurs politiques.

Une nouvelle phase de la communication diplomatique

« Pause Café », intervient à un moment où les États-Unis jouent un rôle clé dans la crise haïtienne, notamment à travers le soutien au Conseil présidentiel de transition, l’accompagnement vers un retour à l’ordre constitutionnel et aux efforts internationaux de sécurité, en vue de l’organisation des prochaines élections. En rendant visibles les actions entreprises et les priorités américaines, cette initiative cherche à désamorcer les malentendus et à rendre la diplomatie plus participative, dans un langage compréhensible par tous.

On note aussi une évolution du style de communication : plus humain, plus incarné, moins protocolaire. Ce changement reflète une adaptation aux réalités locales et aux nouveaux modes d’interaction, où les plateformes numériques deviennent le principal canal de dialogue entre gouvernants et gouvernés.

Le défi de la crédibilité : des paroles aux actes

Toutefois, cette diplomatie de proximité, aussi séduisante soit-elle, ne saurait suffire. Le discours, pour être crédible, doit s’accompagner d’actions concrètes. Le peuple haïtien attend des résultats tangibles : un engagement plus ferme et visible contre le trafic d’armes, un appui réel à la sécurité, à la gouvernance et à la reconstruction institutionnelle.

Une diplomatie publique efficace ne se mesure pas seulement à la qualité de la communication, mais à l’impact réel sur la vie des citoyens. Si les États-Unis veulent renforcer leur influence et restaurer la confiance du peuple haïtien, ils devront prouver, par des initiatives visibles et durables, que leurs messages s’inscrivent dans une logique de solidarité et de partenariat équitable.

Vers une diplomatie du dialogue et de l’action

La série « Pause Café » ouvre ainsi une nouvelle ère dans la présence américaine en Haïti : celle d’une diplomatie plus interactive, plus humaine, et potentiellement plus efficace. En parlant directement au peuple, l’Ambassade américaine reconnaît que la communication est une composante essentielle de la diplomatie moderne.

Mais la véritable réussite de cette stratégie dépendra de la capacité des États-Unis à faire suivre la parole de gestes concrets, dans une démarche cohérente et respectueuse des priorités nationales haïtiennes, en s’appuyant sur le respect de la souveraineté nationale et du principe de l’autodétermination des peuples. Car, dans un pays en quête de stabilité et de confiance, la diplomatie la plus éloquente reste celle qui agit.

Okay

Okay,
Lanmou s’on twou bote
Ki tache nan machwè w.
S’on do re mi fa sòl
Pou konstwi yon mizik
Sou vag k’ap karese w
Jouk lòlòj mwen vire.

Yon ti myèl, yon ti sik
Levan di sid s’on sansasyon
Yon kontantman letènite.
Yon sant lanmè yon sant solèy,
Nou kouve rèv anba lanmè.
Timoun yo ri kou flè dizè
Anba lapli sou plaj jele
Lanati menm chante ak ou
Tout sab ki pran koulè nan kè m.

Okay, ou bèl kou lasirèn,
Ou bèl ou bèl wi ou fout bèl.
Non ou sonnen kou lapriyè
Zanj fè pou remèsye lesyèl.
Kite m site non ou san fwa
Okay cheri m’ renmen w anpil.

Kalfou w se kwa onon di pè m
Ki banm zaviwon pou m vanse
Kot rèv mwen yo ap ret tann mwen.
Ou se souvni tout anfans mwen
Ou se lago lè fin kache
Ou se kachkach sere m byen fò.
Pase isi pase lòt bò
Mwen menm ak ou se marasa
Tout bèl pwomès lavèy joudlan.

Okay, ou bèl kou lasirèn,
Ou bèl ou bèl wi ou fout bèl.
Non ou sonnen kou lapriyè
Zanj fè pou remèsye lesyèl.
Kite m site non ou san fwa
Okay cheri m’ renmen w anpil.

Okay…
Mwen fout renmen w avan minwi.
Avan mèt minwi pran lari.

Okay…
Mwen fout damou w avan midi.
Avan tout lapriyè pran zèl
Mwen renmen w mwen renmen w
Mwen renmen w.

Okay, ou bèl kou lasirèn,
Ou bèl ou bèl wi ou fout bèl.
Non ou sonnen kou lapriyè
Zanj fè pou remèsye lesyèl.
Kite m site non ou san fwa
Okay cheri m’ renmen w anpil.
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Pawòl: Jean Venel Casseus
Konsèp Mizikal : Jean Venel Casseus
Pwodiksyon: Masters Media 509
Album : PA GEN MIZIK PASE PEYI M

SOS Journalistes condamne l’incendie criminel de Radio Émancipation FM

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SOS Journalistes Haïti dénonce l’incendie criminel qui a ravagé, le 1er novembre 2025, les locaux de Radio Émancipation FM, une station déjà sous les menaces récurrentes de Jimmy Chérisier dit “Barbecue”. L’organisation fustige l’inaction des autorités face à une attaque contre la liberté de la presse annoncée depuis plusieurs semaines.

Dans une note du 10 novembre, SOS Journalistes Haïti s’insurge contre l’incendie qualifié de criminel ayant détruit le siège de Radio Émancipation FM, le 1er novembre dernier. L’organisation rappelle que la station avait été publiquement menacée par Jimmy Chérisier, alias “Barbecue”, chef de la coalition armée “Viv Ansanm”, qui multiplie ces derniers mois attaques, intimidations et pressions contre les médias du pays.

Depuis plusieurs semaines, Chérisier ciblait directement l’émission “Ti Koze Ak TT”, animée par le journaliste indépendant Thériel Thélus, dont la voix porte aussi bien auprès des masses populaires que dans les cercles politiques. « Si un média a du cran, donnez-lui du temps d’antenne, passez son émission », avait-il lancé dans une vidéo devenue virale, ravivant la crainte d’un passage imminent à l’acte.

Pour SOS Journalistes, cet incendie matérialise une menace annoncée et révèle une faille dangereuse dans la protection des travailleurs de la presse. « C’est une attaque directe et délibérée de plus contre la liberté de la presse en Haïti », souligne l’organisation, dénonçant l’absence de réaction des autorités politiques et policières, pourtant alertées à maintes reprises.

Dans un paysage médiatique de plus en plus vulnérable, plusieurs institutions, dont Radio Caraïbes, Magic 9, Radio Mélodie FM et le quotidien Le Nouvelliste, ont déjà dû abandonner leurs locaux pour échapper aux actes d’intimidation et aux violences armées. L’incendie a également touché l’Université Soleil d’Haïti (USH), installée dans le même bâtiment que la station.

Dans cette récente note signée par Guyler C. Delva, SOS Journalistes rappelle que les médias, quelles que soient leurs lignes éditoriales, ne sont engagés dans aucun conflit avec les groupes armés et ne font que remplir leur mission d’informer la population. L’organisation appelle à une action rapide pour protéger les journalistes, garantir leur sécurité et préserver le droit fondamental à l’information.

La rédaction