mardi, mars 17, 2026
14.7 C
Londres
Accueil Blog Page 68

Refonte du budget du MJSAC et son impact sur le sport national: l’Observatoire National du Sport Haïtien lance le débat

0

PORT-AU-PRINCE.— L’Observatoire National du Sport Haïtien (ONSH) a tenu, mardi, une importante conférence-débat autour du thème: «Analyse du budget du Ministère des Sports et son impact sur la réalité sportive en Haïti». Cette initiative vise à susciter une réflexion collective sur la gestion publique du sport, ses priorités et les défis structurels qui freinent son développement.

Parmi les intervenants de marque figuraient Roro Pharell, personnalité connue du milieu sportif et animateur engagé pour la promotion du sport communautaire, et Me Edwing Charles, ancien ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC), qui a apporté un éclairage institutionnel et juridique sur la question.

Un débat sur la transparence et l’efficacité du financement public

Les discussions ont porté principalement sur la répartition budgétaire du MJSAC, souvent jugée insuffisante et mal orientée face aux besoins réels du secteur. Les intervenants ont souligné la nécessité de renforcer la transparence dans la gestion des fonds publics, d’améliorer les mécanismes de suivi et d’évaluation des projets sportifs, et de donner plus de place aux fédérations sportives et aux collectivités locales dans la définition des priorités.

Roro Pharell a insisté sur le rôle du sport comme outil d’éducation et de cohésion sociale, plaidant pour une décentralisation des ressources afin de permettre aux jeunes des provinces de bénéficier des mêmes opportunités que ceux de la capitale.

«On ne peut pas parler de développement sportif sans un investissement réel dans les infrastructures de base et la formation des encadreurs», a-t-il déclaré.

Un appel à une politique sportive nationale cohérente

De son côté, Me Edwing Charles a mis l’accent sur la nécessité de doter le pays d’une politique sportive nationale claire, articulée autour de trois axes: la formation, la gouvernance et l’investissement.

«Le budget du ministère doit cesser d’être perçu comme une simple ligne comptable. Il doit devenir un levier stratégique pour l’inclusion et le rayonnement du sport haïtien», a-t-il affirmé.

Vers un plaidoyer pour une refonte budgétaire

L’ONSH a annoncé la publication prochaine d’un rapport analytique issu des échanges de la conférence, qui servira de base à un plaidoyer auprès des autorités concernées et des partenaires du secteur. Les participants ont unanimement reconnu que le sport, au-delà de la compétition, constitue un vecteur de santé publique, d’éducation et de paix sociale.

Cette rencontre, saluée pour la qualité des échanges, marque une nouvelle étape dans la volonté des acteurs haïtiens de replacer le sport au cœur des politiques publiques.

Jean Mapou

La communauté internationale opterait déjà pour un plan post-CPT

0

PORT-AU-PRINCE.— La question de la sécurité et l’avenir de la transition politique en Haïti ont été au centre d’une importante réunion, tenue mardi 11 octobre 2025, entre les principaux partenaires internationaux du pays. Organisée par le Groupe de coordination de la feuille de route pour Haïti, cette rencontre a réuni des représentants de l’Organisation des États américains (OEA), des Nations unies, du Groupe des personnalités éminentes de la Caricom, des États-Unis, ainsi que des autorités haïtiennes.

Selon le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, qui a rendu compte des échanges sur le réseau X (anciennement Twitter), les discussions ont porté sur les progrès réalisés en matière de sécurité, de gouvernance et de préparatifs électoraux. «Les échanges ont souligné l’urgence d’une action régionale et internationale coordonnée pour renforcer la sécurité et appuyer la Force multinationale de répression des gangs autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU», a-t-il indiqué.

Le diplomate a rappelé que le rétablissement de la sécurité demeure la condition sine qua non pour un retour à une gouvernance légitime et à des élections crédibles. L’OEA, a-t-il ajouté, reste prête à mobiliser un soutien financier et technique au profit des institutions haïtiennes, notamment pour l’organisation du scrutin et la mise en œuvre du projet de carte d’identité nationale.

L’avenir institutionnel après le mandat du CPT

Au cœur des discussions figurait également la question de l’avenir institutionnel du pays après février 2026, date prévue pour la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT). «La réunion a mis en avant l’importance d’une coordination soutenue, du partage d’informations et de la recherche d’un consensus national pour définir la voie à suivre après le CPT», a déclaré M. Ramdin.

Les partenaires internationaux insistent sur la nécessité d’une concertation inclusive entre les acteurs politiques haïtiens afin de préparer le terrain à des élections libres, transparentes et crédibles. Ils appellent à anticiper la transition post-CPT pour éviter tout vide institutionnel susceptible d’aggraver la crise politique et sécuritaire.

Cette réunion s’inscrit dans une dynamique de pression diplomatique accrue sur les autorités haïtiennes et leurs partenaires de transition. Alors que la situation sécuritaire reste précaire, les bailleurs de fonds et les organisations régionales craignent une perte de continuité politique au terme du mandat du CPT.

En réaffirmant leur engagement à soutenir Haïti, les représentants internationaux cherchent à maintenir la mobilisation régionale autour d’un double objectif: restaurer la sécurité et assurer la continuité institutionnelle d’ici à la tenue d’élections en 2026.

Jean Mapou

COMMUNIQUÉ OFFICIEL DU PARTI POLITIQUE DU PATRIYÒT RASANBLE POU SOVE LAKAY (PARASOL)

0

Doctrine : Dessalinisme Humaniste.-

Le PARASOL dénonce l’exclusion électorale déguisée imposée par le CEP.-

C’est avec indignation et stupéfaction que le Parti politique Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL) prend connaissance de la nouvelle grille de frais d’inscription proposée par le Conseil Électoral Provisoire (CEP), fixant à des montants exorbitants les coûts de participation aux élections nationales et locales, à savoir :

Président de la République : 1 000 000 gourdes,

Sénateur : 500 000 gourdes,

Député : 250 000 gourdes,

Cartel de mairie : 100 000 gourdes,

Cartel de CASEC : 25 000 gourdes,

Cartel d’ASEC : 5 000 gourdes,

Cartel de délégué de ville : 5 000 gourdes.

Cette disposition traduit une volonté manifeste d’exclusion politique et sociale, visant à réserver le droit de se porter candidat à une minorité privilégiée, souvent compromise dans la corruption et la mauvaise gouvernance.

Le PARASOL dénonce vigoureusement cette tentative de confisquer la démocratie au profit d’intérêts économiques étroits.

Dans un pays ravagé par la pauvreté, le chômage et l’insécurité, de tels frais constituent une barrière injuste et inhumaine contre la participation citoyenne.

Le gouvernement et le CEP semblent confondre la gestion de l’État avec celle d’une entreprise privée, et la démocratie avec une kleptocratie institutionnalisée.
C’est, encore une fois, une forme déguisée d’exclusion des collectivités territoriales, notamment des paysans, après l’échec de leur prétendu amendement constitutionnel.

Proposition alternative du PARASOL.-

Fidèle à sa vision de justice sociale et d’équité, le PARASOL propose une révision raisonnable et réaliste des frais d’inscription :

Président de la République : 500 000 gourdes,

Sénateur : 100 000 gourdes,

Député : 50 000 gourdes,

Cartel de mairie : 25 000 gourdes,

Cartel de CASEC : 5 000 gourdes,

Cartel d’ASEC : 1 000 gourdes,

Délégué de ville : 1 000 gourdes.

De plus, les candidatures féminines et celles des personnes handicapées doivent être totalement exonérées (0 gourdes), afin de favoriser une participation inclusive et conforme aux principes de justice sociale et d’égalité des chances.

Pour une démocratie inclusive et représentative.-

Le PARASOL réitère sa plaidoirie pour l’adoption de quotas minimums de représentation démocratique au Parlement et dans les institutions locales, établis comme suit :

5% minimum pour les personnes handicapées,

15% minimum pour les jeunes,

30% minimum pour les femmes.

Ces quotas minimums constituent des seuils de participation garantis, indispensables à la refondation démocratique d’Haïti et à l’émergence d’une gouvernance réellement équitable, participative et représentative.

Appel à la responsabilité nationale et internationale.-

Le PARASOL estime que la tenue d’élections crédibles exige :

un climat de sécurité et de stabilité minimal,

un CEP non partisan et véritablement indépendant,

un gouvernement de transition responsable, capable d’inspirer confiance et de garantir l’intégrité du processus électoral.

En conséquence, le PARASOL invite le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) et le gouvernement de M. Alix Didier Fils-Aimé à tirer les conséquences de leur fiasco, et à céder la place à une nouvelle équipe de transition compétente, apte à conduire le pays vers la nouvelle Constitution et des élections réellement démocratiques.

Ancrage doctrinal : le Dessalinisme Humaniste.-

Fidèle à sa doctrine du Dessalinisme Humaniste, le PARASOL rappelle que la politique doit être au service de la dignité humaine, de la souveraineté populaire et de la morale publique.

Dans l’esprit de Jean-Jacques Dessalines, Père Fondateur de la nation, cette philosophie prône une démocratie patriotique, inclusive et éthique, où chaque citoyen participe à la gestion du pays, non selon sa richesse, mais selon sa valeur, sa vertu et son engagement pour le bien commun.

Le Dessalinisme Humaniste rejette toute forme d’exclusion économique, politique ou régionale, et appelle à une renaissance nationale fondée sur la justice, la solidarité et la responsabilité collective.

«La démocratie n’est pas un privilège à acheter, mais un droit à exercer.
Le peuple haïtien ne demande pas la charité, il exige la justice.»
— Yvon BONHOMME, Président du Parti Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL)

Pour le Parti Patriyòt Rasanble pou Sove Lakay (PARASOL),

Yvon BONHOMME
Président,
Concepteur de la doctrine de la Droite Dessalinienne du Dessalinisme Humaniste et le mouvement des Madan Sara en Haïti.

Entre dignité et liberté d’expression : l’ancien sénateur, Moïse Jean-Charles porte plainte pour diffamation

Par Jean Wesley Pierre

L’ancien sénateur et leader du parti Pitit Dessalin, Moïse Jean-Charles, s’est présenté ce mardi 11 novembre 2025 au cabinet d’instruction en compagnie de la militante politique Betty Lamy afin de déposer une plainte formelle contre l’avocat Caleb Jean Baptiste. Selon leurs déclarations, ce dernier aurait proféré des accusations publiques graves, les impliquant dans un prétendu réseau de trafic d’organes humains et dans des activités occultes qualifiées de « biznis zangi ».

Les deux plaignants dénoncent des propos diffamatoires, qu’ils jugent attentatoires à leur dignité et à leur réputation publique, et entendent obtenir réparation devant les juridictions compétentes.

D’un point de vue légal, la plainte de Moïse Jean-Charles et de Betty Lamy s’inscrit dans le cadre des dispositions du Code pénal haïtien, notamment les articles relatifs à la diffamation et à l’injure publique en ses articles 313 et 320.

Ainsi, si les propos de Me Caleb Jean Baptiste ont été diffusés sur une plateforme médiatique, ils relèvent pleinement de cette catégorie.

Les plaignants disposent de plusieurs voies de recours :

  1. Plainte avec constitution de partie civile ( articles 61 et suivants du Code d’instruction criminelle ), permettant d’engager directement l’action publique devant un juge d’instruction, ce qui semble être la voie choisie ici.
  2. Plainte simple au parquet pour déclencher l’action du commissaire du gouvernement.

Action civile en dommages et intérêts pour réparation du préjudice moral et professionnel subi.

Dans les deux cas, les avocats des plaignants devront prouver :

  1. que les propos incriminés ont bien été tenus publiquement ;
  2. qu’ils ont porté atteinte à leur honneur ou à leur considération ;
  3. et que leur auteur a agi de mauvaise foi.

En droit haïtien, la mauvaise foi se présume lorsque les faits allégués sont manifestement faux et que l’auteur ne dispose d’aucun élément de preuve pour les étayer.

La réputation est un droit fondamental protégé par la Constitution haïtienne de 1987, notamment à son article 19, qui garantit à chaque citoyen le droit au respect de sa dignité et à la protection de son honneur. De même, l’article 28-1 garantit la liberté d’expression, mais en ajoutant clairement : « L’abus de cette liberté peut être réprimé par la loi. »

Ce principe établit un équilibre : la liberté de parole, même politique, ne saurait devenir une arme de destruction morale.

Ainsi, accuser quelqu’un publiquement d’un crime aussi grave que le trafic d’organes sans preuves ni enquête judiciaire constitue une atteinte majeure au principe de la présomption d’innocence (article 26 de la Constitution) et à la réputation individuelle.

L’affaire n’est pas anodine. Moïse Jean-Charles, figure emblématique du courant nationaliste et souverainiste haïtien, est souvent la cible d’attaques verbales dans l’arène politique. Mais la dimension de cette accusation trafic d’organes et « biznis zangi » dépasse le cadre de la polémique habituelle pour toucher au domaine du criminel, un registre particulièrement sensible dans l’imaginaire haïtien.

Dans ce contexte, cette plainte vise non seulement à laver l’honneur personnel des plaignants, mais aussi à rappeler les limites du discours politique et de la liberté d’expression dans l’espace public.

Les juristes soulignent que si cette plainte aboutit à une condamnation, elle pourrait créer un précédent important en matière de diffamation politique en Haïti.

Cette affaire pose une question essentielle : comment concilier la liberté d’opinion avec la protection de la dignité humaine dans un espace public de plus en plus polarisé ?

En l’absence d’une loi spécifique sur les médias numériques et la désinformation, les tribunaux devront s’appuyer sur les dispositions générales du Code pénal.

Si le juge d’instruction estime la plainte recevable, il pourra convoquer Me Caleb Jean Baptiste pour audition et éventuellement ordonner des mesures d’enquête, notamment la vérification des enregistrements audio ou vidéos ayant diffusé les propos incriminés.

La démarche de Moïse Jean-Charles et de Betty Lamy s’inscrit dans une volonté d’établir la responsabilité juridique de ceux qui, sous couvert de liberté d’expression, propagent des accusations sans fondement. Elle invite à une réflexion plus large sur la responsabilité morale et légale des acteurs politiques et médiatiques en Haïti.

Comme le rappelle l’avocat constitutionnaliste Me Samuel Madistin, « La liberté d’expression ne donne pas le droit de salir autrui. Dans un État de droit, elle s’exerce dans les limites du respect de la dignité humaine. »

Cette affaire, au-delà du tumulte politique, pourrait bien servir de test de maturité juridique pour la justice haïtienne à l’heure où les réseaux sociaux redessinent les frontières de la parole publique.

Détention de Rosemila Sainvil Petit-Frère: Faut-il attendre l’irréparable?

0

Remise à la DCPJ depuis le mois d’août dernier par les autorités dominicaines, l’ex-mairesse Rosemila Sainvil Petit-Frère demeure privée de liberté, malgré un état de santé de plus en plus préoccupant.

Selon plusieurs sources concordantes, la situation de Mme Petit-Frère s’aggrave de jour en jour. Contrairement aux déclarations du commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, elle est toujours détenue à l’hôpital, sous surveillance constante. D’après ses proches, elle serait menottée en permanence, en dépit d’un état de santé jugé critique. Notre rédaction est en mesure de confirmer que son cas s’est considérablement détérioré après son audition au parquet.

Contactée par notre rédaction, son équipe médicale se dit profondément inquiète. « Depuis un mois, nous avons fait des recommandations à la patiente. Aujourd’hui, le pays ne dispose plus de service hospitalier de neurochirurgie ni d’appareil d’IRM. Le traitement médical de Mme Petit-Frère ne peut donc plus être assuré en Haïti. Elle doit impérativement se rendre à l’étranger pour consulter un spécialiste et réaliser des examens complémentaires », explique un membre du personnel médical.

Faut-il donc attendre le pire dans le cas de Rosemila Sainvil Petit-Frère ? Rappelons qu’elle a déjà subi quatre interventions chirurgicales à la tête, dont certaines à l’étranger.

Après son audition, Me Fritz Patterson Dorval avait pourtant annoncé qu’une liberté provisoire pour raisons médicales serait accordée à l’ex-ėdile. Mais coup de théâtre : une semaine plus tard, Mme Petit-Frère est toujours menottée, dans une chambre d’hôpital à Pétion-Ville.

Son avocat, Me Jean Riboul Casimir, a adressé une requête au parquet en ces termes :
« La récurrente sollicite, Monsieur le Commissaire, votre collaboration urgente afin de permettre son transfert vers un centre hospitalier spécialisé à La Havane (Cuba) ou ailleurs, pour y recevoir les soins appropriés. Elle demande également la remise de son passeport et de tout autre document de voyage nécessaire. Ce, pour des raisons purement humanitaires. »

L’avocat a donné l’assurance que sa cliente se tiendra à la disposition de la justice dès que son état le permettra. Pourtant, son passeport demeure toujours bloqué au bureau du commissaire du gouvernement.
Une souffrance de plus pour une femme déjà à bout de forces.

Killy Johao

Le gouvernement veut accélérer la mise en œuvre d’élections

0

Le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé réunit les acteurs nationaux et internationaux pour relancer le processus électoral. Sécurité, logistique, financement et la publication d’un calendrier électoral étaient au cœur des discussions.

PORT-AU-PRINCE.—
Dans un contexte marqué par l’attente d’un retour à l’ordre constitutionnel, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a réuni ce mardi, à la Primature, l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux impliqués dans le processus électoral. L’objectif, selon un communiqué de la Primature est de renforcer la coordination entre les institutions locales et les partenaires techniques et financiers, et accélérer la mise en œuvre d’élections crédibles, inclusives et souveraines.

Autour du chef du Gouvernement se trouvaient plusieurs membres du Cabinet ministériel, des représentants du Conseil électoral provisoire (CEP), de la Police nationale d’Haïti (PNH), des Forces armées d’Haïti (FAd’H), ainsi que des délégués du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et d’autres partenaires internationaux.

Une concertation jugée cruciale pour la stabilité politique du pays

Cette rencontre de haut niveau s’inscrit, selon la Primature, dans la dynamique d’engagement, de dialogue et de responsabilité que le Premier ministre entend instaurer pour garantir la stabilité politique et préparer le terrain à un scrutin transparent. Le chef du Gouvernement a rappelé que l’État haïtien restait le moteur du processus électoral, insistant sur la souveraineté nationale dans la conduite des opérations.

«Les élections doivent être avant tout une affaire haïtienne, menée avec rigueur, transparence et dans l’intérêt du peuple», a souligné Fils-Aimé, rapporté dans le communiqué, tout en saluant l’appui constant des partenaires internationaux.

Sécurité, logistique et financement au cœur des discussions

Les échanges ont permis de passer en revue les dimensions sécuritaires, logistiques et techniques du processus électoral, a rapporté le communiqué. Deux mécanismes de coordination ont été présentés: la Table sectorielle, chargée de la planification stratégique, et la Table des bailleurs, visant à mobiliser les ressources nécessaires à la réussite du scrutin.

Le Premier ministre a rappelé que l’État haïtien a déjà contribué à hauteur de 70 millions de dollars au fonds commun électoral géré par le PNUD, entre 2021 et 2025. Par ailleurs, le budget 2025-2026 prévoit plus de 3 milliards de gourdes en appui au financement des partis politiques.

Vers la publication du décret et du calendrier pour les élections

Dans la foulée, le Gouvernement a également annoncé un programme de renforcement des capacités des partis politiques, dont 225 formations ont été régularisées auprès du Ministère de la Justice et de la Sécurité publique (MJSP). Le CEP a déjà publié un projet de décret électoral, actuellement en phase de consultation. Selon la Primature, le décret définitif et le calendrier électoral devraient être publiés avant la fin du mois de novembre.

«La réussite du processus dépend du peuple haïtien», a déclaré le Premier ministre, tout en saluant l’engagement des institutions nationales et des partenaires internationaux, et insistant sur mobilisation citoyenne comme clé de la réussite du processus.

«Aucun soutien extérieur ne peut remplacer la volonté du peuple haïtien à choisir librement ses dirigeants», a-t-il déclaré.

Sous la direction d’Alix Didier Fils-Aimé, le Gouvernement affirme vouloir maintenir le cap sur un dialogue inclusif, une gouvernance responsable et une souveraineté démocratique assumée, pour aboutir à la tenue d’élections libres, crédibles et apaisées, porteuses d’un nouveau départ pour la démocratie en Haïti.

Jean Mapou

L’OAVCT étend son réseau: un nouveau point de service ouvre à Delmas 33

0

L’Office d’Assurance des Véhicules Contre Tiers (OAVCT) poursuit son opération de redéploiement en inaugurant ce 11 novembre 2025 un nouveau bureau au commissariat de Delmas 33. Cette implantation marque une étape supplémentaire dans la stratégie de rapprochement des services publics face à un contexte national toujours fragilisé par l’insécurité.

Durant la cérémonie, le directeur général Pierre Jean Raymond André a décrit l’ouverture de ce nouveau point comme une réponse concrète à l’abandon forcé de plusieurs antennes dans la région métropolitaine. L’Office dit vouloir remplir les espaces laissés vacants et restaurer progressivement le réseau de points d’accueil demantelés au cours des derniers mois.

Avant même d’évoquer les nouvelles prestations, le responsable a reconnu la perte d’infrastructures essentielles, dont celles de Delmas 2, fermées sous la menace des violences urbaines. Il affirme toutefois que l’OAVCT entend avancer avec détermination vers un service mieux encadré, plus stable et plus proche des usagers.

Le représentant de la Direction Centrale de la Police Routière (DCPR), Wesner Pierre, a également pris la parole pour insister sur l’importance de la complémentarité entre les institutions. Il a salué l’implication du DGPNH, Vladimir Paraison, dans le soutien apporté à l’initiative. Selon lui, la DCPR, la DGI et l’OAVCT forment une architecture indispensable pour sécuriser et organiser la circulation dans le pays.

Cette ouverture à Delmas 33 vient donc s’ajouter à une série d’actions menées récemment. A la veille même des 58 ans de l’office, en septembre dernier, un bureau avait déjà été inauguré à Marigot, illustrant la volonté de l’institution de maintenir sa présence même en dehors de la capitale. Et de plus, l’opération « Moto pam legal » est lancée en plusieurs communes mis à part dans le département de l’Ouest, destinée à encourager les motocyclistes à la régularisation..

Par ailleurs, plusieurs programmes sont déjà relancés sous cette administration, notamment le constat rapide, les services du centre d’appel, entre autre.

Le directeur de l’OAVCT annonce vouloir accélérer la modernisation de ses services. Le mot d’ordre reste inchangé: renforcer la sécurité routière à travers un accès plus plus près, plus fort et plus moderne aux prestations essentielles.

La rédaction

Assassinat de Me Junior Cherilus : le parquet lance un mandat d’amener contre le délégué

0

Le parquet près du tribunal de première instance de Hinche a décerné le lundi 10 novembre un mandat d’amener contre le Délégué départemental du Centre, Frédéric OCCÉAN. Cet ordre judiciaire fait suite aux accusations portées contre lui pour son implication présumée dans la mort du jeune avocat et professeur d’université Junior CHÉRELUS. Selon le document émis, le haut fonctionnaire est poursuivi pour assassinat et association de malfaiteurs.

Le Commissaire du Gouvernement a ordonné aux forces de l’ordre de rechercher et de conduire le représentant de l’exécutif par devant la justice afin qu’il réponde de ses accusations, prévues et punies par les articles 241 et 224 du Code pénal haïtien.

Rappelons que le professeur d’université Junior CHÉRELUS a été tué au moment où des employés de la délégation ont essayé de fermer l’espace en signe de protestation contre le délégué Frédéric OCCEAN. Les agents ont tiré à hauteur d’homme, tuant le professeur qui se trouvait en face du complexe administratif de Hinche, selon des témoignages.

Gedeon Delva

Révocation d’un journaliste italien après une question sur Israël

0

L’agence de presse italienne Agenzia Nova a mis fin, le 27 octobre, à sa collaboration avec le journaliste Gabriele Nunziati, quelques jours après qu’il eut interrogé la Commission européenne sur une éventuelle contribution d’Israël à la reconstruction de Gaza. L’affaire suscite un large débat sur la liberté de la presse en Europe.

Lors d’un point de presse de la Commission européenne, le 13 octobre 2025, Gabriele Nunziati avait demandé à la porte-parole Paula Pinho, tenant compte du fait que l’Union européenne est en train de confisquer les avoirs russes en Europe au profit de la reconstruction de l’Ukraine, si elle entendait procéder de la même manière à l’encontre de l’État d’Israël afin de financer la reconstruction de Gaza. La porte-parole avait répondu brièvement, indiquant qu’elle n’avait “aucun commentaire à faire à ce stade”.

Deux semaines plus tard, Agenzia Nova a notifié au journaliste la fin de sa collaboration, estimant que la question était “techniquement incorrecte” et qu’elle avait provoqué un “embarras institutionnel” après la diffusion de la séquence sur plusieurs médias étrangers, notamment des chaînes jugées proches de la Russie ou de mouvances islamistes.

La Commission européenne a tenu à clarifier sa position dès le 5 novembre. Dans une déclaration reprise par Eunews, un porte-parole de la Commission a affirmé que l’organisation “n’a joué aucun rôle dans cette décision” et qu’elle reste “disposée à répondre à toutes les questions des journalistes, quelles qu’elles soient”. L’institution a rappelé son attachement “à la liberté d’expression et à l’indépendance des médias”.

L’affaire a rapidement mobilisé plusieurs organisations professionnelles. La Fédération internationale des journalistes (FIJ) et la Fédération européenne des journalistes (FEJ) ont condamné la décision de Nova, y voyant “une atteinte à la liberté rédactionnelle” et ont demandé la réintégration du journaliste. En Italie, le Syndicat national des journalistes (FNSI) a également réagi, qualifiant la rupture de contrat de “dérive inquiétante”, tandis que plusieurs rédactions européennes ont rappelé l’importance de la pluralité des questions au sein des institutions communautaires.

De son côté, Agenzia Nova maintient que la décision repose sur des critères “strictement professionnels” et non politiques. L’agence soutient que la formulation de la question ne respectait pas “les standards techniques attendus” d’un correspondant accrédité à Bruxelles. Gabriele Nunziati, pour sa part, a affirmé dans des déclarations à plusieurs médias italiens qu’il n’avait “fait que son travail” et que sa question “reflétait un intérêt journalistique légitime sur un sujet d’actualité internationale”.

L’incident intervient dans un contexte tendu pour la couverture médiatique du conflit israélo-palestinien. Plusieurs correspondants européens ont récemment signalé des pressions éditoriales croissantes liées à la sensibilité du sujet.

Jean Venel Casséus

Radio Kiskeya: le torchon brûle entre le fils héritier de Liliane et l’actuel directeur Marvel Dandin

0

A peine deux ans après la disparition de la cofondatrice de Radio Kiskeya S.A, Liliane Pierre-Paul, l’héritage de la station se retrouve déjà au cœur d’une tempête interne. Son fils, Harold Isaac, et le directeur général, Marvel Dandin, s’opposent ouvertement. Lettres, accusations, dénonciations de menaces: la crise éclate au grand jour.

Depuis le décès de Liliane Pierre-Paul, le 31 juillet 2023, l’âme de Radio Kiskeya plane encore sur ses ondes. Une radio forgée dans la résistance, que ses fondateurs ont traversé la dictature et les tumultes politiques successifs. Pourtant, cette institution médiatique, considérée comme un patrimoine moral dans le paysage haïtien, se retrouve aujourd’hui secouée par un conflit interne d’une rare intensité.

Au centre de la tourmente, deux figures: Harold Isaac, fils héritier de la défunte journaliste, et Marvel Dandin, compagnon de longue date de la station, aujourd’hui directeur général de Radio Kiskeya. Depuis plusieurs semaines, les tensions se sont accrues, entre accusations financières, suspicions, et désormais dénonciations de menaces.

Harold Isaac a produit une correspondance datée du 6 novembre 2025, demande des « clarifications » concernant l’état financier de la station pour l’exercice 2022-2023. Il relève notamment que 88% des dépenses salariales auraient été attribuées aux rubriques « Gratification » et « Émolument », laissant peu de place aux salaires du personnel régulier.

Dans sa lettre, l’héritier exige des explications écrites sur l’attribution de ces montants, leurs bénéficiaires ainsi que les pièces justificatives. Il recommande également la convocation du Conseil d’administration en vue de mandater un comptable indépendant pour un audit complet, au nom de la transparence et de la protection de la réputation de la station.

De son côté, dans un long message rendu public, Marvel Dandin affirme que sa vie serait désormais « en grand danger ». Il accuse Harold Isaac et son épouse de mener des campagnes de diffamation à son encontre, d’annoncer publiquement qu’il serait « sur le point de mourir » d’une maladie dite à incurable, et d’insinuer son implication dans des irrégularités bancaires.

« Lè pwòp pitit Liliane ak madanm li tanmen sal repitasyon mwen… se premye etap asasina a », écrit Dandin, déclarant que ces allégations créent un climat inquiétant autour de lui et de sa famille.

Rappelant ses « plus 30 ans de combat et de sacrifices », Marvel évoque également un incident survenu le vendredi 7 novembre 2025, au cours duquel Harold Isaac se serait présenté à la station pour le confronter, avant de l’appeler pour l’avertir qu’il avait « déjà sauvé sa peau et qu’il venait pour lui».

Face à cette escalade, l’animateur de l’émission Dim ma Di w a adressé une lettre au Protecteur du Citoyen ainsi qu’à plusieurs organisations de défense des droits humains, dénonçant ces « menaces à peine voilées » et une « diffamation éhontée ». Il y précise que ses relations avec Harold Isaac étaient déjà tendues par le passé, notamment autour de la propriété intellectuelle de la station, mais qu’elles ont dégénéré depuis le décès de Liliane Pierre-Paul.

Cette confrontation frontale expose au grand jour les fractures qui se creusent au sein de Radio Kiskeya, un média pourtant fondé sur la solidarité et la résistance. Entre soupçons, blessures personnelles et enjeux de gouvernance, l’institution se retrouve prise dans une lutte qui dépasse la simple gestion administrative et touche au cœur même de son héritage. Donc une question de succession.

Reste désormais à savoir si la loi, appelée en renfort par les deux protagonistes, sera capable d’apaiser ce brasier interne. Radio Kiskeya, qui a résisté aux tempêtes politiques, devra maintenant affronter une turbulence venue de l’intérieur. Car il faut, inexorablement, sauver ce patrimoine. Pour Sonny, Liliane… Et pour nous tous, pitit Kiskeya !

La rédaction