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Haïti s’offre une victoire de prestige face au Costa Rica et croit plus que jamais au Mondial 2026

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La sélection nationale haïtienne a signé une performance de haut niveau ce jeudi soir en s’imposant 1-0 face au Costa Rica, grâce à une réalisation déterminante de Frantzdy Pierrot. Une victoire de prestige, face à l’une des meilleures nations de la zone, qui confirme la montée en puissance des Grenadiers dans ces qualifications pour la Coupe du monde 2026.

Dominateurs dans l’engagement et solidaires dans les moments clés, les hommes du sélectionneur ont su gérer la pression d’un match à fort enjeu. Le but de Pierrot, inscrit avec sang-froid et précision, a suffi à faire basculer la rencontre en faveur d’Haïti, sous les applaudissements d’un public gonflé d’espoir.

Grâce à ce succès, Haïti rejoint le Honduras en tête du groupe avec 8 points, envoyant un signal fort à la concurrence. Cette performance renforce sérieusement les ambitions de qualification et place les Grenadiers dans une position idéale à quelques matchs de la fin de la phase de groupe.

Cette victoire n’est pas seulement un exploit sportif ; elle symbolise également la détermination d’une nation qui croit plus que jamais à son rêve mondialiste. Si les Grenadiers maintiennent cette dynamique, la route vers le Mondial 2026 pourrait devenir une réalité historique.

Les Grenadiers y croient. Tout un peuple aussi.

Mardoché D’Août

Haïti et la France concluent un accord stratégique pour le renforcement de la sécurité nationale

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SANTA MARTA, Colombie.— En marge du Sommet CELAC–Union européenne, Haïti a franchi une étape majeure sur le plan diplomatique. Le ministre haïtien des Affaires étrangères Harvel Jean-Baptiste, a signé avec son homologue français, Jean-Noël Barrot, un accord de coopération sécuritaire et commerciale, jugé déterminant pour la stabilité et la modernisation des institutions nationales.

Selon des sources diplomatiques proches du dossier, cet accord a été conclu à l’issue d’échanges rigoureux et constructifs, menés dans un climat de respect mutuel et de souveraineté. La délégation haïtienne, conduite par le ministre Jean-Baptiste, se serait distinguée par sa maîtrise et sa dignité dans la conduite des discussions.

Le chef de la diplomatie haïtienne aurait refusé toute concession susceptible de compromettre l’autonomie décisionnelle d’Haïti. Cette attitude, saluée par la partie française, a contribué à renforcer la crédibilité du pays sur la scène internationale. Plusieurs observateurs y voient un geste rappelant la fierté et la fermeté diplomatique inspirées des idéaux du Père fondateur Jean-Jacques Dessalines.

Un accord au service de la stabilité et du développement

L’accord signé entre Paris et Port-au-Prince prévoit un ensemble de mesures concrètes destinées à moderniser les équipements de la Police nationale d’Haïti (PNH), à renforcer la formation des cadres et à promouvoir des échanges techniques dans les domaines de la sécurité publique et de la gestion de crise.

Pour la France, cet engagement marque une volonté claire de renouer avec une coopération pragmatique et équilibrée, fondée sur le renforcement institutionnel et le respect de la souveraineté nationale. Pour Haïti, il s’agit d’une avancée stratégique vers des solutions durables et souveraines aux défis sécuritaires et de gouvernance.

Une initiative saluée par la Primature

Informé de la conclusion de cet accord, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé aurait exprimé sa satisfaction et annoncé son intention de présenter sous peu de nouvelles mesures pour l’acquisition d’équipements et la mise en œuvre de programmes de formation. Selon une source proche de la Primature, ce partenariat est considéré comme un modèle de coopération bilatérale équilibrée et constructive.

À Santa Marta, Haïti n’a pas seulement signé un accord : elle a affirmé son identité et sa place au sein du concert des nations. Le ministre Harvel Jean-Baptiste s’impose désormais comme l’un des visages d’une diplomatie haïtienne renouvelée, axée sur la fierté, la souveraineté et les résultats concrets.

Cet accord stratégique avec la France marque un tournant dans la reconstruction de la crédibilité internationale d’Haïti. En choisissant la voie du dialogue et de la coopération équilibrée, le gouvernement haïtien réaffirme sa détermination à garantir la sécurité de ses citoyens, à défendre ses intérêts avec dignité et à tracer, par la diplomatie, le chemin d’un avenir stable, souverain et respecté.

Jean Mapou

Rosny Cadet au Sénégal : l’ascension d’une nouvelle génération de leaders haïtiens

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Le vice-président de l’Alliance pour une Société sans Exclusion (ASE), Rosny Cadet, a été reçu en audience à la Primature de la République du Sénégal pour un important échange stratégique. L’entretien, conduit avec l’un des conseillers du Premier Ministre sénégalais, a permis d’aborder des questions essentielles liées à la situation actuelle d’Haïti et aux modèles de gouvernance sénégalais.

Les discussions ont porté sur la stabilité institutionnelle du Sénégal, l’efficacité de son administration publique, son modèle de protection de la souveraineté nationale face à l’ingérence étrangère, ainsi que sur l’organisation rigoureuse de ses élections. Le rôle structurant des partis politiques sénégalais, réputés pour leur discipline interne et leur ancrage territorial, a également été mis en lumière.

Au-delà du contenu diplomatique, cette rencontre revêt une portée symbolique importante pour Haïti. L’audience accordée à Rosny Cadet témoigne de l’émergence d’une nouvelle génération de jeunes leaders haïtiens, engagés, crédibles et capables de représenter valablement le pays à l’international. Dans un contexte où Haïti cherche à rétablir la confiance dans ses institutions, ces initiatives constituent un signal essentiel.

Les deux interlocuteurs ont convenu de maintenir ce dialogue dans un esprit de coopération, d’amitié et de respect mutuel. Pour Rosny Cadet, cette rencontre marque une étape supplémentaire dans son engagement à s’inspirer de modèles africains de gouvernance pour renforcer les institutions haïtiennes.

Gesly Sinvilier

Le cas Muscadin

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Par Gesly Sinvilier

Entre symbole anti-gangs et dérive autoritaire, le nom de Jean Ernest Muscadin, commissaire du gouvernement de Miragoâne, surface dans l’actualité nationale.

Cette fois, c’est le Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) qui le cite dans son plus récent rapport, pour des exécutions sommaires commises sous sa responsabilité.

Si l’homme bénéficie d’une popularité croissante auprès d’une partie de la population, ses méthodes brutales soulèvent de sérieuses interrogations sur l’État de droit en Haïti.

Un commissaire devenu “justicier”

Dans un pays où l’État semble s’être effondré et où la violence des gangs ravage le territoire, Jean Ernest Muscadin est devenu, pour certains, un héros populaire. Son discours musclé et ses actions directes contre les bandits lui ont valu une réputation d’homme fort, capable de « faire ce que les autorités refusent de faire ».

Cette image de commissaire anti-gangs séduit une partie de la population, lassée de l’impuissance de la Police nationale et du système judiciaire. Dans plusieurs départements, son nom est devenu synonyme de fermeté, au point que des voix s’élèvent aujourd’hui pour encourager sa candidature à la présidence lors des prochaines élections.

Mais derrière cette popularité se cache une dérive inquiétante : celle d’un représentant de la justice qui agit en dehors de tout cadre légal, bafouant les principes mêmes de l’État de droit qu’il est censé défendre.

Une confusion entre justice et vengeance

Les actes posés par Muscadin ne relèvent pas de ses attributions légales. En Haïti, le commissaire du gouvernement est un officier de justice, non un agent d’exécution. Il a pour mission de poursuivre les infractions au nom de la société, non de rendre une justice expéditive sur le terrain.

En usant de la force létale sans procédure judiciaire, le commissaire s’arroge un pouvoir que la loi ne lui reconnaît pas. Ce glissement vers une justice privée, menée par un représentant de l’État, envoie un signal dangereux : celui d’une société où la violence institutionnelle se substitue au droit.

qL’État failli et la tentation de l’homme fort

Il serait trop simple d’imputer ces dérives à la seule personnalité de Muscadin. Son ascension et sa popularité sont le reflet d’un vide institutionnel profond. Dans un pays miné par la corruption, la faiblesse policière et l’effondrement judiciaire, l’homme fort devient souvent le dernier recours d’une population désespérée.

Mais ce recours à la violence, même justifié par l’impuissance de l’État, ne saurait constituer une solution durable. Accepter ou glorifier les méthodes de Muscadin, c’est valider l’idée que la loi peut être contournée au nom de la sécurité, une logique qui ne fait que renforcer le cycle de la violence et de l’arbitraire.

Respecter la loi pour la restaurer

La faiblesse des institutions ne peut, en aucun cas, justifier qu’on sape l’autorité de la loi. Plus encore lorsqu’il s’agit d’un commissaire du gouvernement, censé être le garant de cette même loi.

En agissant comme juge, juré et bourreau, Jean Ernest Muscadin ne combat pas seulement les gangs : il fragilise les fondements même de la justice haïtienne. Et si son image d’homme fort rassure certains, elle rappelle surtout un danger latent : celui d’une dérive autoritaire où la force remplace le droit.

En Haïti, le désespoir fait parfois du hors-la-loi un héros. Mais tant que la justice restera à la merci des armes, aucune paix durable ne sera possible de cette manière. La restauration de l’État de droit ne passe pas par les balles d’un commissaire, mais par la reconstruction des institutions et la confiance dans la loi.

Rapport du BINUH, le commissaire Jean Ernest Muscadin a exécuté, à lui seul, 27 personnes

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Le commissaire de gouvernement de la juridiction de Miragoane, Jean Ernest Muscadin, est la vedette du dernier rapport en date publié par le Bureau Intégré des Nations Unies en Haïti.

Selon des informations mentionnées dans le dit rapport, le chef du parquet de ce resort, a, à lui seul, exécuté un total de 27 personnes.

Mettant en exergue son bravoure et sa capacité à neutraliser physiquement des presonnes en plein jour, en les faisant passer généralement pour des individus suspectes ayant des liens présumés avec les gangs, Muscadin, dans ses agissements, a quasiment éliminer la presomption d’innocence dans le vocabulaire judiciaire.

Une fois pour lui d’être confortable dans ses exécutions sommaires, qui ont contribué à alourdir la liste des victimes dans le pays durant ces dernière années.

Un cas documenté

Le rapport du BINUH indique qu’au cours du troisième trimestre de 2025, un incident impliquant le commissaire Muscadin s’est produit le 23 juillet dernier, dans la commune de Miragoâne, département des Nippes. Selon les informations recueillies, un homme armé a été abattu par le commissaire lui-même.

Il s’était félicité pour avoir offrir un spectacle ideux. En plein jour, et par devant les caméras, exécutant, de sans foi, une personne qu’il prétendait être un complice de la coalition criminelle Viv Ansanm

Ce fait survient après une période particulièrement agitée, au cours duquel le responsable avait été accusé d’avoir exécuté 27 personnes, sans qu’aucune enquête ni sanction ne soit engagée à son encontre.

En soulignant ces précisions dans un rapport faisant état du nombre de victimes pour cette dernière période, le Bureau Intégré des Nations Unies a, toutefois, rappelé qu’il avait, en maintes occasions exhorté, les autorités à agir de manière à redresser cette situation.

Pourtant, selon le rapport le commissaire du gouvernement de Miragoane vit dans une confortabilité et expose des scènes de violences horribles, renforçant ainsi la peur chez la population civile.

Ces exécutions extrajudiciaires, documentées par les Nations Unies, mettent en lumière l’impunité dont jouit ce haut représentant du ministère public, censé chargé d’appliquer la loi et non de s’y substituer.

Jacques Innocent

Haïti : le BINUH alerte sur une crise hors de contrôle

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Par Gesly Sinvilier

Le dernier rapport du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH) dresse un tableau sombre d’un pays à genoux, où la violence des gangs s’étend et où la population civile paie le prix fort. Entre exécutions sommaires, déplacements massifs et violations graves des droits humains, le document publié récemment appelle à une action urgente du gouvernement haïtien et de la communauté internationale.

Un pays sous le feu des gangs

Les chiffres sont glaçants : 1 247 personnes ont été tuées et 710 blessées au cours de la période étudiée, selon les données compilées par le BINUH. Les gangs armés sont responsables de près d’un tiers de ces morts, tandis que des groupes d’autodéfense et des opérations policières ont aussi contribué à alourdir le bilan.

Malgré la résistance de certains quartiers comme Delmas 19 ou la Route de l’Aéroport, les bandes criminelles continuent de semer la terreur dans la capitale et d’étendre leur emprise vers les zones rurales, notamment dans l’Artibonite et le Centre.

Les violences sexuelles et la traite d’enfants, utilisées comme armes de domination, persistent. Le rapport évoque également 39 civils tués par des frappes de drones explosifs et 79 exécutions extrajudiciaires attribuées à des policiers, un constat alarmant sur la dérive sécuritaire et l’impunité au sein des forces de l’ordre. Conséquence directe : plus de 1,4 million de personnes ont dû fuir leur foyer à travers le pays, un déplacement massif qui accentue une crise humanitaire déjà hors de contrôle.

Une justice en quête de moyens et de crédibilité

Face à cette hémorragie sécuritaire, le gouvernement tente de réagir. Dix commissaires du gouvernement ont été recrutés pour renforcer les pôles judiciaires spécialisés dans la lutte contre les crimes de masse, les violences sexuelles et les crimes financiers. Mais ces efforts restent timides au regard de la gravité de la situation et de l’ampleur du défi.

Le système judiciaire haïtien, gangrené par la corruption et le manque de ressources, peine à garantir la reddition de comptes et la protection des droits fondamentaux.

Des recommandations fortes, un appel à l’action

Le BINUH exhorte le gouvernement haïtien à passer à la vitesse supérieure :

  • Opérationnaliser pleinement les pôles judiciaires spécialisés ;
  • Traduire en justice les policiers impliqués dans des violations graves des droits humains ;
  • Renforcer la cohérence et la discipline au sein des forces de sécurité ;
  • Mettre en œuvre un programme national de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR) avec l’appui de la communauté internationale.

Le rapport insiste également sur le rôle crucial de la communauté internationale, appelée à maintenir Haïti à l’agenda global et à soutenir le déploiement complet de la Force multinationale de sécurité (FRG), autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU.

Enfin, les États de la région sont invités à renforcer les contrôles sur les cargaisons à destination d’Haïti — ports, aéroports et zones frontalières — afin de stopper le flot d’armes qui alimente les gangs.

Une urgence nationale et internationale

Au-delà des chiffres et des recommandations, le rapport du BINUH sonne comme un cri d’alarme. Haïti, étranglée par la violence et abandonnée par ses institutions, a besoin d’un sursaut collectif.

Sans une réponse coordonnée entre l’État, la société civile et la communauté internationale, le pays risque de sombrer encore plus profondément dans le chaos.

« Le temps n’est plus aux discours, mais à l’action », conclut en substance le rapport. Une urgence vitale pour un peuple haïtien qui n’a que trop souffert.

L’église Méthodiste dénonce l’intrusion par des hommes armés d’une de ses propriétés

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Lors d’une conférence de presse donnée ce mardi 11 novembre, les responsables de la congrégation Méthodiste dénoncent des hommes armés se présentant comme des policiers qui envahissent un terrain appartenant à l’institution situé à Puits Blain. Malgré des plaintes déposées et des procès gagnés par l’Église Méthodiste d’Haïti (EMH), cette situation persiste.

L’institution précise avoir légalement acquis ce terrain à la fin des années 1970. Elle y a établi une école qui offre une éducation de la maternelle au secondaire depuis près de vingt ans. Un projet de construction d’une faculté universitaire est également prévu pour la partie avant de la propriété, le long de la route principale. Les activités éducatives sont aujourd’hui menacées par les agissements des spoliateurs.

Selon les autorités de l’église la situation a récemment empiré. Les individus intimident les gardiens et résidents par des tirs et des menaces de mort. Quatre cahutes ont été construites illégalement sur le site. Depuis le dimanche 12 octobre, ils ont accéléré leurs actions en perçant une route à l’intérieur de la propriété pour la relier à la voie principale, visant manifestement un lotissement frauduleux.

Face à cette crise, l’Église Méthodiste d’Haïti (EMH) lance un appel pressant aux autorités. Elle exige l’arrestation des coupables, la destruction des constructions illicites et la restitution pleine et entière de sa propriété.

L’EMH souligne le rôle crucial de l’éducation dans la construction du pays et demande aux autorités d’agir rapidement pour protéger ses biens et lui permettre de poursuivre sa mission sociale au bénéfice de la jeunesse haïtienne.

Gedeon Delva

À L’ÉCOLE DE LOBO

Par Jean Venel Casséus

Ewa !
“Gad jan listwa pwezi chaje
Tout sèn teyat tonbe kriye
Yon jou mizè ke m’ pap site
Yon mwa n’ konnen se sa l’ pote
Se mwa Gede mwa Revòlte”

(Manno Charlemagne, Pou Lobo)

Permettez que je vous parle en ce 12 novembre d’un vieux cousin, Karl Marcel Casséus, que tout Port-au-Prince appelait Lobo Dyabavadra. Un personnage hors du commun. Un des plus grands comédiens et diseurs haïtiens des années 1980 et 1990.

Le 12 novembre 1997, il avait choisi de faire le grand traversé. Et maintenant je suis sûr qu’en spectateur, il est là, quelque part dans la coulisse du ciel, en train de nous regarder jouer le grand théâtre de la vie où il eut accompli son personnage.

Lobo était une voix habitée. Une voix qui ne se contentait pas de dire : elle habitait la parole. Là où d’autres cherchaient l’effet, lui cherchait le sens et le non-sens. Là où le théâtre se voulait miroir, il en faisait un feu de camp autour duquel l’auditeur ou le spectateur retrouvait sa langue, son rire et sa dignité. Son art, c’était l’oralité reconquise, cette manière de dire sans trahir, de porter le mot comme un tambour. Il avait compris que parler un poème, ce n’est pas que faire résonner la beauté des mots, c’est faire entendre la vérité d’un poème à travers eux.

Dans l’histoire de la littérature haïtienne, je distingue trois approches du dire poétique : la déclamation, la diction et la parole. Hervé Denis déclamait le poème, jouant sur le rythme, la mesure et le ton. Pour lui, un vers est à la fois partition, scène et orchestre. Anthony Phelps, lui, disait le poème en s’appuyant sur la gravité, la texture et la qualité de la voix : chez lui, le poème est un cristal sonore suspendu entre silence et mémoire. Lobo, lui, parlait le poème comme on raconte un fait divers à un ami. Tout en s’y intéressant, il ne se focalisait ni sur la musique ni sur la perfection de la voix, il voulait que le message passe. Pour lui, le poème n’était pas un bijou à montrer, mais un message à livrer. Et c’est cette urgence de dire, cette tension entre le dire et le vivre, qui faisait de lui un diseur hors catégorie.

Quand Lobo entrait en scène, le public devenait confident. Il savait rire du malheur sans trahir la douleur, parler de la mort avec la simplicité d’un frère ou d’une sœur qui vous salue. Sous ses airs de farceur, il y avait un philosophe, un homme qui avait compris que l’humour est la dernière élégance du désespoir. Dans son jeu, tout était matière à penser, à aimer, à vivre ou à incarner mais jamais à trahir : la rue, la misère, la politique, la foi. Dans sa folie qui lui appartenait exclusivement, tout était acte de lucidité : geste, silence, mot et maux. Lobo transformait la scène en tribune, la parole en arme douce, le rire en révolte bienveillante.

L’école de Lobo, c’est celle de la parole vivante, de la poésie incarnée. Il ne séparait pas l’art du vécu. Pour lui, parler, c’était continuer à espérer. Et tout comme le griot africain ou le conteur des mornes haïtiens, il voyait dans la voix un instrument de mémoire et de résistance. C’est dans cette école-là que je me reconnais. Non pas dans l’artifice du ton, ni dans la perfection du rythme, mais dans le courage du dire. Dire pour que le mot survive. Dire pour que la pensée respire. Dire, parce qu’en Haïti, la parole reste le dernier espace de liberté.

Ewa ! Ewa ! Ewa !
kouzen mwen site non w, men mwen pa detounen w.

Orlando, 12 novembre 2025

«Reconstruire et renforcer le personnel de l’hôpital HCR» le cri de la population de l’Asile

Depuis après le passage du tremblement de terre du 14 Août de 2021, l’hôpital de référence de l’Asile fonctionne dans des conditions exécrables. Selon les constats, les infrastructures sont détruites, ce qui a poussé les responsables à loger certains services sous des bâches.

Si l’on veut croire les témoignages de certains citoyens de cette commune, ce centre de santé fonctionne difficilement. «L’on recoit les patients dans des espaces très exiguës et sans matériel ni équipements appropriés».

En dépit d’un appel lancé pour la reconstruction, jusqu’à date, aucune avancée n’est constatée.

Outre les problèmes d’ordre infractructurel, l’HCR de l’Asile confronte à un manque du personnel médical. « Il y a un grand déficit en infirmière, médecin et technicien en laboratoire», nous a déclaré un membre d’une association sociale.

Ce qui réduit l’accès au soin de santé à la communauté l’asiloise et les zones limitrophes. «Des femmes enceintes et des enfants sont dépourvues régulièrement de soins. Ce qui augmente les risques et les cas de décès», se lamente un leader local.

Face à cette situation, la société civile de l’Asile exige des autorités du pays une intervention urgente pour reconstruire du centre et renforcer le personnel médical pour garantir le droit à la santé des citoyens.

Gédéon Delva

Refonte du budget du MJSAC et son impact sur le sport national: l’Observatoire National du Sport Haïtien lance le débat

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PORT-AU-PRINCE.— L’Observatoire National du Sport Haïtien (ONSH) a tenu, mardi, une importante conférence-débat autour du thème: «Analyse du budget du Ministère des Sports et son impact sur la réalité sportive en Haïti». Cette initiative vise à susciter une réflexion collective sur la gestion publique du sport, ses priorités et les défis structurels qui freinent son développement.

Parmi les intervenants de marque figuraient Roro Pharell, personnalité connue du milieu sportif et animateur engagé pour la promotion du sport communautaire, et Me Edwing Charles, ancien ministre de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC), qui a apporté un éclairage institutionnel et juridique sur la question.

Un débat sur la transparence et l’efficacité du financement public

Les discussions ont porté principalement sur la répartition budgétaire du MJSAC, souvent jugée insuffisante et mal orientée face aux besoins réels du secteur. Les intervenants ont souligné la nécessité de renforcer la transparence dans la gestion des fonds publics, d’améliorer les mécanismes de suivi et d’évaluation des projets sportifs, et de donner plus de place aux fédérations sportives et aux collectivités locales dans la définition des priorités.

Roro Pharell a insisté sur le rôle du sport comme outil d’éducation et de cohésion sociale, plaidant pour une décentralisation des ressources afin de permettre aux jeunes des provinces de bénéficier des mêmes opportunités que ceux de la capitale.

«On ne peut pas parler de développement sportif sans un investissement réel dans les infrastructures de base et la formation des encadreurs», a-t-il déclaré.

Un appel à une politique sportive nationale cohérente

De son côté, Me Edwing Charles a mis l’accent sur la nécessité de doter le pays d’une politique sportive nationale claire, articulée autour de trois axes: la formation, la gouvernance et l’investissement.

«Le budget du ministère doit cesser d’être perçu comme une simple ligne comptable. Il doit devenir un levier stratégique pour l’inclusion et le rayonnement du sport haïtien», a-t-il affirmé.

Vers un plaidoyer pour une refonte budgétaire

L’ONSH a annoncé la publication prochaine d’un rapport analytique issu des échanges de la conférence, qui servira de base à un plaidoyer auprès des autorités concernées et des partenaires du secteur. Les participants ont unanimement reconnu que le sport, au-delà de la compétition, constitue un vecteur de santé publique, d’éducation et de paix sociale.

Cette rencontre, saluée pour la qualité des échanges, marque une nouvelle étape dans la volonté des acteurs haïtiens de replacer le sport au cœur des politiques publiques.

Jean Mapou