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L’ambassade américaine à Port-au-Prince ciblée par des bandits

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TABARRE, Haïti.— Un échange de tirs a eu lieu jeudi soir aux abords de l’ambassade des États-Unis, selon ce qu’a rapporté le Washington Post. L’incident a opposé un détachement de U.S. Marines à des individus armés identifiés comme membres de groupes criminels opérant dans la zone.

D’après Steven Keenan, porte-parole du Corps des Marines, les soldats américains ont riposté après avoir essuyé des tirs provenant de groupes armés qui tentent régulièrement d’étendre leur emprise vers la zone diplomatique. «Les U.S. Marines sont engagés à les établissements américains à travers le monde et répondre à toute menace de manière professionnelle, avec des actions rapides et disciplinées», a déclaré le capitaine Keenan, soulignant qu’aucun soldat n’a été blessé lors de l’affrontement.

Le Washington Post indique avoir contacté le Département d’État américain pour obtenir davantage de précisions, mais n’avoir reçu aucune réponse officielle jusqu’à présent. Les autorités américaines affirment toutefois que ce n’est pas la première fois que l’ambassade de Tabarre est la cible de tirs venant de groupes criminels.

Cet échange de tirs survient alors que les forces de l’ordre haïtiennes, appuyées par des unités spécialisées, mènent une offensive soutenue contre le gang 400 Mawozo, particulièrement actif dans la zone métropolitaine et autour de Tabarre. Les autorités haïtiennes cherchent à empêcher les bandits de prendre le contrôle de secteurs stratégiques, notamment ceux qui abritent des institutions diplomatiques et des infrastructures essentielles.

Selon plusieurs sources sécuritaires, la zone demeure sous tension, et les tentatives d’incursion de groupes armés vers Tabarre se sont multipliées ces derniers mois, augmentant les risques pour les missions diplomatiques installées dans le secteur.

Aucun détail supplémentaire n’a été fourni sur les opérations en cours autour de l’ambassade américaine, ni sur d’éventuelles mesures supplémentaires de sécurité. Toutefois, la présence des U.S. Marines, déjà renforcée ces dernières années en raison de la détérioration sécuritaire, laisse penser que les patrouilles et dispositifs de défense resteront intensifiés.

Pour l’heure, les autorités haïtiennes comme américaines n’ont pas communiqué sur l’impact potentiel de cet incident sur leurs opérations conjointes, alors que Tabarre demeure l’un des principaux points de friction entre les forces de l’ordre et les groupes armés.

Source: WaPo cité par Luckson Saint-Ville

Jean Mapou

Les groupes d’autodéfense: entre résistance citoyenne et menace émergente

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Par Gesly Sinvilier

Face à l’effondrement de l’État et à la terreur imposée par les gangs, des centaines d’Haïtiens ont pris les armes pour se défendre. Ce mouvement, baptisé « Bwa Kalé », s’est d’abord présenté comme une riposte populaire légitime. Mais à mesure que l’impunité et la violence se généralisent, ces groupes d’autodéfense glissent dangereusement vers la dérive : celle d’une nouvelle forme d’anarchie armée, où la frontière entre justiciers et bourreaux devient de plus en plus floue.

Un mouvement né du désespoir

Selon les chiffres du Bureau intégré des Nations Unies en Haïti (BINUH), 150 personnes ont été tuées et 15 blessées au cours du troisième trimestre de 2025 par des groupes d’autodéfense ou des membres non organisés de la population. Ces violences se concentrent dans la région métropolitaine de Port-au-Prince (48 %), mais aussi dans l’Artibonite (41 %) et le Centre (5 %).

Dans certaines zones, notamment à Désarmes et Kapenyen, ces groupes sont devenus les seules forces de sécurité effectives, parvenant parfois à repousser des attaques des gangs comme Canaan ou Kokorat San Ras. Pour beaucoup d’habitants, ils représentent le dernier rempart face au chaos. Mais cette légitimité populaire, née d’un vide sécuritaire, cache une réalité bien plus inquiétante.

Une justice populaire dévoyée

Le mouvement « Bwa Kalé », qui tire son nom d’un appel à la vengeance populaire, a rapidement basculé dans une logique de violence arbitraire. De simples soupçons suffisent pour qu’un citoyen soit accusé d’être complice des gangs — souvent sans preuve ni enquête.

Le 15 août 2025, un homme et une femme venus de Saut d’Eau pour acheter des produits au marché de Désarmes ont été lynchés par un groupe d’autodéfense, accusés à tort d’être des informateurs. Une scène devenue tristement banale dans plusieurs localités, où la peur se mêle à la paranoïa.

En prétendant faire justice, ces groupes reproduisent les mêmes logiques de brutalité et d’arbitraire que les criminels qu’ils combattent. La machette, la pierre et le feu sont devenus leurs symboles de « purification », au mépris du droit à la vie et de la présomption d’innocence.

Quand les milices deviennent des acteurs du chaos

Le danger ne réside plus seulement dans la violence spontanée, mais dans l’organisation croissante de ces milices. Dans la localité de Jean Denis, commune de Petite Rivière de l’Artibonite, un groupe d’autodéfense a installé des barrages armés sur les routes principales pour extorquer les habitants et financer l’achat d’armes. Les véhicules qui refusent de payer sont pris pour cibles.

Cette dérive traduit une mutation inquiétante : des milices initialement défensives deviennent des structures criminelles à part entière. Ce glissement rappelle tragiquement d’autres contextes où des mouvements d’autodéfense, tolérés au départ, ont fini par se transformer en seigneuries locales incontrôlées.

Une impasse sécuritaire et morale

Si les groupes « Bwa Kalé » incarnent la colère légitime d’un peuple abandonné, leur montée en puissance illustre surtout la faillite totale de l’État haïtien. En se substituant à la police et à la justice, ils sapent davantage les fondements déjà fragiles de la légalité.

La normalisation de la violence comme outil de protection conduit Haïti dans une spirale dangereuse : plus l’État s’affaiblit, plus les citoyens se militarisent ; plus ils se militarisent, plus l’État perd sa légitimité.

Un avertissement pour l’avenir

Le BINUH, dans ses rapports récents, met en garde contre cette militarisation diffuse de la société haïtienne. Si rien n’est fait pour encadrer ou désarmer ces groupes, Haïti pourrait bientôt faire face non plus à une guerre contre des gangs, mais à une mosaïque de forces armées communautaires rivalisant pour le contrôle du territoire.

Au-delà du drame humain, le phénomène « Bwa Kalé » pose une question cruciale : quand la justice populaire devient-elle une menace pour la société qu’elle prétend défendre ?

Tant que la pauvreté, l’impunité et l’absence d’État persisteront, le cycle de la vengeance continuera de nourrir la violence — jusqu’à ce que plus personne ne distingue le bourreau de la victime.

Reprendre et continuer Vertières pour réveiller notre conscience nationale

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Il y a une vérité que nous refusons d’admettre : la nation haïtienne n’est pas victime d’un destin cruel mais de l’abandon de ses propres principes. Chaque année ( pas avant 1930 bien entendu), chaque 18 novembre, nous commémorons la bataille de Vertières qui est l’aboutissement de toute une série de luttes, mais nous ne l’incarnons plus. Nous l’utilisons comme décoration patriotique alors qu’elle devrait être une arme politique, morale et citoyenne. Ce 18 novembre 2025, date qui marque 222 ans de la bataille de Vertières, il devient nécessaire de revisiter l’héritage de cet événement fondateur et d’interroger sa portée dans l’Haïti d’aujourd’hui.

En 1803, nos ancêtres ont fait ce que nous n’osons plus faire ou ne savons plus reprofuire: s’unir pour survivre.
Pas s’unir pour une photo.
Pas s’unir pour un poste.
Pas s’ unir pour partager le pouvoir
Pas s’unir pour prendre des dictées dans une salle climatisée.
S’unir pour libérer notre Haiti qui ne meurt pas, mais qui se meurt.

Aujourd’hui, que voyons-nous ?
Des élites en lambeaux et une société divisée en clans. Des dirigeants et des soit-disant leaders politiques prisonniers de leurs calculs. Une population abandonnée à une insécurité tentaculaire.
Une souveraineté qui se négocie comme un pli de courrier.

Nous parlons de Vertières avec révérence, mais nous vivons avec résignation dans un pays détruit en grande partie par ses alliances internes. Les fractures politiques, la méfiance généralisée, la rivalité des intérêts et la peur paralysent largement le pays.

Que dirait Capois-la-Mort s’il voyait un pays où l’on ne charge plus contre l’ennemi, mais contre son propre frère ou sa propre sœur, contre son voisin ou sa voisine?
Que penserait Jean-Jacques Dessalines d’une nation qui se livre aux intérêts étrangers avec la même docilité que celle que Napoléon Bonaparte cherchait ou espérait de nous ? Qu’auraient fait Henri Christophe, Alexandre Pétion,Augustin Clerveaux, Sanite et Charles Belair face à des dirigeants qui confondent leadership et silence complice ?

Soyons honnêtes très chers compatriotes. Nous sommes devenus les fossoyeurs du message de Vertières. Nous avons transformé Vertières en un symbole abstrait. C’est là notre honte. Un peuple qui a vaincu Napoléon renversé la plus grande armée d’Europe serait aujourd’hui incapable de restaurer un minimum d’ordre chez lui ?
C’est une absurdité historique. C’est un mensonge collectif.

Vertières, cette bataille qui n’a duré que 11 heures de temps (de 6 heures du matin à 6 heures du soir), n’est pas un poème.Ce n’est pas seulement un souvenir, un passé de gloire et de fierté. C’est un verdict. Et ce verdict dit ceci : Haïti n’a jamais été vaincue par des forces supérieures, mais par ses mésententes intestines.

Dessalines et Geffrard, au Camp-Gérard, ont réussi ce que nous refusons de tenter depuis plus de deux siècles : effacer les rancœurs, suspendre les querelles et fédérer les forces du bien pour un objectif commun.
Ils ont gagné. Nous, nous hésitons.
Ils ont pris leur responsabilité. Nous, nous la déléguons.
Ils ont construit l’unité. Nous, nous construisons des prétextes.

La vérité est brutale :
Haïti ne manque ni de ressources, ni de potentiel, ni de génie.Haïti manque de courage collectif. Et voilà pourquoi nous acceptons désormais l’effondrement comme une fatalité.

Et tant que nous n’aurons pas retrouvé ce courage, celui de dire NON, et un NON catégorique, à la fragmentation, à la dépendance, à l’effacement politique, à la corruption, à la trahison et à la mal gouvernance, aucune réforme, aucun accord n’aura de sens.

Vertières nous juge chaque année, à chaque 18 novembre. Jusqu’à quand allons-nous détourner le regard pour nous montrer dignes de notre histoire et du travail que nos ancêtres ont commencé?

Pierre Josué Agénor Cadet

Décret présidentiel : Trump publie une liste de 77 graciés

Par Jean Wesley Pierre

Washington, 15 novembre 2025 — Le président américain Donald Trump a accordé une grâce présidentielle à 77 de ses partisans impliqués, à divers niveaux, dans les efforts visant à renverser le résultat de l’élection de 2020.

L’annonce, relayée dans la nuit de dimanche à lundi 10 novembre 2025, par Ed Martin, homme politique et avocat américain et aussi haut fonctionnaire chargé de la coordination des grâces, affirme mettre fin à ce que l’administration décrit comme une « grave injustice nationale » commise après le scrutin perdu par Donald Trump face à Joe Biden. Cette mesure, très largement symbolique, couvre notamment Rudy Giuliani, Mark Meadows, John Eastman, Sidney Powell ou encore Boris Epshteyn, figures centrales des démarches entreprises pour contester la victoire de Biden.

Malgré son ampleur médiatique, cette série de grâces ne modifie pas substantiellement la situation judiciaire des personnes concernées. Aucun des 77 bénéficiaires n’était poursuivi ou inculpé pour des crimes fédéraux en lien direct avec l’ingérence dans le processus électoral, or la grâce présidentielle ne peut s’appliquer qu’aux infractions fédérales. Une partie d’entre eux demeure par ailleurs sous le coup de poursuites lancées dans certains États clés comme la Géorgie, le Michigan ou l’Arizona, où la mesure fédérale ne produit aucun effet. En ce sens, l’impact concret de cette démarche reste limité, même si elle s’inscrit dans une stratégie politique très assumée.

Pour Donald Trump, cette action vise à réhabiliter publiquement ses alliés et à consolider sa propre version des événements de 2020. En les présentant comme des individus injustement « persécutés » pour avoir dénoncé des irrégularités électorales qu’aucun tribunal n’a pourtant validées, il cherche à renforcer la perception d’un mouvement victime d’un système biaisé. Cette démarche contribue également à réécrire la mémoire collective du scrutin : dans la rhétorique trumpiste, la contestation de l’élection ne constitue plus une tentative de subversion démocratique, mais un acte de patriotisme.

Pour beaucoup d’analystes, cette vague de grâces massives apparaît surtout comme un signal politique envoyé à la base du mouvement « MAGA ». Elle montre que Trump demeure loyal envers ceux qui se sont engagés pour lui, même lorsque leurs actions ont mis en danger les institutions démocratiques. Cette loyauté affichée pourrait galvaniser un électorat déjà très mobilisé autour du thème de la revanche politique, mais elle risque aussi d’accentuer la polarisation d’un pays profondément divisé sur la légitimité des institutions électorales.

Les critiques accusent Donald Trump d’utiliser l’un des pouvoirs les plus sensibles de la présidence celui de la grâce pour blanchir un réseau de collaborateurs impliqués dans une entreprise de remise en cause des mécanismes démocratiques. Pour certains juristes, l’ampleur de cette démarche crée un précédent inquiétant : elle pourrait encourager de futures tentatives de manipulation électorale, notamment si les acteurs impliqués savent que la proximité avec le pouvoir peut les prémunir contre d’éventuelles sanctions.

Avec cette décision, Trump réaffirme son influence sur la vie politique américaine et sa capacité à imposer une lecture alternative de l’histoire récente. Elle étend une fois de plus le clivage entre ceux qui voient en lui un défenseur de la démocratie et ceux qui l’accusent d’en saper les fondations. Si la portée juridique de ces grâces demeure limitée, leur portée symbolique est immense et confirme que la bataille autour du récit de l’élection de 2020 continue de structurer la politique américaine.

Refonder Haïti dans l’esprit de Vertières

Par Pierre Josué Agénor Cadet

Après les victoires successives des troupes indigènes de la Ravine-à-Couleuvre (23 février 1802) à la résistance héroïque de la Crête-à-Pierrot (4-24 mars 1802), la rencontre décisive du Camp-Gérard et le Congrès de l’Arcahaie, les anciens et nouveaux libres se rallièrent autour des généraux Jean-Jacques Dessalines et Anne-Alexandre Sabbès dit Pétion. Ensemble, ils ont conduit la phase ultime de la lutte pour l’indépendance.
Leur objectif stratégique se concentra alors sur Vertières, dernier bastion des expéditionnaires envoyés par Napoléon Bonaparte pour rétablir l’esclavage, en Haïti comme dans l’ensemble des colonies françaises. C’est là, à Vertières, que Napoléon connut l’un de ses plus cuisants revers, bien avant la débâcle de la péninsule Ibérique, la retraite de Russie et l’effondrement de Waterloo.
Dès lors, une question s’impose : ne pouvons-nous pas refonder aujourd’hui Haïti dans l’esprit de Vertières ?

Ce mardi 18 novembre 2025 marquera le 222e anniversaire de cet événement majeur de notre histoire collective : la bataille de Vertières. Sur ces hauteurs du Cap furent magnifiés l’esprit de liberté, de fraternité, de courage, de dignité, de détermination et d’unité qui guidèrent nos héros vers la victoire.

Cette date nous renvoie au souvenir impérissable de ces soldats intrépides, parmi lesquels François Cappoix, dit Capois-la-Mort, André Vernet, Henri Christophe, Philippe Guerrier, Jean-Philippe Daut, Paul Prompt, Louis Gabart, Paul Romain, Augustin Clervaux, et tant d’autres dont le sacrifice fit triompher la cause de la liberté contre l’expédition Leclerc.

L’exploit du 18 novembre ne constitua pas uniquement une victoire militaire pour la colonie de Saint-Domingue devenue, trois mois plus tard, le premier État noir souverain du Nouveau Monde. Il incarna surtout un nouveau départ, une renaissance fondée sur l’espoir, l’engagement collectif et la certitude que les Haïtiens pouvaient façonner eux-mêmes leur destin.

Aujourd’hui, ce 18 novembre ne doit pas seulement demeurer le souvenir d’un passé glorieux. Cette date doit, plus que jamais, nous rappeler l’urgence de préserver notre unité nationale afin de bâtir un avenir viable pour les générations à venir. À l’heure où notre pays traverse une crise multidimensionnelle sans précédent, marquée par une insécurité protéiforme, un effritement du tissu social et un déficit chronique de souveraineté, l’esprit de Vertières demeure une source d’inspiration incontournable.

Lorsque Dessalines et Geffrard se rencontrèrent au Camp-Gérard, dans la plaine des Cayes, le premier exhorta les officiers et soldats du Sud à dépasser les rancœurs héritées de la guerre civile et à unir leurs forces pour mettre fin à la domination française. Ils l’ont fait, et cette union a conduit au 18 novembre 1803, au 29 novembre 1803 puis au 1er janvier 1804.

Aujourd’hui encore, dans ce même esprit de dépassement, de courage et de responsabilité historique, nous sommes appelés à retisser les liens brisés, à renouer avec l’idéal commun et à œuvrer, ensemble, à la refondation de notre Haïti, ce pays qui demeure, malgré tout, cher à chacun et à chacune de nous.

Pierre Josué Agénor Cadet

Plaine du Cul-de-Sac : un hélicoptère touché alors que la PNH et la MMSS tentent de neutraliser Lanmò San Jou

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CROIX-DES-BOUQUETS, Haïti.— La Police nationale (PNH), appuyée par des unités kényanes de la Mission multinationale de soutien à la sécurité, mène une vaste opération armée à La Plaine pour neutraliser le puissant chef de gang “Lanmò San Jou”, figure centrale du groupe criminel 400 Mawozo.

Selon des sources concordantes, quatre hélicoptères participent à l’intervention. Depuis 9 h 35, trois d’entre eux tentent d’approcher la résidence présumée du chef de gang, dans une manœuvre visant à appuyer les unités au sol chargées de son arrestation ou de sa neutralisation. L’opération marque un tournant dans la stratégie sécuritaire des forces haïtiennes et internationales dans la région métropolitaine.

Cette offensive survient dans un climat particulièrement inflammable. Début novembre, “Lanmò San Jou” avait accusé publiquement l’homme d’affaires Andy Apaid de liens avec le trafic de drogue et d’organes, des déclarations qui ont provoqué une onde de choc dans les milieux politiques, économiques et sécuritaires. Si aucune autorité n’a établi de lien direct entre ces accusations et l’intervention en cours, plusieurs analystes estiment qu’elles ont contribué à accélérer les opérations contre le chef des 400 Mawozo.

Un hélicoptère touché, atterrissage d’urgence à Santo 9

La situation a pris une tournure critique lorsqu’un hélicoptère engagé dans l’assaut a été atteint par des tirs provenant de la zone contrôlée par les hommes de “Lanmò San Jou”. L’appareil, qui transportait environ vingt soldats kényans, a dû se poser d’urgence dans le parc Wilson Janvier, à Santo 9.

Aucun bilan officiel n’a encore été communiqué concernant d’éventuels blessés ou dommages matériels. Toutefois, des sources proches du dossier assurent que les policiers kényans auraient rapidement sécurisé le périmètre après l’atterrissage forcé.

Parallèlement, des informations non confirmées font état de “difficultés sérieuses” rencontrées par les membres du gang, laissant croire à une progression notable des unités engagées sur le terrain. Les informations font état du décès d’un lieutenant de lanmò sanjou dénommé ti lyon et de la saisie d’un fusil d’assaut Barret M-82, qui était en possession du gang.

La Plaine bouclée, habitants en état d’alerte

Plusieurs secteurs de La Plaine ont été momentanément fermés à la circulation, tandis que des familles se sont déplacées pour échapper aux zones d’affrontements. Le bruit des hélicoptères, les tirs nourris et l’avancée des unités armées ont plongé la population dans une profonde inquiétude.

Le gang 400 Mawozo, tristement connu pour ses opérations sanguinaires d’enlèvements, d’extorsion et d’attaques armées, exerce depuis des années une influence redoutée sur cette partie de la région métropolitaine. L’opération en cours est donc perçue comme un test majeur de la capacité des forces haïtiennes et internationales à reprendre le contrôle du territoire.

Pour l’heure, ni la PNH ni la mission kényane n’ont publié de bilan ou confirmé la présence de “Lanmò San Jou” dans la résidence ciblée. Les autorités devraient s’exprimer dans les prochaines heures pour préciser les objectifs exacts et les premiers résultats de cette intervention particulièrement sensible.

En attendant, La Plaine reste sous haute tension, suspendue à l’issue d’une opération qui pourrait marquer un tournant dans la lutte contre l’un des groupes criminels les plus violents du pays.

Jean Mapou

PLACIDE VAUT BIEN NAVAS

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Dès le coup d’envoi de la partie, l’on a vu que l’équipe haïtienne avait tiré les leçons de la défaite 0-3 concédée au Honduras. Déjà dans la composition adoptée par Migné, pas de Derrick Étienne, ni Expérience à qui Hannes Lacroix a été préféré pour occuper le flanc gauche de la défense; retour normal d’Arcus d’une suspension réglementaire, choix fort de Pierrot comme unique attaquant axial, donc Nazon sur le banc, premier choix de changement offensif tant pour varier les manœuvres offensives que pour apporter de la fraîcheur.

Dans le jeu, pas de bloc tant défensif qu’offensif présomptueusement haut placé. Psychologiquement, l’évidence d’éviter toute précipitation sous prétexte que nous devrions marquer tôt crevait les yeux. Pas de hourrah football! Il fallait donc trouver l’équilibre attaque- défense, ce que la ligne défensive et les milieux de terrain se sont appliqués à respecter. « Jouez bien, disait Didi, le légendaire meneur de jeu brésilien et entraîneur du grand Pérou de 1970, le but viendra tout seul ».

On n’a pas bien joué selon les standards adoptés de conservation-circulation de balle orientée vers la profondeur, de densité et de précision en défense et au milieu du terrain, de présence dans la surface de réparation adverse. Mais insistons sur les leçons du dernier match. Malgré les nombreux arrêts de Placide, incontestablement homme du match, jamais il n’a été abandonné par ses défenseurs comme lors du match du 14 octobre dernier à Tegucigalpa. Il y avait toujours un Haïtien à côté ou en face des tireurs costa-ricains. Et dans cet exercice, Ricardo Adé remporte la palme. Son tacle sauveteur du pied gauche à la 55e minute à l’entrée de la surface de réparation et encore son pied gauche qui contre un tir qui se dirige clairement dans le but d’Haïti valent de l’or, il est vrai doté de moins de karats que les arrêts de Placide. Avez-vous observé la sveltesse nouvelle du capitaine haïtien? Il a dû s’être délesté d’une bonne dizaine, voire une quinzaine de livres.
Moins de poids, plus d’agilité.

Un moment sur les individualités. En plus donc de Placide et Adé, vient tout de suite à l’esprit, non pas l’ensemble de son match, mais la frappe enveloppée lumineuse des 22 mètres de Bellegarde que Navas a eu la « malencontreuse » idée d’aller chercher dans sa lucarne gauche. Et puis, le but en football, on le sait, est indépassable. Quand il est unique dans un match qui nous ramène dans la compétition, 8 points comme le Honduras, mais défavorable au goal average, son réalisateur a droit à un piédestal. Merci, compliments, Monsieur Pierrot! Il eût été anormal que vous passiez toutes ces éliminatoires sans apposer votre signature au tableau d’affichage. Toutefois, ne soyons pas ingrats, toute l’équipe est à féliciter. Mais singularisons encore: Casimir à l’avant-dernière passe, Providence à la décisive.
Voilà! Désormais, Vertières a un autre nom: Stade Ergilio Hato de Willemstad. Bien sûr, le 18 novembre.

Patrice Dumont

L’IA convertit ses poèmes en succès musicaux : la poétesse Telisha Jones signe un contrat de plusieurs millions de dollars

Par Jean Venel Casséus

L’industrie musicale vit une mutation spectaculaire avec l’ascension de Xania Monet, un projet artistique conçu par la poétesse et entrepreneure Telisha “Nikki” Jones. Installée dans le Mississippi, Jones a utilisé l’outil d’intelligence artificielle Suno pour transformer ses poèmes en chansons, donnant naissance à une artiste virtuelle dont l’impact dépasse aujourd’hui les frontières du simple expérimentalisme technologique.

Plusieurs titres générés sous l’identité de Xania Monet ont rapidement attiré l’attention du public. Son morceau « How Was I Supposed to Know? » est devenu le premier titre interprété par une voix entièrement générée par IA à entrer dans un classement du Billboard, notamment le Adult R&B Airplay. D’autres chansons comme « Let Go, Let God » ou encore « I Asked for So Little » se sont également distinguées sur les plateformes, contribuant à installer le projet dans le paysage musical contemporain.

Cette présence dans des charts grand public est un événement inédit : jamais un artiste entièrement généré ou co-généré par IA n’avait atteint une telle visibilité. Pour de nombreux observateurs, ce moment constitue un jalon majeur dans la relation entre création artistique et technologies émergentes.

L’attention suscitée par ce phénomène n’a pas tardé à attirer l’intérêt des maisons de disques. Plusieurs médias américains rapportent qu’une véritable bataille d’enchères s’est engagée autour du projet, avant que la chanteuse virtuelle ne signe avec Hallwood Media. Le contrat obtenu par Jones, créatrice et propriétaire du concept, atteindrait plusieurs millions de dollars, une somme exceptionnelle dans un domaine où les artistes virtuels étaient jusqu’ici considérés comme des expériences marginales.

Contrairement à une chanteuse traditionnelle, Xania Monet n’existe ni sur scène ni en studio. Les textes sont écrits par Jones, qui façonne l’univers littéraire, émotionnel et visuel du personnage. Les mélodies et l’interprétation vocale, elles, sont générées par Suno : une IA capable de produire une performance complète à partir de simples directives. L’artiste virtuelle devient ainsi l’incarnation numérique de la poésie de Jones, réinventée en œuvre musicale.

Pour ses défenseurs, cette réussite ouvre un espace inédit pour les auteurs qui n’ont pas accès aux grands réseaux de production. Pour ses détracteurs, elle soulève des interrogations urgentes sur la propriété intellectuelle, la concurrence avec les artistes humains et la place de la créativité dans un marché bouleversé par les algorithmes.

Réveillez-vous : une ère nouvelle vient de s’ouvrir dans l’industrie musicale. Une ère où la plume reprend le premier rôle. C’est peut-être l’avènement du temps béni des paroliers.


Albany, NY

L’Accord Karibe annonce deux journées de manifestation le vendredi 14 et le mardi 18 novembre 2025

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À quelques mois de la fin du mandat du conseil présidentiel de transition, l’opposition continue d’exiger le départ du pouvoir en place. Lors d’une conférence de presse le jeudi 13 novembre 2025, les structures composant l’accord Karibe ont dénoncé la situation chaotique que traverse la population haïtienne, particulièrement les citoyens des quartiers populaires. Il soutient que les autorités actuelles ont totalement échoué dans leurs missions.

Les membres du l’accord Karibé annoncent l’organisation de deux(2) journées de manifestation pour les vendredis 14 et le mardi 18 novembre 2025 en vue maintenir la mobilisation contre le pouvoir.

«Les autorités actuelles ne font que s’enrichir dans la plus grande impunité, tandis que le peuple continue de rever», Abel Loreston, l’un des responsables de cet accord. «Aucune avancée n’a été faite ni en matière de sécurité, ni de référendum, ni d’élections, malgré les fonds dépensés», a-t-il poursuivi.

De son coté, Dr Louis Charles, dénonce la complicité existant entre le pouvoir et les groupes armés, l’insécurité généralisée, l’effondrement des services sociaux et le mépris du sort des plus vulnérables par les autorités.

Tout en qualifiant cette transition de «conspiration politique totale » Dr Charles exige que ses membres, ainsi que ceux du gouvernement soient traduits en justice.

Ils menacent, ces jours là, d’attacher symboliquement les responsables du pouvoir en place pour les traduire devant le tribunal du peuple.

Gedeon Delva

Corruption au FNE : les avocats de l’ex-directeur Jean Ronald Joseph répliquent à l’avis de recherche de l’ULCC

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Dans une démarche inédite, les avocats de Jean Ronald Joseph ont signifié une requête officielle à l’ULCC et au Parquet de Port-au-Prince pour contester l’avis de recherche émis contre leur client. Cette réaction formelle, transmise le 13 novembre par huissier, marque un nouveau tournant dans l’affaire de corruption présumée au Fonds national de l’Éducation (FNE).

Un nouvel épisode vient s’ajouter au dossier de l’ancienne administration du Fonds national de l’Éducation (FNE). Sans tarder après la diffusion d’un avis de recherche visant l’ex-directeur général Jean Ronald Joseph, ses avocats ont officiellement répliqué.
Le 13 novembre 2025, l’huissier Jume Cadet, du Tribunal de Première Instance de Port-au-Prince, a signifié à l’ULCC et au Commissaire du gouvernement une requête formelle contestant la nature de cet avis, dans un acte désormais enregistré au Parquet.

Selon ce document, l’ex-directeur qui réside actuellement au Canada depuis son remplacement en février 2025 — affirme être surpris d’être présenté comme « en cavale ». Ses représentants légaux assurent qu’il est en contact régulier avec l’ULCC par l’entremise de ses avocats.

Convoqué mais non comparu

D’après une source proche du dossier, Jean Ronald Joseph avait été convoqué au début du mois de septembre, mais n’avait pas pu se présenter. Sommé par l’ULCC, il avait transmis un certificat médical signé d’un médecin canadien, demandant le report de son audition au mois d’octobre pour raisons de santé.

Ses avocats confirment dans leur requête que leur client « ne jouit pas d’une santé robuste » et qu’il suit un traitement médical régulier depuis son arrivée au Canada. Ils affirment avoir communiqué cette information à l’ULCC dans une correspondance datée du 18 septembre.

L’ULCC enquête sur des faits de corruption

L’avis de recherche de l’ULCC, publié le 10 novembre, s’inscrit dans le cadre d’une enquête portant notamment sur :
abus de fonction, détournement de biens publics, abus de biens sociaux, entrave au bon fonctionnement de la justice.

Cette enquête porte sur la période où Jean Ronald Joseph dirigeait le FNE, soit du 20 décembre 2021 jusqu’à la fin de son mandat statutaire de trois ans.

Les avocats dénoncent une atteinte à la réputation

Dans l’acte signifié, les avocats soutiennent que leur client est un « professionnel de haut rang » ayant « toujours respecté les principes républicains dans la gestion des biens de l’État ». Ils demandent que toute audition se tienne dans un cadre « sain, indépendant et exempt de tout agenda politique ».

Ils mettent également en garde toute personne qui tenterait de « salir son image et sa réputation, construites au prix de nombreux sacrifices ».

Un tournant dans le dossier

La transmission de cette requête par voie d’huissier, enregistrée officiellement au Parquet constitue la première réponse formelle de l’ex-directeur du FNE depuis que l’affaire a refait surface.

Elle ouvre une nouvelle phase dans le bras de fer entre l’ULCC, qui affirme rechercher activement l’ancien haut fonctionnaire, et la défense, qui soutient que son client n’a jamais cherché à se soustraire à la justice mais sollicite une procédure « régulière » et compatible avec son état de santé.

L’affaire, déjà sensible, devrait désormais connaître plusieurs rebondissements.

La rédaction