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L’exploitation des enfants par les gangs alimente une crise majeure de délinquance

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Par Gesly Sinvilier

En Haïti, la progression alarmante de la traite et du recrutement d’enfants par les gangs armés n’est plus seulement une crise de protection de l’enfance : elle constitue aujourd’hui le moteur principal de l’expansion de la délinquance juvénile dans le pays.Les données disponibles – soit au moins 302 enfants recrutés en 2024, selon les statistiques officielles – ne reflètent qu’une partie d’un phénomène en constante aggravation.

Les témoignages collectés par le Service des droits humains (SDH) auprès d’acteurs locaux et internationaux montrent clairement que l’implication d’enfants et d’adolescents dans les activités criminelles est en train de devenir un phénomène structurel, profondément enraciné dans la crise sécuritaire et sociale actuelle.

Une jeunesse ciblée et piégée

Dans les zones sous contrôle des gangs, les enfants évoluent dans un environnement où les repères éducatifs et sociaux ont été remplacés par l’autorité criminelle. La pauvreté extrême, la déscolarisation massive et le manque d’opportunités exposent directement les jeunes à l’influence de groupes armés qui se positionnent comme des acteurs incontournables de la vie quotidienne. Les enfants issus de foyers monoparentaux, de familles à faible revenu ou vivant dans des quartiers marginalisés deviennent des cibles faciles. Les gangs exploitent cette vulnérabilité en leur promettant protection, revenus ou sentiment d’appartenance, ou encore en exerçant sur eux des pressions psychologiques et des menaces directes. À travers des rituels violents ou des formes de contrainte, ils façonnent une nouvelle génération d’adolescents socialisés dans la violence et exposés très tôt à la manipulation d’armes, à la commission d’extorsions, d’enlèvements ou à des affrontements armés contre les forces de l’ordre.

La délinquance juvénile : un symptôme, mais aussi une conséquence

Le recrutement forcé ou manipulé des enfants par les gangs génère une dynamique dans laquelle la délinquance juvénile devient à la fois un symptôme de la crise et une conséquence directe de l’absence de protection. Les garçons, souvent envoyés exécuter diverses tâches criminelles — comme servir de guetteurs, transporter des messages ou participer à des enlèvements et meurtres ciblés — sont progressivement intégrés dans un système où la criminalité est normalisée. Les filles, quant à elles, subissent des violences sexuelles, l’exploitation domestique et, dans certains cas, une implication forcée dans les activités criminelles. Cette immersion précoce dans la violence crée une génération d’enfants pour qui la délinquance devient un mode de vie imposé plutôt qu’un choix, renforçant la spirale d’insécurité dans les communautés.

Un système incapable d’offrir des alternatives

L’incapacité du système haïtien à offrir des services sociaux adéquats, une éducation accessible ou une justice juvénile fonctionnelle contribue directement à l’expansion de la délinquance juvénile. De nombreuses écoles restent fermées ou ne fonctionnent qu’à temps réduit en raison de l’insécurité, tandis que les centres communautaires, autrefois essentiels pour l’accompagnement des jeunes, deviennent inaccessibles. Les familles vulnérables, souvent laissées à elles-mêmes, n’ont aucun soutien institutionnel. Du côté de la justice, les faiblesses sont encore plus criantes : les enfants arrêtés se retrouvent fréquemment détenus avec des adultes, en violation des normes internationales, et les programmes de réhabilitation sont quasi inexistants. L’absence de poursuites effectives contre les recruteurs d’enfants laisse place à une impunité totale, permettant aux gangs de continuer à exploiter cette population sans contrainte.

Urgence d’agir : prévenir la délinquance pour briser le cycle

Face à l’enracinement de la délinquance juvénile, une stratégie nationale d’urgence s’impose. La prévention doit devenir la priorité, notamment à travers la réouverture sécurisée des écoles, la création d’espaces sûrs dans les communautés et la mise en place de programmes de soutien pour les familles les plus vulnérables. Offrir des alternatives réelles aux jeunes, telles que des formations professionnelles, des activités sportives ou culturelles, ainsi qu’un accompagnement psychosocial adapté, est indispensable pour les éloigner de l’influence des gangs.

Parallèlement, une réforme profonde de la justice juvénile est nécessaire, incluant la séparation des mineurs et des adultes en détention, la mise en place de véritables programmes de réinsertion et le renforcement des capacités d’enquête pour poursuivre efficacement les individus impliqués dans la traite d’enfants. Enfin, une présence accrue des services publics dans les quartiers marginalisés contribuerait à réduire l’emprise des gangs en offrant des alternatives légitimes et visibles aux populations locales.

Protéger la jeunesse : une condition pour reconstruire Haïti

Haïti risque de perdre une génération entière si des mesures urgentes ne sont pas prises pour combattre et prévenir la délinquance juvénile. Les enfants enrôlés aujourd’hui pourraient devenir les chefs de gangs de demain, si aucune intervention n’interrompt ce cycle de violence. Protéger les enfants, renforcer la justice juvénile et offrir des perspectives viables d’avenir constituent non seulement un impératif moral, mais aussi une condition essentielle à la reconstruction et à la stabilisation du pays.

La DCPJ sous pression : le RNDDH dénonce des dérives graves dans un rapport explosif

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*La Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) est au cœur d’une tempête institutionnelle. Dans une correspondance adressée à l’Inspection Générale de la Police Nationale d’Haïti (IGPNH), le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) alerte sur une série de faits jugés « graves et préoccupants », susceptibles d’ébranler la crédibilité de l’une des principales unités de lutte contre la criminalité organisée du pays.*

Le document, transmis le 11 novembre 2026 également au ministre de la Justice, dresse un tableau troublant de pratiques internes, d’interférences judiciaires et de relations compromettantes au sein de la DCPJ, dirigée depuis le 18 août 2025 par le commissaire divisionnaire Justin Marc.

*Ingérences dans un dossier judiciaire sensible*

Le premier point soulevé par l’organisation de défense des droits humains touche l’affaire Anvayi Hôtel / RJ Rent a Car, l’un des dossiers criminels et patrimoniaux les plus volumineux de ces dernières années.

Le RNDDH accuse la direction actuelle de la DCPJ d’être intervenue de manière irrégulière dans une procédure encore en cours d’instruction. Selon le rapport, malgré des saisies et confiscations légalement ordonnées — plus de 60 véhicules et un immeuble — le directeur Justin Marc serait intervenu sans mandat judiciaire pour influencer le déroulement du dossier.

L’organisation affirme aussi avoir été informée qu’un montant de 10 000 dollars américains aurait été remis à la DCPJ le 10 septembre 2025, créant un climat de tension interne.

Pour le RNDDH, cette immixtion vise à faire porter l’entière responsabilité des dérives au Bureau d’Administration du Fonds Spécial (BAFOS), alors que « plusieurs policiers utiliseraient des véhicules saisis » dans le cadre de l’enquête.

*Une visite controversée d’Arnel Bélizaire*

Autre fait mis en lumière : la surprenante présence de l’ex-député Arnel Bélizaire dans les locaux de la DCPJ le 25 septembre 2025, trois jours seulement après avoir été sanctionné par les États-Unis pour soutien aux activités criminelles.

Selon le RNDDH, Bélizaire aurait bénéficié d’un accès facilité grâce aux liens qu’il entretient avec des responsables policiers. Après un entretien avec Magalie Habitant, il aurait menacé des enquêteurs, avant de se livrer, devant le bâtiment, à un direct en compagnie de figures de la coalition armée Viv Ansanm, dont Jimmy “Barbecue” Chérizier.

Pour l’organisation, cette séquence jette un doute profond sur la capacité de la DCPJ à maintenir son indépendance face aux groupes armés.

*Le dossier Guerrier Henri, un traitement jugé partial*

Le RNDDH revient également sur la gestion du dossier du journaliste Guerrier Henri, investigué depuis juin 2025 pour blanchiment, financement du terrorisme et enrichissement illicite.

Malgré plusieurs pièces versées au dossier — dont des interventions de chefs de gangs dans ses émissions — le directeur de la DCPJ aurait reçu le journaliste « comme un invité d’honneur » le 15 septembre 2025, avant de reprogrammer une audition officielle sous la pression de ses propres enquêteurs.

Le rapport dénonce ensuite un blocage interne : le BAFE, chargé de la partie financière, aurait été empêché de collaborer avec l’UCREF, tandis que la section criminelle n’aurait pas reçu les documents nécessaires pour poursuivre les investigations.

Selon l’organisation, ces manoeuvres pourraient viser à produire un rapport « favorable » au journaliste.

*Une saisie de drogue à l’Île de La Tortue entourée d’inquiétudes*

Enfin, le rapport évoque une opération menée le 13 juillet 2025 à l’Île de La Tortue, ayant conduit à la mort de plusieurs ressortissants jamaïcains et bahamiens.

Sans accuser directement la DCPJ, le RNDDH affirme que des zones d’ombre persistent quant au suivi judiciaire et administratif de cette opération d’envergure, notamment concernant la gestion des pièces saisies et la coordination entre les différentes unités.

*Le RNDDH réclame enquêtes, sanctions et réforme interne*

Face à l’accumulation de ces cas, l’organisation demande à l’IGPNH d’ouvrir des enquêtes disciplinaires et administratives contre plusieurs responsables et de garantir que les procédures judiciaires en cours ne soient pas altérées.

Dans sa correspondance, le RNDDH rappelle que la DCPJ a longtemps été perçue comme une institution essentielle dans la lutte contre la criminalité en Haïti. Les dérives actuelles, insiste-t-il, « risquent de saper la confiance des citoyens » si des mesures correctives rapides ne sont pas prises.

La rédaction

Haïti: Washington brandit la menace de sanctions pour contrer toute tentative de déstabilisation

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Port-au-Prince, 20 novembre 2025— Face à la montée des tensions politiques et à l’enlisement de la crise institutionnelle en Haïti, les États-Unis haussent le ton. Dans un message publié mercredi soir sur le réseau X, le secrétaire d’État adjoint américain, Christopher Landau, a adressé une mise en garde explicite contre toute initiative visant à exacerber l’instabilité ou à fragiliser davantage les institutions nationales.

«Il est temps que cessent la violence des gangs et les luttes intestines entre acteurs politiques», a déclaré le diplomate américain. Appelant à un sursaut d’unité parmi les responsables haïtiens, il a insisté sur l’urgence de mettre fin à des comportements qu’il juge nuisibles à la stabilité politique du pays.

Washington, qui multiplie depuis plusieurs mois les signaux d’impatience, envisage désormais de recourir à des mesures coercitives ciblées. Selon Landau, les États-Unis élaborent, en coordination avec plusieurs partenaires du continent, un ensemble de sanctions comprenant la révocation de visas et d’autres restrictions destinées à frapper les acteurs accusés de saboter le processus politique.

Cette approche s’inscrit dans la stratégie américaine visant à freiner la violence des groupes armés et à dissuader les manœuvres politiques jugées déstabilisatrices.

Cette mise en garde intervient alors que la capitale est secouée par un regain de tensions. Des rumeurs insistantes laissent entendre que le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, pourrait être révoqué, alimentant une atmosphère d’incertitude politique. Dans un pays privé d’élections depuis des années, sans Parlement fonctionnel et en quête d’un nouveau cadre de transition, cette situation fragilise davantage un exécutif déjà contesté.

L’absence d’un calendrier électoral clair continue de nourrir la frustration d’une population confrontée à l’effondrement des services publics, à la recrudescence des violences armées et à la paralysie administrative.

En menaçant de sanctions, Washington cherche clairement à envoyer un signal: aucune tentative de renverser l’ordre institutionnel ou de prolonger la crise ne sera tolérée. Les États-Unis rappellent ainsi leur engagement en faveur d’un processus politique stable, d’un retour rapide à l’ordre constitutionnel et de la création de conditions propices à la tenue d’élections crédibles.

Pour Christopher Landau, le moment est déterminant pour l’avenir d’Haïti. Le diplomate exhorte les acteurs nationaux à mettre fin aux stratégies d’obstruction et à privilégier le dialogue, avertissant que la communauté internationale ne restera pas spectatrice face à d’éventuelles dérives.

Jean Mapou

Haïti-Carburant: le Ministère du Commerce dément toute rareté et annonce des contrôles renforcés

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PORT-AU-PRINCE.— Alors que des inquiétudes grandissent dans plusieurs quartiers du pays au sujet d’une éventuelle pénurie de carburant, le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) a publié, ce jeudi, un avis pour rassurer la population: aucune rareté de carburant n’est enregistrée sur le marché national.

Selon la note émise par la Direction Générale du MCI, les informations recueillies auprès des importateurs et distributeurs confirment que les produits pétroliers sont disponibles en quantité suffisante pour répondre à la demande. Le ministère insiste: l’approvisionnement n’est pas menacé.

Si aucune pénurie structurelle n’est signalée, le MCI reconnaît toutefois avoir observé des «perturbations locales» sur certains points de vente, qu’il attribue à des pratiques non conformes, notamment des irrégularités dans les opérations de distribution ou de fixation des prix.

Face à ces dérives, les autorités annoncent une série de mesures destinées à rétablir l’ordre.

Le ministère informe également que des équipes d’Inspecteurs seront déployées sur l’ensemble du territoire national, avec pour missions: de réaliser des vérifications spontanées dans les stations-service et les points de distribution; de s’assurer du respect des prix et des conditions de vente établis; de prévenir et sanctionner toute pratique spéculative ou illégale.

Ces opérations s’effectueront en coordination directe avec la Police Nationale d’Haïti (PNH), dans le but d’assurer la stabilité de l’approvisionnement et d’éviter toute perturbation artificielle des produits pétroliers.

Le MCI appelle les acteurs du secteur, ainsi que la population, à faire preuve de sérénité et de coopération. Le ministère dit compter sur la collaboration des distributeurs pour garantir un fonctionnement normal du système d’approvisionnement.

Alors que le carburant demeure un enjeu sensible dans un contexte national fragile, les autorités assurent qu’elles resteront vigilantes afin d’éviter les spéculations qui, par le passé, ont souvent amplifié des tensions déjà vives.

Jean Mapou

Qualification historique d’Haïti au Mondial 2026: la presse internationale salue un exploit sportif et un symbole d’espoir

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PORT-AU-PRINCE.— La qualification d’Haïti pour la Coupe du Monde 2026 continue de faire vibrer la planète football. De Washington à Paris, en passant par Londres et les grandes rédactions sportives internationales, la presse mondiale célèbre un exploit historique qui dépasse largement les limites du terrain. Entre admiration sportive et analyse sociopolitique, les journaux étrangers voient dans cette qualification bien plus qu’une victoire: un souffle d’espoir pour un pays meurtri.

Un moment d’unité dans un pays fracturé

«Une parenthèse d’euphorie nationale». C’est ainsi que l’Associated Press décrit l’ambiance qui a envahi les rues haïtiennes après le coup de sifflet final. Le média américain note que, dans un pays gangrené par la violence, l’insécurité et l’effondrement des institutions, ce succès a offert un rare moment de joie collective.

Même tonalité au Washington Post, qui insiste sur la portée symbolique de la qualification. Le quotidien souligne qu’au cœur d’un État sans président ni parlement, où les gangs règnent sur plusieurs quartiers de la capitale, «le football a brièvement rassemblé une nation fragmentée». Des cris de joie ont retenti «plus fort que les détonations quotidiennes», écrit le journal.

Un exploit historique au parfum de renaissance

La presse internationale rappelle que la dernière apparition d’Haïti en Coupe du Monde remonte à 1974, une éternité. Pour plusieurs journaux, cette qualification revêt une dimension historique comparable à une résurrection sportive.

Certains médias anglophones soulignent aussi une coïncidence symbolique: cette qualification survient autour du 18 novembre, date de la bataille de Vertières, événement fondateur de l’indépendance haïtienne. Le parallèle entre les héritiers de Vertières et la sélection nationale n’a pas échappé aux éditorialistes.

Même la FIFA, par la voix de son président Gianni Infantino, a tenu à saluer la performance, affirmant que la présence d’Haïti « donnera une couleur unique » au Mondial 2026.

Des obstacles titanesques relevés par une équipe résiliente

Si la victoire a été saluée, les médias insistent surtout sur le contexte improbable qui a rendu cette qualification presque miraculeuse.

Reuters souligne que l’équipe haïtienne a disputé tous ses matchs hors du territoire national, le principal stade du pays étant contrôlé par des gangs armés. Le sélectionneur Sébastien Migné, un Français, n’a jamais pu mettre les pieds en Haïti depuis sa nomination pour des raisons de sécurité. Il a dirigé son groupe à distance, entre camps d’entraînement improvisés et déplacements permanents.

ESPN, pour sa part, relève que l’effectif est composé en immense majorité de joueurs évoluant à l’étranger, un atout technique mais aussi le reflet d’un football local à reconstruire.

Pour Reuters, cette équipe est avant tout «un groupe forgé dans l’adversité», où la résilience a pris la place du confort logistique.

Une qualification qui dépasse le sport

Pour l’Associated Press comme pour le Washington Post, cette qualification ne transformera pas immédiatement la réalité quotidienne des Haïtiens. Mais elle porte un message fort: celui d’une nation capable de se rassembler, de vibrer et de rêver malgré la crise.

Les réactions collectées par les médias étrangers convergent toutes vers une même idée: ce Mondial sera pour Haïti plus qu’une compétition. Ce sera une vitrine, un symbole, une fierté retrouvée et, peut-être, un levier pour inspirer une nouvelle génération.

Jean Mapou

L’appel des Grenadiers : lecture politique, sociologique et géopolitique d’un message national

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Par Pierre Josué Agénor Cadet

La qualification de la sélection nationale masculine d’Haïti, les Grenadiers, pour la Coupe du monde de la FIFA 2026 constitue un événement majeur dans l’histoire contemporaine du pays. Au-delà de l’exploit sportif, cette performance intervient dans un contexte d’effondrement multidimensionnel de l’État haïtien, marqué par la fragmentation territoriale, la paralysie institutionnelle, l’insécurité structurelle et l’influence croissante des groupes armés . Dans ce cadre, l’appel lancé par les Grenadiers à l’ensemble de la Nation, dans une petite vidéo devenue virale sur les reseaux sociaux, dépasse largement le registre sportif et revêt une portée sociopolitique et symbolique singulière.

Cet article propose une lecture analytique approfondie de cet appel, en examinant ses implications sociopolitiques et diplomatiques, ainsi que la manière dont il interpelle à la fois les acteurs locaux, les autorités publiques, les groupes armés et les partenaires internationaux.

Un message sportif devenu message national

  1. De l’exploit sportif à l’interpellation citoyenne

L’appel des Grenadiers survient dans un moment d’euphorie collective, alors que l’équipe réalise une performance historique susceptible de raviver un sentiment national affaibli par des années de crises. Leur message, formulé avec simplicité et sincérité, rompt avec les discours politiques traditionnels, souvent perçus comme déconnectés de la réalité. Il s’agit d’un appel qui émane d’acteurs dont la légitimité découle non pas d’un mandat institutionnel, mais de leur capacité à unir symboliquement le pays autour d’une réussite partagée.

  1. La dimension émotionnelle du discours

Par leur ton et leur contenu, les joueurs expriment un attachement profond à Haïti, leur terre natale ou celle de leurs parents ou grands parents. Ils expriment leur désir ardent de revenir célébrer avec la population dans un pays  » ouvert » , « débloqué » , pacifié. Cet appel met en lumière la tension douloureuse entre la fierté nationale symbolisée par la sélection et la réalité d’un pays fragmenté, où l’accès même au territoire national est compromis.

*Une critique implicite de l’effondrement de l’État*
  1. L’État absent ou déresponsabilisé

Sans jamais citer explicitement les dirigeants, les Grenadiers pointent du doigt la défaillance de l’autorité publique. En appelant à  » rouvrir le pays » , ils soulignent l’incapacité chronique de l’État haïtien à assurer ses fonctions régaliennes fondamentales : la sécurité, la libre circulation des personnes et des biens, le contrôle du territoire et la fourniture de services publics de base. Car c’est l’état qui, selon Max Weber, a le monopole de la contrainte légitime.

Leur message relève ainsi d’une critique voilée, mais puissante, d’un État devenu largement incapable d’exercer sa souveraineté.

  1. La montée en puissance des acteurs armés non étatiques

Lorsque les Grenadiers exhortent les acteurs à  » débloquer » » « le pays, ils s’adressent implicitement aux groupes armés qui contrôlent des pans entiers du territoire. Ces groupes, en imposant leur ordre propre, fragmentent l’espace national et entravent le fonctionnement économique, social et politique du pays. L’appel des joueurs constitue ainsi une dénonciation indirecte mais explicite de la violence structurelle qui étouffe la société.

Une interpellation géopolitique adressée aux pays dits  » amis »

  1. Le paradoxe diplomatique

L’analyse de leur message révèle aussi une critique subtile de certains partenaires internationaux qui, sous prétexte de préoccupations sécuritaires, ont réduit ou suspendu leurs activités consulaires et limité considérablement leur présence opérationnelle en Haïti. Le maintien de la fermeture ou de la paralysie de l’aéroport international de Port-au-Prince depuis le 11 novembre 2024 symbolise cette posture ambiguë.

Toutefois, ces mêmes pays continuent de participer à des réunions politiques, des négociations diplomatiques et des activités sociales dans la capitale, ce qui crée un contraste saisissant et un sentiment d’immobilisme international.

  1. La dépendance structurelle et ses contradictions

Ce paradoxe renvoie à la situation particulière d’Haïti dans le système international : un pays où les acteurs étrangers jouent un rôle déterminant dans les décisions politiques internes, tout en adoptant parfois des mesures qui aggravent l’isolement du pays. L’appel des Grenadiers peut alors être lu comme une invitation à réexaminer les responsabilités partagées dans la crise actuelle.

La portée symbolique et politique de l’appel

  1. Une tentative de reconstruction de l’imaginaire national

Dans un pays fracturé , la performance des Grenadiers et leur message contribuent à réactiver un espace symbolique commun, un imaginaire national où l’unité, la fierté et l’espoir ne sont plus des abstractions mais des expériences vécues. Le sport en général ( le football en particulier), dans ce contexte, devient un instrument de cohésion symbolique.

  1. Un appel aux responsabilités collectives

Les joueurs appellent les Haïtiens à un sursaut moral et civique. Leur message met en évidence une vérité essentielle : la réussite nationale, qu’elle soit sportive, économique ou institutionnelle, ne peut émerger dans un pays paralysé par la violence, la peur et l’anomie sociale. Leur voix devient ainsi un miroir tendu à la société haïtienne et à ses dirigeants.

L’appel des Grenadiers dépasse largement le domaine sportif. Il constitue un acte civique, une interpellation politique et un message symbolique d’une portée rare. Dans un pays en crise permanente , où les repères institutionnels s’effritent et où la souveraineté nationale est en déficit , la voix de ces jeunes sportifs résonne avec une force particulière.

Puissent les acteurs nationaux (autorités, gangs armés, société civile, tout comme les partenaires internationaux) entendre cet appel et y répondre de manière responsable. Car au-delà de la qualification pour la Coupe du monde, c’est la possibilité même d’un avenir national qui se joue.

Pierre Josué Agénor Cadet

Barrages Coupe du Monde 2026 : Les derniers billets se joueront en mars

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Alors que la Coupe du Monde 2026 approche à grands pas, six places restent encore à attribuer pour ce Mondial historique à 48 équipes. Tous les regards seront tournés vers une seule et même fenêtre internationale, du 26 au 31 mars 2026, qui promet un concentré de tension et d’émotions.

Quatre de ces billets se disputeront en Europe via les barrages continentaux, tandis que deux autres seront attribués lors des barrages intercontinentaux, sur terrain neutre au Mexique.

Barrages intercontinentaux (Mexique)

Dates : Demi-finales le 26 mars, finales le 31 mars
Stades : Estadio Akron (Guadalajara) et Estadio BBVA (Monterrey)

Les rencontres s’annoncent palpitantes :
Voie 1 : Nouvelle-Calédonie (OFC) – Jamaïque (CONCACAF)
Le vainqueur affrontera la RD Congo (CAF), directement qualifiée pour la finale. Une opportunité historique pour la sélection congolaise, absente du Mondial depuis 1974.

Voie 2 : Bolivie (CONMEBOL) – Suriname (CONCACAF)
Le vainqueur rencontrera l’Irak (AFC), également exempté de demi-finale. Ici aussi, un exploit est possible pour des nations peu habituées aux grandes scènes.

Les deux vainqueurs des finales intercontinentales décrocheront leur précieux billet pour la Coupe du Monde 2026, et pourraient créer l’une des grandes surprises du tournoi.

Barrages européens (16 équipes pour 4 places)

Dates : Demi-finales le 26 mars (chez la tête de série), finales le 31 mars

L’Europe promet des matchs serrés et intenses, où l’histoire et la pression pèsent lourd :

Voie A :
Italie – Irlande du Nord
Ukraine – Suède

Voie B :
Pays de Galles – Bosnie-Herzégovine
Pologne – Albanie

Voie C :
Slovaquie – Kosovo
République tchèque – République d’Irlande

Voie D :
Turquie – Macédoine du Nord
Roumanie – Danemark

Chaque vainqueur de finale européenne gagnera le droit de participer au Mondial qui se déroulera conjointement aux États-Unis, au Canada et au Mexique. Pour certaines nations historiques comme l’Italie, ces matchs représentent une dernière chance d’éviter un troisième échec consécutif à la qualification. Pour d’autres, comme le Kosovo ou la Macédoine du Nord, il s’agit peut-être de la première opportunité de briller sur la plus grande scène mondiale.

Mardoché D’Août

𝐃𝐚𝐧𝐢𝐞𝐥 𝐌𝐚𝐫𝐜𝐞𝐥𝐢𝐧, 𝐮𝐧 𝐂𝐨𝐧𝐬𝐞𝐫𝐯𝐚𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐞 𝐛𝐨𝐧𝐭𝐞́!

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Par Jean Venel Casséus

Chaque adolescent ou jeune adulte a besoin, un jour ou l’autre, de franchir une porte pour trouver son univers, pour se découvrir une respiration intérieure, pour entendre cette phrase silencieuse mais décisive : « C’est ce que je veux. » Ce n’est jamais un raisonnement. C’est un éblouissement. Une émotion pure qui s’impose, une passion neuve qui naît d’elle-même. Ce moment-là réoriente une existence. Il donne un axe, une audace, une manière d’habiter le monde.

Ma porte à moi fut celle de 𝐿𝑒 𝑃𝑒𝑡𝑖𝑡 𝐶𝑜𝑛𝑠𝑒𝑟𝑣𝑎𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒. Daniel Marcelin en était la figure tutélaire. Un maître au sens le plus noble du terme : celui qui transmet sans posséder, qui éclaire sans dominer, qui offre sans se mettre au centre. Il avait cette manière rare d’enseigner en donnant l’impression qu’il partageait quelque chose de plus large que lui-même, comme un architecte qui prépare le terrain pour des constructions qu’il ne verra peut-être pas, mais dont il sait qu’elles auront leur nécessité.

Il faut dire que l’espace de 𝐿𝑒 𝑃𝑒𝑡𝑖𝑡 𝐶𝑜𝑛𝑠𝑒𝑟𝑣𝑎𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒 ne ressemblait pas à une école ordinaire. Rien n’y était décoratif. Tout avait une fonction : apprendre à penser avec précision, à sentir sans emphase, à comprendre la parole comme une matière exigeante. On y entrait pour travailler, mais aussi pour se transformer, non pas par imitation, mais par approfondissement. On apprenait à soulever une idée, à tenir un silence, à habiter un texte sans se cacher derrière lui.

Je revois encore ce samedi de 1999 où Junior Metellus m’y avait conduit. J’étais loin de mesurer ce que cela allait ouvrir. Ce qui m’a frappé n’était pas la technique, ni la discipline, bien qu’il y en eût, et de grande qualité, mais la bonté. Une bonté active, structurante, qui donnait au travail une gravité tranquille. Daniel Marcelin enseignait comme on veille sur une promesse. Il regardait chaque élève non pas comme un exécutant en devenir, mais comme un possible. Et ce regard suffisait à créer un espace où l’on ne cherchait pas à « faire le malin », mais à devenir plus précis, plus vrai, plus disponible.

La générosité de Daniel Marcelin n’était jamais affective. Elle était méthodique. Il donnait son savoir comme on confie une responsabilité. Sans excès de mots. Sans flatterie. Avec cette chaleur contenue qui naît des gens qui savent ce qu’ils font et pourquoi ils le font. Une sorte de dignité silencieuse, qui rend l’apprentissage à la fois exigeant et respirable.

À 𝐿𝑒 𝑃𝑒𝑡𝑖𝑡 𝐶𝑜𝑛𝑠𝑒𝑟𝑣𝑎𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒, on ne formait pas des acteurs : on formait des esprits. Le théâtre y était traité comme une manière d’habiter le réel, de comprendre un texte, de porter une idée sans l’écraser, d’exister dans une parole sans la corrompre. Daniel Marcelin nous apprenait que l’art n’est pas une échappatoire mais un mode d’attention. Que la scène exige une honnêteté intellectuelle avant d’exiger un geste. Que la voix n’est pas un effet, mais une conséquence.

Avec le recul, je comprends que cette expérience fut fondatrice non parce qu’elle fut spectaculaire, mais parce qu’elle fut juste. Daniel Marcelin est de ces êtres qui façonnent les autres sans jamais se proclamer maître. Il agit. Il transmet. Il élève. Et il s’efface au bon moment, laissant à chacun la charge de son propre chemin.

𝐿𝑒 𝑃𝑒𝑡𝑖𝑡 𝐶𝑜𝑛𝑠𝑒𝑟𝑣𝑎𝑡𝑜𝑖𝑟𝑒 fut ma première architecture intérieure. La terre sainte qui m’a fait aimer le théâtre, mais surtout la radio et le journalisme culturel.

À Pacot, dans les locaux du Collège Les Normaliens réunis, la salle était modeste, mais c’était un lieu de construction d’être. C’est là que s’est élaboré quelque chose d’essentiel en moi. C’est là que s’est construit la manière d’aborder un texte, un rôle, un silence, une idée. C’est là que j’ai compris que l’art peut être une discipline de soi. Et que certaines rencontres, quand elles ont la bonté pour socle, changent plus qu’une vocation : elles changent la manière d’exister.

Merci Daniel pour cette part indispensable que tu es dans ce que je suis.

Courte réaction aux publications du compatriote Agénor Cadet sur l’Esprit de Vertières

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Cher compatriote et collègue P.J. A. CADET,

Merci pour tes récents textes sur la bataille de Vertières et ses divers grands enjeux actuels.

Oui, continuer à prôner et défendre l’Esprit de Vertières comme Énergie Vitale de résurrection morale et de relèvement total et global, telle est effectivement la consigne individuelle et collective qui s’impose à nous tous aujourd’hui.

C’est tant mieux que tu comprennes bien ces enjeux et contribues à les promouvoir!

Espérons, avec la plus grande foi, que l’Esprit de Vertières continuera de se désenclaver et atteindra bientôt la masse critique nécessaire d’acteurs sociaux convaincus et engagés, à l’échelle haïtienne, mondiale et surtout africaine et panafricaine. Tout en nous imprégnant davantage aujourd’hui de l’Esprit de Vertières et de nos Ancêtres révolutionnaires, ne perdons jamais de vue ce propos géopolitique et géostratégique heureux et pertinent du professeur et kémitologue Sech Rekhmirê Coovi Gomez qui a constaté ceci:
« Haïti est le pays le plus africain de la Caraïbe, et le pays le plus caraïbéen d’Afrique. Haïti, c’est une Afrique indomptable, généreuse, perdue au milieu des mers caraïbes. »(*) Autrement dit, l’avenir souverain, libre, pacifié, serein, protégé, sécurisé et prospère d’Haïti et de la Nation haïtienne ne peut être conçu, pensé, se développer, se consolider, s’affirmer et s’éterniser qu’à travers ce prisme stratégique — naturel et salutaire — du raccordement d’Haïti et de l’Afrique. Une fois mis en place et consolidé ce 
paysage de retrouvailles et de reconnexions génétiques, d’extensions et de projections diverses et multiples, le monde en général et le monde kémite en particulier ne pourront que mieux s’en porter.

Espérons donc aussi que, bien au-delà de l’espace national ou local et de toutes approches électoralistes, par essence mystificatrices et délétères, l’Esprit de Vertières — et donc de la Révolution haïtienne triomphante du début du 19ème siècle — se re-convertira, dans une claire et puissante poussée symbiotique Afrique-Hayti, en énergie dessalinienne éminemment opérationnelle et libératrice de l’Homo Niger ou Homo Kemeticus.

(*) Voir la source de cette citation sur Youtube dans l’intervention du professeur Coovi Gomez sur: De L’Égalité Des Races Humaines d’Anténor Firmin, Librairie Tamery Semawy Maât, in Grands Ouvrages Classiques De La Renaissance Kémite

Lucrémy

Haïti, 52 ans après : une qualification doublement historique qui rallume la fierté d’un peuple

Par Jean Wesley Pierre

Le 18 novembre 2025, Haïti a renoué avec la légende. Cinquante-deux ans après l’épopée de 1974, les Grenadiers ont obtenu leur billet pour la Coupe du Monde 2026, grâce à une victoire nette 2-0 contre le Nicaragua. Une date hautement symbolique pour la nation : celle de la Bataille de Vertières, ultime triomphe révolutionnaire de 1803. Ce jour-là, le football a rejoint l’histoire dans une même célébration de courage, de dignité et de résilience.

Un 18 novembre qui résonne comme un miracle moderne

La soirée avait commencé avec intensité : les Grenadiers, portés par une population entière, ont dominé le Nicaragua, inscrivant deux buts décisifs qui ont mis le pays en ébullition. Mais l’euphorie ne pouvait pas éclater tout de suite. Après leur victoire, les joueurs ont dû, dans une scène devenue virale, regarder la fin du match Costa Rica–Honduras sur « le téléphone de quelqu’un », serrés les uns contre les autres, attendant impatiemment le coup de sifflet final qui pouvait sceller la qualification.

Lorsque ce sifflet a retenti, la libération a été totale. Les joueurs sont tombés dans les bras les uns des autres, certains pleurant, d’autres riant nerveusement : Haïti était mondialiste.

Les rues du pays se sont immédiatement transformées en mers bleues et rouges. Partout, des cris, des drapeaux, des klaxons, des bandes à pieds. La joie spontanée d’un peuple en manque de célébrations collectives.

Un moment national, salué par le monde entier

La performance a été reçue comme un événement international.
L’ambassade des États-Unis en Haïti a félicité la nation, soulignant que « cette réussite reflète le dévouement, la résilience et le talent de l’équipe et de la nation. Un moment de fierté pour tous les Haïtiens. Allez les Grenadiers ! » Une déclaration qui reconnaît explicitement la portée symbolique de cet exploit dans un pays en quête de stabilité et d’espoir.

De son côté, l’Espagne, par l’intermédiaire de son ambassade, a parlé d’un « spectaculaire exploit attendu depuis 1974 », avant d’ajouter : « L’Espagne et Haïti seront à la Coupe du Monde ! » Un message particulièrement fort venant d’un pays habitué aux grandes scènes footballistiques.

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a transmis ses félicitations, confirmant que le retour d’Haïti sur la scène mondiale du football est perçu comme l’un des grands moments de ces qualifications.

Maria Isabel Salvador, ancienne représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU en Haïti, a pour sa part résumé avec franchise la portée émotionnelle de l’événement :

« En Haïti (comme en Équateur, d’ailleurs), on dirait que seul le football nous donne des joies. Félicitations aux Grenadiers pour leur qualification à la Coupe du Monde 2026 ! »

Un constat sincère qui met en lumière la place singulière du football dans la psyché haïtienne moderne.

La fierté de la diaspora et des figures culturelles

Dans la diaspora, les réactions n’ont pas tardé. L’artiste mondialement connu, Wyclef Jean, a lancé sur les réseaux : « What a header 2-0 let’s gooooooo #Haiti », comme un cri du cœur, un signal que la diaspora vibrait autant que ceux au pays.

L’ancien international haïtien Steeven Saba, quand à lui, a partagé un enthousiasme brut, presque instinctif, avec son « Amweyyyyy 🇭🇹 🇭🇹 🇭🇹 », symbolisant l’amour viscéral des joueurs expatriés pour leur sélection.

La parole aux héros : les joueurs racontent leur engagement

Parmi les prises de parole les plus marquantes, celle de Jean Ricner Bellegarde a profondément touché les supporters :

« 18 novembre 2025, une date symbolique qui restera gravée à jamais. Je me suis engagé avec un groupe, une équipe, une famille, ma nation. Je remercie le peuple haïtien pour tout leur soutien. Fierté à jamais. » Une déclaration qui incarne à la fois la dévotion personnelle et l’âme collective qui a porté cette équipe.

Le journaliste sportif Ralph Ganthier, figure clé du football national, a exprimé la gratitude partagée par toute la sélection :

« Merci infiniment au nom du peuple haïtien. »

Un message simple mais chargé de reconnaissance.

De son côté, Frantz Duval, directeur du Nouvelliste, a résumé la portée historique en quelques mots seulement, devenus viraux :

« Haïti sera à la Coupe du monde 2026. »

« L’histoire renaît en bleu et rouge » : un pays qui se retrouve, enfin

Dans un autre message officiel, les autorités ont proclamé :

« L’histoire renaît en bleu et rouge ! 52 ans après, Haïti retrouve enfin la Coupe du Monde. Une nouvelle génération écrit une page immense pour un peuple fier, résilient et déterminé. »

Et en effet, le pays tout entier a semblé revivre, ne serait-ce qu’une nuit.

Les scènes de célébration, les vidéos d’exultation collective, les prières, les larmes, les chants, les drapeaux agités avec frénésie… Tout cela a rappelé que le football n’est pas seulement un sport en Haïti. C’est un langage commun, un refuge émotionnel, un espace où la nation peut se reconnaître malgré les fractures.

Un exploit sportif, un symbole national

Cette qualification est plus qu’une victoire sportive. Elle est un rappel que malgré les crises, malgré les blessures, malgré les difficultés quotidiennes, Haïti peut encore s’imposer sur la scène mondiale.

Elle est la preuve que la nation porte en elle une force intacte, héritée de 1803, ravivée en 1974, et réaffirmée en 2025.
Elle est le témoignage d’un peuple qui ne renonce jamais.

Haïti nan Mondyal.
Grenadye alaso.