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29 novembre 1987- 29 novembre 2025 : 38 ans après, l’avertissement demeure

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Le 29 novembre 1987 reste gravé comme l’une des journées les plus meurtrières de la fin du XXe siècle en Haïti . Ce jour-là, alors que la population s’apprêtait à participer aux premières élections véritablement libres de l’ère post-duvaliériste, la violence coordonnée de groupes armés abattit la démocratie et plongea le pays dans l’horreur . Trente-huit ans plus tard, cette date demeure une blessure ouverte et un avertissement toujours actuel.

*Une montée des tensions*

Au début de novembre 1987, le climat politique était déjà lourd. L’article 291 de la Constitution du 29 mars 1987, qui interdisait la participation des anciens collaborateurs du régime Duvalier, avait provoqué la colère de plusieurs forces rétrogrades. Très tôt, elles multiplièrent les menaces et les actions de sabotage.

Dans la nuit du 2 au 3 novembre, la maison d’Emmanuel Ambroise, membre du Conseil électoral provisoire (CEP), fut incendiée. Quelques jours plus tard, l’imprimerie Le Natal, chargée des bulletins de vote, subit le même sort.
Le 22 novembre, le marché Salomon partit en flammes, avant que des Bureaux électoraux communaux ne soient attaqués et détruits dans l’Artibonite.

Le 28 novembre, un barrage à Saint-Marc bloqua l’acheminement du matériel électoral vers le grand Nord. Un camion transportant des bulletins y fut incendié. Pendant ce temps, le Conseil national de gouvernement (CNG), dirigé par le général Henri Namphy, interdisait le transport aérien du matériel.
Tout indiquait que des forces puissantes refusaient de laisser s’exprimer la souveraineté populaire.

*Ruelle Vaillant : le massacre*

À l’aube du 29 novembre 1987 , des centaines d’électeurs patientaient dans la cour de l’École nationale Argentine Bellegarde, à la ruelle Vaillant. L’atmosphère était chargée d’espoir : enfin, Haïti semblait prête à tourner la page de la dictature.

Vers 6 heures, un commando d’une soixantaine d’hommes lourdement armés fit irruption. Les assaillants ouvrirent le feu sur la foule, puis pénétrèrent dans les salles de classe, transformées ce jour là en bureaux de vote, pour poursuivre leur œuvre de mort, utilisant armes à feu et armes blanches.

Le bilan fut terrible :
des dizaines de victimes dans la capitale de Port-au- Prince, notamment à l’avenue John Brown (Lalue) ; près d’une soixantaine de morts dans l’Artibonite ; un nombre indéterminé de blessés à travers le territoire national.

Face à l’indignation nationale, le CEP fut dissous . Et le général Namphy, dans une phrase devenue tristement historique, déclara : « La bamboche démocratique est finie ».

*Une transition brisée*

Pour la première fois depuis des décennies, l’armée perdait le contrôle direct d’un processus électoral. Les attaques du 29 novembre ne furent pas des actes isolés, mais le résultat d’une convergence de forces hostiles : groupes paramilitaires macoutiques ; élites réactionnaires ; secteurs militaires ; intérêts externes inquiets de la montée de Maître Gérard Gourgue, considéré comme un candidat trop proche du communisme et menaçant pour le statu quo. Ces forces conjuguées décidèrent d’étouffer la transition démocratique dans le sang.

*Un avertissement pour aujourd’hui*

Trente-huit ans plus tard, Haïti se trouve à nouveau à la croisée des chemins. L’État est largement effondré, l’insécurité ravage le pays, et les perspectives d’élections crédibles demeurent incertaines.
Dans ce contexte, le 29 novembre 1987 nous rappelle une vérité essentielle : sans institutions fortes, sans sécurité réelle et sans volonté politique d’imposer la transparence, aucune élection ne peut être source de stabilité.

Plus qu’un souvenir malheureux et douloureux, le 29 novembre 1987,38 ans après ,doit être considéré comme un signal,un appel à revisiter un moment affligeant de notre histoire récente pour rompre, enfin, avec les forces qui vivent du chaos.

Pierre Josué Agénor Cadet

Dadou Pasquet: un monument qui s’éteint, un héritage à préserver

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PORT-AU-PRINCE.— La musique haïtienne vient de perdre l’un de ses plus grands architectes. André «Dadou» Pasquet, guitariste virtuose, cofondateur du mythique Magnum Band et figure majeure du compas, est décédé le 22 novembre 2025 aux États-Unis, à l’âge de 72 ans, des suites d’une longue maladie. Cette disparition plonge Haïti et la diaspora dans une profonde émotion, tant son influence artistique a marqué plus d’un demi-siècle de création musicale.

Né le 19 août 1953 à Port-au-Prince, Dadou Pasquet a d’abord évolué au sein du groupe Tabou Combo dans les années 1970, avant de fonder en 1976, avec son frère Tico, le Magnum Band, formation devenue emblématique du compas moderne.

Guitariste d’une rare finesse, il a développé un style immédiatement reconnaissable: phrases mélodiques élégantes, fluidité technique, tonalité chaleureuse mêlant konpa traditionnel, jazz, funk et blues. Cette signature donnera naissance à ce que mélomanes et spécialistes appellent encore la “Magnum touch”.

Parmi ses compositions les plus marquantes figurent Pike Devan, Monica, Nadia, Jehovah, Lajan ou encore Expérience, aujourd’hui considérées comme des classiques de la musique haïtienne

Une influence transgénérationnelle et transnationale

«Dadou Pasquet n’était pas seulement un guitariste brillant; il était un ambassadeur culturel. Ses tournées en Haïti, aux États-Unis, en Europe et dans la Caraïbe ont largement contribué à faire connaître le compas au-delà des frontières nationales», a souligné Michel Joanel, animateur radiophonique de konpa direct. «Sa musique a touché aussi bien les nouvelles générations que la diaspora haïtienne installée à Miami, New York ou Paris», a-t-il poursuivi.

Selon plusieurs analystes, Dadou figure parmi les artistes qui ont modernisé le konpa sans en altérer l’âme, injectant imagination, rigueur et sophistication dans ses arrangements. Beaucoup de guitaristes haïtiens d’aujourd’hui revendiquent son influence directe sur leur apprentissage et leur style.

Un héritage culturel devenu patrimoine

Dans leurs réactions, institutions culturelles et personnalités du monde artistique soulignent la dimension patrimoniale de son œuvre. Le ministère haïtien de la Culture évoque «la perte d’un géant du compas dont la musique fait désormais partie intégrante de l’identité culturelle du pays».

D’ailleurs, sous l’instigation du ministère de la culture et de la communication et des mélomanes vivant dans la diaspora, une veillée s’est déroulée à Miami en hommage à Dadou avec la participation de plusieurs artistes.

Comment préserver sa mémoire?

La mort de Dadou Pasquet ouvre un vaste chantier de préservation de son œuvre, d’autant plus crucial que les archives musicales haïtiennes sont souvent fragilisées.

Plusieurs sont à considérer:

  1. Sauvegarder et numériser son catalogue:
    Restaurer enregistrements, concerts, archives audiovisuelles, afin d’assurer leur disponibilité durable pour les générations futures.
  2. Instituer des hommages réguliers:
    Festivals, concerts thématiques, prix de guitare ou bourses d’art en son nom sont autant de moyens de célébrer et transmettre son apport.
  3. Intégrer son travail dans l’enseignement musical:
    Écoles de musique, conservatoires et ateliers devraient étudier ses compositions et son style de jeu, comme cela se fait déjà pour d’autres maîtres du genre.
  4. Documenter son parcours:
    Biographies, documentaires, expositions, témoignages d’artistes ayant collaboré avec lui pourraient constituer un corpus essentiel à la mémoire culturelle haïtienne.
  5. Valoriser le compas comme patrimoine:
    Plusieurs acteurs culturels plaident pour une reconnaissance internationale du compas comme patrimoine immatériel, une démarche qui renforcerait la place de figures comme Dadou dans l’histoire culturelle mondiale.

Adieu à un génie dont l’œuvre ne sera pas eteinte

La disparition de Dadou Pasquet marque la fin d’une ère, celle des pionniers qui ont façonné le compas moderne et accompagné les transformations sociales, politiques et artistiques de la nation haïtienne. Mais elle rappelle aussi la responsabilité de transmettre et protéger ce que des artistes comme lui ont construit pendant plus de cinquante ans.

Son héritage dépasse la sphère musicale: il touche à la mémoire collective d’un peuple, à son histoire et à sa relation à la diaspora. Magnum Band, sous l’impulsion de Dadou, a su forger un lien entre plusieurs générations, réinventant le compas tout en demeurant fidèle à ses racines.

Son œuvre, elle, continuera de vibrer. Sur les scènes, dans les studios, dans la mémoire collective et surtout dans le cœur de tous ceux qui, en Haïti et ailleurs, ont un jour dansé, aimé ou espéré au son de sa guitare.

Jean Mapou

Sécurité, Élections et Unité Nationale : La Quadrature du Cercle de la Transition

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, 28 novembre 2025 – Alors que le gouvernement accélérait ce vendredi l’examen du décret électoral, la veille, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé posait, lors d’une conférence sur la sécurité, la condition sine qua non de tout scrutin : la reconquête du territoire. Cette séquence serrée met en lumière la feuille de route, périlleuse mais structurée, des autorités de transition, où sécurité et processus électoral apparaissent comme les deux faces indissociables d’une même médaille : la restauration de l’État.

La (FRG) Force de Répression des Gangs, Nouveau Fer de Lance Contre les Gangs : Un signal à double tranchant

La 5ème conférence de la Table Sectorielle sur la Sécurité (TSS), organisée par le CARDH, avait un objet précis : la transformation de la MMAS en Force de Répression des Gangs (FRG). Le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, y a vu un « signal d’espoir pour la population », ouvrant une « nouvelle phase » dans la lutte contre l’insécurité.

Pour beaucoup d’analystes, cette annonce est significative à plusieurs égards. Premièrement, elle acte une évolution doctrinale : le passage d’une mission de « sécurité » générale à une affectation ciblée de « répression des gangs ». Cette spécialisation est une réponse tactique à l’hydre que représente la criminalité organisée.

Deuxièmement, la présence conjointe de l’ (ONU) Organisation des Nations Unies, de l’ (OEA) Organisationdes États Américains, de la (PNH) Police Nationale Haïtienne et des (FAd’H) Force armée d’Haïti démontre une tentative de construire un front uni et une coordination longtemps absente.

Cependant, le discours optimiste doit être tempéré par le pragmatisme. La FRG n’est, en substance, qu’une réorientation de forces existantes. Sa réussite dépendra non seulement de son équipement et de sa formation, mais surtout de sa capacité à opérer dans un environnement judiciaire fonctionnel, capable de traiter les individus arrêtés.

La lutte contre l’impunité, évoquée par le chef du gouvernement, reste le maillon faible de cette chaîne.

Quand la sécurité et élections deviennent incontournable dans liaison dialectique

La déclaration la plus cruciale du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé est sans équivoque : « la sécurité demeure la condition essentielle à la tenue des prochaines élections ». Cette affirmation établit une dépendance logique que personne ne peut contester, mais elle soulève également une question épineuse : quel est le seuil de sécurité acceptable pour déclencher le processus électoral ?

Les analystes révèlent ici un dilemme profond. D’un côté, organiser des élections dans des zones encore largement contrôlées par les gangs serait une mascarade dangereuse, exposant les citoyens et compromettant la légitimité du scrutin. De l’autre, attendre une pacification totale et illusoire du territoire reviendrait à reporter sine die la restauration démocratique, alimentant un cycle de transition sans fin.

La manœuvre simultanée sur les deux tableaux accélération du décret électoral et renforcement de l’appareil sécuritaire est donc un calcul stratégique. Il s’agit de préparer le cadre légal pour être opérationnel dès que la fenêtre sécuritaire le permettra, tout en rassurant la communauté internationale et l’opinion publique nationale que la priorité absolue reste la protection des civils.

L’unité nationale, le pilier invisible de la stratégie

Au-delà des mesures techniques, le Premier ministre a insisté sur un élément plus intangible mais tout aussi critique : la « nécessité d’une unité nationale renforcée ». Ce n’est pas une simple formule de rhétorique politique. Dans le contexte haïtien, l’unité nationale est le carburant sans lequel aucun effort sécuritaire ou électoral ne peut aboutir.

Cette unité est nécessaire pour soutenir le moral des forces de sécurité, souvent confrontées à une défiance populaire. Elle est indispensable pour créer un front social et politique cohérent contre les gangs, isolant ces derniers. Enfin, elle est la condition préalable à l’acceptation des résultats électoraux, garantissant que le processus ne dégénère pas en une nouvelle crise politique.

Un équilibre précaire sur le fil de l’histoire

Le gouvernement et le CPT semblent donc engagés dans une course contre la montre, tentant de résoudre l’équation la plus complexe de la transition : sécuriser pour élire, et préparer les élections pour motiver la sécurisation. La création de la FRG est une pièce maîtresse de ce puzzle, tout comme l’avancée du décret électoral.

Le soutien affiché de la communauté internationale reste un atout, mais il ne suffira pas. La clé du succès résidera dans la capacité des autorités à transformer les déclarations d’intention en actions concrètes et visibles sur le terrain, à construire une unité nationale qui dépasse les clivages traditionnels, et à maintenir ce double effort sécuritaire et électoral dans une synchronisation parfaite. L’enjeu n’est rien de moins que de briser le cycle infernal de la violence et de l’instabilité pour offrir à la nation haïtienne les perspectives d’avenir qu’elle appelle de ses vœux.

Accélération de l’adoption du décret électoral pour des élections libres, honnêtes et crédibles

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, 28 novembre 2025 – Une dynamique accélérée est en cours pour finaliser le cadre légal des futures élections en Haïti. Ce vendredi, le gouvernement s’est réuni en Conseil de gouvernement, suite à une séance de travail préalable avec les membres du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), dans l’objectif principal d’examiner et de faciliter l’adoption rapide du projet de décret électoral.

Cette réunion gouvernementale avait pour mandat spécifique de permettre aux ministres de prendre pleinement connaissance du texte, une étape cruciale envisagée comme un prélude à son adoption formelle lors du prochain Conseil des ministres.

Selon le communiqué émanant du bureau du Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, cette démarche conjointe s’inscrit dans la « volonté commune de renforcer et d’accélérer le processus de finalisation du cadre normatif ». L’ambition affichée est d’aboutir à l’organisation d’élections « crédibles, transparentes et conformes aux exigences institutionnelles de la transition ».

Le communiqué de la Primature souligne également la réaffirmation de l’engagement du Gouvernement et du CPT à « travailler de manière coordonnée ». Cet effort collaboratif vise à garantir « l’avancement harmonieux des étapes clés du processus électoral », une nécessité présentée comme étant au service de « l’intérêt supérieur de la Nation ».

Ce décret électoral est attendu comme la pierre angulaire du processus visant à doter Haïti d’institutions légitimes et stables. Son adoption rapide est perçue comme un signal fort de la part des autorités de transition, répondant à une pression nationale et internationale croissante pour la tenue d’élections, dans un contexte où le pays cherche à sortir d’une longue période de crise politique et sécuritaire.

La prochaine étape, le Conseil des ministres, sera donc scrutée avec attention, car elle devrait acter formellement ce décret et lancer officiellement le chronométrage du processus électoral tant attendu.

Politique : Le Gouvernement accélère l’examen du décret électoral à l’approche du prochain Conseil des ministres

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Le Gouvernement de la Transition et le Conseil Présidentiel de Transition (CPT) intensifient les travaux autour du cadre normatif devant encadrer les prochaines élections. Une séance de travail tenue cette semaine entre les membres du CPT a conduit l’Exécutif à convoquer, ce vendredi 28 novembre, un Conseil de gouvernement consacré à l’examen accéléré du projet de décret électoral.

Selon un communiqué officiel d ela Primature, cette rencontre vise à permettre aux ministres de prendre connaissance en profondeur du texte avant son adoption, attendue lors du prochain Conseil des ministres qui pourrait être ce lundi 1er décembre. L’objectif affiché est de finaliser rapidement les instruments juridiques indispensables à l’organisation d’élections « crédibles, transparentes et conformes aux exigences institutionnelles de la transition ».

Le Gouvernement et le CPT assurent travailler de manière étroitement coordonnée afin de garantir une progression harmonieuse des différentes étapes du processus électoral, réaffirmant leur engagement envers « l’intérêt supérieur de la Nation ».

Par ailleurs, le Conseil des ministres prévu ce lundi 1er décembre 2025 à 14 heures entend de prendre des décisions majeures. Mis à part de l’adoption du projet de Décret électoral, plusieurs dossiers sensibles sont inscrits à l’agenda : un projet de Décret encadrant les procédures particulières liées aux marchés publics relevant de la défense et de la sécurité ; un autre fixant l’organisation et le fonctionnement de la Haute Cour de Justice ; deux projets d’Arrêté relatifs, d’une part, à l’application du Numéro d’Identification Nationale (NIN) et, d’autre part, aux seuils de passation des marchés publics ; ainsi que deux Arrêtés visant à déclarer d’utilité publique une propriété située à Pétion-Ville et un tronçon routier reliant Saint-Raphaël, Dondon et Carrefour Ménard–Barrière Battant. Par ailleurs, deux nominations diplomatiques sont envisagées : Guerda Benoît pour l’Équateur et Dern Jovens Bonhomme pour les Bahamas.

La rédaction

Haïti : Les 100 premiers jours de Vladimir Paraison aux commandes de la police

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Nommé puis installé le 8 août au poste de Directeur Général a.i de la police nationale d’Haïti, André Jonas Vladimir Paraison a présenté le vendredi 28 novembre 2025, lors d’une conférence de presse, le bilan des réalisations de ses 100 premiers jours aux commandes de la PNH. À l’occasion, il met en avant les avancées significatives réalisées au centre-ville de Port-au-Prince, à Kenscoff, dans le Plateau Central et dans la Vallée de l’Artibonite, entre autres. Toutefois, il n’a pas voulu communiquer des chiffres sur le nombre de bandits tués ainsi que des armes dont de fusils saisies lors des opérations anti-gangs.

Après avoir roulé sa bosse au sein des différentes directions départementales de la Police Nationale , André Jonas Vladimir Paraison a été nommé en août 2025, Directeur Général a.i de la l’institution.

Cent jours après son entrée en fonction, c’est l’heure de son premier bilan. Il l’a présenté au cours d’une conférence de presse déroulée à la Direction Générale de la police, en présence de plusieurs autres hauts gradés de l’institution.

D’entrée, le Commandant en chef a fait la radiographie de la situation dans laquelle il était arrivé à la tête de la PNH. Il souligne qu’il a été désigné et installé à ce poste dans un contexte difficile où les départements de l’Ouest, le Centre et l’Artibonite font face à des offensives à répétition des gangs armés.

André Jonas Vladimir Paraison a rappelé que son ère a commencé avec des changements stratégiques effectués à plusieurs niveaux dans la chaîne du haut commandement de l’institution policière. À partir de là, il a donné le ton et ses troupes agissent contre les criminels.

En guise de résultats, les vaillants (es) policiers (ères) ont affronté puis déjoué à maintes reprises des attaques terroristes orchestrées contre le Palais National et facilité la tenue d’un Conseil des Ministres, se réjouit l’ancien Coordonnateur à la sécurité présidentielle.

À cela, dit-il, s’ajoute la reprise de la circulation et des activités commerciales dans l’air de Delmas, notamment sous le viaduc jusqu’à Lalue. Pareille situation, a dit Valdimir Paraison sur l’axe routier reliant Carrefour à Port-au-Prince en passant la Ruelle Alerte où les forces de l’ordre ont délogé un poste péage.

Grâce à des opérations menées sur instruction de la Direction Générale, de nombreux bandits ont été tués, des otages libérés des cachettes de gangs et des armes de différents calibres dont des fusibles dont un « Barrett 50 » ont été saisies, a énuméré le #1 de la police haïtienne.

Selon Vladimir Paraison, l’État, grâce aux efforts consentis par la police, a repris le contrôle du centre-ville de Port-au-Prince, alors que les forces de l’ordre sont à pied d’œuvre dans la Vallée de l’Artibonite et, des avancées sont enregistrés sur tous les fronts avec les maigres moyens dont dispose l’institution.

Il a coupé court aux rumeurs selon lesquelles les opérations anti-gangs sont à l’arrêt à Croix-des-Bouquets, notamment dans le fief de l’organisation criminelle dénommée « 400 Mawozo ». À preuve, a-t-il laissé entendre, la Direction Départementale de l’Ouest-2 sera bientôt transférée à Croix-des-Bouquets.

« Rome n’a pas été bâtie en un seul jour. Bientôt, on parlera de nos gangs au passé », a déclaré haut et fort le Commandant en chef de la police. Ce dernier appelle la population collaborer avec la police et à patienter, arguant que l’institution travaille pour faciliter son retour chez elle.

Quant à la recrudescence des cas de kidnapping, plus précisément dans la commune de Delmas, Vladimir Paraison informe que le bureau anti-enlèvement œuvre pour contrecarrer les kidnappeurs.

Pour une meilleure police, André Jonas Vladimir Paraison déclare intensifier les séances de formation adaptées à la situation sécuritaire actuelle en faveur des policiers et policières. Dans le même contexte, un service de « test poligraphique » est disponible au sein de la PNH.

Il s’agit d’une sorte de vetting. Plusieurs agents de la Direction Centrale de la Police Judiciaire (DCPJ) ont déjà passé le test à deux reprises. Il est également éligible pour tous les aspirants policiers qui veulent intégrer l’institution.

« De la courbette à l’humiliation »

Hugue CÉLESTIN
Ancien député

Le mardi 25 novembre 2025, avant même que l’aurore ne perce l’horizon et que la brillante étoile du Berger ne disparaisse, le gouvernement américain avait déjà dégoupillé une bombe diplomatique thermonucléaire. Elle a achevé de noircir le ciel déjà crasseux du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), ce ramassis de truands recyclés en braqueurs institutionnels qui prennent la Nation pour une caisse automatique. Comme toujours, une armée de pseudo-patriotes s’est mise à hurler au nationalisme, en ressassant des slogans anti-ingérence, anti-américain, anti-canadien, anti–communauté internationale. Ces cris sont lancés avec une ferveur mécanique par les mêmes employés, sous-traitants et laquais qui vivent à genoux devant ces puissances étrangères, et feignent de mordre la main qui les nourrit.

Fait étonnant, ce vent de rage souverainiste a même contaminé certains intellectuels habituellement lucides, militants sincères du changement réel. Ils ont oublié qu’ils ne faisaient que servir de haut-parleurs au discours d’une fraction arrogante de l’aristocratie des classes moyennes supérieures. Ces gens au pouvoir qui, depuis toujours collaborent avec l’étranger tout en quémandant l’occupation du territoire, la dépendance pour bureaucratiser la ruine. Ces mêmes personnages, hier applaudissaient les sanctions étrangères contre leurs propres compatriotes, non par sens de justice, mais par réflexe pavlovien du colonisé bien dressé. Ils se réjouissent dès qu’un Blanc tape sur un Haïtien, histoire de se sentir un peu plus proche du maître en espérant quelques miettes de reconnaissance.

Aujourd’hui, Maurice A. Sixto s’impose ; il a génialement caricaturé la domesticité dans Ti Sentaniz. C’est tout un manuel de psychologie sociale, une radioscopie crue de la relation entre « restavèk » et « mètrès kay ». Le « restavèk » n’est pas seulement un enfant exploité, mais le miroir exact des dirigeants haïtiens face à leurs maîtres après l’assassinat de Jean Jacques Dessalines. D’abord, ils ont appauvri la paysannerie en payant la rançon du braquage du roi français Charles X en 1825. Sans vergogne, ils ont livré le pays à l’impérialisme américain depuis 1915 à nos jours. Tout au long de notre histoire, ils n’ont cessé de marchandiser la destruction du pays.

  • La sanction

La relation de dépendance n’est jamais égalitaire, elle repose sur le contrôle, la hiérarchie, la soumission, la domination où l’un commande et l’autre baisse la tête. Sixto l’avait bien compris : la vie d’un « restavèk » est la métaphore parfaite d’Haïti sous tutelle. Dans cette dynamique politique, les « mètrès kay » sont les grandes ambassades, mais surtout l’ambassade américaine, tandis que les dirigeants haïtiens ne sont que des « restavèk » de luxe. Lorsque leurs maîtres se lassent de leurs services, ils les sanctionnent comme la « mètrès kay » punit « Ti Sentaniz ». Cela se traduit par un rapport, une note diplomatique, un visa annulé, un compte gelé, pour rappeler qui commande. Sans fard, Sixto a montré que la dépendance engendre l’humiliation, et que l’humiliation, à son tour, reproduit la dépendance.

Les chefs se prennent pour des stratèges, des « leaders », des têtes pensantes, surtout lorsqu’ils ont serré trois mains à Washington ou Bruxelles, et se croient alors des « Chantoutou ». Ils pensent participer aux décisions et imaginent que leur loyauté aveugle les protégera. Pourtant, cette protection ne dure que jusqu’au jour où ils osent un mot ou un acte de travers. Ils croyaient avoir gagné l’amitié, alors qu’ils n’ont obtenu que la tolérance, utile dans les rapports avec un valet tant qu’il reste à sa place. Lorsqu’on construit sa carrière, son prestige, sa légitimité et ses privilèges sur la dépendance, l’humiliation survient tôt ou tard comme un rappel de l’ordre naturel des choses. C’est le prix à payer pour avoir renoncé à la dignité. « Ou rantre an restavèk, y ap trete w an bon restavèk ! »

  • Le courage

À l’écoute de « Ti Sentaniz », on comprend immédiatement que la dignité n’est pas un slogan, mais une posture. « Ti Sentaniz », se courbe, obéit, tremble, et aussitôt les coups pleuvent. Beaucoup ignorent que la loi de la dépendance ne concerne pas seulement la maisonnée de la « mètrès kay » de « Ti Sentaniz », elle régit également les relations internationales. Avec Sixto, ce principe se manifeste dans la relation entre une « mètrès kay » et la « restavèk » qu’elle exploite et maltraite. Dans le théâtre politique haïtien, il se joue dans les ambassades, les ONG et les conférences internationales, où les responsables se comportent comme « Ti Sentaniz » : « Wi, misye ! Wi, madanm ! Nou konprann ! Nou dakò ! N ap swiv rekomandasyon w yo ! »

Le respect appartient à ceux qui demeurent cohérents, dignes et souverains, pas aux serviteurs que les grandes puissances manipulent et utilisent à leur guise. Face aux nations qui résistent, mêmes minuscules, pauvres ou isolés, elles sont contraintes de montrer un semblant de respect. Haïti est la « Ti Sentaniz » des relations internationales : obéissante à l’excès, suppliante sans fin, et trop dépendante pour que quiconque daigne l’écouter. Voilà pourquoi il faut revaloriser l’audace, cette qualité qui effraie les dirigeants haïtiens depuis qu’ils ont confondu gouverner un pays avec flatter l’Étranger. Il faut réhabiliter la dignité, cette posture que « Ti Sentaniz » n’a jamais pu s’offrir, mais que les Haïtiens adultes n’ont aucune excuse de ne pas adopter. Dans les relations internationales, les chefs doivent savoir que l’aide exige toujours un prix, que le soutien se paie en loyauté et que la « générosité » cache toujours une main qui tire les ficelles.

Il est temps que les élites haïtiennes réapprennent la verticalité : se tenir debout, parler debout, gouverner debout, décider debout, sans supplier, sans tuteur et sans tampon d’un ambassadeur. Cette absence d’épine dorsale, ce désordre de posture, cette véritable pathologie de la verticalité nous a enfermés dans le bourbier chaotique où nous pataugeons aujourd’hui.

Grand Pré, Quartier Morin, 26 novembre 2025 ​

Hugue CÉLESTIN ​
Membre de : ​

  • Federasyon Mouvman Demokratik Katye Moren (FEMODEK)
  • Efò ak Solidarite pou Konstriksyon Altènativ Nasyonal Popilè (ESKANP)

Fritz Alphonse Jean : le double discours d’un leadership en chute libre

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Par Gesly Sinvilier

Il y a des dirigeants qui vacillent sous la pression. Et il y a ceux qui, face à leurs propres contradictions, s’effondrent sous le poids de leurs manipulations. Le conseiller-président, Fritz Alphonse Jean, appartient malheureusement à cette seconde catégorie.

Accusé, puis sanctionné par les Etats-Unis pour avoir entretenu des relations présumées avec les gangs, l’économiste répond par une indignation sélective, criant à l’ingérence et à la manipulation. Un discours soudainement nationaliste qui étonne, venant d’un homme dont l’ascension politique récente n’a été rendue possible que grâce à l’intervention active de cette même communauté internationale qu’il vilipende aujourd’hui.

Il suffit pourtant de remonter de quelques mois pour constater l’ampleur du paradoxe. Dans une note publique datée du 28 avril 2025, le CPT – alors sous la direction de Fritz Jean – exhortait les autorités judiciaires à se saisir « en urgence » des dossiers des personnalités sanctionnées. Le président du Conseil y soulignait la nécessité de respecter les engagements internationaux d’Haïti en matière de lutte contre la corruption, appelant même à un rapport détaillé sur la mise en œuvre de ces mesures. À l’époque, les sanctions n’étaient pas un scandale : elles étaient un outil de transparence, un moyen de restaurer l’intégrité publique, un levier légitime pour combattre l’impunité – et des adversaires politiques. Mais voilà que quelques mois plus tard, lorsque les États-Unis sanctionnent Fritz Jean lui-même pour ses liens présumés avec les gangs, le défenseur des sanctions se transforme instantanément en victime d’un complot international. Les mêmes mécanismes qu’il saluait deviennent subitement une arme d’intimidation politique. Les mêmes instances qu’il encourageait à agir deviennent des acteurs illégitimes. Les mêmes pressions diplomatiques qu’il utilisait pour justifier la rigueur deviennent des ingérences insupportables.

Ce renversement spectaculaire illustre un mal plus profond : l’incapacité d’assumer la cohérence et la responsabilité nécessaires à la conduite d’une transition déjà fragile. Il expose un leadership à géométrie variable, qui loue les principes lorsque ceux-ci servent ses intérêts, puis les rejette lorsqu’ils le menacent. Et surtout, il dévoile l’hypocrisie d’un homme qui tente désormais de masquer son propre isolement politique en brandissant l’étendard du nationalisme opportuniste. Car en accusant Washington de partialité, notamment en faveur du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé, Fritz Jean oublie qu’il doit lui-même son entrée au CPT à une architecture institutionnelle entièrement façonnée, soutenue et imposée par la communauté internationale. Le Conseil présidentiel de transition n’est pas un produit de la souveraineté haïtienne : c’est la conséquence directe des pressions diplomatiques qui ont suivi l’effondrement institutionnel de 2023-2024, avec le départ d’Ariel Henry. Comment dénoncer aujourd’hui une ingérence dont on a soi-même été l’un des bénéficiaires les plus visibles ?

Qu’il le veuille ou non, Fritz Jean se retrouve au cœur de cette tourmente, non seulement en raison des accusations qui pèsent sur lui, mais aussi parce qu’il a alimenté, parfois volontairement, les tensions institutionnelles qui paralysent le gouvernement de transition depuis un certain temps.

Son bilan est, à cet égard, éloquent. Sous sa présidence, le CPT n’a organisé que peu de conseils des ministres, dont deux durant ses premiers mois. La coordination interne a été minée par les querelles personnelles, les dénonciations publiques, les ambitions contradictoires et l’incapacité à établir un cap clair pour la transition. Même certains de ses pairs ont dénoncé son « égo stérile », preuve d’une rupture profonde au sein d’un organe dont l’efficacité dépendait précisément de l’unité et de la discipline collective. À deux mois de la fin de son mandat, l’insécurité explose, les gangs contrôlent 90 % de la capitale, les déplacements internes atteignent un niveau historique, et aucune élection n’est en vue. La transition échoue sur toute la ligne, et le leadership du président du CPT en porte une part indéniable.

Dans ce contexte, la dénonciation soudaine de l’ingérence internationale apparaît moins comme un acte de défense de la souveraineté que comme une stratégie de survie politique. Fritz Jean ne s’oppose pas à l’ingérence par principe ; il s’y oppose parce qu’elle ne joue plus en sa faveur. Il ne s’oppose pas aux sanctions par conviction ; il s’y oppose parce qu’elles s’appliquent désormais à lui. Ce double discours, désormais exposé au grand jour, ne fait que renforcer la méfiance d’une population déjà épuisée par les crises successives et qui ne croit plus aux promesses d’une élite politique incapable de cohérence.

L’histoire retiendra peut-être que la transition haïtienne a échoué faute de vision, faute de courage, faute de légitimité. Mais elle retiendra surtout, et c’est sans doute le plus tragique, que ceux qui avaient la mission de restaurer l’État ont eux-mêmes alimenté sa désagrégation. En se battant pour des positions personnelles au lieu de défendre un projet national, en jouant la carte de la victimisation au lieu d’assumer leurs responsabilités, en dénonçant les règles lorsqu’elles se retournent contre eux, ils ont offert au pays un spectacle de désordre dont Haïti n’avait nul besoin.

À l’heure où le pays se retrouve dans un climat de tensions et de suspicions, ce double discours de Fritz Alphonse Jean apparaît comme le symbole même d’une transition dévoyée. Une transition qui, faute de clarté et de cohérence, risque d’emporter avec elle les derniers espoirs d’un pays déjà au bord de l’effondrement.

Sommet UA-UE à Luanda : un anniversaire en demi-teinte pour un partenariat en quête d’équilibre

Par Jean Wesley Pierre

LUANDA – Alors que l’Union africaine (UA) et l’Union européenne (UE) célèbrent 25 ans de coopération lors du 7e sommet conjoint à Luanda le 24 et 25 novembre 2025, les discours officiels sur un « partenariat gagnant-gagnant » contrastent avec les réalités persistantes d’une relation asymétrique. Si les deux blocs affichent une volonté commune de renforcer leurs liens, les divergences sur les migrations, les questions commerciales et l’héritage colonial soulèvent des questions fondamentales sur l’avenir de cette coopération.

Un cadre ambitieux, des réalisations inégales

Le thème du sommet, « Promouvoir la paix et la prospérité grâce à un multilatéralisme efficace », reflète les aspirations partagées des deux continents. Avec près de 80 chefs d’État et de gouvernement présents, l’événement a mis en avant des avancées tangibles, notamment dans les domaines des infrastructures, de la santé et de la sécurité. L’UE, principal partenaire commercial de l’Afrique avec plus de 40 % des investissements sur le continent, finance également des opérations de maintien de la paix via la Facilité européenne pour la paix, dotée de 600 millions d’euros pour 2022-2025.

Cependant, des voix critiques soulignent les limites de ce partenariat. Le Père Louison Emerick, représentant du Symposium des Conférences Épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) auprès de l’UA, estime que « beaucoup de promesses ont été faites, mais peu de choses ont été réalisées ». Il dénonce une « approche paternaliste » où l’UE « dicte souvent les orientations », citant en exemple les pressions européennes sur le rapatriement des migrants.

Quand la migrations, un sujet sensible est au cœur des positions divergentes

La question des migrations, au cœur des discussions de la deuxième journée, illustre les tensions entre les deux blocs. Alors que l’UE insiste sur une coopération accrue en matière de gestion des flux migratoires, incluant le lien entre aides au développement et contrôle des frontières, les pays africains réclament une approche plus équilibrée. Le ministre ivoirien des Affaires étrangères, Léon Kacou Adom, a plaidé pour « mettre tout sur la table », y compris les avantages économiques des migrations.

Pourtant, aucune annonce majeure sur ce dossier n’est attendue dans le communiqué final. Les discussions se concentrent davantage sur la recherche de « points de convergence », reflétant la difficulté à concilier des intérêts parfois contradictoires.

Le paradoxe des doubles standards

Un autre point de friction réside dans les pratiques commerciales entre l’Europe et l’Afrique. Alors que l’UE promet un partenariat équitable, un rapport des ONG Public Eye et Unearthed révèle que 122 000 tonnes de pesticides interdits dans l’UE ont été exportées vers l’Afrique en 2024, une augmentation de 50 % par rapport à 2018. Parmi ces substances figurent des cancérogènes probables et des perturbateurs endocriniens, comme le dichloropropène et le mancozèbe.

Marcos Orellana, rapporteur spécial des Nations Unies sur les produits toxiques, qualifie cette pratique de « double standard odieux » et de « racisme environnemental ». Ces exportations, majoritairement en provenance d’Allemagne, de Belgique et d’Espagne, soulèvent des questions éthiques sur la cohérence des politiques européennes.

Réparations et multilatéralisme : des questions en suspens

La question des réparations pour l’esclavage et la colonisation, bien qu’absente des discussions officielles, a été portée par des acteurs de la société civile. Le Père Louison Emerick rappelle que l’UA a fait de 2025 l’année de « la justice pour les Africains et les personnes d’ascendance africaine par le biais des réparations ». Pour lui, sans une reconnaissance des torts historiques et des dettes « insoutenables », un partenariat véritablement équilibré restera illusoire.

Du côté européen, une résolution du Parlement européen en trente points appelle à une relation « d’égal à égal », incluant le soutien à la transformation locale des matières premières et l’ouverture des marchés aux produits transformés africains. L’eurodéputé belge Yvan Verougstraete souligne la nécessité de « favoriser des partenariats industriels plutôt que des contrats d’extraction ».

Un avenir à réinventer

Malgré les défis, le sommet de Luanda a le mérite de mettre en lumière la nécessité d’un dialogue renouvelé. Le multilatéralisme, souvent invoqué dans les discours, devra se concrétiser par des actions concrètes, incluant une meilleure prise en compte des voix africaines, y compris celles de la société civile et des acteurs religieux.

Comme le résume Fadel Barro, coordonnateur du mouvement sénégalais « Y en a marre », « l’Europe et l’Afrique pataugent encore dans une relation d’un autre temps ». Pour transformer ce partenariat, il faudra dépasser les logiques transactionnelles et construire une coopération fondée sur la transparence, la justice et des intérêts mutuels.

Haïti élue au conseil intergouvernemental du PIDC de l’UNESCO

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Haïti rejoint pour la première fois depuis 1980 le Conseil du Programme international pour le développement de la communication de l’UNESCO. L’annonce a été faite ce jeudi 27 novembre par la Délégation permanente de la République d’Haïti auprès de l’UNESCO,
à l’issue de la 43e session de la Conférence générale, tenue à Samarcande, en Ouzbékistan.

Cette élection permettra au pays de soutenir le développement des médias, de renforcer les capacités des journalistes et de protéger les professionnels de la communication, a indiqué la délégation.

«En intégrant le Conseil du PIDC, le pays pourra désormais contribuer directement à l’élaboration de programmes stratégiques visant le renforcement des capacités journalistiques, le soutien aux médias inclusifs et résilients, ainsi que la protection des professionnels de l’information.

Dirigée par l’ambassadrice Lilas Desquiron, la délégation Permanente a réaffirmé, au nom du gouvernement haïtien, son engagement à participer activement au dialogue multilatéral sur le développement de la communication dans le monde.

Gedeon Delva