samedi, mars 14, 2026
8.3 C
Londres
Accueil Blog Page 55

Haïti – Afrique : Une Chambre de Commerce pour Bâtir l’Avenir Ensemble

Par Jean Wesley Pierre

*La Chambre de Commerce et d’Industrie Haïtiano-Africaine (CCIHA) a été officiellement lancée pour incarner une nouvelle ère de coopération Sud-Sud.

PORT-AU-PRINCE, Haïti — Dans un élan d’optimisme stratégique, la Chambre de Commerce et d’Industrie Haïtiano-Africaine (CCIHA) a été officiellement lancée le vendredi 28 novembre 2025, marquant une étape décisive dans le rapprochement économique et diplomatique entre Haïti et le continent africain. L’annonce a été faite lors d’une conférence tenue à l’hôtel Karibe Convention Center, dévoilant la vision et les ambitions concrètes de cette nouvelle institution.

Plus qu’une institution, un symbole fort

L’événement a été porté par des discours ambitieux, notamment celui d’Aline Nathalie Wakam Cyprien, dont les mots ont résumé l’enjeu fondamental de cette initiative. « Cet instant dépasse la simple ouverture d’une institution, il symbolise l’essence d’un pont économique, culturel, historique, social et stratégique entre nos nations sœurs, Haïti et l’Afrique, dans l’esprit authentique de la coopération Sud-Sud », a-t-elle déclaré.

Face au constat partagé que « les relations entre Haïti et l’Afrique n'[ont] jamais été florissantes », comme l’a souligné Mme Ginette P. Mathurin, la création de la CCIHA se veut la réponse pratique pour « créer un pont entre eux ». La Chambre naît ainsi avec une mission claire : transformer une fraternité historique, longtemps restée au stade du discours, en un partenariat économique structuré, durable et mutuellement bénéfique.

Une vision stratégique et des actions concrètes

La feuille de route présentée est ambitieuse et précise. La CCIHA se positionne comme un catalyseur destiné à :

· Faciliter les échanges commerciaux et encourager l’investissement direct.
· Accompagner les entrepreneurs et promouvoir l’innovation.
· Créer des « corridors stratégiques » pour relier le marché caribéen au marché africain.
· Connecter les PME des deux parties et sécuriser les investissements.
· Développer les échanges universitaires et renforcer la diplomatie économique.

« Cette chambre est plus qu’une mission, c’est un mouvement, c’est un engagement concret pour l’autonomie économique de nos peuples dans un monde où les défis sont multiples », a insisté Mme Aline Nathalie Wakam Cyprien. Elle rappelle que la coopération sud-sud n’est pas un simple concept, mais « une nécessité absolue » pour des nations qui refusent désormais d’être « spectateurs de cette mondialisation » et entendent devenir « l’architecte d’un avenir prospère ».

Un message d’espoir et de souveraineté

Cet engagement a été soutenu par le Dr Cyprien Price, qui a lancé un message percutant sur la nécessité d’une gouvernance patriotique : « Haïti peut encore briller avec des dirigeants patriotes qui pensent pays. » La CCIHA s’inscrit dans cette lignée, proposant une voie de développement par la solidarité, l’entrepreneuriat et la réappropriation du destin économique haïtien et africain.

En officialisant son existence le 28 novembre 2025 et en détaillant sa vision, la Chambre de Commerce et d’Industrie Haïtiano-Africaine pose la première pierre d’un édifice appelé à redéfinir la place d’Haïti et de l’Afrique dans la géoéconomie mondiale. Le monde économique et diplomatique observe désormais avec attention la concrétisation de ce pont prometteur entre deux terres sœurs, unies par l’histoire et désormais par un projet d’avenir commun.

Crise psychologique en Israël : l’onde de choc d’un traumatisme collectif

Par Jean Wesley Pierre

TEL-AVIV, le 30 novembre 2025 — Le paysage mental israélien montre des signes de détresse profonde, selon un rapport du journal Yedioth Ahronoth qui évoque une explosion des addictions et un système de santé mentale saturé. Cette crise, aux racines complexes, plonge ses ramifications dans les traumatismes accumulés récemment, avec des conséquences qui pourraient s’étendre sur plusieurs générations.

Une nation en souffrance psychique

Le constat est alarmant : « Deux millions d’Israéliens ont aujourd’hui besoin d’un soutien psychologique de l’État », rapporte le journal. Cette estimation spectaculaire représente près d’un quart de la population du pays, révélant l’ampleur du choc psychologique.

Les symptômes les plus sévères – stress post-traumatique, dépressions cliniques, addictions multiples constituent la face émergée de cette crise. Les experts alertent sur le fait que ces troubles risquent de culminer après la fin des hostilités actuelles, lorsque l’urgence immédiate laissera place au traitement psychique des événements traumatisants.

Les addictions en hausse exponentielle

Le professeur Merav Roth, psychologue clinicienne, apporte un éclairage chiffré particulièrement inquiétant : le taux de dépendance est passé d’une personne sur dix en 2018 à une sur quatre aujourd’hui. Cette progression spectaculaire des addictions, tant aux drogues qu’à l’alcool, témoigne d’une recherche de soulagement face à une angoisse devenue insupportable pour de nombreux citoyens.

Un système de santé mentale en crise

Derrière ces chiffres se cache un système de soins psychiques déjà fragilisé, maintenant submergé. Le rapport décrit un système « saturé et en crise structurelle », caractérisé par un manque aigu de thérapeutes, des délais d’attente interminables et des infrastructures dépassées.

Cette inadéquation entre les besoins massifs et les capacités de prise en charge crée une situation où de nombreuses personnes en détresse se retrouvent sans accompagnement approprié, aggravant leur condition et favorisant les mécanismes d’évasion comme les addictions.

L’effondrement du tissu social

Au-delà des individus, ce sont les structures familiales et communautaires qui montrent des signes d’effritement. L’accumulation des traumatismes dépasse les capacités d’absorption des réseaux de soutien traditionnels, laissant de nombreux Israéliens dans un isolement psychique propice à l’aggravation des troubles.

Un héritage traumatique pour les générations futures

Les experts interrogés lancent un avertissement sans équivoque : sans renforcement massif et immédiat des moyens alloués à la santé mentale, les générations futures paieront le prix de ces traumatismes collectifs accumulés.

La question qui se pose maintenant est celle de la capacité de la société israélienne à mettre en place une réponse à la hauteur de ce défi psychologique sans précédent, alors que les ressources sont largement mobilisées par d’autres priorités.

Solidarité avec Gaza : les clubs turcs Besiktas et Trabzonspor refusent des sponsorships de Coca-Cola

Par Jean Wesley Pierre

ISTANBUL, le dimanche 30 novembre 2025 – Dans un geste fort de solidarité avec la Palestine, le club de football turc de Besiktas a annoncé le refus d’une offre de sponsorship de la multinationale Coca-Cola. Cette décision, motivée par des considérations éthiques liées à la situation à Gaza, rejoint celle prise récemment par un autre club emblématique du championnat turc, Trabzonspor.

Le secrétaire général de Besiktas, Ugur Fora, a été catégorique dans sa déclaration : « Nous n’avons pas accepté cet accord car nous ne le jugeons pas éthique. En tant que Beşiktaş, notre priorité a toujours été la sensibilité de notre société. La situation est claire. Nos supporters, non plus, n’ont pas accueilli positivement une telle proposition. Beşiktaş s’est toujours tenu du côté de la conscience ».

Ces propos soulignent l’importance accordée par la direction du club aux valeurs et à l’opinion de sa base supporters, dans un contexte international particulièrement tendu depuis l’invasion de l’Israel en Palestine.

Besiktas rejoint ainsi la position déjà adoptée par Trabzonspor, dont le président Ertugrul Dogan avait récemment pris la même décision « pour des raisons éthiques et par solidarité avec la Palestine ». Cette convergence entre deux clubs majeurs du championnat turc témoigne d’une sensibilité partagée au sein du football turc face au conflit à Gaza.

Le refus d’un partenariat avec une multinationale de l’envergure de Coca-Cola représente un sacrifice financier non négligeable pour ces clubs. Ce choix délibéré renforce cependant la portée symbolique de leur geste, montrant que des considérations éthiques peuvent prévaloir sur des impératifs économiques.

Ces décisions interviennent dans un contexte de mobilisation internationale croissante autour de la cause palestinienne et de pressions sur les entreprises accusées de soutenir, directement ou indirectement, les actions militaires à Gaza.

Le football turc, par la voix de deux de ses institutions les plus prestigieuses, envoie ainsi un message politique fort qui dépasse le cadre strictement sportif et qui pourrait inspirer d’autres clubs ou organisations à travers le monde.

Alors que le monde du football est souvent critiqué pour sa marchandisation excessive, Besiktas et Trabzonspor rappellent que le sport conserve une dimension éthique et politique, capable de prendre position sur les enjeux internationaux qui touchent à la conscience collective.

République Dominicaine – USA : Un déploiement pour lutter contre le trafic de drogue dans la région

Par Jean Wesley Pierre

SANTO DOMINGO, le dimanche 30 novembre 2025 — Le président dominicain Luis Abinader a annoncé, mercredi, que son pays autorisait les forces armées des États-Unis à utiliser la base militaire de San Isidro et l’aéroport Las Américas. Cette décision s’inscrit dans le cadre du déploiement américain pour combattre le trafic de drogue dans la région.

L’annonce a été faite lors d’une rencontre à Santo Domingo entre le chef de l’État dominicain et le ministre de la Défense des États-Unis. Les deux installations stratégiques serviront de points d’appui aux opérations militaires américaines destinées à lutter contre les réseaux narcotiques qui opèrent dans les Caraïbes.

Cette collaboration renforcée marque une nouvelle étape dans la coopération sécuritaire entre les deux nations, face à une menace transnationale qui affecte la stabilité régionale.

Affaire Boulos : Rose Nesmy Saint-Louis décortique une crise qui dépasse un homme

Dans un document de huit pages, l’essayiste et économiste Rose Nesmy Saint-Louis analyse l’arrestation de Pierre Réginald Boulos sous l’angle d’un symbole national. Pour lui, l’affaire révèle les failles profondes de l’État haïtien, la fragilité des institutions et l’urgence d’une révolution institutionnelle. Une lecture sévère, argumentée, où le cas Boulos devient miroir d’un pays en déroute.

Une arrestation retentissante aux États-Unis

Le 17 juillet 2025, Pierre Réginald Boulos est arrêté dans sa résidence de South Beach par l’Immigration and Customs Enforcement (ICE).
L’acte est appuyé par une enquête conjointe du Département d’État américain et du Département de la Sécurité intérieure.
Les accusations sont graves : violation de la loi sur l’Immigration et la Nationalité, omission d’informations dans son dossier de résidence permanente, utilisation abusive de prêts dénoncée par l’ULCC, et liens présumés avec des gangs affiliés à l’organisation Viv Ansanm, classée organisation terroriste étrangère depuis mai 2025.

Pour Washington, il s’agit d’une action visant à renforcer la sécurité nationale. Pour Rose Nesmy Saint-Louis, cette justification s’inscrit dans un long historique d’haïtianophobie politique, notamment sous l’administration Trump.

Un dossier judiciaire qui devient affaire d’État

L’analyse de Saint-Louis souligne que l’arrestation de Boulos ne concerne pas uniquement sa personne.
Sa trajectoire — homme d’affaires puissant, créateur du MTVH, candidat déclaré à la présidence — fait de lui une figure centrale du débat public.

L’auteur rappelle que le traitement de l’affaire illustre l’incapacité chronique de l’État haïtien à enquêter, juger ou se prononcer sur les dérives économiques et politiques impliquant les élites.
En Haïti, dit-il, « on juge les gens pour ce qu’ils sont, jamais pour ce qu’ils font ».

Un miroir brutal des faiblesses nationales

Saint-Louis décortique les racines de l’affaire : effondrement institutionnel, corruption généralisée, absence d’État régalien, paralysie administrative, méfiance entre gouvernants et population.
Il souligne également une réalité dérangeante : les institutions américaines disposent souvent de plus d’informations fiables sur l’insécurité et la corruption en Haïti que les autorités haïtiennes elles-mêmes.

Selon lui, Boulos n’est ni une exception, ni un monstre isolé : il est un « produit pur et dur du pays », une miniature des contradictions sociales, économiques et politiques d’Haïti.

Un personnage controversé, reflet des contradictions nationales

Le document met en lumière la perception ambivalente entourant Boulos :
riche philanthrope pour les uns, oligarque pour les autres ;
acteur politique visionnaire ou opportuniste ;
ennemi du désordre ou proche supposé de réseaux criminels.

Saint-Louis résume cette complexité en une formule forte :
« Boulos est un liquide qui a pris la forme du vase qu’est l’État haïtien. »

Pour l’auteur, condamner uniquement Boulos reviendrait à ignorer les racines profondes du dysfonctionnement national.

La nécessité d’une rectification nationale

Au-delà du cas individuel, Saint-Louis appelle à une vaste réforme :
un État régalien fort, la responsabilité fiscale et citoyenne, une coopération saine entre secteur public et secteur privé, et un régime politique tourné vers le progrès socioéconomique.

Il dénonce un « triangle du malheur » composé de :

– la bourgeoisie d’État,
– la bourgeoisie marchande,
– la communauté internationale.

Trois acteurs dont les intérêts convergent rarement avec ceux du peuple haïtien.

Un appel patriotique pour une nouvelle révolution institutionnelle

Dans sa conclusion, l’auteur convoque l’histoire — notamment l’assassinat de Dessalines — pour rappeler la nécessité d’une refondation nationale.
Il interpelle directement Boulos, l’invitant à réfléchir, depuis sa cellule, au destin d’un pays qui avait accueilli ses ancêtres et qu’il dit vouloir transformer.

L’Affaire Boulos, écrit Saint-Louis, doit devenir une opportunité :
celle d’une prise de conscience collective et d’un sursaut national pour reconstruire l’État, rétablir la justice et refonder la nation.

Plus qu’un scandale ou un dossier judiciaire, l’Affaire Boulos apparaît, sous la plume de Rose Nesmy Saint-Louis, comme le symbole d’un pays qui doit enfin régler son “affaire nationale”.

La rédaction

LA  30ème CONFERENCE DES PARTIES (COP 30) HAITI À LA COP30

I . Contexte
En 1992, lors du sommet de Rio, 154 États, reconnaissant l’existence d’un changement climatique d’origine humaine, ont décidé de joindre leurs efforts pour limiter le réchauffement global. Ainsi est née la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (ou CCNUCC) et son organe de prise de décision, la Conférence des Parties (ou COP).
 
Une COP réunissant les 198 « Parties à la Convention » se tient chaque année. Chacune d’entre elles permet de faire le point sur l’application de la Convention, de préciser la mise en œuvre des décisions et de négocier de nouveaux engagements avec des objectifs communs ou individuels. Les décisions sont prises par consensus. Aux COP, l’Union européenne (UE) parle d’une seule voix. En amont des COP, les Etats membres de l’UE se coordonnent sur un mandat de négociation.

La 30e Conférence des Parties (COP30) avait organisé du 10 au 21 novembre 2025 à Belém, au Brésil, sous présidence brésilienne. Dix ans après la COP21, qui avait conduit à l’adoption historique de l’Accord de Paris, cette nouvelle conférence représente une étape supplémentaire pour accélérer la mise en œuvre des engagements climatiques. Les résultats de la COP30 étaient essentiels pour le respect des objectifs fixés, en particulier l’objectif de maintenir la hausse de la température moyenne de la planète à 1,5°C par rapport aux niveaux préindustriels.
 
II . Objectif :   2025, une année décisive pour le climat
 
L’année 2025 marque un moment fort dans la lutte contre le changement climatique. La 30e Conférence des Parties (COP30) se tenait à Belém, au Brésil, du 10 au 21 novembre. Elle est précédée d’un segment des chefs d’Etats et de gouvernement les 6 et 7 novembre auquel participera le Président de la République du Brésil.
 
III . Les Grandes décisions de la COP30
 
1. Préserver la trajectoire de 1,5°C : une priorité mondiale

Dix ans après l’Accord de Paris, le constat est alarmant : le seuil de 1,5°C de réchauffement est plus que jamais menacé. Chaque dixième de degré supplémentaire accentue les catastrophes climatiques et fragilise la stabilité mondiale. La France, y compris par la voix de l’UE, plaide pour que la COP30 soit l’occasion :
  D’adopter une décision sur l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre, définissant les moyens de renforcer collectivement les efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre, en accélérant en particulier la mise en œuvre de la décision historique de la COP28 sur la sortie progressive des énergies fossiles.

  De promouvoir une mobilisation accrue de l’ensemble des acteurs (organisations internationales, banques multilatérales, secteur privé, villes, régions, …) et des solutions concrètes renforçant la mise en œuvre nationale des engagements des pays et la coopération internationale en faveur du climat.
 
2. Accélérer l’adaptation au changement climatique

L’adaptation aux impacts du changement climatique doit devenir une réalité pour les populations. La France y consacre un tiers de ses financements pour le climat chaque année. En matière d’adaptation, la France se concentre en priorité sur le ou les pays et les populations les plus vulnérables au changement climatique, et porte une attention forte sur les enjeux de genre, d’inclusion sociale et de droits humains.
 
3. Minimiser les impacts du changement climatique 

La France est pleinement engagée pour aider les pays répondre aux impacts du changement climatique et pour protéger les populations. Lors de la COP21, elle a lancé l’initiative ClimateRisk and Early Warning Systems (CREWS), qui vise à aider les populations grâce à des alertes précoces. Plus de 111 millions de personnes à travers le monde sont mieux protégés avec l’aide de CREWS.
 
La France soutient aussi le Fonds pour répondre aux Pertes et Préjudices, dont les premiers projets doivent démarrer en 2026, grâce à la mobilisation de la co-présidence française depuis le lancement du fonds en mars 2024.
 
4. Mobiliser tous les acteurs autour de l’agenda de l’action

La mobilisation des acteurs non gouvernementaux, entreprises, collectivités, scientifiques, organisations philanthropiques, est essentielle pour renforcer l’ambition et la transparence des engagements climatiques.
 
La science climatique, dont les derniers rapports du GIEC font état, doit continuer à guider les décisions. La France réaffirme la nécessité de protéger la recherche scientifique contre la désinformation et de s’appuyer sur des données solides pour agir.
 
IV. Participation d’Haïti à la COP30
 
La délégation haïtienne à la COP30, était composée de représentants du gouvernement et de la société civile, notamment du Ministère de l’environnement, de l’Agence Nationale des Aires Protégées ( ANAP) et l’Organisation TètKole Ti Peyizan. La participation d’Haïti à cet évènement visait à plaider pour la justice climatique, en soulignant les impacts dévastateurs du dérèglement climatique sur le pays à défendre les petits Etats insulaires face aux effets du changement climatique, et à renforcer la résilience et la gouvernance environnementale du pays.
 
V. Impacts des changements climatiques sur l’Environnement en Haïti
 
En Haïti, les problèmes environnementaux liés aux changements climatiques sont nombreux et exacerbés par la vulnérabilité du pays face aux catastrophes naturelles. Les principaux défis incluent la déforestation, la pollution, la dégradation des sols, la diminution des ressources en eau, et les catastrophes naturelles comme les ouragans, les inondations et les sécheresses, ont des conséquences socio-économiques graves et affectent la sécurité alimentaire et la santé de la population.

VI . Vulnérabilité d’Haïti face au défi du dérèglement climatique

Les événements météorologiques extrêmes, tels que les hausses de températures, les sécheresses et les inondations, menacent la vie des haïtiens. La déforestation, souvent due à la demande de bois de chauffage et à des pratiques agricoles non durables, rend les terres agricoles moins productives et plus vulnérables aux glissements de terrain. L’érosion des sols, quant à elle, dégrade la qualité de l’eau et augmente les risques d’inondations. Ces problèmes ont des conséquences socio-économiques sur la vie des haïtiens, entraînant des migrations, une augmentation de la pauvreté, de l’insécurité alimentaire et des problèmes de santé.
 
VII. Les Risques climatiques en Haïti

Classé au premier rang de l’indice mondial des risques climatiques et au troisième rang de l’indice des risques climatiques à long terme, Haïti se trouve à l’avant-garde de la vulnérabilité climatique. Selon la Banque mondiale, 96 % de sa population est exposée à une myriade de risques liés au climat, de la hausse des températures à l’intensification des ouragans et à l’érosion côtière. Ces défis sont aggravés par la dégradation de l’environnement et les problèmes d’aménagement du territoire, qui constituent une menace sérieuse pour les infrastructures, l’agriculture et la vie humaine. D’autres chocs dus à des risques sismiques.
 
VIII . Risques liés à la sécurité

Cependant, les difficultés d’Haïti dépassent les domaines environnementaux pour englober des problèmes de sécurité d’une autre nature. Avec environ 175 000 personnes déplacées à l’intérieur du pays en raison de la violence, l’insécurité imprègne de nombreuses facettes de la vie quotidienne. La prévalence de la violence dans certaines régions a forcé les communautés vulnérables, hommes, femmes et enfants, à fuir leur domicile en quête de sécurité.

Cela peut les conduire dans des endroits exposés au changement climatique, exacerbant la pauvreté et les disparités sociales existantes, et pouvant conduire à des conflits pour des ressources naturelles rares. L’interaction entre les défis sécuritaires et les vulnérabilités environnementales crée un réseau complexe de risques croisés qui menacent la stabilité et le bien-être de la société haïtienne. L’érosion de la cohésion sociale et les problèmes de gouvernance aggravent encore la situation, créant un terrain fertile pour les conflits et les troubles.
 
Gédéon Pierre André, Ingénieur, chercheur, Docteur en Science de l’Environnement,
Spécialiste en Management Public, Gestion des Collectivités Territoriales
La revue de la recherche sur l’Environnement

Ce sont les élites qui fabriquent le système

0

Par Pierre Josué Agénor Cadet

J’ai lu, le jeudi 27 novembre dernier, un article fort intéressant mais quelque peu confus, publié dans un journal haïtien sous le titre :  » Le problème n’est pas les élites, c’est le système qui les fabrique ». Loin de vouloir engager une polémique, et contrairement à l’auteur du texte dont l’écriture est par ailleurs soignée , je pense pour ma part que le problème réside d’abord dans les élites elles-mêmes. Car, au fond, n’est-ce pas ces dernières qui façonnent le système ?
Avant d’argumenter cette position, il importe de clarifier les deux concepts clés qui structurent le débat : élites et système.

I. Les élites

Le terme élite renvoie, dans la science politique, à un groupe restreint d’individus occupant des positions de pouvoir, d’influence ou de prestige, et jouissant d’une capacité disproportionnée à orienter les choix collectifs. Les élites ne se limitent pas aux dirigeants politiques. Elles incluent :
les hauts fonctionnaires , les chefs d’entreprise et acteurs économiques majeurs, les leaders religieux, les intellectuels et producteurs de sens, et parfois même les acteurs internationaux exerçant un poids décisif sur la société locale.
Traditionnellement, une élite se distingue par trois caractéristiques :
1. L’accès privilégié aux ressources (financières, éducatives, symboliques).
2. La capacité d’imposer une vision, d’influencer l’opinion ou de déterminer les règles du jeu politique.
3. La reproduction interne, c’est-à-dire la capacité à assurer la continuité de son pouvoir à travers des réseaux, alliances, ou stratégies de cooptation.
En Haïti, l’élite, qu’elle soit politique, économique ou intellectuelle ,joue un rôle fondamental dans la structuration de l’État, la définition des politiques publiques et la création des normes. La façon dont elle exerce ce pouvoir détermine la nature même du système.

II. Le système

Le système désigne l’ensemble des institutions, mécanismes, règles formelles et informelles, pratiques et représentations qui organisent le fonctionnement d’une société.
Il englobe :

les structures politiques (l’État, ses lois, ses administrations) ; les structures économiques (marchés, contrôle des ressources, accès au capital) ; les structures sociales (mobilité, inégalités, opportunités, valeurs collectives).

Un système peut être vertueux, quand les règles favorisent la transparence, la responsabilité, la justice sociale, et l’efficacité publique. Il peut également être vicié, quand il produit corruption, exclusion, népotisme, impunité, clientélisme et reproduction des inégalités. Mais un système n’existe jamais ex nihilo. Il est conçu, ajusté, instrumentalisé ou bloqué par ceux qui disposent du pouvoir de le faire : les élites.

III. Argumentation : comment les élites fabriquent le système

Soutenir que “le système fabrique les élites” peut sembler séduisant. Mais cette vision inverse la causalité.
Certes, un système peut influencer les comportements, encourager ou décourager certains profils. Mais le système originel, tout comme ses transformations, est toujours une œuvre des élites.

Voici pourquoi.

1. Les élites définissent les règles du jeu

Qu’il s’agisse de la Constitution, des lois, de l’organisation administrative ou des politiques publiques, ce sont les élites politiques et institutionnelles qui décident des cadres dans lesquels évolue la société.
Quand une règle sert leurs intérêts, elles la renforcent.
Quand elle les contraint, elles la contournent, l’abrogent ou la dénaturent.

2. Les élites économiques structurent les relations de pouvoir

En Haïti, une minorité détient une part disproportionnée de la richesse nationale.
Ce pouvoir économique influence directement :la formation des gouvernements, les décisions parlementaires,
les opportunités offertes ou fermées à l’ensemble de la population.

Ainsi, le fonctionnement du marché, l’accès au crédit, la dépendance à l’importation ou encore la fragilité de l’investissement productif relèvent moins d’un “système neutre” que de choix faits par les élites économiques.

3. Les élites culturelles et intellectuelles légitiment le système

Les discours produits dans les établissements scolaires (au niveau fondamental comme au secondaire) , les universités, les médias, les espaces culturels ou religieux participent aussi à la reproduction du système. Ce sont ces élites qui disent ce qui est acceptable, normal, possible ou impossible.
Elles façonnent l’imaginaire collectif, donc la manière dont la population perçoit le pouvoir.

4. Le système change quand les élites changent

L’histoire universelle nous montre que les systèmes se transforment lorsque les élites sont renouvelées, contestées ou remplacées.
Révolutions dominguoise,française, bolchevique, chinoise, américaine ,cubaine, mouvements anticoloniaux ou antiimperialistes, transitions démocratiques :
à chaque étape, ce sont les élites émergentes qui ont défait l’ancien système pour en créer un nouveau.

Si les élites haïtiennes produisent un système dysfonctionnel, inégalitaire ou prédateur, c’est parce qu’elles poursuivent des stratégies de conservation de pouvoir au détriment de l’intérêt collectif. Ce n’est donc pas le système qui crée ces comportements ; ce sont ces comportements qui modèlent le système.

Au final, dire que  » le système fabrique les élites » revient à confondre la cause et l’effet. Il serait plus juste d’affirmer que les élites fabriquent le système, le façonnent, l’utilisent et le reproduisent selon leurs intérêts.Si le système haïtien est défaillant, c’est d’abord parce que ses élites politiques, économiques et intellectuelles ont choisi de le construire ainsi. La véritable réforme doit donc commencer par une transformation profonde des élites elles-mêmes.

Pierre Josué Agénor Cadet

Entre servilité/domesticité & Honneur et Dignité

0

Nous nous approchons sérieusement de la fin de l’année. Et les nuages s’amoncèlent sur notre République. On dirait que l’équation devient de plus en plus insoluble. Des dirigeants hommes et femmes qui ne savent pas si ils/elles sont face à l’histoire.

« Une occasion en or » se présente devant eux/elles pour écrire une page d’histoire. Domestiques, querelles intestines/intérêts de clans leur font oublier le sens et la portée de l’histoire.

Moment plus que jamais pour un sursaut, un dépassement de soi afin d’arriver à une posture citoyenne, une posture d’hommes et de femmes d’État. Et la Nation dans sa majorité compréhensive leur donnerait le bénéfice du doute, ferait UNITÉ AUTOUR D’EUX pour RACHETER L’HONNEUR.

Malheureusement, une fois de plus, le goût du pouvoir, la malhonnêteté, la domesticité, la complicité avec l’étranger, la main mise des oligarques, l’appât du gain chez des individus se disant hommes et femmes d’État pourtant participant à l’assassinat de l’État par leur comportement.

L’on peut se demander comment ils peuvent contribuer à une culture de l’honneur, de dignité, de civisme et de défense de l’intérêt collectif pour sauver l’État.

C’est ahurissant d’entendre d’un Conseiller présidentiel se vanter, s’enorgueillir d’avoir dans son ADN , les intérêts du secteur privé, desquels il ne saurait se séparer, au mépris du bien-être commun. C’est à ce spectacle de mauvais goût que nous assistons aujourd’hui.

A chacun d’en tirer sa conclusion. Une chose qui est non moins certaine, la servilité ne se récompense jamais.

Marcel Poinsard Mondésir

Haïti: La polygraphie ou le détecteur de mensonges, la PNH s’équipe pour assainir ses rangs

0

PORT-AU-PRINCE.— Dans un contexte sécuritaire explosif et face aux défis croissants liés à la criminalité organisée, la Police nationale d’Haïti (PNH) engage une nouvelle réforme interne: l’introduction progressive du polygraphe comme outil d’évaluation de la fiabilité et de l’intégrité de ses membres. Déjà opérationnel au sein de certaines unités, ce dispositif relève directement du cabinet du Directeur général, André Jonas Vladimir Paraison.

Cette initiative vise à renforcer le processus de sélection et de contrôle au sein de l’institution policière. Selon les informations obtenues, le test polygraphique sera désormais utilisé pour analyser en profondeur le profil des candidats: motivations, antécédents, sens du devoir, et adhésion réelle aux principes fondamentaux de la sécurité publique. L’objectif affiché est sans ambiguïté: filtrer les éléments indésirables susceptibles de compromettre la mission de la PNH.

À l’École nationale de police (ENP), les aspirants policiers ont déjà été soumis à cette procédure, qui vient s’ajouter aux critères traditionnels de recrutement. Cette mesure représente, selon la hiérarchie, une étape essentielle pour garantir une relève plus disciplinée et plus fiable dans une institution régulièrement critiquée pour ses failles internes.

Dans les rangs actifs, plusieurs unités spécialisées ont également passé le test, une décision confirmée par le Directeur Général de la PNH. Celui-ci estime que cette démarche permettra non seulement de renforcer la discipline, mais aussi de créer un mécanisme permanent d’assainissement des effectifs.

«Cette démarche nous permettra de distinguer les bons des mauvais policiers et, le cas échéant, d’écarter ceux qui nuisent à la mission essentielle de la PNH», a déclaré André Jonas Vladimir Paraison.

Pour la direction générale, l’enjeu dépasse la simple procédure administrative. Il s’agit d’un chantier stratégique visant à restaurer la confiance de la population, à réduire la corruption interne et à améliorer l’efficacité opérationnelle dans un pays où la sécurité demeure un défi majeur.

Alors que les violences armées continuent de fragiliser l’État et d’éprouver la résilience des institutions, l’introduction du polygraphe s’inscrit dans une volonté de bâtir une police plus transparente, plus professionnelle et mieux préparée à répondre aux attentes d’une nation en quête de stabilité.

Haïti-Culture: La DNL honore le cinéaste Arnold Antonin pour son film: « René Depestre : On ne rate pas une vie éternelle »

Dans le cadre de l’année de célébration du centenaire de René Depestre, la Direction Nationale du Livre (DNL) a organisé, ce vendredi, la projection du film documentaire « René Depestre : On ne rate pas une vie éternelle », retraçant l’itinéraire exceptionnel du poète, romancier et figure majeure de la littérature haïtienne.

« Le cinéaste Arnold Antonin signe une œuvre saluée pour la qualité de ses images, la finesse de sa narration et la profondeur de son regard sur la vie du poète », a déclaré dans ses propos introductifs le coordonnateur de l’année centenaire, le poète Marc Exavier.

Les invités ont ensuite redécouvert Depestre à travers plus d’une heure, quarante minutes et trente-neuf secondes de témoignages, d’archives et de fragments de mémoire. Après la projection, le maître de cérémonie Paul Villefranche a partagé un message poignant de René Depestre, écrit de sa propre main. Le poète y exprime sa gratitude envers le réalisateur, reconnaissant en lui « un frère capable de restituer sur l’écran les horizons de toute une vie ». Il y souligne l’élégance avec laquelle le film explore son chaos intérieur, ses rencontres décisives, ses combats politiques ainsi que sa réflexion sur « l’érotisme solaire », notion qu’il distingue soigneusement du libertinage.

De son côté, le Directeur Général de la DNL, M. Ernst Saint-Louis, saluant la contribution exceptionnelle d’Arnold Antonin à la transmission du patrimoine littéraire et artistique, a rappelé l’importance capitale du travail de ce cinéaste auteur de plus de 81 documentaires, véritables trésors de mémoire nationale. Au nom du Ministère de la Culture et de la Communication, il a félicité « le professeur » pour son rôle essentiel dans la revitalisation culturelle du pays, affirmant que la DNL se positionne désormais comme « un carrefour de résistance pour la lecture publique mais aussi pour le cinéma ».

Lors de la cérémonie de distinction, Arnold Antonin a partagé des souvenirs personnels de ses rencontres avec Depestre: premières conversations, longues promenades, réflexions partagées. Il a évoqué toute une génération d’écrivains : Jacques-Stéphen Alexis, Gérald Bloncourt, René Depestre marquée par l’engagement politique, la répression, l’exil, mais aussi par une créativité exceptionnelle. Le cinéaste a rappelé que plusieurs de ces figures ont payé de leur vie leurs convictions.

« S’il y a un Haïtien universel, je crois que c’est bien René Depestre », a-t-il affirmé, soulignant la portée mondiale de sa pensée et la pertinence de sa parole à travers les décennies.

Retransmise par la TNH, cette soirée d’hommage a permis non seulement de célébrer la profondeur intellectuelle et artistique de René Depestre, mais également de mettre en lumière un pan essentiel de l’âme haïtienne : sa capacité à créer, résister, témoigner et transmettre.

Parmi les personnalités présentes, on compte : le poète Christophe Philippe Charles, le président de la Société d’Histoire et de Géographie, Pierre Buteau, la Présidente de la Commission Technique de Restructuration des Médias d’État, Mme Marie Sandra Duvivier, le Directeur Général de la Bibliothèque Nationale d’Haïti, Dangelo Enrico Néard et la Directrice de la DCAL au Ministère de la Culture, Mme Stéphanie Saint-Louis, pour ne citer que ceux-là.

Yves Paul LÉANDRE