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Thomas Lalime, l’économiste vivant

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Par Roromme Chantal

« Les hommes pratiques, qui se croient tout à fait à l’abri de toute influence intellectuelle, sont généralement les esclaves de quelque économiste défunt. »

John Maynard Keynes

En écrivant ces lignes dans les années 1930, John Maynard Keynes (dont, soit dit en passant, certains propos racistes sur les noirs répugnent) visait les dogmes d’une science économique figée, plus soucieuse de cohérence interne que de vérité humaine. Il dénonçait la tyrannie de théories mortes, que l’on continue à répéter bien après qu’elles ont cessé d’expliquer le monde.

Aux antipodes de ces économistes défunts, Thomas Lalime consacre sa vie intellectuelle à maintenir la pensée économique vivante, c’est-à-dire ancrée dans le présent, ouverte au dialogue, au service du bien commun. Pendant plus de dix ans, sa chronique dans Le Nouvelliste « Des idées pour le développement » est l’un des rares espaces où l’économie se raconte en langue claire, sans renoncer à la rigueur, mais sans se retrancher derrière le jargon ou les modèles clos.

L’éducateur civique

Là où tant d’économistes se contentent en général de commenter la conjoncture, Thomas Lalime s’attache à interpréter le monde économique (en Haïti et au-delà) comme un « fait social total », au sens ici de Marcel Mauss, c’est-à-dire multidimensionnel (impliquant les autres aspects de la vie sociale : juridique, religieux, politique, moral…). Il écrit sur le taux de change, l’inflation, la dette publique, mais toujours en ramenant les chiffres à ce qu’ils disent de nous : nos choix collectifs, nos valeurs, nos institutions.

Ce que j’aime le plus, c’est le fait que, chez Lalime, l’économie n’est jamais une abstraction. C’est une manière de raconter les tensions et les espoirs d’une société. En cela, il se rapproche davantage d’un éducateur civique que d’un simple économiste, loin d’un analyste de marché que tendent à être trop souvent la plupart des chroniqueurs économiques. Ses textes ne cherchent pas à prédire, mais à comprendre ; pas à prescrire, mais à éclairer. Il nous est ensuite loisible d’en faire ce que nous voulons…

Le pédagogue

D’aucuns se mettront d’accord avec moi pour reconnaître que l’un des traits les plus remarquables de Thomas Lalime est sans conteste sa capacité à vulgariser sans trahir la complexité. Il sait que l’économie, lorsqu’elle devient trop technique, se dérobe au jugement démocratique. Sa chronique hebdomadaire est à cet égard, plus qu’un exercice d’équilibre, un hymne à la pédagogie : faire descendre les concepts des chaires universitaires vers la place publique, sans les réduire à des slogans simplistes.

L’immense universitaire français Michel Foucault, auteur du livre de référence Le courage de la vérité recommandait aux intellectuels publics de dire la vérité au pouvoir. À travers ses analyses, Thomas Lalime, auteur d’une remarquable thèse de doctorat sur la littératie financière au Québec, rappelle qu’un peuple bien informé économiquement est un peuple plus libre. Il donne à ses lectrices et lecteurs les outils pour décrypter le budget de l’État, les décisions de la Banque centrale, ou les voies susceptibles de mener au développement national. Il vise à transformer le lecteur en citoyen, et c’est sans doute là sa plus grande contribution intellectuelle et civique.

Dans un paysage souvent saturé de discours partisans, portés par des « pseudo-intellectuels », Thomas Lalime se distingue par sa lucidité sans amertume. Il sait pointer les contradictions du système sans céder au fatalisme -ce qui est en soi une performance exceptionnelle dans le contexte haïtien. Sa pensée refuse la posture de surplomb : elle se veut critique, mais constructive. Loin donc de la posture de l’intellectuel-type haïtien dont la moindre opinion ressemble à un deus ex machina.

Il n’est pas de ces économistes qui plaident pour l’austérité en oubliant la pauvreté, ni de ceux qui prêchent la croissance sans se soucier de la justice sociale. Il appartient à une génération d’économistes qui croient encore que l’économie peut être morale sans être moralisatrice.

Économiste ou politologue?

La lecture de Lalime, à la base économiste du développement, me confond : on croirait plutôt lire un politologue. Comme lorsque, dans une chronique intitulée « Construire les institutions, l’urgence de l’heure » (l’une de mes chroniques favorites de Lalime), il a soutenu en substance que le développement réel, en particulier dans des pays fragiles comme Haïti, ne peut pas reposer sur des résultats rapides ou superficiels : il faut d’abord mettre en place des institutions solides.

Presque tous les politologues (ou politistes) se rallieraient à cette thèse, informées par des décennies de recherche en sciences sociales, selon laquelle le sous-développement est d’abord institutionnel. Résumons : avant d’être un problème purement économique, fait-il observer, le sous-développement résulte de défaillances institutionnelles. Sans institutions stables, transparentes et crédibles (gouvernance, justice, administration), les initiatives de développement sont vouées à l’échec ou à rester inefficaces.

Comme en écho, à Acra, devant le Parlement ghanéen, le président Barack Obama (2009) disait ceci : « L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts, mais des institutions fortes ». La voie royale pour Haïti, boudée par nos dirigeants, obscurantistes et cleptomanes, et une oligarchie apatride, les yeux rivés sur ses seuls intérêts économiques définis étroitement.

Comme Lalime, j’essaie depuis plus d’une décennie, dans plusieurs tribunes, d’expliquer que le développement authentique ne peut pas être envisagé sans des institutions fortes et légitimes -et que des recherches concordantes en la matière ont montré que c’est en érigeant de telles institutions que l’on peut poser les bases d’un progrès durable, même dans des contextes politiquement instables ou économiquement fragiles.

Le témoin d’une « transition qui n’en finit pas »

Avec sa chronique hebdomadaire de référence, Thomas Lalime accompagne depuis plus d’une décennie les mutations d’Haïti et du monde : crises financières, secousses politiques, bouleversements environnementaux. À chaque tournant, il cherche à comprendre comment les décisions économiques façonnent le destin collectif. Sa voix, ferme et mesurée, est un repère. Dans un pays souvent désorienté par les chiffres et les rapports internationaux, il propose un langage d’équilibre : ni catastrophiste ni complaisant, mais attentif aux faits, ouvert à la nuance.

Là où Keynes dénonçait les théoriciens prisonniers de leurs modèles, Thomas Lalime nous rappelle que la science économique n’est vivante que lorsqu’elle dialogue avec la société. Son œuvre journalistique et intellectuelle est un exercice permanent de décentrement : regarder les faits économiques depuis les marges, depuis les vies ordinaires, depuis Haïti.

Keynes craignait que le monde soit gouverné par les idées d’économistes défunts. Grâce à Thomas Lalime, des générations de lectrices et lecteurs auront compris qu’il existe aussi des économistes vivants -ceux qui nous apprennent à penser librement, lucidement, ensemble.

*L’auteur est professeur de science politique et spécialistes des relations internationales et des questions chinoises à l’École des hautes études publiques de l’Université de Moncton.

Pour des élections sans violence et avec les femmes, un impératif démocratique

Par Jean Wesley Pierre

PORT-AU-PRINCE — Alors qu’Haïti tente de se frayer un chemin vers une stabilité politique et la tenue d’élections crédibles, une question fondamentale revient avec insistance : peut-on reconstruire la démocratie sans la pleine participation des femmes et dans un climat de violence ? La tenue des Assises départementales sur la participation politique des femmes et les violences électorales par le Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes (MCFDF), le 4 décembre 2025 à l’hôtel Montana, a placé ce double défi au cœur du débat public.

Un cadre légal fort, mais une application fantomatique

Le constat des experts et acteurs présents est sans appel. Juridiquement, les outils pour l’égalité existent. La Constitution haïtienne amendée consacre le principe d’un quota d’au moins 30% de femmes dans les instances de décision de la vie nationale. Des lois et des engagements internationaux renforcent ce dispositif.

Pourtant, sur le terrain, ce cadre semble souvent lettre morte. Comme l’a analysé l’experte Jérusha Vastie Michel, « C’est bien qu’il y ait le principe du quota, mais il n’y a aucune mesure pour contraindre les partis politiques à l’appliquer ». Cette absence de mécanisme coercitif ou d’incitatifs forts permet aux appareils politiques, majoritairement masculins, de perpétuer une exclusion de fait, réduisant le quota à une simple déclaration d’intention sans impact tangible.

L’appel de la Ministre : une refondation démocratique impossible sans les femmes

Prenant la parole pour ancrer la rencontre dans le contexte national, la titulaire du ( MCFDF ) Ministère à la Condition Féminine et aux Droits des Femmes, Pedrica Saint Jean, a précisé que le pays traverse une période charnière de recherche de stabilité, d’autorité de l’État et de confiance citoyenne. Elle a posé un principe fondamental : « Il n’y a pas de démocratie sans les femmes », affirmant ainsi que la refondation démocratique en cours ne peut se faire sans elles.

La Ministre a exposé les objectifs concrets de ces assises, qui consistent à, selon elle, dresser un diagnostic départemental, documenter les violences électorales, recueillir les expériences locales, mobiliser les acteurs communautaires et, in fine, construire des solutions adaptées aux réalités du terrain.

Elle a mis un accent particulier sur les obstacles persistants qui minent la participation politique des femmes et, par ricochet, affaiblissent la démocratie elle-même : l’intimidation, les menaces, les violences physiques, psychologiques et numériques, ainsi que la marginalisation systématique au sein des partis politiques.

Un mandat stratégique et un appel à l’édification nationale

Madame Saint Jean a également mis en avant le rôle stratégique de son ministère, détenteur du mandat national de promotion des droits des femmes et de lutte contre les violences basées sur le genre. Elle a rappelé les références institutionnelles fondamentales, dont l’article 17.1 de la Constitution, et a remercié les partenaires techniques et financiers pour leur soutien constant.

Concluant son intervention par un appel à la mobilisation collective, elle a lancé : « Chaque mot prononcé, chaque idée partagée, chaque engagement consigné ici doit être porté comme une pierre à l’édifice national. » Cette métaphore souligne la vision de ces assises non comme une fin en soi, mais comme une contribution active et indispensable à la reconstruction de l’État.

Quand la violence électorale sert d’arme d’exclusion genrée

Au-delà de la marginalisation passive, les femmes qui osent s’engager en politique font face à des menaces actives. Les violences électorales, un « phénomène mondial » selon Carine Laurenceau du BLCVFF, prennent en Haïti une dimension genrée particulièrement aiguë. Il ne s’agit pas seulement d’affrontements entre factions, mais de stratégies ciblées pour décourager et éliminer les femmes de l’arène politique.

L’intimidation, les menaces, les violences psychologiques et, de plus en plus, les attaques numériques et les discours de haine dans les médias, forment un environnement hostile. Viona Guerrier a pointé ce dernier aspect, notant que ces « discours haineux à la radio rendent la tâche plus difficile », contribuant à stigmatiser et à exclure les femmes.

Cette violence, qu’elle soit physique ou verbale, a un effet dissuasif immédiat et porte atteinte à la qualité même de la démocratie en limitant la pluralité des candidatures et des voix.

Des assises pour transformer les constats en action

Face à ce tableau, les Assises de l’Ouest 1, première étape d’une série de consultations nationales, avaient pour objectif de passer du diagnostic à l’action.

Les recommandations qui y ont émergé tracent une feuille de route exigeante : rendre le quota obligatoire en le dotant de sanctions effectives contre les partis récalcitrants — sécuriser l’espace politique par une action concertée des forces de l’ordre et de la justice — promouvoir la transparence et le dialogue inclusif dans l’organisation des scrutins — et enfin, mener un travail approfondi de sensibilisation et de formation pour combattre les stéréotypes et valoriser le leadership féminin.

La question de crédibilité démocratique

L’enjeu dépasse largement la simple « question des femmes ». Il touche à la crédibilité et à la légitimité du futur processus électoral et, au-delà, de l’État qui en sortira. Une démocratie qui exclut systématiquement la moitié de sa population de ses lieux de décision est une démocratie boiteuse et fragilisée. Les assises organisées par le MCFDF, qui doivent culminer avec des États Généraux nationaux en décembre, représentent une opportunité cruciale.

Il ne suffira pas de produire un nouvel acte de déclaration. La véritable mesure du succès sera la traduction concrète, dans le décret électoral définitif et dans les pratiques des partis politiques, des engagements pris. La lutte pour des élections sans violence et avec la pleine participation des femmes n’est pas un chapitre annexe de la reconstruction d’Haïti ; elle en est le pilier central, comme l’a fermement rappelé la Ministre Pedrica Saint Jean.

La FIFA frappe fort : Un « Prix pour la Paix » décerné à Donald Trump

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Par Jean Wesley Pierre

WASHINGTON – Le vendredi 5 décembre 2025, en marge du tirage au sort de la Coupe du monde 2026, un événement inédit a capté l’attention au-delà du monde sportif. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, a remis le premier « Prix FIFA pour la paix » au président américain Donald Trump. Cette distinction, créée discrètement par le dirigeant footballistique, soulève des interrogations sur la nature, le sens et la portée d’un tel honneur décerné par la plus haute instance du football mondial à un chef d’État en exercice.

Qu’est-ce que le « Prix FIFA pour la Paix » ?

Selon la communication officielle de la FIFA, ce nouveau prix récompense « les énormes efforts des personnes qui unissent les gens et donnent de l’espoir aux générations futures ». Plus précisément, Gianni Infantino a indiqué qu’il serait décerné chaque année à une personnalité éminente incarnant « un engagement sans faille en faveur de la paix et de l’unité dans le monde grâce à son leadership et à ses actions remarquables ».

La remise à Donald Trump s’est accompagnée d’une médaille et d’un certificat stipulant que le prix était attribué « au nom des milliards de personnes du monde » à ceux qui font avancer la paix.

Toutefois, la genèse de ce prix interpelle. Plusieurs sources rapportent qu’il s’agit d’une innovation concoctée par Gianni Infantino lui-même, sans consultation préalable de ses collègues au sein de l’instance dirigeante. Cette méthode confère à la distinction un caractère personnel et discrétionnaire, loin des processus collégiaux habituels pour les récompenses internationales. Le prix apparaît ainsi, dans sa première édition, moins comme l’aboutissement d’un processus institutionnel établi que comme une initiative du président de la FIFA visant spécifiquement à honorer son « ami proche », comme il l’a lui-même qualifié.

Le vrai sens de cette distinction ? Une instrumentalisation réciproque

Cependant, pour beaucoup d’analystes qui ont passer la cérémonie au peigne fin
et ont constaté de nombreuses révélations par rapport aux contextes et décele plusieurs couches de signification, mêlant sport, diplomatie et relations personnelles.

  1. Une validation diplomatique et une tribune politique : En recevant ce prix, Donald Trump a bénéficié d’une tribune mondiale pour mettre en avant son bilan en matière de politique étrangère. Dans son discours, il a évoqué ses efforts pour « résoudre les conflits et sauver des vies », citant explicitement l’accord de paix signé la veille entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo. La cérémonie s’est ainsi transformée en un plaidoyer politique, où le président américain a avancé avoir « mis fin à de nombreuses guerres ». Le prix lui offre une légitimation internationale, portée par le soft power universel du football.
  2. Le parachèvement d’une alliance personnelle sur la scène géopolitique : Ce geste scelle publiquement une étroite alliance personnelle entre Infantino et Trump, qui dépasse largement le cadre sportif. Leurs liens, noués dès 2018 à la Maison Blanche, se sont renforcés sur des terrains diplomatiques sensibles. Gianni Infantino a en effet accompagné Donald Trump lors de visites au Qatar, en Arabie saoudite et, plus récemment, en Égypte lors d’un sommet sur Gaza après un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas. C’est d’ailleurs en Égypte qu’Infantino avait déclaré, de façon prémonitoire, que Trump « méritait le prix Nobel » et que « sans Trump, il n’y aurait pas de paix ». Le « Prix pour la paix » de la FIFA semble ainsi matérialiser cette conviction personnelle du dirigeant footballistique, transférant son admiration sur la scène institutionnelle de la FIFA.
  3. Une opération de séduction en vue de la Coupe du Monde 2026 : Le timing et le lieu de la remise du prix ne sont pas anodins. Celle-ci intervient à Washington, à la veille du Mondial 2026 organisé par les États-Unis, le Canada et le Mexique. En couvrant l’hôte américain d’éloges et en lui offrant une visibilité exceptionnelle, Gianni Infantino s’assure du soutien politique maximal du pouvoir en place pour le succès logistique et sécuritaire du tournoi. Donald Trump a d’ailleurs immédiatement joué son rôle, annonçant des records de ventes de billets et promettant « un événement comme le monde n’en a jamais vu ». Le prix fonctionne ainsi comme une monnaie d’échange : la FIFA offre un capital symbolique (la paix) en retour d’un engagement politique fort pour la réussite de son événement phare.

Un prix aux frontières troubles

Le premier « Prix FIFA pour la paix » apparaît donc comme un objet hybride et ambigu. S’il se présente sous les atours d’une récompense morale universelle, son attribution semble profondément liée à des considérations de relations personnelles, de diplomatie parallèle et de pragmatisme événementiel.

Cette initiative brouille un peu plus les frontières que la FIFA, sous la présidence Infantino, entretient avec le pouvoir politique. Elle pose la question du rôle d’une institution sportive mondiale : doit-elle célébrer, à travers des prix ad hoc, les actions politiques de chefs d’État en exercice, au risque de paraître instrumentalisée ou de s’immiscer dans des débats géopolitiques complexes ? En honorant Donald Trump de la sorte, Gianni Infantino a sans doute moins offert une distinction neutre qu’il n’a affirmé, une fois de plus, sa vision d’une FIFA actrice sur l’échiquier global, aux côtés des puissants de ce monde. Le sens de ce prix réside peut-être moins dans ce qu’il récompense que dans ce qu’il révèle des alliances et des stratégies à l’œuvre au sommet du football international.

𝐋𝐞 𝐩𝐫𝐢𝐧𝐜𝐢𝐩𝐞 𝐝𝐞 “𝐏𝐚𝐢𝐱 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐚 𝐅𝐨𝐫𝐜𝐞” 𝐝𝐚𝐧𝐬 𝐥𝐚 𝐒𝐭𝐫𝐚𝐭𝐞́𝐠𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐒𝐞́𝐜𝐮𝐫𝐢𝐭𝐞́ 𝐍𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐚𝐥𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐄́𝐭𝐚𝐭𝐬-𝐔𝐧𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐧𝐨𝐯𝐞𝐦𝐛𝐫𝐞 𝟐𝟎𝟐𝟓

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𝑃𝑎𝑟 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒𝑢𝑠

Dans son document National Security Strategy publié en novembre 2025, l’administration américaine remet au premier plan le principe “Paix par la Force”. L’idée paraît simple, mais elle prend une portée nouvelle dans ce texte qui réorganise les priorités du pays, précise les attentes envers les alliés et redéfinit la place des États-Unis sur la scène mondiale. Selon le document, la paix ne résulte ni de la bonne volonté ni de la délégation stratégique, mais d’une puissance assumée, visible et crédible.

Le texte de 33 pages décrit d’abord une rupture avec ce qu’il présente comme les erreurs accumulées depuis la fin de la Guerre froide : extension excessive des engagements américains, confiance disproportionnée dans les institutions internationales, complaisance envers des partenaires peu coopératifs, ouverture économique ayant fragilisé l’industrie nationale. Dans ce cadre, la “Paix par la Force” est présentée comme une réponse structurée à ces décennies de dispersion stratégique. L’objectif consiste à rétablir une capacité de dissuasion assez solide pour empêcher les conflits avant qu’ils n’apparaissent, selon l’idée avancée que les adversaires évitent l’affrontement lorsqu’ils savent qu’ils ne peuvent pas en supporter les coûts.

La stratégie insiste sur la combinaison de la puissance militaire, de la vitalité économique et de l’avance technologique. La force se mesure aux armements, mais aussi à l’industrie, à l’énergie, à la recherche scientifique et à la diplomatie. Avec une économie robuste, une réindustrialisation soutenue, une maîtrise accrue de l’énergie et un leadership affirmé dans les technologies stratégiques, les États-Unis affirment dans le document qu’ils disposent des moyens nécessaires pour imposer la paix dans le monde. Une nation dotée d’outils puissants préserve sa marge de manœuvre et limite le recours à la confrontation armée, remarquent les rédacteurs. La puissance ouvre des possibilités d’accords, ferme le chemin aux crises prolongées et impose des compromis aux acteurs attirés par l’escalade, selon l’analyse avancée par l’administration Trump.

Le document cite la résolution récente de plusieurs crises internationales comme illustration de cette approche. Dans cette logique, plus la position américaine est solide, plus les négociations s’élargissent. La force n’éteint pas les tensions, mais elle réduit la tentation des acteurs de tester les limites américaines, selon les responsables qui ont participé à la rédaction. Cette même logique structure les rapports avec les alliés. Washington maintient les partenariats existants, mais demande un effort accru. L’OTAN doit atteindre un nouvel objectif de dépenses de défense fixé à 5 % du PIB. L’Indo-Pacifique exige une implication renforcée du Japon, de la Corée du Sud ou de l’Australie. La “Paix par la force” repose ainsi sur un partage plus clair des responsabilités.

Le principe organise ensuite la lecture régionale de la politique américaine. En Amérique latine, il sert à contrer les cartels, limiter les migrations massives et réduire l’influence de puissances étrangères dans l’hémisphère, selon les objectifs énoncés. En Asie, il vise à prévenir une confrontation autour de Taïwan et à maintenir les routes commerciales ouvertes face aux ambitions chinoises. En Europe, il entend favoriser la stabilisation du continent, encourager une issue rapide à la guerre en Ukraine et renforcer l’autonomie stratégique des pays du bloc occidental. Au Moyen-Orient, il s’appuie sur une présence américaine forte mais ciblée pour limiter l’influence iranienne et encourager de nouvelles normalisations diplomatiques. En Afrique, il accompagne une transition d’un modèle d’aide à un modèle d’investissement, avec une attention particulière portée aux ressources stratégiques et aux infrastructures essentielles, selon les priorités avancées dans le texte.

À travers le principe “Paix par la Force”, l’administration américain affirme sa conviction que la faiblesse crée des zones d’instabilité, tandis que la puissance crédible éloigne les conflits. Ainsi, L’idée de la “Paix par la force” traverse le document National Security Strategy of the United States of America, November 2025, signé par le président Donald Trump, comme une philosophie globale destinée à éviter les affrontements sans renoncer à la fermeté, à protéger les intérêts américains sans s’enfoncer dans des interventions interminables, et à affirmer une position mondiale structurée autour de la dissuasion, de la puissance économique et de la maîtrise technologique.

Le riche legs musical de «Dadou» Pasquet

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Créateur d’une texture musicale éclectique, perçue même comme trop substantielle, André «Dadou» Pasquet s’est éteint le 23 novembre dernier aux États-Unis. Élégant jusqu’à son dernier souffle, il s’est assuré de téléphoner à quelques proches, notamment Nostor Azerot, son collaborateur depuis quarante-cinq ans, pour leur dire aurevoir. Retour sur le legs musical aussi riche que diversifié de l’érudit musicien haïtien.  

Par Pierre-Raymond Dumas

Né le 19 août 1953, André «Dadou» Pasquet – dont on mesure mal l’importance – est sans conteste l’un de nos plus grands musiciens, et certainement l’un des plus innovateurs. La sensualité de sa musique recourt à la vitesse, à la joie de vivre ou aux sentiments malheureux, sans complaisance pour le public. C’est un créateur entier, authentique.

Son expérience de cinq années au sein du Tabou Combo au début des années 1970 en est le tout premier abrégé : en compagnie de Shoubou (Roger Eugène) et de Yvon «Biassou» Mondésir, il forma un trio vocal impressionnant qui contribua, aussi bien comme compositeur et arrangeur que comme guitariste, au succès de quatre albums emblématiques (Canne à sucre, Respect, 8th Sacrement, The masters).

Tous les mélomanes haïtiens se sentaient séduits, même les plus difficiles, même les plus traditionnels, les plus grincheux, les plus fermés. Le sentiment dynamique de l’âme haïtienne trouvait là un aboutissement et un nouveau souffle. Si cette expérience lui a laissé un goût amer, son talent précoce et sa virtuosité de guitariste, façonnés par ses oncles Dodof (Rodolphe), Richard et Alexandre Legros, ont été enrichis et appréciés par des auditoires avertis et exigeants.

Le Tabou Combo de Herman Nau, de Yves «Fanfan» Joseph, Dof Chancy, de Ernst Marcelin, de Yvon Ciné, de Yvon «Kapi» André, de Jean Claude Jean était déjà un label de haute voltige ! Guitariste surdoué dont le potentiel fulgurant fut remarqué par d’illustres devanciers (Raymond Sicot, Raoul Guillaume, Richard Duroseau) et devenu le plus avant-gardiste des guitaristes haïtiens, il fonda le 24 juin 1976 son propre groupe : «Magnum Band» (La seule différence).

L’espace conquérant de Magnum Band allait redonner à Dadou Pasquet, qui a étudié au Staten Island College (États-Unis), sa dimension ambitieuse : la puissance de sa créativité, sa volubilité séduisante, son charisme expérimental influencé à la fois par la tradition des rythmes locaux ou caribéens (reggae, calypso) et la modernité issue du jazz, du blues, du funk, etc.

Mais il a su faire un étonnant travail de fusion entre un konpa rythmique bondissant et des paroles tout aussi signifiantes, particulièrement éloquentes : «Expérience», «Jéhovah», «Grann», «Chèche lavi», «Island», «The best in town», «Sans frontière», «Okay», «Révélation», «Adoration», «Pure gold», «Congo nan vodou», «Paka pala», «Dife», «Pike devan», «Ashdei», et j’en oublie.

La cause est entendue, mais l’obsession de ce satané perfectionniste est de rendre la médiocrité des uns plus spectaculaire, les vedettes déguisées et superficielles plus détestables encore, et de faire oublier tout ça à travers sa musique, travaillée et entraînante, oui, dansante à mort !
Dans l’album intitulé «30 ans/Magnum Band, la seule différence» (2007), paru après l’album, «Les archives de Dadou Pasquet» (1998), on retrouve maints succès précédemment cités. La quête est longue.

Ce n’est pas une mince affaire que de faire apparaître l’œuvre de Dadou Pasquet dans sa succession panoramique, et de mettre en évidence une richesse éclatante là où, succès après succès, tournée après tournée, on ne percevait que morceaux éclatés, tentatives incessantes, adaptations et interprétations à satiété des succès étrangers, prouesses décalées.

Manifestations divines

Comme ces mystiques fascinés par plusieurs religions et/ou manifestations divines (christianisme, vaudou, islam), imprégnés de visions fiévreuses, Dadou Pasquet, qui a pour méthode de tout peaufiner, représente lui-même un être en devenir, un prophète dans son pays. À écouter les musiciens actuels, dont bon nombre ne sont pas de véritables artistes, on a souvent l’impression que la sono à haut débit n’est que l’alibi d’un certain crétinisme générationnel, et l’infantilisme thématique, le résultat d’une régression sans fard.

Encore une fois, on a affaire avec l’unde ces passionnés dispensateurs d’instants de plaisir et de grâce, ce Dadou Pasquet à qui la postérité réservera à coup sûr une prodigieuse ascendance.

*Ce texte de notre collaborateur Pierre-Raymond Dumas a été originellement publié, le 28 août 2014, dans Le Nouvelliste (Haïti)

Ouverture exceptionnelle des guichets de la BRH ce samedi 6 décembre

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L’Administration Générale des Douanes (AGD) a annoncé une mesure exceptionnelle visant à faciliter les démarches des usagers dans le cadre du paiement des bordereaux de douane. Dans un avis publié le 5 décembre 2025, l’institution informe le public que les guichets de la Banque de la République d’Haïti (BRH) affectés aux opérations douanières seront ouverts ce samedi 6 décembre, de 8h30 à 12h00.

Cette disposition, selon l’AGD, s’inscrit dans une démarche d’amélioration continue du service de proximité, afin de répondre plus efficacement aux besoins des opérateurs économiques et des citoyens en général. L’ouverture exceptionnelle du week-end vise notamment à désengorger les flux de transactions en semaine et à offrir une plus grande flexibilité aux usagers.

L’Administration Générale des Douanes réaffirme à cette occasion son engagement à garantir un service public de qualité, fondé sur l’accueil, la disponibilité et l’efficacité. Elle encourage les personnes concernées à profiter de cette plage horaire spéciale pour effectuer leurs paiements dans les meilleures conditions.

Cette initiative intervient dans un contexte où la fluidité des opérations douanières demeure un enjeu majeur pour le commerce national et international, et où toute amélioration opérationnelle représente un pas important vers une meilleure gestion des formalités frontalières.

Par la rédaction

L’Institut Français d’Haïti: 80 ans d’action culturelle et de coopération entre Haïti et la France

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Par la rédaction

L’Institut Français d’Haïti (IFH) a lancé cette semaine les célébrations de ses 80 ans, une étape symbolique pour une institution qui, depuis 1945, occupe une place centrale dans la vie culturelle et intellectuelle du pays. Du 3 au 7 décembre, conférences, projections, échanges publics et rencontres artistiques se sont succédé afin de mettre en lumière l’impact culturel, éducatif et scientifique de l’IFH dans la société haïtienne.

Dès son inauguration, en décembre 1945, l’IFH s’est imposé comme un espace de circulation des idées, d’ouverture au monde et de dialogue entre créateurs haïtiens et français. Figures de renom comme le poète André Breton ou Wifredo Lam avaient marqué son lancement — un héritage que l’institution continue de faire vivre à travers ses programmations, ses formations et son soutien à la création contemporaine.

Intervenant lors de la cérémonie d’ouverture, le Secrétaire d’État à la communication, Bendgy Tilias, lisant le discours du ministre de la Culture en cette circonstance, a salué une institution qui « crée des ponts culturels qui tiennent debout, même face aux vents contraires ». Pour lui, la diplomatie culturelle portée par l’IFH n’est plus un luxe mais un outil stratégique de stabilité, d’expression et de projection internationale pour Haïti.

L’ambassadeur de France, Antoine Michon, a rappelé que l’IFH est « bien plus qu’un lieu : une communauté, une mémoire, un pont entre les deux pays ». Selon lui, l’Institut joue un rôle essentiel dans la rencontre entre générations d’artistes, d’intellectuels et d’étudiants, tout en accompagnant l’émergence de nouveaux talents.

La coopération culturelle au service de l’enseignement supérieur

Dans le cadre de cette semaine de festivités, Campus France Haïti a organisé une table ronde stratégique intitulée :
« Coopération universitaire et mobilité : où en est Haïti, et où allons-nous ? ».

Si la rencontre portait sur l’enseignement supérieur, elle s’inscrit directement dans la mission culturelle de l’IFH : favoriser les échanges de savoirs, la mobilité, la formation et la circulation des compétences. Universitaires, responsables institutionnels, experts et étudiants ont souligné à quel point la coopération éducative participe à la vitalité culturelle du pays et à son ouverture internationale.

L’ambassadeur Michon a rappelé à cet effet que 4 000 à 5 000 étudiants haïtiens poursuivent actuellement leurs études en France — autant d’ambassadeurs culturels en devenir, appelés à revenir enrichir la vie intellectuelle et professionnelle du pays.

Un rôle culturel qui dépasse les murs de l’Institut

Au-delà des activités académiques, l’IFH reste un espace incontournable de création, d’exposition, de diffusion d’idées et de rencontres artistiques. Son action contribue à renforcer les liens entre institutions haïtiennes et françaises, à soutenir les industries culturelles locales, et à offrir au public haïtien un accès constant à la diversité culturelle mondiale.

À 80 ans, l’Institut Français d’Haïti réaffirme ainsi son rôle de pilier de la coopération culturelle, un espace de dialogue et de transmission où se construit, année après année, une relation durable entre Haïti et la France — une relation fondée sur le savoir, l’art, la créativité et l’échange.

Le Commandant en Chef de la PNH en mission dans le Sud-Est

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Par Gesly Sinvilier

Dans un contexte sécuritaire toujours délicat en Haïti, le Commandant en Chef de la Police Nationale d’Haïti (PNH), M. André Jonas Vladimir Paraison, a effectué une visite officielle à Jacmel ce vendredi. Cette mission de travail visait à s’enquérir des conditions de travail des policiers du département du Sud-Est, un secteur stratégique mais souvent négligé en termes de ressources.

Accueilli par le Commissaire Principal Lenet Honoré, Directeur adjoint du Département du Sud-Est, le Commandant Paraison a assisté à une séance de travail au cours de laquelle un état des lieux détaillé de la situation a été présenté. Le rapport fait état d’une série de difficultés majeures : pénurie d’armements, manque d’équipements adaptés, déficits en matériel de protection individuelle, ainsi qu’un nombre insuffisant de véhicules d’intervention, notamment les blindés.

Au-delà des problèmes logistiques, des préoccupations ont aussi été soulevées concernant les conditions de travail du personnel policier, un facteur clé pour la motivation et l’efficacité des forces de l’ordre.

Malgré ce tableau préoccupant, les autorités locales se sont voulues rassurantes. Le Commissaire Honoré a souligné que, grâce à la vigilance, à l’engagement et à la discipline des agents de la PNH dans la région, la situation sécuritaire reste relativement stable.

Cette visite du Commandant Paraison traduit une volonté du haut commandement de rester à l’écoute des réalités du terrain et d’œuvrer à l’amélioration des capacités opérationnelles des unités régionales. Elle s’inscrit dans une dynamique de renforcement institutionnel, à un moment où la PNH est confrontée à des défis multiples sur l’ensemble du territoire national.

Coupe du Monde 2026 : le tirage au sort dévoilé à Washington D.C. Haïti hérite d’un groupe relevé

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La Coupe du Monde 2026 entre officiellement dans une nouvelle ère. Ce vendredi 5 décembre 2025, au prestigieux John F. Kennedy Center for the Performing Arts à Washington D.C., la FIFA a procédé au tirage au sort final de la phase de groupes. Un événement spectaculaire qui marque le lancement sportif du tout premier Mondial à 48 équipes, coorganisé par les États-Unis, le Mexique et le Canada.

Pour cette édition élargie, les sélections ont été réparties en 12 groupes de quatre équipes. Les nations hôtes étaient automatiquement placées en tête de leurs groupes :
Mexique en Groupe A
Canada en Groupe B
États-Unis en Groupe D
Cette répartition a donné le ton d’un tirage riche en duels passionnants, opposant favoris traditionnels, nouveaux venus et nations émergentes du football mondial.

L’un des moments les plus marquants du tirage a été l’apparition du nom Haïti dans le Groupe C, aux côtés de trois grandes nations du football :
Brésil
Maroc
Écosse
Haïti

Pour les supporters haïtiens, c’est un symbole fort : un retour attendu et porteur d’espoir. La sélection nationale n’avait plus participé à une Coupe du Monde depuis des décennies. Se retrouver dans un groupe très relevé ne fait que renforcer la grandeur du moment.
Le Brésil et le Maroc comptent parmi les équipes les plus solides au niveau mondial, tandis que l’Écosse a retrouvé une constance remarquable ces dernières années. Haïti devra donc faire preuve d’une intensité et d’une rigueur exceptionnelles. Mais dans un Mondial à 48 nations, chaque match peut créer la surprise et Haïti a déjà prouvé dans son histoire qu’elle savait déjouer les pronostics.

Le tirage a également confirmé plusieurs groupes d’une rare densité, promettant un tournoi spectaculaire. Le format élargi de la compétition permet à davantage de nations de briller sur la scène mondiale, renforçant l’idée d’un football plus ouvert, plus global et plus imprévisible.

L’enjeu est immense : seules les deux meilleures équipes de chaque groupe, ainsi que les huit meilleurs troisièmes, accéderont aux 16es de finale, nouvelle étape créée pour s’adapter au format 48.

La FIFA a confirmé les dates officielles du tournoi :
Match d’ouverture : 11 juin 2026Il se disputera au légendaire Estadio Azteca, au Mexique.
Phase de groupes : du 11 au 27 juin 2026
Phase éliminatoire : fin juin – mi-juillet
Finale : 19 juillet 2026
Elle aura lieu dans la région New York / New Jersey, dans l’un des plus grands stades du continent.

Le monde entier attend déjà l’entrée en scène des champions en titre, l’Argentine, qui tenteront de défendre leur couronne.

Ce tirage marque le début d’une aventure exceptionnelle. Pour Haïti, il symbolise un retour, une renaissance et un immense défi. Se mesurer au Brésil, au Maroc et à l’Écosse offre une visibilité inédite et une chance unique de créer l’une des sensations du tournoi.

La route est difficile, mais l’histoire du football aime les surprises. Et cette Coupe du Monde 2026, déjà historique, pourrait bien en offrir beaucoup.

Mardoché D’Août

Les lauréats de la 3e édition du concours de dissertation de l’OCNH récompensés

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L’Organisation des Citoyens pour une Nouvelle Haïti (OCNH) a finalement mis fin au concours de dissertation qu’elle a lancé le 4 Août dernier. Quatre mois plus tard , l’OCNH a remis les prix aux différents gagnants de cette grande initiative qui vise à encourager les universitaires à analyser le rôle du système judiciaire dans la lutte contre la corruption.

Kendy Léonard Patrice, premier prix ; Christelle Monfiston, deuxième prix ;Gédéon Eugène, troisième prix, sont les trois des 15 finalistes distingués après l’évaluation du jury.

Selon l’OCNH, 280 jeunes, dont 101 femmes, ont pris part à cette édition. Les candidatures provenaient des dix départements du pays, avec une forte participation du département de l’Ouest.

Les lauréats ont reçu des prix allant de 500 à 1 200 dollars américains, ainsi qu’un trophée, des médailles, des ouvrages et du matériel technologique, incluant un ordinateur, une tablette et un smartphone. Ils bénéficient également de stages financés par l’organisation.

Le coordonnateur général du concours, Roobens Isma, s’est réjoui de cette mobilisation croissante. Il a salué la rigueur du jury et l’engagement des étudiants. « Ces jeunes ont su placer leurs mots dans la lutte contre la corruption. Ils ont montré une grande rigueur et un sens critique remarquable », a-t-il déclaré.

Le directeur exécutif de l’OCNH, Me Camille Occius, a rappelé que plusieurs anciens finalistes ont déjà intégré l’organisation ou reçu des opportunités d’accompagnement professionnel. « Cette initiative est devenue un véritable tremplin pour de jeunes talents. Ils démontrent qu’une autre Haïti est possible, portée par la pensée critique et l’intégrité », a-t-il affirmé.

Il a également souligné l’importance d’un appareil judiciaire indépendant et bien gouverné, condition essentielle, selon lui, pour restaurer la confiance citoyenne. « Sans une justice crédible, aucune lutte contre la corruption ne peut aboutir », a-t-il insisté.

Notons, «la gouvernance judiciaire dans la lutte contre la corruption en Haïti : défis et pistes de solutions», était le thème autour du lequel les participants ont produit leurs travaux.

Pour clore la cérémonie de remise , Me Camille Occius en a profité pour lancer un appel à la jeunesse, l’invitant à exercer pleinement son rôle citoyen. « Soutenir cette génération, l’écouter et lui offrir des espaces d’expression, c’est préparer les bases d’une Haïti de justice et de transparence », a souligné Me Occius.

Gedeon Delva