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Élections générales : les mécanismes indispensables pour sécuriser le scrutin d’août 2026

Par Jean Wesley Pierre

Ce lundi 2 mars 2026, le Conseil électoral provisoire a ouvert le bal des opérations électorales avec l’enregistrement des partis politiques. Dix jours pour s’inscrire, cinq mois pour organiser un scrutin crédible. Mission impossible ?

Un calendrier sous haute tension

Alors que les partis politiques ont jusqu’au 12 mars pour déposer leurs dossiers d’enregistrement, la question qui taraude tous les esprits est simple : comment organiser des élections générales le 30 août prochain dans un pays où 90 % de la capitale échappe au contrôle de l’État ?

Le CEP a fixé sa feuille de route. Le premier tour des législatives et présidentielles est calé au 30 août. Mais cette date, soumise au ( CPT ) Conseil Présidentiel de Transition au départ, reste conditionnée à des préalables que personne n’est aujourd’hui en mesure de garantir.

Les préalables sécuritaires : le talon d’Achille

Le secrétaire d’État américain Marco Rubio lui-même a mis en garde : pas d’élections crédibles sans rétablissement de la sécurité. Un constat partagé par Pierre Dieudonné Délice, leader de parti, contraint de fuir sa maison à Arcahaie après une attaque de gangs. Comment faire campagne quand on doit emprunter des bateaux ou des hélicoptères pour contourner les routes contrôlées par des hommes lourdement armés ?

La Police nationale assure poursuivre ses opérations à Croix-des-Bouquets et ailleurs. Mais les affrontements persistent, les drones piégés explosent, et 1’4 million de déplacés errent sur le territoire.

Les mécanismes à activer d’urgence

Pour tenir l’échéance du 30 août, plusieurs mécanismes doivent être impérativement actionnés selon les analystes :

  1. La sécurisation progressive du territoire

L’État doit démontrer sa capacité à reprendre le contrôle des axes routiers stratégiques et des zones aujourd’hui sous emprise des gangs comme martissant ou carrefour. La nouvelle force de répression des gangs annoncée, censée remplacer la mission kényane, devra être déployée bien avant le scrutin. Sans liberté de circulation, pas de campagne électorale digne de ce nom.

  1. L’appui technique et logistique du PAPEH

Le Programme des Nations Unies pour le développement est déjà positionné à travers le Projet d’appui au processus électoral (PAPEH). Son objectif : renforcer les capacités du CEP, sécuriser les opérations logistiques, et promouvoir la participation des femmes et des jeunes. Mais ces appuis ne vaudront que si le terrain est physiquement accessible.

  1. L’inscription inclusive des électeurs

Avec plus d’un million de déplacés, comment garantir le droit de vote à tous ? Il faudra des centres d’inscription mobiles, une communication adaptée, et une sécurisation renforcée des bureaux de vote dans les zones à risque.

  1. La neutralisation des contentieux électoraux

Le climat politique est délétère. Plusieurs partis signataires du Pacte national crient déjà à l’exclusion. Le CEP devra jouer un rôle d’arbitre impartial pour éviter que les recours ne paralysent le processus.

  1. L’adaptation au calendrier climatique

Août, c’est aussi la saison des pluies. Les infrastructures routières, déjà délabrées, pourraient devenir impraticables. Une variable trop souvent négligée dans les projections électorales.

Le dilemme du CEP : avancer ou attendre ?

Le ministre chargé des questions électorales, Joseph André Gracien Jean, assume :

« Nous n’attendons pas que la sécurité soit rétablie partout pour enregistrer les partis. Pas à pas, nous avançons. »

Une position compréhensible mais risquée. Car organiser des élections dans des zones de non-droit, c’est prendre le risque d’un scrutin ni crédible ni inclusif.

Pierre Dieudonné Délice résume le sentiment général :

« Si la situation reste telle qu’elle est actuellement, il sera impossible d’organiser des élections. »

L’enjeu dépasse la technique

Au-delà des mécanismes, c’est la volonté politique qui est questionnée. Le gouvernement de transition, désormais dirigé seul par Alix Didier Fils-Aimé depuis la fin de mandat du CPT le 7 février, est accusé par certains de traîner les pieds. « Ils aiment la transition parce qu’il n’y a pas de contrôle », ose un leader politique et membre de la KOMINOTE PWOGRESIS AYISYEN.

Pourtant, la communauté internationale, les partenaires techniques, et surtout le peuple haïtien attendent un retour à l’ordre constitutionnel. Les élections ne sont pas une fin en soi, mais le moyen de redonner une légitimité aux institutions et une voix aux citoyens.

Bien plus que des discours

Le 30 août 2026 est dans tous les esprits. Mais pour que cette date ne devienne pas un mirage de plus dans le désert politique haïtien, il faudra bien plus que des discours. Il faudra des actes sécuritaires concrets, une coordination sans faille entre le CEP, le gouvernement et les partenaires internationaux, et une volonté farouche de placer l’intérêt du peuple au-dessus des calculs politiciens.

L’enregistrement des partis est lancé. La machine est en marche. Mais elle avance sur un terrain miné.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Haïti-Crise politique: une coalition d’organisations rejette le Pacte national et met en cause la gouvernance d’Alix Didier Fils-Aimé

PORT-AU-PRINCE.— Une coalition réunissant partis politiques, organisations de la société civile et associations de la diaspora hausse le ton contre le «Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections» et la gestion du Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Dans une déclaration conjointe, les signataires dénoncent une dérive institutionnelle et l’échec manifeste des autorités à enrayer l’effondrement sécuritaire.

Selon eux, quinze mois après la mise en place des nouvelles autorités, l’État n’a toujours pas rétabli son monopole de la force et de larges portions du territoire restent sous le contrôle de groupes armés. Ils rappellent en outre que le chef du gouvernement aurait été révoqué par une majorité qualifiée du Conseil présidentiel de transition, estimant que toute tentative de se maintenir constituerait une entorse grave au principe de légalité.

La coalition fustige également la signature d’un contrat de sécurisation des frontières avec la firme Evergreen Trading System Limited, pour plus d’un demi-milliard de dollars. Un engagement jugé opaque, conclu sans base institutionnelle claire et porteur, selon eux, de risques pour la souveraineté nationale.

Autre grief majeur : l’impartialité électorale. Les signataires accusent le Premier ministre d’avoir déjà adoubé un candidat à la présidence et dénoncent un conflit d’intérêts susceptible de compromettre la crédibilité du scrutin.

En conclusion, la coalition rejette tout «arrangement circonstanciel» et appelle à une solution haïtienne durable, fondée sur un exécutif équilibré, un accord politique inclusif et l’organisation d’élections libres dans un cadre sécuritaire stabilisé. Pour ses membres, la stabilité ne naîtra ni d’alliances fragiles ni de pactes contestés, mais d’un retour strict à la légitimité institutionnelle et aux principes républicains.

ANESRS : un nouveau cap pour l’enseignement supérieur haïtien, avec l’appui stratégique du FNE

Par Me Magnekell REGULUS

Le 27 février 2026 restera une date charnière pour l’enseignement supérieur en Haïti. Avec l’opérationnalisation de l’ANESRS, l’État engage une réforme structurelle destinée à instaurer une régulation plus ferme, une évaluation académique rigoureuse et une orientation stratégique cohérente du secteur universitaire et de la recherche scientifique.

Lors de la cérémonie officielle, le Ministre de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, Augustin Antoine, a posé le cadre : le développement national repose désormais sur la valorisation du capital humain et scientifique. Un positionnement clair, qui rompt avec les logiques improvisées et inscrit l’enseignement supérieur dans une perspective de performance et de responsabilité.

Le Président de l’ANESRS, Hérold Toussaint, a pour sa part insisté sur la centralité de la rigueur scientifique. Selon lui, la crédibilité institutionnelle, l’innovation responsable et la vitalité intellectuelle d’un pays ne peuvent exister sans standards élevés, assumés et appliqués.

Le message a été renforcé par le Représentant de l’UNESCO en Haïti, Eric Voli Bi, qui a rappelé l’impératif d’aligner les formations universitaires sur les besoins réels du pays, particulièrement dans un contexte de reconstruction économique et sociale.

Ce tournant stratégique a bénéficié du soutien financier déterminant du Fonds National de l’Éducation (FNE). Par cet appui, l’institution confirme son rôle moteur dans le financement des réformes structurantes du système éducatif. Conscient que la qualité de l’enseignement supérieur conditionne la compétitivité nationale, le Directeur général du FNE, Elysé COLAGÈNE, a réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner les initiatives visant à renforcer la gouvernance académique et la recherche scientifique.

L’entrée en fonction de l’ANESRS traduit ainsi une volonté politique assumée : encadrer durablement l’enseignement supérieur, rationaliser l’offre de formation et replacer l’exigence académique au cœur du redressement national.

Me Magnekell REGULUS

Les Sans Visages Du Nouveau Gouvernement

Par Max G. Lyron

Haïti a un nouveau gouvernement. La liste des ministres et des directeurs généraux existe. Il y a eu des rumeurs. Des éliminations et des ajouts. La liste officielle, certains journalistes l’ont “obtenue”. Tel un butin à l’issue d’un parcours du combattant. Les médias en ligne l’ont reprise. Elle circule depuis.
Mais le site web de la Primature ne dit rien. L’actualité affichée date d’ailleurs de février 2025

Sur la page Facebook qui semble faire office de canal officiel, la vidéo de l’investiture suit la transcription des propos du Premier ministre. Mais la liste officielle constitue le chaînon manquant.
Probité oblige, j’ai consulté presque toutes les sources gouvernementales pertinentes, dont le site web, le compte X et Instagram des Presses Nationales d’Haïti avant de confirmer une chose : ce n’est point une omission technique. C’est bien un choix. Voyez-vous, il est de ces habitudes qui sont si bien ancrées qu’elles ne se remarquent plus.

Un État qui laisse les médias faire le travail de sa propre communication ne fait pas que déléguer, mais abdique. Il y a une différence. Et au matin, chaque nouveau chef s’évertuera à organiser sa petite communication avec son média. Ses plateformes. Choisissant ainsi d’exposer les dessous de l’image de l’Etat.

Ce que l’opacité traduit de l’État

La transparence gouvernementale ne devrait pourtant pas être une question de bonne volonté. C’est un contrat social. La population a le droit de savoir qui la gouverne, avec quel parcours, sous quelle autorité formelle. Cela ne se fera pas via WhatsApp, mais par une source officielle, vérifiable et permanente.

On est déjà habitués à cette pratique de certains protagonistes d’utiliser les médias pour faire campagne à leurs propres nominations. Des parcours gonflés, des postures publiques, une communication de soi superficielle. Conjoncturelle. Surtout, éphémère. Car ils finissent par s’estomper dans l’attente du prochain remaniement. Mais les affaires de l’État ne devraient pas obéir à cette pratique.

En 2026, publier un communiqué officiel avec en-tête, noms, titres et biographies sommaires ne relève pas de l’exploit. Les communicants sont payés. Les plateformes numériques existent. C’est le minimum opérationnel d’une gouvernance qui se respecte.

Mais je crois que ce qui se joue ici dépasse la technique. Car un gouvernement qui ne se présente pas formellement envoie un signal. La méfiance que nourrit ce silence est la réponse naturelle à une opacité systémique.

Rappelons-nous qu’Haïti est regardée. Par ses citoyens d’abord. Par ses partenaires ensuite. Ce que nous voyons, c’est un gouvernement produit d’une transition de marchandages entre factions politiques, sans souveraineté populaire ni ancrage démocratique. Ce que nous voyons, c’est un État qui ne se sent pas comptable devant ceux qu’il gouverne.

Max G. Lyron

Ce n’est qu’un au revoir, Me Blanchard

Par Sonet Saint-Louis, av.

La communauté universitaire est en deuil. Elle pleure le départ prématuré du professeur Blanchard Jean-Baptiste, qui s’est éteint ce mardi 3 mars 2026. Il souffrait d’un cancer de la gorge. Me Blanchard était une figure marquante de l’enseignement supérieur en Haïti. J’ai grandi dans sa sagesse pendant ces vingt dernières années. Je l’aimais pour sa simplicité et sa contribution à l’enseignement du droit en Haïti.

Je salue avec émotion sa mémoire et son dévouement. Il était d’une grande simplicité envers ses collègues et les étudiants à la Faculté de droit de l’Université d’État d’Haïti. C’est lui qui m’avait introduit à l’UNIFA pour mon cours de droit des affaires intitulé : Commerce, production, consommation, concurrence et normes dans un environnement national et international », en tant que jeune professeur nouvellement arrivé. Cette université de qualité, dirigée par le docteur Jean-Bertrand Aristide, ancien président constitutionnel de la République, est une référence dans l’enseignement supérieur en Haïti.

Cet événement tragique témoigne de la perte de piliers académiques dans notre monde universitaire. L’UNIFA, je ne cesse de le répéter, est une œuvre d’élite dédiée à tout un peuple. Elle incarne la beauté et l’excellence.

La communauté universitaire se souviendra de ses rapports amicaux avec les professeurs et les étudiants. Envers moi, il avait toujours fait preuve d’un grand respect. Il aimait mes textes et ma plume. Pour ces deux facultés de droit, il était un pilier, une présence constante, une contribution essentielle à l’établissement d’une culture d’excellence.

Au nom de la communauté universitaire, je présente mes sincères condoléances à sa famille, à ses enfants, notamment au recteur de l’UNIFA ainsi qu’au doyen de la Faculté de droit et des Sciences économiques de l’Université d’État d’Haïti, le professeur Eugène Pierre-Louis, camarade de la promotion de l’Espoir que le président Jean-Bertrand Aristide avait parrainée de manière majestueuse. Je me rappelle comme si c’était hier cette cérémonie spectaculaire de graduation qui avait eu lieu au Palais national. Il s’agit d’un souvenir marquant, auquel le professeur Blanchard avait largement contribué.

Tout en ressentant le vide qui se crée autour de nous à cause de la disparition des êtres chers, je ne peux m’empêcher d’évoquer la mémoire vivace d’un événement heureux désormais passé. Cette manifestation académique, à caractère officiel, n’était pas un fait hasardeux. Au sein de cette promotion, malgré la présence de personnes occupant de hautes fonctions dans la hiérarchie gouvernante du pays, je continue de penser qu’il y aura tôt ou tard quelqu’un qui bénéficiera d’un destin national salvateur. L’avenir sera toujours ce que nous voulons qu’il soit, à condition que Dieu nous aide à assumer notre destin.

Allez, professeur, même si vos bonnes manières manqueront à l’appel du vécu quotidien. La mort est un rendez-vous doux, pour reprendre le classique québécois de Gerry Boulet. Pour vos proches, votre vie ne demandait qu’à se prolonger pour leur bonheur et leur délectation. Mais que peut-on faire lorsque l’on est arrivé au bout du chemin ? Quelle est donc l’alternative ? C’est d’accepter la finitude en abandonnant la peur de la mort à Dieu, qui l’a rendue possible.

Je regrette de ne pas avoir eu la chance de murmurer à votre oreille des mots d’espoir lorsque vous avez fermé les yeux.

Soyez rassuré que la continité est parfaitement garantie. C’est incontestable ! L’UNIFA que vous aimiez tant, malgré votre absence cruellement ressentie, continue de promouvoir, avec une vigueur soutenue, de grandes figures intellectuelles et professionnelles contemporaines du monde de l’esprit chez nous. À cette mission, je m’y engage. Car Haïti, quoi qu’on en dise, a besoin d’une autorité savante, patriotique, éclairée et honnête pour gouverner son destin — une autorité qui mettra fin au règne des imbéciles heureux, des politiciens minables et analphabètes, des intellectuels bourrés de savoir scientifique ou technique mais non guidés par l’éthique. Le recteur de l’UNIFA, le docteur Jean-Bertrand Aristide, insiste sur la nécessité d’allier la connaissance à une réflexion sur les conséquences de nos actions.

En songes et en pensées… Mais sachons garder la mémoire des hommes et des femmes qui ont contribué à ce que nous sommes.

Sonet Saint-Louis, av.
Professeur de droit constitutionnel et de méthodologie avancée de la recherche juridique
à la Faculté de droit et des Sciences économiques de l’Université d’État d’Haïti
Professeur de philosophie

Copa del Rey : Le Barça sort par la grande porte…l’Atlético en finale

Par Jean Wesley Pierre

Ils ont tout donné, renversé des montagnes, mais buté sur un mur construit à Madrid il y a trois semaines. Le FC Barcelone a réalisé une performance majuscule ce mardi 3 mars 2026 au Spotify Camp Nou en écrasant l’Atlético de Madrid (3-0), sans pour autant parvenir à renverser le 4-0 de l’aller. Une élimination cruelle en demi-finale de la Copa del Rey qui laisse un goût amer, mais aussi des motifs d’espoir, et surtout, de sérieuses inquiétudes sanitaires.

Une remontada aux portes de l’exploit

Malgré l’élimination, la note est loin d’être catastrophique sur la prestation. Les joueurs de Hansi Flick ont livré une démonstration de caractère. Avec 71% de possession, le Barça a asphyxié les Colchoneros. Les hommes de main du milieu de terrain, notamment le jeune Marc Bernal, auteur d’un doublé, ont porté l’estocade. Raphinha, sur penalty, a également contribué à ce succès 3-0.

Mais comme le résume parfaitement le journaliste haïtien Jean Pierre Étienne, « la remontada n’était pas loin ». Elle n’a pourtant pas eu lieu. Il manquait ce quatrième but, celui de la prolongation, pour que le scénario devienne mythique. Un sentiment partagé par les supporters : la fierté de la réaction, mêlée à la frustration d’un aller catastrophique. Lamine Yamal, étincelant, a tenté de forcer le destin avec 14 dribbles réussis sur 19 tentatives, un récital technique. Pedri, Cancelo et Cubarsi ont également tiré l’équipe vers le haut, mais le supplément d’âme n’a pas suffi.

Le paradoxe Gerard Martin : l’invincibilité en défense centrale

Dans ce match couperet, Hansi Flick a dû innover. Avec les blessures et les suspensions, c’est Gerard Martin qui a été aligné en charnière gauche. Un choix qui a fait sourire, vu le passif du joueur. Pourtant, une statistique insolite refait surface et prête à sourire jaune : cette saison, lorsque « Gerard Maldini » (surnom ironique des réseaux sociaux) est titulaire en défense centrale, le Barça affiche un bilan parfait de 14 victoires en 14 matchs.

Face à l’Atlético, il a livré une prestation sobre et solide, contribuant à ce clean sheet (0 but encaissé). Une performance qui ajoute au paradoxe d’une équipe capable de réaliser des matchs pleins avec des joueurs décriés, mais qui trébuche dans la gestion globale de la saison.

L’ombre d’une saison qui bascule ? Blessures et gestion d’effectif

Pourtant, au-delà de l’élimination, l’inquiétude majeure réside à l’infirmerie. Sorti blessé, Jules Koundé pourrait être absent un mois. Il rejoint une liste qui s’allonge dangereusement. En conférence de presse, un Hansi Flick visiblement agacé a interpellé son staff :

« On a deux blessures en plus, c’est malheureux. On doit parler avec le staff médical : comment 3 joueurs peuvent se blesser en une semaine ? »

Cette colère froide de l’Allemand cache une préoccupation tactique majeure. Le journaliste haïtien Ralph Ganthier pose une question pertinente sur le plan stratégique :

« Flick a pris un gros risque et pourrait le payer plus tard. »

En brûlant autant d’énergie dans cette quête de remontada, avec des joueurs déjà émoussés, l’entraîneur a-t-il hypothéqué la suite ? Le calendrier est impitoyable : un déplacement à San Mamés samedi, suivi d’un choc à Saint James’ Park mardi en Ligue des Champions. La quête d’honneur en Coupe valait-elle ce sacrifice physique ?

« Nous allons gagner la Liga et la Ligue des Champions »

Malgré la déception, le vestiaire affiche une foi inébranlable. Raphinha, fier mais lucide, a tenu un discours de leader :

« Je repars avec énormément de fierté. Si nous jouons comme aujourd’hui jusqu’à la fin de la saison, nous aurons une très belle fin en Liga et en Ligue des Champions. »

Un sentiment renforcé par la déclaration choc de Ronald Araujo en zone mixte :

« Si nous continuons à jouer comme ça, nous gagnerons la Ligue des champions et la Liga. »

Cette autoconfiance est le carburant de cette équipe. Mais elle devra composer avec un effectif exsangue. La « Quête du Quadruplé » s’arrête donc dès février. Le rêve de quatre titres s’est envolé face aux Colchoneros.

Cette élimination est un avertissement sans frais pour le jeu, mais un coup dur pour l’orgueil et l’effectif. Le Barça a prouvé qu’il avait l’âme et le talent pour rivaliser avec les meilleurs, mais la gestion des efforts et des blessures sera la clé de voûte de sa fin de saison. Flick a désormais la lourde tâche de transformer cette frustration en carburant pour la Liga et la C1, tout en gérant une infirmerie qui se remplit dangereusement.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Installation du nouveau gouvernement : entre promesses d’action et défis immenses

Par Jean Wesley Pierre

La Villa d’accueil a servi d’écrin, ce mardi 3 mars 2026, à une cérémonie empreinte de solennité : l’installation officielle du gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé. Devant un parterre de hauts dignitaires, de membres du corps diplomatique et de représentants de la société civile, le chef du gouvernement a officiellement remis leurs ampliations aux onze ministres et au secrétaire d’État à la Communication, marquant ainsi le début effectif de leur mandat.

Un gouvernement issu d’un pacte politique

Cette nouvelle équipe gouvernementale puise sa légitimité dans le Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, signé par plusieurs forces vives du pays. Dans son allocution prononcée en créole, le Premier ministre a tenu à rappeler le sens de cet accord :

« Lorsque le pays est en danger, nous pouvons mettre toutes nos différences de côté afin de sauver ce qui est le plus important : le pays, Haïti. »

Une manière de justifier la formation d’un cabinet présenté comme « impartial, technique et efficace ».

La composition de ce gouvernement reflète-t-elle cette ambition ? Avec des profils variés mêlant techniciens, anciens hauts fonctionnaires et personnalités issues de la société civile, l’équipe dirigée par Alix Didier Fils-Aimé semble vouloir incarner une certaine diversité. On note toutefois la présence de figures connues de l’appareil d’État, à l’instar de Mario Andrésol, ancien directeur général de la PNH, appelé aujourd’hui à prendre la tête du ministère de la Défense dans un contexte sécuritaire particulièrement critique.

Trois priorités stratégiques affichées

Devant l’assistance, le chef du gouvernement a décliné ce qui constituera, selon lui, la feuille de route de son administration. La sécurité arrive en tête des urgences, avec la promesse de renforcer les capacités opérationnelles de la PNH, des Forces armées d’Haïti (FAd’H) et de la Force de répression des gangs (FRG). L’objectif affiché est clair :

« reprendre le contrôle total des zones sous l’emprise des groupes criminels et rétablir durablement l’autorité de l’État ».

Deuxième pilier : le redressement économique et social. Le gouvernement entend engager un dialogue soutenu avec le secteur privé et les partenaires financiers internationaux, tout en promettant un accompagnement renforcé aux agriculteurs et aux entrepreneurs. La relance de la production nationale et la création d’un climat propice à l’investissement étranger figurent également parmi les objectifs annoncés.

Enfin, troisième priorité, et non des moindres : l’organisation des élections. Le Premier ministre s’est engagé à mettre en place les mécanismes institutionnels, logistiques et sécuritaires nécessaires à la tenue de scrutins libres et crédibles, en vue du renouvellement du personnel politique et du rétablissement complet de l’ordre constitutionnel.

« Le temps des beaux discours est révolu »

Cette formule, martelée par le premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, résonne comme un avertissement adressé à sa propre équipe. Le chef du gouvernement a exhorté ses ministres à adopter une gestion « saine, rigoureuse et transparente des ressources publiques », insistant sur le fait que chaque gourde dépensée devra l’être au bénéfice direct de la population.

Mais au-delà des intentions affichées, une question demeure : ce gouvernement disposera-t-il des moyens, du temps et de la marge de manœuvre nécessaires pour transformer ces promesses en actes ? Dans un pays où l’insécurité gangrène le quotidien, où l’économie est exsangue et où la classe politique reste profondément divisée, l’équation s’annonce pour le moins complexe.

Une équipe sous pression

La composition du gouvernement, dévoilée quelques heures avant la cérémonie, place des personnalités expérimentées à des postes clés. Raina Forbin hérite des Affaires étrangères et des Cultes, Vijonet Deméro prend la tête du ministère de l’Éducation nationale, tandis que Jean-Marie Vianney Emmanuel Ménard est confirmé à la Culture et à la Communication. Sandra Paulémont, figure reconnue dans le domaine de la planification, est nommée à la Planification et à la Coopération externe, un portefeuille stratégique dans les relations avec les bailleurs de fonds.

Du côté des ministères techniques, Marcelin Aubourg est désigné à l’Agriculture, Marc-Elie Nelson aux Affaires sociales, Joseph Almathe Pierre-Louis aux Travaux publics, Stéphanie Smith au Tourisme et Moïse Louis à l’Environnement. Dumas Pithagore, quant à lui, devient ministre de la Jeunesse et des Sports, un département souvent perçu comme un poste stratégique en période préélectorale.

Par ailleurs, Patrick Chrispin a été nommé secrétaire d’État à la Communication, un rôle clé dans la stratégie de communication gouvernementale.

Un test grandeur nature

L’installation de ce gouvernement intervient dans un contexte où la patience de la population est à bout. Après des années de crises à répétition, de transitions qui s’éternisent et de promesses non tenues, les Haïtiens attendent désormais des résultats concrets.

La cérémonie de ce mardi a posé un cadre. Reste à savoir si ce nouveau cabinet parviendra à sortir le pays de l’ornière sécuritaire et institutionnelle dans laquelle il s’enfonce depuis trop longtemps. Le Premier ministre a promis l’action. L’heure n’est plus aux discours, mais à la démonstration par les faits. Le peuple, lui, observe et jugera.

Jean Wesley Pierre / Le Relief

Technocrates vous dites ?

Lorsque le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé avait promis un gouvernement de technocrates, le message semblait clair : rompre avec les logiques partisanes, privilégier l’expertise, rassurer les partenaires internationaux et restaurer un minimum de confiance dans l’appareil d’État.

Mais à la lumière de la composition du nouveau cabinet, une question s’impose : la promesse a-t-elle été tenue ou reconfigurée sous la pression des réalités politiques ?

Un gouvernement technocratique suppose des profils choisis principalement pour leurs compétences sectorielles, leur indépendance relative vis-à-vis des partis et leur capacité à gérer des crises complexes.

Or, plusieurs nominations semblent plutôt répondre à une logique d’équilibre politique, voire de représentation d’intérêts spécifiques. Dans un contexte de transition fragile, le Premier ministre ne gouverne pas seul. Il doit composer avec des forces internes, des groupes d’influence, des alliances temporaires et les équilibres imposés par son entourage jamais en panne d’appétit. Le premier ministre était attendu au tournant. La composition annoncée de son nouveau cabinet ministériel fait tomber les doutes. Le premier ministre Fils Aimé ne diffère pas de ses prédécesseurs. Il est pour le maintien du statu quo ou encore la perpétuation de la classe politique corrompue et traditionnelle. L’impression dominante est celle d’un retour à une pratique bien connue : la répartition des postes comme instrument de stabilisation politique.

Dans un pays marqué par des accusations récurrentes de corruption, de gabegies administratives et de mauvaise gouvernance, ce signal est lourd de conséquences. La transition repose essentiellement sur un capital fragile : la confiance. Il y va, dans une perspective plus large, de la crédibilité du processus électoral.

Si la perception publique s’installe que les nominations obéissent davantage à des pressions politiques qu’à des critères de compétence, la crédibilité du processus pourrait s’éroder davantage. La communauté internationale, qui a donné caution au Pacte national pour la stabilité et l’organisation des élections, comprend déjà le jeu. Ces partenaires internationaux vont très bientôt s’interroger sur la capacité réelle du gouvernement à engager des réformes structurelles. Les notes de presse sur la reddition de compte ne vont pas tarder.

L’Observatoire National de Lutte contre la Corruption (ONLCC) dénonce l’opacité d’un contrat de 542 millions de dollars avec des firmes de sécurité étrangères

L’ONLCC tient à informer le grand public qu’une année s’est déjà écoulée depuis que ce gouvernement, de concert avec un groupe de mercenaires dirigé par Erik Prince, utilise des drones en Haïti sans aucun résultat tangible. Plus grave encore, aucun membre du gouvernement ne souhaite communiquer sur le montant de ce contrat qui, selon nos sources, s’élèverait entre 45 et 46 millions de dollars. Ce contrat, exécuté dans l’opacité la plus totale avec les fonds du Trésor public, n’a produit aucun résultat : aucun des chefs de la coalition « Viv Ansanm » n’a été inquiété, encore moins neutralisé.

​Par ailleurs, l’Observatoire a appris par voie de presse que le contrat de la firme Ever Green a été validé pour une durée de 10 ans par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), pour un montant astronomique de 542 634 238,00 USD. Il s’agit d’un contrat de gré à gré, sans appel d’offres, dont l’État haïtien doit avancer 13 600 000,00 USD au titre de frais de mobilisation. Selon le journal Le Nouvelliste, ce dossier avait pourtant été initialement retourné par la Cour des comptes pour des irrégularités majeures.

​L’ONLCC soulève les interrogations suivantes :

1.- ​Pourquoi la Cour des comptes, après avoir relevé des vices de forme, a-t-elle finalement validé ce dossier ?

2.-​Un contrat d’une telle ampleur ne devrait-il pas recevoir l’aval du Parlement pour éviter tout soupçon de corruption ?

3.-​En l’absence de Parlement, ce projet n’aurait-il pas dû faire l’objet d’un débat national avant sa mise en application ?

4.- ​Pourquoi ces fonds ne sont-ils pas investis directement pour mobiliser et équiper nos Forces Armées d’Haïti (FAd’H) et la Police Nationale (PNH) ?

5.- ​D’où vient cette opacité persistante sur la gestion des deniers publics ?

​L’Observatoire critique vivement la Cour des comptes et le gouvernement pour avoir facilité ce contrat à la firme Ever Green. Il est à noter que Monsieur Erik Prince (fondateur de l’ex-Blackwater) traîne un lourd passé : une amende de 42 millions de dollars payée à la justice américaine pour violation des règles d’exportation d’armes, notamment en Afghanistan. Le New York Times rappelle également que sa société a été impliquée dans la mort de civils à Bagdad en 2007.

​L’ONLCC rappelle à la CSCCA et au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé qu’en validant ce contrat décennal, ils portent atteinte à la souveraineté nationale et ouvrent une brèche à une corruption à grande échelle, tout en risquant de faire perdurer l’insécurité pour justifier la présence de ces mercenaires.

​Dans un souci de transparence et de clarté, l’ONLCC appelle les forces vives de la société civile et de la classe politique à se prononcer d’urgence sur ces choix sécuritaires coûteux qui, jusqu’à présent, n’ont donné aucun résultat satisfaisant.

​Pour authentification :

*​Ricardo Fleuridor*

Directeur Exécutif, ONLCC

Communiqué de Presse

​Port-au-Prince, le 2 mars 2026

L’Observatoire National de Lutte contre la Corruption (ONLCC) dénonce l’opacité d’un contrat de 542 millions de dollars avec des firmes de sécurité étrangères

​L’ONLCC tient à informer le grand public qu’une année s’est déjà écoulée depuis que ce gouvernement, de concert avec un groupe de mercenaires dirigé par Erik Prince, utilise des drones en Haïti sans aucun résultat tangible. Plus grave encore, aucun membre du gouvernement ne souhaite communiquer sur le montant de ce contrat qui, selon nos sources, s’élèverait entre 45 et 46 millions de dollars. Ce contrat, exécuté dans l’opacité la plus totale avec les fonds du Trésor public, n’a produit aucun résultat : aucun des chefs de la coalition « Viv Ansanm » n’a été inquiété, encore moins neutralisé.

​Par ailleurs, l’Observatoire a appris par voie de presse que le contrat de la firme Ever Green a été validé pour une durée de 10 ans par la Cour Supérieure des Comptes et du Contentieux Administratif (CSCCA), pour un montant astronomique de 542 634 238,00 USD. Il s’agit d’un contrat de gré à gré, sans appel d’offres, dont l’État haïtien doit avancer 13 600 000,00 USD au titre de frais de mobilisation. Selon le journal Le Nouvelliste, ce dossier avait pourtant été initialement retourné par la Cour des comptes pour des irrégularités majeures.

​L’ONLCC soulève les interrogations suivantes :

1.- ​Pourquoi la Cour des comptes, après avoir relevé des vices de forme, a-t-elle finalement validé ce dossier ?

2.-​Un contrat d’une telle ampleur ne devrait-il pas recevoir l’aval du Parlement pour éviter tout soupçon de corruption ?

3.-​En l’absence de Parlement, ce projet n’aurait-il pas dû faire l’objet d’un débat national avant sa mise en application ?

4.- ​Pourquoi ces fonds ne sont-ils pas investis directement pour mobiliser et équiper nos Forces Armées d’Haïti (FAd’H) et la Police Nationale (PNH) ?

5.- ​D’où vient cette opacité persistante sur la gestion des deniers publics ?

​L’Observatoire critique vivement la Cour des comptes et le gouvernement pour avoir facilité ce contrat à la firme Ever Green. Il est à noter que Monsieur Erik Prince (fondateur de l’ex-Blackwater) traîne un lourd passé : une amende de 42 millions de dollars payée à la justice américaine pour violation des règles d’exportation d’armes, notamment en Afghanistan. Le New York Times rappelle également que sa société a été impliquée dans la mort de civils à Bagdad en 2007.

​L’ONLCC rappelle à la CSCCA et au Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé qu’en validant ce contrat décennal, ils portent atteinte à la souveraineté nationale et ouvrent une brèche à une corruption à grande échelle, tout en risquant de faire perdurer l’insécurité pour justifier la présence de ces mercenaires.

​Dans un souci de transparence et de clarté, l’ONLCC appelle les forces vives de la société civile et de la classe politique à se prononcer d’urgence sur ces choix sécuritaires coûteux qui, jusqu’à présent, n’ont donné aucun résultat satisfaisant.

​Pour authentification :

​Ricardo Fleuridor

Directeur Exécutif, ONLCC