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Haïti lance la commission de pilotage du futur Institut national de traitement du cancer

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Le Conseil Présidentiel de Transition a procédé, ce mercredi 10 décembre 2025 à Villa d’accueil, à l’installation officielle de la commission de pilotage chargée de mettre en œuvre le projet de création de l’Institut national de traitement du cancer. L’infrastructure sanitaire verra le jour dans la ville des Cayes, dans le Sud du pays.

La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Fils Métellus, le ministre de la Santé publique et de la Population, Sinal Bertrand, ainsi que la ministre à la Condition féminine et aux Droits des femmes, Pédrica Saint-Jean.

Un projet présenté comme un acte de dignité nationale

Porté par le responsable du chantier « Santé » au sein du Conseil Présidentiel de Transition, ce projet est un rêve d’un médecin ayant vu les souffrances des femmes victimes de cancer dans le pays. Dans son intervention, le Conseiller-Président Louis Gérald Gilles a souligné que la création d’un institut national dédié à la lutte contre le cancer constitue « une lutte pour la dignité du peuple ».

Il a salué l’engagement de ses collègues Conseillers-Présidents, notamment celui de l’architecte-urbaniste Leslie Voltaire, qu’il a décrit comme un soutien constant de ce projet stratégique. Le Dr Gilles a également remercié le ministre de l’Économie, Alfred Fils Métellus, pour avoir inscrit une ligne budgétaire dédiée au financement du projet dans l’exercice 2025-2026.

Leslie Voltaire salue une avancée historique

De son côté, le Conseiller-Président Leslie Voltaire a exprimé sa satisfaction de voir le Conseil Présidentiel franchir ce pas décisif. Il a rappelé que le cancer constitue « yon danje ki toujou fè popilasyon an kriye », insistant sur la nécessité de doter le pays d’une structure moderne, équipée et durable pour la prise en charge des patients.

Il a remercié les membres de la commission qui ont accepté de prendre en charge cette mission lourde et stratégique, tout en annonçant une accélération prochaine des travaux. Le responsable dit compter sur l’appui continu de partenaires nationaux et internationaux.

^La composition de la commission de pilotage*

La commission installée est composée de neuf membres :

  1. Leslie Voltaire, Conseiller-Président – Président d’honneur
  2. Louis Gérald Gilles, Conseiller-Président – Membre d’honneur
  3. Dr Claude Surena – Coordonnateur général
  4. Dr Jean Ronald Cornely – Coordonnateur technique
  5. Dr Pierre Sonson Prince – Chirurgien
  6. Junior Pierre – Physicien nucléaire
  7. Dr Alexis Vilaime Joseph – Représentant du MSPP
  8. Dr Ted Lazarre – Représentant du MSPP
  9. Azad Belfleur – Intermédiaire entre l’AIEA et le MAE

Un chantier majeur pour le système de santé haïtien

L’Institut national de traitement du cancer, dont la construction est prévue aux Cayes, est présenté comme l’une des initiatives sanitaires les plus ambitieuses de la transition. Il vise à améliorer la prévention, le dépistage, les soins spécialisés et l’accès aux technologies modernes de traitement, un domaine où Haïti accuse un retard critique.

La rédaction

Fin des 16 jours d’activisme: ACFEL exige justice et réparation pour les victimes d’agressions sexuelles

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Ce 10 décembre marque la fin des seize jours d’activisme lancé par plusieurs organismes féministes. L’un des Instigateurs de l’ensemble des activités ayant marqué la période, l’association culturelle des femmes en lutte (ACFEL), en marge à la cérémonie de clôture, en a profité pour lancer un appel urgent aux différentes autorités du pays: «Justice et réparation pour toutes les victimes d’agressions sexuelles dans le pays», tel est le cri de Costarica Louis, coordonnatrice de la structure.

Selon Mme Louis des femmes et des filles sont victimes d’agressions à la longueur de journée en Haïti, notamment dans cette conjoncture marquée par une crise sécuritaire et humanitaire aiguë. « Dans les camps, les femmes sont vulnérables; on les harcèle en tout le temps», a-t-elle noté.

«Viol, violence physique et psychologique, exploitation sexuelle, abandon social et légal, entre autres, sont les cas les plus fréquents », a précisé la coordinatrice.

Par ailleurs, Mme Louis exhorte les autorités à mettre en place une commission spéciale composée du ministre de la justice, de la ministre à la condition féminine et du ministre des affaires sociales et du travail. Elle aura pour mission principale d’intervenir ou d’accompagner de façon urgente les victimes d’agression dans les camps de déplacés.

ACFEL encourage les autorités à ouvrir des centres de réception et de soin en faveur de toutes les femmes victimes et exhorte à prendre leurs responsabilités en garantissant droit et justice à toutes.

Gedeon Delva

Journée internationale contre la corruption : l’ULCC dresse un bilan accablant et appelle à l’action des pôles judiciaires

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Par Jean Wesley Pierre

PORT-AU-PRINCE –
L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a commémoré ce mardi 9 décembre 2025 la Journée internationale de la Lutte contre la Corruption, réunissant des autorités étatiques, des partenaires internationaux et des acteurs de la société civile autour du thème « S’unir aux jeunes contre la corruption : façonner l’intégrité de demain ». L’événement a été l’occasion de présenter un bilan chiffré des préjudices subis par l’État et de réitérer l’urgence de rendre opérationnels les pôles judiciaires spécialisés.

Un préjudice financier évalué à plus de 2,3 milliards de gourdes

L’ULCC a exposé les conclusions de 63 rapports d’enquête menés entre 2020 et 2025, concernant des faits de détournement de biens publics, de prise illégale d’intérêt et d’enrichissement illicite. Ces investigations font état d’un préjudice direct pour l’État évalué à 1 423 329 126,43 gourdes, auquel s’ajoute un manque à gagner de 964 256 507,39 gourdes, portant le préjudice total à près de 2,4 milliards de gourdes.

Un constat national « alarmant » de la corruption généralisée

Le directeur général de l’ULCC, Me Jacques Hans Ludwig Joseph, a cité les résultats d’une enquête diagnostique récente, qualifiant la situation d’« alarmante et inquiétante ». Selon cette enquête, 92,76% de la population haïtienne considère que la corruption est omniprésente. Ce sentiment est partagé par 89,92% des fonctionnaires et 96% des ONG, qui estiment que le niveau de corruption est très élevé. Me Joseph a dénoncé la banalisation de ces faits, qu’il a qualifiés d’« ennemi de la nation ».

Les autorités appellent à l’action judiciaire et à l’éducation

Le coordonnateur du Conseil Présidentiel de Transition (CPT), Laurent St-Cyr, a souligné les conséquences de la corruption sur la jeunesse, privée de ses droits et de ses opportunités. Il a encouragé l’inclusion de l’éducation à l’intégrité dans les écoles et universités, tout en saluant le travail de l’ULCC. « Personne n’est intouchable, mais les enquêtes ne doivent pas être des persécutions ou des règlements de comptes », a-t-il déclaré, réaffirmant sa détermination à renforcer les mesures anti-corruption.

Le ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Metellus, a pour sa part présenté des réformes engagées par son ministère, notamment la modernisation de la gestion budgétaire et le déploiement de contrôleurs financiers dans les dix départements géographiques. Il a renouvelé son engagement à une utilisation rigoureuse et transparente des ressources publiques.

L’opérationnalisation des pôles judiciaires, une priorité réitérée

Un point de consensus parmi tous les intervenants a été la nécessité de rendre pleinement opérationnels les deux pôles judiciaires spécialisés dans les crimes financiers et les crimes de masse, récemment créés. Laurent St-Cyr a exhorté les autorités judiciaires à assumer leurs responsabilités pour enrayer l’impunité. Me Joseph a sollicité « un traitement judiciaire pour tous les dossiers acheminés à la justice ».

Cet appel a été fortement relayé par les partenaires internationaux. Le chef des affaires politiques et de la bonne gouvernance auprès du Bureau Intégré des Nations Unies (BINUH), Sancho Coutinho, a plaidé pour une opérationnalisation rapide et complète de ces pôles, passant par l’affectation de magistrats, la sécurisation des locaux et la formation ciblée. L’ambassadeur du Canada en Haïti, André François Giroux, a également salué la création de ces structures et renouvelé le soutien de son pays dans cette lutte.

La commémoration a ainsi servi de tribune pour dresser un constat sévère de l’emprise de la corruption et pour appeler à une action judiciaire concrète, considérée comme la prochaine étape indispensable pour traduire les enquêtes en verdicts.

Haïti : Un rapport accablant de l’’ULCC incrimine Michel Martelly et relance le débat sur l’impunité

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PORT-AU-PRINCE.— La publication du rapport de l’Unité de lutte contre la corruption (ULCC) sur le patrimoine de l’ancien président Michel Joseph Martelly a créé un choc politique majeur. Le document accuse l’ex-chef de l’État de fausse déclaration, dissimulation d’avoirs, enrichissement illicite et détournement de fonds publics.

Des voix commencent à se soulever pour demander immédiatement au commissaire du gouvernement, Me Fritz Patterson Dorval, d’engager des poursuites contre Martelly et plusieurs membres de son entourage.

Un rapport explosif

L’ULCC conclut que les irrégularités ne sont pas accidentelles: «Les écarts constatés révèlent un ensemble concerté d’omissions, dissimulations et falsifications». Parmi les infractions relevées, on peut citer des déclarations tardives, dont une déclaration de sortie déposée deux ans après la fin du mandat, le non-respect des délais légaux constitue une infraction sanctionnée par la loi et comptes bancaires non déclarés : au moins 12 à l’entrée en fonction, et 9 à la sortie.

«Plusieurs comptes actifs n’ont jamais été portés à la connaissance de l’institution», a souligné l’ULCC fans son rapport d’enquête, soulignant d’autres faits tels que: Revenus en hausse de 270 %, sans justification. Des revenus déclarés ne correspondant ni aux relevés bancaires ni aux déclarations fiscales. Biens immobiliers et entreprises omis ou sous-évalués.

Une transaction immobilière au cœur du scandale

L’un des éléments les plus graves concerne la vente au Fonds national de l’éducation (FNE) d’une maison située à Puits-Blain: «Une maison évaluée à 500 000 dollars a été vendue pour 5 millions de dollars, constituant un détournement massif de fonds publics», relève le rapport.

L’ULCC évoque également une opération immobilière dont les valeurs déclarées ne peuvent être justifiées.

L’entourage également visé

Les conclusions de l’ULCC touchent aussi: Sophia Saint-Rémy Martelly, Olivier Martelly, Yves “Tijo” Joseph, Lionel Valbrun et Richemond Dérénoncourt, évoquant un réseau d’avantages indus et de mouvements financiers incompatibles avec les revenus déclarés.

Face à la gravité des faits exposés, devrait-on s’att3ndre à des poursuites? Ce dossier constitue un test majeur pour la crédibilité de la lutte contre la corruption en Haïti. Reste à savoir si le parquet osera franchir le pas.

Jean Mapou

Scandale au MJSAC : l’ULCC révèle des irrégularités autour des festivités du 18 mai 2025

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Par la rédaction

L’Unité de Lutte Contre la Corruption (ULCC) a rendu public un rapport qui met en cause la gestion des 50 millions de gourdes alloués au Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) pour les festivités du 18 mai 2025. Selon les enquêteurs, la chaîne de dépenses est jalonnée de manquements, d’incohérences et de pratiques qui pourraient relever du détournement de fonds publics.

L’affaire débute par un chèque émis au nom du Directeur administratif du ministère plutôt qu’aux fournisseurs. Une procédure inhabituelle qui a immédiatement attiré l’attention. Les déclarations contradictoires lors des auditions n’ont fait qu’amplifier les soupçons, d’autant que de nombreux justificatifs présentés par le ministère se sont révélés incomplets, incohérents ou totalement absents.

Le rapport révèle également de graves irrégularités dans plusieurs directions départementales. Plus de deux millions de gourdes de dépenses n’ont pas été justifiés, certaines directions ayant transmis des rapports contradictoires ou sans aucune valeur probante. Dans l’Artibonite, un directeur est même soupçonné d’avoir attribué des fonds à une organisation à laquelle il appartient.

L’enquête met aussi en lumière le cas d’une entreprise fictive qui aurait reçu plus de 3,6 millions de gourdes. Aucun enregistrement légal, aucun local, aucune existence réelle : une structure manifestement créée pour servir de canal financier. Un cadre du ministère est directement lié à ce dossier.

La Ministre Niola Lynn Sarah Devalien Octavius est, elle-même, citée dans les conclusions pour avoir approuvé un marché d’achats de drapeaux dépassant les seuils légaux de la commande publique. L’ULCC recommande un audit complet de sa gestion par la Cour Supérieure des Comptes.

Au final, plus de 2,6 millions de gourdes restent introuvables ou injustifiées. Le rapport, largement documenté, expose un système de gestion défaillant où les règles comptables sont ignorées, les responsabilités brouillées et les risques de corruption évidents. Un nouveau scandale qui met en lumière les profondes faiblesses de l’administration publique haïtienne.

𝐐𝐮’𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐥𝐞 𝐂𝐨𝐦𝐩𝐚𝐬?

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𝑃𝑎𝑟 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑣𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠

La musique populaire dansante haïtienne, le Compas, vient d’être admise comme patrimoine mondial immatériel de l’UNESCO. Cela a un poids symbolique considérable, car une création issue du génie musical haïtien accède à un espace universel de légitimation où les cultures sont reconnues comme contributrices à l’imaginaire collectif du monde. Cette reconnaissance, espérons-le, aura également un effet réel : en stimulant la transmission intergénérationnelle, en renforçant les filières professionnelles, en ouvrant des opportunités internationales et en créant un cadre institutionnel valorisant pour les artistes comme pour les chercheurs.

Comme la « Soup Joumou » haïtienne récemment inscrite elle aussi au patrimoine mondial, le Compas exige cependant une définition précise qui permette de situer l’objet sans ambiguïté. Le Compas, comme la soupe, est à notre humble avis inscrit dans le registre de l’UNESCO de manière trop vague. Sans prétention aucune, prêtons-nous à un exercice qui tente de situer le Compas dans le grand bouillonnement des rythmes et des genres musicaux.

Le Compas est un genre musical, c’est-à-dire un système de conventions stabilisées, encadrant la pratique tout en établissant la distinction esthétique. En tant que tel, le Compas se déploie avant tout comme une poétique de la continuité rythmique. Les analyses de Gage Averill sur les musiques populaires haïtiennes montrent que certaines formes reposent sur une circularité du groove qui crée une relation prolongée entre la pulsation et la danse. Le Compas s’inscrit pleinement dans cette logique. La pulsation régulière en 4/4 structure la durée. La basse organise le mouvement en construisant des cellules répétitives. La guitare rythmique en trémolo instaure un tissu sonore constant. La batterie stabilise le flux par une gestion du temps où l’accentuation demeure maîtrisée. Ce système rythmique instaure une économie de l’effet fondée sur la tenue, la cohérence et l’endurance musicale.

Les correspondances avec d’autres genres dansants permettent d’affiner cette caractérisation. Le zouk privilégie également une pulsation continue, mais densifie la texture par une saturation électronique qui modifie la perception de l’espace sonore. Le Compas conserve une distinction nette entre les plans instrumentaux. La hiérarchie sonore reste lisible et l’architecture globale maintient une transparence particulière, même dans ses formes digitales contemporaines. La bossa nova, telle que décrite par Ruy Castro et Charles Perrone, repose sur une intimité sonore et une sophistication harmonique héritée du jazz. Le Compas adopte une organisation rythmique plus frontale et une économie harmonique fondée sur la fonctionnalité. La musique ne se retire pas pour laisser place au silence feutré : elle construit un plan stable où le corps s’inscrit dans une durée homogène.

Les écarts deviennent encore plus significatifs lorsqu’on convoque le jazz. L’improvisation, la modulation, la plasticité du swing et la variabilité interne du chorus sont d’une importance capitale dans le jazz. Le Compas suit une logique distincte. L’harmonie sert de plateforme et non de champ exploratoire. La voix adopte une ligne mélodique intelligible et stable, orientée vers la cohérence du climat sonore plutôt que vers la démonstration individuelle. Le système privilégie la régularité, la clarté et l’intégration de chaque élément dans un mouvement collectif. Le jazz construit des événements ; le Compas construit un terrain.

La comparaison avec la bachata éclaire un autre trait fondamental. Deborah Pacini Hernandez, dans son ouvrage  » Bachata: A Social History of Dominican Popular Music. », montre comment la bachata moderne a incorporé des éléments pop et R&B tout en conservant une coloration émotionnelle héritée du boléro. Le Compas adopte une configuration expressive différente. Le lyrisme existe, mais il demeure encadré par la logique rythmique. La narration affective n’oriente pas la structure : c’est la danse qui détermine l’économie générale de la pièce. Cette priorité accordée à la stabilité du mouvement crée une esthétique où la musique agit comme climat plutôt que comme récit.

L’harmonie du Compas confirme cette cohérence. Les progressions I–IV–V et les enchaînements fonctionnels confèrent une lisibilité immédiate au discours musical. L’organisation harmonique alimente la régularité rythmique : elle sert la danse, elle soutient la pulsation, elle offre un cadre stable aux interventions vocales et instrumentales. Cette sobriété structurelle n’implique aucune réduction expressive. Elle constitue au contraire l’un des fondements de l’efficacité du genre, comme l’ont montré Gerard Béhague et d’autres spécialistes des musiques caribéennes. La clarté harmonique institue une relation directe entre rythme, mouvement et perception.

La gestion du timbre contribue également à cette signature stylistique. Les cuivres interviennent en signaux courts qui organisent l’espace sonore et articulent la progression interne sans détourner la dynamique principale. La voix s’inscrit dans une tessiture médiane, favorisant la fluidité, la continuité et la transparence du texte. L’architecture timbrique privilégie la cohésion plutôt que la rupture : chaque instrument remplit une fonction précise dans un ensemble conçu pour la danse.

Tout compte fait, estimons-nous, le Compas est un système musical complet, fondé sur la stabilité rythmique, l’économie harmonique et la cohérence timbrique. La reconnaissance par l’UNESCO consacre donc, à notre avis, une esthétique dont la force réside dans la maîtrise de la durée, la gestion rigoureuse du flux et l’intégration des éléments sonores dans un mouvement collectif. Cette inscription internationale confirme la capacité du Compas à dialoguer avec les grandes esthétiques dansantes du monde tout en conservant une architecture interne singulière.

Pennsylvanie, 10 décembre 2025


𝐁𝐢𝐛𝐥𝐢𝐨𝐠𝐫𝐚𝐩𝐡𝐢𝐞

𝐴𝑣𝑒𝑟𝑖𝑙𝑙, 𝐺𝑎𝑔𝑒. 𝐴 𝐷𝑎𝑦 𝑓𝑜𝑟 𝑡ℎ𝑒 𝐻𝑢𝑛𝑡𝑒𝑟, 𝑎 𝐷𝑎𝑦 𝑓𝑜𝑟 𝑡ℎ𝑒 𝑃𝑟𝑒𝑦: 𝑃𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑟 𝑀𝑢𝑠𝑖𝑐 𝑎𝑛𝑑 𝑃𝑜𝑤𝑒𝑟 𝑖𝑛 𝐻𝑎𝑖𝑡𝑖. 𝐶ℎ𝑖𝑐𝑎𝑔𝑜: 𝑈𝑛𝑖𝑣𝑒𝑟𝑠𝑖𝑡𝑦 𝑜𝑓 𝐶ℎ𝑖𝑐𝑎𝑔𝑜 𝑃𝑟𝑒𝑠𝑠, 1997.

𝐵𝑒́ℎ𝑎𝑔𝑢𝑒, 𝐺𝑒𝑟𝑎𝑟𝑑. “𝑇ℎ𝑒 𝑀𝑢𝑠𝑖𝑐 𝑜𝑓 𝐻𝑎𝑖𝑡𝑖.” 𝐼𝑛 𝑀𝑢𝑠𝑖𝑐𝑠 𝑜𝑓 𝑡ℎ𝑒 𝐶𝑎𝑟𝑖𝑏𝑏𝑒𝑎𝑛, 𝑒𝑑𝑖𝑡𝑒𝑑 𝑏𝑦 𝑃𝑒𝑡𝑒𝑟 𝑀𝑎𝑛𝑢𝑒𝑙. 𝑁𝑒𝑤 𝑌𝑜𝑟𝑘: 𝐺𝑎𝑟𝑙𝑎𝑛𝑑 𝑃𝑢𝑏𝑙𝑖𝑠ℎ𝑖𝑛𝑔, 1994.

𝐶𝑎𝑠𝑡𝑟𝑜, 𝑅𝑢𝑦. 𝐵𝑜𝑠𝑠𝑎 𝑁𝑜𝑣𝑎: 𝑇ℎ𝑒 𝑆𝑡𝑜𝑟𝑦 𝑜𝑓 𝑡ℎ𝑒 𝐵𝑟𝑎𝑧𝑖𝑙𝑖𝑎𝑛 𝑀𝑢𝑠𝑖𝑐 𝑇ℎ𝑎𝑡 𝑆𝑒𝑑𝑢𝑐𝑒𝑑 𝑡ℎ𝑒 𝑊𝑜𝑟𝑙𝑑. 𝐶ℎ𝑖𝑐𝑎𝑔𝑜: 𝐴 𝐶𝑎𝑝𝑝𝑒𝑙𝑙𝑎 𝐵𝑜𝑜𝑘𝑠, 2000.

𝐺𝑖𝑜𝑖𝑎, 𝑇𝑒𝑑. 𝑇ℎ𝑒 𝐻𝑖𝑠𝑡𝑜𝑟𝑦 𝑜𝑓 𝐽𝑎𝑧𝑧. 2𝑛𝑑 𝑒𝑑. 𝑂𝑥𝑓𝑜𝑟𝑑: 𝑂𝑥𝑓𝑜𝑟𝑑 𝑈𝑛𝑖𝑣𝑒𝑟𝑠𝑖𝑡𝑦 𝑃𝑟𝑒𝑠𝑠, 2011.

𝐺𝑢𝑖𝑙𝑏𝑎𝑢𝑙𝑡, 𝐽𝑜𝑐𝑒𝑙𝑦𝑛𝑒. 𝑍𝑜𝑢𝑘: 𝑊𝑜𝑟𝑙𝑑 𝑀𝑢𝑠𝑖𝑐 𝑖𝑛 𝑡ℎ𝑒 𝑊𝑒𝑠𝑡 𝐼𝑛𝑑𝑖𝑒𝑠. 𝐶ℎ𝑖𝑐𝑎𝑔𝑜: 𝑈𝑛𝑖𝑣𝑒𝑟𝑠𝑖𝑡𝑦 𝑜𝑓 𝐶ℎ𝑖𝑐𝑎𝑔𝑜 𝑃𝑟𝑒𝑠𝑠, 1993.

𝐻𝑒𝑟𝑛𝑎𝑛𝑑𝑒𝑧, 𝐷𝑒𝑏𝑜𝑟𝑎ℎ 𝑃𝑎𝑐𝑖𝑛𝑖. 𝐵𝑎𝑐ℎ𝑎𝑡𝑎: 𝐴 𝑆𝑜𝑐𝑖𝑎𝑙 𝐻𝑖𝑠𝑡𝑜𝑟𝑦 𝑜𝑓 𝐷𝑜𝑚𝑖𝑛𝑖𝑐𝑎𝑛 𝑃𝑜𝑝𝑢𝑙𝑎𝑟 𝑀𝑢𝑠𝑖𝑐. 𝑃ℎ𝑖𝑙𝑎𝑑𝑒𝑙𝑝ℎ𝑖𝑎: 𝑇𝑒𝑚𝑝𝑙𝑒 𝑈𝑛𝑖𝑣𝑒𝑟𝑠𝑖𝑡𝑦 𝑃𝑟𝑒𝑠𝑠, 1995; 𝑟𝑒𝑣𝑖𝑠𝑒𝑑 𝑒𝑑𝑖𝑡𝑖𝑜𝑛 2010.

𝑃𝑒𝑟𝑟𝑜𝑛𝑒, 𝐶ℎ𝑎𝑟𝑙𝑒𝑠 𝐴. 𝑀𝑎𝑠𝑡𝑒𝑟𝑠 𝑜𝑓 𝐶𝑜𝑛𝑡𝑒𝑚𝑝𝑜𝑟𝑎𝑟𝑦 𝐵𝑟𝑎𝑧𝑖𝑙𝑖𝑎𝑛 𝑆𝑜𝑛𝑔: 𝑀𝑃𝐵 1965–1985. 𝐴𝑢𝑠𝑡𝑖𝑛: 𝑈𝑛𝑖𝑣𝑒𝑟𝑠𝑖𝑡𝑦 𝑜𝑓 𝑇𝑒𝑥𝑎𝑠 𝑃𝑟𝑒𝑠𝑠, 1989

Une cinquantaine d’agents de la PNH certifiés formateurs en police communautaire

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Port-au-Prince.— La Police Nationale d’Haïti (PNH) a certifié 52 agents comme nouveaux formateurs en police communautaire lors d’une cérémonie organisée à la Direction générale de la PNH. Cette initiative, soutenue par l’Organisation des États Américains (OEA) et l’Ambassade du Canada, marque une étape importante dans la modernisation de l’institution policière.

Le Commandant en chef de la PNH, André Jonas Vladimir Paraison, accompagné du Haut-commandement, ainsi que des représentants du Canada et de l’OEA, dont Pascal Courtemanche et Cristobal Dupouy, ont salué ce programme, dit stratégique, visant à renforcer la proximité entre policiers et citoyens.

Cette formation permettra aux nouvelles cohortes de formateurs de diffuser, dans l’ensemble des unités territoriales, les principes de la police communautaire : prévention, collaboration avec la population et respect des droits humains. Selon les partenaires internationaux, il s’agit d’une contribution directe aux efforts de stabilisation et à la construction d’un climat de confiance entre la population et les forces de l’ordre.

Avec ces 52 nouveaux formateurs, la PNH dispose désormais d’une capacité renforcée pour institutionnaliser ce modèle jugé essentiel face aux défis sécuritaires du pays.

Jean Mapou

KORIDÒ PRIZON FAN M, je m’en souviens…!

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A el Pozo, à Matania… Et à mon fils qui a joué au football avec les enfants de Koridò Prizon Fan m!

Un jour, en pleine conversation, mon ami Daniel, le front noué par l’angoisse de ce pays qui chancelle, me demanda, la voix posée, comme lestée de gravité :

— Yves, dis-moi… Où avons-nous glissé pour tomber si bas ?

Je n’ai pas répondu tout de suite. J’ai laissé le silence s’installer, comme un linge suspendu au vent d’un matin d’errance. Puis, d’une voix lente, presque murmurée, je lui ai soufflé :

— As-tu déjà entendu parler du Koridò Prizon Fanm ?

J’avais sept ans. C’était la première fois qu’on m’y mena. J’étais un enfant dévoré par l’angoisse qui rongeait les ongles. C’est pourquoi souvent, ma langue était perlée de petites lésions : stigmates muets d’une enfance sans paix. Un enfant confié à une tante, pendant que sa mère cherchait ailleurs dans un exil trop lointain pour panser l’ici, un peu d’espoir.

Pour ces lésions, ma tante m’emmenait chez Madame Bèstière, en face du vieux ciné Bel-Air, ou encore chez gran’n Yaya, tout au bout du Koridò Prizon Fanm, entre la rue des Remparts et la rue Saint-Martin. Là où l’espoir se boit en décoctions amères, et où les gestes ancestraux remplacent les diagnostics.

Mais ce corridor n’est pas un simple lieu. C’est une gorge de béton où s’engouffre l’histoire.Un boyau d’un kilomètre, plus long que celui qui mène au Fort National, plus ancien que les passages de Lakou Chato ou de Bruny réunis. Un couloir d’ombres, de misère, de cris étouffés, de regards fuyants.

C’est Haïti en miniature. Un pays pris entre deux murs, où chaque pas résonne comme un cliquetis de chaînes invisibles. Un monde en huis clos, où l’on survit entre injures, pots de nuit, urines volées derrière des tôles, et sexes pendus dans le silence détrempé d’une latrine commune.

À huit heures du matin, Koridò Prizon Fanm s’éveille dans son théâtre cruel : une femme en chemise de nuit crie sa détresse devant l’absence d’un billet laissé, un enfant esclave moderne va vider les souillures de la nuit, une fille, le regard perdu, urine sans honte derrière la palissade d’un voisin, comme pour crier en silence : « Je suis là. J’existe. Sans droit, sans dignité. »

C’est là aussi qu’habitent Anita et Asefi, femmes de l’ombre. Bonnes dans les villas du haut, mères dans les ghettos du bas. Leurs enfants fréquentent une école du soir, non loin de la rue Porcelaine. Ils franchissent chaque jour les frontières invisibles pour apercevoir les fils des patrons. Et dans un silence douloureux, se demandent : Sommes-nous, nous aussi, les enfants de cette nation ?

Le mal du pays, Daniel, a germé là. Depuis plus d’un demi-siècle, il pousse entre ces murs. La misère en est la seule fresque, le seul alphabet. Ici, les enfants naissent, vivent et meurent sans témoin, sans procès, sans prière.

Alors, si tu veux vraiment comprendre où nous avons glissé, viens marcher ce kilomètre de corridor. Tu verras : c’est le canevas de notre effondrement. Et si nous ne changeons pas de paradigme, nous continuerons à creuser. Non plus le sol… Mais notre propre disparition.

« Papa Loko se bon, kite m ale.
Nou se papiyon, n’ap pote nouvèl ba yo»

Koridò Prizon fan m est tiré d’un Roman à venir intitulé « Inventaire de mes territoires»

Yves Lafortune

Sécurité en Haïti : entre renfort kenyan et appui diplomatique à New York, une dynamique internationale renforcée

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Par Gesly Sinvilier

Deux développements majeurs sont intervenus les 8 et 9 décembre 2025 dans le dossier sécuritaire haïtien : l’arrivée d’un nouveau contingent kenyan chargé de soutenir les opérations contre les gangs, et la confirmation, lors d’une réunion internationale à New York, d’un engagement renforcé en faveur de la stabilisation du pays.

Un contingent kenyan supplémentaire déployé

Lundi, 230 soldats kenyans ont été accueillis à l’aéroport Toussaint Louverture par le Président du Conseil présidentiel de transition, Laurent Saint-Cyr, en présence de responsables militaires et diplomatiques. Ces troupes viennent renforcer les forces déjà engagées aux côtés de la Police nationale d’Haïti et des Forces armées d’Haïti dans les opérations visant à reprendre les zones sous contrôle des groupes armés.

Le général Godfrey Otunge, chef de la mission kényane, a assuré que son contingent poursuivra un travail de collaboration étroite avec les autorités haïtiennes pour renforcer la pression sur les gangs et sécuriser les espaces stratégiques de la capitale.

Soutien diplomatique renouvelé à New York

Le lendemain, à New York, la réunion de haut niveau du Groupe de Soutien à la Force (GSF), présidée par le Canada et soutenue par les États-Unis, a réuni plusieurs pays partenaires à la Mission canadienne auprès des Nations Unies. Selon le gouvernement haïtien, nombre d’entre eux ont annoncé des contributions supplémentaires en personnel spécialisé, équipements et financement.

Présent à la rencontre, le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé a salué une dynamique internationale « nettement renforcée », traduisant la reconnaissance du caractère urgent de la crise et la confiance dans les orientations du gouvernement haïtien.

Sécurité comme préalable au retour institutionnel

Les participants ont convenu que la restauration de la sécurité reste indispensable à toute perspective d’élections crédibles. Le soutien à la Police nationale d’Haïti et la montée en puissance de la force internationale ont été présentés comme des éléments clés pour rétablir l’autorité de l’État et préparer un retour durable à l’ordre constitutionnel.

Une étape déterminante dans la lutte contre l’insécurité

Entre renforts opérationnels sur le terrain et engagement renouvelé des partenaires internationaux, les autorités haïtiennes estiment que le pays franchit une étape majeure dans les efforts visant à contenir les groupes armés et restaurer un minimum de stabilité.

Mort de Stéphora en République dominicaine : l’autopsie pointe une noyade et une chaîne de négligences

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Le rapport médico-légal des autorités dominicaines a confirmé que la jeune haïtienne Stéphora Anne-Mircie Joseph, décédée le 14 novembre 2025, a perdu la vie par asphyxie mécanique causée par une noyade. Cette conclusion relance le débat sur les négligences ayant entouré cette excursion scolaire controversée.

L’enquête sur la mort de Stéphora Anne-Mircie Joseph connaît un tournant en République dominicaine. Selon le rapport d’autopsie n°552-2025, établi le 19 novembre par l’Institut national des sciences médico-légales, la fillette de 11 ans est décédée par asphyxie mécanique due à une noyade, qualifiée de mort violente.

Les faits se sont déroulés lors d’une activité organisée par son établissement scolaire dans un centre de loisirs. D’après le récit du parquet, l’enfant serait entrée dans la piscine vers 9 h 44, avant de se retrouver en difficulté en raison de la profondeur inégale du bassin, non signalée. En panique, elle aurait tenté de se maintenir à la surface, sans qu’aucun adulte n’intervienne.

Les images de vidéosurveillance analysées par les services spécialisés révèlent que plusieurs employés chargés de la surveillance se trouvaient à proximité, mais n’ont pas réagi. L’une des responsables aurait même continué à marcher au bord de la piscine, sans se retourner, tandis qu’une autre restait concentrée sur son téléphone pendant de longues minutes.

Selon les éléments de l’enquête, le corps de la fillette serait resté immergé pendant près d’une demi-heure, avant d’être aperçu par un autre élève. Ce dernier aurait alerté les adultes en criant que l’enfant se noyait. Malgré cette alerte, aucun appel immédiat aux services d’urgence n’aurait été effectué. Les responsables auraient préféré contacter d’abord la direction de l’école.

La mère de la victime n’a pas été informée à temps. Elle n’a appris la gravité de la situation qu’avec un important retard, avant d’être confrontée, plusieurs heures plus tard, au décès de sa fille. Le parquet souligne également qu’aucune explication claire n’a été fournie sur ce qu’il s’est passé entre le moment de l’alerte et la découverte officielle du corps.

L’enquête révèle aussi que la sortie scolaire violait une réglementation ministérielle interdisant les activités récréatives dans les piscines sans encadrement strict. Le site choisi ne disposait ni de maître-nageur, ni de signalisation de sécurité, ni de protocole d’urgence. De plus, les parents n’avaient pas été informés du niveau de risque, et aucune vérification des capacités de natation des enfants n’aurait été faite.

Le parquet de Saint-Domingue retient plusieurs chefs d’accusation contre les responsables de l’activité, notamment homicide involontaire, négligence grave et violation des lois sur la protection de l’enfance. Des mesures judiciaires strictes ont été requises contre les personnes mises en cause, dont des cautions élevées, l’interdiction de quitter le territoire et le port de bracelets électroniques.

Cette tragédie a provoqué une vive émotion au sein de la communauté haïtienne et au-delà. De nombreuses organisations de défense des droits humains dénoncent un climat de mépris et de discrimination auquel sont souvent confrontés les ressortissants haïtiens en République dominicaine. La mort de Stéphora Anne-Mircie Joseph s’inscrit désormais comme un symbole douloureux des manquements institutionnels et humains qui continuent de coûter des vies, particulièrement des haïtiens en terre dominicaine.

La rédaction
Avec Listin Diario