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Le ministère du commerce lance le service de la carte d’identité professionnelle digitalisée

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Du nouveau au MCI: le lundi 15 décembre 2025, le Ministère du Commerce et de l’Industrie (MCI) a lancé, dans un hôtel à Petion Ville, le service de la Carte d’Identité Professionnelle (CIP) digitalisée. Cette réforme, selon le ministre du commerce vise à moderniser l’administration publique, à renforcer les mécanismes de contrôle de l’État et à garantir une meilleure sécurisation des données professionnelles.

La cérémonie s’est déroulée en présence du Premier ministre, Alix Didier Fils Aimé, du ministre de l’Économie et des Finances, Alfred Métellus Fils, du ministre du Commerce et de l’Industrie, James Monazard, ainsi que du Directeur général du MCI, Panel Paulémont.

Le Premier ministre, Alix Didier Fils-Aimé, présent à la cérémonie, a salué le leadership du ministre Monazard dans l’intégration des outils technologiques visant à simplifier les démarches de création d’entreprise. Il a rappelé que depuis environ un an, une plateforme en ligne permet aux entrepreneurs individuels d’enregistrer leurs entreprises sans se déplacer.

«À travers cette initiative, le MCI réaffirme son engagement à inscrire l’action publique dans une dynamique de gouvernance moderne, transparente et efficace. Le projet s’inscrit pleinement dans le cadre du programme de digitalisation et de numérisation de la gouvernance interne du Ministère sur l’ensemble du territoire national», a soutenu le ministre James Monazard.

Cette nouvelle carte digitalisée permettra aux professionnels d’accéder à divers services publics sans se déplacer physiquement au ministère, réduisant ainsi les files d’attente et accélérant le traitement des dossiers administratifs.

Selon le ministre James Monazard, ce lancement s’inscrit dans une démarche de modernisation de l’administration publique et vise à offrir aux citoyens un service fiable, rapide et efficace.

Gedeon Delva

𝐏𝐚𝐢𝐱 𝐞𝐧 𝐔𝐤𝐫𝐚𝐢𝐧𝐞, 𝐠𝐮𝐞𝐫𝐫𝐞 𝐚𝐮 𝐕𝐞𝐧𝐞𝐳𝐮𝐞𝐥𝐚: 𝐥𝐚 𝐩𝐨𝐥𝐢𝐭𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞́𝐭𝐫𝐚𝐧𝐠𝐞̀𝐫𝐞 𝐚𝐦𝐞́𝐫𝐢𝐜𝐚𝐢𝐧𝐞, 𝐮𝐧𝐞 𝐦𝐨𝐫𝐚𝐥𝐞 𝐚̀ 𝐠𝐞́𝐨𝐦𝐞́𝐭𝐫𝐢𝐞 𝐯𝐚𝐫𝐢𝐚𝐛𝐥𝐞𝑃𝑎𝑟 𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒𝑢𝑠

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Personnellement, plus rien ne m’etonne. Ça ne vous étonne pas, j’espere…

L’actualité internationale récente donne à voir une scène déroutante pour qui prend au sérieux les discours officiels sur la cohérence morale de l’ordre international. Tandis que Washington encourage, accompagne et valorise une dynamique de désescalade en Ukraine, au nom de la stabilité globale et de la responsabilité stratégique, la même puissance maintient une pression politique, économique et diplomatique soutenue contre le Venezuela, dans un registre conflictuel assumé. Cette juxtaposition ne relève ni de l’erreur ni de la confusion. Elle suit une constante de la politique étrangère américaine, où la morale fonctionne comme une variable d’ajustement au service des intérêts et des rapports de force.

Dans le dossier ukrainien, l’enjeu central réside dans la gestion d’un conflit à haute intensité stratégique. Les Etats Unis se trouvent indirectement engagés face à une puissance nucléaire, dotée de capacités militaires, énergétiques et diplomatiques susceptibles de bouleverser durablement les équilibres globaux. Après une phase d’affirmation marquée par un soutien massif à Kiev, le calcul s’est progressivement réorienté vers la limitation des coûts, la préservation de la cohésion occidentale et la prévention d’une escalade incontrôlable. La recherche de la paix répond ici à une logique de stabilisation, non à une conversion soudaine à l’idéal pacifiste.

Le Venezuela occupe une place tout autre dans la hiérarchie stratégique de Washington. Etat affaibli, isolé sur la scène internationale, dépourvu de capacité de nuisance globale, il constitue un théâtre où la pression apparaît maîtrisable et politiquement peu risquée. 𝑳𝒂 𝒑𝒐𝒍𝒊𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆 𝒂𝒎𝒆́𝒓𝒊𝒄𝒂𝒊𝒏𝒆 𝒂̀ 𝒍’𝒆́𝒈𝒂𝒓𝒅 𝒅𝒆 𝑪𝒂𝒓𝒂𝒄𝒂𝒔 𝒔’𝒊𝒏𝒔𝒄𝒓𝒊𝒕 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒖𝒏𝒆 𝒍𝒐𝒏𝒈𝒖𝒆 𝒕𝒓𝒂𝒅𝒊𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒉𝒆́𝒎𝒊𝒔𝒑𝒉𝒆́𝒓𝒊𝒒𝒖𝒆, 𝒎𝒂𝒓𝒒𝒖𝒆́𝒆 𝒑𝒂𝒓 𝒍𝒂 𝒗𝒐𝒍𝒐𝒏𝒕𝒆́ 𝒅𝒆 𝒑𝒓𝒆́𝒔𝒆𝒓𝒗𝒆𝒓 𝒖𝒏𝒆 𝒛𝒐𝒏𝒆 𝒅’𝒊𝒏𝒇𝒍𝒖𝒆𝒏𝒄𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒔𝒊𝒅𝒆́𝒓𝒆́𝒆 𝒄𝒐𝒎𝒎𝒆 𝒗𝒊𝒕𝒂𝒍𝒆, 𝒅𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒓𝒐̂𝒍𝒆𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝒆́𝒒𝒖𝒊𝒍𝒊𝒃𝒓𝒆𝒔 𝒆́𝒏𝒆𝒓𝒈𝒆́𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆𝒔 𝒓𝒆́𝒈𝒊𝒐𝒏𝒂𝒖𝒙 𝒆𝒕 𝒅𝒆 𝒅𝒊𝒔𝒔𝒖𝒂𝒅𝒆𝒓 𝒕𝒐𝒖𝒕𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒆𝒔𝒕𝒂𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒖𝒓𝒂𝒃𝒍𝒆 𝒅𝒆 𝒍’𝒐𝒓𝒅𝒓𝒆 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒊𝒏𝒆𝒏𝒕𝒂𝒍 𝒅𝒐𝒎𝒊𝒏𝒆́ 𝒑𝒂𝒓 𝒍𝒆𝒔 𝑬𝒕𝒂𝒕𝒔 𝑼𝒏𝒊𝒔.

La différence de traitement procède d’un calcul stratégique assumé. La prudence s’impose sur le front ukrainien, tandis que le dossier vénézuélien se prête davantage à la fermeté. La puissance russe rend la négociation incontournable sur Kiev, alors qu’à Caracas la coercition reste, pour Washington, un levier jugé soutenable. Cette dissymétrie exprime une hiérarchisation assumée des priorités. Les principes invoqués, démocratie, légitimité institutionnelle, droits politiques, structurent le discours et fournissent un cadre de justification, sans jamais constituer le moteur exclusif de l’action.

Cette morale à géométrie variable traverse l’histoire de la politique étrangère américaine. Elle ne surgit ni d’un accident ni d’une administration particulière. De la guerre froide aux crises contemporaines, 𝒍𝒆𝒔 𝑬𝒕𝒂𝒕𝒔 𝑼𝒏𝒊𝒔 𝒐𝒏𝒕 𝒄𝒐𝒏𝒔𝒕𝒂𝒎𝒎𝒆𝒏𝒕 𝒎𝒐𝒅𝒖𝒍𝒆́ 𝒍𝒆𝒖𝒓 𝒅𝒊𝒔𝒄𝒐𝒖𝒓𝒔 𝒏𝒐𝒓𝒎𝒂𝒕𝒊𝒇 𝒆𝒏 𝒇𝒐𝒏𝒄𝒕𝒊𝒐𝒏 𝒅𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒏𝒕𝒆𝒙𝒕𝒆𝒔, 𝒅𝒆𝒔 𝒂𝒅𝒗𝒆𝒓𝒔𝒂𝒊𝒓𝒆𝒔 𝒆𝒕 𝒅𝒆𝒔 𝒄𝒐𝒖̂𝒕𝒔 𝒂𝒏𝒕𝒊𝒄𝒊𝒑𝒆́𝒔. Les valeurs servent de langage universel, parfois de couverture rhétorique, rarement de boussole autonome. Ce sont les rapports de force, les contraintes systémiques et les intérêts stratégiques qui déterminent l’orientation réelle des choix.

Ce qui frappe aujourd’hui tient à la visibilité accrue de ces mécanismes. Dans un environnement informationnel saturé, où les déclarations circulent plus vite que les décisions qu’elles prétendent expliquer, l’écart entre les principes affichés et les pratiques concrètes apparaît avec une netteté inédite.

Ceux qui s’étonnent encore de la dissymétrie américaine entre l’Ukraine et le Venezuela continuent d’attendre une symétrie éthique dans un système international structuré par l’asymétrie des puissances. 𝑪𝒆𝒖𝒙 𝒒𝒖𝒊 𝒐𝒃𝒔𝒆𝒓𝒗𝒆𝒏𝒕 𝒔𝒂𝒏𝒔 𝒊𝒍𝒍𝒖𝒔𝒊𝒐𝒏 𝒓𝒆𝒄𝒐𝒏𝒏𝒂𝒊𝒔𝒔𝒆𝒏𝒕 𝒒𝒖𝒆 𝒍𝒂 𝒑𝒐𝒍𝒊𝒕𝒊𝒒𝒖𝒆 𝒆́𝒕𝒓𝒂𝒏𝒈𝒆̀𝒓𝒆 𝒂𝒎𝒆́𝒓𝒊𝒄𝒂𝒊𝒏𝒆, 𝒅𝒂𝒏𝒔 𝒕𝒐𝒖𝒕𝒆 𝒔𝒐𝒏 𝒉𝒊𝒔𝒕𝒐𝒊𝒓𝒆, 𝒏’𝒂 𝒋𝒂𝒎𝒂𝒊𝒔 𝒑𝒓𝒐𝒎𝒊𝒔 𝒏𝒊 𝒍𝒂 𝒑𝒂𝒊𝒙 𝒖𝒏𝒊𝒗𝒆𝒓𝒔𝒆𝒍𝒍𝒆 𝒏𝒊 𝒍𝒂 𝒈𝒖𝒆𝒓𝒓𝒆 𝒑𝒆𝒓𝒎𝒂𝒏𝒆𝒏𝒕𝒆. Elle a toujours promis et agi en fonction de la défense de ses intérêts, enveloppée d’un discours moral dont la géométrie varie avec la carte du monde.
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Pennsylvannie, 15 décembre 2025.
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𝐽𝑒𝑎𝑛 𝑉𝑒𝑛𝑒𝑙 𝐶𝑎𝑠𝑠𝑒́𝑢𝑠 𝑒𝑠𝑡 𝑗𝑜𝑢𝑟𝑛𝑎𝑙𝑖𝑠𝑡𝑒, 𝑡𝑖𝑡𝑢𝑙𝑎𝑖𝑟𝑒 𝑑’𝑢𝑛 𝑚𝑎𝑠𝑡𝑒𝑟 𝑒𝑛 𝑑𝑒́𝑓𝑒𝑛𝑠𝑒 𝑒𝑡 𝑠𝑒́𝑐𝑢𝑟𝑖𝑡𝑒́ 𝑑𝑒𝑠 𝐴𝑚𝑒́𝑟𝑖𝑞𝑢𝑒𝑠. 𝐼𝑙 𝑒𝑠𝑡 𝑛𝑜𝑡𝑎𝑚𝑚𝑒𝑛𝑡 𝑙’𝑎𝑢𝑡𝑒𝑢𝑟 𝑑’𝑢𝑛 𝑜𝑢𝑣𝑟𝑎𝑔𝑒 𝑐𝑜𝑛𝑠𝑎𝑐𝑟𝑒́ 𝑎̀ 𝑙𝑎 𝑔𝑒́𝑜𝑝𝑜𝑙𝑖𝑡𝑖𝑞𝑢𝑒 𝑑𝑢 𝑠𝑎𝑐𝑟𝑒́, 𝑖𝑛𝑡𝑖𝑡𝑢𝑙𝑒́ 𝐴𝑢 𝑛𝑜𝑚 𝑑𝑒 𝐷𝑖𝑒𝑢.

Haïti : démanteler les coalitions criminelles, un impératif pour la stabilité nationale

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Par Gesly Sinvilier

Dans un communiqué publié le 15 décembre 2025, l’International Crisis Group (ICG) dresse un constat alarmant de la situation sécuritaire en Haïti, tout en proposant des pistes concrètes pour démanteler les puissantes coalitions criminelles qui contrôlent une large partie du territoire, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

Depuis la fin de l’année 2023 et plus encore au début de 2024, les gangs armés, regroupés au sein de coalitions structurées, ont intensifié leurs attaques contre les institutions étatiques, les infrastructures stratégiques et les populations civiles. Cette dynamique a contribué à l’effondrement progressif de l’autorité de l’État, culminant avec la démission du Premier ministre Ariel Henry. Selon l’ICG, ces groupes criminels ont profité du vide politique et institutionnel pour étendre leur emprise, provoquer l’isolement du pays et installer un climat de terreur marqué par des massacres, des enlèvements et des déplacements massifs de populations.

Le rapport souligne que, depuis 2022, les violences liées aux gangs ont coûté la vie à plus de 16 000 personnes. Au-delà des pertes humaines, les gangs ont diversifié leurs activités criminelles, allant du trafic d’armes et de drogues à l’extorsion systématique des entreprises et des citoyens, aggravant une crise humanitaire déjà profonde. L’ICG note également l’existence de liens persistants entre certains groupes armés et des élites politiques et économiques, un héritage de pratiques anciennes où des acteurs armés étaient instrumentalisés pour servir des intérêts de pouvoir.

Face à cette situation, l’International Crisis Group estime que les réponses purement sécuritaires sont insuffisantes si elles ne s’accompagnent pas d’une stratégie politique claire et cohérente.

Le déploiement de la Mission multinationale de soutien à la sécurité, dirigée par le Kenya et autorisée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, constitue une étape importante. Toutefois, malgré la mobilisation de plus de 5 500 policiers et militaires, la mission souffre encore de moyens limités, de retards opérationnels et d’un environnement extrêmement hostile.

Le communiqué insiste sur la nécessité pour les autorités haïtiennes de reprendre l’initiative politique. Cela passe par un renforcement de la coordination entre les forces nationales et internationales, une réforme profonde de la gouvernance sécuritaire et la mise en place d’un Conseil national de sécurité capable d’élaborer une stratégie globale contre les gangs. L’ICG recommande également d’investir dans la justice, notamment par le développement de mécanismes permettant d’inciter les membres de gangs à déposer les armes, tout en garantissant que les principaux chefs criminels répondent de leurs actes devant la loi.

Par ailleurs, le rapport met en garde contre toute négociation improvisée avec les gangs, qui risquerait de légitimer leur pouvoir et de fragiliser davantage l’État. Si des canaux de dialogue peuvent être envisagés à des fins humanitaires ou de démobilisation, ceux-ci doivent s’inscrire dans un cadre strict, transparent et encadré par les autorités légitimes.

Enfin, l’International Crisis Group rappelle que la crise haïtienne ne pourra être résolue durablement sans s’attaquer aux causes structurelles de la violence : la pauvreté extrême, l’exclusion sociale, le chômage des jeunes et l’absence de services publics. Le démantèlement des coalitions criminelles doit ainsi aller de pair avec un effort soutenu de reconstruction institutionnelle, de relance économique et de restauration de la confiance entre l’État et la population.

À défaut d’une action rapide, coordonnée et résolue, prévient l’ICG, Haïti risque de s’enfoncer davantage dans une spirale de violence et d’instabilité, aux conséquences dramatiques pour la population et pour l’ensemble de la région caribéenne.

Lancement officiel de l’organisation Famille du Sud à Aquin

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Le dimanche 14 décembre 2025, la commune d’ Aquin a accueilli avec enthousiasme le lancement officiel de l’initiative citoyenne « La Famille du Sud / Fanmi moun nan Sid», sous le leadership de Montelus Constant, ancien maire de la commune et représentant local du mouvement.

L’activité a démarré par un défilé de motos circulant dans toute la ville, arborant des t-shirts aux couleurs du mouvement, avec un message fort pour la population d’aquinoise. L’ambiance était festive, animée par plusieurs bandes rara, chants engagés et danses populaires accompagnés de messages porteurs d’espoir.

Sous une ovation nourrie, Robenson René, l’un des initiateurs de La Famille du Sud, a présenté la vision, la mission et l’objectif du mouvement, articulées autour de trois axes majeurs : Action sociale, économique et Éducation citoyenne pour un vote éclairé.

Échangeant vivant avec la foule, il a insisté sur la nécessité pour les citoyens de s’unir, de collaborer, et de bâtir ensemble une nouvelle image pour le Sud. Il a encouragé l’engagement communautaire, soulignant que la transformation durable de la société passe par la participation active des citoyens.

L’activité s’est déroulée sans incident, dans un climat de respect et de fraternité. Le public, visiblement touché par les messages reçus, a exprimé sa satisfaction et son désir de s’impliquer.

À noter que des représentants des communes du Sud étaient présents, apportant leur soutien à ce mouvement naissant.

Fusillade antisémite à Bondi Beach : l’Australie frappée par un acte terroriste d’une violence sans précédent

Par Jean Wesley Pierre

SYDNEY, Bondi Beach — La célèbre plage de Bondi, symbole de détente et de tourisme international, s’est transformée ce dimanche 14 décembre 2025 en scène d’horreur. Une fusillade survenue lors d’une célébration de la fête juive de Hanoukka a fait 15 morts, âgés de 10 à 87 ans, et des dizaines de blessés, plongeant l’Australie dans l’un des pires drames de masse qu’elle ait connus depuis plus de trois décennies.

Des sacs, des serviettes et une poussette jonchaient le sable ensanglanté, abandonnés par des familles fuyant dans la panique. Selon des témoins, la plage a été la cible de plusieurs dizaines de coups de feu, tirés pendant plusieurs minutes, semant une terreur immédiate parmi les baigneurs et les participants à l’événement religieux.

Une attaque qualifiée de terroriste et d’antisémite

Les autorités australiennes ont rapidement qualifié l’attaque d’« acte terroriste » et d’acte antisémite délibéré, soulignant que la fusillade visait spécifiquement la communauté juive le premier jour de Hanoukka.

Le Premier ministre Anthony Albanese a parlé d’un « jour sombre dans l’histoire de la nation », dénonçant un acte de « pure malveillance ».

Des vidéos diffusées après l’attaque montrent deux tireurs ouvrant le feu depuis un pont, vraisemblablement en direction de la célébration.

Des témoins affirment avoir vu plus d’une douzaine de personnes allongées dans des mares de sang dans les premiers instants suivant la fusillade.

Deux assaillants : un père et son fils

La police de Nouvelle-Galles du Sud a confirmé que deux tireurs étaient impliqués : un père de 50 ans, détenteur d’un permis de port d’armes, et son fils de 24 ans. Le père a été stoppé par les forces de l’ordre, tandis que le fils, identifié comme Naveed Akram, se trouve dans un état critique mais stable.

Les autorités ont indiqué que tous les fusils du père ont été retrouvés et que plusieurs « engins suspects » ont été découverts sur les lieux, renforçant la gravité et la préméditation présumée de l’attaque.

Une scène de chaos et de panique totale

Les récits des témoins décrivent une scène de chaos absolu. Certains ont comparé les détonations à des feux d’artifice, avant de comprendre qu’il s’agissait de tirs réels. Des parents traînaient leurs enfants loin de la plage, tandis que d’autres se réfugiaient sous les auvents des magasins ou appelaient leurs proches, encore sous le choc.

À la tombée de la nuit, la zone a été entièrement évacuée et bouclée par une police lourdement armée. Des objets personnels, dont une poussette, témoignaient de la fuite précipitée des victimes.

Un acte de courage salué nationalement

Au milieu de l’horreur, un geste de bravoure a marqué les esprits. Des images devenues virales montrent un homme désarmant l’un des assaillants, pointant ensuite l’arme vers lui tout en reculant. Cet homme, identifié par la chaîne 7News comme Ahmed al Ahmed, 43 ans, vendeur de fruits, a été blessé par balle à deux reprises et se trouve hospitalisé dans un état grave.

Il a été unanimement salué comme un « héros » par les autorités australiennes. Le Premier ministre Anthony Albanese, le Premier ministre de Nouvelle-Galles du Sud Chris Minns, ainsi que le président américain Donald Trump ont tous rendu hommage à son courage, soulignant qu’il avait probablement sauvé de nombreuses vies.

Une victime slovaco-australienne parmi les morts

Parmi les victimes figure Marika Pogany, Slovaco-Australienne, dont la mort a été confirmée par le président slovaque Peter Pellegrini. Active au sein de la communauté juive, elle se trouvait avec une amie au bord de la mer lorsqu’elle a été tuée.

L’ancienne présidente slovaque Zuzana Caputova a rappelé que Sydney avait été pour elle « un refuge », soulignant que seuls sa mère et son oncle avaient survécu à Auschwitz, les autres membres de sa famille ayant péri dans la Shoah.

Entre onde de choc nationale et des tensions communautaires

En signe de deuil national, le gouvernement australien a annoncé que les drapeaux seraient mis en berne dans tout le pays. Toutefois, la tragédie a également ravivé des tensions intercommunautaires. Un cimetière musulman à Narellan, dans le sud-ouest de Sydney, a été profané avec le dépôt de têtes de porc décapitées, un acte haineux survenu au lendemain de la fusillade. La police a ouvert une enquête.

Des questions à posée sur la sécurité et la responsabilité politique

Le Premier ministre Anthony Albanese a refusé de répondre directement aux accusations de son homologue israélien, Benjamin Netanyahu, qui l’accuse d’avoir ignoré des avertissements concernant des menaces contre la communauté juive.

Albanese a appelé à l’unité nationale et affirmé que les autorités mèneraient une enquête approfondie, réitérant l’engagement de son gouvernement à lutter contre l’antisémitisme sous toutes ses formes.

Le traumatisme durable qui marquera Bondi

Avec 42 personnes toujours hospitalisées, dont deux policiers, l’Australie se réveille meurtrie. Cette attaque remet brutalement en question le sentiment de sécurité dans un pays longtemps épargné par les fusillades de masse. Bondi Beach, lieu emblématique de liberté et de mixité culturelle, restera durablement marquée par cet acte de violence extrême qui a frappé au cœur une communauté, mais aussi une nation entière.

Haïti sous le siège des gangs : terreur, extorsion et sanctions internationales face à la paralysie de l’État

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Par Jean Wesley Pierre

PORT-AU-PRINCE, le lundi 15 décembre 2025 – La décision de l’Union européenne d’imposer des sanctions ciblées contre d’anciens et actuels poids lourds de la vie politique haïtienne, l’ex-président Michel Martelly, l’ex-sénateur Youri Latortue et le sénateur Rony Célestin, ainsi que contre le gang « 5 Segond » de Johnson André, alias Izo, agit comme un miroir tendu à la réalité du pays.

Elle sanctionne officiellement ce que des millions d’Haïtiens subissent au quotidien : une crise sécuritaire d’une brutalité inouïe, où les gangs armés ne se contentent plus de semer la terreur, mais ont institutionnalisé un système d’extorsion et de contrôle territorial qui supplante l’autorité de l’État.

Un pays verrouillé par la violence des gangs

La situation sécuritaire en Haïti, particulièrement dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, a atteint un point de non-retour. Des alliances mouvantes de gangs armés, souvent mieux équipés que la police, contrôlent désormais la majorité de la capitale. Ils imposent leur loi par une violence extrême : assassinats ciblés ou aléatoires, enlèvements massifs contre rançon, viols utilisés comme armes de guerre et pillages systématiques.

Les chiffres des Nations unies sont éloquents : des milliers de morts depuis le début de l’année, plus de 300 000 personnes déplacées internes fuyant les quartiers sous la coupe des gangs, et une économie paralysée.

La « taxation » de la survie : des postes de paiement pour circuler

Le caractère le plus révélateur de cette mainmise totale est la systématisation de l’extorsion. Pour survivre, les civils doivent payer – littéralement. Les gangs ont installé des postes de contrôle permanents aux entrées et sorties des quartiers, sur les artères principales et même aux abords des marchés et de certains hôpitaux.

À ces « péages », tout le monde est soumis : les moto-taxis, les camions de marchandises, les bus assurant les liaisons vers les zones provinciales, les ambulances, les familles se rendant à des funérailles ou cherchant simplement de l’eau, tentant de vivre ailleurs que dans une capitale contrôlée et asphyxiée par les gangs.

Les tarifs sont variables et arbitraires, allant de quelques dizaines à plusieurs milliers de gourdes. Refuser de payer, c’est risquer la mort immédiate, l’enlèvement ou l’incendie de son véhicule.

Ce système a transformé la simple mobilité, un droit fondamental, en un privilège monnayable, asphyxiant l’économie informelle, entravant l’aide humanitaire et plongeant les familles dans un cercle vicieux de peur et d’appauvrissement.

Des sanctions qui pointent les liens entre gangs et pouvoir

C’est dans ce contexte que les sanctions de l’Union européenne prennent tout leur sens. Bruxelles ne sanctionne pas seulement des actes de violence, mais dénonce explicitement les liens entre certains acteurs politiques, qui prétendent vouloir protéger la population, et les groupes armés.

En visant des figures comme Michel Martelly, Youri Latortue et Rony Célestin, l’UE accuse ces personnalités « d’entretenir des liens avec des groupes armés et des activités criminelles ».

Ces sanctions, gel des avoirs et interdictions de voyage confirment les allégations de longue date formulées par des organisations de la société civile et des médias, concernant le financement, l’armement et la protection politique des gangs au service d’intérêts électoraux ou économiques.

Le message est clair : une partie de l’élite politique est désormais considérée comme complice de l’effondrement sécuritaire du pays.

Une police nationale dépassée et une impunité totale

Face à cette hydre, la Police nationale d’Haïti (PNH), sous-équipée, sous-payée et démoralisée, semble impuissante. Les opérations ponctuelles, comme la récente descente de la DCPJ dans les locaux occupés par Youri Chevry, locataire actuel de la mairie de Port-au-Prince, paraissent dérisoires à l’échelle du défi.

L’impunité reste la règle. Les chefs de gang opèrent ouvertement, certains menant une vie médiatique ostentatoire sur les réseaux sociaux. L’appareil judiciaire, lui aussi victime de la violence et de la corruption, est paralysé, incapable de poursuivre et de condamner les responsables.

Une crise humanitaire et une réponse internationale en question

Les conséquences dépassent largement le cadre sécuritaire. Haïti fait face à une crise humanitaire majeure, avec une insécurité alimentaire aiguë touchant près de la moitié de la population. Des femmes et des fillettes se prostituent dans l’espoir d’obtenir de quoi se nourrir, tandis que de nombreux jeunes hommes voient les gangs comme la seule issue possible pour survivre.

Les sanctions, si elles constituent un signal politique nécessaire, ne suffiront pas à désarmer les gangs ni à rétablir l’ordre. La communauté internationale, à travers la mission de soutien policier actuellement déployée, se heurte à la complexité du terrain et à la méfiance d’une partie de la population.

L’urgence de briser le système

La crise haïtienne n’est plus seulement une « crise sécuritaire ». Elle représente la faillite complète du contrat social. Les gangs ne sont pas une anomalie : ils sont devenus l’autorité de facto dans de vastes zones du pays, avec leur propre économie de prédation et leur justice expéditive.

Les sanctions de l’Union européenne constituent un premier pas pour cibler les bailleurs et protecteurs de ce système. Mais le défi reste colossal : briser le cycle infernal violence, impunité, pauvreté exige bien plus qu’une réponse policière. Cela nécessite une stratégie coordonnée, dotée de ressources massives, visant à rétablir la sécurité, reconstruire une justice crédible et s’attaquer aux racines profondes de la crise : la corruption systémique, l’extrême pauvreté et le divorce total entre l’État et sa population.

Tant que les Haïtiens devront payer des gangs pour aller chercher du pain ou emmener leurs enfants à l’hôpital, aucune sortie de crise ne sera possible.

Explosion des violations graves contre les mineurs, le gouvernement inaugure un centre de rééducation pour enfants dans le Sud

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Par Jean Wesley Pierre

PORT-AU-PRINCE – Le Conseiller-Président Leslie Voltaire a inauguré ce samedi 13 décembre 2025, dans la région Sud d’Haïti, la première composante d’un nouveau dispositif national de prise en charge des enfants vulnérables. Cette initiative, présentée comme une réponse structurelle à la crise aiguë que traversent les mineurs, intervient alors que les autorités font état d’une augmentation alarmante de 500% des violations graves enregistrées contre les enfants en 2025 par rapport à l’année précédente.

Un dispositif tripolaire face à une crise nationale

Le centre inauguré constitue le pôle Sud d’un dispositif tripolaire de maisons de rééducation. Ce projet, porté conjointement par le ministère des Affaires sociales et du Travail (MAST) et l’Institut du Bien-Être Social et de Recherches (IBESR), vise à couvrir également les régions Ouest et Nord. Son objectif est de répondre aux besoins des enfants en situation de grande précarité ou en conflit avec la loi, une population dont la vulnérabilité a été exacerbée par la crise multidimensionnelle que traverse le pays.

Dans son allocution, le Conseiller-Président Leslie Voltaire a dressé un constat sévère, identifiant les enfants comme « parmi les premières victimes de la violence armée ». Il a souligné que de nombreux mineurs se retrouvent associés, de force ou sous la contrainte, à des groupes armés, les exposant ainsi à diverses formes d’abus, d’exploitation et les privant de leurs droits fondamentaux, comme l’accès à l’éducation et à un environnement sécurisé.

Des chiffres qui illustrent une détérioration rapide

Pour étayer son propos, M. Voltaire a révélé un chiffre-choc : 2 269 violations graves contre les enfants ont été enregistrées pour la seule année 2025. Ce chiffre représente une augmentation de 500% par rapport à l’année 2024, illustrant selon lui « la détérioration rapide de la situation ». Bien que la nature précise de ces violations n’ait pas été détaillée, ce terme englobe généralement, dans le cadre des droits de l’enfant, des actes comme les meurtres, les mutilations, le recrutement par des groupes armés, les violences sexuelles, les enlèvements ou les attaques contre les écoles et les hôpitaux.

Une approche centrée sur la protection et la réinsertion

Face à ce constat, les nouvelles maisons de rééducation sont présentées comme un instrument clé de la politique publique. Elles doivent offrir un accompagnement adapté et viser la réinsertion sociale des enfants affectés par la violence. Le Conseiller-Président a insisté sur le fait que les enfants doivent être considérés comme des victimes et non comme responsables des situations qu’ils subissent, une vision qui doit, selon lui, guider toute intervention de l’État.

M. Voltaire a également assuré que le financement des activités prévues dans ces centres est déjà sécurisé, sans en préciser davantage la source ou le montant. Il a enfin appelé l’ensemble des acteurs impliqués à définir, pour chaque enfant pris en charge, un plan d’accompagnement individualisé fondé sur ses besoins spécifiques.

Cette inauguration marque une volonté affichée des autorités de transition de placer la protection de l’enfance, et particulièrement des enfants les plus marginalisés, au cœur de l’action de l’État, dans un contexte où la violence et l’effondrement des services sociaux mettent en péril une génération entière.

L’Union Européenne impose de nouvelles sanctions contre des personnalités politiques en Haïti

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Par la Rédaction

L’Union européenne a renforcé, ce jeudi, son régime de sanctions contre trois personnalités haïtiennes et une entité criminelle, en raison de leur implication présumée dans l’escalade de la violence des gangs et dans de graves violations des droits humains qui frappent le pays.

Parmi les personnes visées figurent Michel Martelly, ancien président de la République d’Haïti, et Youri Latortue, ancien président de l’assemblée nationale, sénateur, conseiller politique et fondateur du parti politique Ayiti An Aksyon (AAA). Selon le Conseil de l’UE, ces deux hommes auraient armé et financé plusieurs gangs afin de servir leurs intérêts politiques, personnels et économiques, tout en cherchant à contrôler certains territoires.

Le Conseil a également sanctionné Rony Celestin, ancien sénateur haïtien, accusé d’être impliqué dans des actes de violence liés à des groupes armés et à des réseaux de contrebande. Il est notamment tenu pour responsable de l’assassinat du journaliste Néhémie Joseph, connu pour avoir dénoncé ses activités illégales et des faits de corruption.

L’entité ciblée est le gang « 5 Segond », basé dans le quartier de Village-de-Dieu à Port-au-Prince. Considéré comme l’un des groupes criminels les plus puissants de la capitale, il est accusé de vols, viols, enlèvements, meurtres, actes de piraterie, extorsions, entraves à l’aide humanitaire ainsi que de trafic d’armes et de stupéfiants.

Les personnes et l’entité désignées sont désormais soumises à un gel de leurs avoirs dans l’Union européenne. Il est également interdit aux ressortissants et aux entités européennes de mettre à leur disposition des fonds ou des ressources économiques, directement ou indirectement. Les individus concernés font en outre l’objet d’une interdiction de voyager vers l’UE.

Ces mesures s’inscrivent dans le cadre du régime de sanctions révisé par le Conseil européen le 28 juillet 2023, permettant à l’UE d’imposer de manière autonome des sanctions contre toute personne ou entité menaçant la paix, la sécurité, la stabilité, la démocratie ou l’État de droit en Haïti. Ce dispositif complète les sanctions adoptées par le Conseil de sécurité des Nations unies depuis octobre 2022.

Dans ses conclusions du 17 octobre 2024, le Conseil européen avait déjà exprimé sa vive inquiétude face à la situation en Haïti et appelé à des sanctions ciblées supplémentaires pour contribuer au rétablissement de la paix et de la stabilité dans le pays.

L’Union européenne réaffirme par ailleurs son engagement durable aux côtés d’Haïti, à travers un soutien visant à renforcer les capacités institutionnelles de l’État et à améliorer l’accès de la population aux services publics essentiels. Cette aide comprend une assistance macroéconomique ainsi que des programmes dans les domaines de l’éducation, de la sécurité alimentaire, de la nutrition, de la gestion des risques de catastrophes et du renforcement de la sécurité, notamment au profit de la Police nationale d’Haïti.

Face à une crise sécuritaire et humanitaire jugée alarmante, l’UE affirme vouloir continuer à jouer un rôle actif, en coordination avec ses partenaires régionaux et internationaux, pour aider Haïti à faire face à l’une des périodes les plus critiques de son histoire récente.

WILNER NAZAIRE, EST-IL UNE BREBIS ÉGARÉE?

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Par Patrice Dumont

Désigné par le Comité de Normalisation, invité par la Fifa à la cérémonie du tirage au sort de la Coupe du monde 2026, dans cet honneur qui lui a été fait, Wilner Nazaire n’est pas aussi brebis égarée qu’il paraît, lui que la FHF et la FIFA sont parties chercher pour être singulièrement honoré. C’est que les observateurs de la vie sportive des mondialistes ont pensé que la FHF a délaissé le troupeau bien discipliné des soixante-quatorzards en faveur de la présumée « Brebis égarée » Wilner Nazaire, lui que nous n’avons plus revu, nous trompions-nous depuis 1974, à la vérité depuis 1976. Vous le verrez plus loin. Dit ainsi, c’est reconnaître un certain mérite des mondialistes de 74 restés attachés au pays d’Haïti que voici et à son football, à un titre ou à plusieurs. Comme quoi, l’international haïtien à honorer en la circonstance aurait dû être choisi entre Philippe Vorbe ou Tom Pouce, Pierre Bayonne ou Marion Léandre, Henry Francillon ou Guy Saint Vil. Et là encore, fragilité de santé, retraite totale de la vie sociale, obligations familiales, pourraient compliquer le choix. Par exemple, Marion Léandre au chevet de son épouse convalescente d’une fracture de l’os iliaque, la même dont avait souffert Guy Saint-Vil, il y a deux ans et qui l’oblige à se mouvoir difficilement, seulement à l’aide d’un déambulateur.

Alors, Wilner Nazaire, pourquoi ne mériterait-il pas cet honneur?

Parce que depuis son dernier match perdu 4-1 contre le Mexique le 9 octobre 1977, le football haïtien n’a plus eu de ses nouvelles. Même pas le 22 mai 2007, lors de l’hommage rendu par le président René Préval à l’équipe du mondial 1974 dont il était le capitaine. Pas une visite au pays. Pas une interview accordée à un média haïtien. Il aurait même perdu son ayisyen, selon deux de ses anciens coéquipiers qui en rigolent. Mais, Wilner Nazaire est-il absolument coupable « d’abandon de patrie »?
Jacques Dunac et Jocelyn Halaby, deux de ses amis d’enfance, témoins de ses succès et de ses déboires, expliquent:
 » Nènè a souffert des promesses non tenues de la fédération et du gouvernement : primes de qualification, frais de séjour en Europe réduits à leur plus simple expression, dissolution de la Sélection par communiqué fédéral avant même que l’avion du retour de coupe du monde n’atterrisse, enfin et pas la moindre, propriété de 1000 mètres carrés reçue en Don Spécial du Président de la République mais spoliée par des affairistes du régime ».

Concernant le dernier point de déception, je détiens la copie des documents-titres
de Serge Ducoste signés par le président Jean-Claude Duvalier et le ministre des Finances Ernst Bros dont Sergo n’a jamais pu prendre posseszion. À toutes ces déceptions, il faut ajouter au dossier de la défense de « l’accusé » Wilner Nazaire, toujours selon Dunac et Halaby, la goujaterie d’avoir été interdit de départ par les autorités de l’immigration à l’aéroport international de Port-au-Prince, alors qu’il était rentré au pays pour se marier. Outrance odieuse! « Vous devez avoir l’autorisation du président de la République », lui avait asséné l’agent de l’immigration. Ce qui suit est littéralement incroyable.
« Dans la grande voiture bleue que Tassy mettait à ma disposition quand je rentrais pour les matchs de la Sélection, raconte l’ancien capitaine du Racing et de la Sélection, je me suis rendu au Palais National. Les gardes au portail m’avaient tout de suite reconnu et ils ont trouvé tout à fait normal d’informer leur supérieur de ma démarche de rencontrer le président. Rapidement, tous les postes de contrôle en étaient informés. On m’a fait entrer et m’a installé à la salle d’attente, à peine quelques minutes. J’ai reporté au président ce qui s’est passé à l’aéroport et lui a expliqué que j’ai rendez-vous avec mon club Valenciennes pour la reprise de l’entrainement. Sa réponse a été tout simplement « qu’il comprend que je doive partir mais de retourner dès qu’on m’appelle ». Tout cela est sidérant.
Supposons que nous nous soyons érigés en juge effectif de Nene Nazaire, Dunac et Halaby ses avocats, il faut bien continuer à lui donner la parole sur la question de son indifférence envers Haïti.

Wilner Nazaire:

  • Ah, non! Mes compatriotes ont oublié que déjà, en 1975, j’ai amené mon club Fontainebleau en Haïti, pour une tournée du Nord au Sud, évidemment à Port-au-Prince aussi, au stade Sylvio Cator.
  • Et pour l’hommage rendu à l’équipe de 1974 par le président René Préval, le 22 mai 2007 au Palais National?
  • Nazaire – Je voulais absolument venir mais d’abord, le Président de la Fédération m’avait appelé trop tard et, surtout, je travaillais dans un IME (Institut Médico Éducatif) où l’on s’occupe d’enfants diagnostiqués autistes. En France, quand on travaille dans ces institutions, il faut une autorisation spéciale pour voyager à l’étranger. Et cette autorisation se donne très rarement et au bout d’un protocole ardu.

Wilner Nazaire ne rumine pas pas de frustration vis-à-vis du pays. La prime de qualification de 1973? Importante, oui, mais il n’en fait pas une fixation, même pas pour la propriété de 1000 mètres carrés donnée par le gouvernement, spoliée par la mafia voleuse de terres et de maisons dans le pays. En revanche, l’homme de la rue Montalet, tout en gardant sa joie de parler de sa carrière internationale, exprime une certaine amertume que ses investissements au pays aient été volés. Manno s’en était plaint aussi, de même que Frantzy Mathieu à la santé délicate aujourd’hui. Nazaire a pris la précaution de conserver ses titres de propriété au haut de Delmas en lieu sûr. Il compte les remettre à ses deux fils avant de mourir. On ne sait jamais.
« Wilner Nazaire est un grand timide, même dans les affaires féminines, contrairement à Tom Pouce », s’amuse l’ancien international, capitaine du Don Bosco, Jeannot Paul. Yves Joseph et Julio Midy, deux fins observateurs du quartier du bas Bel Air, rejoignent Jeannot, en ce qui a trait à la timidité de l’idole de leur adolescence, mais sur le plan de son caractère, son éducation en général: « réservé, courtois et solitaire en dehors du terrain », soutiennent les deux résidants de Boston.
Vient maintenant le temps de parler sur un ton plus football. Son transfert du Racing CH à Valenciennes. Comme cela se répète souvent, de temps en temps, les spectateurs se souviennent de ce que les acteurs oublient. Par exemple, pour contextualiser son transfert en France, Nazaire erre en avançant que Tassy, entraîneur de l’équipe de la Concacaf, « avait appelé cinq Haïtiens » au lieu de sept, à la Copa Independencia du Brésil. Il m’a fallu compter avec lui « Francillon 1, Philippe Vorbe 2, Tom Pouce 3, Guy François 4, Barthélemy 5, Manno Sanon 6 et vous-même, (oui moi-même) 7 », pour le convaincre. Toutefois, il n’a rien oublié de la conversation qu’il avait avec Marius Trésor et Jean-Pierre Adams à l’hôtel où étaient logées l’équipe de France et celle de la Concacaf pour la Copa Independencia du Brésil. Survint Georges Boulogne qui interrompt la causerie des trois jeunes hommes en annonçant illico presto à l’Haïtien que Valenciennes est prêt à le prendre sous contrat. C’était du sérieux puisque deux semaines après, au début d’un entraînement de la Sélection à Port-au-Prince, Ernest Jean-Joseph, se rappelle Nazaire, s’approcha de lui et lui affirma sans ambages « Blan sa a ou wè nan tribin nan s on w kontra li pote pou ou wi ». Comment Jean-Joseph a-t-il pu savoir cela? En tout cas, dès le lendemain, le dit Blanc était chez Nazaire au 30 de la rue Montalet, en train de négocier avec Yolande Marie Jeanne Laventure Nazaire, sa mère, qui avouera en substance n’être pas maîtresse de l’affaire et qu’il faudrait qu’on s’adresse au président du pays et à celui du Racing. Ce qui fut fait très rapidement. Et Nazaire s’en alla à Valenciennes, jouer en football professionnel. Manno Sanon étant devenu son voisin à Anvers, Belgique, après la CM de 1974, ils pouvaient chanter ensemble, par anticipation, avec Pierre Bachelet,
 » Au Nord, c’étaient les corons
La terre, c’était le charbon
Le ciel, c’était l’horizon
Les hommes, des mineurs de fond ».
En concentration à Port-au-Prince où à l’étranger, Nazaire était compagnon de chambrée de Manno Sanon. Je n’ai pas eu assez de temps pour lui demander la teneur des conversations qu’il a eues avec son camarade le soir de la défaite contre l’Italie et du désastre de la Pologne au cours duquel sa malléole interne gauche s’était brisée. Mais j’imagine ses sensations aigre-douces lors des innombrables flashback des séquences du but de son camarade contre Zoff, le capitaine italien avec lequel il avait échangé les fanions en ce très fameux 15 juin 1974. Pierre Bayonne gêne Fachetti qui centre quand même; le coup de tête de Nazaire vers Philippe Vorbe est trop précis pour ne pas être une passe. La suite est connue par cœur: passe de Vorbe, Sanon en finisseur. Donc, Nazaire l’antépénultième, Vorbe la pénultième.
Au camp Nord du stade Sylvio Cator aussi, le 10 décembre 1976, Nazaire avait l’état d’esprit d’un mineur de fond. Il fouilla d’un rush les entrailles de l’équipe cubaine et s’appuya sur le cadet de Pipo Vorbe, Ponpon, qui dévia sur Manno Sanon et ce fut l’égalisation, 1-1. Là encore, Nazaire l’antépénultième, un Vorbe le pénultième et Sanon le finisseur. Comme la succession de Nazaire à Vorbe au capitanat de l’équipe nationale. Cette égalisation nous permit de nous rendre à Panama, gagner le match d’appui, 2 buts de Tom Pouce qualificatifs pour Mexico 1977. Nous chantions alors en ce 29 décembre de 1976 la victoire d’Haïti à l’unisson.
La suite sera moins enchanteresse pour Nazaire.
Mexico, 9 octobre 1977, 4-1. Pelaw sauve l’honneur.
Ce sera l’adieu de Nazaire à la Sélection Nationale à la suite d’une première mi-temps affreuse dans la très haute touffeur de Mexico. Pour l’équipe et pour lui-même, en particulier, perdu au milieu du terrain où Piontek l’avait placé et où régnait Leonardo Cuellar. Souhaitons que le 5 décembre 2025 ne soit pas les derniers moments de Nazaire en compagnie du football haïtien. Pourquoi pas le 19 juin de l’année prochaine, Haïti-Brésil à Philadelphie, en compagnie des douze autres survivants de 74 et des « presque mondialistes » Tcho Gervais, Jean-Marie Jean-Baptiste, Théodore Jean-Baptiste, Charles Ponpon Vorbe, Raynald Dévilmé, André Dély, invités par l’État haïtien et la FHF? Quelle panache promotion ce serait pour notre pays que la principale caméra du match fasse trois ou quatre gros plans sur ces gloires au sein desquelles il n’y aura pas un zeste de suspicion de Brebis égarée!

Patrice Dumont
12 décembre

L’idéal dessalinien, oui. Le dessalinisme, non

Par Pierre Josué Agénor Cadet

L’un des travers récurrents de la littérature politico-historique haïtienne réside dans l’usage immodéré de concepts mal définis, souvent plaqués sur notre passé pour lui donner l’apparence d’une systématisation qui n’a jamais existé. Le terme  » dessalinisme » s’inscrit pleinement dans cette dérive. Il est abondamment mobilisé par nombre de professeurs de sciences sociales, d’intellectuels, d’orateurs et de commentateurs qui, cherchant à caractériser la posture politique de Jean-Jacques Dessalines, procèdent en réalité à une reconstruction artificielle d’un système doctrinal que l’Empereur n’a jamais formulé.

Dessalines, le père de notre ndépendance , n’a jamais élaboré une pensée politique structurée au sens doctrinal du terme. Il ne nous a laissé ni traité, ni manifeste, ni corpus théorique ordonné. Ce qui s’exprime dans sa conduite politique relève davantage d’une philosophie politique, c’est-à-dire une vision du monde, une orientation fondamentale guidée par son expérience de la servitude, de la guerre de libération et de l’impératif de souveraineté totale du peuple noir d’Haïti.

Ainsi, parler de  » dessalinisme » revient à projeter sur Dessalines un système idéologique rigide qu’il n’a jamais revendiqué. Le suffixe -isme implique la présence d’une école, d’un courant intellectuel formalisé, d’une doctrine transmissible et reproductible. Rien de tout cela ne correspond à l’héritage laissé par le Père fondateur.

En revanche, il est non seulement possible, mais historiquement rigoureux, d’évoquer l’idéal dessalinien, c’est-à-dire l’ensemble des valeurs et orientations qui ont guidé son action : l’intransigeance souverainiste, la défense absolue de la liberté, la lutte contre toute forme de domination étrangère, la protection des anciens esclaves contre le retour de l’ordre colonial, et la création d’un État fondé sur la dignité humaine ; ou encore le nationalisme dessalinien, entendu comme l’expression la plus radicale de la volonté de souveraineté haïtienne au lendemain de la Geste de 1804.

Ces formulations, à la différence du  » dessalinisme » , ne prétendent pas transformer cette philosophie en doctrine systématisée. Elles reconnaissent la portée, la cohérence et la profondeur de la vision dessalinienne sans lui attribuer une architecture idéologique qui n’a jamais existé.

Dessalines fut un homme d’action, un révolutionnaire, un stratège politique, un nationaliste, un visionnaire de la liberté, mais pas un théoricien au sens classique du terme. Sa postérité est immense, son influence traversante, mais elle ne se décline pas en  » isme » . On peut donc parler d’une tradition dessalinienne, d’un imaginaire politique inspiré de son projet, mais non d’un  » dessalinisme » .
En résumé , rétablir cette nuance n’est pas un simple débat lexical. Il s’agit de mieux comprendre la nature de notre héritage politique et d’éviter de figer la pensée de Dessalines dans des catégories inadaptées. L’idéal dessalinien est vivant, dynamique et fondateur. Le  » dessalinisme » , lui, n’existe pas.

Pierre Josué Agénor Cadet