samedi, mars 14, 2026
2 C
Londres
Accueil Blog Page 44

Haïti : le Conseil des ministres adopte une batterie de mesures stratégiques

0

Le Conseil Présidentiel de Transition a tenu ce jeudi 18 décembre 2025 un Conseil des ministres à la Villa d’Accueil. Plusieurs projets de décrets et d’arrêtés ont été adoptés, touchant la restructuration de ministères clés, la sécurité, la douane, la protection sociale, la liberté d’expression ainsi que la diplomatie haïtienne.

Le Conseil Présidentiel de Transition continue de multiplier les initiatives pour réorganiser l’administration publique et tenter de répondre aux défis institutionnels et sécuritaires du pays. Au cours de la séance du 18 décembre 2025, les discussions ont principalement porté sur la situation sécuritaire avant l’adoption d’importantes décisions gouvernementales.

Parmi les mesures retenues, plusieurs réformes institutionnelles ont été validées pour redéfinir l’organisation et le fonctionnement de trois ministères stratégiques : le Ministère des Haïtiens Vivant à l’Étranger (MHAVE), le Ministère de la Condition Féminine et des Droits de la Femme (MCFDF) et le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC). Ces textes visent à clarifier leurs missions, renforcer leur structure administrative et améliorer leur efficacité.

Le Conseil a également approuvé un projet de décret relatif à l’Administration Générale des Douanes (AGD), une institution essentielle à la mobilisation des ressources publiques et au contrôle des échanges commerciaux. Cette réforme devrait contribuer à moderniser les procédures, lutter contre les irrégularités et renforcer la gouvernance financière de l’État.

Toujours dans le cadre du renforcement des capacités publiques, un mécanisme numérique baptisé « IKAT » a été validé pour gérer l’entrée et la sortie des voyageurs. Cette carte numérique ambitionne de moderniser la gestion frontalière et d’apporter un meilleur suivi des mouvements migratoires.

Par ailleurs, un projet de décret encadrant l’exercice de la liberté d’expression et la lutte contre la diffamation a été adopté. Ce texte entend établir un équilibre entre liberté de presse et responsabilité, dans un contexte marqué par l’essor des médias et des plateformes d’expression.

Sur le plan éducatif et scientifique, le gouvernement a approuvé la nomination des membres du Conseil de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, une instance déterminante pour l’orientation de la politique universitaire du pays.

Deux autres arrêtés importants portent sur la validation de documents stratégiques : la Stratégie Nationale de Lutte contre la Traite des Personnes et le Plan de Préparation aux Crises de Sécurité Alimentaire et Nutritionnelle. Ces décisions traduisent la volonté des autorités de mieux structurer la réponse nationale face à des enjeux sociaux et humanitaires persistants.

Enfin, le Conseil des ministres a procédé à deux nominations diplomatiques : Jean Josué Pierre devient Ambassadeur, Représentant Permanent d’Haïti auprès de l’Organisation des États Américains, tandis que Jean Robert Pillard est nommé Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire en Afrique du Sud.

À travers ce train de mesures, les autorités de transition entendent montrer leur intention de moderniser l’appareil administratif, renforcer les institutions et repositionner Haïti sur la scène internationale, dans un contexte toujours marqué par de fortes attentes de la population.

La rédaction

Force de répression des gangs en Haïti : une démonstration significative de l’international

0

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, le vendredi 19 décembre 2025 —
L’annonce par les États-Unis de la réception d’engagements portant sur 7 500 agents de sécurité destinés à la composition de la Force de Répression des Gangs (FRG) en Haïti, bien au-delà de l’objectif initial de 5 500 hommes fixé par le Conseil de sécurité de l’ONU fin septembre, constitue un tournant majeur. Elle révèle à la fois une mobilisation internationale exceptionnelle et un constat accablant : l’État haïtien n’est plus en mesure d’assurer seul la sécurité de sa population.

Cette force, appelée à être pleinement opérationnelle d’ici le 31 mars 2026, selon Carlos Ruiz Massieu, chef du Bureau intégré des Nations unies en Haïti (BINUH) et représentant du secrétaire général de l’ONU, est présentée comme l’outil central de la lutte contre les gangs armés qui contrôlent de vastes portions du territoire national.

« Cette force devra être opérationnelle d’ici le 31 mars 2026, avant son déploiement complet, y compris la mise en place d’un bureau d’appui de l’ONU »,
a déclaré Carlos Ruiz Massieu.

Une mobilisation internationale sans précédent

Lors de la réunion du 9 décembre à l’ONU, dix-huit États et organisations ont pris l’engagement de fournir troupes, ressources financières et appui technique à la FRG. Le Canada a annoncé 40 millions de dollars supplémentaires, les États-Unis ont réaffirmé leur soutien, tandis qu’Haïti, pour la première fois, s’est engagé à contribuer à hauteur de 50 millions de dollars.

Selon le Miami Herald, Haïti a reçu de nombreuses offres de troupes pour renforcer la Force de répression des gangs. Le Tchad a proposé 1 500 soldats, tandis que la Sierra Leone, le Burkina Faso, la Gambie et le Burundi ont également promis des renforts. Le Kenya, chef de file de la mission, maintient environ 700 policiers déjà déployés sur le terrain.

Les États-Unis ont par ailleurs remis 20 véhicules blindés à la FRG dès octobre 2025.

Dans une déclaration conjointe publiée le 12 décembre 2025, Washington et Ottawa ont salué
« la détermination collective des pays et organisations partenaires à aider le peuple haïtien à faire face à la crise sécuritaire qui ravage le pays », tout en promettant de veiller à ce que « la formation, les outils et les mécanismes de conformité requis soient en place ».

Des partenaires lucides sur les limites de la force

Malgré cet engagement massif, certains partenaires affichent une lucidité rare. Dans un entretien accordé au Nouvelliste, l’ambassadeur de France en Haïti, Antoine Michon, a rappelé une évidence souvent occultée :

« La force internationale ne sera pas là pour toujours. Il est donc important qu’en parallèle de son déploiement, il y ait cette montée en puissance des forces de sécurité haïtiennes. Il faut également renforcer les contrôles des trafics qui alimentent les gangs. »

Cette déclaration met en lumière le cœur du problème : sans refondation profonde de l’appareil sécuritaire haïtien et sans lutte réelle contre les réseaux de trafic, la Force de répression des gangs ne pourra être qu’un dispositif temporaire de contention.

La sécurité, exigence vitale du Conseil présidentiel de transition

À Washington, le président du Conseil présidentiel de transition (CPT), Laurent Saint-Cyr, a multiplié les appels à l’action. Dans un communiqué officiel, il a insisté sur le fait que :

« le rétablissement de la sécurité demeure l’exigence la plus vitale du pays », et a exhorté les partenaires à transformer leurs engagements en « actions tangibles »,
affirmant que « le déploiement effectif de la FRG constitue un impératif pour garantir le plein succès du processus électoral ».

Il a également rappelé que :

« Haïti ne peut relever seule un défi d’une telle ampleur ».

Ce discours se heurte toutefois à une contradiction majeure : comment organiser des élections libres, crédibles et inclusives dans un pays où l’État n’exerce plus son autorité sur une part significative du territoire ?

Une opportunité historique ou un énième palliatif

La mobilisation internationale autour de la FRG est historique. Mais elle comporte un risque majeur : servir d’alibi à l’absence de réformes structurelles. Sans assainissement de la classe politique, sans réforme crédible de la justice, sans contrôle effectif des frontières et des flux financiers criminels, la FRG risque de rejoindre la longue liste des missions internationales déployées en Haïti sans transformation durable.

La communauté internationale semble prête à agir. Les déclarations sont claires, les moyens annoncés considérables. La question décisive demeure : l’État haïtien est-il prêt à rompre avec les pratiques qui ont rendu cette intervention étrangère indispensable ?

C’est à cette question, plus politique que militaire, que se jouera l’avenir réel de la sécurité en Haïti.

Jean Wesley Pierre/ Le Relief

Haïti : l’ONU lance son plan humanitaire pour faire face à l’urgence en 2026

0

Les Nations-Unies ont lancé, ce 18 décembre 2025, à Port-au-Prince, le Plan de réponse humanitaire 2026 pour Haïti. Ce programme prévoit une enveloppe de 880 millions de dollars afin d’apporter une assistance vitale à 4,2 millions de personnes affectées par l’insécurité, la faim et l’effondrement des services essentiels.

Le pays fait face à une détérioration rapide de la situation sécuritaire. Les violences des groupes armés ont provoqué le déplacement de plus d’un million de personnes, tandis que près de la moitié de la population souffre d’insécurité alimentaire aiguë. Haïti figure désormais parmi les zones les plus touchées par la faim à l’échelle mondiale.

Les civils paient un lourd tribut à cette crise. Les violences basées sur le genre atteignent des niveaux alarmants, touchant quotidiennement des femmes et des jeunes filles. Les attaques contre les écoles, les hôpitaux et d’autres infrastructures essentielles se poursuivent, et des enfants sont enrôlés de force dans des groupes armés, aggravant encore la vulnérabilité des communautés.

Le Plan de réponse humanitaire 2026 cible en priorité les départements de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite, où les besoins sont les plus critiques. Les interventions prévues visent à protéger les populations exposées aux risques immédiats, à soutenir les ménages les plus affectés et à rétablir l’accès aux services de base. Dans le Grand Sud et le Grand Nord, la stratégie met l’accent sur l’accueil et l’intégration des personnes déplacées internes, tout en soutenant les communautés hôtes.

Appelant à une mobilisation accrue, la Coordonnatrice humanitaire des Nations Unies en Haïti a invité les bailleurs de fonds, les partenaires humanitaires et les autorités nationales à soutenir ce plan, présenté comme indispensable pour sauver des vies, préserver la dignité humaine et maintenir une perspective d’avenir pour les jeunes générations.

Perquisition au domicile du maire de Port-au-Prince : Ralph Youri Chevry écrit au CPT

0

Par Jean Wesley Pierre

Port-au-Prince, 19 décembre 2025 —L’affaire opposant le maire de Port-au-Prince, Ralph Youri Chevry, à la Direction centrale de la Police judiciaire (DCPJ) et le commissaire du gouvernement prend une tournure institutionnelle majeure.

Une semaine après la perquisition à son domicile, le président de la commission communale de Port-au-Prince, Ralph Youri Chevry, a adressé une correspondance au conseil présidentiel de transition pour dénoncer les faits jugés graves dont il a été l’objet.

Chevry a aussi saisi le tribunal de première instance de Port-au-Prince par citation directe contre Justin Marc, directeur de la DCPJ. Les griefs évoqués sont lourds : violation de domicile, dégradations, atteinte à la liberté individuelle, violences alléguées sur un employé, mort d’un animal domestique et intervention policière supposément menée sans mandat judiciaire.

La sortie du CPT, un signal politique fort

Le conseiller-président, Fritz Alphonse Jean, a confirmé la correspondance officielle du maire de la capitale, dénonçant une « intervention policière irrégulière ».

En réactions Fritz Alphonse Jean a écrit au garde des sceaux de la République pour lui demander m des éclaircissements sur cette perquisition jugé tendancieuse. Avec cette démarche, il ne se contente pas de relayer une plainte : il engage la responsabilité politique de l’exécutif et de l’appareil sécuritaire, qualifiant l’intervention d’« acte odieux ».
« Son chien abattu, la barrière de la propriété défoncée caractérisent la violence de l’action perpétrée ce jour-là contre le premier citoyen de la ville. »

Cette prise de position publique, rare à ce niveau de l’État, confère à l’affaire une portée institutionnelle qui dépasse désormais le cadre d’un simple différend entre responsable d’une collectivité locale et la police judiciaire. Le CP place désormais ce dossier au cœur du débat national sur le respect de l’État de droit.

Des versions contradictoires

Selon une source interne à la DCPJ, relayée par plusieurs médias, trois armes à feu et un drone auraient été saisis lors de la perquisition. Toutefois, à ce jour, aucune communication officielle de la police ou du parquet n’est venue préciser le fondement légal de l’intervention, ni les infractions éventuellement reprochées au magistrat communal.

Malgré tout, la DCPJ a convoqué le maire pour le lundi 22 décembre 2025. Déjà,!l’édile avait dénoncée la persécution de son domicile comme un acte politique, tout en annonçant avoir engagé des poursuites judiciaires contre l’institution.

De la sécurité à légalité… la ligne rouge en question

Le cas de Ralph Youri Chevry illustre une tension centrale dans la gouvernance actuelle : comment concilier l’impératif sécuritaire avec le respect strict des procédures légales ?

Certes, le maire de Port-au-Prince est un agent public et un magistrat communal, soumis à la loi comme tout citoyen. Mais ce statut n’annule en rien ses droits constitutionnels, notamment l’inviolabilité du domicile et les garanties procédurales prévues par la loi.

Dans un contexte où la police est appelée à agir avec fermeté contre l’insécurité, toute opération menée en dehors du cadre légal si elle est avérée fragilise la crédibilité même de l’État et nourrit la défiance généralisée envers les institutions.

Ce dossier constitue ainsi un test décisif pour l’État de droit en Haïti, dans une période de transition déjà marquée par la fragilité institutionnelle. Il impose aux autorités judiciaires et sécuritaires une obligation de transparence, de rigueur et de reddition de comptes.

À défaut de clarifications rapides et crédibles, l’affaire risque de devenir un symbole supplémentaire de la crise de gouvernance et d’alimenter les soupçons d’instrumentalisation politique des forces de sécurité.

Au 19 décembre 2025, une certitude s’impose : seule une procédure judiciaire indépendante, respectueuse du droit et menée en toute transparence permettra d’éviter que cette affaire n’érode davantage la confiance déjà fragile entre l’État et les citoyens.

Le Congrès américain adopte une loi inédite contre la collusion entre gangs et élites haïtiennes

0

WASHINGTON.— Face à l’aggravation de la crise sécuritaire en Haïti, le Congrès des États-Unis a adopté une législation visant directement les réseaux de collusion entre gangs armés et acteurs politiques et économiques haïtiens. Intégrée à la National Defense Authorization Act (NDAA), la Haiti Criminal Collusion Transparency Act marque un tournant majeur dans l’approche américaine du dossier haïtien.

Selon une publication du Miami Herald en date du jeudi 18 décembre 2025, relayée en Haïti par Le Nouvelliste, cette nouvelle loi oblige l’administration américaine à mener des enquêtes approfondies sur des membres des élites haïtiennes soupçonnés de collaboration avec des groupes criminels armés.

Le texte prévoit également que les résultats de ces investigations soient communiqués au Congrès, ouvrant la voie à des sanctions ciblées contre les personnes reconnues coupables de collusion.

Il s’agit de la seule législation d’envergure consacrée spécifiquement à Haïti adoptée par le Congrès américain en 2025, ce qui traduit l’inquiétude croissante de Washington face à l’effondrement sécuritaire et institutionnel du pays.

Un rare consensus bipartisan autour du dossier haïtien

Le projet de loi a été porté par le représentant démocrate Gregory Meeks, élu de New York et membre influent de la Commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants. Il a été co-parrainé par la sénatrice démocrate Jeanne Shaheen, du New Hampshire, figure clé de la Commission des relations étrangères du Sénat, ainsi que par le sénateur républicain Rick Scott, de Floride.

Cette convergence entre démocrates et républicains constitue un rare consensus bipartisan sur la question haïtienne, longtemps reléguée au second plan de l’agenda législatif américain.

Des rapports annuels pendant cinq ans

Une fois promulguée par le président américain Donald Trump, la loi imposera au secrétaire d’État de soumettre, pendant cinq années consécutives, un rapport détaillé évaluant l’ampleur et la nature de la collusion criminelle en Haïti.

Ces rapports devront identifier:
les gangs armés les plus puissants du pays et leurs dirigeants;
les responsables publics, actuels ou anciens, impliqués;
les acteurs économiques entretenant des liens directs et significatifs avec ces groupes.

Le texte exige également une analyse des mécanismes par lesquels ces alliances servent des intérêts privés, au détriment de l’État de droit et de la stabilité nationale.

Une pression accrue sur les réseaux criminels

À travers cette initiative, les États-Unis affichent leur volonté de renforcer la transparence, la reddition de comptes et la lutte contre l’impunité en Haïti. Pour de nombreux observateurs, cette loi pourrait accentuer la pression internationale sur les réseaux politico-criminels accusés d’alimenter l’insécurité chronique et la paralysie des institutions haïtiennes.

Reste toutefois à savoir dans quelle mesure ces dispositions produiront des effets concrets sur le terrain, dans un contexte marqué par la faiblesse de l’appareil judiciaire haïtien et la persistance des violences armées.

Jean Mapou

Journée internationale des migrants : Edgard Leblanc Fils salue la contribution des Haïtiens vivant en République dominicaine

0

Par Jean Wesley Pierre

Le Conseiller-Président Edgard Leblanc Fils a participé, le jeudi 18 décembre 2025, à la célébration de la Journée internationale des migrants, organisée par le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR). L’activité s’inscrivait dans le cadre de la 25ᵉ édition de cette journée commémorative et était placée sous le thème : « Ma grande histoire, Culture et Développement ».

Cette initiative visait à mettre en évidence le rôle, les contributions économiques et sociales ainsi que l’impact culturel des migrants haïtiens vivant en République dominicaine, dans un contexte marqué par des défis persistants liés à leurs conditions de vie et de travail.

Présentation d’un rapport sur les conditions de travail

À l’occasion de cet événement, le GARR a procédé à la présentation officielle du rapport intitulé : « Étude sur les conditions de travail des migrants haïtiens dans le secteur Bâtiment et Travaux Publics (BTP) en République dominicaine ». Cette étude dresse un état des lieux des réalités auxquelles font face les travailleurs haïtiens employés dans ce secteur clé de l’économie dominicaine.

Les responsables de l’organisation ont souligné l’importance de documenter ces conditions afin d’éclairer les politiques publiques et de renforcer les mécanismes de protection des droits des migrants.

Un appel à la responsabilité collective

Profitant de cette tribune, les dirigeants du GARR ont lancé un appel solennel à la responsabilité collective, rappelant que la défense des droits des migrants relève d’une obligation morale, juridique et humaine, et ne saurait être considérée comme une faveur ou un acte de charité.
Ils ont plaidé en faveur d’un engagement accru des autorités, des institutions et de la société civile, tant au niveau national que régional, pour garantir le respect de la dignité humaine des migrants haïtiens.

La participation du Conseiller-Président Edgard Leblanc Fils a été interprétée comme un signal de l’engagement du Conseil Présidentiel de Transition à reconnaître la contribution des migrants haïtiens au développement, tout en affirmant la nécessité de renforcer la protection de leurs droits fondamentaux.

À travers cette présence, les autorités entendent promouvoir une approche de développement inclusif, fondée sur le respect des droits humains et la valorisation du rôle des Haïtiens de la diaspora dans la dynamique nationale et régionale.

Des hommages posthumes, empreints de sincérité au Professeur Ernst LOUIS-PIERRE

C’est avec une immense peine et une profonde affliction que j’ai appris la nouvelle du départ pour l’éternité du Professeur Ernst LOUIS-PIERRE, surnommé Me Capi, nouvelle qui me plonge dans une amertume indicible. Monsieur Louis-Pierre fut un pilier incontestable du système éducatif haïtien. Il a marqué de son empreinte tant de générations que celles-ci porteront, tout au long de leur existence, les fruits de l’instruction ainsi que l’héritage des valeurs morales et culturelles qu’il a su leur transmettre.

Cet homme plein de vie et d’ardeur fut une étoile éclatante, brillant de mille feux. Il incarnait, comme vous l’avez si justement souligné,
Professeur Agénor Cadet, l’archétype de l’homme de culture, profondément pluridisciplinaire.
Non seulement il chérissait les livres comme de fidèles compagnons, mais surtout, il aimait enseigner tout en prodiguant des conseils salutaires à celles et ceux qui le fréquentaient. La lecture représentait donc pour lui une passion sur laquelle il s’appuyait afin de transmettre son savoir avec générosité.

On le croisait fréquemment dans les librairies et chez les bouquinistes, acquérant des ouvrages dans lesquels il puisait pour mieux dispenser ses cours. Cet attachement, loin de lui assurer une ascension matérielle, l’a plutôt  pourrait-on dire absorbé tout entier. À Saint-Martial, où j’ai eu l’insigne privilège de côtoyer cet esprit imprégné d’une culture remarquable et d’une rigueur exemplaire, il a marqué durablement, et pour le meilleur, la grande majorité d’entre nous, dont je fais partie.

L’exigence intellectuelle de ce professeur, aux yeux de certains, confinait parfois à l’excès. Toutefois, sa clairvoyance dépassait de loin la nôtre. Ses méthodes, parfois abruptes et déconcertantes, rappelaient l’autorité ferme d’un père de famille que l’on prend d’abord pour un despote. Mais avec le recul et l’épreuve du temps, il devenait manifeste qu’il n’agissait que dans notre intérêt, pour notre élévation intellectuelle et morale.

Comme l’a si éloquemment exprimé Victor Hugo :
« À chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne. »
Oui, Me Louis-Pierre, vous n’avez pas semé en terre ingrate ! Oui, Me Louis-Pierre, c’est en grande partie grâce à vous que nous sommes devenus des hommes !
Nombreux sont ceux qui partageront cette conviction, et je me permets de solliciter l’indulgence de ceux qui pourraient la contester en affirmant que le feu professeur Louis-Pierre, dit Capi, n’a tiré que de maigres bénéfices du système éducatif haïtien, ayant traversé des périodes d’une grande obscurité. En effet, il ne disposait ni d’une assurance santé ou vie, ni même d’une demeure qui lui appartenait. Dans cette même perspective, il convient de rendre un hommage appuyé à celles et ceux qui n’ont jamais ménagé leurs efforts pour lui apporter leur soutien.

Professeur Cadet, mon ami et mon frère, cette perte devrait attrister la nation tout entière, ainsi que nos confrères et consœurs établis à l’étranger. Le professeur Louis-Pierre fut un enseignant d’exception, un modèle dont beaucoup gagneraient à s’inspirer. Il a su tenir à distance la haine, l’avidité, la corruption et l’orgueil. En revanche, il a patiemment cultivé des biens inestimables : le patriotisme, la discipline, la solidarité, la culture intellectuelle, le partage, l’amitié, l’amour, la courtoisie, la bienveillance et l’empathie.

Notre promotion 1992-1993, MAGNÉTIX, profondément affectée par sa disparition, présente ses condoléances les plus sincères à sa famille, à ses proches et, tout particulièrement, à ses anciens élèves. Bien que je ne sois nullement mandaté pour m’exprimer en ces termes, je me permets, au nom de tous les miens  c’est-à-dire de l’ensemble des Saint-Martialais et de l’administration de Saint-Martial de dire :
Bonne traversée au professeur Louis-Pierre, dit Capi.

Que le Tout-Puissant l’accueille auprès de lui et lui accorde le repos dans une éternité bienheureuse.

Jean Maudrel Joseph LESTIN

Jean Rodlet Jean Baptiste fait salle comble

0

Ce jeudi 18 décembre, l’Université Valparaiso de Port-de-Paix a vibré au rythme des mots et des idées, alors que le jeune auteur Jean Rodlet Jean Baptiste a attiré une foule impressionnante à l’occasion de la vente-signature de son livre Le Miroir de l’Autre.

Dans une ambiance empreinte de réflexion, de passion et de fraternité intellectuelle, étudiants, professeurs, lecteurs et curieux se sont réunis pour découvrir un ouvrage à la fois audacieux et profondément ancré dans la réalité socio-politique haïtienne.

Par cette œuvre, Jean Rodlet Jean Baptiste confirme sa place parmi les voix montantes de la pensée du pays et de l’engagement citoyen. Son appel à la conscience collective et au réveil de la jeunesse trouve écho dans chaque page, chaque regard, chaque main tendue pour une dédicace.

Un moment fort, porteur d’espoir et de lumière pour l’avenir.

Haïti se mobilise pour la paix à travers un Marathon

0

Par Jean Wesley Pierre

Le comité organisateur du Haiti Marathon pour la paix a procédé au lancement officiel de la prochaine édition de cette initiative sportive et citoyenne, prévue pour le dimanche 21 décembre 2025. L’événement entend conjuguer sport, civisme et engagement citoyen dans un contexte national marqué par de profondes aspirations à la paix et à la stabilité.

Prévu sur un parcours reliant Pétion-Ville au Champ-de-Mars, avec un départ à 15 heures depuis la place Boyer, le marathon s’inscrit dans une dynamique visant à encourager la réappropriation progressive de l’espace public, notamment le périmètre du Champ-de-Mars, site emblématique de la capitale haïtienne.

Au-delà de la performance sportive, le Marathon pour la paix se veut avant tout un message collectif fort en faveur de la solidarité, du vivre-ensemble et de la résilience. Les organisateurs soulignent que chaque participant, par sa présence et son engagement, contribue à porter un appel citoyen en faveur d’un pays plus pacifié.

L’initiative met également en lumière le rôle de la jeunesse haïtienne, invitée à s’impliquer activement dans la promotion de la paix et du civisme. Dans cette optique, l’événement vise à renforcer la relation de confiance entre la population et les forces de l’ordre, à travers une mobilisation inclusive et encadrée.

Selon le comité organisateur, le marathon se déroulera en trois catégories distinctes :
▪︎ enfants,
▪︎ adultes,
▪︎ personnes à mobilité réduite.

Cette organisation vise à garantir une participation la plus large possible et à favoriser la cohésion sociale, en permettant à toutes les couches de la population de prendre part à l’événement.

Prenant la parole lors du point de presse, le père Gardy Maisonneuve, directeur exécutif du Centre Saint-Karl Évêque, a insisté sur l’importance d’un retour progressif à la vie normale en Haïti. Il a souligné la portée hautement symbolique de cette initiative, estimant qu’elle traduit la volonté des citoyens de refuser l’immobilisme et de réinvestir collectivement l’espace public.

De son côté, le pasteur Pierre Roberto Grand a lancé un appel à l’ensemble des institutions religieuses, établissements scolaires, organisations communautaires et associatives à se joindre à la mobilisation, sans distinction idéologique ou confessionnelle. Selon lui, la paix constitue un bien commun dont dépend l’avenir de toute la société haïtienne.

Un représentant d’Edupol a rappelé que la priorité de cette structure demeure les enfants et les élèves, qu’elle encourage vivement à participer à l’événement. Il a précisé que le marathon s’inscrit dans une démarche de civisme et de patriotisme, tout en saluant les efforts déployés par la Police nationale d’Haïti (PNH) pour redynamiser plusieurs zones auparavant désertées.

Sur le plan sécuritaire, les organisateurs ont annoncé la mobilisation de plusieurs unités de la PNH afin d’assurer le bon déroulement de l’activité.

Des mesures spécifiques seront mises en place tout au long du parcours. À cet effet, l’édition 2025 se distinguera par le déploiement de drones, destinés à renforcer la supervision et la sécurité du marathon.

Les organisateurs ont également annoncé une augmentation du nombre de primes, avec vingt récompenses prévues par catégorie, afin d’encourager la participation.

Les inscriptions se feront par trois canaux :

  1. en ligne, via les plateformes numériques et réseaux sociaux de l’organisation ;
  2. en présentiel, dans les locaux de Vivario, à Delmas 64, numéro 4 ;
  3. auprès de la police communautaire de Delmas 33.

À travers cette initiative, les organisateurs espèrent faire du 21 décembre 2025 un moment fort de mobilisation citoyenne, rappelant que la paix demeure un chemin collectif, où chaque pas compte.

Sécurité, gouvernance locale et élections : le pari du Gouvernement pour 2026

0

Par Jean Wesley Pierre

À l’heure où Haïti reste confrontée à une insécurité endémique et à une crise de légitimité institutionnelle prolongée, le gouvernement dirigé par le Premier ministre Alix Didier Fils-Aimé tente de tracer une ligne politique claire : restaurer l’autorité de l’État, réactiver la gouvernance locale et créer les conditions minimales pour l’organisation d’élections générales en 2026.

C’est dans ce contexte que le Chef du Gouvernement a participé, ce jeudi 18 décembre 2025, au premier forum de la Fédération nationale des Conseils d’administration communale (CASEC). Une rencontre hautement symbolique, tant les collectivités territoriales ont été marginalisées au cours des dernières années, malgré leur rôle constitutionnel central dans l’administration du territoire.

La sécurité comme préalable absolu au processus électoral

Face aux élus locaux, le Premier ministre a posé un postulat sans ambiguïté : aucune élection crédible n’est possible sans un retour effectif de la sécurité.

En déclarant 2026 comme une année électorale et de libre circulation des personnes et des biens, le gouvernement affirme vouloir rompre avec la logique des scrutins organisés sous la contrainte, la peur ou l’exclusion territoriale.

Cette déclaration, si elle se veut ferme, soulève néanmoins un défi majeur : comment reprendre le contrôle de vastes zones du pays aujourd’hui dominées par des groupes armés lourdement équipés, alors que l’État peine encore à assurer la sécurité de ses propres institutions ?

L’engagement politique est clair, mais son effectivité dépendra de résultats concrets sur le terrain, dans des délais extrêmement serrés.

Le retour des élus locaux dans l’architecture sécuritaire du pays

L’un des axes centraux du discours gouvernemental réside dans la réhabilitation du rôle des élus locaux. En reconnaissant officiellement les 23 mois d’arriérés de salaires dus aux ASEC et CASEC, l’exécutif admet implicitement l’échec passé de l’État à honorer ses obligations envers ces acteurs de proximité.

Au-delà de la question financière, le gouvernement mise sur la mise en place de Conseils de sécurité dans toutes les sections communales, un mécanisme censé améliorer la circulation de l’information entre les populations, les autorités locales et les structures centrales de sécurité. Cette approche traduit une volonté de décentralisation fonctionnelle de la lutte contre l’insécurité, rompant avec une gestion exclusivement verticale souvent inefficace.

Cependant, cette stratégie ne sera crédible que si les élus locaux sont protégés, formés et réellement associés aux décisions, dans un contexte où nombre d’entre eux sont régulièrement menacés, déplacés ou contraints au silence.

La nécessité d’une neutralisation des groupes armés : entre volonté politique et contraintes structurelles

En sa qualité de président du Conseil supérieur de la Police nationale (CSPN), Alix Didier Fils-Aimé a réaffirmé la détermination de son gouvernement à renforcer les capacités opérationnelles des forces de l’ordre. Une promesse récurrente dans le discours politique haïtien, mais rarement suivie d’effets durables.

La neutralisation des groupes armés ne repose pas uniquement sur des opérations policières. Elle implique une réforme profonde de la gouvernance sécuritaire, une lutte réelle contre les complicités politiques et économiques, ainsi qu’un contrôle rigoureux des flux d’armes et de financements. Sans ces leviers structurels, toute victoire sécuritaire risque d’être temporaire.

Symbolique nationale et communication politique

L’annonce de la dotation de téléviseurs et de panneaux solaires dans chaque section communale à l’occasion de la Coupe du monde 2026 s’inscrit dans une logique de mobilisation symbolique autour des Grenadiers. Si l’initiative peut renforcer un sentiment d’unité nationale, elle interroge toutefois sur les priorités budgétaires dans un pays où l’accès à l’électricité, à l’eau potable et aux services de base demeure largement déficient.

Cette dimension communicationnelle, bien que politiquement compréhensible, ne saurait se substituer aux réformes structurelles attendues par la population.

Un cap politique sous haute surveillance

En plaçant la sécurité et la gouvernance locale au cœur de son agenda, le gouvernement affiche une vision cohérente pour la tenue d’élections souveraines en 2026. Mais entre les déclarations d’intention et leur mise en œuvre effective, le fossé reste considérable.

La crédibilité de cette trajectoire dépendra d’un indicateur simple mais implacable : la capacité réelle de l’État à reprendre le contrôle du territoire et à restaurer la confiance des citoyens. Sans cela, 2026 risque de demeurer une promesse politique de plus, dans un pays lassé des échéances sans lendemain.

Jean Wesley Pierre/Le Relief